L’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal) souligne que « nous sommes tous concernés et responsables de l’avenir de notre pays : notre devoir est donc d’aller voter ». L’Église protestante unie de France (EPUdF) appelle « à faire barrage aux propositions du Rassemblement national (RN), fondées sur la mise en cause des libertés fondamentales ». La Fédération protestante de France (FPF) dit vouloir « contester tout ce qui mettrait en cause et trahirait le message de l’Évangile » et interpelle « les citoyens concernant les dangers de l’abstention ». Le Conseil national des évangéliques de France appelle les protestants évangéliques à « prendre leur responsabilité de citoyens » et à voter « en âme et conscience devant Dieu ».

Image du débat de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, organisé par TF1 et France 2 – Capture écran

 

Communiqué de l’EPUdF

Dimanche, un choix de société

À la veille du second tour des élections présidentielles, le Conseil national de l’Église protestante unie de France a souhaité partager des éléments de réflexion et quelques convictions.

C’est d’abord un triste constat.

La population française n’a jamais été aussi ouvertement divisée. Entre peur de l’avenir et sentiment d’abandon, une catastrophe est en train de se nouer, comme nous le disions déjà en 2017, autour de la tentation du discours nationaliste et xénophobe de l’extrême-droite. Le désir de sanction contre le gouvernement sortant, et sa traduction par l’abstention, pourrait faire basculer la République dans une aventure néfaste et chaotique.

Devant ce constat, quelles sont nos convictions ?

Nous croyons que le Christ nous invite à construire la fraternité au-delà des colères, à nous engager auprès des plus défavorisés, à partager plus équitablement les richesses et les ressources, à respecter les différents choix de vie, à accueillir les étrangers, à protéger la Création.
Nous croyons que seule la parole échangée, le débat dans l’écoute respectueuse de chacune et chacun, peuvent contribuer à bâtir une société avec la justice et la paix comme fondement.
Nous croyons que chacune et chacun est libre et responsable devant Dieu et devant ses frères et sœurs, particulièrement les plus faibles, et que nos choix se font en conscience.
Nous croyons que l’identité donnée par Dieu fonde notre dignité et fait de chacune et chacun de nous une personne digne d’être aimée. Cette identité est plus forte que le sentiment de déclassement ou de mépris.
Ces convictions s’incarnent dans notre histoire.

Depuis la Réforme, le Protestantisme français est en communion avec les Églises en Europe et au-delà. Par sa compréhension de l’Évangile, il a toujours défendu, avec d’autres, l’accueil et la protection des personnes déplacées.

Fidèles à cette histoire, nous faisons mémoire de toutes celles et ceux qui avant nous se sont levés au nom de l’Évangile pour résister avec d’autres aux menaces fascistes et totalitaires et qui ont su en discerner les réels dangers derrière des discours qui se veulent rassurants.

Aussi le Conseil national de l’Église protestante unie de France appelle à protéger notre démocratie, fondée sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme, et à faire barrage aux propositions du Rassemblement national, fondées sur la mise en cause des libertés fondamentales (pensée, presse, manifestation, enseignement…), l’exclusion et en rupture totale avec les principes de base de la République.

Au lendemain de cette élection

La responsabilité des hommes et des femmes politiques sera considérable pour construire avec les citoyennes et citoyens de ce pays une alternative fraternelle et solidaire, dans le respect des libertés fondamentales. Le chantier social sera immense pour promouvoir liberté, égalité, fraternité, justice, accueil et écoute de l’autre, éducation, protection de la Création… tout un programme.

La fête de Pâques a redit l’amour de Dieu pour chacune et chacun, et la vie plus forte que la mort.
Un chemin existe pour sortir de l’impasse. Confiance !

Emmanuelle SEYBOLDT, pasteure,
présidente du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France

 

Déclaration commune des responsables des cultes concordataires

À l’occasion du second tour de l’élection présidentielle

Dimanche prochain, notre pays vivra un moment essentiel de sa vie politique. Le premier tour a confirmé l’effondrement des partis traditionnels de gouvernement. Le fait nouveau est le renforcement considérable des votes en faveur des candidats « anti-système », traduisant la perte de confiance dans le fonctionnement de la démocratie représentative et les institutions de la 5e République. Ce vote exprime la protestation face à la fracture sociale, le sentiment de déclassement d’une grande partie de la population et la méfiance vis-à-vis des élites impuissantes à répondre aux besoins concrets des gens comme aux enjeux de la crise climatique. Il doit donc être entendu et représente le principal défi pour le quinquennat à venir qui devra apporter des réponses concrètes, déterminantes pour la paix sociale.

Dans le choix décisif pour l’avenir de notre pays proposé aux français dimanche prochain, la question des valeurs fondamentales est à nouveau au cœur des enjeux. En tant que représentants des cultes concordataires de notre région, nous rappelons notre attachement aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité de la République, comprises comme un projet d’ouverture et de générosité de notre pays, qui fonde son rayonnement partout dans le monde. Pour nous, chaque être humain est créé à l’image de Dieu et porteur d’une égale dignité, quelle que soit sa race ou sa religion.

Ces convictions nous engagent à porter une attention particulière à la question des réfugiés et à celle de l’Europe :

  • La terrible guerre qui sévit à nos portes et jette des millions d’êtres humains sur les routes de l’exil nous invite à revoir nos relations internationales et nos politiques d’accueil par rapport à la croissance des flux migratoires. La Cimade, créée en 1939 pour accompagner les évacués alsaciens-mosellans, s’est donné pour slogan « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre ».
  • Dans une région marquée dans son histoire par de terribles blessures, nous voulons rappeler notre profond attachement au projet européen, facteur, malgré ses imperfections, de stabilité, de démocratie et de paix. Sa remise en cause constituerait une régression vers des replis nationalistes dont nous voyons les terribles méfaits sur notre continent.

Dans le contexte qui est le nôtre, il nous faut d’abord faire le choix de la personne qui sera la mieux à même de mener une politique internationale gage de paix et de stabilité.

Nous appelons donc tous les membres de nos communautés et toutes les femmes et les hommes de bonne volonté à prendre très au sérieux cette échéance électorale. Nous sommes tous concernés et responsables de l’avenir de notre pays : notre devoir est donc d’aller voter. S’abstenir ou voter blanc, c’est laisser d’autres décider à notre place et prendre le risque de le regretter.

M. Christian Albecker, Président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
Mgr Luc Ravel, Archevêque de Strasbourg
M. Harold Weill, Grand rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin

 

Communiqué de la FPF

Pour que la République ne manque pas de souffle ! Les protestants peuvent alerter comme vigie de la République et doivent aussi souffler les mots de la fraternité contre le discours des extrêmes.

Communiqué de presse du 17 avril 2022

La Fédération protestante de France (FPF) a déjà eu l’occasion de s’exprimer et de communiquer à l’occasion de la campagne présidentielle. L’interpellation des candidats dès le premier tour avec « l’Adresse » qui leur a été envoyée marque l’intérêt que porte le protestantisme français au débat qui concerne la société et chacun des citoyens de ce pays.

Il est vrai que la situation de l’entre-deux-tours laisse à nouveau un grand nombre dans l’insatisfaction et suscite un réel questionnement quant au choix citoyen. Mais ne faisons pas passer le sentiment d’être dans une impasse, ou dans une situation de renoncement intellectuel au-dessus de notre responsabilité chrétienne.

La FPF rappelle encore aujourd’hui combien ses engagements pourront être entravés en cas de victoire du Rassemblement National : la parole en faveur de la liberté religieuse, les actions pour l’accueil des exilés, des étrangers, les œuvres auprès des plus vulnérables, le plaidoyer sur les questions climatiques, et de façon plus générale le projet de promotion de la fraternité et de lutte contre les inégalités dans une société qui a besoin de se rassembler.

A l’approche du deuxième tour, la FPF veut rester vigilante, attester de sa confiance dans la politique et contester tout ce qui mettrait en cause et trahirait le message de l’Évangile. Elle interpelle les citoyens concernant les dangers de l’abstention.

Dans une tribune parue samedi 16 avril sur le site du Monde, intitulée « La spiritualité a sa place dans une République laïque », le pasteur François Clavairoly, président de la FPF, rappelle que « Les protestants tout seuls ne peuvent pas grand-chose devant les périls d’un temps si incertain. Ils peuvent alerter comme vigie de la République, ils peuvent être aiguillon pour ceux qui seront au pouvoir afin qu’ils évitent une faillite démocratique, ils doivent aussi souffler les mots de la fraternité contre le discours des extrêmes. »

Appel du CNEF

Le Conseil national des évangéliques de France appelle chacun à prendre « sa responsabilité » et à « voter en âme et conscience devant Dieu » dans une vidéo publiée sur Instagram :

 

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