Rencontre entre les étudiants de l’IPT et ceux de l’Institut Al Mowafaqa © Défap

Le projet a été organisé par Corinne Lanoir, vice-doyenne de l’Institut Protestant de Théologie et qui assure à l’IPT Paris les cours d’Ancien Testament et la coordination des cours d’hébreu : un voyage d’étude au Maroc, en lien avec l’Institut Al Mowafaqa. Une occasion unique de s’initier au dialogue interreligieux dans le contexte d’une société où l’islam est majoritaire… et de découvrir un lieu de formation et de rencontres interculturelles tout aussi unique, avec lequel le Défap entretient des liens depuis plusieurs années. Départ le 18 mars en deux groupes, depuis Paris et Montpellier (les deux sites de l’Institut Protestant de Théologie) ; rassemblement à l’aéroport de Casablanca des 43 participants (dont 4 professeurs, 4 boursiers et boursières du Défap, et Tünde Lamboley, responsable Animation Jeunesse au Défap et chargée de l’aumônerie de l’IPT)… Puis, départ pour Rabat… et pour une semaine de découverte de l’histoire, de la culture et des enjeux du dialogue des religions au Maroc.

Des enjeux chargés au Maroc, pays-charnière entre l’Europe et l’Afrique, étape sur la route des migrants qui cherchent à passer en Espagne, monarchie où l’islam est religion d’État mais dont le souverain veut promouvoir une pratique modérée, s’efforçant de résister aux influences déstabilisatrices de l’islamisme radical…

Des apports utiles pour les futurs pasteurs

Pour aller plus loin :

Comment dialoguer sans connaître l’autre, ce qui fonde sa foi – comment même un dialogue est-il possible si la parole de l’autre semble attaquer les bases de ma propre foi ? Les questions fondamentales sont les mêmes de l’Afrique à l’Europe, même si les enjeux géopolitiques diffèrent. Il est particulièrement significatif qu’au Maroc, où le prosélytisme est interdit pour les non-musulmans, des lieux permettant la rencontre des religions aient vu le jour avec l’appui ou par la volonté de l’État, comme l’université d’Ifrane, créée en 1995 par Hassan II pour former les futures élites marocaines.

L’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, pour sa part, a été créé en 2012 à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc. Les formations y sont assurées sous forme de sessions intensives avec des professeurs visiteurs venus d’Europe et d’Afrique auxquels s’ajoutent, pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains. C’est à la fois un lieu d’enseignement, de réflexion et de brassage interculturel, avec des étudiants dont beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne, mais qui peuvent venir aussi d’Europe : il est soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers.

Rendez-vous en juillet à l’Institut Al Mowafaqa

Tünde Lamboley avec deux des boursiers du Défap participant au voyage © Défap

Au-delà des visites culturelles au mausolée de Mohammed V, sur le site archéologique de Volubilis, à Fès ou à Meknès, l’Institut Al Mowafaqa représentait une étape centrale du voyage, avec diverses occasions de rencontres entre les étudiants venus de France et ceux de Rabat, et des conférences comme celle de Rachid Saadi sur «Les grands débats dans l’Islam contemporain», ou celle d’Yelins Mahtat sur le thème «Comprendre l’islam marocain». Parallèlement, Corinne Lanoir venait elle aussi donner des cours et des conférences. «À travers ce voyage et ces conférences, souligne Tünde Lamboley, le but était de nous immerger dans la culture marocaine, avec l’apport de théologiens et d’universitaires pour nous guider dans l’islam contemporain et nous éclairer sur l’histoire de l’islam à différentes époques, ainsi que sur les différentes approches qui ont pu coexister à l’intérieur de l’islam au cours des siècles.» Avec, notamment pour de futurs pasteurs, des changements de perspective notables : «ceux qui se destinent à un ministère pastoral ont mesuré l’importance d’avoir des connaissances approfondies de l’islam et de la culture arabe : des apports qui leur seront indispensables dans toute entreprise de dialogue interreligieux.»

Comme le note encore Tünde Lamboley, «plusieurs des participants du voyage envisagent de revenir cet été, pour assister au séminaire d’été d’islamologie au Maroc.» Il aura lieu du 16 au 27 juillet 2018. Une formation pluridisciplinaire, ouverte à toutes les personnes intéressées par le dialogue interreligieux. Au menu : sept jours de formation et deux jours d’excursion à Fès et Volubilis. Le programme complet sera bientôt disponible : l’an dernier, l’Institut proposait une introduction à la langue arabe, des ateliers de lecture autour du «Coran entre croyances, contenu et histoire», des conférences sur le prophète Mohammed, le développement de la pensée islamique, le droit islamique, les dogmes et rites, le soufisme, l’islam contemporain ou encore la pédagogie interculturelle et interreligieuse. Renseignements et inscriptions : institut@almowafaqa.com.

 

Retrouvez ci-dessous quelques images du voyage au Maroc des étudiants de l’IPT :