Méditation du jeudi 6 janvier. Comment peut-on parler de l’universalité de l’Église, alors même qu’elle est « mise à part », sainte, distincte du monde ? Et comment vivre en témoins de cette preuve d’une autre réalité que notre réalité ordinaire – celle de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ ?

Fleur de pissenlit © Pixabay

Considérez, frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu : il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse s’enorgueillir devant Dieu. C’est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et délivrance afin, comme dit l’Écriture, que celui qui s’enorgueillit, s’enorgueillisse dans le Seigneur.
(1 Co 1,26-31)

L’Église est paradoxale : elle est à la fois singulière et universelle. Elle est singulière parce qu’elle est mise à part : c’est ce que signifie, littéralement, le mot « sainte », mise à part, distinguée, non confondue. Elle ne se confond pas avec le monde, parce qu’elle est à part, différente, preuve d’une autre réalité que notre réalité ordinaire. Et en même temps, l’Église est universelle : la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ fait qu’il n’existe plus aucun critère de sélection par lequel les humains pourraient prétendre accéder à l’amour de Dieu en étant plus qualifiés que les autres. L’apôtre Paul le dit bien : il écrit à ceux qui ne peuvent se réclamer ni de la sagesse, ni de la bonne naissance, ni d’une belle position sociale en ce monde. Il écrit à ceux qui renoncent à se sentir importants par eux-mêmes, pour faire simplement confiance à Dieu pour leur donner des raisons de se sentir acceptables. Le théologien Paul Tillich disait que la foi, c’est le courage d’accepter d’être accepté.

Nous avons à dire, c’est notre mission, que l’Église est à la fois universelle (personne n’en connaît les contours et personne ne peut se targuer d’en détenir la clé) et sainte, mise à part (il n’y a plus en ce monde de différence de qualités entre les êtres humains : devant Dieu nous sommes tous accueillis sans qualités, sans surface sociale, sans richesse). En d’autres termes, nous sommes porteurs de ce qui est universel, et c’est ce qui nous met à part !

Comment vivre en témoins de cette universalité qui dépasse les frontières ? Que cette question nous accompagne au cours de cette année qui s’ouvre et que Dieu ouvre nos yeux à l’universel de sa grâce.

Prière

Nous nous unissons dans la prière et nous portons dans cette prière tous les envoyés du Défap de par le monde :

Pour que ta paix rayonne au milieu de nous et que ton amour libère nos vies, Seigneur, nous te prions.
Donne-nous de persévérer dans la foi et mets dans nos cœurs le désir de ton Royaume.
Guide ton Église sur le chemin de l’Évangile, que ton Esprit Saint la garde accueillante.
Nous te prions pour les responsables des peuples, afin qu’ils aient la volonté de promouvoir la justice et la liberté.
Ô Christ, tu as pris nos infirmités, tu t’es chargé de nos maladies ; soutiens ceux qui traversent une épreuve.
Pour ceux qui sont au service des opprimés, des étrangers, des isolés, nous te prions.
Nous te confions nos familles, tous ceux qui nous ont demandé de prier pour eux et qui prient pour nous.
Pour notre pays, notre région, notre village, notre ville, tous nos lieux quotidiens, afin que les chrétiens y soient témoins d’espérance et artisans d’unité, nous te prions.
Jésus notre joie, tu veux pour nous un cœur tout simple, comme un printemps du cœur. Alors les choses compliquées de l’existence nous paralysent moins. Tu nous dis : ne t’inquiète pas, et même si ta foi est toute petite, moi le Christ je demeure toujours avec toi.
Amen

(Prière de Taizé)