Méditation du jeudi 27 mai 2021 : l’appel de Jésus à aller vers « toutes les nations » est toujours valable pour nous. Mais la mission n’est pas une négation des cultures actuelles.

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« Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent ; mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur parla en ces termes : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, en leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Moi, voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »  Matthieu 28,16-20

 

Aujourd’hui nous vous invitons à partager cette méditation proposée par Alain Faucher, prêtre et professeur d’exégèse biblique à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval au Québec (site interbible.org du diocèse de Montréal).

Ce que nous comprenons entre nous de l’amour de Dieu ne peut rester entre les quatre murs de la communauté.

« Toutes les nations ». Ceci rappelle la promesse divine faite à Abraham au profit de toutes les familles de la terre (Genèse 12,1-3). « Les nations » rappelle aussi la stratégie précise de Dieu. Les croyantes et les croyants ne peuvent rester neutres devant ces appels de Jésus lancés à ses premiers disciples. Croyantes et croyants d’aujourd’hui sont à leur tour invités à intervenir au nom de la famille divine. L’enjeu est immense : Jésus invite à transformer les nations en disciples. Il s’agit de baptiser, donc de faire plonger dans la mort-résurrection. Ce que nous comprenons entre nous de l’amour de Dieu ne peut rester entre les quatre murs de la communauté. Ce que nous comprenons ici et maintenant de l’amour de Dieu est destiné à transformer partout et pour le mieux la vie des gens que nous côtoyons dans les périphéries de nos communautés. Ces Galilée d’aujourd’hui incluent le joyeux monde des affaires, des centres commerciaux, des arénas, des loisirs, des études, des familles. La dernière coquetterie, depuis le cinquième centenaire de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique (en 1992 !), consiste à mettre en doute la pertinence de la mission. On prétend que le travail missionnaire est systématiquement un manque de respect des autres cultures. Cette approche contestataire néglige deux aspects de la mission.

La mission n’est pas une négation des cultures actuelles.

Notre foi a été implantée en acheminant le message de Jésus dans les différentes cultures qui ont émergé au fil des siècles. Notre culture actuelle est un fruit de ce processus de rencontre. Notre culture n’a plus grand chose à voir avec la culture méditerranéenne d’origine où résonnait si positivement le message des disciples de Jésus. Notre mode de vie nord-américain, surgi du christianisme, est finalement tout à fait différent du mode de vie des Européens qui nous ont transmis la foi chrétienne. Et pourtant, nous restons en communion profonde avec la mission des origines. De plus, les valeurs de communion universelle du message des disciples de Jésus n’ont aucune prétention à abolir les originalités ethniques et nationales. Jésus envoie ses disciples vers toutes les nations pour en faire des disciples. Il ne leur demande pas d’abolir les nations, contrairement aux prétentions de certaines sectes qui prétendent niveler toutes les frontières politiques au nom d’une foi intense ! La mission n’est pas une négation des cultures actuelles… Elle transcende les différences parce qu’elle parle de l’essentiel de la nature humaine.

L’évangélisation est toujours et partout à refaire, dans chaque pays, pour chaque génération.

Notre société ressemble davantage à la Galilée qu’à la capitale de foi qu’était Jérusalem. Les périphéries sont partout, et surtout sur nos écrans ! L’information instantanée crée un village global, un lieu de rencontre (et de confusion !) virtuel aussi facile à mépriser que l’était la Galilée pour les Juifs pieux de Jérusalem. Jésus propose aujourd’hui la mission dans ce carrefour actuel des routes commerciales, ce point naturel de rencontre des nations et des croyances. L’évangélisation est toujours et partout à refaire, dans chaque pays, pour chaque génération. Nous n’y échappons pas, et nos descendants croyants devront tout reprendre, à leur tour. Cette limite annoncée ne nous dispense pas d’investir le meilleur de nous-mêmes dans des groupes adaptés, des mouvements remaniés, des services innovateurs et originaux, des manières de faire dont nous ne rêvions même pas hier ou avant-hier.

 

Nous prions :

Le désir de notre cœur, Seigneur,
C’est de redire ton nom,
De le redire comme un murmure,
Comme la présence d’un amour ;
De le redire au long du jour,
Et au rythme de notre prière commune
Pour qu’il sanctifie notre temps, nos heures,
De le redire sur le monde
Pour que mystérieusement il l’imprègne,
Le guérisse, l’illumine, le bénisse.
Le désir de notre cœur, Seigneur,
C’est de redire ton nom.

Sœur Évangéline de la communauté des diaconesses de Reuilly