Courrier de mission : Regard d’un accompagnateur œcuménique en Cisjordanie

Invité de l’émission Courrier de mission produite par le Défap, Cyrille Payot, pasteur de l’Église Protestante Unie de France, a partagé son expérience comme accompagnateur œcuménique en Cisjordanie d’août à novembre 2025, dans le cadre du programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel).

Lancé en 2002 à la demande des Églises de Jérusalem, ce programme international vise à assurer une présence protectrice et à documenter les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Plus de 2 000 volontaires s’y sont déjà engagés pour des missions de trois mois.

Pour Cyrille Payot, cet engagement s’inscrit dans un parcours déjà marqué par l’international et l’interculturel. Mais c’est un appel entendu lors d’un synode qui a déclenché la décision : répondre concrètement à une demande d’Églises locales, en assumant une présence sur le terrain.

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Avant leur départ, les volontaires de l’EAPPI suivent une formation approfondie portant sur le contexte politique, les règles de sécurité et la méthodologie de rédaction des rapports. Ils partent toutefois dans un environnement instable, avec l’incertitude même de pouvoir entrer sur le territoire, les ONG faisant face à des restrictions croissantes. Depuis le 7 octobre 2023, la situation en Cisjordanie s’est nettement durcie, avec une intensification des opérations militaires, des arrestations et des pressions sur les civils.

Sur place, la mission repose sur l’observation et la documentation. Les équipes rencontrent quotidiennement familles, étudiants et acteurs locaux, puis rédigent des rapports transmis aux réseaux internationaux. En trois mois, 844 incidents ont ainsi été signalés. Si leur présence se veut non violente et attentive, elle est aujourd’hui plus discrète qu’auparavant et son effet dissuasif demeure limité. Certaines actions concrètes ont néanmoins permis d’apporter un soutien ponctuel, notamment à des familles déplacées ou à des étudiants confrontés à des violences.

Au-delà des situations individuelles, Cyrille Payot souligne les conséquences profondes du contexte : restrictions de circulation, pertes d’emplois, accès limité à l’eau, démolitions et arrestations administratives, générant insécurité et traumatismes durables. De retour en France, la mission se prolonge par le témoignage, adressé aux Églises, à la société civile et aux responsables politiques. Il appelle à tenir ensemble justice et paix, convaincu qu’aucune solution durable ne peut émerger sans conjuguer exigence de vérité, responsabilité éthique et refus de la violence.

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Courrier de mission : Haïti, le prix de l’indépendance

Sous l’égide de la Fédération protestante de France, la Plateforme Haïti organise à Paris, du 28 au 30 novembre 2025, l’événement « Haïti : le prix de l’indépendance ». Ce colloque a pour ambition de rassembler autour d’Haïti des le public et les communautés engagés dans une démarche à la fois solidaire, réflexive et spirituelle.

À cette occasion, Le Courrier de mission a rencontré Philippe Verseils, représentant de la Plateforme Haïti. Dans cet entretien, il partage son parcours d’envoyé en Haïti, son engagement auprès de ce pays et son regard sur la situation politique et économique actuelle.

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Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Dans cette émission, Julien Coffinet, directeur général de la Fondation La Cause, revient sur l’accueil d’un volontaire malgache en mission de réciprocité en 2024. Une expérience rendue possible grâce au Défap, qui ouvre depuis 2023 cette forme d’engagement à des partenaires du Sud. Éclairage sur les enjeux, les bénéfices et le sens d’un volontariat qui fait grandir toutes les parties prenantes.

Julien Coffinet au Défap

 

Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Courrier de Mission
Émission du 4 juillet 2025 sur Fréquence Protestante

 




L’histoire missionnaire et la littérature

Comment les missions protestantes ont-elles façonné la littérature africaine ? De la traduction de la Bible en langues locales à l’essor d’une littérature autochtone jusqu’aux premiers romans africains, cette rediffusion explore un pan méconnu de l’histoire culturelle. Nos invitées, Claire Lise LOMBARD, responsable Bibliothèque et Archives et Blanche JEANNE, documentaliste, vous guident dans ce passionnant itinéraire entre foi, langue et création. Écoutez la rediffusion de Courrier de Mission de juin, émission diffusée par Fréquence protestante.

De gauche à droite, Blanche et Claire Lise

 

L’histoire missionnaire et la littérature

Courrier de Mission
Émission du 6 juin 2025 sur Fréquence Protestante

 




Basile Zouma : 6 ans au service du Défap

Basile Zouma, pasteur engagé dans le dialogue interculturel et l’annonce de l’Évangile, revient sur ses six années au sein du Défap – Service protestant de mission. Alors qu’il achève son mandat de Secrétaire général, il partage son expérience, ses convictions et les enjeux d’une Église ouverte au monde. Dans cette émission de Courrer de mission, il nous aide à mieux comprendre le rôle du Défap aujourd’hui : entre envoi, accueil et accompagnement.

Basile Zouma devant la façade du Défap
Basile Zouma devant la façade du Défap

 

Basile Zouma : 6 ans au service du Défap

Courrier de Mission
Émission du 2 mai 2025 sur Fréquence Protestante

 




Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience

La série de visioconférences « Les Jeudis du Défap » entame sa deuxième année après une première phase expérimentale. Cet espace d’échange et de réflexion missiologique et interculturelle permet de discuter de la mission et de son évolution. Différentes thématiques sont abordées pour mieux comprendre ses enjeux, avec l’intervention de conférenciers aux profils variés (chercheurs, enseignants, experts, etc.). Jean-Pierre Anzala, l’un des principaux initiateurs de ce concept, en parle dans Courrier de Mission.

Les "Jeudis du Défap", bilan et perspectives après une première expérience
© Photo de Skylar Kang

En 2025, huit conférences sont programmées, soit cinq de plus que l’an dernier. Jean-Pierre Anzala revient sur la genèse de ce projet, ses objectifs et son organisation. Le prochain rendez-vous des « Jeudis du Défap » aura lieu le jeudi 13 février 2025, sur inscription.

 

Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience

Courrier de Mission
Émission du 7 février 2025 sur Fréquence Protestante

 




Regards croisés : Nick et Robert en fin de séjour de recherches en France

Parvenus en fin de séjour de recherche, Robert BAHIZIRE, membre de la communauté baptiste au centre de l’Afrique, affiliée à l’Église du Christ au Congo, docteur et enseignant en République Démocratique du Congo, et Nick SANDJALI, doctorant en Ancien Testament, pasteur de l’Eglise presbytérienne camerounaise et enseignant d’Ancien Testament à l’Institut Supérieur de Théologie Dager de Bibia au Cameroun, partagent leurs expériences dans Courrier de Mission. Découvrez le dernier épisode diffusé sur Fréquence Protestante, présenté par Tolotra RANDRIAMANANJATO.

Robert et Nick en fin de séjour de recherche en France
© Wallace Chuck

Tous deux à leur deuxième expérience avec le Défap dans le cadre de travaux de recherche qui s’inscrivent dans la continuité de leurs premiers passages, Robert et Nick sont parvenus à la fin de leur séjour de recherche. Dans ce numéro de Courrier de Mission, ils nous présentent non seulement leurs travaux, mais également les démarches effectuées en amont pour obtenir leur bourse, ainsi que leurs expériences pendant les mois passés en France.

 

Regards croisés : Nick et Robert en fin de séjour de recherches en France

Courrier de Mission
Émission du 6 décembre 2024 sur Fréquence Protestante

 




La bibliothèque du Défap dans « Courrier de mission »

L’émission « Courrier de mission » du mois de novembre animée par Tolotra Haritsimba RANDRIAMANANJATO a été consacrée à la bibliothèque du Défap. Claire-Lise LOMBARD, responsable de la bibliothèque et des archives, et Blanche JEANNE, documentaliste, ont pu nous donner une vue d’ensemble sur les différentes collections, qu’il s’agisse des archives ou du fonds contemporain, et nous partager deux oeuvres qu’elles apprécient.
Claire-Lise et Blanche dans Courrier de Mission pour présenter la Bibliothèque du Défap© Le Défap

A l’origine destinée à la formation des missionnaires de la Société des missions évangéliques de Paris (1822-1971) puis ouverte aux chercheurs à la fin des années 1960, la bibliothèque du Défap réunit – en complément de ses fonds d’archives – une collection de livres et de revues principalement des XIXe et XXe siècle. Par son fonds contemporain, elle poursuit la mission de documenter le fait missionnaire d’hier à aujourd’hui.

 

Découvrir la bibliothèque

 

Que présentent les collections de la bibliothèque et pour quelle cible exactement ?

Tout en mettant en lumière la richesse de l’établissement, Claire-Lise et Blanche nous amènent à la découverte de la bibliothèque et de son histoire grâce à de petites anecdotes surprenantes ! Par ailleurs, découvrez deux de leurs coups de cœur :

La Bibliothèque du Défap

Courrier de Mission
Émission du 1er novembre 2024 sur Fréquence Protestante

 




Justice climatique : «Courrier de mission» fait le point sur l’action du Défap

En ce mois de juin dans « Courrier de mission », Guylène Dubois a reçu François Fouchier, membre du Conseil du Défap, pour parler de sauvegarde de la création, de justice climatique… et du dernier projet de « compensation carbone » du Défap. Un projet que le Défap a décidé d’élargir aux particuliers ou aux Églises qui voudraient, en le soutenant, avoir l’opportunité de réduire leur propre empreinte écologique.
© Secaar

Quoi de commun entre des foyers destinés à limiter la consommation de bois de chauffe, une ferme-école, une pompe solaire et des biodigesteurs ? Réponse : tous font partie de projets soutenus par le Défap dans le cadre de sa démarche de « compensation carbone ». Une démarche initiée à la suite d’une décision de son Conseil de 2022, et dont les traductions concrètes se multiplient… Le dernier de ces projets en date, visant à équiper un village du Bénin d’une infrastructure destinée à transformer les déchets agricoles en gaz à usage domestique, a d’ailleurs été ouverte par le Défap à la fois à des particuliers et à d’autres institutions liées aux Églises : chacun peut ainsi, en soutenant ce projet par un don, contribuer à réduire sa propre empreinte carbone…
 

Donnez pour ce projet !

 
Cette démarche, et ces projets, ont été exposés en ce mois de juin dans « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et Radio FM+. Avec comme invité, au micro de Guylène Dubois, une personnalité engagée de longue date en faveur de la sauvegarde de la création, à la fois au sein de son Église, l’EPUdF, et au sein du Défap : il s’agissait de François Fouchier. Délégué Provence Alpes Côte d’Azur du Conservatoire du littoral, il est aussi membre du Conseil du Défap, et le représente depuis des années auprès du Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale).

Comment le Défap agit pour la justice climatique

Courrier de Mission
Émission du 16 juin 2024 sur Fréquence Protestante

 

On pourrait se demander en quoi théologie rime avec écologie. Et pourquoi il est nécessaire que les Églises s’engagent dans ce domaine. C’est précisément ce qui caractérise l’action du Secaar, réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, qui cherche depuis sa création à promouvoir un développement « holistique », c’est-à-dire réconciliant toutes les dimensions de l’être humain : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). « L’homme ne vivra pas de pain seulement » : l’être humain est un tout…

Le Secaar, c’est une trentaine d’années d’histoire et d’expériences, une approche bien spécifique mêlant étroitement spiritualité et solidarité ; et c’est aussi une organisation dont le Défap est membre fondateur, et avec lequel il entretient des liens suivis. Voilà pourquoi le Défap a choisi de s’appuyer sur son expertise pour mettre en place un programme ambitieux de réduction de son empreinte écologique, en deux volets : réduction des émissions de gaz à effet de serre, et compensation des émissions résiduelles par le soutien à des projets portés par le Secaar.

Des projets bons pour l’environnement et pour les populations locales

Ce partenariat répond à la volonté de protéger l’environnement, tout en améliorant les conditions de vie des populations sur place : pas question de donner dans le « greenwashing », et d’aller, par exemple, planter des arbres au détriment des cultures vivrières de paysans locaux ! Cette préoccupation se retrouve dans tous les projets déjà soutenus par le Défap dans le cadre de sa démarche de réduction de son empreinte écologique. C’était le cas des « foyers améliorés » dont ont été équipés des villageois de la région de la Kara, au Togo : plus économes en bois, ils permettaient en même temps de protéger la santé des cuisinières. C’est le cas de la pompe solaire que le Défap aide à installer dans une ferme-école du Secaar : elle permettra de fournir des ressources en eau pour les périodes de sécheresse en utilisant une énergie propre – et permettra ainsi à l’établissement de continuer à diffuser les bonnes pratiques agricoles auprès de ses élèves.

C’est le cas, enfin, du projet de biodigesteurs pour Agbonan, au Bénin. Avec cet aspect supplémentaire, pour ce dernier projet, qu’à travers lui, le Défap va au-delà de la seule compensation carbone : car les émissions de CO2 que ce projet doit éviter seront supérieures aux émissions du Défap… Voilà pourquoi ce projet est désormais ouvert aux particuliers ou Églises qui souhaitent le soutenir.

Toutes les explications sont ici :
 

Des biodigesteurs pour Agbonan : présentation par Maëlle NKOT, notre Chargée de projets

Par votre don, vous contribuerez à plus de justice climatique, en soutenant un projet bon pour l’environnement et bon pour les villageois :

  • avec 50 € : Vous participerez à la sensibilisation de 4 ménages à la gestion et au tri des déchets.
  • avec 100 € : Vous participerez à la formation de 10 personnes à l’utilisation d’un biodigesteur.
  • avec 150 € : Vous participerez à l’achat de 5 brouettes pour le transport des déchets.
  • avec 800 € : Vous participerez à l’équipement de 75 ménages pour le tri des déchets.
  • avec 1200 € : Vous participerez à l’achat et la construction d’un biodigesteur.



Les Jeudis du Défap : «faciliter les réflexions pour une action missionnaire commune»

En ce mois de mai dans « Courrier de mission », Guylène Dubois a reçu Jean-Pierre Anzala, responsable du service Échange théologique au Défap, pour parler des « Jeudis du Défap ».
Jean-Pierre Anzala dans la bibliothèque du Défap © Défap

Avant d’être responsable du service Échange théologique au sein du Défap, Jean-Pierre Anzala a été pasteur à Brest, puis au sein de l’Église protestante réformée de la Guadeloupe, qui a depuis 2021 le statut « d’Église associée » de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ; puis au sein d’une paroisse de région parisienne, à Noisy-le-Grand, qui a a accueilli le synode national de l’EPUdF en 2023… Entretemps, il est aussi devenu aumônier régional des prisons et s’est impliqué au sein de la Coordination Évangélisation et formation de l’EPUdF. Autant de lieux et de rôles qui ont amené ce pasteur luthérien d’origine guadeloupéenne à s’interroger sur le rapport à l’autre, à sa foi, à sa culture. Au sein du Défap, il s’occupe, entre autres, de l’accompagnement des doctorants venus de Facultés de théologie partenaires présentes hors de France, et qui viennent faire des recherches au sein de bibliothèques comme celle de l’IPT (Institut protestant de théologie) ou celle du Défap. Ce qui lui a donné des idées pour mettre sur pied les « Jeudis du Défap », série de webinaires interactifs consacrés aux enjeux actuels de la mission – ce dont il s’explique au micro de Guylène Dubois dans « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et Radio FM+.

« Il y avait déjà eu en 2021 les « Jeudis de la mission », nés de la tentative de transformer un forum du Défap, dont la tenue avait été rendue impossible par le Covid, en visioconférence. J’ai voulu reprendre l’idée, mais autrement. En changeant le nom tout d’abord : il ne s’agit pas de webinaires tels que pourraient les organiser telle faculté ou tel organisme spécialisé dans l’œcuménisme. Il s’agit de montrer que le Défap a quelque chose à dire et qu’il est là aussi pour penser la mission, ses enjeux. Ensuite, il fallait trouver des ressources pour pouvoir animer ces Jeudis du Défap. Et on a une mine d’or : nos doctorants, ou ceux qui sont déjà devenus docteurs en bénéficiant d’une bourse du Défap. »

Les Jeudis du Défap : croiser les regards sur la mission

Courrier de Mission
Émission du 19 mai 2024 sur Fréquence Protestante

 

Pari réussi avec le premier de ces rendez-vous, qui a eu lieu le 4 avril sur le thème de « la mission inversée ». Peut-on véritablement considérer que le Sud, aujourd’hui, vient évangéliser le Nord ? « C’est un sujet qui interpelle à la fois les catholiques et nous-mêmes, estime Jean-Pierre Anzala. Alors il m’a paru intéressant d’avoir deux intervenants, l’un côté protestant et l’autre côté catholique. Ce croisement a donné des résultats extraordinaires : on a eu une bonne centaine de personnes en ligne. » Le texte des interventions de Corinne Valasik, maîtresse de conférences en sociologie à l’Institut Catholique de Paris, et d’Adrien Franck Mougoué, doctorant en Histoire de Religions, Département d’Histoire, Université de Douala, a depuis été diffusé par Forum protestant ; et ce premier des « Jeudis du Défap » a donné lieu à un article dans Réforme.

Deux autres dates : 5 septembre et 5 décembre

Prochain rendez-vous : le 5 septembre, sur le thème : « Le pardon chez Paul Ricœur : une proposition de construction socio-politique de la paix ». L’intervenant sera le pasteur Robert Louinor. Avant de conclure l’année le jeudi 5 décembre 2024, avec un rendez-vous sur le thème « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église » : l’intervenant en sera le professeur Gilles Vidal. « Nous voulons nous pencher sur des sujets que nous vivons tous au quotidien, avec des professeurs, des spécialistes, explique Jean-Pierre Anzala. Par exemple, cette question de l’interculturalité sur laquelle Gilles Vidal va venir réfléchir avec nous, on la vit déjà tous les jours dans les paroisses des grandes villes. Mais comment bien la vivre en Église ? »

Au-delà de ces trois rendez-vous programmés en 2024, Jean-Pierre Anzala estime que ces webinaires ont vocation à « s’inscrire dans quelque chose de plus grand. C’est une véritable interrogation qui est posée sur le Défap, et le dernier synode de l’EPUdF allait en ce sens : nous sommes de plus en plus encouragés à faire du Défap un lieu de formation missionnaire, de formation au témoignage missionnaire et chrétien ; on ne va pas devenir un IPT bis, mais on peut imaginer des moments de formation au Défap. Ainsi que la mise en relation des lieux de formation sur ces thèmes de la missiologie, de l’interculturalité dans l’Église ; pour que les Églises ne se trouvent pas à vivre des choses sur lesquelles elles n’arrivent pas à mettre des mots, des concepts… »

Inscrivez-vous aux prochains rendez-vous !

 

Trois publics : Églises, acteurs de la mission, curieux

Pour Jean-Pierre Anzala, c’est une partie de « la mission que nos Églises membres nous donnent : faciliter leurs réflexions pour avoir une action missionnaire commune. » Mais le public visé par ces webinaires va au-delà. Jean-Pierre Anzala le divise en trois :

  • « Les Églises. Je pense que le Défap a pour rôle d’être l’agent, ou le département, qui aide les Églises à penser leur action missionnaire, l’avenir et les évolutions de la mission ». Et en leur sein, plus spécifiquement « les « connaisseurs », ceux qui réfléchissent déjà à ces thématiques et sont un peu les « poils à gratter » de l’Église. »
  • « Les acteurs, ceux qui vivent la mission, ceux qui accueillent les groupes venus d’ailleurs dans les Églises, ceux qui sont partis. C’est peut-être le plus grand public auquel on s’adresse, pour qu’eux-mêmes soient des vecteurs de cette flamme auprès d’autres, pour que la mission continue. »
  • « Ceux qui se demandent ce qu’est le Défap, ce qu’est la mission : n’est-ce pas un vieux mot, est-ce toujours d’actualité ? Tous ceux qui veulent peut-être avoir d’autres relations à l’étranger, aux autres Églises, à d’autres manières de recevoir la foi. Ces chercheurs, ces curieux, le Défap, en tant qu’organisme de mission, s’intéresse beaucoup à eux aussi. »



Adrien Franck Mougoué et la «mission inversée»

En ce mois d’avril dans « Courrier de mission », Guylène Dubois a reçu Adrien Franck Mougoué. Étudiant en histoire des religions à l’université de Douala, au Cameroun, il effectue un séjour d’une année en France pour des recherches dans le cadre d’une thèse sur l’implantation de communautés de l’Église presbytérienne camerounaise en France, et Suisse et en Belgique. Issue des missions occidentales (en l’occurrence, de la Mission Presbytérienne Américaine), l’EPC développe ainsi en retour une activité missionnaire en Europe. Mais ce projet missionnaire faisait-il déjà partie des préoccupations des Camerounais venus en Europe ? Peut-on véritablement parler aujourd’hui d’une « mission inversée » ?
Adrien Franck Mougoué lors de l’enregistrement du numéro d’avril de « Courrier de mission » dans les locaux de Radio FM+, à Montpellier © Radio FM+ / Défap

Vous avez peut-être eu l’occasion d’entendre Adrien Franck Mougoué lors de la première session des « Jeudis du Défap », le 4 avril dernier : consacrée aux relations complexes et aux mouvements de personnes entre Églises d’Afrique et de France, que ce soit côté catholique ou côté protestant, elle posait la question de l’existence, à travers ces échanges, d’une « mission inversée ». Vous l’avez peut-être aussi croisé le 18 avril lors du webinaire de la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone) sur « Les communautés chrétiennes de l’Église presbytérienne camerounaise en Europe ». Ce dimanche 21 avril, il était l’invité de Guylène Dubois pour l’émission mensuelle du Défap, « Courrier de mission », diffusée sur Fréquence protestante et coproduite avec Radio FM+.

Étudiant en histoire des religions à l’université de Douala, au Cameroun, Adrien Franck Mougoué effectue un séjour d’une année en France, en bénéficiant d’un soutien financier du Défap, dans le cadre de recherches pour une thèse sur l’implantation de communautés de l’Église presbytérienne camerounaise en France, et Suisse et en Belgique. Une implantation qui a suivi le mouvement des migrations de Camerounais vers l’Europe et les pays francophones, mais qui n’obéissait pas forcément à un projet préexistant de l’EPC : comme Adrien Franck Mougoué a pu le constater au cours de ses recherches, l’apparition de ces communautés a pu se faire sans que les dirigeants de l’EPC au Cameroun en aient véritablement conscience. Et leur existence même a d’ailleurs fini par se traduire par des problèmes structurels au sein de l’Église presbytérienne camerounaise, laquelle a fini par se doter d’un « consistoire Europe » pour tenter de rassembler ces communautés nées de manière indépendante.

Adrien Franck Mougoué et la « mission inversée »

Courrier de Mission
Émission du 21 avril 2024 sur Fréquence Protestante

 

Des communautés liées à une langue et à une région

Pour Adrien Franck Mougoué, ces travaux de thèse s’inscrivent dans la continuité de ceux qu’il avait lancés depuis plusieurs années sur l’EPC, Église à laquelle il avait déjà consacré un mémoire en 2015 ; mais il s’agissait alors pour lui d’étudier les phases du développement de l’EPC au Cameroun. Au fil de ses recherches, il a découvert, comme il le dit lui-même, « plusieurs pans méconnus de l’histoire de l’EPC » : une histoire complexe qui s’inscrit dans le riche contexte du protestantisme camerounais.

Le Cameroun est un pays qui pourrait être un continent. Plus de 200 ethnies et autant de langues, réparties dans des milieux naturels très contrastés : c’est une « Afrique en miniature », comme on l’entend parfois dans la bouche de Camerounais. Dans ce paysage fourmillant, le protestantisme s’est implanté de longue date, apportant l’Évangile dès le XIXème siècle, avec tout d’abord les baptistes, incarnés par le Jamaïcain Joseph Merrick et l’Anglais Alfred Saker. Ils ont été suivis par les presbytériens américains, puis par des arrivées successives de missionnaires d’Europe, dont ceux de la Société des Missions Évangéliques de Paris. Les protestants ont construit les premières écoles, les premiers hôpitaux, la première université : l’Université protestante d’Afrique centrale, à Yaoundé. Sa faculté de théologie, où se retrouvent de futurs pasteurs, mais aussi des étudiants catholiques ou musulmans, accueille aujourd’hui dans une perspective interdénominationnelle des étudiants venant de différents pays des sous-régions d’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Ouest. C’est dans une école protestante qu’a été composé l’hymne national camerounais ; et il n’est pas rare de voir en pleine ville des panneaux publicitaires affichant des versets bibliques pour le compte de telle ou telle Église.

Guylène Dubois avec Adrien Franck Mougoué dans les locaux de Radio FM+, à Montpellier © Radio FM+ / Défap

Le protestantisme camerounais porte aussi l’héritage des missionnaires successifs qui ont fondé autant d’Églises dans les diverses régions du pays : à l’ouest les baptistes, au nord les luthériens, au sud la mission américaine… Une géographie dont l’évolution se poursuit avec la croissance plus récente d’Églises pentecôtistes qui font concurrence aux Églises dites « historiques ». À ces lignes de partage s’en ajoutent d’autres, parfois internes aux Églises, en fonction des ethnies, créant de sensibles jeux d’équilibre, voire des conflits, dans la gestion des diverses instances ecclésiales. Une situation qui n’est pas propre aux Églises, dans un pays où structures étatiques et structures traditionnelles se superposent sans s’opposer, où l’on peut retrouver des héritiers des dynasties royales, des lamibé ou des sultans, en poste dans des ministères à Yaoundé. À cela s’ajoute encore le poids de l’histoire : la division entre Cameroun francophone et Cameroun anglophone, héritage des colonies allemandes passées sous mandat français et britannique à l’issue de la Première Guerre Mondiale…

L’Église presbytérienne camerounaise, objet des recherches d’Adrien Franck Mougoué, est bien représentative de cette histoire complexe. Issue des missions occidentales (en l’occurrence, de la Mission presbytérienne américaine), elle s’est peu à peu rendue autonome de ses « pères fondateurs » ; on aurait pu penser qu’à l’étranger, elle créerait des communautés plus facilement aux États-Unis, mais c’est en fait plutôt dans les pays francophones d’Europe que des rejetons de l’EPC sont apparus. Suivant en cela les parcours individuels de Camerounais venus s’installer d’abord en France, puis en Belgique et en Suisse, avant de tenter de se regrouper par familles, puis de s’organiser pour retrouver une vie communautaire et spirituelle proche de celle qu’ils connaissaient dans leur région d’origine. C’est le parcours de ces différentes communautés, liées avant tout à une région et à une langue, voire à un village, qu’Adrien Franck Mougoué tente de retracer dans ses travaux.




Le Défap et ses envoyés : «Aider à construire un monde plus juste»

Les prochaines missions de volontariat que propose le Défap ont été ouvertes courant janvier : le recrutement des candidat.es est en cours, jusqu’à fin avril – début mai, pour des missions qui vont s’étaler sur l’année 2024-2025. Anne-Sophie Macor, chargée du recrutement et du suivi des volontaires internationaux partant en mission avec le Défap, était invitée de l’émission « Courrier de mission » pour faire le point au micro de Guylène Dubois.
Un envoyé du Défap photographié au cours de sa mission à Madagascar © Défap

En ce mois de mars, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, a accueilli Anne-Sophie Macor pour évoquer les nouvelles missions de volontariat ouvertes pour 2024-2025. Responsable des « envoyés » du Défap, elle est chargée, au sein du service RSI (Relations et Solidarité Internationale) de définir les missions au sein des structures des partenaire à l’étranger sur lesquelles le Défap pourra envoyer des volontaires internationaux (VSI ou services civiques). Elle est ensuite chargée de recevoir les candidatures, et, avec la CEP (Commission Échange de Personnes) de faire un choix : savoir qui sera le plus indiqué pour partir sur telle ou telle mission, en fonction de ses compétences, son parcours, sa personnalité… C’est un parcours qui prend plusieurs mois, avec plusieurs entretiens successifs, et différentes personnalités qui interviennent pour évaluer la motivation des candidat.es, la capacité d’intégration dans les structures d’accueil, la solidité psychologique, l’aptitude à comprendre les enjeux d’un contexte interculturel…

Au micro de Guylène Dubois, Anne-Sophie Macor revient notamment sur les missions de volontariat qui ont été ouvertes par le Défap courant janvier : le recrutement des candidat.es est en cours, jusqu’à fin avril – début mai, pour des missions qui vont s’étaler sur l’année 2024-2025. Les missions de service civique, destinées aux candidat.es les plus jeunes, durent environ un an ; les missions en VSI (Volontariat de Solidarité Internationale) peuvent durer deux ans et être renouvelées jusqu’à trois fois.

Partez en mission avec le Défap !

Courrier de Mission
Émission du 17 mars 2024 sur Fréquence Protestante

 

Des missions co-construites avec les partenaires

Les missions proposées par le Défap se déroulent essentiellement dans les secteurs de l’enseignement, de la santé ou de l’environnement. Dans des pays comme Madagascar, la Tunisie, le Cameroun, le Maroc, le Togo, l’Égypte… Certaines impliquent chez les candidat.es des compétences professionnelles spécifiques (c’est le cas des missions destinées à des VSI), d’autres ne nécessitent pas de formation professionnelle particulière (les missions de service civique). Toutes ont pour caractéristique d’être co-construites : c’est-à-dire qu’elles sont issues d’une demande des partenaires du Défap, et c’est à partir des besoins exprimés que seront définies les contours de la mission et le profil attendu pour le/la volontaire. Cette co-construction est une garantie que la mission correspond bien à un besoin sur place (elle n’est pas définie depuis Paris, au risque d’être en décalage avec les besoins réels à plusieurs milliers de km de la France) ; c’est aussi un marqueur des relations que le Défap entretient avec les Églises et institutions issues d’Églises avec lesquelles il est en lien – des relations de confiance entretenues sur le long terme, des relations de partenariat.

À noter que le Défap est le seul organisme protestant agréé pour l’envoi de VSI ; ce qui le place dans une situation particulière, avec certaines responsabilités vis-à-vis des autorités publiques (en ce qui concerne la formation et le suivi des volontaires). Mais le Défap permet aussi à d’autres organismes protestants d’envoyer des volontaires internationaux à l’étranger par le biais du « portage » (ou « intermédiation »). Le Défap a donc une position assez unique dans le milieu protestant.

Des missions dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de l’environnement… © Défap

Les missions proposées par le Défap ont aussi la particularité de se dérouler dans un cadre laïc, avec un statut reconnu par les autorités françaises (ce qui implique des garanties en termes de droit, de rémunération, de protection sociale…), mais dans un milieu d’Églises : car les institutions d’enseignement, de santé, etc… au sein desquelles les volontaires du Défap travailleront sont gérées par des Églises.

Soulignons que le Défap ne fait pas qu’envoyer des volontaires français à l’étranger : il œuvre aux mobilités croisées. C’est la deuxième année qu’il permet à des volontaires issu.es de ses Églises partenaires à l’étranger de venir en France en bénéficiant d’un statut de droit français. Ce qui est permis par un dispositif juridique français, la « réciprocité », qui permet de faire venir en France des candidats d’un pays où l’on envoie des volontaires, en bénéficiant du même statut. C’est un dispositif que le Défap commence à utiliser, mais qu’il avait contribué à faire naître en France, avec d’autres ONG françaises. L’an dernier, le Défap a ainsi permis à ses premiers services civiques de venir effectuer des missions au sein d’institutions liées à des Églises protestantes de France. Pour l’année 2024-2025, le mouvement s’élargit aux VSI.

Photo de groupe de la session de formation des envoyés de juillet 2023 © Défap