Dans le cadre du cycle « Les jeudis du Défap », une conférence en ligne se tiendra le jeudi 12 mars, de 18h30 à 20h, autour de « l’héritage missionnaire aujourd’hui, le cas de la Mission Presbytérienne Américaine au Cameroun » avec Nick Gaël Daniel SANDJALI NDJIKAM. Cette rencontre offrira d’abord un temps de présentation du chercheur et de ses travaux, suivi d’un espace de dialogue ouvert avec les participants. Un moment privilégié d’échange, de réflexion et de partage, invitant chacun à approfondir sa compréhension des enjeux théologiques, historiques et institutionnels liés à la transmission de l’héritage missionnaire, et à interroger, à la lumière des réalités contemporaines, les perspectives pour l’Église et sa mission.

héritage missionnaire aujourd'hui

Le parcours de Nick Gaël Sandjali

Nick Gaël Daniel SANDJALI NDJIKAM est pasteur de l’Église Presbytérienne Camerounaise et Secrétaire Exécutif du Consistoire Lom et Djerem. Enseignant d’hébreu biblique et d’Ancien Testament à l’Institut Supérieur de Théologie Dager (ISTD) à Lolodorf, il contribue à la formation théologique des futurs responsables d’Église. Doctorant en lien avec l’Institut Protestant de Théologie (IPT) de Paris, il prépare une thèse sur Lévitique 10,1-11 portant sur la séparation du sacré et du profane dans le contexte de l’EPC, articulant recherche exégétique et enjeux ecclésiaux contemporains.

Ses publications

  • « La dâbhâr vétérotestamentaire : facteur et réparateur de conflits. » Publié dans Exodus: revue scientifique interdisciplinaire du DES/EPC N°03/mars 2023.
  • « L’horizontalité vétérotestamentaire et sa catastrophe contemporaine. Publié dans Exodus: revue scientifique interdisciplinaire du DES/EPC N°02/janvier 2022.
  • « Fermerure des lieux de cultes : désacralisation ou retour aux fondamentaux du sabbat? » Publié dans Exodus: revue scientifique interdisciplinaire du DES/EPC N°01/janvier 2021.

Pourquoi parler de L’héritage missionnaire aujourd’hui ?

Parler de l’héritage missionnaire aujourd’hui, c’est revenir à l’œuvre fondatrice de la Mission Presbytérienne Américaine (MPA), arrivée au Cameroun dès 1871 avec un double engagement : l’évangélisation et la structuration sociale. À travers les stations missionnaires qu’elle a implantées, la MPA a mis en place des écoles, des hôpitaux, des imprimeries et diverses institutions qui ont profondément marqué le paysage religieux et social du pays. De cette dynamique est née l’Église Presbytérienne Camerounaise (EPC), devenue autonome en 1957, héritière d’un patrimoine considérable.

Cet héritage, cependant, se trouve aujourd’hui confronté à des défis structurels et ecclésiaux majeurs. La plupart des analyses consacrées à sa gestion se focalisent principalement sur les œuvres visibles de témoignage — établissements scolaires, structures sanitaires, infrastructures sociales. Or, ces réalisations, bien que centrales, ne constituent qu’une dimension de l’héritage missionnaire.

Une approche plus globale s’impose. L’héritage missionnaire comprend également la politique d’expansion adoptée par la mission, sa vision de l’œuvre évangélique et de l’Église, son modèle organisationnel, ses principes de gouvernance et son mode de fonctionnement. Ces éléments immatériels structurent durablement l’identité ecclésiale et conditionnent la manière dont l’Église assume aujourd’hui sa mission.

Réfléchir à l’héritage missionnaire aujourd’hui ne consiste donc pas seulement à préserver des institutions, mais à interroger une vision théologique, un projet ecclésial et une dynamique missionnaire. C’est à ce niveau que se joue la capacité de l’EPC à actualiser, contextualiser et transmettre de manière pertinente l’héritage reçu, dans un environnement en constante mutation.

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