Méditation du jeudi 28 septembre 2017. Nous prions pour notre envoyé à La Réunion et pour tous les habitants.

   « Que pensez-vous de ceci ? ajouta Jésus. Un homme avait deux fils. Il s’adressa au premier et lui dit : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans la vigne. »
« Non, je ne veux pas », répondit-il ; mais, plus tard, il changea d’idée et se rendit à la vigne.
Le père adressa la même demande à l’autre fils. Celui-ci lui répondit : « Oui, père, j’y vais », mais il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté de son père ? »
— « Le premier », répondirent-ils.
Jésus leur dit alors : « Je vous le déclare, c’est la vérité : les collecteurs d’impôts et les prostituées arriveront avant vous dans le Royaume de Dieu. Car Jean-Baptiste est venu à vous en vous montrant le juste chemin et vous ne l’avez pas cru ; mais les collecteurs d’impôts et les prostituées l’ont cru. Et même après avoir vu cela, vous n’avez pas changé intérieurement pour croire en lui. » Matthieu 21,28-32

 

 


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L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit un adage populaire. Jésus tape dans le mille avec le deuxième fils de la parabole, celui qui dit oui et ne fait pas ce qu’il dit. Pourquoi ?

Ne le taxons pas trop vite d’hypocrisie, à moins que nous ne soyons nous-mêmes des hypocrites ! Est-ce par légèreté, par oubli, par peur ? Est-ce un émotif qui réagit trop vite puis regrette de s’être engagé ? En tout cas il ne tient pas son oui. Cette faiblesse, cette dissolution de sa volonté peuvent nous faire penser à l’aveu de l’apôtre Paul dans l’épître aux Romains : « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire. » Il y a quelque chose – Paul l’appelle le péché – qui provoque en nous une sorte de déviation, laquelle, au bout du compte, nous étonne parfois nous-même, et nous conduit à l’aveu de notre impuissance, et au repentir. Alors nous appelons Dieu à notre aide.

A l’opposé, le premier fils dit non et fait quand même. Pourquoi ?

Son refus peut nous rappeler, avec humour, toutes les Marthe – pour être paritaires ajoutons les Martin ! – qui ont mille raisons de bougonner, de se plaindre, de trouver injuste le maître de la vigne qui les sollicite toujours, eux. Alors ils ont envie de refuser, ou de se dire que c’est la dernière fois qu’ils acceptent ! Mais au bout du compte ils réfléchissent et, témoins et serviteurs dans l’âme, finissent par se précipiter pour cueillir et partager les fruits de la vigne.

Les deux fils, que l’on retrouve si souvent dans la Bible, représentent bien une seule et même humanité. Jésus nous invite à une juste conscience de nous-mêmes, libérée de la vanité de ceux qui se croient justes, et de la honte de ceux qui ne se pensent que mauvais. Comme les prostituées et les péagers de l’évangile, c’est par la confiance en Dieu que nous recevrons son pardon et que nous nous sentirons libérés pour une vie renouvelée.

 

Nous prions pour notre envoyé à la Réunion et pour tous les habitants, avec cette prière d’un bâtisseur de cathédrale anonyme du XIIe siècle.

 

 

Mon Dieu,
Apprends-moi à bien user du temps que tu me donnes pour travailler et à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble toi-même les vides de mon œuvre.

Dans tout labeur de mes mains, laisse une grâce de toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.
Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.
Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de ma main t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant.

Rappelle-moi que si je fais par goût du profit comme un fruit oublié, je pourrirai à l’automne.
Que si je fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe, je fanerai au soir.
Mais si je fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien.
Et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite.

 

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