C’est une nouvelle Assemblée Générale en visioconférence, alors que les mesures de restrictions sanitaires ont été durcies pour faire face à la croissance du nombre de personnes touchées par la pandémie de Covid-19, qui s’est tenue ce samedi 27 mars 2021 au Défap. Au menu de cette réunion, notamment : des informations sur les « Ateliers de la Mission » et sur le cinquantenaire du Défap, ainsi que la mise en discussion et au vote du texte sur les Convictions et Actions 2021-2025.

Depuis l’entrée dans cette période si particulière que constitue la «période Covid-19», avec son lot de restrictions sanitaires, de difficultés accrues de déplacements et de rencontres rendues impossibles ou devenues virtuelles, le Défap a dû, comme beaucoup d’autres institutions, s’adapter. Cette nouvelle Assemblée Générale réunie par Zoom (comme c’est devenu désormais le lot commun de beaucoup d’ONG et d’associations) en était un signe supplémentaire. Mais derrière ce recours accru à la technique, des problèmes se posent, lourds à gérer : problèmes anciens rendus bien plus difficiles à prendre à compte (comment franchir la distance culturelle avec les partenaires, avec les visiteurs, quand s’y ajoute en outre une nouvelle distance physique ?) ; et problèmes nouveaux, liés non seulement à la technique elle-même, mais aussi à la nécessité d’inventer de nouvelles relations et de nouvelles manières de communiquer et d’intervenir.

2020, une année hors norme

 

Ces défis déjà anciens, et que le Défap doit continuer à prendre en compte et à relever, sont ceux sur lesquels le président du Défap, Joël Dautheville, a d’abord mis l’accent dans son message d’introduction de l’Assemblée Générale ; tout en adressant de chaleureux remerciements à toute l’équipe du Défap qui a su continuer à manœuvrer dans la tempête, et en soulignant la solidité dont a fait preuve l’institution dans son ensemble, il a rappelé les défis toujours présents de l’interculturalité dans notre société – interculturalité qui se traduit aussi dans les paroisses de nos Eglises.

Les défis nouveaux, auxquels toute l’équipe a dû répondre durant l’année 2020 qui a vu le Défap «cloué au sol», sont ceux sur lesquels le Secrétaire général, Basile Zouma, a insisté pour sa part. Comme il l’a souligné dans la présentation de son rapport, le Défap, en cette crise, est passé par trois états :

  • la sidération : l’année 2020 a été une réelle traversée de crise. Sachant que toute crise est aussi une opportunité d’ouvrir des chemins impossibles à trouver autrement… Tout ce qui était conditionné par le voyage a été empêché. La distance installée avec les partenaires est devenue difficile à franchir : difficile de voir les partenaires, d’accueillir des visiteurs, des boursiers – alors que la maison Défap a pour cœur de métier de mettre en relation. Cette sidération a été amplifiée par des mouvements de personnel : départ de Valérie Thorin au service Communication et absence prolongée pour cause de maladie de Franck Lefebvre ;
  • le tâtonnement : il a fallu tâtonner pour dépasser cette sidération initiale. Comment maintenir la vie communautaire quand la rencontre n’est plus possible ? Il a fallu avoir recours à la technique pour maintenir les liens au près et au loin ;
  • l’adaptation : la mobilisation de l’équipe pour s’adapter à la crise et à la baisse des ressources. Le Défap a dû réorganiser le travail des permanents et trouver de nouveaux moyens de rester en lien avec les partenaires. L’équipe a su garder une veille active pour rester opérationnelle. Il a fallu inventer en avançant.

La force de l’espérance, la vie malgré tout, ont permis de surmonter la crise.

L’année 2020 a donc été l’année des petits pas, une résistance à l’immobilité imposée par la crise. Quelques perspectives pour finir, extraites du rapport d’activité : si les difficultés d’aujourd’hui devaient rendre impossibles les réalisations de demain, le Défap n’aurait pas eu la bonne attitude dans la traversée de la crise sanitaire. Toute crise étant une opportunité dans la douleur. Au sortir de cette année mouvementée marquée par la paralysie générale et le ralentissement forcé des activités du Défap, ainsi que de l’important mouvement au sein de l’équipe, la première perspective est celle toute naturelle de reprendre pleinement nos engagements dans les rencontres avec nos partenaires et dans la relance de projets fédérateurs. Reprendre aussi la visite des paroisses en France en vue de la création d’espaces de réflexion et la co-construction de célébrations autour de la mission de partout vers partout. Le sens de la veille active de l’équipe est de faciliter cette reprise enrichie des apports de cette traversée douloureuse.

2021 sera l’année de deux événements : le forum « Les Ateliers de la mission » et la célébration des 50 ans du Défap. Deux lieux pour deux dynamiques ; une réflexion autour de la mission et une célébration pour faire un bilan de ces 50 ans de mission. Ces événements vont participer du processus de refondation initié par le Défap et porté par les Églises fondatrices en vue d’une décision concertée pour l’année 2025.

Présentation des 50 ans du Défap

Éline Ouvry, prenant la suite, et après les nouvelles des partenaires, a présenté son travail de chargée d’événementiel « 50 ans du Défap », qui se décline en quatre axes :

  • Dis-moi la mission, en 10 mois ; un verbe est présenté chaque mois sur le site, décliné chaque semaine en 4 modules : Réflexion, Témoignage, Animation et Célébration – ce dernier module, en particulier, présentant des éléments de liturgie utilisables pour organiser des cultes centrés sur les 50 ans du Défap.
  • 50 témoignages diffusés sur les réseaux sociaux, de Pâques à Pentecôte ; l’idée est de faire parler des intervenants qui ont été en relation avec le Défap, soit en tant qu’envoyés, soit en tant que boursiers…
  • Appel à témoins : il s’agit de permettre des rencontres entre anciens envoyés et paroisses, dans le cadre d’une dynamique locale
  • Pendant une semaine en septembre, différentes activités au 102 boulevard Arago, avec notamment une exposition sur place (et en ligne), un escape-game (jouable sur place et disponible en téléchargement), avec en outre une salle où seront diffusés les 50 témoignages. Il y aura aussi deux rencontres et conférences durant la semaine ; et une journée rencontres-retrouvailles le samedi et le dimanche.

 

Un rapport d’activités 2020 sous le signe de la résilience

Les contraintes sanitaires se sont avant tout traduites pour le Défap par de nouvelles distances, avec des frontières devenues difficilement franchissables et des déplacements rendus plus ardus : distances nouvelles avec les envoyés, avec les partenaires, avec les Églises en lien avec le Défap, et même avec les visiteurs ou les paroisses de France… C’est ce thème de la distance à franchir pour trouver une résilience qui a servi de fil conducteur à la présentation du rapport d’activité 2020 par les divers secrétaires exécutifs.

 

Adoption du document «Convictions et Actions 2021-2025»

C’était un des aspects majeurs de cette Assemblée générale : le texte qui a été soumis à l’approbation des délégués, et destiné à guider l’activité du Défap au cours des quatre années à venir, avait été élaboré, comme l’a souligné le Secrétaire général Basile Zouma, au cours d’un travail commun lancé entre le Conseil, le Bureau et l’ensemble de l’équipe des Secrétaires exécutifs du Défap. La demande des Églises fondatrices d’ouvrir un espace de réflexion en leur sein, et le travail de refondation lancé au sein du Défap, doivent se rencontrer et il faut du temps pour toutes ces réflexions ; les Églises membres ont donc demandé au Défap de se doter d’une nouvelle feuille de route en attendant que les travaux de réflexion des uns et des autres puissent trouver leur point de rencontre d’ici 2025.

Il s’agissait donc lors de cette AG d’adopter, et si besoin d’amender ce texte élaboré au sein du Défap, pour le présenter aux Églises fondatrices. Des discussions se sont donc engagées sur les cinq points qui structurent ce texte :

  • Les convictions missionnaires du Défap (une partie plutôt théologique) ;
  • Un préambule ;
  • Une première partie consacrée aux liens institutionnels et aux relations avec les partenaires ;
  • Une deuxième partie marquant l’engagement du Défap pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ;
  • Une troisième partie consacrée aux moyens et aux manières de vivre l’interculturalité.

C’est l’adoption, avec quelques modifications mineures mais après d’intenses discussions, de ce document essentiel pour le Défap qui aura marqué le moment essentiel de la deuxième partie de cette Assemblée générale, juste avant la clôture au cours de laquelle le président Joël Dautheville aura remercié une nouvelle fois toute l’équipe du Défap pour son travail, et souligné les efforts d’adaptation et de résilience qui auront marqué toute l’année 2020.