Méditation du jeudi 7 mars 2019. Tous nous sommes tentés ! Comment le diable nous tente-t-il ? Suivons Jésus dans le désert ! Et nous prions pour notre envoyée au Burundi…

Statue du Christ sur la colline de Tas-Salvatur («Le Rédempteur»). Cette statue en béton armé, érigée à 97 m d’altitude près de la mer, fait face aux tempêtes – Gozo, Malte © Maxpixel

Jésus, rempli de Saint-Esprit, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert. Il y fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand ils furent passés, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : «L’homme ne vivra pas de pain seulement.» »

Le diable l’emmena plus haut, lui fit voir en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : « Je te donnerai toute cette puissance et la richesse de ces royaumes : tout cela m’a été remis et je peux le donner à qui je veux. Si donc tu te mets à genoux devant moi, tout sera à toi. » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : « Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu’à lui seul .» »

Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas ; car l’Écriture déclare : « Dieu ordonnera à ses anges de te garder.» Et encore : « Ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre.» » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : « Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.» » Après avoir achevé de tenter Jésus de toutes les manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à une autre occasion. Luc 4, 1-13

 

Usine abandonnée © Maxpixel

Quand on a faim, quand un besoin physique, matériel, économique ou autre se fait sentir, la solution la plus simple n’est-elle pas d’utiliser tous les moyens à sa portée pour changer « les pierres en pain »? Pour Jésus sa filiation, pour d’autres leur nom, leur pouvoir, leur réseau d’influences, leur savoir, leur fonction. La fin ne justifie-t-elle pas les moyens? Vaut-il de déranger Dieu pour cela? De proche en proche cette logique conduit à s’écarter du Créateur et de ses lois.

Heureusement Jésus nous donne l’arme suprême en nous rappelant à notre nature spirituelle: «  L’homme ne se nourrit pas de pain seulement mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu »

Quand on a une opportunité , ou un appel , pour entrer en politique, participer au gouvernement d’un pays, d’une grande institution, ou à la mise en application d’une idéologie, n’est-ce pas un devoir de s’engager, quitte à faire quelques compromis? La cause n’est-elle pas bonne, quand il s’agit, non de tyrannie, mais de construire un monde et une société en progrès, d’apporter du mieux-être à l’ensemble d’une population, de réaliser une utopie valorisante pour tous ? Mais le temps passant, est-on sûr de toujours servir Dieu et son prochain, ou le diable et son propre appétit de puissance? Qui sait? Quelle est la zone frontière entre compromis et compromission, réalisme et cynisme?

Là encore Jésus nous donne l’arme suprême en nous rappelant à notre vocation de serviteur sur terre: « tu adoreras et serviras Dieu et lui seul ».

Enfin quand on se croit directement appelé par l’Esprit , tenu de prouver sa foi par des actes extrêmes et absurdes, quand on se sent même conforté par des versets tirés de l’Ecriture – comme le diable tente de le faire lors de la troisième tentation, comment déceler le vrai du faux? Comment identifier la tentation du fanatisme? Comment discerner si on a affaire à un vrai pasteur ou à un gourou? Comment échapper à la tentation de la domination spirituelle?

Là encore Jésus nous prévient en nous rappelant la Parole de Dieu: « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ! »

Mais n’oublions pas que pour un chrétien, la tentation la plus dangereuse est de se croire parfois au-delà de toute tentation, déjà libéré de l’humaine condition et de ses ambiguïtés profondes.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Burundi.

Fais, Seigneur,
se joindre toutes les mains,
pour rendre plus humain
le sol où tu insufflas la vie
à un homme que tu modelas.

Que nous prenions ta main noire,
Seigneur, pour que la terre
porte les fruits de l’espoir.

Que nous prenions ta main jaune,
Seigneur, pour que le monde reste jeune
et que chacune
gagne dignement son pain.

Que nous prenions ta main blanche,
Seigneur, pour que les bourgeons qui portent joie et justice
éclosent sur toutes les branches.

Que nous prenions ta main rouge,
Seigneur, à la croisée des chemins,
pour que les hommes de l’Afrique,
de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique,
de tous les temps, de tous les cieux
cultivent ensemble
sur tous les continents,
des chemins de développement,
des champs de prière
et de dévouement.

Nabil Mouannès, Liban
dans : Expressions de foi de l’Église universelle