Courrier de mission : Être témoin de paix en Israël et Palestine

Pour ce mois de janvier 2023, Marion Rouillard a reçu Marilyn, une volontaire du programme EAPPI, dans l’émission « Courrier de mission – le Défap ». Après trois mois de présence au Proche-Orient, elle témoigne de sa mission : « accompagner les populations les plus fragiles, les plus exposées à la colonisation, à l’occupation militaire et aux violations des droits de l’homme ». Les volontaires du programme EAPPI, mis en place en 2022 par le Conseil œcuménique des Églises, viennent d’une vingtaine de pays ; en France, leur suivi administratif est assuré par le Défap. Décrire à leur retour ce qu’ils ont vécu, à travers des lettres ou des cycles de conférences, fait partie de leur engagement.

Vue du camp de bédouins de Khan Al Ahmar © EAPPI

L’arbitraire et les humiliations auxquels sont soumis les Palestiniens qui doivent quotidiennement franchir des « checkpoints » tenus par l’armée israélienne afin d’aller travailler ; le récit d’une audience devant un tribunal militaire… Marilyn a passé trois mois en Palestine dans le cadre du programme EAPPI et, en ce mois de janvier 2023, elle témoigne au micro de Marion Rouillard. Ce programme vise à accompagner les Palestiniens et les Israéliens dans leurs actions non violentes et leurs efforts concertés en vue de mettre fin à l’occupation. Les participants suivent et rapportent les violations des droits de la personne et du droit international humanitaire, soutiennent les actes de résistance non violente aux côtés des Palestiniens chrétiens et musulmans locaux et des militants pacifistes israéliens, offrent une protection par leur présence non violente, mènent une action de promotion au niveau politique et, de manière générale, manifestent leur solidarité aux Églises et à tous ceux qui luttent contre l’occupation. EAPPI cherche aussi à fournir des informations fiables et à jour sur la situation d’occupation.

L’envoi d’observateurs œcuméniques dans le cadre d’EAPPI a repris en 2022 après deux ans d’arrêt notamment pour cause de pandémie de Covid-19. Ce programme du COE (Conseil œcuménique des Églises), dont le nom complet est Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel, est soutenu par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. En France, le suivi administratif des volontaires qui y prennent part est assuré par le Défap.

 

EAPPI : le témoignage de Marilyn au micro de Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 25 janvier 2023 sur Fréquence Protestante

 

Comme le décrit Marilyn, les participants de ce programme, qui viennent d’une vingtaine de pays et sont présents trois mois sur place, « accompagnent les populations les plus fragiles exposées à la colonisation, à l’occupation militaire et aux violations des droits de l’homme ». Les « checkpoints » sont un des lieux emblématiques où sont déployés les observateurs d’EAPPI. Des milliers de Palestiniens, habitant en Cisjordanie et rejoignant leur lieu de travail en territoire israélien, doivent y patienter des heures chaque jour, dans des conditions pénibles ; et leur passage peut être à tout moment refusé sans raison valable. La présence de témoins étrangers ne change guère les relations entre Palestiniens et soldats israéliens : « Nous sommes tolérés », admet Marilyn. « Je ne crois pas que notre présence soit tellement dissuasive » face aux violations de droits. Toutefois, « elle aide les Palestiniens. Ils savent qu’ils peuvent avoir auprès de nous une écoute bienveillante ». Surtout, les observateurs œcuméniques témoignent dans leurs rapports de ce qu’ils peuvent voir au quotidien.

« Nous avons deux missions, souligne Marilyn : observer les événements vécus et envoyer des rapports quotidiens aux grandes ONG de défense des droits de l’homme, à l’Onu, à l’équipe locale à Jérusalem qui est sur place et nous accompagne. » Les passerelles avec les ONG locales sont importantes : « nous sommes tenus de rencontrer régulièrement des associations palestiniennes et israéliennes de défense des droits de l’homme », souligne Marilyn. Pas question en revanche d’intervenir directement, d’entrer en dialogue avec les soldats israéliens pour comprendre les raisons qui les poussent à refouler telle personne au checkpoint… Et c’est l’un des aspects les plus difficiles de ce type de mission. Marilyn évoque le cas d’une jeune femme dont le passage a été refoulé à Bethléem au « checkpoint 300 » : « elle avait toutes les autorisations, une pièce d’identité, des documents médicaux qui précisaient les raisons de sa visite… Elle a été refoulée alors qu’elle devait aller voir son enfant hospitalisé en cancérologie. Elle nous a dit qu’elle réessaierait plus tard, au bout de quelques heures, quand les soldats qui l’avaient refoulée ne seraient plus là… »

L’une des missions des accompagnateurs œcuméniques : assurer une présence et témoigner au niveau des checkpoints tenus par l’armée israélienne. Ici, celui de Kalendia © EAPPI

Au cours de cette même mission, Marilyn, en compagnie d’autres observateurs œcuméniques, a eu aussi « le privilège d’assister à une audience du tribunal militaire israélien » qui juge les Palestiniens soupçonnés de violences. Une présence très encadrée : « pas le droit de prendre de photos, les passeports devaient être laissés à l’entrée ; on avait le droit de prendre des notes ». Pas moins de « douze jeunes Palestiniens » devaient y être jugés ; ils avaient « entre 16 et 22 ans ». Au cours de cette audience, « les avocats avaient trois minutes pour défendre chaque jeune. Parfois, ils n’avaient même pas eu accès au dossier de leur client ».

Ce dont témoigne aussi Marilyn, habituée de la région, où elle vient régulièrement depuis 2003, c’est du durcissement des relations entre Israéliens et Palestiniens : « Les choses se sont vraiment dégradées. La colonisation a fait beaucoup de dégâts, l’occupation militaire aussi ». Au point de se demander à quoi pourrait ressembler la paix aujourd’hui… « Mais si on n’a pas cet espoir, autant rester au lit ! » Après cette expérience, Marilyn envisage d’ailleurs de repartir dans le cadre de ce programme : « C’est mon vœu le plus cher. C’est un programme magnifique qui mérite d’être mieux connu. J’encourage toutes les personnes éprises de justice et de paix d’aller à la rencontre », non seulement des Palestiniens, mais aussi « des associations israéliennes, au sein desquelles il y a des gens magnifiques qui œuvrent aussi ». Et de souligner, en conclusion, que « l’office de Jérusalem attend des Français. »

Depuis le lancement du programme EAPPI, les Églises membres du COE ont recruté plus de 2000 accompagnateurs et accompagnatrices bénévoles, pour des missions de trois mois dans les six lieux d’engagement en Cisjordanie. Le programme assure ainsi la présence continue de 25 à 30 accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques, soutenus par l’équipe de Jérusalem. Un Groupe de référence local représentant les communautés et Églises qui ont demandé à bénéficier du programme contribue à l’orientation de ce dernier, avec l’équipe du COE à Genève et les coordinatrices et coordinateurs nationaux dans les pays d’envoi. Dans le cadre de ce programme, EAPPI-France s’est fixé comme objectif d’envoyer au moins un ou deux volontaires par an.




De retour du Cameroun : le témoignage de Valérie Nicolet, Doyenne de l’IPT

Valérie Nicolet, Doyenne de la Faculté de Paris de l’Institut protestant de Théologie (IPT), a effectué courant janvier 2023 une mission courte au Cameroun avec le Défap. Professeure de Nouveau Testament, elle avait été invitée pour dispenser des cours à Yaoundé, à l’UPAC, ainsi qu’à la faculté de théologie de Foulassi. Elle raconte.

Valérie Nicolet lors d’un cours dispensé à l’UPAC © Défap

Enseigner au Cameroun était une expérience nouvelle pour vous : qu’en retirez-vous ?

Valérie Nicolet : Je suis arrivée un lundi soir à Yaoundé, en pleine nuit, et j’ai découvert le bruit, un mouvement permanent dans les rues, un ballet de motos… et dès le lendemain matin, je donnais mon premier cours à l’UPAC (l’Université protestante d’Afrique centrale). J’ai tout d’abord eu l’impression qu’il était assez fou de me retrouver ainsi dans une université qui n’avait a priori pas grand-chose de commun avec celles que je connaissais… Et pourtant, je me suis vite aperçue que, dès lors qu’on travaille ensemble sur les mêmes sujets, une compréhension mutuelle s’établit assez rapidement. Malgré des parcours très différents, on se retrouve autour de questionnements théologiques très proches. Les étudiants de l’UPAC peuvent avoir des problématiques très similaires à ceux de l’IPT. On peut trouver, à Yaoundé comme à Paris, des parcours marqués par des traditions chrétiennes dans lesquelles le rapport au texte biblique est assez immédiat : si je suis dans un tel contexte, je peux avoir facilement le sentiment que le texte biblique me parle directement, de manière personnelle. Le passage par les études théologiques fait prendre conscience d’une nécessaire distance historique et critique : on doit faire alors un pas de côté par rapport au texte biblique. Dès lors, la question qui se pose est : comment se rapproprier le texte biblique après avoir fait ce pas de côté ? Comment faire en sorte qu’il me parle encore, en dépit de cette distance ?

Valérie Nicolet sur le campus de l’UPAC, aux côtés du doyen Charles Elom NNanga © Défap

Votre expérience la plus déroutante au cours de ce séjour ?

Ce n’était pas à Yaoundé, où j’ai donné des cours pendant trois jours, mais à trois heures plus au sud : à Foulassi. J’ai passé deux jours dans cette ville, à donner des cours sur les liens entre exégèse et herméneutique à l’institut de théologie de l’Église presbytérienne camerounaise (EPC). Je me suis retrouvée dans un lieu où seuls des hommes étudient la théologie. J’avais face à moi un auditoire de 50 à 70 hommes, tous habillés en noir, selon le code vestimentaire des pasteurs ; j’étais la seule femme et c’était moi qui devais enseigner… Le lendemain, autre expérience : je devais donner un cours aux épouses des étudiants, dans le cadre de la section féminine du séminaire de Foulassi. Le thème en était la place de la femme dans le Nouveau Testament. Et leurs époux étaient aussi présents. Un contexte particulier, et un défi intéressant pour moi : connaissant les décisions prises par leur Église, et sachant la position des pasteurs et des étudiants en théologie sur la place de la femme, comment leur faire entendre certaines choses allant à l’encontre de leurs convictions personnelles ? Nous étions là dans une situation de communication interculturelle où chacun partait de positions très éloignées. Et la question était : où peut-on se rencontrer ? J’avais l’avantage d’arriver dans cet Institut de Théologie en tant qu’enseignante, c’est-à-dire en position d’autorité. Comme je laisse beaucoup d’espace pour des discussions dans le cadre de mes cours – ce à quoi ces étudiants n’étaient pas habitués – j’ai assez vite eu des questions. Ce sont les étudiants qui les ont posées – pas leurs épouses – mais avec un respect visible pour mon statut de professeur. Je me suis rendu compte qu’ils étaient prêts à entendre beaucoup de choses. Jusqu’à me demander ce qu’il était possible de faire dans le cadre de leur Église, où le rôle de la femme est peu reconnu… Je leur ai dit alors que si l’on peut, historiquement, reconstruire à quoi correspondait la place des femmes dans l’Église du Ier siècle, il leur revenait, à eux, de voir ce qui est possible au sein de leur Église aujourd’hui (1).

Un sujet particulier de reconnaissance ?

Je l’ai beaucoup répété au cours de mon séjour : je suis particulièrement reconnaissante pour l’accueil que j’ai reçu. J’avais l’impression que je n’en méritais pas tant. Tous mes interlocuteurs étaient prêts à changer leurs habitudes, leurs priorités pour que mon séjour se passe au mieux. Et il est vrai que, lorsqu’on arrive à Yaoundé, venant de France, on ne peut littéralement pas faire un pas tout seul : on n’est absolument pas autonome. C’est là une expérience qui incite à l’humilité. Et au-delà de la gratitude pour l’accueil que l’on m’a fait, ça me questionne sur nos propres manières d’accueillir.

Valérie Nicolet avec les étudiants en théologie de Foulassi © Défap

(1) Valérie Nicolet revendique une approche féministe dans son travail de théologienne. Voir cette conférence sur « Féminismes et Bible » organisée par les paroisses parisiennes de Montparnasse-Plaisance et de Saint-Jean.




Arthur et Nelly : accueillir les mères et leurs enfants à Djibouti

Après un premier engagement humanitaire au sein d’un projet humanitaire à Djibouti, Arthur et Nelly ont décidé de créer leur propre structure. Objectif : offrir un lieu d’accueil pour des jeunes mères mineures et leurs enfants, leur proposer un accompagnement psychologique, médical et professionnel, pour leur permettre de se construire un avenir.

Arthur et Nelly lors de la session de formation de juillet 2023 © Défap

 

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Qui sommes-nous ?

Nous sommes Arthur et Nelly unis depuis 2020et parents de 2 enfants, un garçon de 3 ans et une fillette de 18 mois.

Nelly est née au Cameroun dans la partie francophone du pays, elle a vécu un moment en France avant de s’installer en Suisse avec sa famille. Elle s’est formée aux études de laboratoire, infirmière assistante et ensuite à la théologie.

Arthur est né en France et après avoir travaillé pendant un certain temps en Suisse comme soignant, il a décidé de s’entraîner comme infirmier.

Nous partageons tous les deux beaucoup de compassion pour les plus désavantagés et ceux qui se trouvent dans une situation de faiblesse, aussi bien socialement que sanitairement. Avec différentes expériences, mais avec le but commun de servir notre prochain, c’est naturellement que nous nous sommes tournés vers la vocation humanitaire.

Nelly : Mon expérience exceptionnelle dans le domaine du travail humanitaire remonte à l’âge des 18 ans. Je suis allé seul en Inde à Calcutta, dans les différents centres d’accueil de Mère Teresa, où j’ai travaillé bénévolement pendant deux mois. Ce fut une expérience incroyable qui m’a confirmé mon envie de travailler en tant qu’humanitaire. C’est ce mode de vie qui m’adonné le sens de l’existence.

Arthur lors de la session de formation de juillet 2023 © Défap

Notre Parcours :

En 2018, nous avons eu la conviction de nous engager durablement dans un projet humanitaire au sein de l’association dans laquelle nous sommes engagés. On a eu l’occasion de visiter plusieurs projets mais après une réflexion approfondie, on a décidé de prendre le courage d’être à l’initiative d’un projet.

En effet, en 3e année de sa formation d’infirmière, Arthur a eu la possibilité de faire un stage international au dispensaire de la gendarmerie djiboutienne.

Lors de son stage, il a été en mesure d’intervenir dans plusieurs situations d’urgence pour des enfants des rues qui avaient besoin de soins médicaux. Pour aider ces enfants, il faut passer par une association ou obtenir la permission du gouvernement. De cette expérience est né le désir profond d’être une réponse aux besoins de ces enfants qui vivent dans les rues de Djibouti.

Avec l’encouragement de l’organisme international Partner Aid basé en Suisse, nous sommes allés à Djibouti en avril 2022 pour faire une analyse du terrain. Nous avons été en mesure d’établir des liens avec différentes organisations qui nous ont permis d’avoir une expertise plus concrète sur la façon d’intervenir dans cette situation.

Nelly lors de la session de formation de juillet 2023 © Défap

LE PAYS :

Djibouti :

Est un pays situé dans la corne de l’Afrique à l’Est, Entouré de l’Ethiopie, l’Erythrée, le Yémen, et la Somalie qui connaissent des conflits. Accueillant 6 bases militaires étrangères sur son sol qui assure la sécurité maritime entre la mer Rouge et l’océan Indien, il est le seul pays en paix et stable de la région, ce qui en fait une terre de refuge et de paix pour les réfugier des pays voisins.

Indépendant depuis 45 ans, ancienne colonie française, le Français et l’Arabe sont les deux langues officielles du pays, enseignées dans les systèmes scolaires. Le pays compte un peu plus de 980 000 d’habitants c’est plus petit que la Suisse, avec environ 9 millions d’habitants. La religion officielle du pays est l’islam avec environ 94% d’adeptes.

Le taux de chômage à Djibouti atteint presque les 50%. Il est encore plus important chez les plus jeunes : 70% des chômeurs ont moins de30 ans. Si Djibouti affiche un PIB par habitant en 2020 de 3 074 USD, la pauvreté extrême concerne encore 21,1 % de la population, et le pays est classé 171ème sur 188 pour l’IDH en 2019.

Descriptif :

L’objectif est d’accueillir et d’héberger des jeunes mères mineures avec leurs enfants dans un foyer chaleureux afin de favoriser leur autodétermination, permettre la réhabilitation lorsqu’il y a eu des traumatismes et où elles pourront retrouver une sécurité intérieure, physique et de l’espoir, avoir un accompagnement psychologique, médical et professionnel.

Quant au fonctionnement du foyer, nous maximiserons la prise en charge des tâches ménagères et des fourneaux par les femmes elles-mêmes. Les soins de santé médicaux et les ateliers de préventions d’urgences seront administrés par nous-mêmes. Une éducatrice ou un travailleur social sera employé pour être à l’écoute des femmes.

La stratégie que nous envisageons est de collaborer avec différentes organisations dans la ville de Djibouti pour la réintégration sociale. Cela nous permettra de trouver des possibilités de placement scolaire pour les enfants et de formation ou d’assistance à la recherche d’emploi pour les mères.




Pasteurs venus d’ailleurs : témoignages

Les deux sessions d’accueil de pasteurs venant d’autres pays et d’autres contextes culturels, qui ont été organisées au Défap en octobre 2022 et janvier 2023, étaient une première : comment les principaux intéressés ont-ils vécu cette expérience ? Qu’en ont-ils retiré ? Quelques réponses à travers ces témoignages filmés de participants…

Participants de la « session d’accueil » organisée par le Défap, le 23 janvier 2023 © Défap

Meilleure approche des relations interculturelles, meilleure connaissance du contexte français tant social que législatif, échanges stimulants avec d’autres pasteurs découvrant eux aussi les Églises de France : tels sont quelques-uns des apports des « sessions d’accueil » du Défap les plus fréquemment soulignés par les participants. Ces deux sessions concernaient une quinzaine de pasteurs étrangers entrant dans le corps pastoral en Europe (en France et en Belgique). Elles ont eu lieu les 10-12 octobre 2022 et 23-25 janvier 2023. C’est à la demande de trois Églises protestantes – l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB) – qu’elles avaient été organisées par le Défap.

La première de ces sessions combinait des modules généraux présentant les diverses Églises dans lesquelles les nouveaux arrivants seront amenés à devenir pasteurs, ou destinés à leur donner des repères sociétaux, culturels et sur les styles de vie ou sur des questions clés comme celle de la laïcité, avec des témoignages de pasteurs étrangers déjà présents depuis plusieurs années en France. Un autre module s’attachait à questionner les stéréotypes sur les pays d’origine ou d’accueil des nouveaux arrivants. Avec, pour cette session, quatre objectifs affichés : donner des repères légaux et sociétaux ; améliorer la connaissance des Églises ; donner des informations déontologiques et financières ; mais aussi mettre en réseau les ministres nouvellement arrivés, leur proposer des personnes ressources. Quant à la deuxième session, elle tournait essentiellement autour des questions interculturelles : il s’agissait, trois mois après, de favoriser la prise de recul par le partage, de donner des éléments d’interculturalité, et de renforcer les acquis de la première session.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages sur ces sessions d’accueil :

Rosner Lormil est vicaire de l’UEPAL entrant dans la carrière, en formation auprès du pasteur Christian Montfort (Gerstheim). Pour lui, cette double session d’accueil permettait aux participants de « confronter nos réalités particulières (…) pour les mettre au service de nos communautés » et être ainsi des « témoins efficaces de l’Évangile ».
 

 
Sony Ndagho Tshita est pasteur suffragant, à la paroisse UEPAL de Schwindratzheim. Cet accueil lui a permis de « découvrir beaucoup de choses sur la culture chrétienne française ». Et de se rendre compte des apports possibles des uns et des autres « dans le vécu de leur foi ».
 

 
André-Zabulon Dajrra est pasteur associé à la paroisse EPUdF de Montélimar-Le Teil. Pour lui, ces sessions organisées au Défap ont été utiles pour « nous découvrir nous-mêmes, et apprécier davantage la culture qui nous accueille ».
 

 
Maximilien Luzeka Disonama est pasteur à la paroisse UEPAL de Hagondange/Maizières-lès-Metz. Pour lui, exercer son ministère en France et participer à ces sessions d’accueil lui a permis « de prendre un peu de recul pour que cette parole qui nous unit, l’Évangile, soit audible à la fois dans la culture de l’autre, et dans la mienne. »
 

 
Etienne Bonou est pasteur associé de l’EPUdF, à l’Église du Plateau lorrain. Cette formation lui a permis « de découvrir certaines réalités qui ne sont pas celles de mon pays ».
 

 
Peter Hanson, pasteur à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon, œuvre pour ces deux Églises à un projet missionnaire commun d’ouverture sur la société : le projet Passe-Way, du français « passerelle » et de l’anglais pathway (« passage »). Il dit avoir reçu « beaucoup d’informations utiles pour comprendre les relations interculturelles et gérer les conflits » ; mais ce qui lui a été le plus bénéfique, ce sont « les relations d’amitié nouées avec les autres pasteurs ».
 

 
Sarah Hanson, venue du Minnesota, œuvre à la fois à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon. Elle dit avoir mieux compris « les structures des Églises francophones en Europe et les réalités vécues par les pasteurs ».
 




Guyane : une petite Église qui témoigne à cœur ouvert

Le pasteur Jean Wendling a été envoyé par le Défap en mission pendant cinq semaines auprès de l’Église protestante de Guyane. Une Église membre de la Ceeefe, la Communauté des Églises protestantes francophones, et qui est aussi devenue en 2021 « Église associée » de l’Église protestante unie de France. Sans pasteur attitré, elle bénéficie depuis plusieurs années d’un accompagnement du Défap à travers des envoyés en « mission courte » comme Jean Wendling.

Les enfants de l’Église protestante de Guyane lors du spectacle de Noël © EPG

Qu’avez-vous découvert en Guyane ?

Jean Wendling : C’était mon premier séjour en Guyane – même si j’avais déjà voyagé dans d’autres pays, comme le Tchad par exemple. Ce qui frappe dès la descente d’avion, c’est l’humidité et la chaleur : c’est suffocant – surtout lorsqu’on débarque de l’Alsace plongée en plein hiver. En ce qui concerne la paroisse que j’ai rencontrée, j’ai découvert une Église minoritaire, mais constituée de membres qui lui sont très attachés. Ce sont des familles qui trouvent la spiritualité protestante luthéro-réformée plus équilibrée qu’un engagement dans une Église évangélique ou dans une paroisse catholique. Il faut dire qu’en Guyane, l’Église catholique est omniprésente ; et ceux qui ne sont pas catholiques sont évangéliques. Les Églises évangéliques sont une vraie force, certaines peuvent rassembler des milliers de paroissiens, quand l’EPG (l’Église protestante de Guyane) compte quelques dizaines de familles. Mais les paroissiens y sont actifs et accueillants.

La fraternité est une réalité dans cette communauté. Dès le premier jour, nous étions un bon nombre à partager le repas, après le culte. Repas qui s’est étalé sur l’après-midi entière. Nous avons eu, à cœur ouvert, un partage sur les forces et faiblesses de la petite communauté protestante de Remire-Montjoly. Ils sont authentiques, ils vivent ce qu’ils disent, ils en veulent ; il y a en particulier dans l’Église des jeunes très engagés… Ces sont ces ados qui ont monté eux-mêmes le spectacle de Noël, ils ont enregistré un culte à la radio : ces jeunes ne sont pas seulement l’Église de demain, ils sont déjà l’Église d’aujourd’hui – et elle est belle, cette Église. Mais il y a aussi chez les paroissiens une part de souffrance. Ils se font entendre dans la société, y compris à la radio, ils essaient d’être témoins à leur niveau, ils invitent des collègues, des membres de leur entourage ; mais l’Église a du mal à croître. Ils rêvent d’avoir plus de moyens. Notamment un pasteur attitré, des locaux.

Où en est l’Église protestante de Guyane sur cette question des moyens ?

La présence d’un pasteur est essentielle pour les paroissiens : ils se rendent bien compte que le nombre de membres de leur Église évolue en yoyo. Quand l’Église a un pasteur, le nombre augmente ; entre deux missions d’accompagnement, ils se retrouvent seuls et, tous, portent l’Église à bout de bras – et pourtant le nombre de membres n’augmente plus ou diminue. La faiblesse de l’Église tient au manque de paroissiens « locaux » : une grande partie ne sont en Guyane que pour quelques années. C’est le cas, par exemple, des enseignants. Ils pourront donc s’impliquer très fortement tant qu’ils seront en Guyane, mais ensuite, l’Église aura du mal à les remplacer. Et quand ils invitent des membres de leur entourage, de leur milieu socio-professionnel – des collègues ou des amis – le problème est le même : ce sont des gens qui ne sont pas destinés à rester à long terme. L’Église a besoin de pousser des racines plus profondes en terre guyanaise.

En ce qui concerne les locaux, les paroissiens sont persuadés qu’ils leur permettraient d’afficher plus facilement leur identité : à l’heure actuelle, ils se retrouvent dans un local de l’Église catholique. Ils n’envisagent pas forcément tout le poids qu’implique la gestion d’un bâtiment – j’ai vu des paroisses en métropole pour lesquelles cela représentait une charge très lourde ; mais ils pensent qu’une fois leur propre bâtiment construit, ils pourraient aussi s’impliquer davantage. Que grâce à cette meilleure visibilité, l’Église grandirait, et qu’elle aurait naturellement plus de ressources. Pour eux, il s’agit là d’un besoin pressant. La préfecture y est favorable. L’Église catholique aussi, avec laquelle les relations sont très bonnes, et qui voit ce besoin.

Membres de l’Église protestante de Guyane lors d’un repas paroissial © EPG

Quelles sont les relations avec les autres Églises ?

Les Églises évangéliques sont une multitude, mais très divisées. Il existe aussi un Pôle Protestant de Guyane, qui rassemble les Églises proches de la Fédération protestante de France, mais il était très peu actif dernièrement. L’aumônier militaire s’est donné pour mission de remettre en route cette dynamique FPF, avant son départ dans huit mois. Nous avons évoqué la célébration en commun d’un culte festif rassemblant toutes les Églises affiliés à la FPF. Côté catholique, l’évêque du diocèse de Cayenne, Mgr Alain Ransay, que j’ai rencontré lors de mon séjour en compagnie de paroissiens de l’EPG, nous a dit : « Vous aurez toujours un pied-à-terre dans un bâtiment catholique, car nous croyons que vous pourriez avoir une place centrale entre l’Église catholique et les Églises évangéliques. » Il fait une distinction très importante entre la théologie luthéro-réformée et une tendance très présente dans beaucoup d’Églises évangéliques, et qu’il ne supporte pas : l’influence de l’évangile de la prospérité.

Que garderez-vous comme impression marquante de ce séjour en Guyane au sein de l’EPG ?

Quand je les ai quittés, je leur ai lu un texte d’Apocalypse : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Apocalypse 2:10). L’auteur s’adresse à l’Église de Smyrne, une petite Église ; mais si petite soit-elle, il ne lui en fait pas le reproche. Il l’encourage à être fidèle. J’ai trouvé dans l’EPG une Église petite mais fraternelle, et qui rayonne. Et je voudrais dire merci à ses membres pour leur accueil, et pour la confiance qu’ils ont témoignée à ce pasteur venu les accompagner pendant cinq semaines.




Nuit de la lecture du Défap : croiser les regards

Pour la première fois en ce mois de janvier 2023, le Défap a pris part aux « Nuits de la lecture », événement organisé par le Centre national du livre. Sur le thème de la « Peur de l’autre », les temps de lecture par les participants ont été entrecoupés d’animations, d’échanges autour de mots, de phrases, ou d’émotions retirés des textes choisis pour cette soirée. Quant aux extraits qui avaient été sélectionnés pour l’occasion dans le fonds de la bibliothèque du Défap, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui a vocation à servir de support d’échanges et d’animations dans d’autres circonstances : il a ainsi été présenté lors de la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs ».

« Nuits de la lecture » : l’affiche à l’entrée du Défap, au 102 boulevard Arago © Défap

Une soirée en petit comité, mais avec des échanges d’autant plus riches : la première « Nuit de la lecture » du Défap a eu lieu le vendredi 20 janvier 2023. Sur le thème général de « La Peur », qui avait été choisi pour cette année, après une édition 2022 consacrée à « L’Amour », le Défap avait sélectionné une série de textes autour de la « Peur de l’autre ». Avec parmi les auteurs des noms comme Daniel Pennac, Mohamed Mbougar Sarr, Cécile Millot, Pierre Diarra, Rachel Khan, Ysiaka Anam ; provenant de genres aussi divers que le roman, l’essai, la poésie ; explorant des domaines aussi éloignés que la théologie, la philosophie ou le militantisme ; avec également des articles (de la presse généraliste ou de revues universitaires)… Et pour les lire et leur donner vie, des voix tout aussi variées, celles de lecteurs ou lectrices souvent entre deux pays voire entre deux continents : entre Europe et Afrique, entre France et Madagascar…

Les « Nuits de la lecture » ont été créées en 2017 par le ministère de la Culture pour promouvoir le livre et la lecture. Elles ont d’emblée trouvé leur place et réunissent chaque année plusieurs milliers d’événements organisés partout en France. Pour sa première participation, le Défap a voulu mettre en avant le fonds de sa bibliothèque – et notamment son fonds contemporain, moins connu que celui qui tourne autour de l’histoire des missions protestantes.

Nuit de la lecture du Défap : des échanges riches, stimulés par un choix de textes éclectique autour de la « Peur de l’autre » © Défap

C’est de là que provenaient la plupart des extraits sélectionnés pour être lus à haute voix le 20 janvier. Avec des rencontres parfois étonnantes entre les textes et les voix qui les portaient… « J’y ai vu là une forme de méditation entre le laïc et le religieux », commente ainsi Basile Zouma, secrétaire général du Défap, qui était présent à la soirée : « On y a même lu un psaume – après tout, ce sont des textes qui font partie du patrimoine littéraire de l’humanité ». Originaire du Burkina-Faso, ayant vécu au Maroc, puis ayant longtemps été pasteur en Normandie, il s’est retrouvé à lire un texte sur la sorcellerie. Des participants se sont faits, pour la soirée, les porte-voix de textes écrits par des auteurs issus de contextes culturels très éloignés des leurs. Une femme banche prêtait ainsi sa voix à deux textes écrits par des femmes noires… À l’opposé, Cécile Millot, ancienne envoyée du Défap à Madagascar, et qui a publié un livre sur son expérience malgache, lisait son propre témoignage.

Des temps d’animation sont aussi venus ponctuer ces lectures : des échanges entre les participants autour de mots, de phrases, ou d’émotions évoquées dans les textes lus en cours de soirée. Ces échanges libres ont été retranscrits sur un paperboard pour constituer une œuvre commune. Quant aux extraits puisés dans le fonds de la bibliothèque du Défap, et qui avaient été choisis pour cette soirée, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui pourra être réutilisé en d’autres occasions : ce recueil a ainsi été utilisé et distribué, lundi 23 janvier, lors de la deuxième session d’accueil des pasteurs venus d’ailleurs. Et il est consultable à la bibliothèque. Pour en avoir un aperçu sur Calameo, cliquez sur l’image ci-dessous :




Premier round au Défap pour l’expo « Deviens un héros »

Des groupes de jeunes enthousiastes et des perspectives d’animation en paroisse : la première journée de l’exposition interactive « Deviens un héros », organisée samedi 21 janvier par le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, a largement convaincu. Destinée à des participants de 12 à 18 ans, elle vise à permettre à chacun de développer des « super-pouvoirs » pour déconstruire les préjugés et lutter contre les discriminations. Prochains rendez-vous : les 11 et 12 février. Il reste encore des places pour vous inscrire !

« Deviens un héros » : une exposition interactive qui déménage !

Non, ce n’est pas la nouvelle danse à la mode qui va bientôt envahir les « dancefloors ». Pas davantage une séance de gymnastique mêlant Tai-chi-chuan et close-combat. Pas plus un parcours du combattant en zone urbaine. Ni une épreuve du dernier jeu télévisé pour gagner des millions… Ce que vous voyez sur cette photo, ce sont les participants d’un des modules de l’expo interactive « Deviens un héros » qui a été présentée pour la première fois en région parisienne samedi, au siège du Défap. De quoi réaliser que cette exposition n’avait rien de statique et qu’elle stimulait au contraire l’engagement physique… Et si l’on n’y gagnait pas des millions, on pouvait en tout cas y développer des super-pouvoirs fort utiles face aux maux actuels de notre société…

À mi-chemin entre l’exposition et l’animation, entre le spectacle et le jeu, « Deviens un héros » est un concept qui a été développé à l’origine par les EUL, les Équipes Luthériennes Unionistes, en Alsace. Destinée depuis sa création à permettre la rencontre, le partage et les réflexions pour les jeunes, en lien avec l’Évangile, cette association a décidé depuis plusieurs années, à travers « Deviens un héros », de s’engager contre les tentations de repli au sein de notre société et contre les risques de stigmatisation des minorités. Grâce à la collaboration entre le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, cette exposition interactive a pu être présentée pour la première fois à Paris le samedi 21 janvier.

Qu’est-ce qui définit l’identité d’un individu ? © Défap

« Les jeunes ont bien joué le jeu, et ont beaucoup apprécié », témoigne Éline, du service Animation du Défap, qui animait l’exposition interactive. Pour cette première journée, deux groupes de jeunes, avec des moyennes d’âge assez différentes, ont eu l’occasion de développer leurs « super-pouvoirs » pour lutter contre les discriminations. Chacun a pu explorer un module distinct : l’un centré sur le groupe et les effets de groupe, l’autre sur les préjugés et les stéréotypes. Avec à chaque fois l’idée, non d’apporter des réponses toutes faites, mais de pousser les participants à la réflexion. Les participants du matin ont déjà fait savoir qu’ils espéraient pouvoir emprunter le matériel de l’exposition pour des animations dans leur propre paroisse… Ce qui est précisément le but recherché : l’idée est en effet de rendre cette exposition itinérante, et qu’après sa présentation au Défap, elle puisse tourner dans d’autres villes de France, afin de sensibiliser un maximum de jeunes, de manière ludique.

En Alsace, animée par les Équipes Luthériennes Unionistes depuis 2017, cette exposition a déjà été présentée à près de 5000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends de catéchèse…). Vous pouvez encore la découvrir au Défap les 11 et 12 février, avant qu’elle n’essaime : il reste de la place pour vous inscrire ! Le formulaire est ici :
 

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Méfiez-vous des étiquettes ! © Défap




Deviens un héros : s’engager contre les discriminations

Pour s’engager contre les discriminations ou lutter contre les tentations de repli qui menacent nos société, pas besoin de venir de Krypton ou de Gotham : ce dont on a besoin, c’est de héros du quotidien ! C’est le thème de l’exposition interactive « Deviens un héros », destinée aux 12-18 ans, développée par les Équipes Unionistes Luthériennes. À travers elle, les participants pourront apprendre à développer divers pouvoirs pour une société plus fraternelle… Vous pourrez la découvrir à Paris début 2023 grâce au Défap et au Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : à découvrir début 2023 au Défap !

« Deviens un héros« , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer à partir de début 2023. Pour la découvrir au Défap, rendez-vous au 102 boulevard Arago, à Paris, aux dates suivantes :


À travers ce parcours ludique, les jeunes se forment à la lutte contre les discriminations et le racisme. Ils développent plusieurs pouvoirs pour devenir les héros qui changeront le monde ! Car pour cela, il n’est pas nécessaire d’attendre des super-héros venus de Krypton ou de Gotham : il est possible de devenir des héros du quotidien, en s’engageant pour une société plus fraternelle et plus ouverte.

Pour s’inscrire individuellement ou inscrire un groupe, le formulaire est ici :
 

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Comment se déroule la visite ?

Tout au long du parcours, au travers des différents modules, des débats sont suscités sur chaque thématique, amenant chacun à partager ses expériences vécues et à s’interroger sur les questions de la discrimination, du racisme, de la xénophobie…

L’exposition se décline en trois modules complémentaires mais indépendants les uns des autres (les groupes, les préjugés, les discriminations). Au Défap, nous vous proposerons de découvrir deux de ces modules. À chaque créneau horaire, ces deux modules seront animés pour deux groupes de 15 personnes. Si vous réservez un seul créneau, vous découvrirez donc aléatoirement un seul module. Vous pouvez aussi réserver deux créneaux (le même jour ou deux jours différents) pour avoir la possibilité de vivre les deux modules. Si vous souhaitez après votre visite aborder également le troisième module, nous pourrons envisager ensemble comment faire.

L’animation autour d’un module dure environ deux heures et nous pouvons accueillir au maximum 30 personnes (en deux groupes de 15) sur un même créneau horaire.

Depuis 2017, l’exposition a été présentée à près de 2000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends aux EUL…).




Courrier de mission : « Deviens un héros »

Invitées fin décembre par Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » sur Fréquence protestante, Barbara Siéwé et Eline O. ont présenté l’exposition interactive « Deviens un héros » conçue pour sensibiliser les jeunes aux préjugés. Une exposition que vous pourrez découvrir au siège du Défap, au 102 boulevard Arago, à Paris, à partir du 21 janvier.

 

Courrier de mission : « Deviens un héros », émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 28 décembre 2022 sur Fréquence Protestante

 




Nuits de la lecture : peur de l’autre

Les 7ème « Nuits de la lecture » se tiennent du 19 au 22 janvier 2023 sur le thème de la peur. Le Défap participe à cet événement organisé par le Centre national du livre à travers une soirée de lecture à haute voix de textes choisis dans sa bibliothèque, ou puisés parmi les créations des participants, sur le thème de la « Peur de l’autre ». Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

Détail de l’affiche des 7èmes « Nuits de la lecture », créée par l’artiste Aude Samama

Après l’amour en 2022, les Nuits de la lecture se tournent vers un autre genre de sensations fortes, puisque le thème choisi pour la 7ème édition est celui de la peur… Créées en 2017 par le ministère de la Culture pour promouvoir le livre et la lecture, elles sont aujourd’hui organisées par le Centre national du livre (CNL). Elles fédèrent chaque année plusieurs milliers d’événements en France, portés par les professionnels du livre et les lecteurs. Cette année le Défap y participe et a choisi pour thème « Peur de l’autre ».

Dans les albums et contes, dévoreurs à dents longues, sorcières, diables et autres monstres nous parlent de nos peurs enfantines – ce qui nous dépasse, nous menace, ce qui nous est inconnu.
Adultes, nos lectures continuent à interroger notre intériorité et notre regard sur le monde : que deviennent alors nos peurs enfantines ? Peur de l’autre, étranger qui vient fracturer notre intime dans la rencontre ? Peur de l’autre, étrange-té inavouable – parce que inacceptable – en nous ?

Pour participer, rendez-vous au 102 boulevard Arago, à Paris :


Des sélections de textes, puisés dans les rayonnages de la bibliothèque, vont venir éclairer cette question.

Vous pouvez aussi participer en envoyant votre texte (1500 mots) sur le thème de cette soirée « Peur de l’autre ». Après sélection, certains d’entre eux seront lus pendant la soirée, et tous les écrits rejoindront le recueil de textes. Tout genre littéraire est bienvenu : poésie, philosophie, roman, BD… Envoyez votre texte à animation@defap.fr avant le 20/12/2022.

Pour s’inscrire individuellement ou inscrire un groupe, le formulaire est ici :
 

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L’entrée est gratuite ; mais le nombre de place étant limité, l’inscription préalable pour participer à cette soirée est fortement recommandée.

Une soirée de lectures à haute voix pour écouter les mots des autres. Sans peur aucune ?




Le Secaar : innover face aux défis climatiques

Trouver des solutions face aux défis tant humains qu’écologiques que posent les grands enjeux actuels, notamment liés au changement climatique : c’est ce que fait le Secaar, organisation au service du développement holistique, qui regroupe 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, et dont le Défap est membre fondateur. C’est précisément l’une des actions soutenues par le Secaar qui va être portée par le Défap dans le cadre de son projet de compensation carbone.

Photo prise durant un atelier du Secaar sur les plantes médicinales – août 2019, Kpalimé, Togo © Secaar

S’adapter au changement climatique, ça ne se résume pas à appliquer mécaniquement une série de recettes. Il faut au contraire expérimenter, innover ; et pour cela, bien connaître les enjeux. Il y faut des compétences, de l’expérience, une démarche éprouvée. Le Défap ne peut se prévaloir d’une telle expertise, mais il peut s’appuyer sur des partenaires à la solidité reconnue.

Depuis l’origine, la notion de réseau est une part fondamentale de l’identité du Défap : sa création en 1971 a coïncidé avec celle de la Cevaa, Communauté d’Églises en Mission au sein de laquelle prennent place une large part de ses actions ; il se présente comme le service missionnaire commun de plusieurs Églises protestantes de France ; et il entretient depuis longtemps des relations étroites avec nombre de partenaires associatifs dans le monde protestant. Il a contribué à la création d’organismes très divers, toujours dans le monde protestant, avec à chaque fois ce même souci de maintenir le lien et les relations solidaires. C’est le cas du Secaar.

Une approche mêlant étroitement spiritualité et solidarité

Loin d’une course au développement à tout crin, le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Il a été fondé en 1988 au Bénin, avant d’être officiellement constitué en association internationale en 1994 à Yaoundé, au Cameroun. Son siège se trouve aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, et le secrétariat exécutif à Lomé, au Togo.

Le Secaar, c’est donc une trentaine d’années d’histoire et d’expériences, une approche bien spécifique mêlant étroitement spiritualité et solidarité ; et c’est aussi une organisation dont le Défap est membre fondateur, et avec lequel il entretient des liens suivis. Lieu d’expérimentation, de formation et accompagnement de structures et de communautés locales, le Secaar ambitionne d’être un réseau qui contribue au développement local. Il est de plus en plus reconnu pour ses compétences et la qualité de son accompagnement.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :

 

 




«La mission dans tous ses états» : un week-end de réflexion à Lyon avec le Défap

Comment parler de la mission aujourd’hui ? Comment cette thématique doit-elle être prise en compte au sein des Églises ? Cette question, qui était déjà au cœur du dernier conseil national de l’EPUdF, a été évoquée à Lyon lors d’une table ronde à laquelle participaient notamment Basile Zouma et Emmanuelle Seyboldt.

Affiche de « La mission dans tous ses états », événement organisé à Lyon les 26 et 27 novembre © Défap

« Le défi missionnaire va-t-il changer la face de l’Église… ou juste la façade ? » Derrière le jeu de mots, un thème et un enjeu cruciaux, non seulement pour les organismes missionnaires comme le Défap… mais aussi pour les Églises elles-mêmes. En témoignaient la qualité des intervenants qui étaient présents, ce 26 novembre, pour débattre lors de la table ronde organisée à l’initiative du pasteur Pierre Blanzat à l’espace Bancel, à Lyon. Il y avait là Emmanuelle Seyboldt, présidente du Conseil national de l’Église protestante unie de France – l’EPUdF qui a précisément placé son dernier synode national sous le thème de « Mission de l’Église et ministères » ; Basile Zouma, Secrétaire général du Défap ; Peter Hanson, pasteur luthérien américain qui œuvre à la fois à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon ; et Robert Innes, évêque anglican du diocèse d’Europe. Quatre intervenants pour cette table ronde, et pas moins de cinq organismes du milieu des Églises participant à ce week-end, puisque l’Église évangélique du Cameroun en France (qui a créé sa première paroisse française précisément à Lyon, en 2008) en était également partenaire. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cet événement était organisé à Lyon, une ville où le dialogue œcuménique est particulièrement actif.

Par définition, la mission – y compris dans son acception profane – suppose un but à atteindre ; elle implique des efforts à accomplir et des difficultés à surmonter… Il n’y a pas de mission qui aille de soi. C’est d’autant plus vrai dans le domaine missionnaire – et plus encore aujourd’hui. Tous les organismes missionnaires sont poussés à mener des réflexions approfondies sur leur rôle, leurs moyens, leurs domaines d’intervention – et au-delà, sur ce qu’implique la mission aujourd’hui. Tous ont été amenés à se réformer pour pouvoir adapter leur action dans un monde qui bouge, dans des sociétés qui se transforment de manière rapide et radicale.

Emmanuelle Seyboldt et Robert Innes au Grand Temple de Lyon pour le culte du premier dimanche de l’avent © Église Protestante Unie de Lyon Rive Gauche

Comment parler de la mission en Europe aujourd’hui, comment répondre aux défis du monde actuel comme, par exemple, celui de la participation des Églises aux grands débats de société, celui de la relation aux exclus, aux migrants, celui de la sauvegarde de la création ? Quel témoignage porter dans une société où les Églises, en tant qu’institutions, sont en perte d’influence pendant que se développent des formes de religiosité hors institutions ? Quelles relations trouver entre Églises – celles qui sont implantées dans notre pays de longue date, celles qui s’y implantent, parfois avec un projet ouvertement missionnaire, et celles établies au loin, avec lesquelles existent des relations de longue date ? Quelle place pour les échanges de personnes dans ces relations entre Églises, quelle place pour la solidarité internationale ? Quels équilibres trouver entre témoignage et action concrète ? Quelles relations avec les autres chrétiens, avec les autres religions ? Aucune de ces questions n’est vraiment nouvelle, mais elles se posent d’année en année avec plus d’acuité.

« L’Église a des frontières qui vont bien plus loin qu’elle ne l’imagine »

À l’occasion de cette table ronde, les divers intervenants ont pu partager leurs expériences : le pasteur Peter Hanson, qui a longuement œuvré au Sénégal, a ainsi pu témoigner des effets du choc culturel… à l’aller, mais aussi au retour. Or, s’il s’attendait à devoir faire des efforts d’adaptation en allant des États-Unis, où il était né et avait grandi, au Sénégal, il ne s’attendait nullement à devoir se réadapter en revenant sur le territoire américain, où il a retrouvé un contexte, mais aussi un milieu d’Église très différents de ceux qu’il avait précédemment connus. Emmanuelle Seyboldt a évoqué le long travail de réflexion sur « Mission de l’Église et ministères » en cours au sein de l’EPUdF, mais aussi les partenariats noués avec d’autres Églises comme celle d’Angleterre, et a évoqué des expériences comme celle des « fresh expressions ». Basile Zouma, pour sa part, a rappelé l’histoire du Défap, tout le chemin parcouru depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui : « un parcours riche de rencontres, de relations, de réflexions » pour un organisme dont la vocation est « d’établir des ponts ». Et de souligner : « Dans aucune société humaine, il n’est naturel de penser à celui ou celle qui est loin ; on a d’abord tendance à penser à soi, aux proches. D’où l’intérêt de lieux « poils à gratter », destinés à nous rappeler que le monde ne se limite pas à notre petite sphère géographique ». Et au-delà même de cet aspect, les Églises ne peuvent prétendre se tenir à l’écart des grands changements du monde : leur composition même change en profondeur, ce qui est valable sur tout le territoire national, et pas seulement dans les grandes villes. Les mouvements de population touchent ainsi directement à la sociologie des paroisses.

« Si l’on prend l’exemple d’un continent avec lequel la France a des liens historiques, le continent africain, souligne Basile Zouma, il faut bien se rendre compte qu’aujourd’hui, il existe des communautés issues de pays d’Afrique dans nombre de paroisses de l’EPUdF. Ces communautés participent à la vie de l’Église, l’enrichissent, et viennent aussi lui rappeler qu’elle a des frontières qui vont peut-être bien plus loin qu’elle ne l’imagine. L’Église d’aujourd’hui ne correspond plus au modèle qui avait cours il y a seulement quelques décennies, elle a poussé des branches si loin qu’elle ne s’en rend parfois plus vraiment compte elle-même : il n’est pas simple pour tout le monde de prendre conscience de cette nouvelle réalité. » Et Basile Zouma d’ajouter, pour répondre à la question qui donnait son thème à la table ronde : « que l’on parle de face ou de façade de l’Église, les deux sont importantes. Quand on a une façade dégarnie, ça ne donne pas envie d’entrer ; et quand on entre, on doit trouver quelque chose qui donne envie de rester. Dans l’Église, nous devons donc travailler notre présence au monde pour donner à la fois envie d’entrer et de rester. »

Au-delà de la table ronde, qui se tenait le samedi à 17h30 à l’espace Bancel avec les quatre intervenants, c’était le week-end entier qui était placé sous la thématique de la mission, avec un culte interculturel organisé le dimanche matin au Grand Temple de Lyon, et un culte-cantate dans l’après-midi avec l’ensemble Bruecken. C’était aussi l’occasion de présenter l’exposition sur les 50 ans du Défap, qui aura prochainement vocation à circuler dans les paroisses de la région lyonnaise.