Top départ pour «Les jeudis du Défap»

Après les « Jeudis de la mission », conférences en ligne organisées par le Défap entre avril et juin 2021, une nouvelle série de rencontres en visio est programmée pour 2024. Trois dates à inscrire dans votre calendrier : les jeudis 4 avril, 5 septembre et 5 décembre 2024. Plus d’informations à venir sur les détails du programme…

Printemps 2021 : la poursuite de la crise Covid met à mal le Forum Défap programmé en mai 21 en « présentiel » pour réfléchir à l’évolution et aux enjeux de la mission. Le Défap propose alors une alternative en visio. Elle se traduira par six « Ateliers de la mission », cycle de conférences et de groupes de travail d’avril à juin 21.

Cette formule de conférences ayant suscité un vif intérêt, le Défap la reprend en 2024 sous l’appellation « Les jeudis du Défap », pour continuer à nourrir la connaissance et la préoccupation de chacun pour la mission de l’Église universelle.

L’objectif poursuivi est de faire du Défap, un lieu de référence pour le partage de la réflexion missiologique
et interculturelle, avec le concours des spécialistes de la question.

En 2024, trois rendez-vous seront proposés dont les sujets seront communiqués très prochainement : les jeudis 4 avril, 5 septembre et 5 décembre 2024.

Ces rencontres seront structurées de la manière suivante :

  • Un temps de conférence
  • Un temps d’ateliers de travail de groupe à partir de questions argumentées et posées par l’intervenant
  • Un temps de regroupement des travaux de groupe, de débat et de synthèse

Un lien d’accès sera communiqué et mis en ligne via tous nos réseaux et particulièrement sur le site du Défap.

Jean-Pierre ANZALA,
Service Formation théologique




Une semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la prochaine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier 2024.

Affiche de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2024 © unitedeschretiens.fr

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens est une action œcuménique internationale qui vise à rassembler tous les chrétiens autour d’un thème, des méditations et des louanges communes.

Cette année, ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la Semaine de prière : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 27)

Les chrétiens sont appelés à agir comme le Christ en aimant comme le Bon Samaritain, en montrant de la pitié et de la compassion pour ceux qui sont dans le besoin quelle que soit leur identité religieuse, ethnique ou sociale. Ce qui doit nous inciter à venir en aide aux autres, ce n’est pas l’identité commune, mais l’amour de notre « prochain ». Toutefois, la vision de l’amour de notre prochain que Jésus nous présente est battue en brèche dans le monde d’aujourd’hui. Guerres dans beaucoup de régions, déséquilibres dans les relations internationales et inégalités causées par les ajustements structurels imposés par les puissances occidentales ou par d’autres agents extérieurs inhibent notre capacité d’aimer comme le Christ. C’est en apprenant à s’aimer les uns les autres au-delà de leurs différences que les chrétiens peuvent devenir des « prochains », comme le Samaritain de l’Évangile.

Matériel à télécharger
Matériel à commander
Destinataires des collectes
Histoire de la Semaine de prières

La semaine de prières pour l’unité des chrétiens se déroule chaque année autour de la Pentecôte dans l’hémisphère Sud et entre le 18 et le 25 janvier dans l’hémisphère Nord. Chaque année, les partenaires œcuméniques d’une région différente sont invités à préparer les textes. Le matériel pour 2024 est disponible en français ci-dessus. Pendant de nombreuses années, c’est l’association Unité Chrétienne, à Lyon, qui a adapté les documents internationaux pour le monde francophone européen. Elle a élaboré les outils nécessaires pour vivre la Semaine de prière pour l’unité chrétienne : création d’un visuel, publication de tracts et brochure comportant des éléments de réflexion biblique, spirituelle et théologique autour du thème et suggestions pour la prière et la célébration. Désormais, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) a pris le relais ; le matériel pour cette semaine 2024 est disponible sur le site https://semainedepriere.unitedeschretiens.fr/

Le CECEF, qui rassemble les responsables de toutes les familles chrétiennes en France, fait une proposition des destinataires pour les collectes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Il recommande que les collectes contribuent à soutenir l’Association Dignus qui œuvre pour l’humanitaire et le développement au Burkina Faso ; elle est membre d’ACT Alliance et partenaire de Christian Aid, Diakonia, Lutheran World Relief (LWR) et de l’UNICEF. Les organisateurs de célébrations œcuméniques gardent toute liberté d’envoyer les dons à un autre organisme dont ils auraient connaissance.




Vœux de Noël 2023

Les organismes internationaux et européens protestants transmettent leurs vœux de Noël et leur message de fraternité.

 

 

Six pays d’Europe vous souhaitent un joyeux Noël

Les membres de la Conférence des Églises protestantes des pays latins s’associent pour créer une vidéo spéciale Noël.

À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent un grand joie (Matthieu 2.10)

Extrait :

« Nous préparons nos cœurs à accueillir Emmanuel comme si c’était la première fois, plein d’enthousiasme et d’espoir. Nous préparons notre chapelle avec de la musique, des fleurs et des photos pour nous recevoir et célébrer comme si c’était la première fois. »

Découvrez la suite dans la vidéo ci-dessus.

 

 

Un appel à l’aventure évangélique

Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. (Jean 1,5)

Message de Noël de l’évêque Henrik Stubkjær, Président de la Fédération luthérienne mondiale.

L’Évangile de Noël est un appel à ouvrir les yeux pour apercevoir Dieu en des lieux inattendus, ici parmi nous, et pour apercevoir l’espérance. C’est un appel à l’action : avec la déclaration d’amour de Dieu, nous pouvons aller dans le monde faire œuvre d’espérance et d’action. La joie et la paix de Noël s’épanouissent dans le partage.
Un jour, dans un foyer diaconal accueillant des hommes marginalisés sur le plan social, j’ai vu deux hommes offrir un bouquet de fleurs et un poème au directeur pour son anniversaire. Voici le poème qu’ils avaient écrit :

C’est impossible, dit la Fierté.
C’est risqué, dit la Raison.
C’est sans issue, dit l’Expérience.
Essayons, murmure le Cœur.

Pour en savoir plus : cliquez ici

 

 

Quelle est cette lumière ?

Le Conseil œcuménique des Églises a partagé son message de Noël au monde entier, un monde où des défis croissants menacent d’amoindrir notre espérance.

Découvrez-le ici.

 

 

Puissions-nous faire la paix !

« Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’autorité repose sur ses épaules, et il est nommé Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix », Ésaïe 9. 6.

Découvrez le message de Noël de la Conférence des Églises européennes (CEC).

 

 

Bethléem à l’esprit

Et toi, Bethléhem Ephrata,
qui es petite parmi les villes de Juda,
de toi sortira pour moi
celui qui dominera sur Israël[a] et dont l’origine remonte loin dans le passé, à l’éternité.
Michée 5:1

Découvrez le message de Noël de la Communion mondiale des Églises réformées.




«La femme de valeur», figure de l’Église

Condensé de la prédication du pasteur David Mitrani, de l’Église protestante unie de France, sur Proverbes 31, lors du culte synodal à Besançon, le 19 novembre 2023.

« Le baiser », de Gustav Klimt (détail). Huile et feuille d’or sur toile. Galerie autrichienne du Belvédère, Vienne © Domaine public, Google Art Project

 

« Qui trouvera une femme de valeur ? Elle vaut bien plus que des perles. Le cœur de son mari a confiance en elle, et c’est tout bénéfice pour lui (…) Elle ouvre ses bras au malheureux, elle tend la main au pauvre (…) Son mari est reconnu aux portes de la ville, lorsqu’il siège avec les anciens du pays (…) Ses fils se lèvent et la disent heureuse, son mari aussi, et il chante ses louanges : « Bien des femmes font preuve de valeur, mais toi, tu leur es à toutes supérieure. »

Proverbes 31,10-31

 

 

Ce texte des Proverbes n’a pas pour but de nous parler du mariage. Il s’agit de nous amener à Jésus, même si son nom ne s’y trouve pas. Nous lirons donc la « femme de valeur » comme étant une figure de l’Église. Cette expression déjà nous dit des choses sur cette épouse, sur l’Église du Christ, sur notre Église et nos paroisses. « Femme de valeur » : comme des enfants ingrats, il nous arrive de dénigrer notre mère, de ne pas lui reconnaître la valeur que lui voit son époux. Est-ce nous qui avons raison, ou lui ?

Permettez que je le dise : c’est lui ! « Le cœur de son mari a confiance en elle. » L’avez-vous remarqué : la confiance de l’époux ne suit pas les œuvres de sa femme, mais elle les précède.

Ce n’est pas qu’une question d’écriture. La confiance, la grâce de Dieu sont premières, elle nous précèdent, comme le Christ précède l’Église. Aimer, c’est faire confiance.

Or Dieu nous aime, nous fait confiance, fait confiance à son Église. C’est bien cette confiance que le Seigneur de l’Église porte à son épouse qui doit être posée en premier ! Par sa vie et sa mission, par son culte et sa vie communautaire, l’Église exprime et rend visible et manifeste sa confiance en celui qui lui fait confiance !

❝ La confiance de l’époux ne suit pas les œuvres de sa femme, mais elle les précède

Ce qui nous est montré de la vie de l’Église dans ce dernier chapitre du livre des Proverbes est tout à fait intéressant. Elle se préoccupe de son mari, de sa maisonnée, des pauvres, et de la réputation de son mari. Pour tout ceci, elle ne lésine pas sur ses peines, elle se donne les moyens de ce qu’elle veut faire, à l’intérieur et à l’extérieur, sans crainte de commercer avec l’extérieur pour le bien de sa maison. Où trouverait-on plus active que cette femme, et qui ferait mieux qu’elle ?

C’est donc un modèle qui nous est donné. Que notre Église soit comme elle pour son mari – le Seigneur –, pour ses fils – ses membres – et pour les gens qui en ont besoin. Tous ceux qui s’occupent des autres savent bien qu’ils ne peuvent se permettre de se relâcher dans cette occupation. Avouez que ce serait là une belle activité, nouvelle pour beaucoup d’entre nous : confesser devant l’Église qu’elle est riche et heureuse de la confiance que le Seigneur lui fait !

Ce corps qu’est l’Église ne peut pas vivre sans la confiance de l’Époux, mais elle a aussi besoin d’entendre ses enfants la bénir, plutôt que récriminer contre tout ce qu’elle ne fait pas ou fait mal, contre ce qui lui manque. Nous les enfants qu’elle nourrit, nous pourrions lui en être reconnaissants…

Plus nous ferons confiance à la confiance de Dieu, plus nous nous nourrirons de la Parole du Christ, plus nous ressemblerons, en Église, à ce que les Proverbes nous montrent. C’est une vraie bonne nouvelle.




L’Égypte : regards croisés d’envoyés du Défap

S’il est essentiellement présent en Afrique subsaharienne, dans l’océan Indien et dans le Pacifique, le Défap a aussi des envoyés dans d’autres pays par le biais des « associations portées » dont il forme et suit les volontaires. C’est le cas en Égypte, où il est en partenariat avec l’ACO (Action Chrétienne en Orient). Un pays, et des projets, que nous présentent dans « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Radio FM+ et Fréquence protestante, trois de ces « envoyés portés » : Anatole, Nicola et Alain.
De gauche à droite : Anatole, Nicola, Guylène et Alain, lors de l’interview pour « Courrier de mission » réalisée dans la bibliothèque du Défap © Défap

La précédente émission du Défap sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, en novembre 2023, vous présentait les portraits de deux « envoyés » très différents : Lisa, jeune infirmière en train d’achever ses études et partant pour une mission dans un hôpital au Cameroun, et Luc, partant en Tunisie après avoir eu une carrière bien remplie de travailleur humanitaire : il n’y a pas d’âge ou de parcours type pour s’engager avec le Défap… Pour cette émission de décembre, les volontaires interviewés sont encore très différents, mais tous se rattachent à un même pays : l’Égypte.

Le Défap n’est pas impliqué de manière directe dans ce pays, mais par le biais d’un proche partenaire : l’ACO (Action chrétienne en Orient). Œuvre missionnaire née au sein des Églises protestantes de l’Est de la France, elle entretient des liens à la fois spirituels et de soutien matériel avec les chrétiens d’Orient. À sa création en 1922, l’ACO avait pour but de secourir les populations arméniennes victimes des exactions turques. Grâce aux paroisses protestantes alsaciennes, mais aussi grâce à des comités néerlandais et suisses, l’ACO a rapidement étendu son œuvre et touché aussi bien les personnes de culture arménienne que de langue arabe et assyrienne, en Syrie mais également au Liban puis plus tard en Iran, et jusqu’en Égypte. Aujourd’hui, grâce à de nombreux partenariats, l’ACO soutient des projets très variés dans les domaines de l’éducation, du social, de la santé, de la solidarité en contexte de crise, de la résolution des conflits, de la formation théologique, de la vie d’Église au sein de communautés locales.

Anatole et Nicola en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

Parmi ces partenariats, il y a le Défap. Au cours des dernières années, l’ACO a eu l’occasion de collaborer de manière quasi quotidienne avec le Service Protestant de Mission, notamment pour l’envoi de volontaires, au Liban, en Égypte… Dans ce pays par exemple, le Défap a régulièrement assuré le suivi des envoyés de l’ACO en lien avec les Églises protestantes locales, dans le cadre de la plate-forme Moyen-Orient. Il s’agissait de missions d’enseignement (soutien scolaire, apprentissage de l’expression française), mais au-delà, d’une expérimentation quotidienne du « vivre ensemble » propre à faire mentir ceux qui prêchent la violence entre les communautés.

L’Égypte : regards croisés d’envoyés du Défap

Courrier de Mission
Émission du 17 décembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Deux missions très différentes

En lien avec l’ACO, le Défap continue ainsi à envoyer des volontaires au sein d’un foyer d’accueil de jeunes filles défavorisées qui suivent leur scolarité dans une école francophone, mais aussi auprès des élèves d’une école internationale : le New Ramses College, au Caire. Les langues d’enseignement sont l’arabe et l’anglais mais le français est encouragé dans cet établissement soutenu par l’Église protestante. C’est dans ce foyer que s’effectue la mission d’Anatole (sachant que l’enregistrement de l’émission a eu lieu avant son départ). Il connaissait déjà bien l’Égypte, puisqu’il y avait effectué une mission avec un autre organisme. Mission qui lui avait permis de découvrir ce pays, et lui avait donné envie d’y revenir. Il est également impliqué dans une autre association, les Focolare dans le quartier de Shubra.

La mission de Nicola, partie en couple en Égypte, avec son époux Alain, est pour sa part le résultat d’un montage impliquant plusieurs organismes : pasteure de l’Église protestante unie de France, elle est mise à disposition par l’EPUdF, envoyée par l’ACO et DM (l’homologue suisse du Défap), en lien avec le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) pour accompagner les paroisses du Caire et d’Alexandrie. L’autre volet de son ministère est le contact avec les Églises protestantes égyptiennes (le Synode du Nil) et les partenaires des projets de l’ACO sur place (traduction de livres théologiques ; travail pour le vivre ensemble), avec les autres Églises chrétiennes.




Madagascar : sur la piste de la « Trive 1 »

Ce samedi 2 décembre la paroisse des Batignolles (Paris 17e) redécouvrait un pan de son histoire qui la relie depuis un siècle à la Grande île.
Claire-Lise Lombard et Faranirina Rajaonah lors de la conférence donnée le 2 décembre à la paroisse des Batignolles © EPUdF

 
En 1923, en pleine période coloniale, Jean Beigbeder partait, pour le compte des UCJG (Union chrétienne de jeunes gens), fonder à Antananarivo (Madagascar) un foyer pour les jeunes malgaches. Dans le même élan, il lançait la première troupe d’éclaireurs unionistes, la T[anana] rive 1. Jean Beigbeder, éducateur et commissaire national éclaireurs, appartenait à une famille enracinée dans la paroisse depuis trois générations.  

Film ci-dessous : Les éclaireurs unionistes à Madagascar / Marc-André Ledoux (1952) – Bibliothèque du Défap

 

Les initiateurs de l’événement, un groupe d’anciens de la Trive 1, avaient choisi cette date et ce lieu en prélude aux manifestations prévues à Madagascar en 2024. Culte, messages (officiels ou personnels), souvenirs et témoignages (beaucoup d’émotions pour les plus anciens !), conférence historique sur les Lettres de Tananarive (écrites par Jean Beigbeder entre 1923 et 1927 et conservées dans les archives du Défap), repas festif se sont succédé ce 2 décembre dans une ambiance de salade russe réussie.

Pari tenu pour les organisateurs : jeunes et vieux (de 12… à plus de 100 ans pour la doyenne !), scouts ou non, Malgaches ou Vazaha, venus « des quatre coins de l’horizon » hexagonal, se sont réjouis ensemble… d’une naissance qui continue à porter des fruits, en France – où la branche des Tily, les scouts unionistes malgaches, vit sa vie au sein des EEUdF – et à Madagascar – où les Tily eto Madagasikara tracent leur route.

Claire-Lise LOMBARD,
bibliothécaire du Défap

  

Revivez ci-dessous en vidéo l’intégralité des célébrations consacrées au centenaire de la « Trive 1 » à la paroisse des Batignolles, le 2 décembre 2023 (début de la conférence « Paris-Antananarivo, 1924 : sur la piste de la Trive 1 » vers 3:16:36)

 




La Réunion : un jubilé, et des projets

L’Église Protestante de la Réunion fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées que le Défap accompagne notamment par l’envoi de pasteurs. Le 26 novembre dernier, elle a clôturé lors d’un culte spécial une année de célébrations marquant les 30 ans de son centre paroissial « La Source », en présence de Michel Specht, trésorier du Défap.

Un concert du groupe et ensemble vocal Ananias, qui a participé aux célébrations du jubilé du centre paroissial « La Source » © EPR

Pour l’Église Protestante de la Réunion (EPR), le dimanche 26 novembre 2023 marquait la clôture de l’année jubilaire des 30 ans de son centre paroissial « La Source » à Saint-Denis. L’événement a été marqué par un culte, et par le dévoilement d’une nouvelle plaque devant le bâtiment. Michel Specht, trésorier du Défap, était présent ; il avait également pour mission de représenter la Ceeefe, la Communauté des Églises protestantes francophones, et a porté un message au nom de la Cevaa. « Merci à tous pour la présence, les chants, les prières, les dons… et toutes sortes d’implications dans tous les événements organisés marquant ainsi l’attachement que nous portons à notre Église », a écrit Hanitra Collongues, présidente de l’EPR, à la suite de cette cérémonie. « Cette fin de jubilé est aussi un nouveau lancement pour nous tourner résolument vers l’avenir, vers de nouvelles missions, pour rayonner autour de nous et partager ce que nous avons reçu en Jésus-Christ. Que toujours nous restions des serviteurs fidèles à sa parole. » Pour s’orienter vers de nouveaux projets, l’Église Protestante de la Réunion a désormais un deuxième lieu pour organiser ses activités et marquer sa visibilité dans l’île : le centre communautaire Martin-Luther-King, construit avec le soutien du Défap et de la Cevaa, et qui a été inauguré deux ans auparavant, presque jour pour jour, à Saint-Pierre. L’EPR œuvre ainsi aujourd’hui sur deux pôles, un dans le nord de l’île, et un dans le sud.

L’Église protestante de La Réunion est membre de la Cevaa-Communauté d’Églises en mission et de la Ceeefe-Communauté d’Églises protestantes francophones ; elle est aussi membre de la Fédération Protestante de France et associée à l’Église Protestante Unie de France. Elle rassemble environ 500 personnes. Cette communauté protestante réunionnaise fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées présentes aussi aux Antilles ou en Guyane, que le Défap accompagne notamment en contribuant à financer des postes pastoraux, mais aussi à travers le soutien à des projets.

« Vivre l’unité dans la diversité »

Membres de l’EPR devant la nouvelle plaque dévoilée au niveau du centre paroissial « La Source » © Michel Specht pour Défap

Ses bâtiments, qu’il s’agisse de « La Source » ou du centre « Martin-Luther-King », ont été longtemps pour l’Église Protestante de la Réunion un enjeu majeur de visibilité. Avant l’acquisition de ses premiers locaux en 1992 à Saint-Denis, l’EPR était ainsi sans bâtiment propre. D’où l’importance de l’anniversaire fêté en ce mois de novembre. Pour autant, s’il fallait trouver une date de naissance officielle pour cette Église, il faudrait remonter bien en amont. Jusqu’aux années 1970, avec tout d’abord la création de l’Association Cultuelle de l’Église Réformée du Département de La Réunion (Acerdr), déclarée officiellement en 1976, et avec le premier envoi d’un pasteur par le Défap, Bernard Massias, arrivé dans l’île en 1978 et qui devait y rester six ans. Depuis les années 2000, un second poste paroissial a aussi été créé dans la commune de Saint-Pierre. Actuellement, l’EPR est toujours accompagnée par le Défap, avec la présence sur place, depuis fin 2022, du pasteur Michael Schlick.

Pourtant, bien avant cette officialisation, une petite communauté protestante et luthéro-réformée s’était implantée dans l’île, contre vents et marées, et longtemps contrainte à une semi-clandestinité par trois siècles d’hégémonie catholique. Lors de son arrivée dans ce que l’on nommait alors l’île Bourbon, en 1689, soit quatre ans après la révocation de l’édit de Nantes, le gouverneur Vauboulon avait reçu, en matière de religion, un mandat on ne peut plus clair du roi Louis XIV : « Et comme il n’y a que des catholiques dans ladite Isle, il ne souffrira point qu’il en demeure d’autres. » Fait curieux, ce monopole catholique devait perdurer même lorsque l’île passa sous contrôle anglais, de 1810 à 1815. Et il ne fut pas ébranlé lorsque, en 1862, des protestants locaux en appelèrent à Napoléon III pour obtenir un lieu de culte et un logement destiné à un pasteur : la demande resta vaine. Le petit nombre de réformés dans l’île, tous déjà protestants avant leur arrivée, devait pourtant croître avec la départementalisation de 1946, qui vit la venue dans l’île de fonctionnaires de la métropole. Roger Muller, aumônier militaire de l’Église Réformée de France en poste à Madagascar, célébra le premier culte public en 1955.

Le centre paroissial « La Source », à Saint-Denis, dans le Nord de l’île © EPR

Mais pendant que la petite communauté réformée restait dépendante des visites d’aumôniers militaires venus de Madagascar, d’autres Églises protestantes s’implantaient dans l’île, non sans mal : la communauté adventiste, dès les années 40 ; les Assemblées de Dieu dans les années 60, puis les Églises baptistes et évangéliques au début des années 70… Au moment de son officialisation, l’Église Réformée du Département de La Réunion vit ainsi le jour au sein d’un paysage religieux devenu beaucoup plus divers. Diversité qui n’a fait que se renforcer depuis, même si le catholicisme reste largement prédominant : aujourd’hui, l’île est à 85% catholique, 7% hindouiste, 2% musulmane. Les protestants représentent moins de 1% de la population. Église pluriculturelle, comptant parmi ses fidèles une forte communauté malgache, des métropolitains, quelques Allemands ainsi que d’autres expatriés d’Europe du nord, quelques Africains et quelques Réunionnais, l’EPR s’efforce de vivre « l’unité dans la diversité » et de travailler à sa visibilité dans la société réunionnaise à travers ses actions sociales, menées notamment par l’Association Martin Luther King ; elle veut entretenir des relations privilégiées avec les autres Églises sœurs protestantes de l’île et de la zone « océan indien » ; elle participe à des rencontres interreligieuses, à travers le groupe de dialogue interreligieux créé en 2000 à l’initiative de plusieurs responsables des principales religions représentées dans l’île.

Le lancement des festivités du jubilé du centre paroissial « La Source », en novembre 2022 © EPR



Magda : «On pense qu’on va donner, mais on reçoit beaucoup»

Magda est une jeune Égyptienne qui a passé neuf mois en France, à l’occasion d’une mission de service civique auprès des Diaconesses de Strasbourg. C’est un des aspects les moins connus du volontariat : il permet d’aller apporter un soutien pour des projets au loin… mais aussi d’accueillir des volontaires venu.es de pays partenaires. Depuis l’an dernier, le Défap permet ainsi à des volontaires issu.es d’Églises sœurs d’effectuer des missions au sein de structures liées à ses Églises membres en France. Avec un enrichissement mutuel : au cours de son séjour, Magda a beaucoup appris de la force de vie des personnes âgées qu’elle accompagnait.

Magda : « On pense qu’on va donner, mais on reçoit beaucoup »


Télécharger son témoignage
 

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Journée internationale du volontariat : le pouvoir de l’action collective

La Journée internationale des Volontaires (JIV), organisée chaque 5 décembre, est placée en cette année 2023 sous le thème : #IfEveryoneDid. Si tout le monde s’engageait… le monde serait meilleur. Une utopie ? Depuis des années, le rôle crucial des volontaires internationaux en faveur de la paix, en faveur d’une meilleure compréhension entre les peuples, pour améliorer la résilience des sociétés face aux crises, est mis en avant par l’Onu. Ainsi que par les plateformes et collectifs avec lesquels le Défap est en lien, et qui œuvrent dans le domaine du volontariat, comme France Volontaires ou le CLONG Volontariat. À partir de ce 5 décembre et jusqu’à Noël, vous pourrez retrouver sur le site du Défap une série de témoignages de nos volontaires qui, chacune et chacun à sa manière, contribuent à construire un monde plus solidaire. Et ne manquez pas, le 17 décembre sur Fréquence protestante, l’émission « Courrier de mission », qui vous présentera les regards croisés de trois envoyés du Défap sur l’Égypte.

#IfEveryoneDid, thème de la Journée internationale des Volontaires 2023 © unv.org

Chaque année, le 5 décembre est l’occasion de rendre hommage aux volontaires du monde entier et de reconnaître la valeur du volontariat dans la promotion de la paix et du développement. Cette date est celle de la Journée internationale des Volontaires : elle a été choisie par les Nations Unies en 1985, avec l’idée de sensibiliser le public dans tous les pays, et de susciter les engagements. Cet intérêt affiché par l’Onu ne s’est jamais démenti : en 1997, l’Assemblée générale avait ainsi proclamé 2001 « Année internationale des volontaires ». Et à partir de 2011, les célébrations du dixième anniversaire de cette année spéciale ont donné lieu à des opérations de communication à grande échelle coordonnées par l’Onu, poursuivies les années suivantes et déclinées dès lors sous des thématiques mettant en avant l’impact positif du volontariat dans le monde. Pour 2012, c’était « Célébrer le volontariat » ; 2013 a permis de rendre un hommage particulier à la contribution des jeunes volontaires à la paix mondiale et au développement humain ; la Journée internationale du volontariat 2018 a mis en avant le rôle du volontariat pour améliorer la résilience des communautés face aux catastrophes naturelles, aux tensions économiques et aux chocs politiques…

L’année 2023 met en avant le pouvoir de l’action collective, à travers ce mot d’ordre : « If everyone did »… Les inégalités croissantes dans le monde incitent à coopérer pour trouver des solutions communes. Les volontaires, réunis par la solidarité, par leur action au quotidien, élaborent des solutions aux défis du développement et pour le bien commun. La manière dont ils et elles contribuent à un monde plus solidaire a été soulignée dès décembre 2014 par le Secrétaire général des Nations unies, qui dans son rapport de synthèse évoquait leur action comme « un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ». Le volontariat de solidarité internationale (VSI) est une force à ne pas négliger : chaque année, ce sont ainsi 2000 volontaires qui partent sous statut VSI par le biais d’une trentaine d’associations agréées. Si l’on y ajoute d’autres statuts que celui de VSI, ce sont 10.000 personnes qui partent à l’étranger pour agir dans le domaine de la solidarité internationale. Et le développement de la réciprocité dans le volontariat international permet aussi de nourrir des relations plus équilibrées, des liens de coopération et de solidarité entre les pays plus solides et harmonieux.

Un travail en réseau

Session 2023 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Des valeurs que le Défap porte aussi à travers ses envoyés et à travers sa participation à la plateforme France Volontaires, ou au CLONG Volontariat (Comité de Liaison des ONG de Volontariat). Le travail du Défap est un travail en réseau : qu’il ait lieu en France ou à l’étranger, il ne peut exister que grâce aux liens noués et entretenus avec de nombreux partenaires. Des Églises, tout d’abord, puisqu’entretenir des relations entre communautés protestantes au près comme au loin est la vocation première du Service protestant de mission ; un riche milieu associatif, ensuite, puisque ces relations ne peuvent exister sans que se développent des actions et des projets en commun – et que ces projets relèvent souvent de l’éducation, du développement ou de la santé ; les pouvoirs publics, enfin, qui fixent le cadre nécessaire à ces relations et ces partenariats, et définissent les statuts des personnes amenées à travailler à l’étranger. Dans ce cadre, le Défap est un acteur à part entière de la solidarité internationale, à l’expertise reconnue, et membre de diverses plateformes au sein desquelles il travaille en commun avec des ONG dont les problématiques recoupent les siennes.

À partir de ce 5 décembre, vous pourrez donc écouter régulièrement sur le site du Défap des témoignages de nos volontaires. Vous pouvez déjà retrouver ci-dessous ceux de Nicolas, volontaire en Afrique du Sud ; de Pierre, à Djibouti ; de Stefanie et de « Ben », en Tunisie… Prochain épisode : rendez-vous avec Magda, service civique venue d’Égypte et accueillie en France, qui a effectué une mission de service civique chez les Diaconesses de Strasbourg.

Et pour aller plus loin, réécoutez cette émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante, et consacrée au recrutement et au suivi des volontaires : Anne-Sophie Macor, responsable du service RSI (Relations et Solidarité internationale) y évoque, au micro de Guylène Dubois, le parcours des « envoyés » du Défap, depuis le premier contact jusqu’à la fin de leur mission.
 

Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor, émission présentée par Guylène Dubois

Courrier de Mission
Émission du 17 septembre 2023 sur Fréquence Protestante



COP 28 : l’appel de collectifs chrétiens à des «cercles de silence»

24 organisations chrétiennes ont signé un appel à se mobiliser durant le temps de la COP28 à Dubaï. Elles proposent à toutes et tous de se rassembler pour des cercles de silence dans l’espace public. Ces rassemblements sont une manière visible, respectueuse et inclusive de faire exister les enjeux de gouvernance climatique qui peuvent sembler lointains, et, à travers ce geste humble, d’interpeller les décisionnaires sur leur pouvoir d’agir. Toute personne y est conviée, quelles que soient ses croyances. Les chrétiennes et les chrétiens peuvent prier pour que les personnes participant à la COP soient inspirées par l’Esprit Saint, et qu’elles prennent leurs responsabilités. Parmi les signataires de cet appel, relayé par l’Église protestante unie de France, figurent notamment la Fédération protestante de France, Église verte, Chrétiens unis pour la terre, aux côtés du Secours Catholique et du CCFD – Terre Solidaire.

© Collectif Lutte & Contemplation

« À travers ce silence, explique le collectif, nous portons les messages suivants : nous avons conscience de la gravité de la situation ; nous désirons que les États soient plus ambitieux sur leurs objectifs de réduction des émissions ; nous voulons que les gouvernements agissent “sans plus attendre pour éliminer définitivement les combustibles fossiles” ; nous attendons davantage de justice climatique, en particulier de la part des pays “du Nord”, qui ont promis par le passé des aides aux pays “du Sud” sans respecter jusqu’au bout leurs propositions.

Le mot d’ordre de ces rencontres est le silence. Des panneaux, des banderoles et des tracts peuvent porter notre voix. Nous appelons chacun et chacune à nous rejoindre pour les cercles de silence déjà proposés, et à en proposer de nouveaux en remplissant le formulaire ci-dessous !

Rassemblons nous pour porter ensemble dans notre silence le cri de la terre et des pauvres ! »
 

Retrouvez l’appel à lancer les « cercles de silence »

 

Rejoindre un cercle de silence

  • Lyon
    Jeudi 30 novembre – 8h à 9h devant le siège de la banque populaire, 4 bd Eugène Deruelle.
    contact : joseph.halgand@gmail.com
  • Courbevoie (La Défense)
    Jeudi 30 novembre – de 8h15 à 9h15 – Tour Total Energies Coupole, Place Coupole Jean Millier.
    contact : contact@lutte-et-contemplation.org
  • Ancenis
    Jeudi 30 novembre – de 18h à 19h – Place Alsace Lorraine, Ancenis-Saint-Géréon.
    contact : fraternite.ecologie@gmail.com
  • Versailles
    contact : b.vignon@fondacio.fr
    Samedi 2 décembre – de 11h à 12h – Place de la cathédrale 11h-12h
    Dimanche 3 décembre – de 11h à 12h – Place du marché Notre Dame
    Mardi 5 décembre – de 18h à 19h – Gare des Chantiers
  • Paris
    Vendredi 8 décembre – de 18h à 19h – Place de la République.
    contact : contact@lutte-et-contemplation.org
  • Paris
    Samedi 9 décembre – de 17h à 18h – Fontaine Saint-Michel, boucle WhatsApp

© Collectif Lutte & Contemplation

Comment organiser un cercle de silence ?

Pensez à organiser un cercle de silence dans votre ville ! Il suffit pour cela de rassembler au moins 5 personnes, de fixer une date, une heure, et de déclarer votre manifestation à la Préfecture si vous le souhaitez (la procédure est très simple). Intéressé.e ? Nous vous avons préparé ici un document avec quelques conseils pour vous guider.

Pour faire un cercle de silence : on n’a pas besoin d’être nombreux, on n’a pas besoin d’être expérimenté, on n’a pas besoin de se connaître, on n’a pas besoin d’être expert de la COP28, on n’a pas besoin d’être triste ou grave, on n’a pas besoin de belles pancartes, on n’a même pas vraiment besoin de l’inscrire sur ce site…

Toutefois, nous vous invitons à le faire. La beauté de cette mobilisation vient aussi de cette large communion entre celles et ceux qui y prennent part partout en France. Enfin, rendre publique votre initiative, c’est aussi ouvrir la possibilité qu’elle soit l’occasion de belles rencontres !
 

Proposer un « cercle de silence »
Petit guide d’organisation des « cercles »

 

Des ressources pour s’informer et prier pendant la COP28

Si vous ne pouvez pas vous joindre à un cercle de silence, ou que vous cherchez des ressources pour animer un temps de prière au sujet de la COP28, vous trouverez ici de quoi vous inspirer :

Pour vous informer davantage à propos des enjeux de la COP28, de nombreuses ressources existent sur internet. Nous vous recommandons entre autres, le dossier du Réseau Action Climat.




Session retour 2023 : de partout… vers Paris

La « session retour » des envoyés du Défap, module symétrique de la session de formation, a lieu cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre. Deux journées denses qui combineront moments de témoignage lors des sessions de groupe, et entretiens individuels, debriefing sur la mission de chacun et préparation à la réinsertion après le retour… Avec plusieurs enjeux : éviter le « choc du retour » et permettre aux participants de valoriser leur expérience de volontaires ; et préparer l’avenir, en songeant à la fois aux futurs envoyés qui prendront la suite sur les mêmes postes, et à des modalités d’engagement futur en lien avec le Défap.

Travaux de groupe lors d’une « session retour » des envoyés du Défap © Défap

Ils et elles seront une petite dizaine, en cette fin novembre, à prendre part à la « session retour » des envoyés. En provenance d’Égypte, de Madagascar, du Liban, de Côte d’Ivoire… mais aussi de France, puisque cette session 2023 va, pour la première fois, intégrer des volontaires en service civique accueillis en France, et venant d’Églises partenaires du Défap dans d’autres pays. Après plusieurs mois ou plusieurs années en mission dans un autre pays, les voilà de retour – ou sur le point de rentrer. Et il s’agit tout à la fois de faire le point sur ce qui a été fait, partagé et vécu ; d’échanger avec d’autres volontaires sur leur propre expérience ; de préparer cette période de l’après-mission, qui est tout aussi cruciale que celle du départ.

Parmi les participants de cette session, une grande diversité, à la fois dans les missions, mais aussi dans les profils. Armonie était ainsi partie comme VSI (Volontaire de Solidarité internationale) pour une mission d’enseignement à Madagascar. Elle est restée deux ans sur place, auprès d’enfants d’Antsirabe et Betafo. Également à Madagascar, Timothée s’adressait pour sa part à un autre public : titulaire d’un doctorat en Nouveau Testament, il enseignait la théologie. Parti en famille, il a passé cinq ans à Tananarive, où il était professeur titulaire à l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (ISTE). Étienne, parti comme VSI en Côte d’Ivoire, faisait de la gestion de projet auprès de l’Union des Églises Évangéliques Services et Œuvres, partenaire ivoirien de la Mission biblique. Julien était sur une mission de service civique en Égypte, au Caire, où il avait un rôle d’assistant d’éducation et d’accompagnement aux devoirs. Mona et Magda, pour leur part, venaient d’Égypte et ont effectué une mission de service civique en France, auprès des Diaconesses de Strasbourg. Believe, également venue en France pour une mission de service civique, qu’elle a effectuée à Marseille, est pour sa part originaire du Togo… Tous et toutes auront l’occasion d’échanger pendant les deux jours de cette « session retour », qui se tient cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre.

Le volontariat à l’international, une expérience à valoriser

L’expérience du volontariat à l’international agit toujours, pour celles et ceux qui la vivent, comme un révélateur. Elle met en lumière les forces et les faiblesses, les capacités d’adaptation, et toute personne qui est amenée à partir en mission en est nécessairement transformée. D’où l’importance, dans un premier temps, de la préparation au départ : non seulement il s’agit d’une obligation légale pour le Défap, mais c’est aussi l’occasion de fournir une « boîte à outils » aux volontaires s’apprêtant à laisser derrière eux leurs familles, leurs amis et leurs habitudes, de manière à les préparer à vivre pour le temps de leur mission dans un contexte radicalement différent, où ils seront confrontés à des enjeux nouveaux. De manière symétrique, les « sessions retours » représentent pour les envoyés revenant de mission l’une des rares occasions de se retrouver ensemble et de partager une expérience commune.

Au menu de ces deux journées denses : retours sur les missions des uns et des autres, avec des moments de témoignage au cours desquels chacune et chacun pourra évoquer sa découverte de la mission et de ses défis, de son contexte et du pays. Mais aussi préparation à la réinstallation, avec une préoccupation : transformer le vécu de la mission en expérience, pour qu’elle soit valorisée et qu’elle devienne un atout. Il n’est pas question de revenir simplement prendre sa place dans son milieu social ou familial, dans ses études ou sa vie professionnelle : faute de quoi, le risque est grand de connaître un « choc du retour », rendant la réinstallation plus difficile que le départ lui-même.

Ces « sessions retour » permettent aussi de replacer chaque projet individuel dans un projet collectif : car chacune de ces aventures vécue par les envoyés a été rendue possible par un cadre et par des relations établies de longue date entre le Service protestant de mission et ses partenaires. Il s’agit donc de faire en sorte que cette expérience du volontariat ne se limite pas à une parenthèse, ni pour les envoyés eux-mêmes, qui ont acquis une expérience au cours de la mission dont pourront bénéficier les futurs volontaires amenés à leur succéder, ni pour le Défap, pour lequel ils peuvent désormais, après avoir joué le rôle d’envoyés, endosser celui de témoins. Enfin, au-delà des sessions de groupe, ces deux journées seront l’occasion d’entretiens individuels avec le service du Défap chargé du suivi des volontaires.




Partir avec le Défap : les échanges, ça vous change

Échanges entre deux volontaires du Défap aux expériences très différentes : Luc, qui part en mission en Tunisie, a une longue carrière dans l’humanitaire. Lisa, qui part au Cameroun, est encore étudiante. Deux regards croisés sur le volontariat à l’international, ce qu’on en attend, ce qu’on y vit, ce qu’il transforme chez les volontaires qui le vivent.
À gauche : Luc, envoyé du Défap en Tunisie ; à droite, Lisa, envoyée au Cameroun © Défap

Il n’y a pas d’âge pour être volontaire du Défap. C’est particulièrement vrai quand on part avec le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Certaines et certains finissent tout juste leurs études, voire sont encore en train d’hésiter sur leur orientation, et sont en quête d’une expérience à l’international, d’une ouverture, pour pouvoir affiner leurs choix. D’autres, au contraire, ont une vie professionnelle déjà bien remplie et peuvent donner de leur temps et de leur expérience.

Pour ce mois de novembre 2023, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante, met en dialogue deux de ces volontaires aux parcours très différents. Novembre, c’est une période de l’année au cours de laquelle pratiquement tous les volontaires ayant pris part à la « session de formation au départ » du mois de juillet sont sur le terrain. Ils et elles se retrouvent donc dispersés au Cameroun, en Tunisie, à Madagascar et dans de nombreux autres pays en fonction de leur mission. L’enregistrement de cette émission a justement été réalisé avant le départ des uns et des autres, et peu après cette formation qui constitue l’un des rares moment où tous les « envoyés » du Défap se retrouvent en un même lieu et peuvent échanger à la fois sur leurs parcours, leurs motivations, et sur leurs futurs lieux d’engagement.

Partir avec le Défap : les échanges, ça vous change

Courrier de Mission
Émission du 19 novembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Deux envoyés aux parcours très différents

Voici donc Lisa et Luc. Lisa a senti que le moment de partir était venu pour elle pendant sa troisième année d’études d’infirmière. Elle connaît le Défap depuis toute jeune : elle avait déjà participé à un échange en tant que catéchumène. Elle a aussi effectué un stage dans un dispensaire en Namibie, qui a constitué pour elle « une révélation », et lui a donné envie de s’engager de nouveau en Afrique. Luc, pour sa part, a déjà une longue expérience de travailleur humanitaire. Il a effectué des missions avec de nombreuses ONG, et sur de nombreux terrains différents, avant de partir en Tunisie avec le Défap.

Dans ce dialogue entre Lisa et Luc, diffusé alors que tous deux ont rejoint leur lieu de mission, ils évoquent leurs attentes, ce qu’ils laissent derrière eux, leurs relations avec leurs proches, ce que cela représente pour chacun d’être ainsi loin de leur pays et de leurs habitudes. Ils évoquent aussi l’après-mission, et le retour en France. Ainsi que la formation au départ suivie au Défap, et ce qu’elle apporte aux envoyés.