Méditation du jeudi 23 mai 2019. Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et au Togo.

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Quelques hommes vinrent de Judée à Antioche et se mirent à donner aux frères cet enseignement : « Vous ne pouvez pas être sauvés si vous ne vous faites pas circoncire comme la loi de Moïse l’ordonne. » Paul et Barnabas les désapprouvèrent et eurent une violente discussion avec eux à ce sujet. On décida alors que Paul, Barnabas et quelques autres personnes d’Antioche iraient à Jérusalem pour parler de cette affaire avec les apôtres et les anciens. L’Église leur accorda donc l’aide nécessaire pour ce voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, en racontant comment les non-Juifs s’étaient tournés vers le Seigneur : cette nouvelle causait une grande joie à tous les frères. Quand ils arrivèrent à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les apôtres et les anciens, et ils leur racontèrent tout ce que Dieu avait réalisé par eux.
Mais quelques membres du parti des Pharisiens, qui étaient devenus croyants, intervinrent en disant : « Il faut circoncire les croyants non juifs et leur commander d’obéir à la loi de Moïse. » Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette question. Après une longue discussion, Pierre intervint et dit : « Frères, vous savez que Dieu m’a choisi parmi vous, il y a longtemps, pour que j’annonce la Bonne Nouvelle à ceux qui ne sont pas juifs, afin qu’ils l’entendent et qu’ils croient. Et Dieu, qui connaît le coeur des humains, a attesté qu’il les accueillait en leur donnant le Saint-Esprit aussi bien qu’à nous. Il n’a fait aucune différence entre eux et nous : il a purifié leur coeur parce qu’ils ont cru. Maintenant donc, pourquoi défiez-vous Dieu en voulant imposer aux croyants un fardeau que ni nos ancêtres ni nous-mêmes n’avons été capables de porter ? Nous croyons au contraire que nous sommes sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu’eux. »
Alors, toute l’assemblée garda le silence et l’on écouta Barnabas et Paul raconter tous les miracles et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les non-Juifs. Quand ils eurent fini de parler, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi ! Simon a raconté comment Dieu a pris soin dès le début de ceux qui ne sont pas juifs pour choisir parmi eux un peuple qui lui appartienne. Et les paroles des prophètes s’accordent avec ce fait, car l’Écriture déclare :
« Après cela je reviendrai, dit le Seigneur, pour reconstruire la maison de David qui s’était écroulée, je relèverai ses ruines et je la redresserai.  Alors tous les autres humains chercheront le Seigneur,
oui, toutes les nations que j’ai appelées à être miennes.
Voilà ce que déclare le Seigneur, qui a fait connaître ses projets depuis longtemps. »
C’est pourquoi, ajouta Jacques, j’estime qu’on ne doit pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournent vers Dieu. Mais écrivons-leur pour leur demander de ne pas manger de viandes impures provenant de sacrifices offerts aux idoles, de se garder de l’immoralité et de ne pas manger de la chair d’animaux étranglés ni de sang. Car, depuis les temps anciens, des hommes prêchent la loi de Moïse dans chaque ville et on la lit dans les synagogues à chaque sabbat. »
Alors les apôtres et les anciens, avec toute l’Église, décidèrent de choisir quelques-uns d’entre eux et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas. Ils choisirent Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas, deux personnages qui avaient de l’autorité parmi les frères. Ils les chargèrent de porter la lettre suivante :
« Les apôtres et les anciens, vos frères, adressent leurs salutations aux frères d’origine non juive qui vivent à Antioche, en Syrie et en Cilicie. Nous avons appris que des gens venus de chez nous vous ont troublés et inquiétés par leurs paroles. Nous ne leur avions donné aucun ordre à ce sujet. C’est pourquoi, nous avons décidé à l’unanimité de choisir des délégués et de vous les envoyer. Ils accompagneront nos chers amis Barnabas et Paul qui ont risqué leur vie au service de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas qui vous diront personnellement ce que nous écrivons ici. En effet, le Saint-Esprit et nous-mêmes avons décidé de ne vous imposer aucun fardeau en dehors des devoirs suivants qui sont indispensables : ne pas manger de viandes provenant de sacrifices offerts aux idoles ; ne pas manger de sang, ni de la chair d’animaux étranglés ; vous garder de l’immoralité. Vous agirez bien en évitant tout cela. Fraternellement à vous ! » Actes 15, 1-29

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Le fameux concile de Jérusalem décrit par l’évangéliste Luc, s’est tenu autour de l’année 50 de notre ère. Les « synodaux » ont dû aborder une question essentielle, touchant à la théologie fondamentale comme à la théologie pratique.
Les premiers disciples de Jésus, et la plupart des premiers croyants qui se sont réunis autour d’eux, étaient juifs et le sont restés. Ils ont continué à fréquenter le temple, à manger cacher, à observer le shabbat, car il n’y avait pour eux aucune contradiction entre leur judaïté et leur foi en Jésus le Messie. De plus, beaucoup de non-juifs gravitaient autour des synagogues, attirés par l’enseignement et la spiritualité juive, sans forcément faire le pas de la conversion et de l’intégration au peuple juif, d’ailleurs considérées comme non-nécessaires par le judaïsme. C’est auprès d’eux que le message de l’évangile a retenti avant de toucher un cercle plus large. Alors va se poser une nouvelle question : celle de l’intégration communautaire autour de la foi en Jésus le Christ. Les nouveaux-venus, non-juifs, doivent-ils, pour entrer dans la communauté, mener une vie juive, avec circoncision, cacherout, observance du shabbat et des fêtes? Ou la foi en Jésus-Christ suffit-elle ?
Le concile de Jérusalem, écoutant les témoignages et avis de Paul et Barnabas, reconnut la foi des non-juifs et prit une décision très mesurée sur le plan pratique, en les dispensant de règles jugées trop contraignantes, tout en donnant raison à Jacques sur l’interdiction de consommer des viandes sacrifiées aux idoles.
Mais, sur le plan de la théologie fondamentale, cette bonne décision allait conduire à relativiser complètement le sens de la vie juive, pour affirmer l’universalisaté de la foi chrétienne. Et se développerait la terrible idée que la Nouvelle Alliance avait absorbé la Première Alliance. Comme s’il était besoin de disqualifier le judaïsme pour valoriser le christianisme.
Depuis 70 ans les Eglises ont commencé à réviser leur théologie, et du côté catholique c’est un autre concile, celui de Vatican II, qui reconnut la valeur et la pérennité de l’Alliance de Dieu avec « nos frères aînés » dans la foi.

 

 

Nous prions avec nos envoyés aux Antilles et au Togo.

Notre Père

Que ton Nom retentisse si fort sur notre terre que nous reconnaissions ta présence parmi nous.
Que ton règne d’amour et de joie vienne réchauffer tes enfants pour déloger l’angoisse la souffrance et le péché.
Que ta volonté, qui s’est manifestée dans le Christ, se fasse aussi à travers nos efforts de justice, de partage et de paix.
Donne-nous aujourd’hui notre pain, notre part d’affection, notre part de force pour vivre et en répandre la Bonne Nouvelle.
Pardonne-nous nos offenses comme nous essayons aussi de pardonner les offenses de ceux qui nous blessent, nous ignorent ou ne savent pas nous aimer.
Ne nous abandonne pas dans la tentation du refus, de la passivité, de la facilité, de l’évasion.
Mais délivre-nous du mal qui s’incruste dans le monde et en nous-mêmes. Amen !