Alors que l’Égypte a été frappée, vendredi, par le plus terrible attentat de son histoire, le Défap exprime son soutien et sa solidarité aux familles endeuillées et au peuple égyptien dans son ensemble. L’attaque a eu lieu de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, non loin de la capitale de la province du Nord-Sinaï ; elle a fait 305 morts et une centaine de blessés.

 

La mosquée al-Rawda de Bir al-Abed © DR

Un deuil national de trois jours a débuté le samedi 25 novembre en Égypte, meurtrie par un attentat d’une violence sans précédent. L’attaque a eu lieu la veille au moment de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, que fréquentent notamment des adeptes du soufisme ; elle se situe à 40 km d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï. Selon les témoignages de rescapés, un petit groupe d’hommes armés a encerclé la mosquée, fait exploser une bombe, puis a tiré à l’arme automatique sur les 700 fidèles réunis pour la prière et qui tentaient de fuir, faisant 305 morts et une centaine de blessés. Les assaillants ont également incendié des véhicules pour empêcher les fidèles d’échapper à la tuerie, et ralentir l’arrivée des forces de sécurité. Cet attentat n’a pas été revendiqué, mais selon le procureur de la zone, les terroristes portaient le drapeau noir qu’arbore la branche égyptienne du groupe jihadiste État islamique (EI).

Convaincu que les religions peuvent être facteurs de paix et non de violences, le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connaît en Égypte et au peuple égyptien.

«Une attaque contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions»

Nous reproduisons également ce message transmis par l’ACO (Action Chrétienne en Orient), proche partenaire du Défap. Il émane du pasteur Andrea Zaki, président de «Protestant Churches in Egypt», l’équivalent d’une Fédération Protestante d’Égypte. Il condamne l’attaque terroriste et souligne que cet acte, qui vise des personnes innocentes en train de prier, et dont le but est de déstabiliser la sécurité et la stabilité de l’Égypte, est contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions ; et toutes les parties de la société rejettent le terrorisme dans toutes ses formes. Le pasteur Zaki appelle tous les Égyptiens à rester unis face au terrorisme.

Il ajoute : « de tels actes criminels s’attaquant à des lieux de culte – mosquées et églises – sont la tentative désespérée d’interrompre la progression de la nation ». Il a adressé un appel à l’ensemble du pays à s’unir pour construire de manière solidaire un bel avenir pour le peuple égyptien resté loyal. La conclusion de la déclaration est un appel à prier pour les martyrs, qu’ils reposent en paix, et pour les blessés, qu’ils puissent guérir, dans l’espoir que Dieu préserve les dirigeants et le peuple égyptiens.

 

Pour l’État islamique, toutes les croyances autres sont des cibles
Le groupe jihadiste État islamique prône une version extrême du salafisme, courant fondamentaliste de l’islam sunnite prônant un retour aux pratiques de l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples, qui l’amène à s’attaquer non seulement aux fidèles des autres religions, mais aussi à ceux d’autres branches de l’islam considérées comme hérétiques. L’État islamique a ainsi revendiqué une série d’attentats contre la communauté copte d’Égypte. Le soufisme, courant ésotérique de l’islam, est accusé pour sa part d’hérésie et de polythéisme, de fait de son recours à l’intercession des saints morts. L’État islamique condamne aussi ce qu’il qualifie d' »innovations » : rites et prières des soufis non prescrits à l’origine par le prophète Mahomet.