Début septembre, le secrétaire général de l’Église Protestante Méthodiste du Bénin (EPMB), Zabulon Djarra, était de passage au Défap. L’occasion de faire le point avec le responsable des relations et solidarités internationales, Jean-Luc Blanc, sur les projets en cours et sur la vie ecclésiale.

Partenariats

Stages de formation de pasteurs, envois de volontaires, amélioration des moyens techniques et financiers de la radio locale, Hosannah FM, participation à l’édition du matériel de catéchèse, soutien à l’Université protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO), le partenariat entre le Défap et l’EPMB a de multiples volets.

Si certains projets sont déjà lancés, d’autres sont encore en phase de préparation. C’est le cas notamment pour l’envoi de pasteurs béninois en France. A l’automne 2017, treize pasteurs et encadrants béninois viendront suivre une formation théologique à Paris, avec la collaboration du Défap. « Le but est de faire tomber les barrières culturelles pour faciliter l’intégration », explique Zabulon Djarra.

 


Zabulon Djarra et Jean-Luc Blanc au Défap, septembre 2016, DR

 

Un acteur essentiel dans la réunification de l’EPMB

Rappelons qu’en 1993, une grave crise institutionnelle avait eu pour conséquence la scission de l’Église en deux branches distinctes dont l’une, nommée « EPMB Conférence » avait emporté avec elle des temples, des dispensaires et des écoles. Plusieurs procès ont entrainé des décisions de justice mais aucune n’avait jamais été appliquée. Ce n’est qu’au cours du synode de 2015, que la réunification a été publiquement évoquée pour la première fois, résultat d’un long travail effectué par le secrétaire général de l’EPMB, Zabulon Djarra, et son président, Nicodème Alagbada. « Lorsque nous avons été élus, en 2009, nous avons immédiatement décidé que notre objectif commun et principal allait être de travailler pour que l’Église soit réunifiée avant la fin de nos mandats », explique le pasteur Zabulon Djarra.

Alors que les responsables de l’EPMB n’avaient jamais été soutenus par les autorités béninoises, que ce soit feu le président Matthieu Kérékou ou son successeur, Thomas Boni Yayi, le président nouvellement élu, Patrice Talon, a abondé dans leur sens. « C’était logique, car il a placé son mandat sous le signe de l’État de droit et du respect des institutions. Il a commencé en faisant appliquer les jugements rendus. » En mai 2016, l’EPMB a donc pu récupérer deux temples.

Cinq rencontres bipartites ont ensuite eu lieu, sous l’égide du chef de l’État, qui ont abouti, le 3 juin 2016, à la signature d’une convention et la mise sur pied d’un organe transitoire de gestion, créé pour une durée d’un an.

« Pour nous, la réconciliation devait conduire à un retour à l’institution dont nous avions conservé le nom, à savoir l’Église protestante méthodiste du Bénin. Il ne s’agissait absolument pas de créer une nouvelle Église, explique Zabulon Djarra. Nous avons beaucoup insisté sur l’importance de notre identité. »

« Nous conduisons la période de transition par le biais de l’organe de gestion. En juin 2017, de nouveaux responsables ecclésiaux seront élus – ni le président ni moi-même ne serons candidats – et dès cet instant, la réunification sera accomplie. En politique, comme en milieu ecclésiastique, ceux qui détiennent le pouvoir ont tendance à s’y accrocher. En acceptant de ne pas être éligibles, nous voulons montrer que diriger une Église, c’est être au service des paroissiens. Comme nous le démontre Paul au travers de ses épîtres, être une autorité, c’est être au service des autres ».

 


Zabulon Djarra, septembre 2016, DR

 

« J’aimerais que l’Eglise retrouve à présent sa vocation, qu’elle se mette au service du peuple, et annonce l’Évangile tout en contribuant au développement du Bénin. La réunification est quasiment achevée et pour la majorité des pasteurs et des fidèles, c’est un vrai soulagement. »