Je marche, je roule, je découvre.

Des routes, des visages, des histoires,

Des émotions qui me bousculent,

Des moments simples qui deviennent des souvenirs,

Un voyage qui me change (surtout ma perception sur la vie),

Qui me fait grandir, doucement, sans que je m’en rende compte.

 

En Allemagne, je dors sous la pluie.

Les gouttes frappent la toile de ma tente.

Il fait froid, ça sent la terre mouillée,

Et pourtant, je souris.

Je me sens vivante, trempée mais libre,

Avec juste mon sac, ma tente et mon courage.

La pluie m’accompagne, elle me parle,

Et je continue, sans râler,

Comme si chaque goutte lavait un peu mes pensées.

 

Le Mur de Berlin, je l’ai vu.

Je l’ai touché, même.

Les gens autour prenaient des photos, émus,

Moi, je restais là, sans trop savoir quoi ressentir.

Je savais ce qu’il représentait : la peur, la séparation,

Mais pour moi, c’était juste un mur.

Un mur gris, lourd, témoin d’un passé qui n’est pas le mien.

 

Elle est celle de mon arrière-grand-père,

Celle d’un temps où il a dû fuir ou rester,

Un temps où les murs étaient plus que de la pierre,

Où ils déchiraient les familles, les vies, les rêves.

C’est peut-être son histoire que je porte sans le savoir.

Je me suis senti un peu coupable de ne rien sentir,

Mais parfois, l’histoire ne nous traverse pas de la même façon.

 

Et puis, la Pologne.

Le soleil m’a accueilli, fort, presque brutal.

Après des jours de gris, la lumière m’a frappé au cœur.

Les champs étaient vastes, les routes tranquilles,

Et je ne savais pas encore

Que ce pays allait m’émouvoir comme aucun autre.

 

Auschwitz.

Le nom suffit.

Je n’étais pas prêt.

Le silence m’a pris à la gorge.

Tout semblait calme, trop calme,

Mais derrière chaque mur, chaque pierre,

Je sentais les voix, les pleurs, la peur.

Les baraquements, les barbelés,

Les miradors qui regardent encore le vide,

Et ces rails, droits, sans fin,

Qui mènent là où plus rien ne vit.

 

J’ai eu les larmes aux yeux,

Pas seulement pour ce qui s’est passé,

Mais parce que je me sentais petite, impuissante,

Face à ce que les hommes ont pu faire.

J’ai marché lentement, sans parler,

Comme si mes pas dérangeaient les morts ou troublaient leur repos.

 

En repartant, je n’étais plus le même.

Je crois que ce voyage m’a appris le respect,

La fragilité, la force du souvenir.

J’ai compris que voyager, ce n’est pas juste voir,

C’est ressentir,

C’est accepter de ne pas tout comprendre,

Mais de ne jamais oublier.

 

Ensuite, j’ai pris la direction de Marseille.

Une ville qui m’a surpris, sincèrement.

J’ai flâné dans les rues, respiré l’air du sud,

Écouté les sons de la ville.

Et ce que j’ai aimé, c’est que j’étais avec Believe,

Et passer du temps avec elle a ajouté une touche spéciale à ce moment.

On a exploré la ville, on a ri, on a partagé des petits instants qui rendent les voyages uniques.

À Marseille, il y avait cette énergie, ce mélange de lumière, de bruit, de couleurs.

J’ai adoré être là, dans ces rues, avec une personne avec qui c’était facile de se perdre dans l’instant.

 

LAWSON-KPAVUVU Latré Tabitha

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