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Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.

Objectifs :

  • Faire réfléchir sur la complexité du verbe partager ainsi que ses différents aspects, car si ce mot suscite pour beaucoup un élan de générosité et la joie de donner, pour d’autres cela peut résonner avec renoncement et séparation voire division.
  • Et si partager était beaucoup plus que partager des biens ?

 

Questions

Qu’évoque en vous cette image en lien avec le verbe partager ?
Que pourraient partager avec nous les personnes sur cette image ?
Comment peut-on mieux connaître quelqu’un pour mieux se comprendre ?

 

Se rencontrer et partager…

Jésus et la femme samaritaine

Le Seigneur apprit que les pharisiens avaient entendu dire qu’il faisait et baptisait plus de disciples que Jean. – A vrai dire Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c’étaient ses disciples qui le faisaient. – Alors il quitta la Judée et retourna en Galilée. Comme il devait traverser la Samarie, il arriva dans une ville de Samarie appelée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ midi.

Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » En effet, ses disciples étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. La femme samaritaine lui dit : «Comment ? Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ?» (Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains.) Jésus lui répondit : «Si tu savais quel est le cadeau de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, tu lui aurais toi-même demandé à boire et il t’aurait donné de l’eau vive.» «Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser et le puits est profond. D’où aurais-tu donc cette eau vive ? Es-tu, toi, plus grand que notre ancêtre Jacob qui nous a donné ce puits et qui a bu de son eau, lui-même, ses fils et ses troupeaux ?» 

Jésus lui répondit : «Toute personne qui boit de cette eau-ci aura encore soif. En revanche, celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» La femme lui dit : «Seigneur, donne-moi cette eau afin que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir puiser ici.» «Va appeler ton mari, lui dit Jésus, et reviens ici.» La femme répondit : «Je n’ai pas de mari.» Jésus lui dit : «Tu as bien fait de dire : ‘Je n’ai pas de mari’, car tu as eu cinq maris et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité.» «Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos ancêtres ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous, que l’endroit où il faut adorer est à Jérusalem.» «Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent en esprit et en vérité.» La femme lui dit : «Je sais que le Messie doit venir, celui que l’on appelle Christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.» Jésus lui dit : «Je le suis, moi qui te parle.»

Là-dessus arrivèrent ses disciples, et ils étaient étonnés de ce qu’il parlait avec une femme. Toutefois, aucun ne dit : «Que lui demandes-tu?» ou : «Pourquoi parles-tu avec elle?» Alors la femme laissa sa cruche, s’en alla dans la ville et dit aux habitants: «Venez voir un homme qui m’a dit [tout] ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie?» Ils sortirent de la ville et vinrent vers lui.

Pendant ce temps, les disciples le pressaient en disant : «Maître, mange.» Mais il leur dit : «J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.» Les disciples se disaient donc les uns aux autres : «Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger?» Jésus leur dit : «Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson? Eh bien, je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs : ils sont déjà blancs pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. En effet, en cela cette parole est vraie : ‘L’un sème et l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés récolter une moisson qui ne vous a pas demandé de travail; d’autres ont travaillé et vous êtes entrés dans leur travail. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause des paroles de la femme qui rendait ce témoignage : «Il m’a dit tout ce que j’ai fait.» Ainsi donc, quand ils vinrent le trouver, les Samaritains le prièrent de rester avec eux. Il resta là deux jours. Un bien plus grand nombre crurent à cause des paroles de Jésus, et ils disaient à la femme : «Ce n’est plus seulement à cause de ce que tu as dit que nous croyons, car nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est vraiment [le Messie,] le Sauveur du monde.»

Questions

Qu’est-ce qui est partagé lors de la rencontre de Jésus et la femme samaritaine ?
Quelle est cette eau vive que Jésus peut partager avec la femme ?
Quel effet a ce partage sur elle et quelles sont les conséquences pour les personnes de son village ?
A la lumière de ce récit, que reçoit véritablement cette femme de Jésus ?
Comment qualifier cette rencontre du point de vue de Jésus, et du point de vue de la femme ?

 

Ouvertures pour aujourd’hui

Est-ce que je peux tout partager avec Jésus ? Comment ?
Que veut dire l’accueil de Jésus sans conditions ?
Comment parler aux autres de Jésus et de sa présence auprès de chacun d’entre nous ?

Et si on jouait !

Objectif :

Comprendre que partager sa culture mais aussi qui on est, d’où on vient, quelles sont nos préoccupations, nos joies et nos peines, permet une meilleure connaissance de chacun et aide à lutter contre les préjugés, les stéréotypes, l’exclusion.

Jeu des citrons

Matériel :

Pour la Partie 1 de l’exercice, il est nécessaire d’avoir un citron pour chaque groupe de 4 ou 5 participants. Pour la partie 2, il est nécessaire d’avoir un autre type de fruit (banane, kiwi, etc.) pour chaque petit groupe.
Il est utile de disposer d’une salle assez grande pour pouvoir diviser les participants en petits groupes afin de discuter sans déranger les autres.

Étapes :

Partie 1

  • Temps 1 :
    Mettez tous les citrons sur une table afin que tout le monde puisse les voir. Demandez aux participants de décrire les caractéristiques d’un citron (rond, jaune, acide…). Inscrivez les réponses au tableau.
  • Temps 2 :
    Divisez les participants en petits groupes et donnez à chaque groupe un citron.
    Demandez aux participants d’apprendre à connaître leur citron dans le détail en l’étudiant attentivement et en prenant note de toutes ses caractéristiques spécifiques.
    Veillez à ce qu’ils n’abîment pas leur citron.
    Ils peuvent lui donner un nom, lui inventer une histoire et commencer à le considérer comme une personne.
  • Temps 3 :
    Après un court instant, demandez à quelqu’un de chaque groupe de parler de son citron aux autres.
  • Temps 4 :
    Ramassez tous les citrons et mélangez-les. Demandez à une personne de chaque groupe de venir récupérer son citron.
  • Débat :
    Pourquoi était-ce si facile pour vous de reconnaître votre citron ?
    Avez-vous déjà changé d’opinion sur une personne après avoir appris à la connaître ?
    Connaissez-vous quelqu’un qui aurait changé d’opinion sur vous, après avoir appris à vous connaître?

Partie 2

  • Temps 1 :
    Distribuez un fruit différent à chaque groupe.
  • Temps 2 :
    Dites aux participants qu’un nouveau fruit va emménager dans le pays des Citrons qui est mono-culturel. Chaque groupe aura 5 minutes pour décider d’accepter ou refuser ce nouveau venu. Ils devront alors inventer une histoire/un jeu de rôle sur le processus de décision qui sera présenté à l’ensemble des participants.
  • Temps 3 :
    Chaque groupe aura 2 minutes pour présenter les motivations de sa décision (de refus ou d’acceptation du fruit « étranger »).
  • Débat :
    – Quelle a été votre décision concernant le fruit « étranger » ?
    – Avez-vous déjà été un kiwi dans un monde de citron ? Comment avez-vous vécu cette expérience ?
    – Qui sont les « étrangers » dans votre école, chez vous ? Avez-vous changé d’avis après avoir discuté avec une personne différente (car étrangère, ou ayant une difficulté particulière à l’école, etc…)
    – De quelles manières peut-on faire comprendre à quelqu’un qu’il n’est pas le bienvenu ?
    – Comment pouvons-nous aider des personnes à se sentir à l’aise dans notre communauté ?
    – Quand on rencontre quelqu’un d’une autre culture peut-on tout partager de ses valeurs, de ses traditions, de ses manières de faire ?
    – Quelles sont les limites au partage ?
    – Comment faire en sorte que la partage permette une égalité et non une oppression ?
    – Une banane seule au milieu des citrons – que peut-elle partager ?
    – Comment lui permettre de pouvoir partager ?
    – Est-ce que partager c’est perdre quelque chose de soi ?

Durée : 30 à 45 minutes d’animation pour chaque partie
Public : Tout type de public

Version téléchargeable :

 

« Partager – Animation » : le document complet en pdf