A l’occasion de la tenue de Protestants en fête à Strasbourg, le Défap propose, le samedi 28 octobre à 14 heures, une table ronde sur le thème « Se former à l’interculturel« . Elle se tiendra place Kléber, sur la scène centrale du Village des Fraternités, et sera animée par Jean-Luc Blanc, du service Relations et Solidarité Internationale du Défap.

 

Un instantané du stage CPLR au Bénin, en avril 2016 – DR

Tout a commencé au Bénin ; et c’est sur la place Kléber, à Strasbourg, que l’histoire devrait trouver sa conclusion – ou du moins, une conclusion transitoire, sous la forme d’une table ronde organisée par le Défap à l’occasion de Protestants en fête. Première illustration de l’interculturel…

L’interculturel, en ces temps de mondialisation, nul n’y échappe ; et pas plus les paroisses protestantes que le citoyen ou le consommateur lambda. La porosité des frontières aujourd’hui ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant souvent une porosité des frontières entre cultures au sein d’une même paroisse (lire : « Des Églises aux couleurs du monde« , sur le site du Défap). Conséquence : le protestantisme français aujourd’hui présente une diversité culturelle inédite, ce qui est vécu avec plus ou moins de bonheur… et plus ou moins de difficultés, parfois pratiques, mais aussi théologiques.

Cette diversité d’approches théologiques avait été soulignée en avril 2016 lors d’un stage au Bénin de pasteurs dans le cadre de la CPLR (Communion protestante luthéro-réformée, anciennement dénommée Conseil permanent luthéro-réformé, qui s’occupe notamment de la formation permanente des pasteurs : lire l’article : « Défap et CPLR : une relation au service de la mission« ). « Nos stagiaires français et béninois », raconte Jean-Luc Blanc, responsable du service Relations et Solidarité Internationales du Défap, « se sont rendu compte qu’un certain nombre de problèmes dans le dialogue théologique entre les deux groupes venaient de manières différentes d’aborder les questions théologiques. En gros, leurs approches théologiques étaient influencées par des problèmes culturels. »

Inventer une théologie interculturelle

Pour aller plus loin :
Protestants en fête : programme du Village des Fraternités
Retrouvez le programme des trois jours au Village des Fraternités
Protestants en Fête 2017 : le programme général sur le site « Protestants 2017 »
La liste détaillée des animations, visites, tables rondes, conférence… à feuilleter en ligne
Protestants en fête : la page Facebook de l’événement

La question des relations entre théologie et culture n’est pas nouvelle en soi. Mais comme le souligne Jean-Luc Blanc, « jusqu’ici, dans le cadre de la Cevaa et des organisations oecuméniques, on a beaucoup valorisé les théologies inculturées. C’était là un détour inévitable et nécessaire. On a beaucoup parlé de la culture, de l’inculturation, en essayant de valoriser la culture de chacun. Mais il nous reste encore à réfléchir, dans un environnement marqué par la mondialisation et l’ouverture des frontières, à une théologie qui ne soit pas africaine ou française, mais interculturelle. »

Les stages de pasteurs organisés dans le cadre de la CPLR se faisant sous forme d’échanges entre pays (une partie se déroule à l’étranger, une partie en France), les pasteurs français et béninois devaient donc se retrouver en France pour une nouvelle session. Celle-ci a été organisée du 19 au 31 octobre… soit juste avant Protestants en fête.

Une double occasion dont a voulu tirer profit Jean-Luc Blanc : « Nous avons décidé de travailler sur cette question de l’interculturel lors du stage retour en France. De plusieurs manières : tout d’abord, à travers des témoignages de personnes ayant vécu l’interculturel au quotidien. Nous avons notamment demandé à un couple franco-malgache, qui a vécu successivement en France et à Madagascar, de bien vouloir intervenir. Nous avons aussi un travail biblique avec un premier apport d’Élian Cuvillier sur la thématique « Étrangers et étrangetés : Jésus et les figures de rencontre », et un deuxième sur : « Paul et les communautés pauliniennes au carrefour des cultures » – ou comment Paul a construit des communautés multiculturelles, avec une théologie communautaire… » Quant à Jean-Luc Blanc lui-même, son apport consiste en une réflexion sur les les fondements des différences culturelles.

La tenue de Protestants en fête donnait un moyen de trouver une plus large audience pour ces réflexions : « C’est de tous ces travaux que la table ronde du Défap va s’efforcer de rendre compte », souligne Jean-Luc Blanc, qui animera les discussions où interviendront quatre des participants des stages CPLR. Rendez-vous donc le samedi 28 octobre à 14 heures sur la scène centrale de la place Kléber, à Strasbourg.

Retrouvez ci-dessous une vidéo faite à l’occasion du stage CPLR au Bénin:

 

Les liens CPLR – Défap :
Les domaines d’intervention de la Communion protestante luthéro-réformée (formation, mission…) ont poussé à des rapprochements avec le Défap, service missionnaire des Églises luthéro-réformées (même si l’une des Églises membres du Défap, l’UNEPREF, n’a pas de liens avec la CPLR). Si la formation initiale des pasteurs est assurée par la faculté de Strasbourg en Alsace-Moselle, et par l’Institut Protestant de Théologie pour la « France de l’intérieur », la formation permanente, élément essentiel de la vie des pasteurs, est gérée depuis longtemps en commun grâce à la CPLR. Pour le Défap, il s’agissait de promouvoir les thèmes de la missiologie et les préoccupations liées à la mission dans le cadre de cette formation continue. Après diverses expériences d’échanges de pasteurs (par exemple, un pasteur français pouvait partir un mois au sein d’une Église béninoise, et en retour, un pasteur béninois pouvait venir en France), expériences qui se heurtaient souvent à la difficulté de rendre les pasteurs disponibles durant une période aussi longue, le Défap a décidé de s’insérer dans les stages de formation de la CPLR. Avec l’idée d’organiser tous les deux ans un stage en commun Défap-CPLR, le Défap s’occupant de l’animation internationale.