Depuis 1984, le Centre de Formation de l’Église Protestante Évangélique de Djibouti (EPED) agit efficacement pour offrir une seconde chance aux jeunes en difficulté et accompagner les personnes vulnérables vers l’autonomie. Entretien avec son administrateur, Pierre Tshimanga Mukendi, qui coordonne les projets éducatifs du centre depuis 2005.

Un centre engagé auprès des publics les plus vulnérables
Né d’une initiative de l’Église Protestante Évangélique de Djibouti en 1984, le Centre de Formation et de Service Social de l’EPED est bien plus qu’un simple établissement éducatif. Il est devenu, au fil des années, un véritable tremplin pour des jeunes en situation d’échec scolaire, des femmes en difficulté, des enfants des rues, et surtout des personnes vivant avec un handicap.
« Nous croyons que le développement passe par l’autonomisation », explique Pierre Tshimanga Mukendi. Chaque année, le centre forme en moyenne 50 jeunes, dans des secteurs porteurs comme l’infographie, la couture, ou encore l’audiovisuel. Près de 1 200 jeunes ont déjà été accompagnés depuis la création du centre.
Pour répondre aux besoins spécifiques de ses bénéficiaires, l’EPED adapte ses programmes : les formations tiennent compte des réalités du marché de l’emploi local, et un stage en entreprise de 45 jours est systématiquement intégré au parcours. L’âge requis varie selon les filières, avec une attention particulière portée aux femmes et aux personnes en situation de handicap.
Des outils concrets pour une inclusion durable
Le centre dispose d’un équipement moderne et accessible : deux salles informatiques, un atelier audiovisuel, une centrale photovoltaïque pédagogique et une salle de couture. Les formateurs, issus du ministère de l’Éducation ou envoyés par des églises partenaires internationales, sont formés à l’accompagnement des publics à besoins spécifiques.
Au-delà de la formation, l’EPED mène un véritable travail de plaidoyer pour favoriser l’insertion professionnelle. Grâce à ses partenariats avec des institutions nationales comme l’ANPH, le MENFOP ou le MASS, et avec le soutien d’organisations internationales telles que la Conférence des Églises de toute l’Afrique ou l’Union Européenne, le centre multiplie les passerelles vers l’emploi.
« Cette année, nous avons constaté de réelles avancées dans l’insertion des personnes handicapées grâce à l’engagement de l’ANPH », souligne M. Mukendi, qui remercie également les autorités djiboutiennes pour leur appui constant. Il salue notamment la politique inclusive portée par le Président de la République, Ismaël Omar Guelleh, et la collaboration étroite avec la société civile.
Fort de son expérience, l’EPED prépare de nouveaux projets : dès octobre 2025, des formations en pâtisserie adaptées aux personnes en situation de handicap verront le jour, ainsi que des modules en maçonnerie de finition.
À travers une approche centrée sur la dignité, l’utilité et l’inclusion, le centre confirme son rôle essentiel dans le paysage social djiboutien. Discret mais déterminé, il continue, année après année, à transformer des parcours de vie.





