Liban : garder les «couloirs humanitaires» ouverts

La convention permettant l’arrivée de réfugiés particulièrement vulnérables issus de camps présents au Liban vient d’être reconduite avec le gouvernement français, après plusieurs mois de négociations. Elle porte sur l’accueil de 300 personnes via des « couloirs humanitaires » sûrs, alternative légale aux « voyages de la mort » en Méditerranée. Le Défap, qui a déjà une VSI sur place, Soledad André, chargée de mission de la FEP, va y envoyer prochainement une autre volontaire.

Groupe de réfugiés au départ de Beyrouth le 15 mars 2020. Au premier plan, prenant la photo : Soledad André, envoyée du Défap pour la FEP © Soledad André pour Défap

 

François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), le reconnaît : « Le nombre de réfugiés accueillis ne représente qu’une goutte d’eau mais nous voulons rester fidèles à une parole reçue, celle de l’hospitalité ». Depuis 2017, date de la signature en France du premier protocole sur les « couloirs humanitaires », un peu plus d’un demi-millier de Syriens ou d’Irakiens fuyant la guerre ont pu être accueillis en France grâce à la mobilisation d’un réseau œcuménique. Après plusieurs mois de négociations, le dispositif vient d’être reconduit grâce à une nouvelle convention signée par les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur avec la FPF et la Fédération de l’entraide protestante (FEP). Il prévoit l’accueil sur trois ans de 300 réfugiés ayant fui leur pays et actuellement installés dans des camps au Liban.

Dans l’organisation qui permet de faire venir ces réfugiés en France, et qui associe de nombreux partenaires, notamment issus du milieu protestant, le Défap intervient au niveau de la logistique. C’est ainsi que Soledad André, chargée de mission de la FEP qui accompagne à Beyrouth les réfugiés dans le cadre de ce programme, qui aide à monter leurs dossiers et qui les accompagne dans l’avion jusqu’à leur arrivée à Roissy, est une envoyée du Défap depuis 2018, avec le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Elle a été rejointe récemment par une autre envoyée du Défap, pour tenir compte à la fois de l’augmentation du nombre des personnes à accompagner, et des difficultés de la FCEI (la Fédération des Églises évangéliques italiennes, partenaire et porteuse du projet des « couloirs humanitaires » au Liban) à continuer le financement du projet et donc la continuité de la permanence de l’équipe à Beyrouth.

Une mobilisation exemplaire

Car, c’est là un point crucial, le projet ne bénéficie d’aucun financement public : il est porté essentiellement, tant sur le plan des fonds que sur le plan de l’organisation, par les Églises et les bénévoles qui y participent. À l’origine de cette initiative, il y a eu tout d’abord un constat : nombre de familles fuyant des pays en guerre comme l’Irak ou la Syrie se retrouvaient soit bloquées dans des camps au Liban… soit tentaient de traverser la Méditerranée, devenant ainsi la proie des réseaux de passeurs et de trafiquants d’êtres humains, risquant leur vie dans le naufrage d’embarcations surchargées. Le programme ayant servi de modèle à cette convention est ainsi né en Italie en 2016, à la suite de plusieurs drames particulièrement meurtriers qui avaient servi d’électrochocs au sein des opinions publiques européennes : il s’agissait d’une initiative de la Communauté catholique de Sant’Egidio, dont les juristes spécialistes du droit des étrangers avaient su utiliser les textes européens pour imaginer ces « couloirs humanitaires », destinés prioritairement aux réfugiés les plus vulnérables : enfants et familles monoparentales, patients en attente de soins urgents, personnes en butte à des persécutions. Ce dispositif avait été mis en place en association avec la FCEI et avec l’Église vaudoise, membre de la Cevaa. Une opération rendue possible non seulement par l’engagement des Églises qui avaient décidé de le prendre en charge, mais aussi grâce à l’appui de bénévoles et d’associations se chargeant d’accueillir les réfugiés et de les aider à s’intégrer au sein de la société italienne.

Devant le succès de cette initiative, le modèle a été repris dès l’année suivante en France, par le biais d’un protocole d’entente signé à l’Élysée et associant les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères à cinq partenaires issus du milieu des Églises. Les réfugiés arrivant en France via ce dispositif se sont retrouvés ainsi accueillis légalement dans le réseau de la FEP et de ses partenaires locaux ; des collectifs et des hébergements pour lesquels se sont mobilisés nombre de bénévoles issus de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ou de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), deux des unions d’Églises constitutives du Défap.

La FEP et les associations partenaires du projet ont publié en 2018 une première étude sur les familles arrivées en France depuis juillet 2017. Elle révélait que 65% des familles accueillies se disaient satisfaites de leur hébergement en France. Toutefois, si 83% des familles avaient enregistré leur demande d’asile 15 jours après leur arrivée en France comme prévu dans le protocole, près de la moitié de ces familles n’avaient pas été entendues par l’Ofpra (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) durant les trois premiers mois suivant leur arrivée en France. Des délais que l’État s’est engagé à réduire dans la nouvelle convention signée au cours de ce mois d’octobre.




Hope 360 : revivez la journée du 9 octobre en vidéo

Hope 360, c’est fini pour 2021… et c’est maintenant que tout commence pour la suite ! Retrouvez en images le reportage concocté par Asah sur cette journée de courses sportives et solidaires, en attendant GO 360 en 2022 et la troisième édition de Hope 360 en 2023 !

Sur le stand du Défap à Valence lors de la deuxième édition de Hope 360 © Défap

De la bonne humeur, des sourires et des rires, mais aussi de l’engagement et la volonté de se dépasser pour apporter plus aux autres : c’est ça, l’esprit de Hope 360, cette initiative à la fois ludique et solidaire portée par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale.

Retrouvez en images l’ambiance de la journée du 9 octobre à Valence, dans le parc de l’Épervière où on été organisés à la fois les courses, les concerts et les rencontres (vous pourrez retrouver quelques aperçus de l’équipe du Défap) ; merci à tous les participants et rendez-vous en 2022 pour GO 360, puis en 2023 pour la troisième édition de Hope 360 !
 




Hope 360 : Valence, et après ?

La deuxième édition de Hope 360 s’est achevée : cette course festive et solidaire organisée par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale dont fait partie le Défap, s’est tenue cette année en deux temps, avec tout d’abord une course connectée et délocalisée, avant de culminer en un rendez-vous physique d’une journée au parc de l’Épervière, à Valence. L’événement a eu des échos indéniables au niveau local, les dons pour les projets présentés finissent d’être recueillis : c’est l’heure de tirer le bilan et de préparer la suite.

Sur le stand du Défap à Valence lors de la deuxième édition de Hope 360 © Défap

Hope 360 est plus qu’une course, plus qu’un événement solidaire : c’est un agrégateur de volontés de changement. Celles des membres des ONG qui s’engagent dans son organisation et sont présentes sur leurs stands lors de la journée où se déroulent les épreuves ; celles des coureurs et bénévoles qui s’investissent, chacun à son niveau, soit pour courir, soit pour aider aux préparatifs ; celles de toutes les personnes qui découvrent le concept et décident d’y adhérer, que ce soit par un don ou en décidant de s’informer sur les manières de s’investir… Pour cette année 2021, Hope 360 a réuni au parc de l’Épervière, à Valence, environ 1200 personnes lors d’une journée combinant rencontres festives, courses solidaires et points d’information sur les possibilités d’engagement. Et en tout, environ 800 coureurs ont participé aux épreuves, soit en présentiel, soit à travers les défis connectés, pour aider à faire connaître les projets de la quinzaine d’acteurs chrétiens de la solidarité internationale participant à l’opération. Et pour motiver les donateurs en faveur de ces projets…

Au-delà de cette journée, qui a eu des échos positifs dans la presse locale et dont le déroulement a été suivi en direct par RCF, Hope 360, c’est un événement qui représente des mois de préparation, non seulement pour l’équipe d’Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire, collectif rassemblant des mouvement chrétiens engagés dans l’action solidaire à l’international), mais aussi pour les associations directement engagées. L’événement culminant du 9 octobre à Valence a été précédé, non seulement par une longue période de mise en place, mais aussi par une phase de mobilisation « virtuelle » des coureurs à travers une course connectée. L’idée avait émergé lors de la précédente édition de Hope 360, lorsque Célin Nzambé, médecin-chef de l’hôpital de Bafia et référent pour le projet porté cette année-là par le Défap, avait aidé à l’organisation d’une course au Cameroun en parallèle de celle prévue en France. Un concept développé bien plus largement en cette année 2021, alors que les contraintes sanitaires ont conduit beaucoup d’organisations à innover dans le travail et la mobilisation à distance en période de Covid… Cette « course connectée », grâce à laquelle des équipes pouvaient s’engager de partout pour soutenir les divers projets présentés lors de l’édition 2021 de Hope 360, a ainsi pu débuter dès le début de l’été, et se poursuivre même après le 9 octobre.

Une dynamique locale positive pour tous

Présentation du projet « Microcrédits à Bukavu » sur le stand du Défap à Valence © Défap

Bilan global en quelques chiffres : pas loin de 45.000 euros collectés en faveur des divers projets (somme qui n’inclut pas les frais d’inscription des coureurs), près de 37.000 km parcourus à l’occasion du « défi connecté » qui fixait comme objectif de « faire le tour de la Terre » (soit 40.000 km)… et au-delà des nombreux projets qui ont pu mieux se faire connaître, la mise en place de multiples rencontres et dynamiques locales. Car c’est là un aspect dont les chiffres ne peuvent rendre compte : les liens qui se tissent lors de telles opérations dépassent les cadres des institutions participantes et les frontières confessionnelles. Asah, réunissant des acteurs chrétiens engagés dans la solidarité, participe d’un mouvement œcuménique dans lequel s’unissent les efforts d’organisations, de bénévoles et de coureurs issus de milieux qui entretiennent généralement peu de liens. Valence a d’ailleurs été choisie pour cette même raison – pour la dynamique œcuménique qui existe déjà dans cette ville. Et comme il s’agissait de la deuxième édition de Hope 360 dans cette ville, la municipalité a témoigné elle aussi d’un engagement inédit, allant jusqu’à participer aux épreuves avec sa propre équipe de coureurs.

Une dynamique dont les effets se révèlent bénéfiques aussi pour chacune des organisations participantes : c’est ainsi que, dans le cas du Défap, Hope 360 a permis de mobiliser sur place un réseau local au sein des paroisses de l’EPUdF (avec notamment le rôle pivot du pasteur Dina Radafiarijaona) et a vu la participations de coureurs où se retrouvaient à la fois des membres des paroisses de l’EPUdF, des anciens envoyés du Défap, des jeunes de l’Unepref emmenés par le pasteur Pascal Gonzales… Les visites au stand du Défap, nombreuses, ont permis de présenter non seulement le projet porté à l’occasion de cette édition 2021 de Hope 360 (des microcrédits pour des familles précarisées de Bukavu), mais aussi plus largement les actions du Service protestant de mission… L’événement a même trouvé des échos auprès d’autres communautés avec lesquelles le Défap est en lien, car implantées en France par des membres d’Églises venus de pays où le Défap a des activités et des partenaires : c’est le cas du consistoire Europe de l’Église presbytérienne camerounaise, dont le modérateur, Moïse Ngwe, était à Valence le 9 octobre.

Quant au projet présenté par le Défap à l’occasion de cette édition 2021 de Hope360, il a été porté par une équipe de 39 coureurs qui ont totalisé 1174 km : il s’agissait de microcrédits pour aider des familles de Bukavu, en République Démocratique du Congo, à sortir de la précarité. Vous pouvez afficher cette présentation en plein écran en cliquant sur les trois petits points verticaux en bas, à gauche des numéros de slides.

Cette « course solidaire » organisée par Asah sera prolongée en 2022 à travers GO 360, un événement jeunesse pour les 18-30 ans, avant une troisième édition de Hope 360 prévue en 2023.

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Hope 360 : à vos baskets, prêts… Partez !

Pendant que se poursuit la course connectée, le grand rendez-vous du 9 octobre à Valence se prépare pour tous les participants de Hope360, la course solidaire organisée par Asah. Bientôt 20.000 km parcourus par tous les « hopeurs » et plus de 14.000 euros récoltés… Inscrivez-vous et venez vous joindre à nous ! Le Défap sera présent, parmi une quinzaine d’acteurs chrétiens de la solidarité internationale, avec un projet de microcrédits à Bukavu, en République Démocratique du Congo.

Participantes du projet porté par le Défap lors de la deuxième édition de Hope 360 © Défap

Des « hopeurs » venus de tous les horizons : le « défi connecté » lancé à l’occasion de la deuxième édition de Hope360 réunit déjà dans une même course des participants présents un peu partout en France, mais aussi en Allemagne, en Suède et en Italie. Lancé au début de l’été, ce nouveau concept permet à tous ceux qui veulent s’engager pour défendre un projet de solidarité de cumuler des kilomètres où qu’ils se trouvent, et de les créditer, via une appli de sport, sur le site de Hope360. À ce jour, plus de 330 participants prennent part à ce challenge. Les coureurs/marcheurs/cyclistes engagés pour soutenir le projet du Défap totalisent près de 1000 km… Mais au-delà du soutien à un projet, il s’agit de parvenir, collectivement, à un seuil symbolique : engranger ensemble plus de 40.000 km – soit le tour de la Terre ! Pour l’instant, c’est près de 20.000 km qui ont été enregistrés sur le site de Hope360, tous projets confondus… On compte sur vous pour doubler la mise d’ici le 9 octobre !

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Pour nous aider à y parvenir, une seule chose à faire : venir vous inscrire ici, et vous laisser guider pour découvrir comment accumuler des kilomètres pour le projet qui vous tient à cœur ! Et pour le faire savoir autour de vous, afin de susciter les bonnes volontés et que des amis et des proches viennent eux aussi soutenir ce projet… Le but étant de faire connaître la course et les divers projets présentés afin de recueillir des fonds.

Le 9 octobre : des courses à pied, à vélo ou en caisse à savon

Et le 9 octobre, ce sera… le grand rendez-vous de Hope360 : une journée festive durant laquelle tous les coureurs engagés pourront se retrouver à Valence, au parc de l’Épervière, pour participer ensemble à des courses à pied, à vélo ou en caisse à savon… Au programme toute la journée : interviews de grands témoins, musique, animations, village d’exposants, restauration, ateliers. Accueil des participants sur place dès 8h30 ; lancement des festivités et échauffement pour la première course à 9h30 ; puis les diverses courses s’enchaîneront à partir de 10h, jusqu’à la remise des prix à 17h. Le 9 octobre, soyez des nôtres !

Hope360 est un concept imaginé par Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire), le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale – un réseau agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité au Nord et au Sud, dont fait partie le Défap. L’objet d’Asah est de favoriser l’échange, la réflexion et la collaboration entre les associations humanitaires et autres organismes, de mutualiser et renforcer l’efficacité et la qualité des actions de ses membres, et plus largement des acteurs de solidarité, afin de répondre aux besoins réels des populations les plus démunies.

Pour cette édition 2021 de Hope360, voici un aperçu du projet du Défap (pour le soutenir, cliquez ici) : des microcrédits pour aider des familles de Bukavu, en République Démocratique du Congo, à sortir de la précarité. Vous pouvez afficher cette présentation en plein écran en cliquant sur les trois petits points verticaux en bas, à gauche des numéros de slides. Et pour en savoir plus, rendez-vous le 9 octobre sur le stand du Défap à Valence !




Vivez un été solidaire avec Hope 360

En attendant le grand rendez-vous du 9 octobre à Valence, vous pouvez participer cet été aux divers défis proposés par Hope 360, course solidaire et connectée mise en place par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale. Vous pouvez courir ou marcher et accumuler les kilomètres pour aider tous les «hopeurs» à atteindre collectivement les 40.000 kilomètres, soit le tour de la Terre ; et vous pouvez aussi participer au concours de photos lancé en partenariat avec A Rocha, pour faire profiter tous les participants des paysages que vous aurez traversés au fil des kilomètres ! Alors, en piste !

Le concours photo lancé par les organisateurs de Hope 360 en partenariat avec A Rocha © Hope 360

Hope 360 : vous connaissez, bien sûr ! Ce rendez-vous à la fois sportif, ludique et solidaire en est à sa deuxième édition. Coordonné par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, il rassemble désormais une bonne quinzaine d’associations participantes, toutes porteuses d’un projet qu’elles présentent sur le site dédié à l’événement. Le concept est simple : pour les participants, il s’agit de choisir la cause que l’on veut défendre, puis de courir afin de récolter des fonds. Comme l’indiquent les organisateurs dans leur présentation du projet, «les «hopeurs» sont tous ceux qui, touchés par la situation des démunis, décident de se mettre en mouvement pour leur rendre l’espoir. Chaque hopeur relève un défi sportif et mobilise son réseau pour soutenir le projet humanitaire qui lui tient à cœur.» Parmi les membres de cette plateforme, on trouve des organismes comme Adra, Medair, A Rocha, Portes Ouvertes ou le Défap : des représentants de toutes les facettes de l’engagement humanitaire chrétien.

Le rendez-vous principal est prévu pour le 9 octobre à Valence, au parc de l’Épervière, pour une journée de défis sportifs à pied ou à pédales… et surtout de rencontres et de festivités. Mais d’ici là, vous pouvez déjà mettre à profit l’été, non seulement pour vous préparer… mais aussi pour accumuler des kilomètres lors de la course connectée, et participer aux divers défis et concours proposés par Hope 360 !

Courez, marchez… photographiez !

Actuellement, plus d’une centaine de coureurs sont engagés dans ce défi collectif : qu’ils soient à pied ou à vélo, qu’ils marchent ou joggent, qu’ils participent de manière quotidienne ou plus épisodique, tous ont enregistré, via l’appli sportive de leur smartphone, un total de plus de 7000 km ! On est encore loin des 40.000 km, objectif symbolique fixé par ce défi (soit l’équivalent du tour de la Terre) : alors, venez apporter votre contribution ! Vous pourrez faire de vos balades, randonnées ou de vos courses de cet été un événement solidaire en participant à ce défi collectif… et vous pourrez soutenir un projet dans la perspective du grand rendez-vous du 9 octobre…

L’équipe du Défap dans les rues de Paris, lors de son parcours connecté du 12 juin © Défap

Celui du Défap concerne des micro-crédits à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Ils sont destinés à des femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien. Des activités aujourd’hui très menacées par la pandémie de Covid-19 : les mesures de confinement sans accompagnement décrétées par les autorités risquent de les priver de tout moyen de subsistance. Actuellement, les coureurs engagés pour soutenir ce projet du Défap totalisent 419 km. Un classement honorable au sein de l’ensemble des associations participantes ; mais d’autres ont fait bien mieux, comme Mercy Ships avec 867 km parcourus… ou La Gerbe, qui caracole loin devant avec la distance impressionnante de 3190 km engrangés par ses 42 coureurs ! Alors, venez nous aider à porter le projet du Défap !

Et les organisateurs de Hope 360, jamais à court d’idées, ont choisi ce jeudi 19 août, qui marque tout à la fois la date de la journée mondiale de l’aide humanitaire et celle de la photographie, pour lancer un concours destiné aux participants de ce défi connecté : il s’agit de photographier toute la diversité des paysages de la faune et de la flore que vous pourrez observer au fil de vos kilomètres parcourus. Une idée lancée en partenariat avec A Rocha France. La seule condition pour participer : être inscrit à Hope 360… Alors, inscrivez-vous et envoyez dès à présent vos photos à l’adresse suivante : elena@collectif-asah.org. Fin du concours et remise du prix : le 9 octobre 2021, lors de la course de Valence.

La première édition en 2019 avait réuni 1600 personnes dans le Parc de l’Épervière. Pour cette édition, les organisateurs espèrent atteindre les 2000 participants, à la fois sur les quatre mois de course connectée et lors de l’événement de Valence.

Retrouvez la présentation de cette deuxième édition de Hope 360 ici :

Venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap.




Madagascar : construire l’avenir des élèves de Mahanoro

En dépit des contraintes liées à la situation sanitaire, il y a des projets qui avancent. À Mahanoro, ville de la côte orientale de Madagascar, le collège-lycée géré par la FJKM, l’Église réformée malgache, compte désormais une nouvelle salle de classe, construite avec le soutien financier du Défap.

Élèves de Mahanoro © Florence Taubmann, Défap

Même si Madagascar ne figure pas parmi les pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19, les effets en sont dramatiques pour les plus fragiles. Au-delà de l’aspect purement sanitaire, cette crise s’est traduite, comme dans de nombreuses autres régions du monde, par un blocage de l’économie et des échanges, par des limitations des libertés, et par un accroissement des inégalités. Selon la Banque Mondiale, avec la pandémie, près de 1,9 millions de Malgaches supplémentaires devraient tomber sous le seuil international de pauvreté de 1,90 dollar par jour, portant le taux de pauvreté à près de 78% de la population. Pour de très nombreuses familles contraintes de survivre au jour le jour, les frais liés à la scolarisation des enfants ne peuvent plus être payés. Madagascar est actuellement le cinquième pays au monde avec le plus grand nombre d’enfants non scolarisés. Facteur aggravant : les échanges étant réduits du fait des contraintes sanitaires, de nombreux projets soutenus par des ONG internationales ont dû être reportés.

Il y a pourtant des chantiers qui avancent : c’est le cas de la nouvelle salle de classe du collège-lycée de Mahanoro dont s’occupe l’Église réformée malgache, la FJKM. Il a pu être mené à son terme avec le soutien financier du Défap. Comme en de nombreux lieux à Madagascar, tout particulièrement dans les régions éloignées de la capitale Tananarive, tout ce qui est nécessaire à l’enseignement est rationné : on manque d’enseignants, de livres… et même de classes. Une nouvelle salle construite, c’est l’assurance de pouvoir accueillir plus d’élèves, dans de meilleures conditions : celle qui a été édifiée au collège-lycée de Mahanoro est destinée aux classes de seconde.

Mieux accueillir les élèves et mieux former les enseignants

S’il arrive que des projets soient retardés, la construction de cette salle a connu un destin tout à fait différent. Notamment à cause des fréquents cyclones, qui de la mi-décembre à la mi-avril arrivent de l’océan Indien pour frapper l’Est de Madagascar, avant de traverser l’île. Accompagnés de pluies diluviennes, ils emportent les routes et submergent les cultures, ravagent infrastructures et bâtiments. C’est précisément sur cette côte orientale particulièrement exposée, au climat tropical humide, que se situe le district de Mahanoro. L’une de ces tempêtes chroniques a provoqué l’effondrement d’une salle de l’école FJKM de Mahanoro, construite en bois. Les travaux rendus nécessaires se sont donc aussi traduits par une anticipation sur le chantier de la nouvelle classe, construite, elle, en dur.

Au total, le collège-lycée de Mahanoro compte dans les 600 élèves. Il est géré par un couple d’enseignants qui ont à cœur de donner un nouvel élan à l’enseignement protestant dans cette partie de l’île – une volonté qui s’inscrit dans la dynamique de la FJKM en plein essor, et dont l’un des projets est de créer des écoles de formation de professeurs dans toutes les régions. Accueillir plus d’élèves et mieux former les enseignants étant deux des enjeux cruciaux de l’éducation à Madagascar… Car au-delà de l’alphabétisation, l’autre critère majeur pour accéder aux études supérieures et aux emplois publics est la bonne connaissance du français, qui est à Madagascar la langue des lettrés, des juristes, des universitaires. Un véritable plafond de verre pour la grande majorité de la population. Voilà pourquoi les actions du Défap dans ce pays tournent essentiellement autour de l’enseignement ; et notamment celui du français. Avec des envoyés dont certains sont présents auprès des plus jeunes (par exemple auprès de la communauté des sœurs de Mamré, à Tananarive, qui fait de l’accueil périscolaire) et jusqu’au niveau des études supérieures. À Mahanoro, Louise est la plus récente envoyée du Défap : elle a témoigné de son expérience de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) à l’occasion de nos « 50 témoignages de Pâques à Pentecôte ».

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Hope 360 : de partout vers… Bafia

J-1 pour l’événement solidaire HOPE & GO 360, qui se déroule ces 19-20 octobre à Valence. Pendant que les bénévoles sont à pied d’œuvre pour les derniers préparatifs, les membres de la vingtaine d’associations et acteurs de la solidarité internationale qui participent à l’événement mobilisent leurs équipes et se rendent sur place. C’est le cas du Défap, dont une bonne partie des permanents seront présents à la fois lors de la course, et sur le stand qui accueillera, à l’occasion de GO 360, tous les jeunes intéressés par l’envoi en mission et les dispositifs d’engagement à l’étranger. Et autour du projet porté par le Défap, la réhabilitation de l’hôpital de Bafia, les bonnes volontés se multiplient : en France, mais aussi au Cameroun, où l’on va courir aussi pour l’hôpital ; et même à Madagascar…

L’hôpital de Bafia, géré par l’EPC : une structure hospitalière, mais aussi un témoignage de l’EPC au sein de la société camerounaise © Défap

HOPE & GO 360, le grand-rendez-vous de ce week-end des 19-20 octobre mis sur pied par le collectif Asah, c’est deux événements en un : le premier, largement ouvert au public, est une course solidaire (HOPE 360). Il s’agit de courir pour récolter des fonds et susciter les engagements en faveur d’un projet que l’on veut promouvoir. Une vingtaine d’associations et organisations de solidarité internationale sont inscrites et portent des projets aussi divers que l’accès à l’éducation, aux soins, l’accompagnement de victimes d’abus… Les coureurs, en s’inscrivant, choisissent le projet qu’ils comptent promouvoir. Tous vont se retrouver dès ce samedi 19 octobre au parc de l’Épervière, à Valence, pour une journée à la fois sportive (un peu…), conviviale (surtout !), marquée par une série de courses organisées sur deux parcours (1,7 km et 6,8 km), avec possibilité de courir, marcher, faire du vélo ou… d’utiliser tout autre moyen de transport à roues non motorisé. La seule limite étant, pour cette dernière course, l’imagination des participants… Quant au deuxième événement, GO 360, qui suit directement HOPE 360 et durera jusqu’au dimanche, c’est une occasion de rencontre entre des jeunes intéressés par l’engagement, la mission à l’étranger, mais qui cherchent encore des pistes pour concrétiser. Les associations présentes lors de ce week-end animeront des stands d’information, avec des événements spéciaux et des rencontres.

Plan pour se rendre au parc de l’Épervière © Hope 360

Donner, courir, marcher… en France, au Cameroun ou à Madagascar…

Le Défap est présent aux deux : à la fois HOPE 360 (pour lequel l’équipe est largement mobilisée) et GO 360 (vous êtes donc cordialement invités à venir voir le stand du Défap !). Et pour cette première participation à cette première édition de cet événement solidaire «deux en un», le Défap porte comme projet la réhabilitation de l’hôpital de Bafia, et le soutien à son médecin-chef, le docteur Célin Nzambé. Avec une spécificité : ce samedi, au moment même où les coureurs s’élanceront sur les parcours du parc de l’Épervière, d’autres seront engagés aussi dans une course au Cameroun pour soutenir le même hôpital. Et de même qu’une cagnotte a été lancée en France pour Bafia, au Cameroun aussi on donne pour l’hôpital : une collecte spéciale a été organisée (500 CFA sont demandés par coureur) pour aider à réparer un lit d’accouchement, adapter un brancard pour sortie des malades et acheter un pèse-bébé. Quelques euros investis peuvent faire beaucoup sur place ! Voici quelques exemples :

  • un accouchement coûte 11 500 francs CFA (6 500 pour l’acte médical + 5 000 pour le matériel), soit un total de 17,50 euros
  • une opération : 60 000 CFA pour une hernie (91 euros), 120 000 pour une césarienne (182,30 euros)
  • une table d’accouchement : 320 000 CFA (486 euros)
  • une table d’examen : 150 000 CFA (228 euros)
  • un tensiomètre électrique : 30 000 CFA (45,50 euros)
  • un déambulateur : 25 000 CFA (38 euros)
  • un doppler fœtal (pour écouter le cœur du bébé) : 120 000 CFA (182,30 euros)

Cette course au Cameroun verra notamment la participation d’Amandine Drouaillet, actuellement envoyée du Défap sur place, pour assister l’équipe du docteur Célin Nzambé. Aurélie Chomel, qui l’avait précédée, pourra de son côté témoigner de son expérience à Valence, sur le stand du Défap. Elle aura l’appui de Patricia Champelovier, également infirmière, qui a elle aussi fait le voyage à Bafia pour soutenir le projet, et qui est en outre présidente du conseil presbytéral de Saint-Péray au sein de l’Ensemble Valence-Deux-Rives. Ci-dessous, vous pouvez retrouver un témoignage d’Aurélie lors de sa mission à Bafia, où elle a appuyé l’équipe du docteur Célin Nzambé :

Et comme l’engagement pour Bafia fait boule de neige, à Madagascar aussi, ce sera non pas une course, mais une marche qui va être organisée par le pasteur Raymond Rakotoarisoa pour soutenir le projet porté par le Défap à Valence. Il s’occupe actuellement d’une paroisse de la FJKM située à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Antsirabe, après avoir été pendant des années en poste à Faratsiho, dans la partie centrale de la région de Vakinankaratra, sur les plateaux. Il avait déjà participé avec la pasteure Tünde Lamboley, du Défap, à un échange avec la région Centre-Alpes-Rhône de l’Église protestante unie de France, qui s’était traduit par un voyage de Français à Madagascar en 2014, et un voyage retour de Malgaches en France en 2016. La FJKM, dont il fait partie (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara, l’Église de Jésus-Christ à Madagascar en malgache) est l’une des deux Églises partenaires du Défap dans ce pays avec la FLM (luthériens). Elle est née en 1968 de l’union de trois Églises protestantes malgaches historiques, à savoir celle issue de la Société missionnaire de Londres, celle issue de la Société des missions évangéliques de Paris (ancêtre du Défap), la troisième provenant de la Société des Missions étrangères des Amis (aujourd’hui Paix et témoignage social quaker). Plus grande Église chrétienne du pays, elle compte environ 11 millions de membres. La FLM, pour sa part (l’Église luthérienne malgache, en malgache Fiangonana Loterana Malagasy), était née née dès 1950 de la fusion des sociétés missionnaires luthériennes présentes dans l’île.

Une Église de la FJKM à Tananarive (FJKM Andravoahangy Fivavahana) © DR

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, et tous les dons peuvent sauver des vies ! Car avant de soigner les malades de Bafia, il faut soigner l’hôpital. C’est ce que vous pouvez faire en soutenant le travail entrepris par le docteur Célin Nzambé. Dans la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous, il explique dans quelles conditions il intervient, au cours d’un entretien réalisé durant l’été 2018 par Jean-Marc Bolle, qui s’est rendu sur place.

Et vous, le 19 octobre, vous joindrez-vous à l’aventure ?




Couloirs humanitaires : à Roissy, l’espoir d’un accueil

L’arrivée de réfugiés syriens et irakiens à l’aéroport de Roissy, le soir du jeudi 3 octobre, était doublement symbolique : non seulement parce qu’avec ce dix-neuvième accueil organisé dans le cadre des couloirs humanitaires, on approche des 400 personnes accueillies en France grâce à ce dispositif ; mais aussi parce que cette arrivée coïncidait avec le sixième anniversaire du naufrage de Lampedusa, une catastrophe qui avait vu la mort de 366 migrants.

Arrivée à Paris de familles syriennes et irakiennes, 3 octobre 2019 © Communauté de Sant’Egidio

 

Le 3 octobre 2013, une embarcation provenant de Libye et transportant environ 500 migrants, principalement des Somaliens et des Érythréens, faisait naufrage près de Lampedusa, à proximité de la Sicile. La catastrophe provoquait 366 morts, faisant de ce naufrage la deuxième plus grande tragédie en Méditerranée depuis le début du XXIème siècle. Seules cent 55 personnes avaient pu être secourues. «C’est un drame européen, pas seulement italien», déclarait alors le ministre italien de l’Intérieur de l’époque, Angelino Alfano. Trois semaines plus tard, le Conseil européen se prononçait en faveur du renforcement du rôle de Frontex, l’agence de surveillance des frontières extérieures de l’Europe, et annonçait la mise en place d’une «task force pour la Méditerranée» pour éviter de nouveaux drames.

Six ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire. Au moment du drame de Lampedusa, les organisations internationales estimaient à 20 000 le nombre de victimes de l’émigration vers l’Europe en vingt ans. Aujourd’hui, c’est plus de 34 000. Un scandale d’une telle ampleur qu’en juin 2018, l’ONG néerlandaise United for intercultural action a publié les noms des 34 361 migrants morts en Méditerranée à cette date, une liste reprise par trois grands quotidiens européens : The Guardian au Royaume-Uni, Der Tagesspiegel en Allemagne et Il Manifesto en Italie. Sans réussir à inverser la tendance : en 2018, plus de 2 260 migrants ont trouvé la mort en tentant de traverser la mer. Et pourtant, des motifs d’espérer existent.

Près de 400 personnes accueillies en France

Car le jour anniversaire du naufrage de Lampedusa, ce 3 octobre 2019, un groupe de réfugiés syriens et irakiens a été accueilli en soirée à l’aéroport de Roissy. Ils faisaient partie du 19ème voyage organisé depuis le Liban dans le cadre des couloirs humanitaires. Désormais, on approche des 400 personnes accueillies en France par le biais de ce dispositif qui engage les collectifs de la Fédération protestante de France, de la Fédération de l’Entraide protestante, de la Conférence des évêques de France et du Secours catholique – Caritas France.

Ce programme est directement inspiré d’un exemple italien associant la Fédération des Églises évangéliques italiennes et la communauté catholique de Sant’Egidio. Il a pour objectif l’accueil de personnes vulnérables se trouvant dans les camps au Liban, indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique. Il est régi par un protocole d’entente signé à l’Élysée et qui associe les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères à cinq partenaires issus du milieu des Églises. Ces personnes sont accueillies légalement dans le réseau de la FEP et de ses partenaires locaux, et n’arrivent en France qu’une fois assuré leur accueil dans de bonnes conditions par un collectif d’accueil local. Des collectifs et des hébergements pour lesquels se sont mobilisés nombre de bénévoles issus de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ou de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), deux des unions d’Églises constitutives du Défap. À Beyrouth même, une envoyée du Défap, Soledad André, a participé à l’organisation des couloirs humanitaires en tant que chargée de mission de la FEP.

Ci-dessous, Isabelle Yard, présidente du collectif d’accueil de Combas, témoigne de son engagement en tant qu’hébergeur :

 

«C’est dans ces moments où il semble le plus difficile d’accueillir, que les promoteurs des corridors humanitaires en France (…) ont vu au contraire se développer la solidarité, grâce à la générosité de nombreux Français, avec un engagement volontaire et gratuit», souligne la communauté de Sant’Egidio, qui a publié les photos de cette dix-neuvième arrivée à Roissy. Une situation qui, au-delà de l’Italie et de la France, interroge toutes les Églises européennes, dont beaucoup ont commencé à s’engager en faveur d’un accueil plus humain des réfugiés. En France, la FEP et les associations partenaires du projet ont publié récemment une première étude sur les familles arrivées en France depuis juillet 2017.




Courir pour Bafia, ici et là-bas

Le 19 octobre, dans le cadre de la première édition de Hope 360, course solidaire organisée par Asah, le projet du Défap (la réhabilitation de l’hôpital de Bafia) sera porté simultanément par des coureurs engagés à Valence… et par d’autres au Cameroun. Pendant que l’envoyée du Défap présente à Bafia prendra part à la course, d’autres envoyées l’ayant précédée présenteront le projet sur le stand du Défap à Valence. Les inscriptions sont encore ouvertes sur hope360.events/. Le 19 octobre, venez vous joindre à l’aventure !

L’hôpital de Bafia, géré par l’EPC : une structure hospitalière, mais aussi un témoignage de l’EPC au sein de la société camerounaise © Défap

C’est la dernière ligne droite avant le 19 octobre, et tout le monde se prépare. À Valence même, où la première édition de Hope 360 va se tenir, les bénévoles sont à pied d’œuvre pour organiser l’accueil des «hopeurs». Les coureurs se retrouveront dans les allées du parc de l’Épervière pour des parcours de 1,7 km ou 6,8 km, à effectuer soit en courant, soit en roulant (il y a des courses à vélo, mais aussi… en engin roulant sans moteur, ce qui peut aller du skate à la voiture à pédales en passant par toute les innovations roulantes imaginables). Tout est bon pour participer aux diverses courses et lever des fonds au profit des divers projets… Au sein des équipes des divers acteurs chrétiens de la solidarité internationale issus du collectif Asah, on se prépare aussi. Ils sont une vingtaine associés au projet. Il y a là des noms connus comme Medair, ADRA, Le Sel, La Gerbe, l’Ircom, Michée France, Fidesco… Un ensemble œcuménique qui propose de soutenir des projets de santé, d’éducation, de protection de l’environnement – pour plus de justice, un meilleur partage des ressources, une vie plus digne… Collectivement, les membres d’Asah sont engagés dans plus de 140 pays pour apporter des réponses d’urgence, accompagner les populations dans leur développement et interpeller les politiques de tous les continents pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Mobilisés à Valence… et à Bafia

Le Défap fait partie de l’aventure, et propose aux «hopeurs» de courir pour soutenir la réhabilitation de l’hôpital de Bafia, un établissement de l’Église presbytérienne du Cameroun. Avec une particularité : la mobilisation pour ce projet se fait à la fois en France… et au Cameroun. Car au cours du week-end du 19 octobre, pendant que les «hopeurs» seront en train d’arpenter les allées du parc de l’Épervière à pied ou en roulettes, une course se déroulera aussi à Bafia. Avec notamment la participation d’Amandine Drouaillet, actuellement envoyée du Défap sur place, pour assister l’équipe du docteur Célin Nzambé. Aurélie Chomel, qui l’avait précédée, pourra de son côté témoigner de son expérience à Valence, sur le stand du Défap. Elle aura l’appui de Patricia Champelovier, également infirmière, qui a elle aussi fait le voyage à Bafia pour soutenir le projet, et qui est en outre présidente du conseil presbytéral de Saint-Péray au sein de l’Ensemble Valence-Deux-Rives.

Ci-dessous, vous pouvez retrouver un témoignage d’Aurélie lors de sa mission à Bafia, où elle a appuyé l’équipe du docteur Célin Nzambé :

Avec peu, vous pouvez faire beaucoup

Avec peu de moyens, une structure comme celle de l’hôpital de Bafia fait beaucoup pour la santé de la population. Les établissements de santé gérés par des Églises ont en effet un rôle crucial dans un pays où les soins hospitaliers, que les patients doivent payer eux-mêmes, restent hors de portée du plus grand nombre. Mais les hôpitaux des Églises manquent eux-mêmes cruellement de moyens tant humains que matériels. Ce sont ces établissements que le docteur Célin Nzambé a décidé de réhabiliter, à la demande de l’Église presbytérienne du Cameroun. Et vous-même, par votre engagement à travers Hope 360, par les bonnes volontés que vous pourrez mobiliser, par vos dons, vous pouvez les aider à faire plus encore. Le moindre euro a une utilité immédiate. Voici quelques exemples :

  • un accouchement coûte 11 500 francs CFA (6 500 pour l’acte médical + 5 000 pour le matériel), soit un total de 17,50 euros
  • une opération : 60 000 CFA pour une hernie (91 euros), 120 000 pour une césarienne (182,30 euros)
  • une table d’accouchement : 320 000 CFA (486 euros)
  • une table d’examen : 150 000 CFA (228 euros)
  • un tensiomètre électrique : 30 000 CFA (45,50 euros)
  • un déambulateur : 25 000 CFA (38 euros)
  • un doppler fœtal (pour écouter le cœur du bébé) : 120 000 CFA (182,30 euros)

Tous les dons peuvent donc sauver des vies. Car avant de soigner les malades, il faut soigner l’hôpital. C’est ce que vous pouvez faire en soutenant le travail entrepris par le docteur Célin Nzambé. Dans la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous, il explique dans quelles conditions il intervient, au cours d’un entretien réalisé durant l’été 2018 par Jean-Marc Bolle, qui s’est rendu sur place.

Et vous, le 19 octobre, vous joindrez-vous à l’aventure ?




Hope 360 : inscrivez-vous pour défendre le projet du Défap !

Hope 360, c’est dans un peu plus d’un mois. Cette première édition d’un événement à la fois sportif et solidaire va se tenir à Valence le 19 octobre. Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Pas besoin pour ça d’être un athlète, ce qui prime, c’est l’aspect ludique. Le Défap sera présent, parmi une vingtaine d’acteurs de la solidarité internationale. Avec un projet à soutenir : la réhabilitation de l’hôpital de Bafia, au Cameroun. Les inscriptions sont ouvertes sur hope360.events/. Le 19 octobre, venez courir pour porter le projet du Défap, et sauver l’hôpital de Bafia !

L’hôpital de Bafia, géré par l’EPC : une structure hospitalière, mais aussi un témoignage de l’EPC au sein de la société camerounaise © Défap

Que faites-vous le 19 octobre ? Si vous voulez un week-end qui ait du sens, tout en partageant un bon moment avec des personnes engagées ; si vous savez allier un peu de sport (comme la course à pied… ou la voiture à pédales !) et pas mal de convivialité ; si vous savez vous-même faire preuve d’engagement et que vous voulez donner un peu de votre temps au profit des autres, alors, Hope 360 est pour vous ! Ce rendez-vous ludique autant que sportif est organisé par le collectif Asah, réseau de trente ONG d’inspiration chrétienne, agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité. Le Défap en est membre, aux côtés d’associations comme ADRA, Artisanat SEL, la Fondation La Cause, Medair…

Le 19 octobre marquera la première édition de Hope 360. Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Comme l’indiquent les organisateurs dans leur présentation du projet, «les « hopeurs » sont tous ceux qui, touchés par la situation des démunis, décident de se mettre en mouvement pour leur rendre l’espoir. Chaque hopeur relève un défi sportif et mobilise son réseau pour soutenir le projet humanitaire qui lui tient à cœur.» Pour cela, il faut s’inscrire sur le site de l’événement (hope360.events/). Cinq parcours de courses sont proposés, et une sélection de dix-sept projets à soutenir : il faut donc choisir son parcours, le projet pour lequel s’engager, payer son inscription en ligne (6 euros par participant en cas d’inscription dans une équipe, 9 euros pour les inscriptions individuelles)… Une fois que vous êtes inscrit.e, il ne reste plus qu’à en parler à vos amis et proches pour faire connaître l’événement et susciter les bonnes volontés. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, lancer une collecte en faveur du projet que vous aurez choisi de soutenir.

Le projet du Défap : soutenir l’hôpital de Bafia

Le Défap sera présent pour soutenir le projet de réhabilitation de l’hôpital de Bafia, au Cameroun, à l’initiative du docteur Célin Nzambé. Un projet qui bénéficie déjà du soutien de deux paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) : celle de Valence, à l’initiative notamment de Patricia Champelovier ; et celle de La Rochelle, dont fait partie le docteur Perrot, qui fait régulièrement des séjours courts au Cameroun via le Défap pour prêter main-forte au docteur Nzambé. Le Défap a aussi régulièrement des envoyé.e.s sur place ; l’une d’elles, Aurélie Chomel, qui a été infirmière à l’hôpital de Bafia au cours de l’année 2018-2019, sera présente à Valence à l’occasion de Hope 360 et pourra témoigner à la fois de son travail, de ce qu’apporte l’hôpital de Bafia dans la région où il est implanté… et de la nécessité de le soutenir.

Si cet hôpital est une petite structure, il a un rôle essentiel dans un pays dont tout le système de santé est fragile et dysfonctionne. Le Cameroun porte aujourd’hui l’héritage de décisions prises il y a plusieurs décennies, comme la fin de la gratuité des soins et le financement direct des soins par les patients. Une tendance qui a été la même dans de nombreux pays africains au cours des années 80, avec à chaque fois les mêmes conséquences catastrophiques, aussi bien pour le fonctionnement des hôpitaux que pour la santé publique. Aujourd’hui encore, les patients ne peuvent espérer être soignés dans la plupart des hôpitaux sans faire d’abord la preuve qu’ils pourront payer ; la conséquence étant que pour beaucoup, l’accès à des soins hospitaliers est tout simplement inenvisageable, même dans les cas les plus graves. C’est précisément ce manque que viennent combler des petites structures comme celle de l’hôpital de Bafia – une structure privée, appartenant à l’Église presbytérienne du Cameroun (EPC). Mais le réseau d’hôpitaux de l’EPC a lui-même connu des difficultés, au point que l’hôpital de Bafia, à l’arrivée de Célin Nzambé, était tout simplement désaffecté. C’est grâce à son travail, soutenu par le Défap, qu’il peut désormais jouer un rôle crucial auprès de la population de cette préfecture du centre du Cameroun.

Avec peu, vous pouvez faire beaucoup

Avec peu de moyens, une structure comme celle de l’hôpital de Bafia fait beaucoup pour la santé de la population. Et vous-même, par votre engagement à travers Hope 360, par les bonnes volontés que vous pourrez mobiliser, par vos dons, vous pouvez les aider à faire plus encore. Le moindre euro a une utilité immédiate. Voici quelques exemples :

  • un accouchement coûte 11 500 francs CFA (6 500 pour l’acte médical + 5 000 pour le matériel), soit un total de 17,50 euros
  • une opération : 60 000 CFA pour une hernie (91 euros), 120 000 pour une césarienne (182,30 euros)
  • une table d’accouchement : 320 000 CFA (486 euros)
  • une table d’examen : 150 000 CFA (228 euros)
  • un tensiomètre électrique : 30 000 CFA (45,50 euros)
  • un déambulateur : 25 000 CFA (38 euros)
  • un doppler fœtal (pour écouter le cœur du bébé) : 120 000 CFA (182,30 euros)

Alors, le 19 octobre, venez soutenir le projet du Défap ! Bafia compte sur vous. En aidant à équiper l’hôpital en matériel médical, vous aiderez à sauver des vies.




Hope 360 : le 19 octobre, courez pour sauver un hôpital au Cameroun

Hope 360, vous en avez entendu parler ? C’est l’événement ludique et sportif organisé à Valence par le collectif Asah le 19 octobre. Ce jour-là, vous pourrez courir pour soutenir un projet solidaire. Le Défap y participe et vous propose de soutenir le projet de réhabilitation de l’hôpital de Bafia. Une structure qui, avec peu de moyens, fait beaucoup au service d’une population qui n’a que très difficilement accès aux hôpitaux généraux. Découvrez, en images et en vidéo, l’histoire de cet hôpital et de l’engagement de celui qui le fait aujourd’hui revivre, avec le soutien du Défap : le docteur Célin Nzambé.

L’hôpital de Bafia, géré par l’EPC : une structure hospitalière, mais aussi un témoignage de l’EPC au sein de la société camerounaise © Défap

C’est une histoire de foi et d’engagement. De volonté et de ténacité, aussi ; une histoire de service, de partage, d’aide aux démunis, et de témoignage au sein de la société. Une histoire à laquelle vous pouvez vous associer, pour lui permettre d’aller plus loin, à partir du mois d’octobre. Le 19, plus précisément, date de l’opération Hope 360, un événement à la fois ludique et sportif organisé à l’initiative du collectif ASAH et dont le Défap est partie prenante, au cours duquel les participants pourront soutenir des projets solidaires en participant à une course à Valence.

Cette histoire commence à partir des années 1870 et se poursuit aujourd’hui ; elle se passe en grande partie au Cameroun, mais aussi en France. À la base, on trouve la mission presbytérienne américaine, première mission implantée dans le pays et à l’origine de l’Église presbytérienne du Cameroun (EPC). Elle avait mis sur pied un réseau d’hôpitaux à la qualité reconnue. Non pas des établissements prestigieux, mais au contraire de petites structures, placées volontairement dans les zones rurales, les moins bien pourvues en structures sanitaires, afin de favoriser l’accès aux soins pour toute la population. Lorsqu’en décembre 1957, l’EPC obtint son indépendance religieuse, peu avant l’indépendance politique du pays, l’événement ne marqua pas dans l’immédiat le départ des missionnaires ; mais l’Église camerounaise récupéra la gestion des divers établissements issus des missions américaines – et notamment ces hôpitaux. Dès lors, ce réseau d’établissements devait connaître une lente spirale descendante, victime à la fois de mauvaise gestion au sein de l’EPC, et de la dégradation générale du système de santé camerounais. À partir des années 80, de nombreux pays africains, dont le Cameroun, ont remplacé le système de gratuité des soins pour les malades, qui prévalait jusqu’alors, par un système basé sur le paiement direct des soins par les patients. Ce qui a eu pour conséquence à la fois de rendre les soins inaccessibles pour une bonne partie de la population, qui ne pouvait s’offrir une assurance ; et de plonger les hôpitaux, désormais financés par les seuls paiements des patients, dans des situations financières souvent catastrophiques.

Le docteur Célin Nzambé © Défap

Dans de nombreux pays, à partir des années 2000, divers gouvernements sont revenus sur cette réforme néfaste en finançant de nouveau certains soins. Ainsi dans de nombreux États actuellement, les césariennes sont gratuites pour les parturientes. Mais le Cameroun reste à la traîne, avec un système de santé en mauvais état, et des malades qui ne peuvent tout simplement pas être pris en charge dans les hôpitaux généraux, même dans les cas les plus graves. Quant aux hôpitaux gérés par l’EPC, un certain nombre d’entre eux ont tout simplement été abandonnés – à moins que le personnel, las d’attendre des années sans être payé, ne s’installe tout simplement dans les locaux pour en les transformer en habitation.

C’est le contexte qu’a découvert, en arrivant dans le pays, le docteur Célin Nzambé. Originaire de République Démocratique du Congo, envoyé au Cameroun par la Cevaa (Communauté d’Églises en mission, une communauté de 35 Églises présentes sur cinq continents et dont font partie les Églises constitutives du Défap), Célin Nzambé a décidé de rester sur place après la fin de sa mission. Avec un projet un peu fou : rendre à ces hôpitaux délaissés leur vocation première, en leur permettant de nouveau d’accueillir des patients dans les zones précisément les moins bien pourvues en structures hospitalières. Il a commencé son travail en-dehors du réseau de l’EPC, à Nkoteng, avec le soutien du Défap. Il est actuellement à Bafia, à la demande de l’Église presbytérienne du Cameroun. À chaque fois, il faut d’abord convaincre le personnel hospitalier de revenir et de travailler de nouveau à fournir des soins à la population ; relever et équiper l’hôpital ; rétablir la confiance avec les futurs patients… Dans un contexte qui reste toujours aussi défavorable, puisque, pour fonctionner, l’hôpital doit pouvoir compter sur le financement par ces mêmes patients… Vous pouvez voir ci-dessous l’état actuel de l’hôpital de Bafia : une petite structure, mais au rôle désormais reconnu, nécessaire auprès de la population ; et pour l’EPC qui la gère, c’est un renouveau de son témoignage dans la société camerounaise.

Le lien avec la France s’est fait à travers des rencontres personnelles et l’investissement de quelques personnes gagnées par l’enthousiasme de Célin Nzambé. Comme Patricia Champelovier, première infirmière française partie aider au fonctionnement de Bafia, mais aussi paroissienne de l’Église protestante unie de France à Valence, et qui a dès lors plaidé la cause des hôpitaux camerounais dans sa paroisse… Comme le docteur Jean-Pierre Perrot, cardiologue protestant de la région rochelaise qui vient régulièrement prêter main-forte à Célin Nzambé, à l’occasion de missions courtes organisées par le Défap… Aujourd’hui, le projet de Célin Nzambé est ainsi soutenu par plusieurs paroisses de l’EPUdF, au premier rang desquelles figure Valence ; le Défap a une envoyée sur place… Mais malgré toute la bonne volonté du personnel qui lui permet d’exister et de fonctionner au service de la population, l’hôpital de Bafia reste une structure avec peu de moyens, et les besoins sont grands.

C’est là que vous pouvez intervenir. Il ne s’agit pas d’aller jusqu’au Cameroun. Il ne s’agit pas non plus d’aller apporter directement des soins aux malades. Tout simplement de courir à l’occasion d’un événement festif, pour porter le projet du Défap de réhabilitation de l’hôpital de Bafia, et de participer financièrement, lors de l’opération Hope 360.




Des revenus pour les pasteurs

Le Sénégal, pays d’Afrique de l’Ouest où les relations entre Églises protestantes locales et Églises de France sont nombreuses, voit se développer de nombreux projets en partenariat. C’est le cas du projet de valorisation de terrains dont sont propriétaires des paroisses de l’Église luthérienne du Sénégal, afin d’y développer des activités génératrices de revenus permettant de financer les pasteurs. Un projet soutenu par le Défap, et qui fait partie du «carnet de solidarité» de l’UEPAL. Le point avec cet article de Valérie Thorin publié dans le numéro d’avril 2019 de l’église missionnaire.
Irrigation de cultures dans un village du Sénégal © Wikimedia Commons

 

Le Sénégal est un «paradoxe démocratique »: la vie politique est dans l’ensemble paisible, et les opérations de vote se déroulent généralement dans le calme. Pourtant, cette situation se trouve totalement inversée avant et après les élections, et la présidentielle de 2019 n’y a pas fait exception. Des violences se sont succédé dans le pays pendant la campagne électorale, et les résultats ont été vivement contestés par l’opposition, avec manifestations de rue et cortèges de protestations. La Commission nationale de recensement des votes a cependant tranché: le président sortant, Macky Salt, l’a emporté dès le premier tour avec 58,27% des voix.

Cette réélection n’est pas une surprise. En effet, le chef de l’État peut s’enorgueillir d’un bon bilan économique, notamment dans le monde rural. A son arrivée aux affaires, en 2012, il avant lancé le Plan Sénégal émergent (PSE), un programme de grands travaux destinés à faire du pays une «locomotive économique en Afrique de l’Ouest», selon ses propres mots. Au fil des ans, la croissance a atteint 6,8 0/0 par an, selon la Banque mondiale, laquelle a salué un «cadre macroéconomique solide». Seule ombre au tableau: le taux de chômage, sur-tout celui des jeunes diplômés, C’est dans ce contexte macroéconomique particulièrement porteur que s’inscrivent les petits projets « microéconomiques » soutenus par les Églises, à commencer par ceux destinés à valoriser les terrains dont elles sont propriétaires. Dans le «carnet de solidarité» de l’UEPAL en 2019 figure l’un d’entre eux: l’accompagnement des activités génératrices de revenus pour les pasteurs de l’Église luthérienne du Sénégal (ELS).

Valoriser des terrains, mais pour quoi faire ?

Ce projet naquit lors de l’échange pastoral entre Claudia Schulz (pasteure à Hautepierre et responsable de « Mosaïque» Alsace-Moselle) et Pierre Adarna Faye, alors vice-président de l’ELS. Le secrétaire général du Défap, le pasteur Jean-Luc Blanc, s’est rendu au Sénégal au début du mois de février dernier. Il a pu discuter avec les nouveaux responsables de l’ELS de la mise en place de ce type d’activités dans les paroisses rurales. En effet, celles-ci possèdent souvent de petits terrains autour du temple ou dans ses environs. Avec un minimum de formation et d’accompagnement, les familles des pasteurs sont donc à même de les mettre en culture. Jean-Luc Blanc a d’ailleurs pu constater que plusieurs initiatives agricoles étaient déjà en place, dont de l’élevage. Bien sûr, il est encore trop tôt pour faire une première évaluation, «mais dans quelques mois, ce sera possible», a-t-il noté dans son rapport de mission. D’ores et déjà, on peut voir des projets similaires, comme à Louga, dans le nord du pays, une région sahélienne très pauvre, en lutte perpétuelle contre l’avancée du désert du Sahara. Là, ce sont les femmes des villages qui sont les plus actives et notamment parce qu’elles s’assurent ainsi une indépendance économique. Dans le même temps, le programme permet de renforcer la sécurité alimentaire et de protéger l’environnement. En augmentant les niveaux de compétence et de conscience, elles deviennent plus sensibles à l’amélioration des conditions sanitaires et au bien-être de tous.

C’est exactement le même raisonnement pour les pasteurs et leur famille: développer des activités qui leur permettent de gagner de l’argent, cela signifie augmenter leur niveau de vie. Grâce à cette autonomie économique, ils pèsent moins sur la communauté ou sur d’éventuels donateurs et peuvent donc plus librement exercer leur ministère. L’agriculture vivrière et l’élevage sont des priorités: et par exemple la réduction du temps passé à la corvée d’eau grâce à des micro-barrages ou des captages pour alimenter les champs ou faire boire les bêtes est un excellent moyen d’augmenter le rendement des cultures et de garantir la bonne santé des cheptels. C’est ce genre d’activités que soutiennent le Défap et l’UEPAL, pour que les pasteurs sénégalais puissent mieux s’occuper de la vie spirituelle de leur communauté.

Par Valérie Thorin