L’Assemblée générale de juin 2022 de la Fédération protestante de France a vu la rencontre de deux présidents et de deux secrétaires généraux – François Clavairoly et Georges Michel accueillant ceux qui leur succéderont dès le début du mois de juillet : Christian Krieger et Jean-Raymond Stauffacher. L’occasion d’esquisser quelques projets d’avenir.

François Clavairoly donnant symboliquement une bible à Christian Krieger © Jean-Luc Gadreau/Twitter

Une bible, et une croix huguenote. Ce sont les deux objets symboliques que François Clavairoly a donnés à son successeur désigné, Christian Krieger, au cours de l’Assemblée générale de la Fédération protestante de France qui s’est tenue le 11 juin à Paris. Même s’il restait encore quelques jours avant que ce dernier ne prenne officiellement la présidence de la FPF, la réunion marquait clairement une nouvelle étape dans la vie de l’instance représentative du protestantisme français auprès des pouvoirs publics.

Car au-delà du départ de François Clavairoly, le personnel de la Fédération connaît un important renouvellement : Georges Michel cède ainsi la place de secrétaire général à Jean-Raymond Stauffacher, président de l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref) ; Thierry André, en charge du lien fédératif avec les pôles régionaux de la FPF, quitte aussi ses fonctions, de même que Patrick Lagarde, qui occupait le rôle de trésorier. Cette AG a aussi été l’occasion de dire au revoir et merci à la directrice de la communication, Aude Millet, au bout de neuf années à la tête de ce service.

Un renouveau annoncé du projet Mosaïc

Pour François Clavairoly, c’est une page de neuf ans à la tête de la FPF qui se tourne ; pour Christian Krieger, une nouvelle étape dans une série d’engagements qui l’ont déjà mené à la FPF, dont il a été vice-président de 2015 à 2019. Également engagé dans la commission des relations avec le judaïsme de cette même FPF, il est l’auteur de la déclaration fraternelle au judaïsme « Cette mémoire qui engage » remise dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Président de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (Epral) et vice-président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), il est aussi membre du Conseil d’Églises chrétiennes en France. En tant que président de la Conférence des Églises européennes (CEC), il a aussi eu l’occasion de se familiariser avec les relations entre Églises par-delà les frontières, avec parfois des relations directes avec l’actualité la plus difficile et la plus immédiate – comme lorsqu’il a appelé l’Union européenne, les dirigeants politiques et la communauté internationale à ne ménager aucun effort pour limiter les effusions de sang et assurer la paix par le dialogue diplomatique en Ukraine. Un appel resté vain, il est vrai, tout comme celui lancé à l’Église orthodoxe russe.
 

 
Quand deux présidents et deux secrétaires généraux se croisent à la Fédération protestante de France, ils évoquent ce qui a été accompli et font des projets pour l’avenir. Dans son discours, François Clavairoly a mis l’accent sur le lien fédératif, « essentiel » selon lui. Un aspect sur lequel Christian Krieger a beaucoup travaillé, avec Valérie Duval-Poujol, dans le contexte des tensions entre Églises évangéliques et luthéro-réformées autour de la question de la bénédiction de couples mariés de même sexe qui avaient émergé après le synode de Sète. François Clavairoly a également évoqué la capacité à porter le témoignage de l’Évangile dans la société civile. Christian Krieger, pour sa part, lors de sa prise de parole, tout en remerciant son prédécesseur, a évoqué l’importance du dialogue œcuménique et interreligieux en France et en Europe, la question du rapport Églises-États au regard des échanges au niveau de la Conférence des Églises européennes ; le besoin de faire entendre la voix du protestantisme dans la société ; la place de la spiritualité dans le principe de la laïcité française…

Évoquant des chantiers concrets, il a indiqué que le lien fédératif serait intensifié et incarné ; il a évoqué une rencontre avec tous les acteurs du protestantisme ; il a également parlé d’un renouveau du projet Mosaïc, qui vise à favoriser la rencontre et la collaboration des Églises et communautés de diverses cultures et origines, ainsi qu’à accompagner celles qui le souhaitent sur le chemin de l’intégration. Il propose également une réflexion sur des questions de diversité culturelle, théologique et ecclésiologique à ces Églises comme aux Églises établies de longue date. Un projet qui, lors de son lancement en 2008, avait associé la FPF et le Défap, dont les réflexions avaient été essentielles à sa mise en place.