Faire désert pour revivre notre baptême !

Méditation du jeudi 7 décembre 2017, 2ème semaine de l’Avent. Nous prions pour nos envoyés au Liban et pour tous les Libanais.

 

Ici commence la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Dans le livre du prophète Ésaïe, il est écrit : « Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin.

C’est la voix d’un homme qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits ! »

Ainsi, Jean le Baptiste parut dans le désert ; il lançait cet appel : « Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu pardonnera vos péchés. »

Tous les habitants de la région de Judée et de la ville de Jérusalem allaient à lui ; ils confessaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans la rivière, le Jourdain.

Jean portait un vêtement fait de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de la taille ; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Il déclarait à la foule : « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; je ne suis pas même digne de me baisser pour délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui, il vous baptisera avec le Saint-Esprit. » Marc 1.1-8

 


Source : Pixabay

A la différence des autres évangiles, celui de Marc n’évoque ni la naissance, ni la généalogie, ni la préexistence de Jésus, qui sera reconnu comme Christ. Avec lui la Bonne Nouvelle commence par l’annonce du prophète du désert, Jean le Baptiste. Autrement dit le mystère reste entier, la question ouverte sur Celui qui vient.

En commençant avec Jean, Marc nous met en présence d’une figure prophétique singulière, inspirée de la famille des grands prophètes bibliques et que l’on retrouvera aussi dans ces silhouettes d’hommes et de femmes, qui, aux premiers temps du christianisme, vivront parfois la même solitude érémitique que celle du baptiste.

Ce style de vie, très différent de celui de Jésus, homme des villes et des villages, homme sociable, nous interroge aujourd’hui, et, dans notre monde survolté, attire de plus en plus de gens, du moins pour un temps de retraite, de réflexion et de prière.

Un peu comme ces habitants de Jérusalem et de la Judée qui, sans journaux, sans publicité, sans téléphone ni internet, avaient cependant entendu parler de Jean et de son appel à la repentance, et y répondaient en venant se faire baptiser dans le Jourdain.

C’est peut-être ce désert que nous devons recréer au cœur de nos journées surchargées, de nos vies trop remplies, non pour nous protéger des autres, mais pour pouvoir communier ensemble à l’être du Christ en nous, pour pouvoir revivre notre baptême.

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés au Liban et pour tous les Libanais.

« Fais que j’entende au matin ton amour, car je me confie en toi.
Montre-moi le chemin que je dois prendre, car j’élève mon âme à toi. »
(Psaume 143.8).

Seigneur Dieu, Père très bon,
Je te rends grâces
Pour cette journée
Que tu m’offres et qui t’appartient.
Elle s’ouvre devant moi
Avec sa part d’inconnu.
Accorde-moi de la vivre
Sans vaines préoccupations
Et dans une sereine liberté.

Que je ne prenne appui
Ni sur mes forces
Ni sur mes richesses
Que je ne cède
Ni à mes pauvretés
Ni à mes faiblesses.

C’est vers toi, Père,
Que j’élève mon cœur
Mon regard et mes mains
Pour recevoir dans ta louange
Tout ce dont j’aurai besoin
Aujourd’hui
Afin de le partager
Comme un héritage
Que tu me confies
Pour le faire fructifier.

Dieu d’amour et de miséricorde
Sans toi je ne peux rien faire
C’est toi que j’espère tout le jour.

Claude Caux-Berthoud – « Prier, le temps d’une offrande » Editions Olivétan 2016

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 1.1-8 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Avec 300 euros, offrez un avenir à un enfant syrien

L’Association internationale Amel, en partenariat avec l’Église Protestante Française de Beyrouth et la Fédération Protestante de France, lance sa campagne 2017-2018 de parrainage d’enfants syriens à Beyrouth. Parce que la crise des réfugiés syriens au Liban menace toute une génération d’enfants, dont la majorité risquent de se retrouver privés des savoirs fondamentaux et donc des outils nécessaires lorsque viendra le temps de la reconstruction… Ils ont besoin de vous.

 

Enfants syriens au Liban © Amel

Voilà six ans que dure le conflit syrien, déclenché dans la foulée du Printemps arabe en 2011. Aux revendications initiales des Syriens, s’est rapidement ajoutée la dimension régionale d’un conflit qui s’est installé dans la durée, chacun des pays voisins intervenant à sa manière pour un camp ou pour l’autre et transformant peu à peu la Syrie en terrain de rivalités qui la dépassent. Près de 220.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit. Plus de 50% de la population syrienne est actuellement déplacée, que ce soit dans ou hors des frontières du pays. Parmi ceux qui ont quitté la Syrie, plus de 4 millions réfugiés (soit 95%) se trouvent aujourd’hui répartis dans seulement cinq pays, à savoir la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et l’Égypte. À lui seul, le Liban accueille entre 1,2 million et 1,5 million de réfugiés venant de Syrie, ce qui représente environ une personne sur cinq dans le pays.

La vie de ces réfugiés est misérable : seuls 40% du montant de l’appel de fonds lancé par l’ONU pour répondre aux besoins humanitaires des réfugiés syriens ont été obtenus. Le manque de fonds signifie que les réfugiés syriens les plus vulnérables au Liban ne reçoivent que 13,50 dollars par mois soit moins d’un demi-dollar par jour pour l’aide alimentaire.

Une génération d’enfants privée d’éducation et d’avenir

Comment parrainer ?
  • 1 parrainage = 300 euros (285 euros + 15 euros de frais de dossier FPF) ;
  • Durée : un an renouvelable (septembre 2017 à septembre 2018)
  • Adresser sa demande à christinelacoste064@gmail.com
  • Envoyer votre don à : La Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy, 75311 PARIS – cedex 09 (don donnant droit à une réduction fiscale)
  • Chèque à l’ordre de : « Fondation du protestantisme » (inscrire au dos : « Parrainage AMEL »)

Cette crise syrienne au Liban est avant tout une crise de l’enfance et de la jeunesse. Seuls 48% des enfants syriens sont actuellement scolarisés. Mais ces enfants rencontrent des difficultés majeures à se maintenir à l’école, en raison du retard accumulé, des nombreux traumatismes et discriminations subis à l’école et des difficultés économiques des familles. Le taux d’échec scolaire et les risques de décrochage, au sein de cette population, atteignent des seuils critiques. Cette situation menace toute une génération, privée de son droit à l’éducation et du même coup de son avenir, alors même que cette génération est le seul espoir de la région lorsque viendra le temps de la reconstruction. Facteur aggravant : avant même le début de la crise des réfugiés, l’éducation nationale était très fragilisée au Liban, notamment par le manque d’enseignants qualifiés et le très faible niveau d’investissement dans l’école publique, poussant chaque année des milliers d’enfants à quitter l’école. L’arrivée massive de réfugiés syriens n’a fait qu’amplifier les difficultés et la qualité de l’éducation dans les écoles publiques s’est encore dégradée.

Voilà pourquoi, depuis 2014, un programme de parrainage éducatif a été lancé par Amel Association International en partenariat avec l’Eglise Protestante Française de Beyrouth (EPFB) et la Fédération Protestante de France. Cette coopération a été initiée par le pasteur Pierre Lacoste, envoyé par le Défap au sein de l’EPFB, et son épouse Christine. L’objectif est d’offrir un accompagnement éducatif et un soutien psycho-social aux enfants syriens de la banlieue sud de Beyrouth, afin de les aider à intégrer, à se maintenir et à réussir au sein du système éducatif libanais.

Aide aux devoirs et un soutien psychologique

L’unité d’école mobile (2017) © Amel

Ces activités, supervisées par une psychologue qualifiée, sont mises en oeuvre par les animateurs d’Amel formés aux problématiques de la protection de l’enfance. Ce programme permet aux enfants de renforcer leur capacité de résilience, d’acquérir des savoirs fondamentaux et de maintenir un niveau scolaire acceptable en attendant de retrouver le cours d’une vie normale dans leur pays. Ces activités, véritables moments de partage et de cohésion entre enfants réfugiés, posent les bases du vivre ensemble pour cette génération appelée demain à reconstruire la Syrie.

En vous engageant par un don de 300 euros, vous pouvez offrir à un enfant syrien une chance d’acquérir les savoirs fondamentaux qui sont si difficiles à obtenir pour lui au sein du système éducatif libanais. «Trois fois par semaine, après l’école, soulignent les responsables de l’opération de parrainage, l’enfant parrainé sera accueilli dans le centre de Haret Hreik de AMEL (banlieue sud de Beyrouth) pour des activités périscolaires, récréatives et culturelles, d’aide aux devoirs et un soutien psychologique. Des rencontres sont organisées régulièrement avec les parents sur des sujets tels que les droits des enfants, la communication non violente, le respect ainsi que des temps forts plus festifs. (…) L’éducation est le premier rempart contre les extrémismes, la misère sociale et la violence. Nous voulons cette année encore, continuer à améliorer le programme en augmentant le nombre de sessions par semaine, en augmentant le nombre de professeurs et d’animateurs pour personnaliser d’avantage notre accompagnement, en proposant des activités récréatives plus régulières et plus diverses.»




Deux «marraines» d’enfants syriens témoignent

Ils viennent d’Alep, d’Homs, de Damas… et ont abouti dans des squats de Beyrouth : sans l’aide de l’association Amel, qui leur offre un soutien scolaire, ces enfants syriens ayant fui la guerre avec leur famille auraient été entièrement déscolarisés. Deux Françaises engagées dans les précédentes opérations de parrainage lancées par Amel et l’Église Protestante Française de Beyrouth ont pu visiter le centre de Haret Hreik, au sud de Beyrouth, où les enfants sont accueillis. Elles racontent.

«Chez les enfants, une furieuse envie de vivre»

Enfants syriens à Beyrouth bénéficiant du soutien scolaire © Amel

«Les embouteillages beyrouthins de ce vendredi fin d’après-midi auguraient mal de la possibilité de faire enfin connaissance concrètement avec le travail de l’ONG par laquelle je parraine deux enfants depuis trois ans ! Et pourtant…, d’une part, ce trajet laborieux fut l’occasion de faire connaissance avec une des volontaires coordinatrice de projets chez AMEL (qui nous servait de chauffeur) – une jeune femme remarquable, qui offre généreusement son temps, ses compétences, sa détermination et son intelligence acérée au travail d’accueil et d’accompagnement qu’AMEL opère en faveur des réfugiés syriens. Et d’autre part, la visite du centre et la rencontre des enfants et jeunes qui y suivaient ce soir-là des cours d’anglais à divers niveaux fut une expérience inoubliable.

Une fois passé le contrôle d’entrée dans le quartier, tenu par le Hezbollah, nous avons découvert un immeuble de trois étages entièrement dédié à AMEL. Sur plusieurs niveaux, des salles de classe, ou de jeu à d’autres moments, ou encore de formation pour adultes à d’autres horaires. Et sur le toit, une tentative de végétalisation, avec l’espoir de produire tomates, aubergines, etc… un jour ! C’est dire l’enthousiasme et la foi des volontaires, venus d’Europe ou d’outre-Atlantique, qui travaillent avec du personnel libanais ! Toute l’équipe m’a paru très soudée et pleine d’énergie et de volonté pour passer outre aux obstacles. Entre l’anglais et le français, la communication était facile. Et la complexité des relations inter-communautaires si tangible partout au Liban s’effaçait complètement en ce lieu où seules comptaient la force d’engagement et la bienveillance à l’égard des personnes secourues.

Comment parrainer ?
  • 1 parrainage = 300 euros (285 euros + 15 euros de frais de dossier FPF) ;
  • Durée : un an renouvelable (septembre 2017 à septembre 2018)
  • Adresser sa demande à christinelacoste064@gmail.com
  • Envoyer votre don à : La Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy, 75311 PARIS – cedex 09 (don donnant droit à une réduction fiscale)
  • Chèque à l’ordre de : « Fondation du protestantisme » (inscrire au dos : « Parrainage AMEL »)

Les assistantes sociales repèrent, dans les squats et logements surpeuplés de ce quartier très déshérité, les familles les plus nécessiteuses et vulnérables, et invitent les enfants à bénéficier d’un soutien scolaire ou d’un accompagnement psychologique, mais aussi les plus âgés à suivre des formations courtes professionnalisantes qui leur permettront assez rapidement d’accéder à une relative autonomie financière, début de l’insertion dans ce pays d’accueil temporaire qui pourrait bien devenir définitif !

Les enfants étaient nombreux, et avaient l’air très heureux d’être là, ainsi que de recevoir de la visite. Nos échanges avec eux ont été un peu limités, mais ont suffi à apprendre qu’ils venaient d’Alep, d’Homs, de Damas… et qu’une furieuse envie de vivre les poussait à accroître leurs connaissances pour préparer un avenir qu’ils voulaient beau et ambitieux.

Que faire d’autre que leur souhaiter de pouvoir réaliser leurs rêves, et… donner un coup de pouce pour permettre que le beau travail qu’accomplit AMEL pour eux puisse se poursuivre ?»

«Un climat sain et serein qui aide les enfants à grandir»

Enfants syriens à Beyrouth bénéficiant du soutien scolaire © Amel

«Lors de notre séjour à Beyrouth, la visite de l’ONG Amel était programmée et nous étions très impatients d’y aller ! Nous recevons régulièrement des nouvelles et des photos de ces enfants syriens réfugiés au Liban et pris en charge par l’association, mais aller à leur rencontre et visiter le centre, c’était quelque chose que nous attendions ! Ce fut un moment très fort.

L’accueil fut vraiment chaleureux. C’était l’heure du soutien scolaire et ce soir-là cours d’anglais. Les enfants étaient tous là, en classe de différents niveaux. Ambiance très studieuse. Nous avons rencontré des enseignants pour la plupart bénévoles, enthousiastes et motivés. Et des enfants qui avaient l’air heureux d’être en classe et de nous recevoir !

Rencontre avec une petite syrienne, sérieuse et réservée. Elle était très fière de me montrer son cahier bien tenu, avec une longue liste de verbes irréguliers d’anglais. Nous les avons lus ensemble et en avons mimé le sens. Eclats de rire !! Rencontre avec un très jeune garçon aux yeux pétillants et fier de me montrer ses tables de multiplication qu’il apprenait en anglais. Tous ces enfants qui ont souffert du déracinement, de l’exil, de la peur et de la violence de la guerre, trouvent à Amel un climat sain et serein qui les aide à grandir, se construire et se projeter dans l’avenir.

Une goutte d’eau dans l’océan ? Oui, mais chaque goutte compte.»




Scruter la réalité, guetter l’espérance !

Méditation du jeudi 30 novembre 2017. En cette entrée dans le temps de l’Avent nous prions pour notre envoyée au Timor oriental. Et nous te prions aussi pour l’Égypte et les Égyptiens frappés par le terrible attentat du 24 novembre.

 

« Attention ! Ne vous endormez pas, car vous ne savez pas quand le moment viendra.

Ce sera comme lorsqu’un homme part en voyage : il quitte sa maison et en laisse le soin à ses serviteurs, il donne à chacun un travail particulier à faire et il ordonne au gardien de la porte de rester éveillé.

Restez donc éveillés, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra : ce sera peut-être le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin. S’il revient tout à coup, il ne faut pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Restez éveillés ! » Marc 13.33-37

 


Source : Pixabay

Ne pas dormir ! Rester éveillé ! Garder l’œil ouvert ! L’oreille aussi ! Facile à dire mais pas facile à faire ! Au sens propre comme au sens symbolique. Car l’habitude nous ramollit. Et même les très beaux mots de la grâce, religieusement répétés dans nos cultes et nos chants, finissent par perdre de leur force et de leur sens !

En temps de persécution, en temps de crise, il en va différemment, car notre attention est avivée et notre passion s’entretient d’émotions sans cesse renouvelées. On dit qu’en temps de guerre les Églises se remplissent !

Aujourd’hui, via la télévision et internet, nous sommes informés en temps réel des 10 000 évènements tragiques qui secouent notre monde. Cela nous tient-il éveillés pour autant ? Et accrochés à la responsabilité sans faille de témoins de Dieu et du Christ ? Au contraire nous nous sentons souvent noyés, tétanisés, impuissants devant ce qui nous dépasse. Désireux de dormir. Ou bien de nous rassurer par une piété qui nous isolerait du monde.

Comment rester éveillés ?

La fraternité des veilleurs, fondée par le Pasteur Wilfred Monod et son fils Théodore en 1923, propose une spiritualité quotidienne ancrée dans les Béatitudes, et vécue pleinement dans le monde. Nous ne pouvons rester éveillés qu’en nous laissant habiter par le Christ, qu’en scrutant la réalité avec son intelligence, en guettant l’espérance avec son regard, en parlant avec ses mots, en agissant avec ses mains. C’est l’émotion du Vivant qui nous maintient debout chaque jour dans le monde et face au monde, dans la gravité et la joie de l’Évangile.

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour notre envoyée au Timor oriental. Et nous prions aussi pour l’Égypte et les égyptiens meurtris par l’horrible attentat du vendredi 24 novembre..

Seigneur,
L’Egypte protestante vient de célébrer les 500 ans de la Réformation,
En rendant grâce pour les possibilités qui lui sont données
Pour témoigner en paroles et en actes de ta bonté.
A plusieurs reprises, au courant de l’année passée,
Les chrétiens en tant que tels ont été la cible d’attentats meurtriers.
Les forces de l’ordre égyptiennes aussi ont subi des attaques causant de nombreuses morts.
Et en ce jour du 24 novembre,
Une nouvelle attaque a frappé une autre communauté de croyants,
Les musulmans de la tradition soufie, massacrés au sortir de leur prière hebdomadaire.
Nous te prions pour tous les égyptiens, victimes de ces actes horribles,
De plus commis au nom de la religion.
Nous te prions pour les familles endeuillées.
Nous te prions, aide les femmes et les hommes de bonne volonté
A travailler à la justice et à la réconciliation,
En Egypte, en Orient, et dans le monde entier.
Nous te prions pour ceux qui persécutent :
Fais-les revenir de leurs chemins de mort
Et convertis leur cœur au message de vie de l’Évangile.
Amen

Prière proposée par l’ACO. (Action Chrétienne en Orient)

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 13.33-37 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Le Défap solidaire de l’Égypte endeuillée

Alors que l’Égypte a été frappée, vendredi, par le plus terrible attentat de son histoire, le Défap exprime son soutien et sa solidarité aux familles endeuillées et au peuple égyptien dans son ensemble. L’attaque a eu lieu de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, non loin de la capitale de la province du Nord-Sinaï ; elle a fait 305 morts et une centaine de blessés.

 

La mosquée al-Rawda de Bir al-Abed © DR

Un deuil national de trois jours a débuté le samedi 25 novembre en Égypte, meurtrie par un attentat d’une violence sans précédent. L’attaque a eu lieu la veille au moment de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, que fréquentent notamment des adeptes du soufisme ; elle se situe à 40 km d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï. Selon les témoignages de rescapés, un petit groupe d’hommes armés a encerclé la mosquée, fait exploser une bombe, puis a tiré à l’arme automatique sur les 700 fidèles réunis pour la prière et qui tentaient de fuir, faisant 305 morts et une centaine de blessés. Les assaillants ont également incendié des véhicules pour empêcher les fidèles d’échapper à la tuerie, et ralentir l’arrivée des forces de sécurité. Cet attentat n’a pas été revendiqué, mais selon le procureur de la zone, les terroristes portaient le drapeau noir qu’arbore la branche égyptienne du groupe jihadiste État islamique (EI).

Convaincu que les religions peuvent être facteurs de paix et non de violences, le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connaît en Égypte et au peuple égyptien.

«Une attaque contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions»

Nous reproduisons également ce message transmis par l’ACO (Action Chrétienne en Orient), proche partenaire du Défap. Il émane du pasteur Andrea Zaki, président de «Protestant Churches in Egypt», l’équivalent d’une Fédération Protestante d’Égypte. Il condamne l’attaque terroriste et souligne que cet acte, qui vise des personnes innocentes en train de prier, et dont le but est de déstabiliser la sécurité et la stabilité de l’Égypte, est contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions ; et toutes les parties de la société rejettent le terrorisme dans toutes ses formes. Le pasteur Zaki appelle tous les Égyptiens à rester unis face au terrorisme.

Il ajoute : « de tels actes criminels s’attaquant à des lieux de culte – mosquées et églises – sont la tentative désespérée d’interrompre la progression de la nation ». Il a adressé un appel à l’ensemble du pays à s’unir pour construire de manière solidaire un bel avenir pour le peuple égyptien resté loyal. La conclusion de la déclaration est un appel à prier pour les martyrs, qu’ils reposent en paix, et pour les blessés, qu’ils puissent guérir, dans l’espoir que Dieu préserve les dirigeants et le peuple égyptiens.

 

Pour l’État islamique, toutes les croyances autres sont des cibles
Le groupe jihadiste État islamique prône une version extrême du salafisme, courant fondamentaliste de l’islam sunnite prônant un retour aux pratiques de l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples, qui l’amène à s’attaquer non seulement aux fidèles des autres religions, mais aussi à ceux d’autres branches de l’islam considérées comme hérétiques. L’État islamique a ainsi revendiqué une série d’attentats contre la communauté copte d’Égypte. Le soufisme, courant ésotérique de l’islam, est accusé pour sa part d’hérésie et de polythéisme, de fait de son recours à l’intercession des saints morts. L’État islamique condamne aussi ce qu’il qualifie d' »innovations » : rites et prières des soufis non prescrits à l’origine par le prophète Mahomet.

 




Un voyage pour «toucher du doigt les réalités de la vie au Congo»

Une douzaine de membres de l’Église protestante unie du Consistoire d’Héricourt se sont rendus début octobre auCongo-Brazzaville, pour y découvrir notamment les actions que mène l’Église Évangélique du Congo. Ils étaient accompagnés par le pasteur Joël Dautheville, président du Défap. Retour sur ce voyage avec Georges Massengo, qui a été pasteur à Brazzaville avant d’exercer son ministère au sein de l’Église protestante unie de France, et qui a organisé ce projet.

 

Les participants du voyage devant un centre médico-social © Défap

De retour de Brazzaville et Pointe-Noire depuis quelques semaines, le pasteur Massengo a encore en tête une liste de bagages qui tient du catalogue à la Prévert : trois valises d’habits pour bébé et autres matériels pour enfants, deux valises de lunettes, trois fauteuils roulants et… plus aucune place de disponible pour les livres du Défap… Qu’importe, l’essentiel n’était pas dans les bagages. Mais bien dans les rencontres… Le voyage a duré une dizaine de jours, du 29 septembre au 9 octobre 2017, et pour la plupart des participants, il a marqué leur premier contact avec le Congo-Brazzaville et avec l’Église Évangélique du Congo (EEC). Ils étaient douze, membres de l’Église protestante unie du Consistoire d’Héricourt, Georges Massengo leur servant de guide. Lui-même originaire de ce pays, il avait exercé son ministère pastoral dans l’une des principales paroisses de l’EEC, celle de Mayangui, avant sa venue en France où il est aujourd’hui pasteur de l’EPUdF.

Pour lui, l’objectif de ce voyage accompagné et soutenu financièrement par le Défap devait être avant tout de montrer la réalité du pays, non seulement sur le plan social (même si la République du Congo est un pays producteur de pétrole, près de 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et l’accès à l’eau potable et à l’électricité y reste difficile) mais aussi sur le plan de la vie d’Église. Autre participant du voyage à renouer avec le Congo-Brazzaville : Joël Dautheville, président du Défap, qui a lui-même été pasteur de la paroisse du Plateau il y a une quarantaine d’années, et qui avait décidé de précéder le groupe de quelques jours afin de faire le point sur les projets en cours.

La genèse du projet

Pour aller plus loin :
Mission au Congo : des chantiers nombreux et audacieux
Le Défap au Congo : projets en cours

L’Église Évangélique du Congo (EEC) est la première et la plus importante Église protestante au Congo-Brazzaville. Elle est aussi le principal partenaire du Défap dans ce pays. Elle trouve ses origines, au début du XXème siècle, dans les travaux de la Mission Évangélique Suédoise (MES), avec le concours d’autres Églises Missionnaires scandinaves. Son existence en tant qu’Église indépendante remonte au 15 juillet 1961, lorsque les différentes Églises Missionnaires ont décidé de l’autonomie des stations et postes missionnaires, donnant naissance à une Église unie. Mais l’avènement d’une république populaire en 1969, sous la présidence de Marien Ngouabi, avec comme corollaire l’instauration du socialisme scientifique, s’est traduit pour l’Église par la nationalisation de ses écoles et centres de santé. Aujourd’hui, dans un contexte social difficile, elle développe ses activités diaconales pour faire face aux besoins de la population notamment en matière d’éducation et de santé. Les projets soutenus par le Défap sont nombreux : soutien à la faculté de théologie de Brazzaville, programme d’éducation à la paix, formation d’animateurs jeunesse, scolarisation d’enfants sourds, formation à l’informatique, construction d’école, programme de lutte contre le sida, envoi de volontaires au sein du département Santé de l’EEC…

C’est lors d’un culte du pasteur Massengo destiné à présenter ces relations entre les protestants de France et l’EEC qu’est née, début 2016, l’idée d’organiser un voyage avec des membres du Consistoire d’Héricourt. «Il y avait là un couple de retour du Congo-Brazzaville», se souvient Georges Massengo. «Ils avaient séjourné dans le pays avec leurs enfants et ont témoigné de ce qu’ils y avaient vécu, de ce qu’ils avaient vu.» La situation sociale et les difficultés du quotidien, le problèmes de scolarisation des enfants, mais aussi toutes les actions lancées par l’EEC et la manière dont la foi y est vécue : autant de découvertes qui ont poussé les paroissiens à vouloir mieux connaître le pays et l’Église. Une fois le projet monté avec le Défap, trois sessions d’informations sur le Congo-Brazzaville ont été organisées à Lure et Héricourt, auxquelles a participé Joël Dautheville. Et les objectifs du voyage se sont développés.

«Comment pouvons-nous aider ?»

Distribution de médicaments © Défap

«Les participants m’ont demandé : comment pouvons-nous aider ?» raconte Georges Massengo. «Et je leur ai parlé d’un projet de construction de maternité auquel j’avais participé lorsque j’étais pasteur à Mayangui. J’y étais retourné depuis lors et j’avais découvert un centre qui était devenu une structure de référence au sein de l’Église, avec un service pour les consultations prénatales, un bloc opératoire pour les césariennes, mais aussi un service de médecine générale, un autre d’ophtalmologie, un suivi des personnes atteintes par le Sida… Le personnel médical, le médecin-chef m’avaient parlé de tous leurs besoins. Je me suis dit que ce voyage était une excellente occasion d’y répondre.»

Autour du projet de voyage s’organisent alors des collectes : vêtements et matériel médical (pour mesurer la glycémie et la tension, notamment), fauteuils roulants et équipement ambulatoire… Georges Massengo prend aussi contact avec une association locale, le Kiwanis Montbéliard-Sochaux, qui récolte toute l’année d’anciennes lunettes pour les remettre à des associations : «au Congo-Brazzaville, trop de gens qui ont des problèmes visuels ne peuvent pas trouver les lunettes dont ils auraient besoin». Les bagages grossissent ainsi jusqu’au moment du départ.

Rencontres et visites

Rencontre avec le président de l’EEC © Défap

Au Congo-Brazzaville, la petite délégation, accueillie par la paroisse de Mayangui, rencontre le président de l’EEC : le pasteur Edouard Moukala, successeur de Patrice Nsouami. Les visites s’enchaînent à Brazzaville : «Nous avons vu le responsable du département Santé de l’Église, qui a accueilli une envoyée du Défap. Nous avons livré là-bas nos fauteuils roulants et notre matériel ambulatoire. Nous avons visité l’orphelinat du temple du Centenaire, où Joël Dautheville avait été pasteur. Nous avons remis des sacs d’habits à la responsable du département Femmes et Familles de l’EEC, Éléonore Kissagui, ancienne boursière du Défap. Nous avons pu visiter une structure destinée à accompagner les filles-mères (qui vivent seules et sans moyens de subsistance pour élever leurs enfants) et à leur fournir une formation à la couture.»

À cela s’ajoutent des rencontres avec le doyen et les étudiants de la faculté de théologie de Brazzaville, une visite à un projet de «caisse féminine» monté par des femmes chrétiennes afin de faire du micro-crédit… Autant de manières pour les voyageurs de vérifier l’efficacité des liens tissés à travers les échanges ou le financement de bourses par le Défap – les anciens boursiers constituant, au fil des années, un réseau sur lequel le Défap peut s’appuyer dans ses relations entre Églises. Autant de manières, surtout, de «toucher du doigt les réalités de la vie au Congo».




Bienfaisant jugement !

Méditation du jeudi 23 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

 

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez accueilli chez vous ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous avez pris soin de moi ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir.»

Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé et t’avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t’avons-nous habillé ? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés te voir ?»

Le roi leur répondra : « Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

« Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison et vous n’avez pas pris soin de moi. »

Ils lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t’avons-nous pas secouru ?»

Le roi leur répondra : « Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait ».

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. Matthieu 25,31-46

 


Source : Pixabay

Sommes-nous du côté des moutons ou du côté des chèvres ? Honnêtement, parfois d’un côté et parfois de l’autre ! Alors on n’aime pas beaucoup cette idée de jugement et de séparation des bons et des mauvais, où il ne semble y avoir, à la fin de l’histoire, aucune grâce accordée… aux pécheurs !

Pourtant ce jugement peut être une bonne nouvelle !

D’abord parce qu’il reconnaît la responsabilité éthique de chacun. A l’inverse le jugement originel de la Genèse se terminait par un déluge anéantissant toute la création. A part Noé et sa famille, l’humanité fut collectivement effacée de la surface de la terre, comme si le mal alors commis en notre monde avait rendu celui-ci définitivement inhabitable. Or n’y avait-il pas quelques innocents parmi les coupables ?

Ensuite parce que, tout en étant pécheur, l’être humain a soif de justice. Que le bien soit encouragé et récompensé, que le mal soit combattu et châtié. Et si ce n’est maintenant, alors dans le temps de Dieu !

Y a-t-il plus scandaleux aux yeux des enfants, des petits, des sans-pouvoir, que l’injustice qui règne en ce monde ? Non reconnue, non réparée, elle peut conduire au désespoir, parfois au nihilisme. Que le Fils de l’homme apparaisse comme le Roi qui juge toute l’humanité atteste ce besoin fondamental d’une justice, qui n’est pas vengeance. Car il est aussi celui qui s’est fait connaître parmi nous, qui a enseigné et vécu l’amour et la miséricorde.

Alors ce n’est pas la religion qui compte le plus, ce n’est même pas le degré de foi et de piété. Mais la manière dont les humains vivent entre eux leur humanité. Amour ou rejet ? Entraide ou mépris ? Accueil ou fermeture ? Il s’agit là des commandements de la torah et des prophètes, et de l’enseignement de Jésus le Christ : assister le pauvre, le vêtir, accueillir l’étranger, prendre soin du malade, visiter le prisonnier, se faire tout à tous, aimer le prochain comme soi-même.

Car Dieu est lui-même celui que l’on nourrit quand il a faim, que l’on désaltère quand il a soif, qu’étranger l’on accueille, que nu l’on habille, que malade ou prisonnier l’on visite. Autrement on ne le connaît pas …. Et on se condamne à vivre sans amour. N’est-ce pas cela l’enfer ?

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Ils nous disent les autres :
Vous n’êtes rien
Vous n’êtes que péché et de vous on a honte
Parce qu’avec plaisir vous traînez dans le mal.
Mais toi notre Dieu tu cours vers nous et notre visage sali
Tu l’essuies de ta tendresse.

Ils nous disent les autres :
Vous n’avez rien à voir avec nous
Vous n’êtes plus de chez nous
Vous ne pensez pas comme nous
Vous n’avez pas respecté notre loi.
Mais toi notre Père tu nous ouvres les bras
Et notre vie souillée tu l’entoures de ta tendresse.

Ils nous disent les autres :
Il n’y a pas de place ici pour ceux qui ont trahi.
Il n’y a pas d’honneur ici pour celles qui sont parties.
Il n’y a pas de droit ici pour ceux qui ont déserté.
Mais toi notre Dieu tu nous prends tout contre toi
En ta grande tendresse de Père !

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,31-46 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Haïti : solidarité avec le collège Maranatha

Ce collège évangélique, situé en bordure d’un quartier contrôlé par des gangs, entretient un témoignage essentiel dans cette partie défavorisée de Port-au-Prince. Il est membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, partenaire de la Plateforme Haïti, dont fait partie le Défap. Le 13 novembre dernier, plusieurs personnes, dont un élève et un enseignant, y ont été abattues par la police en marge d’une opération antigang, pendant que son directeur était brutalisé et arrêté. Remis depuis en liberté, il est en attente d’un jugement, et le protestantisme haïtien réclame justice pour lui, et pour les victimes exécutées par la police.

 

Le collège évangélique Maranatha © Mission Biblique

Le protestantisme haïtien se mobilise et réclame justice après une opération de police qui a mal tourné au collège évangélique Maranatha. Elle s’est traduite par plusieurs morts, dont deux policiers, un élève, un enseignant et le gardien de l’école, ainsi que par huit jours d’incarcération pour le directeur du collège, Armand Louis.

Le collège Maranatha se trouve au Sud-Est de Port-au-Prince, dans un secteur boisé surplombant le quartier de Grande-Ravine, où sévissent des gangs qui rackettent impunément la population. Le 13 novembre, vers les 5 heures du matin, 260 membres de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (Udmo) et de la Direction Centrale de la Police Administrative (DCPA), accompagnés de forces de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), se sont déployés dans le quartier en vue de lancer une opération antigang, et ont pénétré dans le collège. Arrivé dans la matinée et trouvant les policiers sur place, le directeur du collège leur a offert sa collaboration et leur a permis de fouiller les bâtiments du campus. Mais des individus armés avaient franchi le mur d’enceinte ; une fusillade a éclaté, deux policiers ont été tués. Les membres des forces de l’ordre, accusant le directeur de les avoir menés dans un guet-apens, ont commencé à le molester, et ont exécuté sommairement plusieurs personnes présentes qui tentaient de s’interposer. L’opération de police s’est soldée par un échec ; le chef de la Police Nationale Haïtienne (PNH) a reconnu qu’aucune arme n’avait été saisie ; quant au directeur du collège, il a été placé en détention. Malmené et victime d’un malaise évoquant un AVC, il a dû recevoir des soins, qui lui ont été prodigués par sa fille, médecin.

Une arrestation «illégale et injuste»

Pour aller plus loin :
Présentation de la Plateforme Haïti sur le site de la Fédération Protestante de France
Les événements au collège Maranatha suivis sur le site de la Mission Biblique

L’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH) a rapidement diffusé un communiqué déplorant le comportement des policiers envers Armand Louis, qui a toujours fait preuve d’«intégrité», de «rectitude» et d’«intérêt pour l’éducation de tous les enfants de la zone». Outre son rôle de directeur d’école, Armand Louis est prédicateur laïc, ingénieur de formation, membre du comité exécutif de l’UEBH, et a fait partie de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (Cieve) lors de la présidentielle de 2015. Quant au collège Maranatha qu’il dirige, c’est un établissement d’une qualité reconnue, créé en 1956 et membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), qui regroupe 3000 écoles ; un lieu qui ne peut en aucun cas, comme l’a souligné la FEPH, être «un repaire de bandits».

La mobilisation qui s’est développée au sein du milieu enseignant haïtien et du monde protestant s’est rapidement focalisée sur la nécessité de libérer au plus vite le directeur du collège Maranatha. L’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh) et le parti politique Rasin kan pèp ont dénoncé une arrestation «illégale et injuste». La FEPH a dénoncé un affront contre le secteur éducatif en général et le monde protestant en particulier. «Cette humiliation infligée par des agents de la PNH à un éducateur chevronné, ayant consacré plus de 30 années de sa vie à la formation de plusieurs générations de jeunes haïtiens, est intolérable», a-t-elle notamment écrit.

Le protestantisme français s’implique

Le directeur du collège Maranatha, Armand Louis © Mission Biblique

Fait rare, cette situation a aussi été dénoncée par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), qui a déploré que de tels événements aient pu se produire dans une école, lieu qui doit être un sanctuaire pour les enfants. La FEPH étant l’un des partenaires de la Plateforme Haïti, constituée en 2008 sous l’égide de la Fédération Protestante de France, et particulièrement active à partir de 2010 à la suite du séisme qui avait dévasté la région de Port-au-Prince, le protestantisme français a également réagi : «Beaucoup d’entre nous ont pu visiter le collège et connaissent les conditions difficiles de travail et de témoignage dans cette zone», a souligné dès le 14 novembre un communiqué de la Plateforme, dont fait partie le Défap. «Nous espérons que la situation de Armand Louis puisse être clarifiée et résolue dans les meilleurs délais».

À partir du lundi 20 novembre a été lancée une semaine d’actions à Port-au-Prince pour réclamer justice : conférence de presse, sit-ins, marches à l’appel d’organisations étudiantes et de l’ensemble des écoles protestantes. Entretemps, Armand Louis a été remis en liberté, dans l’après-midi du 20 novembre ; mais les charges pesant sur lui n’ont pas été levées pour autant, et il ne s’agit que d’une libération conditionnelle. Les autorités haïtiennes commencent pourtant à reconnaître les torts de la police.

Le traumatisme est profond au collège Maranatha

Deux des personnes abattues par la police au collège Maranatha : Julio, le gardien (à gauche); Jean Baptiste David, enseignant (à droite) © Mission Biblique

Une enquête a été lancée et ses résultats doivent être connus sous peu ; le premier ministre Jack Guy Lafontant, également chef du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), a promis des sanctions à l’encontre des responsables. La mobilisation se poursuit désormais à Port-au-Prince pour que la vérité soit connue sur cette opération de police.

Mais le traumatisme est profond au collège Maranatha. Fermé depuis le 13 novembre, il a rouvert ses portes le 20 pour accueillir les enseignants, leur permettre de parler, les accompagner après le drame et préparer, en compagnie de psychologues, le retour des élèves. La reprise des cours est annoncée pour le 27. Une semaine de partages, d’échanges et d’encouragements a été prévue pour libérer la parole des enfants. Les murs portent encore les traces des impacts de balles ; et dans les jours qui ont suivi la fusillade, les locaux, pourtant placés sous la protection de la police, ont été pillés, les ordinateurs et le mobilier volés.

Le protestantisme français, à travers la Plateforme Haïti, reste mobilisé et solidaire avec le collège Maranatha et l’UEBH.




Syrie temps zéro : des photos pour ne pas oublier la tragédie syrienne

A Strasbourg, l’Aumônerie Universitaire Protestante s’associe à la Médiathèque protestante le temps d’uneexposition destinée à sensibiliser à la tragédie syrienne. Elle permettra de découvrir le travail de deux photographes, Assem Amsho et Esraa Saifo, de rencontrer des familles syriennes et de relancer l’appel à l’accueil et à l’accompagnement d’exilés en Alsace.

 

Photo de l’exposition Les lieux du temps zéro © DR

Les lieux du temps zéro veut faire pénétrer les spectateurs dans le quotidien des Syriens. L’exposition, qui regroupe des clichés de deux photographes syriens, Assem Hamsho et Esraa Saifo, débute cette semaine à la Médiathèque protestante de Strasbourg. L’objectif : sensibiliser par l’image au drame que vit la Syrie. Et quoi de plus évocateur et symbolique qu’une série de photos ?

Esraa Saifo, jeune femme syrienne, déambulait dans les rues en saisissant des détails authentiques, rustiques. Ces détails, parfois anodins, faisaient tout le charme de la vie en Syrie avant les conflits.

Dans les camps de réfugiés au Liban, Assem Hamsho capture les fragments d’un quotidien figé dans le temps. Il cherche à éveiller les consciences occidentales sur les horreurs de la guerre en Syrie. Les réfugiés qui ont réussi à fuir les conflits, les menaces et persécutions se retrouvent désormais dans l’attente. Dans l’attente de nouvelles de proches restés dans les zones de combat. Dans l’attente d’une aide internationale. Dans l’attente d’un cessez-le-feu, ou mieux, d’un armistice. Dans l’attente de sortir d’ici…

L’AUP s’associe à la Médiathèque protestante et NooToos – UEPAL Saint-Pierre-le-Vieux pour mettre en valeur ces artistes et leurs combats. Au-delà de simples photos, c’est un appel universel à la tolérance, la compassion et l’action qui nous est adressé. Cette exposition s’inscrit dans la continuité d’un projet bien plus vaste, mis en place par la FEP Grand Est (Fédération de l’Entraide Protestante), qui vise à accueillir et accompagner des réfugiés.

  •  Jeudi 23 novembre 2017, 18h : Vernissage à la Médiathèque protestante ; invitation des familles d’exilés accueillis en Alsace ; participation de Karam, musicien syrien.
  •  Jeudi 30 novembre 2017, 18h: culte universitaire sur le thème à l’église protestante Saint-Thomas suivi d’un repas syrien au « Stift », avec les familles. A 20h30 : concert de chants syriens
  •  Jeudi 7 décembre 2017, 20h: Conférence/débat Prof. Gilbert Achcar de l’Université de Londres : « Syrie : révolution et contre-révolutions »



L’Église de Djibouti célèbre son nouveau temple

A Djibouti plus qu’ailleurs, le temple a un rôle important d’ancrage pour une communauté protestante constituée au gré des mouvements de populations, et dont les membres restent rarement dans le pays plus de quelques années. Le bâtiment, en chantier depuis quatre ans pour des rénovations lourdes, a été inauguré le 6 novembre en présence de Bernard Antérion, président de la Ceeefe (Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur) et Jean-Luc Blanc, responsable du service Relations et Solidarités Internationales au Défap.

Le culte d’inauguration et d’installation du pasteur Pierre Thiam, le 6 novembre © Ceeefe, Défap

Il aura fallu neuf ans pour mener à son terme le chantier de l’Église protestante évangélique de Djibouti (Eped). Neuf ans pour reconstruire logement de l’administrateur de l’Eped, presbytère, salle paroissiale… et surtout pour rénover le temple, qui nécessitait une intervention lourde, et sur lequel les travaux auront duré quatre ans jour pour jour, d’octobre 2013 à novembre 2017.

Son inauguration a eu lieu le dimanche 6 novembre, lors d’un culte présidé par Bernard Antérion, président de la Ceeefe (Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur) et Jean-Luc Blanc, responsable du service Relations et Solidarités Internationales au Défap. Étaient également présentes plusieurs personnalités djiboutiennes dont l’ambassadeur de France accompagné d’une délégation dont la Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle (COCAC), des représentants de l’Église Catholique, une délégation militaire… sans oublier l’architecte qui avait porté et accompagné le projet tout au long de ce chantier au long cours, Nicolas Westphal.

Une situation particulière pour l’Église de Djibouti

Pour aller plus loin :
Le site de la Ceeefe, propriétaire des bâtiments et partenaire du Défap

Derrière les briques et les parpaings, il y a des hommes et des femmes ; derrière les bâtiments, toute une communauté, celle de l’Église protestante évangélique de Djibouti. L’assistance présente lors du culte d’inauguration donne une idée de l’enjeu que représentait pour l’Eped ce chantier de rénovation. Seule Église protestante officiellement reconnue par le gouvernement de ce pays musulman, l’Eped est héritière d’une situation historique unique, qui l’amène à accueillir une très grande diversité confessionnelle.

À l’origine, elle avait été créée par l’aumônier des troupes françaises stationnées à Djibouti. La construction du temple proprement dit avait eu lieu en 1962. Le chantier avait été rendu possible grâce à la bienveillance du gouverneur de l’époque, et grâce au soutien de l’Assemblée Territoriale, à majorité musulmane, qui avait apporté le terrain. Le chantier avait aussi bénéficié de l’aide financière du FIDES (Fonds d’Investissement et de Développement Économique et Social – des fonds publics donc) et des Églises Réformées de France. Après le référendum d’autodétermination de 1977 et la naissance de la République de Djibouti, les bâtiments devaient devenir officiellement propriété de la Ceeefe, mise en place par la Fédération Protestante de France précisément pour s’occuper des Églises créées par des Français à l’étranger, pendant que le Défap assumait la responsabilité de cette paroisse unique.

Une Église qui croît

Le culte d’inauguration. A gauche, au premier rang, tête penchée, le pasteur Jean-François Faba, qui a accompagné l’Eped avec Jean-Luc Blanc pendant la période où le poste pastoral était vacant © Ceeefe, Défap

Aujourd’hui, l’Eped est une Église qui croît. Elle accueille des chrétiens de différents pays (Éthiopie, France, Burundi, États-Unis, etc.) et de différentes branches du protestantisme. Elle bénéficie tout à la fois de la forte croissance économique de Djibouti et de sa situation stratégique à la Corne de l’Afrique, qui en fait un lieu de passage et un enjeu incontournable : fait révélateur, l’activité portuaire est le premier secteur économique du pays. Mais l’Église se situe dans un contexte fortement instable. Instabilité de la politique intérieure de Djibouti, qui sur le plan extérieur entretient des relations complexes à la fois avec la France et les États-Unis ; inégalités sociales criantes, dénoncées à la fois par l’Église et les ONG, et aggravées par une forte immigration du fait des conflits au Yémen et en Érythrée ; et forte mobilité des membres mêmes de l’Église, dont peu restent à Djibouti plus de trois ans. Dans un tel contexte, le temple, lieu de culte, est devenu un point d’ancrage indispensable pour cette petite communauté. Le vieillissement du bâtiment rendait une rénovation nécessaire : un lourd défi pour l’Eped, d’autant plus que le chantier, décidé en 2008, lancé en 2009, devait révéler une dangereuse usure des structures porteuses, nécessitant des travaux de consolidation supplémentaires.

Cette longue période de travaux impliquant de multiple partenaires (au premier rang desquels la Ceeefe, propriétaire des lieux, les Églises protestantes de France apportant une aide financière, et le Défap) aurait pu se révéler particulièrement abrasive pour la petite communauté protestante de Djibouti. Elle a beaucoup demandé à la fois de l’administrateur de l’Eped, Pierre Tschimanga, du pasteur Michaël Schlick, qui est resté en poste 11 ans avant de partir au Caire, et de l’architecte. La liste des travaux nécessaires s’est allongée au fil du chantier, avec la découverte de fragilités des constructions restées jusqu’alors invisibles, occasionnant de multiples retards et des frais supplémentaires. Il a fallu faire preuve de créativité pour trouver les fonds, la main d’oeuvre et pour faire avancer la construction : exemple : la réalisation de travaux sous la forme d’un stage professionnel pour des jeunes des quartiers pauvres, sous la direction d’un maître-maçon français… Et pendant que le chantier du temple progressait, les salles déjà rénovées étaient utilisées notamment pour un centre de formation pour adultes en difficulté, qui a reçu les encouragements des autorités djiboutiennes. Résultat : ce chantier aura largement contribué au témoignage de cette petite Église isolée dans un contexte musulman, améliorant son image au sein de la société.

Un chantier aux allures de course contre la montre

Le culte d’inauguration et d’installation du pasteur Pierre Thiam, le 6 novembre © Ceeefe, Défap

Jusqu’au bout, ce chantier aura pris des allures de course contre la montre, avec de multiples initiatives d’Églises pour trouver des financements, et des travaux de finition jusqu’à la veille de l’inauguration du temple. Le culte du 6 novembre représentait donc un aboutissement pour la communauté protestante djiboutienne, et ce d’autant plus qu’il marquait à la fois la fin du chantier du temple et l’installation d’un nouveau pasteur, Pierre Thiam, après une année au cours de laquelle le poste pastoral était resté vacant.

Reste à envisager la suite : financer l’entretien des bâtiments rénovés, et mettre un point final au chantier – car si le temple est achevé, il reste à rénover le bureau du pasteur et l’espace d’accueil. Et poursuivre les projets déjà lancés : une nouvelle filière a ainsi été mise en place par le centre de formation, avec l’installation et la maintenance de centrales photovoltaïques. Ce qui doit permettre d’installer des panneaux solaires sur le toit du Temple et de produire ainsi l’électricité nécessaire au centre de formation.




Nouvelle-Calédonie : l’EPKNC s’engage et prie pour la paix

Alors que le Congrès de Nouvelle-Calédonie est appelé à se prononcer sur la transcription juridique de l’accord trouvé le 3 novembre lors du Comité des signataires à Matignon, marquant une nouvelle étape vers l’organisation d’un référendum d’autodétermination attendu par certains et redouté par d’autres, l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) s’efforce de faire passer un message d’apaisement. Ce qui se traduit à la fois dans le mot issu de son dernier synode, et dans son appel à une «Semaine de prière pour la paix dans le pays et pour toute l’année 2018», placé sous ce thème issu d’Éphésiens 2,19 : «Concitoyens d’un pays nouveau».

Délégation de la Nouvelle-Calédonie Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010 © Sekundo

Le processus qui doit conduire, d’ici novembre 2018, à organiser un référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie a franchi une étape décisive le 3 novembre dernier lors de la seizième réunion du Comité des signataires à Matignon. Au bout de plus de 9 heures de discussions, un accord a pu être obtenu sur les listes électorales, levant les divergences portant sur l’inscription automatique de 11.000 personnes supplémentaires sur ces listes – 7000 de statut civil coutumier (kanak) et 4000 de statut civil de droit commun. La prochaine étape doit se dérouler le 23 novembre devant le Congrès de Nouvelle-Calédonie, assemblée d’élus issus des trois provinces, dont les 54 membres vont être appelés à donner leur avis sur le projet de modification de la loi organique de l’accord de Nouméa transmis par l’État, et qui constitue une traduction juridique de l’accord électoral du 3 novembre.

Au cours de ce processus complexe, l’établissement de la confiance est essentiel afin d’éviter les risques de contestations du futur référendum. Au cours de la seizième réunion du Comité des signataires, le Premier ministre Édouard Philippe, qui est attendu en Nouvelle-Calédonie du 2 au 5 décembre prochains, a voulu précisément prendre le temps d’établir un vrai dialogue. Ce qui n’a pas empêché des divergences parmi les indépendantistes : Louis-Kotra Uregei, un des leaders du Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste (RIN), qui regroupe plusieurs formations séparatistes minoritaires, a ainsi contesté les chiffres communiqués au Comité des signataires, «n’excluant pas un boycott du référendum».

«Concitoyens d’un pays nouveau»

Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie : faire du référendum un choix d’espérance
Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches
ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

Face à tous les risques de tensions avant et, surtout, après le référendum, l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) s’efforce de faire passer un message d’apaisement. À travers le mot issu de son dernier synode, publié au cours du mois de novembre, elle «encourage chaque citoyen, jeune, vieux, femme et homme, durant cette période de consultation à engager une démarche porteuse d’espérance afin de donner force à un peuple qui cherche un avenir dans la paix et la liberté.» En ajoutant que «cette préparation à la consultation engage le peuple de Dieu à être responsable, digne et ouvert pour que le choix soit un acte de construction quel qu’en soit le résultat.»

Cette démarche est essentielle de la part de l’EPKNC, constituée en grande majorité de Kanak et qui avait, dès les années 70, souligné les aspects néfastes de la colonisation. Elle encourage aujourd’hui ses membres à une démarche d’accueil de l’autre dans sa diversité, en insistant sur l’aspect multiculturel que présente désormais la population néo-calédonienne. Ce qui se retrouve dans son appel à une «Semaine de prière pour la paix dans le pays et pour toute l’année 2018», placé sous ce thème issu d’Éphésiens 2,19 : «Concitoyens d’un pays nouveau».

«L’année 2018, souligne ce texte diffusé par la Commission Théologique de l’EPKNC, sera pour la Nouvelle-Calédonie une année décisive. Le pays va entrer dans une ère nouvelle de son histoire. Un temps fort où des choix et des décisions politiques importantes seront prises. L’Église (EPKNC) a une forte responsabilité dans l’accompagnement de ce processus. Elle a confiance en ses leaders politiques, qui ont la lourde tâche d’amener les débats de société vers la découverte d’une démocratie de partage de reconnaissance et de rééquilibrage. L’Église souhaite qu’ensemble avec nos autorités administratives et coutumières nous valorisions notre pouvoir créatif et notre force d’adaptation face aux nouvelles contraintes et pressions subies par notre pays en pleine mutation.»

«La Kanaky-Nouvelle-Calédonie, notre trésor et notre richesse»

Ce texte présente tout d’abord la Nouvelle-Calédonie, son histoire et le rôle des Églises, avant d’inviter à dépasser les clivages entre communautés en s’appuyant sur l’appel de Paul : «Par sa grâce Dieu intègre tous les hommes et les femmes à devenir « concitoyens » de son Royaume. Cette communauté nouvelle est fondée sur des nouvelles bases, par des outils et des ouvriers nouveaux. Cette communauté est composée de juifs et de non-juifs, de chrétiens et de non-chrétiens. Bâtir cette maison signifie : apprendre à se renier soi-même, quitter ses habitudes et ses traditions, et réfléchir sur une nouvelle conception du partage et de l’unité dans les profondeurs de la diversité humaine. La vision du « destin commun » engage toutes les communautés chrétiennes de notre pays, à réfléchir et à mourir pour qu’une nouvelle identité émerge des cendres de la violence. Ce processus vise une identité mature capable de dépasser les crises et les perturbations, il développe par ailleurs la capacité d’ouverture et de responsabilités du citoyen dans la construction d’un avenir commun.»

«La Kanaky-Nouvelle-Calédonie, insiste encore ce texte de la Commission Théologique de l’EPKNC, c’est la « grande case » que nos aînés ont bâtie sur les fondements de respect, d’humilité et de tolérance. C’est dans cette nouvelle alliance que tous les enfants de ce pays doivent s’unir. Elle est notre « trésor » et notre richesse. L’Accord de Nouméa qui en est issu, a fait de notre communauté humaine, une singularité plurielle pour développer une nouvelle expression culturelle.»

Les rendez-vous du Défap de 2017 – 2018 :
  • Août 2017: participation des Secrétaires généraux du Défap et de la Cevaa au Synode général de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) à Lifou, îles Loyauté ; visite du lycée protestant Do Neva et du chantier de réhabilitation après les inondations catastrophiques de novembre 2016.
  • 18 septembre 2017 : soirée publique de conférence au siège de la Fédération protestante de France à Paris sur le thème « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins ».
  • Septembre 2017 – juillet 2018 : animations dans les paroisses protestantes de métropole, autour des défis que vit la Nouvelle-Calédonie à la veille du référendum et de la place du protestantisme calédonien.
  • Juin 2018 : visite en France d’une délégation de Nouvelle-Calédonie et de l’EPKNC pour participer à des conférences dans toute la France et rencontrer les nouvelles autorités politiques françaises.
  • Automne 2018 : visite en Nouvelle-Calédonie, avant le référendum de novembre 2018, d’une délégation du protestantisme français.
 

 




«Les nouveaux visages du protestantisme» : une ode à la diversité

A travers son dernier ouvrage publié aux éditions du Signe, Albert Huber, photographe et témoin engagé de la vie du protestantisme en France et dans le monde, trace un portrait sensible de communautés d’Alsace, d’Allemagne, du Liban, d’Inde, du Bénin, de Chine, de Madagascar… Si diverses dans leurs modes de vie et dans les expressions de leur foi, et pourtant unies par leur spiritualité. Une ode à la rencontre des cultures et à la Mission.

 

Dialogue au rassemblement national Protestants en fête, place du Palais Royal à Paris, 2013 © Albert Huber

«Faire parler des images» : une vraie gageure pour des protestants. Voilà pourtant cinquante ans qu’Albert Huber s’y efforce, avec talent et sensibilité, à travers ses photographies et ses reportages, ses expositions, ses livres… Photographe engagé, il est bien connu du milieu de la presse et des éditions religieuses (Réforme, Ensemble, Oberlin, Olivetan…) ; il a aussi régulièrement travaillé pour le Défap. Il publie aujourd’hui aux éditions du Signe «500 ans de la Réforme – Les nouveaux visages du protestantisme», un magnifique ouvrage dont l’introduction a été écrite par le théologien Marc Lienhard, et préfacé par François Clavairoly (président de la Fédération protestante de France) et Christian Albecker (président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine). On y découvre un protestantisme aux multiples expressions à travers les cultures et les pays, au fil de 200 clichés de grands rassemblements ou de scènes du quotidien, de foules ou de visages, pris de l’Alsace à Madagascar, de Pologne en Chine, d’Iran en Polynésie, du Liban en Argentine, d’Inde au Bénin… mais avec à chaque fois le même regard proche et bienveillant qui laisse affleurer tout à la fois la profondeur humaine et la spiritualité.

Né en Alsace en 1945, Albert Huber se qualifie lui-même de «photographe humaniste». L’un de ses maîtres (et ami) fut Willy Ronis (1910-2009). Il privilégie « l’instant décisif », en captant sur le vif une attitude, un sourire, une expression, une situation de vie. Il ne retouche pas ses photographies. C’est avec ce souci de capter l’instant, l’attitude, le geste, le regard qu’il accompagne depuis une cinquantaine d’années les rendez-vous, les joies et les crises du protestantisme en France et dans le monde. Dans son dernier ouvrage, on retrouve près d’une vingtaine d’années de grands rendez-vous (Protestants en Fête, Assemblée du Désert, Rassemblement oecuménique européen de jeunes de Taizé, Célébration de l’union des Églises protestantes d’Alsace-Lorraine, 70 ans de la Cimade, Semaine de l’Unité des chrétiens, culte de lancement de l’année Luher 500 ans après la Réforme…), mais aussi des scènes ordinaires (cultes en France, à Madagascar, au Bénin, en Inde, en Argentine, en Chine…), des regards d’enfants ou d’anonymes, des lieux, des objets… Autant de clichés qui à chaque fois invitent à la rencontre, au partage, à la découverte de l’autre. A la solidarité aussi, comme lors de ces visites de camps de réfugiés syriens…

Non pas expliquer ou commenter, mais montrer et illustrer

Pour aller plus loin :

  • «500 ans de la Réforme – Les nouveaux visages du protestantisme»
    Textes et photographies d’Albert Huber
    Préfacé par François Clavairoly (FPF) et Christian Albecker (UEPAL)
    Introduction de Marc Lienhard
    150 pages au format 25 x 20
    Prix de vente public : 15 €
    Editions du Signe, Strasbourg
  • Commander l’ouvrage sur le site des Editions du Signe

Ainsi que le souligne le théologien Marc Lienhard dans son introduction, Albert Huber «ne veut pas expliquer ou commenter la manière dont les protestants d’aujourd’hui vivent leur foi, mais la montrer et l’illustrer. À l’heure où le visuel l’emporte souvent sur le livre et qu’une culture du visible s’impose dans notre société, ce projet est légitime et bienvenu.» Par ses photographies, Albert Huber réhabilite ainsi l’image au sein d’un monde protestant traditionnellement réticent envers les représentations visibles, et montre qu’à travers des photographies, c’est la vie elle-même qui perce, avec ses chocs et ses rencontres (que l’on songe à ce face-à-face entre un Kanak de Nouvelle-Calédonie et un indien Toba d’Argentine, à l’occasion d’une action de la Cevaa), et avec toute la spiritualité dont elle est imprégnée. «C’est le protestantisme et ses nombreux visages que ce livre veut nous montrer», souligne encore Marc Lienhard. «En parcourant l’ouvrage, on est d’emblée frappé par la diversité du protestantisme ainsi présenté. Il y a les luthériens d’Alsace, de Madagascar et d’ailleurs, les réformés presbytériens, les méthodistes, diverses Églises ou communautés évangéliques, dont celle des tsiganes, sans oublier les charismatiques et les pentecôtistes.»

Il y a aussi tous ces instants de partage, ces assemblées, ces cultes et ces mariages, ces baptêmes ou ces scènes plus intimes qui scandent la vie des communautés protestantes du monde entier : ici, une photographie de 15.000 huguenots participant au rassemblement de l’Assemblée du Désert au pays des camisards ; là, une lecture de la Bible dans une pirogue sur le Zambèze ; plus loin, des enfants partageant du riz à la sortie du culte d’installation de diacres à Madagascar… Mais les objets aussi racontent une histoire et parlent de toute la vie d’une communauté, comme cette enseigne de rue dans la vieille ville à Casablanca mentionnant «rue de la mission», en français et en arabe ; cette simple croix en Toscane qu’escaladent des plantes grimpantes ; la croix brisée de Dachau réalisée par l’artiste hollandais Carel Kneulman pour l’église de la Réconciliation ; et ces diverses bibles, parfois usées et déchirées, photographiées au Bénin, au Maroc, en Zambie, souvent entre les mains de ceux qui sont en train de les lire…

Cinq chapitres, et cinq textes en forme de déclarations de foi

Culte pentecôtiste en plein air : prière dansée des femmes indiennes tobas, Bermejito au Chaco dans le grand nord de l’ Argentine, 2006 © Albert Huber

Les cinq chapitres de l’ouvrage, Parole et Prière, Vivre la solidarité, Dialogues & Rencontres, Église universelle et Histoire & Patrimoine, sont précédés de courts textes d’Albert Huber qui sont autant de déclarations de foi : « (…) Je crois en la force de l’Écriture, coeur de la foi. Je crois à l’actualité de ses psaumes et de ses proverbes de sagesse, de ses mythes et de ses épopées, de ses méditations et de ses protestations, de ses hymnes et de ses paraboles, de ses lettres et de ses apocalypses(…) » « (…) Je crois que l’humanité de Dieu n’est déterminée par aucune oeuvre. Elle est grâce, ce quelque chose en plus qui me rapproche de l’autre différent pour l’écouter, l’accompagner, l’accueillir, en particulier quand il est démuni, rejeté ou exclu(…) »

Ces textes et les images qu’ils accompagnent forment, au fil des pages, un véritable plaidoyer pour la rencontre, pour l’interculturel et pour la Mission : « (…) Je crois en la dynamique de ce qui se nomme Mission qui envoie des témoins d’humanité dépasser les frontières, celles des terres lointaines comme celles du coin de la rue. Je crois que nous sommes appelés à mettre le cap vers d’autres rivages avec, pour tout bagage, le désir de briser les intolérances sur lesquelles on dresse des barbelés jusqu’au ciel étoilé. Je crois en la force d’aimer sans frontières, même si d’autres distillent la haine.»