La Cevaa, ou Communauté d’Églises en Mission, se réunit en Assemblée Générale à Douala du 15 au 23 octobre 2018. Seront présents les délégués des 35 Églises membres de cette communauté présente dans 24 pays – dont les délégués de l’EPUdF, de l’UEPAL et de l’Unepref. Le Défap sera représenté par son secrétaire général. Une réunion placée cette année sous une thématique très actuelle : «Le chrétien et l’intolérance religieuse».

Un «arbre des religions», dont le tronc clair se divise en quelques branches maîtresses, les trois premières étant dédiées aux trois grandes religions monothéistes (juive, chrétienne et musulmane) ; au milieu des feuillages de couleurs différentes, les noms de divers courants de chaque religion… L’affiche de la dixième Assemblée Générale de la Cevaa donne une image résolument large et optimiste du fait religieux, à une époque qui voit progresser simultanément la sécularisation et les mouvements rigoristes, voire violents. Il ne s’agit pas d’ignorer ces montées de tensions, bien au contraire ; le thème choisi pour cette Assemblée Générale en témoigne à travers ce titre : «Le chrétien et l’intolérance religieuse». Mais le verset qui l’accompagne, et tiré du chapitre 5 de l’évangile de Matthieu, vient fournir un autre éclairage : «Heureux ceux qui procurent la paix». Malgré des montées de tensions bien réelles, les religions, branches d’un même arbre, peuvent être sources de paix, si elles savent dialoguer…

Travaux de groupe à l’AG de Saly, au Sénégal, en octobre 2014 © Cevaa

C’est une pratique bien établie au sein de la Cevaa que chaque Assemblée Générale soit ainsi placée sous un thème spécifique, qui orientera les travaux, les méditations. Celle qui se va se tenir à Douala, au Cameroun, du 15 au 23 octobre 2018, s’inscrit dans cette tradition. Une pratique qui est aussi révélatrice de ce qu’est la Communauté d’Églises en mission, à laquelle appartiennent les trois unions d’Églises dont le Défap est le service missionnaire, et de ce que représentent ces Assemblées Générales. Il y a l’aspect formel, bien sûr, et des décisions à prendre ; et il y a tout ce qui concerne la vie de la communauté. Ces préoccupations et ces problématiques communes qui relient entre elles 35 Églises réparties dans 24 pays, de l’Amérique latine au Pacifique, de l’Afrique à l’Europe. «Nous appartenons à un monde de contrastes et d’inégalités, capable du meilleur et du pire, en quête d’une unité toujours à trouver dans la diversité des langues, des cultures et des convictions humaines», rappelle la charte de la Cevaa. «L’Évangile de Jésus-Christ est pour nous la source de vie qui nous permet d’aimer, de partager, de construire et de résister dans ce monde.». Avec un triple mot d’ordre, qui guide cette communauté créée en 1971, et issue comme le Défap de la SMEP, la Société des Missions Évangéliques de Paris : «Partager, agir, témoigner».

Ce qui se décide, et ce qui se partage

Pour aller plus loin :

Une AG de la Cevaa, c’est donc plutôt une réunion de famille qu’une réunion de l’Onu. Ces Assemblées Générales se tiennent tous les deux ans, accueillies alternativement par une Église d’Europe et par une Église d’un pays du Sud : la dernière en date, en 2016, avait eu lieu dans le sud de la France, à Sète. S’y retrouvent, pendant une dizaine de jours, tous les délégués représentant les Églises membres, qui sont nommés pour quatre ans. Ensemble, ils ont pour tâche d’évaluer les besoins de la Communauté, d’élaborer une stratégie, de prendre les décisions définissant la politique à mettre en œuvre, de voter le budget. Outre les délégués de l’EPUdF, de l’UEPAL et de l’Unepref, le Défap sera représenté lors de ces travaux par son secrétaire général. 

À Douala, il sera notamment question de finances, une thématique sur laquelle la réflexion avait été lancée dès l’AG de Torre Pellice en 2012, et qui est régulièrement parmi les sujets centraux des Assemblées Générales depuis lors. Il s’agira aussi de faire des bilans sur les activités entreprises ces dernières années.

À l’heure des évaluations

Photo prise lors des célébrations des 40 ans de la Cevaa © Albert Huber

Ce sera le cas pour l’Action Commune «Familles, Évangile et cultures dans un monde en mutation» qui avait été lancée à la suite de l’AG de Saly, au Sénégal, en 2014.L’AG de Douala permettra aussi de faire le bilan du Projet Solidarité-Santé, lancé en 2015 pour trois ans, avec le soutien financier des Églises vaudoises d’Italie : un projet visant à mettre en réseau une dizaine d’hôpitaux gérés par des Églises dans huit pays (Cameroun, Côte d’Ivoire, Togo, Ghana, Bénin, Zambie, Lesotho, Rwanda). Cette Assemblée Générale d’octobre 2018 verra encore la présentation de la nouvelle Stratégie Jeunesse 2018-2022, ainsi qu’une réflexion sur les 50 ans de la Cevaa, sur la base des propositions faites par un groupe formé par le Conseil dans la perspective de l’échéance de 2021.

Mais de telles réunions sont aussi l’occasion de rencontrer l’Église d’accueil. À Douala, ces rencontres auront lieu non pas avec une, mais avec trois Églises : l’EEC, l’EELC et l’UEBC, les trois Églises camerounaises membres de la Cevaa. Les délégués participeront à des cultes organisés dans diverses paroisses locales. Et une AG de la Cevaa, c’est aussi, entre deux sessions, ces rencontres informelles entre représentants d’Églises de divers continents. Ou encore ces temps de méditation matinale par petits groupes…