Week-end ABS à Sète : rencontres et retrouvailles

Le week-end du 20 juin, une rencontre des ABS (Après-Bac-Service) a eu lieu à Sète. Retour sur ces journées.

Pendant trois jours, du 20 au 22 juin, les jeunes du programme ABS se sont retrouvés à Sète pour une rencontre organisée par le Défap.

Au programme : activités récréatives et culturelles, et bilan de l’année.

 

Le groupe des ABS à Sète

 

Des retrouvailles appréciées

 

Au cœur du programme, un temps d’animation et de réflexion.

Le thème de la discussion portait autour de la question suivante : comment profiter au mieux des opportunités de contacts qui se créent lorsqu’on vient en métropole ?

 

C’est le Pasteur d’origine togolaise Hope Nenonene qui a animé ce temps de partage. Il a fait part de sa propre expérience en Nouvelle-Calédonie, où il a passé six ans en tant qu’envoyé auprès de l’Eglise protestante locale et de l’Alliance Scolaire. Il a su parler aux étudiants en évoquant d’abord son vécu : événements enrichissants et difficultés auxquelles il a dû faire face. Il a ensuite invité les étudiants à répondre à quelques questions sur leur ressenti quant à la rencontre entre cultures calédonienne et métropolitaine.

Les participants ont bien répondu aux sollicitations. Ils ont proposé des animations et apporté leur vision au débat en évoquant les efforts nécessaires à leur intégration dans un environnement nouveau.

 

Temps d’animation

Ils sont cependant très contents de leur séjour : ce fut pour eux une année de découverte et c’est ce qui leur a le plus plu.

 

Le programme de suivi et accompagnement du Défap a été très apprécié par les étudiants, notamment en ce qui concerne les rencontres : ils ont beaucoup aimé avoir du temps pour se retrouver et être ensemble, temps trop rares d’après eux. En effet, les étudiants vivent tous dans des villes différentes.

 

Un programme chargé et varié

Après quelques complications mineures de voyage, les étudiants ont pu profiter de leur première journée : joutes à Sète et promenade dans la ville. Le soir, ils avaient quartier libre et ont pu se retrouver entre eux.

Le lendemain, ils ont fait une balade à bord d’un bateau à voile, accompagnés par des moniteurs qui leur ont expliqué la vie et la tradition marine de la ville, premier port de pêche de la Méditerranée, avant de participer au temps d’animation assuré par le pasteur Nenonene.

 

Activité nautique – ABS

La date n’était pas choisie au hasard : le soir, ils ont pu profiter de la fête de la musique au centre-ville et écouter divers style musicaux.

Le dernier jour, le programme était exclusivement culturel avec une visite du musée Paul Valery et une attention particulière portée à l’histoire de ce poète.

 

Plusieurs étudiants ont envoyé leurs remerciements au Défap pour ce week-end de rencontres et de retrouvailles, en déplorant le manque de temps.

 

Groupe des ABS à Sète

C’est d’ailleurs le dernier week-end ABS qui a lieu à Sète. Cela faisait quinze ans que les réunions avaient lieu dans cette ville.




ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

« L’Après Bac Service » (ABS) est un programme dédié aux étudiants de Nouvelle-Calédonie dans lequel le Défap est très investi. Présentation à l’occasion de la prochaine rencontre qui aura lieu fin juin à Sète.

Carte de Nouvelle-Calédonie (Source : Google Maps)

Soixante étudiants de Nouvelle-Calédonie viennent se former en France chaque année, tous niveaux confondus. Dans ce cadre, le Défap assure le suivi extra-scolaire de ces étudiants. Pour le suivi scolaire, c’est l’organisme A.C.E.S.T.E qui s’en occupe. C’est le ministère des Outre-mer qui finance ce programme.

 

Objectifs du programme

Ce programme est destiné aux jeunes Calédoniens qui viennent d’avoir leur bac et souhaitent suivre des formations qui n’existent pas en Nouvelle-Calédonie. Il vise à impliquer les jeunes Calédoniens dans la vie de leur pays en leur donnant une possibilité d’accès aux fonctions de cadre, la plupart des ABS retournant en Nouvelle-Calédonie après leur formation.

En effet, jusque dans les années 1990, il n’existait aucune formation supérieure en Nouvelle-Calédonie, et elles restent encore rares aujourd’hui. Tous les étudiants devant partir pour suivre des formations supérieures, leur accès était donc réservé à ceux qui possédaient des moyens importants, et donc excluait en grande partie les populations locales, les Kanaks. (Pour en savoir plus sur la Nouvelle-Calédonie).

 

Origine du programme au Défap

 

Ce programme a été créé par Lucette Poigoune pour les étudiants qui sortaient du bac et ne savaient pas bien se débrouiller en métropole. Le Défap possédant une expérience en Nouvelle-Calédonie et dans le domaine de l’expatriation et de l’échange de personnes, il était logique qu’il participe à son lancement.

Nouvelle promotion : le rôle du Défap

 

Dans ce cadre, le Défap est chargé d’aider les étudiants pour les questions pratiques : logement et envoi, vérification et traitement des dossiers. Sachant qu’avant le départ, les étudiants suivent en général une remise à niveau et des conférences expliquant la situation en métropole, et que le Défap fait en sorte d’avoir réglé un maximum de questions administratives.

 

Durant la dernière semaine d’août, les étudiants arrivent à Paris. Le Défap s’organise pour aller les chercher à l’aéroport, les aide à finaliser les dernières démarches administratives et les amène dans la Maison de la Nouvelle-Calédonie, qui s’occupe de tous les Calédoniens présents sur le territoire de la métropole. Les étudiants, environ vingt-cinq à trente par an, restent trois jours au Défap. Ils sont ensuite accueillis dans leur ville d’étude.

 

Ce n’est pas tout : le Défap assure aussi un suivi en organisant deux à trois rencontres par an et en contactant régulièrement les étudiants. C’est une façon de vérifier que tout se passe bien pour eux, qu’ils n’ont aucun problème, de leur offrir un soutien ne serait-ce que moral.

Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils quittent la Nouvelle-Calédonie et se trouvent face à un style de vie très différent. Le Défap les accompagne dans cette phase d’adaptation afin que rien ne les empêche de réussir leurs études. Il n’est pas évident pour tous de trouver des repères dans un monde si différent du leur. Les retrouvailles, lors des rencontres organisées par le Défap, leur permettent aussi de renouer avec la vie communautaire à laquelle ils sont habitués.

 

Prochaine rencontre

En ce moment, le Défap prépare la prochaine rencontre qui aura lieu du 20 au 22 juin à Sète. Un Calédonien vivant en France et une pasteure envoyée en Nouvelle-Calédonie vont venir à la rencontre de ces jeunes.

 




Exposition « Kanak » : le Défap au Quai Branly

Le Défap s’est doublement invité à l’exposition-événement « Kanak. L’Art est une parole », visible jusqu’au 26 janvier au musée du Quai Branly à Paris. En premier lieu par le prêt de deux Bibles traduites, l’une en langue drehu, et l’autre en langue nengone, ouvrages rares du XIXème siècle qui font partie du fonds de la bibliothèque du Défap. En second lieu, à travers la visite d’étudiants calédoniens du programme ABS.

Deux poteaux sculptés et peints par Jean-Philippe Tjibaou, en l’honneur de son père Jean-Marie et de Jacques Lafleur, signataires des accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa © Défap

« Kanak. L’Art est une parole » n’est pas seulement la plus importante exposition jamais consacrée à la culture des tribus de Nouvelle-Calédonie ; elle est aussi organisée au  musée du Quai Branly alors que cet archipel du Pacifique sud est à un tournant de son histoire. D’ici 2018 doit y avoir lieu un référendum d’autodétermination. L’exposition « Kanak » y acquiert une résonance politique d’autant plus forte.

 

La dernière d’ampleur comparable, « De jade et de nacre », remontait à 1990. Mais depuis lors, le travail de l’ethnologue Roger Boulay, co-commissaire de l’exposition, a permis d’enrichir la connaissance du patrimoine kanak et de mieux faire reconnaître aujourd’hui une culture trop longtemps ignorée. Derrière les armes traditionnelles et bambous gravés, les sculptures du fils de Jean-Marie Tjibaou, le leader indépendantiste, en hommage à son père et à Jacques Lafleur, tous deux artisans des accords de Matignon, c’est toute une opération de réappropriation de la mémoire kanak qui est à l’œuvre au Quai Branly. L’exposition-événement visible à Paris jusqu’au 26 janvier (elle déménagera ensuite à Nouméa à partir du mois de mars) permet ainsi tout à la fois, grâce à Emmanuel Kasarhérou, l’un de ses deux commissaires et ancien directeur du centre Tjibaou, de rendre hommage à une culture vieille de plus de trois millénaires, mais aussi de revenir sur l’imagerie colonialiste qui a longtemps véhiculé, en France, les pires clichés sur la Nouvelle-Calédonie.

L‘histoire du Défap est depuis longtemps liée à celle du « Caillou »

Deux traductions bibliques en langue kanak (Lifou et Maré) datant de la fin du XIXème siècle, et prêtées pour l’exposition par la bibliothèque du Défap © Défap

Or, l’histoire du Défap est depuis longtemps liée à celle du « Caillou » à travers tout l’héritage de la Société des Missions de Paris. Fait suffisamment rare pour mériter qu’on le mentionne, la bibliothèque du Défap a ainsi été sollicitée par le musée du Quai Branly pour le prêt de deux ouvrages destinés à figurer dans cette exposition. C’est Emmanuel Kasarhérou qui est venu en personne identifier les ouvrages empruntés  : l’un, une Bible complète en langue drehu (de Lifou) date de 1890 et l’autre, en langue nengone (de Maré), comprenant les livres de la Genèse et de l’Exode, date de 1869. Les Bibles en langues d’Océanie mais aussi d’Afrique, d’Asie et d’Europe, nombreuses à la Bibliothèque du Défap (environ 500 titres), constituent  un petit trésor, rarement consulté il est vrai, sauf par quelques spécialistes de la traduction.  Les plus anciennes sont souvent parmi les premières traductions de textes connues pour les langues concernées et représentent parfois,  à ce titre, des objets  rares, voire très rares, en France mais aussi dans le monde.

Vue de la salle des masques funéraires (tradition pratiquée surtout sur la Grande Terre) © Défap

Ces relations entre le Défap et la Nouvelle-Calédonie sont toujours vivantes aujourd’hui, notamment à travers le programme Après Bac Service, issu des Accords de Matignon et de Nouméa visant à rééquilibrer les compétences entre toutes les composantes de la population calédonienne. En particulier, le Défap est chargé par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie d’assurer le suivi extra-universitaire d’une soixantaine d’étudiants chaque année venant suivre des études supérieures en métropole. Réunis à Paris du 26 au 28 octobre dernier, ces étudiants ont pu se rendre, notamment, au musée du Quai Branly. Il s’agissait de l’une des trois rencontres organisées par le Défap au cours de l’année scolaire pour ces jeunes Calédoniens. Le Défap effectue également un suivi individuel de ces étudiants (envoi de livres et carte pour les anniversaires, suivi SMS ou réseaux sociaux, parfois visites) et un suivi collectif (courriers postaux ou électroniques).

 

«Kanak, l’art est une parole», jusqu’au 26 janvier au Musée du quai Branly
Adresse : 37, quai Branly 75007 Paris. Tél.: 01 56 61 70 00. www.quaibranly.fr




Décès de Lucette Poigoune

Lucette Poigoune, responsable du programme kanak Après Bac Service (ABS) est décédée vendredi 15 mars.

Nous avons eu la tristesse d’apprendre le décès de Lucette Poigoune dans la nuit de vendredi à samedi. Figure de la Nouvelle-Calédonie, Lucette était la responsable du programme Après Bac Service. Ce programme, dont le Défap est partie prenante, permet à des étudiants kanak de venir étudier en métropole.

A ce titre, elle ne manquait pas de nous rendre visite à chaque fois que ses activités la menaient à Paris. Nous n’entendrons plus son rire, nous ne verrons plus son sourire, mais il nous reste l’essentiel, son souvenir.

Nous nous souviendrons d’abord d’une femme de parole, fidèle en cela à la tradition kanak, qui savait trouver les mots justes pour donner du courage.

Nous nous souviendrons, ensuite, d’une femme engagée, convaincue de l’absolue nécessité de former la jeunesse de son pays à devenir acteur de son destin.

Nous nous souviendrons aussi d’une femme de coeur, toujours prête a aider « ses » étudiants, à tel point que ceux-ci la surnommait affectueusement « maman ».

Nous nous souviendrons,enfin, d’une femme d’espérance qui avait fait le pari de la confiance en l’avenir.

Nos prières l’accompagnent dans sa nouvelle demeure.

La mort ne sera plus …
Apocalypse 21, v4

 

Une cérémonie d’hommage à Lucette Poigoune s’est tenue le dimanche 24 mars dans la chapelle du Défap en présence de nombreux étudiants, amis et calédoniens.