Méditation du jeudi 18 avril 2019. En cette semaine de Pâques nous prions pour notre envoyé à la Réunion, sa famille et toute l’Église.

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Le dimanche, les femmes se rendirent au tombeau de grand matin en apportant les aromates qu’elles avaient préparées. Elles découvrirent que la pierre avait été roulée de devant le tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici que deux hommes leur apparurent, habillés de vêtements resplendissants. Saisies de frayeur, elles tenaient le visage baissé vers le sol. Les hommes leur dirent: « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu’il vous a dit, lorsqu’il était encore en Galilée: Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et qu’il ressuscite le troisième jour. »

Elles se souvinrent alors des paroles de Jésus. A leur retour du tombeau, elles annoncèrent tout cela aux onze et à tous les autres. Luc 24,1-9

Les trois Marie devant le tombeau vide, par Jan van Eyck et Hubert van Eyck © Wikimedia Commons – Domaine public

L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre Dame de Paris a frappé les esprits, faisant figure de grand malheur. De fait, il n’y a pas eu mort d’hommes et des malheurs autrement cruels frappent les humains en tous lieux. Pourtant l’effondrement de la flèche et d’une grand partie de la toiture de Notre Dame n’est pas seulement une histoire de pierres. C’est un événement à très forte portée symbolique, d’autant qu’il a eu lieu dans la semaine de la passion conduisant au dimanche de Pâques.

En ce jour-là il y a plus de 2000 ans, ce n’était pas à la cathédrale que se rendaient les femmes de l’évangile, mais au tombeau qui renfermait le corps de Jésus. Et sans doute venaient-elles, en même temps qu’accomplir les rituels dus à un mort, y chercher le commencement de consolation qui ouvre la période de deuil. Or plus rien n’était en ordre ce matin-là, ni la pierre qui avait été roulée, ni le corps qui avait disparu, ni le silence sépulcral qui allait résonner de la voix des anges, ni leur propre cœur tanguant entre la surprise, l’étonnement et la peur.

Le Vivant était ailleurs que dans la tombe, déjà sur les chemins de la vie renouvelée!
Mais, pour entendre cela, il avait fallu, selon les paroles même du Fils de l’homme, sa passion, sa croix, sa mort. Il avait fallu cet effondrement des certitudes, ce déchirement du voile.

Si aujourd’hui le christianisme a quelque chose à dire et à redire au monde, c’est la puissance de la vie surgissant au milieu des décombres. La résurrection n’est pas une réanimation ni une reconstruction à l’identique, mais un réveil, une prise de conscience que Dieu veut sans cesse donner et redonner vie à sa création et à son projet de justice et d’amour pour le monde. Mais pour saisir et exprimer la force et la joie inouïe de cette découverte, il faut garder le cœur ouvert et marqué des blessures du temps. Il n’y a de vraie consolation sans traces de la mémoire de ce dont on a été consolé.

Concernant Notre Dame, espérons que les projets de reconstruction ne chercheront pas à effacer totalement les marques de ses blessures, car en symbolisant la fragilité de toutes choses, celles-ci nous renvoient au cœur de chair qui bat dans la pierre-mémoire : Dieu a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

En cette semaine de Pâques nous prions pour notre envoyé à la Réunion, sa famille et toute l’Église de la Réunion.

 

 

Je crois au Dieu qui a posé comme 1ère question à l’humain :
où es-tu ?
Je crois au Dieu qui a posé comme 2ème question à l’humain :
pourquoi as-tu fait cela ?
Je crois au Dieu qui a posé comme 3ème question à l’humain :
qu’as-tu fait de ton frère ?
Je crois au Dieu qui a appelé Abraham à le retrouver
dans le tête à tête d’une marche dans le désert
Je crois au Dieu qui a appelé Moïse à devenir le libérateur
d’un peuple soumis à une dure servitude
Je crois au Dieu qui a appelé David à le chanter
dans les sommets et dans les creux de son histoire
Je crois au Dieu qui a parlé en Jésus-Christ
il a appelé, il a enseigné, il a guéri, il a manifesté le règne de Dieu
Je crois au Dieu qui s’est fait serviteur en Jésus-Christ
il s’est agenouillé, il a lavé les pieds de ses disciples, il a donné sa vie
Je crois au Dieu qui s’est fait sauveur en Jésus-Christ
il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il est ressuscité des morts
Je crois au Dieu qui est présent par son esprit
auprès des hommes et des femmes de toutes les langues, de toutes les nations
Je crois au Dieu qui est à la tête d’une église invisible,
pécheresse et pardonnée, locale et universelle, diaconale et missionnaire
Je crois au Dieu qui vient au-devant de nous
et qui nous attend dans le secret de notre histoire.

Confession de foi d’Antoine Nouis