Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 25 février 2021. Nous prions pour notre envoyée au Burundi.

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Paul arrive en 53 à Éphèse, après une tournée missionnaire en Asie. Il va rester trois ans dans cette capitale régionale de l’Empire, surnommée « la banque d’Asie ». Dans ce long chapitre 19, plusieurs problématiques sont développées, qui, aujourd’hui encore, sont au cœur de notre vie chrétienne.

Ayant rencontré quelques disciples, Paul leur dit : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? Ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. Actes 19,1-2

La question de l’Esprit-Saint est centrale mais périlleuse, car si elle touche à l’authenticité et à la compréhension en profondeur de la foi en Dieu et en Jésus-Christ, son contrôle par les autorités religieuses peut conduire à des abus de pouvoir et à la stérilisation de la vie spirituelle. Seul Dieu sait où et quand il fait souffler son Esprit, même si notre humanité a besoin des « signes visibles de la grâce invisible » qui s’expriment par des gestes, des sacrements, des rites. Quant à la mission, ne nécessite-t-elle pas une solide organisation des énergies ?

Ensuite Paul entra dans la synagogue où il parla librement. Pendant trois mois il discourut sur les choses qui concernent le royaume de Dieu, s’efforçant de persuader ceux qui l’écoutaient. Mais, comme quelques-uns restaient incrédules, critiquant devant la multitude la voie du Seigneur, il se retira d’eux, sépara les disciples et enseigna chaque jour dans l’école d’un dénommé Tyrannus . Cela dura deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la Parole du Seigneur. Actes 19,8-11

D’abord bien reçu dans la synagogue, Paul y rencontre finalement de l’opposition. Alors il va annoncer l’Évangile dans l’espace public. Il passe alors d’une assemblée ciblée à la multitude. Se dépensant sans compter, il trouve néanmoins l’énergie de garder le lien avec les communautés des autres villes. Sa vie, son engagement, les nombreuses guérisons qu’il accomplit, tout cela vaut à l’Évangile de gagner les cœurs, mais à Paul de devoir clarifier le fondement et le sens des miracles au nom de Jésus-Christ, car l’attrait de la magie reste puissant.

Il survint à cette époque un grand trouble au sujet de la voie du Seigneur. Un certain Demetrius, orfèvre, fabriquait des temples d’Artémis en argent, et procurait à ses ouvriers un gain considérable. Il les rassembla, avec ceux du même métier, et dit : « Ô hommes, vous savez que notre bien-être dépend de cette industrie, et vous voyez et entendez que, non seulement à Éphèse, mais dans presque toute l’Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux fait de mains d’homme ne sont pas des dieux. Le danger qui en résulte, ce n’est pas seulement que notre industrie tombe en discrédit ; c’est encre que le temps de la grande Artémis ne soit tenu pour rien, et même que la majesté de celle qui est révérée dans toute l’Asie et dans le monde entier ne soit réduite à néant. Actes 19,23-27

Le discours de Demetrius va déclencher une émeute dans la ville. La foule veut juger Paul, l’atmosphère est explosive, un certain Alexandre tente de calmer les esprits et y parvient au bout de deux heures, en appelant à régler le litige devant les autorités compétentes. Mais plus que d’un litige il s’agit d’une crise profonde, qui touche non seulement à l’économie mais aussi à la religion et à la théologie. Quand dans l’Évangile Jésus chassait les marchands du temple, il ne remettait pas en cause le Dieu et la foi d’Israël, mais leur perversion par le commerce. Quand Paul prêche l’Évangile, il menace l’équilibre économique d’Éphèse parce que son enseignement relativise, et finalement délégitime le culte d’Artémis. Demetrius voit loin en anticipant les conséquences sociales, culturelles, familiales de cette transformation des esprits. Dans le cadre des missions chrétiennes, il a longtemps semblé évident que tout ce qui résultait de l’évangélisation des peuples ne pouvait être qu’un progrès. Mais posons-nous la question : sortir du paganisme suffit-il pour sortir de l’idolâtrie ? Et vouloir purifier les cultes de toute compromission avec les images, les objets, les rites, ne revient-il pas à tuer les cultures, et parfois mettre en péril l’économie locale ? Aujourd’hui dans certains pays les religions traditionnelles reviennent en force, soit en rejetant le christianisme, soit en opérant une sorte de syncrétisme. Qu’en dirait Paul ?

 

Questions pour nous :

  • Comment vivons-nous et exprimons-nous l’expérience et l’action de l’Esprit-Saint dans notre témoignage personnel et communautaire, à l’intérieur de l’Église comme à l’extérieur ?
  • Pouvons-nous nous inspirer de Paul pour annoncer l’Évangile dans des lieux publics ? De quelle manière ? Sous quelle forme ?
  • Dans un contexte multiculturel et de pluralisme religieux, comment partager l’Évangile avec les autres, en respectant sincèrement les valeurs et convictions profondes qui les animent ?

 

 

Unissons-nous à cette prière pour la mission :

Notre Père,

Ton Fils Unique Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts a confié à Ses disciples le mandat d’aller et de faire des disciples de tous les peuples.
Tu nous rappelles que par le baptême nous participons tous à la mission de l’Église.
Par les dons de Ton Saint-Esprit,
Accorde-nous la grâce d’être des témoins de l’Évangile, courageux et ardents,
Pour que la mission confiée à l’Église, encore bien loin d’être réalisée,
Puisse trouver des expressions nouvelles et efficaces
Qui apportent au monde la vie et la lumière.
Aide-nous à faire en sorte que tous les peuples
Puissent rencontrer l’amour salvifique et la miséricorde de Jésus-Christ,
Notre Seigneur et notre Dieu,
Qui vit et règne avec Toi,
Dans l’unité du Saint-Esprit, aujourd’hui et pour les siècles des siècles. Amen

Pape François