Alors que les risques d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo ne sont pas écartés, beaucoup des 400.000 évacués de Goma commencent à revenir sur place : dispersés dans les localités avoisinantes à la suite de l’ordre d’évacuation du 26 mai, ils se sont retrouvés sans la moindre aide et sans nourriture.

Vue de la coulée de lave du Nyiragongo © Robert Bahizire Byamungu pour Défap

Deux semaines après l’éruption du volcan Nyiragongo, survenue le 22 mai dernier, l’aéroport international de Goma a rouvert pour accueillir le Premier ministre Jean-Michel Sama, venu «apporter un message de soutien». Environ 400.000 habitants, sur les 600.000 que compte la capitale provinciale du Nord-Kivu, avaient dû quitter les lieux en urgence ; un ordre d’évacuation avait été donné par les autorités locales, alors que l’éruption, survenue sans signe avant-coureur, avait provoqué la mort de trente-deux personnes, soit calcinées par la lave, soit asphyxiées, et laissait craindre des suites plus meurtrières encore. Des failles repérées après l’éruption avaient laissé supposer la présence d’une poche de magma sous la ville même, ainsi que sous le lac Kivu voisin ; or ce lac contenant de grandes quantités de gaz piégé dans ses profondeurs, notamment de dioxyde de carbone, une éruption sous le Kivu aurait pu se traduire par le dégagement de grandes quantités de gaz, susceptibles d’asphyxier toute vie au voisinage du lac.

Depuis lors, des centaines de milliers de personnes évacuées restent dispersées dans les localités avoisinantes et des familles sont toujours séparées dans toute la région. Mais les conditions de vie de ces déplacés, qui ne disposent d’aucune aide, ni sur le plan alimentaire, ni sur le plan sanitaire, et pas davantage du moindre logement, sont si difficiles que beaucoup commencent à revenir à Goma, alors même que la menace n’est pas écartée. Si les secousses sismiques qui ont suivi l’éruption se sont peu à peu calmées, les fissures qui pourraient permettre à la lave de remonter jusqu’au sol en cas de nouvelle éruption sont toujours là. Les autorités congolaises, quant à elles, ont rouvert la route principale qui a été coupée en deux par la lave, a annoncé le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

«Personne n’aurait pu détecter cette éruption»

Situé sur une faille tectonique connue sous le nom de Rift est-africain, le mont Nyiragongo est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux au monde en raison de sa proximité avec Goma et de ses rapides épanchements de lave. Une éruption précédente survenue en 2002 avait recouvert un cinquième de Goma de lave ; elle avait fait 250 morts et 120.000 sans-abri.

Un observatoire vulcanologique local a été mis en place en 1986 pour surveiller l’activité et prévoir les futures éruptions. Mais le financement de la Banque mondiale pour l’institut a été coupé l’année dernière en raison d’allégations de détournement de fonds. Les chercheurs n’ont pas été en mesure d’effectuer une surveillance régulière avant la récente éruption et n’ont pas eu les fonds nécessaires pour se rendre au volcan malgré les signes d’une activité accrue. Mais même dans ces conditions, les volcanologues affirment qu’il n’y a eu aucun événement «précurseur» qui aurait indiqué que le mont Nyiragongo était sur le point d’entrer en éruption. «Personne n’aurait pu détecter cette éruption», estime encore aujourd’hui un expert surveillant la situation.

Goma est une plaque tournante humanitaire majeure fournissant de l’aide à une région touchée par des décennies de troubles. C’est aussi à Goma que se trouve l’ULPGL, l’Université Libre des Pays des Grands Lacs – l’une des cinq universités protestantes en RDC avec lesquelles le Défap est en lien, et qui compte près de 400 étudiants en théologie.

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.