Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor

Anne-Sophie Macor est responsable du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires du Défap (les « envoyés »). Elle a rejoint l’équipe au cours du premier trimestre 2023. Au micro de Guylène Dubois, elle évoque pour Fréquence protestante son parcours, qui l’a amenée de la Cevaa (la Communauté d’Églises en mission) au Défap, deux institutions proches qui s’occupent, chacune à sa manière, d’envoi de volontaires. Elle fait aussi le point sur les spécificités du Défap, sur la formation qui est dispensée aux « envoyés » avant leur départ, et sur l’évolution des profils et des missions.
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : les participants s’installent avant la présentation de l’équipe du Défap… © Défap

 
Nouvelle saison, et quelques changements pour « Courrier de mission », l’émission radio du Défap. Changement d’horaire tout d’abord : à partir de ce mois de septembre 2023, c’est tous les troisièmes dimanches du mois, à partir de 13h15, que vous pourrez l’écouter sur Fréquence protestante. Vous avez ainsi pu découvrir ce dimanche 17 septembre une nouvelle personnalité aux manettes de l’émission : Guylène Dubois, dont vous aviez pu suivre les reportages au sein d’Églises de la Cevaa sur Radio FM+. Parmi les autres évolutions, si vous habitez dans la région de Montpellier, vous pourrez justement écouter « Courrier de mission » sur Radio FM+, qui coproduit désormais l’émission. Pour le reste, le format demeure identique, et vous pourrez découvrir au fil de nos rendez-vous le fonctionnement du Défap, les relations qu’il entretient avec des Églises partenaires présentes dans près d’une trentaine de pays, les missions menées par ses envoyés… ainsi que les pays où ils interviennent. Avec, pour cette émission de rentrée, une première rencontre avec Anne-Sophie Macor, qui s’occupe précisément du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires.

Anne-Sophie Macor connaissait le Défap bien avant d’y travailler. Car même si elle n’a rejoint l’équipe qu’en février 2023, elle avait déjà travaillé de nombreuses années au sein de la Cevaa, la Communauté d’Églises en mission, co-héritière avec le Défap de la Société des Missions évangéliques de Paris, et qui regroupe une grande partie des Églises partenaires du Service protestant de mission. Au micro de Guylène Dubois, elle revient sur son parcours, sur les similitudes et les différences entre la gestion des volontaires au sein de la Cevaa et au sein du Défap… Et elle évoque le parcours des « envoyés » du Défap, depuis le premier contact jusqu’à la fin de leur mission.
 

Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor, émission présentée par Guylène Dubois

Courrier de Mission
Émission du 17 septembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Comment devient-on envoyé du Défap ?

Comme le résume Anne-Sophie Macor, « l’essence même du Défap, c’est le témoignage et la relation ». Toutes les missions proposées aux volontaires s’inscrivent dans ce contexte, et dans des relations d’Églises établies et entretenues depuis de nombreuses années. Il ne s’agit donc pas de relations d’assistance ou de dépendance, mais de liens tissés par-delà les frontières entre des communautés ayant la foi comme dénominateur commun, et engagées dans une entraide mutuelle. Cette spécificité explique les différences de statuts entre les différents types d’envoi de personnes : le Défap envoie ainsi des VSI (Volontaires de Solidarité Internationale, qui représentent la plus grande partie du contingent des volontaires formés chaque année) ; des services civiques ; et aussi des pasteurs, issus de ses Églises membres. Dans tous les cas, ces envois de personnes se font dans le cadre de missions co-construites avec les partenaires du Défap qui accueillent les volontaires sur place.

VSI et service civique correspondent à des cadres légaux fournis par les autorités françaises – et de nombreuses ONG envoient des volontaires sous ces deux statuts ; l’envoi de pasteurs, en revanche, est plus spécifique au milieu ecclésial dans lequel se situe le Défap. Le statut de VSI permet à des volontaires de tous âges de valoriser leurs compétences à travers une mission d’intérêt général, de service à la population ; les volontaires mettent leurs compétences au service des partenaires du Défap dans le cadre de leur mission, pour laquelle est établi un cahier des charges. Le statut de service civique correspond à une logique différente : il s’agit plutôt d’offrir à des jeunes, souvent encore engagés dans des études, un cadre pour acquérir de nouvelles expérience à l’occasion d’une année de césure ; de leur permettre d’avoir un temps privilégié pour réfléchir à leur parcours et aux orientations qu’ils ou elles veulent choisir. L’accent est plutôt mis sur le cheminement de la personne. Les pasteurs, enfin, partent pour des missions d’accompagnement pastoral auprès d’Églises des départements et régions d’outre-mer, ou auprès de communautés d’autres pays : en lien avec l’ACO (l’Action Chrétienne en Orient), le Défap a ainsi formé et envoyé des pasteurs auprès de l’Église de Beyrouth, auprès des communautés coptes du Caire et d’Alexandrie…

Un envoyé du Défap intervenant pour une mission d’enseignement à Madagascar © Défap

Le Défap a actuellement une quarantaine d’envoyés en mission. Certains qu’il a directement recrutés et dont il a défini les missions avec ses partenaires ; d’autres par intermédiation. Un certain nombre d’associations passent en effet par le Défap pour pouvoir envoyer leurs propres volontaires : c’est le cas de la Mission mennonite, du SFE, de la WEC, de MENA… Sur cette quarantaine de volontaires, 25 sont des « envoyés portés » dans le cadre de ce dispositif. Comme le souligne Anne-Sophie Macor, cela ne signifie pas nécessairement que le Défap forme une quarantaine de personnes chaque année : car les missions des VSI peuvent être prolongées, et durer de un jusqu’à six ans. Enfin, le Défap s’inscrivant pleinement dans les relations encouragées par la Cevaa, avec des échanges et des témoignages allant aussi bien du Nord vers le Sud que du Sud vers le Nord, le Défap a également des services civiques effectuant des missions en France, et issus d’Églises partenaires dans divers pays.

Quel est le profil type de l’envoyé du Défap ? Il ne se définit pas tant par l’âge, l’attirance pour tel ou tel pays ou les compétences, que par la capacité à travailler à des missions d’intérêt général dans le cadre d’Églises ; par la capacité à vivre une expérience à l’international, dans un milieu et une culture très différents, et à se laisser interpeller. Les volontaires qui partent avec le Défap peuvent ainsi être de jeunes adultes encore dans un cursus d’études, ou des personnes ayant déjà eu une vie professionnelle bien remplie. Pour tout le monde, la période de formation est une étape essentielle : « le but, souligne Anne-Sophie Macor, c’est que la personne soit outillée pour qu’une fois sur son champ de mission, elle sache comment se comporter » en fonction des circonstances. Parmi les divers modules, certains donnent des bases sur les relations interculturelles. Sur la sécurité. Sur ce qu’implique d’effectuer une mission dans un milieu d’Église. D’autres abordent par exemple les crises en contexte interculturel : comment réagir, comment décrypter la parole de l’autre en fonction de son contexte ? Une partie des interventions sont faites par des professionnels, d’autres par des membres de l’équipe du Défap. Cette session de formation donne aussi la parole à d’anciens envoyés, dont les témoignages permettent de nourrir les réflexions sur le sens de l’envoi et de déconstruire les mythes associés au volontariat international. Un temps bref, d’une dizaine de jours, mais intense, et au cours duquel, comme le disent les membres de l’équipe du Défap, « on voit les gens changer ».

La « photo de famille » des participants de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

Après vient le temps de la mission, au cours duquel chaque volontaire bénéficiera d’un suivi du Défap. Enfin, l’étape du retour est essentielle. Le Défap organise chaque année, généralement en octobre, une « session retour » pour permettre aux volontaires revenus de mission de faire le point sur ce qu’ils et elles ont vécu. Il s’agit de réaliser un « debriefing » en groupe sur les expériences des uns et des autres, voir quels enseignements en tirer pour chacun, se positionner pour la suite… « La mission ne prend vraiment fin qu’après cette session retour », souligne Anne-Sophie Macor. Elle peut toutefois trouver des prolongements : par exemple, les paroisses des Églises membres du Défap sont incitées à faire témoigner ces volontaires de leur expérience vécue dans un autre pays et au sein d’une autre Église. Et même après leur retour en France, « certains restent très attachés au projet auquel ils ont travaillé ». L’expérience du volontariat à l’international est bien plus qu’une parenthèse : c’est une période au cours de laquelle la vie peut prendre de nouvelles orientations. Les échanges, ça vous change…




Pierre, volontaire à Djibouti : accompagner et former les plus fragiles

Venu de l’Église luthérienne du Sénégal, Pierre est aujourd’hui un envoyé du Défap à Djibouti, avec le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Il dirige le centre de formation de l’EPED (Église protestante évangélique de Djibouti) – un centre dont le rôle social et d’aide à l’intégration sur le marché du travail bénéficie d’une très bonne reconnaissance de la part des autorités. Il a permis de fournir des formations à de jeunes adultes handicapés, à des jeunes sans emploi… Une activité qui donne à l’Église une visibilité inégalée.

Pierre, volontaire à Djibouti : accompagner et former les plus fragiles


Télécharger son témoignage
 

► Retour au sommaire de la rubrique « Témoignages »

 




Nicolas, volontaire en Afrique du Sud : en mission auprès des enfants handicapés

Nouveau témoignage d’un envoyé du Défap : Nicolas est en mission à Jeffreys Bay, en Afrique du Sud, dans la province du Cap-Oriental. Il est parti en famille, avec son épouse Lize-Marie et leurs deux filles. Nicolas est un envoyé porté : il est engagé auprès de Timion, un organisme missionnaire qui aide des enfants atteints de handicap moteur.

Nicolas, volontaire en Afrique du Sud


Télécharger son témoignage
 

► Retour au sommaire de la rubrique « Témoignages »

 




Cécile Millot et Madagascar : «Un étonnement permanent»

Ancienne envoyée du Défap à Madagascar, Cécile Millot était l’invitée de Marion Rouillard sur Fréquence Protestante pour parler du livre qu’elle a tiré de cette expérience : Les aventures de Madame Cécile à Madagascar, publié aux éditions Amalthée.

Cécile Millot interviewée lors des Journées Portes Ouvertes des cinquante ans du Défap © Défap

Avant son odyssée malgache, Cécile Millot était plus familière de Goethe que de l’enseignement du français. Si elle avait découvert d’autres pays à l’occasion de voyages, c’était bien des années auparavant, et sur un autre continent : en Inde, pour être précis. Madagascar était pour elle une expérience totalement nouvelle. « J’ai vécu une aventure que peu de gens ont la chance de vivre, raconte-t-elle en présentant son livre : j’ai passé trois ans à Madagascar, pour enseigner le français langue étrangère dans une école de formation des instituteurs. Ce travail était passionnant. Je vivais seule dans une petite ville, où il n’y a pas eu d’électricité pendant un an, et où il n’y avait pas d’autres étrangers que moi. Je n’avais pas le choix, je me suis glissée dans la vie quotidienne des Malgaches. Je suis allée à leur rencontre avec bienveillance, et je me suis fait accepter. »

La matière de l’ouvrage qu’elle a tiré de sa mission, Les aventures de madame Cécile à Madagascar, a existé sous forme de blog avant de devenir un livre. Un témoignage dense, très vivant, très riche, qu’elle a eu l’occasion de présenter lors des 50 ans du Défap, et dont elle a pu lire des extraits au cours de la « Nuit de la lecture » organisée cette année au Défap sur le thème de la « Peur de l’autre ». Invitée de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » sur Fréquence protestante, elle est revenue, en ce mois de février 2023, sur les conditions qui l’ont poussée à partir, ce qu’elle a vécu et découvert, et le contexte dans lequel elle en est venue à écrire ce qui devait devenir un livre-témoignage.
 

Un livre, quelques années après le retour de Madagascar, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 22 février 2023 sur Fréquence Protestante

 

Cette décision de partir est venue, comme elle l’explique au micro de Marion Rouillard, dans des conditions assez dramatiques : « J’avais 55 ans, j’étais bien installée dans la vie, j’ai eu un passage très difficile, trois deuils très douloureux dans ma famille proche ». Pour surmonter ce choc et continuer à vivre, il lui fallait une rupture : « Pour prendre un nouveau départ, il fallait que je prenne mes distances ». Elle a donc commencé à se renseigner sur les modalités d’expatriation, les possibilités de travailler à l’étranger. « Je ne connaissais pas le Défap, explique-t-elle, je suis de culture catholique et pas pratiquante ». Il aura fallu une série de hasards pour que la rencontre se fasse… et qu’elle postule pour partir à Madagascar.

Madagascar : un lieu totalement à l’opposé du pays qu’elle connaissait jusqu’alors, tant sur le plan géographique que sur celui des habitudes, des modes de vie, de la manière d’envisager le monde… Cécile Millot découvre le lieu de sa mission, tâche de s’adapter à cette nouvelle activité dans un contexte radicalement nouveau. « J’étais enseignante de français dans une école normale, une école de formation des instituteurs », souligne-t-elle. Cette école était « tenue par l’Église luthérienne malgache », qui dispose d’accords avec l’État malgache permettant aux enseignants qu’elle forme d’aller travailler dans tout le réseau des écoles de l’île, qu’elles soient confessionnelles ou publiques. Cécile Millot découvre l’importance du français : c’est la langue des études secondaires et supérieures. Mais elle n’est pas enseignée en primaire et seuls les élèves dont les parents peuvent les aider à acquérir les bases du français ont des chances de poursuivre des études longues. Les instituteurs eux-mêmes, bien souvent, la maîtrisent mal, à l’écrit comme à l’oral. Donc, « former des instituteurs, c’est en grande partie leur apprendre le français ».

« L’impression d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire »

Dans ce lieu radicalement nouveau, tout est sujet à surprises. Cécile Millot évoque ainsi son « étonnement permanent devant la différence de niveau de vie, de mentalités, des règles de politesse »… Autant de choses dont elle ne peut discuter avec personne, étant la seule Européenne sur son lieu de mission : « Je ressentais le manque de quelqu’un avec qui parler de tout ce qui m’étonnait, et que je ne pouvais pas partager avec mes collègues malgaches ». Dès lors vient, très vite, l’envie d’écrire, « une nécessité » ; et le blog auquel elle confie tout ce qu’elle vit et observe, cette odyssée d’une « vazaha », d’une étrangère, dans un monde aux règles si nouvelles.

« On arrive forcément avec son petit bagage d’illusions, d’attentes, de bonnes intentions ; et puis on se frotte à la réalité », raconte-t-elle au micro de Marion Rouillard. Ce blog, elle l’a régulièrement alimenté pendant les trois ans qu’a durée sa mission à Madagascar : « Je pense que j’y mettais tous les jours dix pages ». Ce qui explique la densité particulière du vécu qui ressort dans son témoignage, aujourd’hui publié aux éditions Amalthée : « Mon livre, ce n’est pas des souvenirs : c’est du vécu en tranches ». Pour le rédiger, il lui aura tout de même fallu attendre dix ans ; « ressortir quelque chose comme mille pages de blog », puis élaguer, condenser… Un travail de fourmi, quand il aurait été plus simple d’abandonner son blog une fois revenue en France ; mais « j’éprouvais le besoin de partager ce que j’avais vécu ; j’avais l’impression d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire ».

Cécile Millot
Les aventures de madame Cécile à Madagascar
À commander aux éditions Amalthée
À partir de 9,99€ (e-book) ; 32€ le livre broché




Julien, volontaire en Égypte : «Il y a des moments très précieux»

Nouvelle saison dans notre série de podcasts : retrouvez désormais des témoignages d’envoyés actuels du Défap. Ils ou elles partent en mission au Congo, au Cameroun, en Tunisie, et témoignent de leur vécu et de leurs rencontres. Aujourd’hui, témoignage de Julien : il est parti avec le Défap et l’ACO (Action Chrétienne en Orient) pour une mission d’enseignement en Égypte.

Julien, volontaire en Égypte


Télécharger son témoignage
 

► Retour au sommaire de la rubrique « Témoignages »

 




Cécile Millot : «Rien ne me destinait à partir à Madagascar»

Ancienne envoyée du Défap à Madagascar, Cécile Millot a tiré un livre de cette expérience : Les aventures de Madame Cécile à Madagascar, publié aux éditions Amalthée. Mais comment cette enseignante d’allemand installée du côté de Reims a-t-elle pu, à 55 ans, se retrouver ainsi à apprendre le français à des élèves malgaches ? Rencontre et témoignage, à la recherche d’une annonce fantôme et d’un nouveau départ…

Cécile Millot interviewée lors des Journées Portes Ouvertes des cinquante ans du Défap © Défap

Qui es-tu ?

Cécile Millot : Rien ne me destinait à partir à Madagascar pour enseigner le français à 55 ans. J’étais maître de conférences en littérature allemande à l’université de Reims, et raisonnablement contente de mon sort. Même si, comme tout le monde, je pensais de temps en temps que j’aurais pu faire autre chose que ce que je faisais, mais quand on travaille sur une culture étrangère, on a aussi un certain nombre de possibilités de changer d’air.

Qu’est-ce qui t’a poussée à partir ?

En 2007, ma mère, puis mon père, puis mon compagnon sont morts. Alors je me suis assise cinq minutes, et je me suis demandé ce que je voulais vraiment faire du temps qui me restait à vivre.

Comment as-tu connu le Défap ?

Je ne sais pas ! J’ai toujours cru que j’avais trouvé l’appel à candidature sur Coordination Sud, que je suivais régulièrement. Et un jour, un des pasteurs du Défap m’a dit : « Mais nous ne mettons jamais nos postes sur Coordination Sud ! » Et je n’ai jamais retrouvé qui avait bien pu m’envoyer le descriptif de ce poste, dont j’ai pensé tout de suite qu’il était fait pour moi.

Qu’as-tu trouvé que tu cherchais ?

Un nouveau départ. La force de dépasser ce que j’avais vécu.

Qu’as-tu vécu comme quiproquos liés à des différences culturelles ou difficultés d’intégration ?

Le sous-titre de mon livre, c’est « Perdue dans la jungle de la différence culturelle », et je me suis vraiment toujours sentie en décalage. Pour de petites choses, comme le fait qu’à Madagascar, on n’indique pas le chemin en disant « à droite » ou à gauche », mais en disant « au nord », ou « au sud ». Ou pour des choses fondamentales, comme la façon dont les Malgaches conçoivent la propriété. De ce point de vue-là, il m’a bien fallu trois ans pour passer de « ils me pompent des sous tout le temps » à une compréhension de l’absence de propriété privée dans la mentalité des Malgaches – qui ne m’empêchait pas toujours de récriminer parce qu’ils me pompaient des sous tout le temps.

Quelles rencontres t’ont marquée ?

La rencontre permanente avec la misère, à tous les niveaux, sous toutes ses formes. Les Hautes-Terres, où j’étais, sont une région riche (toutes proportions gardées). Mais on y vit comme en France il y a 150 ans : pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de machines, même pas mécaniques, ni dans les champs, ni à la maison, les enfants rachitiques, l’absence de soins médicaux… Et une ignorance totale du monde qui entoure les enfants comme les adultes, du monde proche et du monde lointain.

Pourquoi as-tu voulu mettre sur papier et publier ton expérience ?

Je suis rentrée avec le sentiment que j’avais vécu un dépaysement exceptionnel. Sans doute parce que j’étais partie seule, donc que j’étais en immersion totale, je pense que j’ai eu un besoin beaucoup plus fort de vivre proche des Malgaches que des volontaires qui sont partis en famille. Et j’avais très envie de raconter cette aventure.

À ton avis, que peut apporter d’utile ton témoignage ?

Je pense qu’il peut servir à des envoyés, pour les préparer, justement, à toutes les incompréhensions, tous les décalages dus à la différence de culture et à la différence de niveau de vie, que l’on ressent parfois douloureusement. Et aussi : par petites touches, et en restant toujours au ras des pâquerettes, je pense que j’ai réussi à donner une impression de ce qu’est la vie dans un pays sous-développé (oui, je dis « sous-développé »), et dans un pays sur lequel est passé le rouleau compresseur de la colonisation. Et que dans le monde actuel, cela peut être important de comprendre cela.

Cécile Millot
Les aventures de madame Cécile à Madagascar
À commander aux éditions Amalthée
À partir de 9,99€




Samy, déjà cinq ans à Madagascar

Nous poursuivons notre série de témoignages d’anciens envoyés du Défap, dont l’engagement à l’étranger a marqué un moment clé de leur vie : aujourd’hui, Samy. Il était parti en 2017 comme service civique pour une mission d’animateur/répétiteur à Madagascar : enseignant le français le matin dans l’école Akanisoa, répétiteur et animateur le soir avec les enfants de l’orphelinat. Cinq ans plus tard, il est toujours à Madagascar… où il travaille à l’amélioration de l’enseignement du français.

Enfants au tableau dans une classe © Défap

Quel bilan ferais-tu aujourd’hui de tes quatre ans à Antsirabe et du travail dans l’orphelinat ?

Samy Chenuelle : Partir, c’est se redécouvrir et se dépasser. C’est comme cela que je pourrais résumer mes années à Antsirabe. Ma vie là-bas m’a permis de mûrir beaucoup plus que ce que je n’aurais pu imaginer. En étant loin de tout ce que l’on connaît, on est obligé de tout redécouvrir, en partie soi-même. J’ai découvert, et réussi certaines choses dont je ne pensais pas être capable, et dépassé certaines de mes peurs et blocages. Bien sûr, tout n’est pas toujours au beau fixe, j’ai eu aussi des inquiétudes et des moments d’indignation. Mais je pense que ce n’est qu’en sortant de son confort que l’on peut se dépasser. C’est tout ce qu’une expatriation peut nous offrir lorsque nous arrivons à rester ouverts.

Être à Madagascar m’a aussi obligé d’une certaine façon à être toujours à l’affût pour comprendre sociologiquement ce qui se passe. J’ai pu apprendre de manière très concrète à savoir déconstruire les discours, aller au-delà des mots, des différences culturelles, de mes a priori, de ma culture franco-française pour dépasser les incompréhensions.

À Antsirabe, j’ai pu être dans deux situations éducationnelles différentes : en tant qu’instituteur de français dans l’école primaire et dans une sorte de rôle d’animateur voire d’éducateur dans l’orphelinat avec les enfants et adolescents. Rester sur du long terme m’a permis de créer une vraie relation avec les enfants. Très rapidement, j’ai passé du temps avec les enfants, même en-dehors de mes heures de travail. Cela m’a aussi donné la chance de me questionner sur ma façon d’être et de m’améliorer. Les relations avec les enfants ont cette exigence de dire ou de montrer quand ils n’ont pas apprécié un comportement. Il s’agit alors toujours d’expliquer, de réussir à dépasser nos différences pour trouver une solution qui convient à tout le monde. J’ai essayé au maximum d’être un exemple de probité d’âme et de respect pour les enfants.

Comment se passe ton activité actuelle à Tana ? Pourrais-tu nous décrire ta mission ?

Ma mission a deux volets. D’un côté, je suis en train de finir d’écrire des guides pédagogiques pour chacune des classes primaires ainsi que d’autres outils (affiches, images, chansons, récitations) pour faire apprendre le français. De ce que j’ai pu voir, il n’existe pas encore de guide pédagogique pour faire apprendre le français à Madagascar, mais seulement des manuels de français. Cependant, vu le niveau de français trop faible des institutrices dès que l’on sort des centres-villes des grandes villes, il existe un réel manque à ce niveau-là.

Le deuxième volet de mon travail est de faire des formations dans des écoles FJKM. Je vais dans les écoles faire des formations aux institutrices et quelques instituteurs. Cela me permet de former sur mes guides et sur les méthodes pédagogiques (actives et ludiques) qui en sont issues, ainsi que diffuser les valeurs qui sont les miennes : empathie, non-violence, coopération, etc. Je fais aussi des modules de renforcement de français ainsi que sur l’éducation.

Une ruelle dans la banlieue de Tananarive © Franck Lefebvre-Billiez, Défap

Quels sont les besoins en termes de pédagogie pour l’enseignement du français et en quoi ta mission peut-elle contribuer à améliorer la situation ?

Le système scolaire malagasy copie de manière générale le système scolaire français. À ceci près que les écoles malagasy accusent des retards de près de 100 ans à quelques dizaines d’années selon les domaines (infrastructures, pédagogie, formation des enseignants, manuels et outils pédagogiques disponibles et utilisés). Les nouvelles avancées des sciences de l’éducation ne sont pas connues ou alors utilisées seulement par quelques écoles élitistes. Ces gros manques sont dus, d’un côté à un manque d’accès et de l’autre à un manque d’argent.

Ce que j’essaye d’apporter est tout simplement de rattraper ces retards dans certains domaines : pédagogie, outils pédagogiques. Dans tout ce que j’entreprends, j’essaye de mêler deux choses : les façons de faire des institutrices malagasy tout en apportant des nouvelles idées.

J’apporte des nouvelles méthodes pédagogiques qui prennent mieux en compte l’enfant-élève et ses besoins pour améliorer l’enseignement et l’éducation de manière générale. Mais j’ai peur que les enseignants préfèrent se cantonner à leur ancienne méthode, qu’ils connaissent bien, plutôt que d’essayer des nouvelles méthodes qu’ils ne maîtrisent pas encore tout à fait. Alors, je me base sur les habitudes et façons de faire déjà en place à Madagascar pour que les institutrices ne soient pas perdues et veuillent s’imprégner des nouvelles façons. Mon but est donc d’améliorer leur manière d’enseigner grâce aux nouvelles pédagogies et à de nouveaux outils pédagogiques.

Quelques souvenirs parmi les plus difficiles – et comment tu as pu les surmonter ?

Mes moments les plus difficiles ont été lorsque j’ai dû assister à certaines scènes, croyances et violences qui m’ont profondément choqué. Savoir que les enfants de l’orphelinat sont grondés violemment voire tapés me bouleverse et me révulse. Il m’a été difficile d’entendre que des enfants seraient possédés par des démons lors de leurs crises (d’épilepsie ou psychologiques dues à un traumatisme) alors que mon interprétation, typiquement française des crises est totalement différente. J’ai surtout été affecté par la culpabilisation et l’absence de chaleur humaine qu’ils ont subie, et qui, à mon avis, ne permet pas à l’enfant de se développer. Je me sentais impuissant face à la force de leurs traditions et idées ainsi qu’à ma place dans Akanisoa qui n’avait pas de poids.

D’autant plus que j’ai toujours essayé de mettre à distance, de me défaire du rôle du « vazaha » qui-saurait-tout opposé aux malagasy ignorants, que pourtant certains malagasy veulent nous étiqueter, et que beaucoup de vazaha utilisent, volontairement ou par facilité, sans s’en rendre compte. Cette mentalité est une séquelle qui reste après le colonialisme et empêche, selon moi, de construire des relations saines et constructives, et est un frein au développement de Madagascar.

J’essaye donc de me dépatouiller entre tout cela : ne pas juger les malagasy et leur culture, tout en proposant des vrais leviers de changements bénéfiques, sans entrer dans une relation hiérarchique avec mon interlocuteur.

Pour surmonter ces difficultés, j’ai quelquefois pu partager mes émotions avec quelques amies françaises. J’ai aussi parfois pu me sentir assez à l’aise avec certains adultes malagasy pour donner mon avis. J’ai surtout écrit, ressassé dans ma tête, réfléchi à ce que j’aurais fait à la place de l’adulte, imaginé mes propres réponses pour ne pas être seulement dans le jugement de l’autre mais pouvoir leur proposer d’autres solutions. J’y mettais tout mon cœur, ou au contraire, je me mettais à distance pour analyser froidement la situation. J’essayais à chaque fois de me rapprocher des personnes, de comprendre leurs besoins et leurs sentiments, ce qui les animait.

Vue de Tananarive © Franck Lefebvre-Billiez, Défap

Quelques souvenirs parmi les plus lumineux ?

Quand je repense à ma vie à Antsirabe, ce qui est le plus lumineux pour moi, ce n’est pas un moment précis mais se sont mes relations. De voir les attaches que j’ai avec les enfants d’Akanisoa, mes collègues de travail ou avec mes amis malagasy, de sentir ces liens et ces nœuds, que l’on a tissés peu à peu, jusqu’à en faire des tresses ténues et solides, basées sur la confiance et le respect. C’est cela avant tout qui me rend le plus heureux et fier de ma vie à Antsirabe. Savoir que l’on a réussi à dépasser toutes nos différences, tous nos désaccords, nos quelques disputes, pour se concentrer sur ce qui est essentiel à mes yeux : l’écoute, la compréhension, le partage. Et en voyant à quel point j’ai pu m’intégrer dans la société malagasy, que j’ai pu réussir à dépasser cette première croûte et apparat de relation que la plupart des vazaha ont avec les malagasy, je pense vraiment avoir réussi à accéder et comprendre la société malagasy. C’est aussi tout ça qui me fait revenir régulièrement à Antsirabe quand j’ai un peu de temps libre pour passer du temps avec eux.

Mes souvenirs lumineux qui me reviennent directement lorsque je pense à ma vie à Antsirabe sont presque toujours avec les enfants. Les vacances à Diego, Itasy ou Tuléar avec le centre Akanisoa, les secrets qu’ils m’ont partagés ou tous les merveilleux moments que l’on a partagés à travailler, s’amuser ou jouer ensemble.




Madame Cécile : l’odyssée d’une envoyée du Défap à Madagascar

À travers ce livre, publié aux éditions Amalthée, Cécile Millot, envoyée du Défap à Madagascar entre 2010 et 2013, pose un regard à la fois lucide et bienveillant sur la société malgache. Un témoignage qui s’inspire d’un vécu et d’un blog, celui qu’elle a tenu régulièrement durant les trois ans de sa mission sur place. Consciente de ne pas pouvoir expliquer un pays qu’elle ne connaît que si superficiellement, elle y raconte, par petites touches, au quotidien, les surprises et les malentendus dus à la différence de niveau de vie et de culture.

Les aventures de Madame Cécile à Madagascar © éditions Amalthée

Tous les envoyés du Défap ont un roman à raconter. Partir voir ce qu’il y a de l’autre côté de la planète, et en revenir, c’est un sacré déplacement. Ça oblige à considérer d’un regard neuf tout ce que l’on a vécu auparavant, et à interroger tout ce que l’on peut avoir de certitudes sur le monde. Nul n’en revient indemne : les échanges, ça vous change. Et c’est valable aussi pour les boursiers, les enseignants engagés dans un échange entre universités du Nord et du Sud ; et même encore pour tous les groupes qui peuvent avoir l’occasion de se croiser au Défap, un lieu carrefour que Gilles Vidal, doyen de la faculté de théologie de Montpellier (IPT Montpellier) décrivait ainsi en mars 2019 lors d’une rencontre consacrée aux « fruits du Défap » : « Où puis-je, dans la même journée, croiser la Ministre de l’Éducation du Togo, le fils d’un ancien missionnaire de Nouvelle-Calédonie, un pasteur du Sud-Ouest (dont la mère est née au Lesotho), une femme pasteur hongroise, un professeur d’histoire cévenol ? Au 102 Bd Arago ! »

Oui, tous les envoyés du Défap ont un roman à raconter… mais tous ne le font pas. Et c’est ce qui fait l’intérêt d’un tel témoignage lorsqu’il sort en librairie. À travers les aventures et mésaventures de Madame Cécile, ce sont des moments clés de la vie de tout envoyé au cours de sa mission qui sont mis en mots et en images. D’une plume alerte, parfois incisive, jamais cruelle, qui pointe les joies et les déceptions, les promesses et les difficultés de la rencontre par-delà les barrières des cultures, les méfiances et les murs érigés par l’histoire et les inégalités économiques… Tous ceux qui ont vécu à Madagascar reconnaîtront certaines de ces anecdotes, entre humour, entraide, débrouille et fatalisme. Comme ce moment où, prenant son poste d’enseignante de français, Madame Cécile découvre la salle informatique et le labo de langues. Il y a donc de l’électricité pour alimenter tout ça ? Bien sûr, il y en a… mais pas de manière continue. Alors que fait-on en cas de coupure – cas fréquent, et qui dure des heures ? Il y a des générateurs… mais entre absence du personnel et prix du gazole, rien ne garantit qu’ils seront lancés au bon moment. D’où l’on conclut qu’en cas d’utilisation de la salle informatique, il y aura de l’électricité, oui… mais on ne sait pas vraiment quand.

Cécile Millot présentant son récit de voyage lors des journées Portes Ouvertes du Cinquantenaire du Défap © Défap

Madame Cécile, c’est elle : la voici présentant son récit de voyage lors des journées Portes Ouvertes du Cinquantenaire du Défap. L’ouvrage était alors à peu près achevé, mais pas encore édité. Madame Cécile avait partagé la vedette avec Manior, alias Romain Choisnet, lui aussi ancien envoyé du Défap, et venu présenter la bande dessinée qu’il avait réalisée sur son aventure camerounaise. Là encore, il s’agissait d’une manière décalée de présenter une odyssée individuelle révélatrice de ce que vivent les envoyés du Défap, lorsqu’ils se retrouvent en immersion dans un contexte complètement différent de celui qu’ils connaissaient en France : pour le vivre, il vaut mieux être bien préparé – d’où l’importance de la formation avant le départ dispensée par le Défap…

Avant son odyssée malgache, Cécile Millot, de son nom complet, était plus familière de Goethe que de l’enseignement du français. Si elle avait découvert d’autres pays à l’occasion de voyages, c’était bien des années auparavant, et sur un autre continent : en Inde, pour être précis. Madagascar était pour elle une expérience totalement nouvelle. « J’ai vécu une aventure que peu de gens ont la chance de vivre, raconte-t-elle : j’ai passé trois ans à Madagascar, pour enseigner le français langue étrangère dans une école de formation des instituteurs. Ce travail était passionnant. Je vivais seule dans une petite ville, où il n’y a pas eu d’électricité pendant un an, et où il n’y avait pas d’autres étrangers que moi. Je n’avais pas le choix, je me suis glissée dans la vie quotidienne des Malgaches. Je suis allée à leur rencontre avec bienveillance, et je me suis fait accepter. »

Dans le cas de Madame Cécile, comme dans le cas de Manior, avant le livre, il y a eu un journal de bord : un blog, qu’elle a tenu régulièrement pendant ses trois ans passés sur la Grande Île. C’est ce journal de bord qui a donné à Cécile Millot la matière, retravaillée, du livre publié aujourd’hui aux éditions Amalthée. Et pour aller plus loin dans la découverte des richesses et des difficultés des échanges, vous pouvez aussi retrouver les témoignages d’envoyés et de boursiers publiés sur le site du Défap à l’occasion du Cinquantenaire du Service protestant de mission.

Cécile Millot
Les aventures de madame Cécile à Madagascar
Éditions Amalthée
À partir de 9,99€




Les cahiers « Dis-moi la mission » sont disponibles !

Le cinquantenaire du Défap a été non seulement une occasion de célébrer, mais aussi de lancer de nouvelles réflexions sur les changements auxquels sont confrontés nos Églises, nos paroisses. Avec une série d’initiatives dont « Dis-moi la mission », qui s’est traduite par la publication sur notre site internet, tout au long de l’année, de dix cultes, dix animations, dix témoignages d’hier et aujourd’hui, et dix pistes de réflexions autour de dix verbes en lien avec la mission. Un projet particulièrement bien reçu dans les paroisses, et que vous pouvez désormais retrouver sous forme de deux cahiers, « Animation » et « Célébration ». À commander ici !

Le Défap vient de fêter son cinquantenaire en 2021. En cinquante ans d’existence, le Service protestant de mission, né de la Société des missions évangéliques de Paris (SMEP), a su écrire sa propre histoire. Sa création, en 1971, s’inscrivait déjà dans un contexte de grands bouleversements internationaux, qui se traduisaient par de profondes évolutions dans le milieu des Églises. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui. La mission ne se limite plus à évangéliser au loin : il s’agit de faire vivre le lien entre communautés proches et lointaines.

La mission n’est donc plus unidirectionnelle, mais se vit dans un ensemble. Et elle concerne tous les aspects de la vie. Le Défap agit désormais au sein d’un écosystème : la Cevaa (regroupant nombre des Églises avec lesquelles le Service protestant de mission est en lien) ; des organisations d’Églises, des associations liées au milieu ecclésial ou de solidarité internationale…

Depuis sa fondation, le Défap a su s’adapter aux transformations du monde, aux changements de paradigmes en matière de relations avec les Églises sœurs, d’aide au développement ou de formation théologique. Si la diversité est inhérente au protestantisme, le paysage des paroisses françaises connaît depuis une trentaine d’années des mutations profondes. Il est désormais plus mélangé, plus coloré ; l’interculturel s’y présente à la fois comme une richesse et un défi. Derrière les questions sur la mission aujourd’hui se profilent toutes les interrogations liées à une mondialisation qui tantôt rapproche, et tantôt désunit. Si au XIXe siècle, il s’agissait d’apporter l’Évangile au-delà des mers et d’implanter des Églises, désormais, le principal défi est de maintenir des relations entre Églises devenues autonomes. Tout l’enjeu étant de continuer à cheminer ensemble et à s’interpeller mutuellement.

La porosité des frontières, actuellement, ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant la rencontre entre cultures au sein d’une même paroisse.

Les 50 ans du Défap ont été une opportunité tout à la fois de célébrer, et de multiplier les réflexions dans tous ces domaines. Et à cette occasion plusieurs projets ont vu le jour, dont celui de « Dis-moi la mission ». Nous avons produit et recueilli, tout au long de l’année, dix cultes, dix animations, dix témoignages d’hier et aujourd’hui, et dix pistes de réflexions autour de dix verbes en lien avec la mission.

Nos cultes et animations ayant été particulièrement bien reçus et utilisés dans plusieurs paroisses, nous avons décidé de les éditer en cahiers et des les offrir aux paroisses intéressées. Si vous souhaitez recevoir l’un de ces cahiers ou les deux, vous pouvez passer commande directement ici.

Vous pouvez déjà les lire en ligne sur Calaméo :

 

 

 

Et vous trouverez également ci-dessous d’autres supports d’animation qui pourraient vous intéresser.

 

Nos récentes publications
null
L’escape game
Explorez le Défap de manière ludique en jouant à notre jeu de société Escape Game. De 1 à 4 joueurs, vous aiderez un envoyé à retrouver son passeport avant le départ de son avion. Vous pouvez emprunter l’exemplaire qui circule dans votre région, l’imprimer depuis notre site ou nous l’acheter (30€).
null
L’exposition
Parcourez l’histoire du Défap, ses engagement et ses défis au travers de notre exposition en 12 panneaux. Vous pouvez nous l’emprunter, l’imprimer depuis notre site internet ou nous l’acheter (300€).
 
null
La BD carnet de voyage
Découvrez les aventures de Manior et Maya illustrées dans le carnet de voyage « Les deux pieds en Afrique ». Cet ancien envoyé raconte avec humour et autodérision sa mission au Cameroun.
Vous pouvez nous l’acheter (19.90€) en nous écrivant.



Communier : Célébration

Communier

Célébration

 

Proclamation de la grâce de Dieu

Aujourd’hui, nous le redisons : l’amour de Dieu est gratuit, et aujourd’hui encore, nous sommes heureux de partager cette certitude. Ce matin encore, qui que vous soyez, quel que soit votre chemin, quels que soient vos certitudes ou vos doutes, vous êtes ici les bienvenus !

Dans la communion de l’Église universelle, nous nous tournons vers Dieu pour lui dire merci, pour lui demander d’habiter notre vie et de nous rendre attentif à sa présence. Nous sommes rassemblés parce que c’est ensemble que nous confessons notre foi, enfants d’un même Père, destinataires du même cadeau de la grâce.

Psaume 47-19 : Tu es là, au cœur de nos vies

 

Louange

Prier, c’est dire à Dieu, tout simplement, ce qu’on a envie de lui dire. Ce matin, nous pouvons lui dire ce qui est beau dans notre vie. Prions !

Dieu notre Père, le jour de notre naissance, tu nous as pris dans tes bras et nous sommes devenus tes enfants. Aujourd’hui, que nous soyons enfants ou adultes, nous savons que tu nous accueilles toujours comme tes enfants. Merci !

Tu nous accompagnes quand notre route est difficile, et quand elle est joyeuse. Merci !

Tu nous fais voir des choses incroyables, en espérant très fort que nous aurons la force d’y croire, et tu ne désespères jamais. Merci !

Tu nous fais confiance et ça, c’est un cadeau immense. Tu comptes sur nous, sur nos mots à nous, sur nos gestes à nous, pour aller dire au monde que tu es là. Merci !

Tous les jours, tu nous ouvres un lendemain. Tu es un semeur d’espérance. Merci !

Tu nous appelles à vivre, et à aimer. Merci !

Amen

Psaume 41-42 : Chante alléluia au Seigneur

 

Confession du péché et annonce de la grâce

Dieu n’ignore rien de nous. Même ce qu’on n’aime pas voir en nous, même les choses qui nous encombrent et nous rendent malheureux. Mais tout ça, il ne nous le reproche pas. Il nous console du mal que l’on a subi, il efface le mal que l’on a commis. Depuis toujours, depuis qu’il nous a pris dans ses bras au premier jour de notre vie, il nous appelle « mon enfant ». On appelle ça la grâce… Dieu qui nous donne son souffle pour nous lancer dans la vie, qui efface nos souffrances et nos fautes pour nous donner l’espérance. Croire à ça, ça nous ouvre une vie nouvelle, où rien ne vient plus nous faire peur. On est surpris de voir qu’on peut vivre cette vie nouvelle, en accueillant la nouveauté qui se présente. Ça veut dire aimer ceux qui croisent notre chemin, même ceux qu’on n’aime pas beaucoup… ça veut dire accueillir ceux qui ont froid et faim, même si on n’aime pas être dérangé. Ça nous arrive, et on est tout surpris !

Ça s’appelle la paix, l’amour et l’espérance, et c’est un cadeau, un vrai cadeau !

Amen !

Psaume 44-13 : Mon Dieu, par ta lumière

 

Prière d’illumination

Seigneur, nous recevons ta Parole aujourd’hui comme un cadeau, comme une graine destinée à germer dans nos vies et à porter du fruit. Rends-nous attentifs au travail de ta grâce en nous, viens ouvrir notre cœur et notre intelligence. Amen.

Lecture et prédication

Jn 20,19-23

(Le jour où Jésus a été ressuscité, Marie de Magdala l’a rencontré dans le jardin, elle lui a parlé, et il lui a répondu. D’abord effrayée, elle en a été bouleversée, et elle est allée tout raconter aux disciples de Jésus à Jérusalem.)

Le soir de ce même jour, le premier jour de la semaine, les portes de l’endroit où se tenaient les disciples avaient été fermées, parce qu’ils avaient peur des autorités juives. Alors Jésus vint, il se tint au milieu d’eux, et il leur dit « La paix soit avec vous ». Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. En le voyant, les disciples furent remplis de joie. Il leur dit à nouveau « La paix soit avec vous ; comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Ayant dit cela, il souffla sur eux en leur disant : « Recevez l’Esprit saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leurs seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

 

1 Co 12,1-11

Mes frères, à propos de cette histoire de ressentir l’Esprit, je ne veux pas que vous restiez dans l’obscurité. Vous savez bien que, avant d’être croyants, vous étiez poussés par le hasard vers des idoles qui ne parlent pas. Alors moi je vous dis que personne, poussé par l’Esprit de Dieu, ne peut parler et dire « Jésus soit maudit ! ». Et personne, sauf si l’Esprit de Dieu le pousse, ne peut dire « Jésus est le Seigneur ».

Beaucoup de dons différents sont offerts, mais il y a un seul Esprit. Il y a bien des façons de servir notre prochain, mais il y a un seul Seigneur. Il y a bien des façons de mettre en œuvre ces dons, mais il y a un seul Dieu, et c’est lui qui met en œuvre ces dons en nous tous. A chacun de nous, l’Esprit de Dieu donne ce qui est utile pour être utile. A l’un, l’Esprit donnera une parole de sagesse, à l’autre, une parole de connaissance (et c’est le même Esprit !), à un autre encore, des dons de guérison (et c’est toujours le même Esprit !), à un autre encore la capacité à faire des miracles, à un autre la prophétie, à un autre l’art de distinguer les souffles qui égarent, à un autre de parler bien des langues, à un autre d’interpréter ces langues multiples. Tout cela, c’est le seul et même Esprit de Dieu qui le met en œuvre : c’est lui qui choisit ce qu’il donne à chacun.

Psaume 12-07 (AeC 153) : Tournez les yeux vers le Seigneur

 

Prédication

La Bible nous raconte, de multiples façons, comme Dieu nous donne la foi. Ou plutôt, pour parler comme les deux textes que nous venons de lire, comment il nous souffle la foi. Au tout début de la Bible, on nous raconte ainsi comment Dieu a fabriqué un être humain et comment il a soufflé dans ses narines pour qu’il devienne vivant. Ce souffle qui vient d’ailleurs et qui donne la vie, c’est ça la foi… Et dans le texte de l’évangéliste Jean, c’est Jésus qui souffle sur ses disciples. Ils étaient tout repliés sur eux-mêmes, ils avaient peur, ils s’étaient enfermés, la porte fermée à clé, pour ne pas se sentir en danger, pour laisser le danger à la porte. Et ce que Jésus leur donne, ce n’est pas la certitude qu’ils ne seront plus jamais en danger, non, c’est un souffle, qui va les pousser dehors, les pousser à vivre dans le monde, malgré ses dangers et ses incertitudes. Un souffle qui vient remplacer Jésus auprès de nous, pour que nous sachions que Dieu est comme un père qui nous aime. Un souffle qui nous pousse dans le monde, pour y prendre le risque d’élargir notre communion avec tant d’autres frères et sœurs.

Voilà trois visages de Dieu : un souffle ; un homme (Jésus) ; et un Père. Le Père, le Fils, l’Esprit. Quand on baptise quelqu’un, on le fait au nom de ces trois personnes-là : Père, Fils, Esprit. Quand on vit en communion notre foi chrétienne, on le fait au nom de ces trois personnes, Père, Fils, Esprit. Mais dire la même chose ensemble ne signifie pas encore que ça nous fait vivre ensemble. Alors posons-nous à nouveau la question : pour une communauté chrétienne, que signifie parler de Dieu comme d’un Père, d’un Fils et d’un Esprit ?

On peut le dire de façon très simple : le Père, le Fils et l’Esprit, ce sont trois façons de nous représenter Dieu. Nous, les humains, nous ne pouvons pas savoir qui est Dieu, nous ne pouvons en avoir que des images imparfaites, des façons de parler de lui. Il nous échappera toujours, nous ne pourrons jamais l’enfermer, mais nous pouvons l’imaginer, nous le représenter.

Nous pouvons d’abord l’imaginer comme un Père. Le Père créateur, comme celui qui forme le premier être humain, à partir de la poussière de la terre, comme un potier qui voit avec ravissement se former la terre sous ses mains. Le Père qui regarde son enfant apprendre à marcher, et qui finit par lui lâcher la main, pour lui permettre de marcher tout seul. Le Père qui fait confiance à son enfant pour apprendre, pour s’émerveiller, pour découvrir. Un Père qui aime ses enfants inconditionnellement, sans rien leur demander en échange, parce que cet amour est indispensable pour que l’enfant puisse vivre librement dans ce monde. Un Père à qui on peut parler librement – ça s’appelle la prière, et il écoutera toujours. C’est le Père que nous avons en commun, celui qui fait que lorsque nous sommes ensemble, nous pouvons dire que nous sommes en effet de la grande famille des enfants de Dieu. C’est aussi le Père qui nous appelle à ouvrir cette famille à d’autres que nous-mêmes, d’autres des enfants de Dieu que nous ne connaissons pas encore, mais que lui connaît. Nous avons à dire au monde que notre grande famille est accueillante.

Et puis il y a un autre visage de Dieu que nous pouvons imaginer. C’est le Fils. Là, c’est plus compliqué à imaginer ! Parce que ça veut dire que Dieu a pris le risque de ne pas rester planqué dans son ciel, bien tranquille sur son petit nuage blanc, comme on aurait tendance à l’imaginer, mais il a pris le risque de descendre parmi nous, de devenir un humain, exactement comme nous, qui a vécu les mêmes émotions que nous, qui a eu les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes peurs et les mêmes tentations, et qui a même connu la mort. Et pas une mort douce, au bout d’une vie bien remplie, entouré par les siens, mais une mort violente et incompréhensible. Dieu a choisi de connaître le pire, au milieu de ses enfants humains, comme un humain.

Ce sont des humains qui ont mis à mort Jésus. Parce qu’ils étaient furieux que Jésus parle de Dieu comme il le faisait. Ça ne collait pas avec ce qu’ils croyaient sur Dieu. Alors ils l’ont mis à mort… Et Dieu a préféré laisser couler son propre sang, il a préféré mourir lui-même sur une croix, plutôt que se venger. La mort de Jésus, ça veut dire ça : Dieu ne fera jamais couler le sang humain, au contraire, il sera toujours du côté de ceux qui souffrent, parce qu’il aura connu la même souffrance qu’eux. C’est difficile à entendre et à imaginer. Et pourtant, c’est plein d’une immense espérance pour nous, les humains. Dieu a connu la même souffrance que nous, et il la traverse avec nous, lorsque la vie se fait souffrance, il la traverse pour émerger avec nous de l’autre côté.

Ce que nous avons à dire au monde de cette image-là de Dieu, c’est qu’il s’est fait humain pour nous rejoindre dans notre humanité. Ce visage-là de Dieu n’est pas simple à communiquer : comme les premiers disciples, nous avons, nous aussi, du mal à comprendre. Nous aussi, nous avons une certaine tendance à nous ratatiner derrière des portes fermées… mais il vient, et il souffle sur nous, pour que cette communauté apeurée devienne une communauté humaine tournée vers le monde, soufflée vers le monde.

Il y a encore un visage de Dieu que nous pouvons imaginer. Un souffle : l’Esprit Saint. Un simple souffle, qu’on ne voit pas, qui vient d’ailleurs et s’en va plus loin, que nous ne pouvons pas enfermer dans une boîte pour être sûrs de le conserver, non, un souffle qui passe et qui nous fait bouger, qui nous met en marche, qui met de la vie en nous, qui se fait de l’espace en nous… L’Esprit ! C’est une image de Dieu bien étrange là encore, parce qu’il souffle comme il veut, où il veut, et que tout ce que nous pouvons faire, c’est l’accueillir, c’est le saluer, c’est sentir qu’il nous fait bouger…

Mais voyez-vous, le Souffle de Dieu n’agit jamais de la même façon. Un jour, il remplit totalement notre cœur, et nous sommes pleins d’une joie incroyable, qui remplit tous nos jours, qui anime toutes nos pensées. Il peut nous accompagner ainsi, pendant le temps qu’il a choisi, et ce sera pour toujours un cadeau, qui ne nous sera pas retiré, dont nous garderons toujours le souvenir, même s’il nous quitte ensuite. Parce que oui, le chemin ne s’arrête pas là ! Le chemin continue, et parfois, ensuite, nous avons le sentiment de le parcourir seul. Ce n’est pas grave. Le souffle est toujours là, même si nous ne le ressentons plus de la même façon. Il nous lie toujours à Dieu. Il continue à nous être envoyé.

 

Nous le savons, parce qu’il nous donne des dons particuliers, uniques. Comme le dit l’apôtre Paul, il donnera à certains le don de parler bien des langues différentes, à d’autres de les interpréter, à d’autres d’enseigner, ou de discerner, d’avoir de la sagesse. Ou de guérir, ou d’être prophète… Et bien d’autres choses encore ! À chacun, l’Esprit Saint donne un don particulier. Unique. Que vous ne pourrez connaître que si vous l’accueillez en vous. Un jour, vous vous rendez compte que vous avez quelque chose en vous qui est unique, et même si vous avez l’impression que ce n’est presque rien, un tout petit souffle de rien, et bien ça change tout ! Et pour vous, et pour les autres… vous êtes vivant, et ça change tout, pour le monde entier, que vous soyez là, avec votre don particulier !

Les croyants ne sont pas tous sur le même modèle – d’ailleurs, être croyant, c’est découvrir que chacun est parfaitement unique, et aimé de façon unique par Dieu. Chacun, chacune de vous, soyez-en sûrs, est aimé de Dieu, de façon totalement unique. Chacun de nous reçoit un don particulier. Alors forcément, personne ne peut critiquer les dons de l’autre, parce que c’est l’Esprit qui les donne… Personne n’a le droit de critiquer les dons de Dieu pour les autres. Personne n’a le droit de critiquer les dons de Dieu que l’Esprit vous a soufflés.
Et puis, nous ne vivons pas nos dons de la même façon tous les jours. La foi, c’est accepter de lire toute notre vie à la lumière de la grâce reçue de Dieu, avec les dons qu’il nous a offerts.

Une chose importante encore : nos dons ne sont pas destinés à nous rendre égoïstes et arrogants. Non seulement ça ne sert à rien de se comparer les uns aux autres, mais en plus, nous apprenons petit à petit que nos dons sont là pour profiter à tous. Paul le dit ainsi : « A chacun, la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune ». Le but, c’est que l’ensemble de l’Église (le « corps du Christ »), puisse grandir ensemble grâce aux dons de tous. C’est ça, la communion : ça n’a pas d’autre sens que ça. Que nous puissions grandir ensemble, grâce aux dons de chacun, de chacune. Que nous soyons plus accueillants, tous ensemble, parce que nous profitons de ces dons communs.

Personne n’a d’obligation à être là, dans l’Église, parce que ça n’est jamais une question d’obligation. C’est une question de richesse partagée : votre joie, votre foi, votre talent particulier éclairent les autres, et vous profitez de la joie, de la foi, des talents des autres. L’Église est ce grand rassemblement des croyants où chacun a sa part, où chacun a reçu un souffle de vie qui lui donne d’agir au service de tous, pour que la foi de tous puisse s’épanouir et changer le monde. La communion, c’est une foi commune : la confiance de ce que Dieu sera toujours à nos côtés, quelle que soit la forme que prend sa présence dans nos vies, quelle que soit notre façon de l’imaginer.

Et comme l’Esprit souffle comme il veut et où il veut, il arrive souvent que nous soyons surpris par ses manifestations. Il y a cette surprise et cet émerveillement à partager la prière avec des gens d’autres horizons et d’autres fois que la nôtre, dans les rassemblements œcuméniques et interreligieux, avec des gens qui ne se réclament pas de Dieu, avec ceux qui vivent leur foi dans une culture enracinée ailleurs…

l’Esprit toujours nous surprend et nous appelle au milieu d’autres. Les envoyés du Défap témoignent de cet émerveillement et des chances inattendues qui se vivent dans la rencontre en vérité. La communion est, toujours, un cadeau et souvent une surprise, et heureusement ! La communion et l’Évangile se vivent dans nos murs mais aussi hors de nos murs, hors de l’entre-soi. Nous avons cette liberté inouïe de pouvoir transmettre cette communion à d’autres que nous-mêmes, d’ouvrir nos portes et de sortir pour mieux accueillir et mieux être accueillis. Vivons de cette liberté !

Qu’il nous soit donné, aujourd’hui, demain, toujours, ce souffle de vie !

Amen.

Psaume 41-05 : Nos cœurs te chantent

 

Confession de foi

Nous croyons en Dieu le Père.
Nous croyons qu’Il a créé le monde pour le bonheur des humains.
Nous croyons qu’Il a tout créé dans la même joie et le même émerveillement.
Nous croyons en Jésus Christ le Fils de Dieu. Il est venu chez nous et pour nous. Il a vécu comme nous, mais en allant jusqu’au bout de la vérité, de l’amour et du don.  Il est mort, il est ressuscité.
Nous croyons en l’Esprit Saint, par qui le monde reçoit la vie et l’amour. Il rend possible toute justice et toute espérance.
Nous croyons que l’Église est universelle, à la taille de l’amour de Dieu, et qu’il l’appelle à agir dans le monde.
Amen.

Cantique 23-11 : Je crois en toi

 

Offrande – Annonces

Intercession

Notre Père qui es aux cieux, nous voulons aujourd’hui te parler de nous.

Notre foi est ce qu’elle est, très grande ou toute petite, tranquille ou agitée, toute neuve ou déjà ancrée. Nous te prions pour qu’elle ne s’épuise jamais. Mais si un jour nous avions le sentiment qu’elle n’est plus là, nous te prions pour que d’autres autour de nous nous rappellent que notre foi existe, même si elle a changé. Nous te prions pour cette Église, imparfaite et très humaine, où ta Parole résonne, des petits bouts de parole qui viennent réveiller notre foi, des petits bouts de parole que nous portons les uns pour les autres.

Certains ne peuvent plus venir l’entendre dans nos communautés. Nous te prions pour eux, nous ne les oublions pas. À leurs paroles aussi nous ouvrons nos oreilles.

Nous te prions pour l’Église universelle, celle dont tu es le seul à connaître les contours. Rends-nous toujours plus accueillants à nos frères et à nos sœurs, d’ici et d’ailleurs, du dedans ou du dehors. Rends-nous attentifs à ta voix qui résonne dans le monde, échos de la souffrance humaine, échos de l’abandon dans un monde si dur, échos de l’injustice qui pèse toujours si lourd. Ne nous laisse pas oublier ce que nous avons entendu.

Nous voulons te parler de paix et de réconciliation : que ces gestes, petits ou grands, deviennent signes de ton Règne qui vient. Que ta volonté ne demeure pas de belles paroles, mais qu’elle soit faite sur la terre comme au ciel.

Nous te remettons nos désirs et nos espoirs, aide-nous à en faire une force de vie, pour nous-mêmes et pour les autres.

Et tous ensemble, d’une même voix, nous te disons :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles !

Amen.

Cantique 46-09 : Laisserons-nous à notre table

 

Exhortation, envoi et bénédiction

Ce que vous avez à apporter au monde est unique. C’est un cadeau pour vous, et c’est un cadeau pour le monde. L’Église, c’est vous. La lumière du monde, c’est vous.
Que le souffle de Dieu vous mette en route, qu’il vous anime et vous rende heureux des dons que vous avez reçus !
Je vous invite à vous lever pour recevoir la bénédiction de la part de Dieu :
Dieu nous bénit et nous garde.
Il nous accorde sa grâce.
Il tourne sa face vers nous et nous donne sa paix.
Amen !

Cantique 22-08 : Comme un souffle fragile

 

Version téléchargeable :

 

« Communier – Célébration » : le texte complet en pdf

 

 




Communier : Animation

Communier

Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.


Questions

Comment comprendre le sens du mot « communier » à la lecture de cette image ?
Est-il facile ou difficile de vivre la communion ?
Entre sentiment éphémère (comme la joie) et conviction enracinée, à quelle réalité humaine le verbe communier me renvoie-t-il ?

Et dans la Bible ?

Lecture du texte : Matthieu 2, 1-15

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.

Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Questions

À travers le récit des mages c’est l’histoire merveilleuse de Dieu venu habiter notre terre qui nous est racontée.
L’histoire des mages est aussi l’histoire commune d’une même vision : quelle est cette vision du monde que les mages partagent ?
Partager une même vision c’est aussi accepter une mise en route :

  • Ensemble, en suivant l’étoile, les mages vont se déplacer. Quel est leur itinéraire, quelle rencontre vont-ils faire ?

Les mages vont vivre la communion autour d’un enfant :

  • Ce bébé qui vient de naître, si petit, si pauvre et si fragile va pourtant rassembler autour de lui des mages venus des pays lointains. Quel genre de communion vont-ils vivre à la rencontre du Roi des juifs ?

Ouvertures pour aujourd’hui

Qu’est-ce qui me met en route et qui est moteur pour moi aujourd’hui ?
La rencontre avec d’autres chrétiens et l’écoute de la Parole m’aident-elles à progresser dans la foi ?
La joie est-elle un marqueur de la communion avec Dieu et avec les autres ? Qu’est-ce qui suscite en moi la joie ?
Quelles sont les causes, les idées qui rassemblent le plus de personnes aujourd’hui ? Est-ce que je les partage, ou non ?

Réalisation, création, mise en action

Proposition d’animation pour petits et grands

Le pain est un symbole fort de communion pour les chrétiens. Jésus lui-même vit un moment de communion avec ses disciples (y compris Judas) quand il partage avec eux le pain. Il y a des Églises partout dans le monde, et chaque pays a une culture différente, un pain différent. Nos pains ont des formes distinctes et des goûts variés. Pourtant nous sommes tout de même en communion avec des personnes du monde entier.

1. Jeux pour faire le tour du monde des pains, en utilisant le document PDF :

  • premier temps : faire deviner les noms des pains en les découpant et en mélangeant les images dans un panier. Chaque participant prend à tour de rôle une image et l’associe à un nom de pain préalablement découpé et posé sur la table.
  • deuxième temps : faire rechercher sur internet les ingrédients des pains portant des noms inconnus. Y a-t-il quelque chose de commun entre ces recettes ?

2. Fabrication des pains par les enfants de l’école biblique et de la catéchèse pour la sainte cène du prochain culte de la paroisse :

  • choisir une recette de pain et acheter préalablement les ingrédients (farine, levure). On peut utiliser une machine à pain pour la cuisson, mais c’est toujours plus intéressant de confier aux enfants le pétrissage de la pâte à pain sous la surveillance et la direction des adultes. Une autre proposition : chaque enfant pourrait repartir avec un petit pain à déguster à la maison et garder un grand pain pour la sainte cène de la communauté.

Version téléchargeable :

 

« Communier – Animation » : le document complet en pdf

 

 




Communier : Témoignage

Communier

Quels témoignages et pourquoi ?

Durant toute cette année de Cinquantenaire, nous vous partagerons des témoignages divers et variés. Pour «Dis-moi la mission» nous avons choisi de plonger avec vous dans nos archives. Ces écrits d’acteurs de la mission, d’hier à aujourd’hui, contribueront, nous l’espérons, à nourrir et éclairer votre réflexion autour de chacun des «verbes de la mission».

La mission a évolué, elle n’est plus unilatérale heureusement ! Pourtant, la plupart des témoignages que vous découvrirez ici seront ceux d’envoyés partis de France pour l’étranger : ceux-ci écrivaient, plus ou moins régulièrement, des lettres de nouvelles, dont beaucoup ont été conservées.

Nous aurions aimé vous proposer des écrits de «partout vers partout» à l’image des échanges vécus avec le Défap. Mais les témoignages des stagiaires, étudiants, professeurs, pasteurs, hommes et femmes accueillis en France, envoyés eux-aussi dans le cadre de leur Église, ou encore de paroisses ou groupes de jeunes ayant vécu des échanges sont nettement plus rares.

Durant dix mois, vous pourrez découvrir la diversité de ces expériences et des réflexions qu’elles ont suscitées.

Restez connectés sur notre site internet et nos réseaux sociaux pour découvrir d’autres formes de témoignages !

Témoignage d’il y a environ 50 ans :

Témoignage d’Édith, issu du journal Mission, d’octobre 1991, n° 16, p.21
Seize jeunes, dont Édith, du Consistoire de la Vallée de la Dordogne sont allés durant vingt-cinq jours à la rencontre de jeunes de trois synodes de la FJKM (Église de Jésus-Christ à Madagascar) du secteur de Moramanga. L’année suivante les jeunes Malgaches devaient venir en Dordogne.

Témoignage de Tshipeta, issu du journal Mission, d’octobre 1991, n° 16, p. 24.
Tshipeta était un envoyé du Zaïre – aujourd’hui République démocratique du Congo – en Côte d’Ivoire. Il partage ses réflexions sur la communion dans l’Église locale et dans l’Église universelle.


Témoignage d’aujourd’hui :

Témoignage d’Amès, issu du journal des envoyés de 2019
Amès était assistant d’éducation et de français en service civique à l’école Kallaline de Tunis.


Témoignage d’aujourd’hui :

Témoignage de Delphine et Timothée, issu du journal des envoyés de 2019
Delphine était enseignante de français dans les établissements scolaires de l’Église réformée malgache (FJKM). Timothée était envoyé par la Fédération baptiste de France, en partenariat avec le Défap, pour être professeur de théologie à l’Institut supérieur de théologie évangélique. Ils étaient à Madagascar avec leurs deux enfants.

Version téléchargeable :

 

« Communier – Témoignage » : le texte complet en pdf