La FPF sur les législatives : «Rien ne se construit sur la détestation d’autrui»

« Sous l’influence des voix extrémistes, notre société subit une recomposition qui inquiète au plus haut point les défenseurs des valeurs de la République », s’inquiète la Fédération protestante de France dans un communiqué. « Paix, dignité et fraternité, qui constituent l’intérêt commun et individuel que notre foi nous pousse à rechercher, ne peuvent s’ériger sur la haine ou la détestation ».

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À Paris, le 19 juin 2024

La dissolution de l’Assemblée nationale plonge notre pays dans une situation d’une gravité inédite. Lors des élections européennes, les Français ont exprimé leur souffrance, leur mal-être et leur colère, détournant le scrutin de son objectif initial. Depuis, sous l’influence des voix extrémistes notre société subit une recomposition qui inquiète au plus haut point les défenseurs des valeurs de la République.

Alors que les législatives devraient permettre un débat démocratique constructif, des délais trop courts et des promesses démagogiques irréalistes menacent de semer un profond désordre. Les trois principales formations politiques poussent les électeurs à voter par rejet plutôt que par adhésion, risquant au second tour de piéger les français dans un choix cornélien entre le racisme de l’extrême droite et l’antisémitisme de la gauche extrême. L’heure est grave. L’instabilité durable guette. La haine et la détestation ne peuvent être la base d’une société juste et fraternelle.

Ce désir d’une société plus juste et plus respectueuse est largement partagé. Paix, dignité et fraternité, qui constituent l’intérêt commun et individuel que notre foi nous pousse à rechercher, ne peuvent s’ériger sur la haine ou la détestation ; ni celle d’une personne, ni celle des institutions démocratiques, ni celle de groupes stigmatisés, qu’ils soient juifs, musulmans ou étrangers. Une société équitable et solidaire exige un esprit de concorde et le devoir de fraternité de chaque citoyen.

Dans la continuité de ses appels précédents, la Fédération protestante de France exhorte chaque citoyen à exercer son droit de vote avec conscience et responsabilité pour renforcer le tissu social et promouvoir la dignité humaine inaliénable.

Elle alerte sur l’impasse dangereuse que représentent pour notre pays, notre démocratie et notre société, les discours et visions des partis extrêmes, qui heurtent profondément les femmes et les hommes de foi inspirés par l’Évangile.

Face à la menace des extrêmes, elle invite chacun à discerner, en son âme et conscience, des femmes et des hommes capables de s’extraire des logiques idéologiques et partisanes, et de s’unir pour servir l’intérêt supérieur de la nation ; des femmes et des hommes capables de coopérer en confiance avec nos partenaires européens.

En cette heure de gravité, elle appelle les communautés chrétiennes à porter dans leur prière le bien commun que représente la République ainsi que l’esprit de fraternité et concorde de ses citoyens.

Plus que jamais, « Prenons soin les uns des autres » (Hébreux 10,24)

Pasteur Christian Krieger,
Président de la Fédération protestante de France




L’EPUdF et l’UEPAL contre le piège des extrêmes

Face à la montée de l’extrême droite qui s’est manifestée lors des élections européennes, et dans la perspective des législatives à venir, l’Église protestante unie de France et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, toutes deux membres du Défap, appellent à la responsabilité.

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Communiqué de l’Église protestante unie de France (EPUdF)

Paris, le 13 juin 2024

Face à l’extrême droite, une Église accablée, déterminée et engagée

Les résultats français des élections au Parlement européen nous accablent. Depuis dimanche soir, nous sommes sous le choc d’un parti politique d’extrême droite, porté en première place par notre pays.

L’Église protestante unie de France ne peut pas se taire. Vivre sa foi dans le monde engage notre responsabilité à travailler ensemble et individuellement pour le bien commun. Se tenir à l’écoute de l’Évangile a nécessairement des conséquences politiques qui s’opposent au programme du Rassemblement national.

Avec toutes celles et ceux qui, dans l’Église et hors de l’Église, dans les associations, les entreprises et toute la société, œuvrent pour la solidarité et la paix, pour le partage et le dialogue, pour l’hospitalité et l’écoute, nous appelons chacune et chacun à exercer son droit de vote en participant aux prochaines élections législatives. Se rendre aux urnes est une prise de parole nécessaire au bien commun.

Pendant des décennies, nos synodes successifs[1] ont affirmé que l’Évangile nous appelle à dépasser nos peurs, à résister au piège de la violence et à la tentation du rejet. Dans la fidélité à l’Évangile du Christ crucifié et ressuscité, nous redisons que chaque personne humaine est reconnue digne. Nous refusons de laisser l’Évangile servir d’argument pour exclure les uns et réduire au silence les autres.

Alors que les discours violents et méprisants occupent une large place de l’espace médiatique et empoisonnent les esprits, nous vous encourageons à entrer en discussion avec parents, voisins, collègues, amis. Nous vous encourageons à vous joindre à toutes les forces de dialogue, de justice et de paix pour débattre et construire ensemble une alternative aux idéologies d’extrême droite.

C’est de reconnaissance que l’être humain a besoin, d’estime et d’attention, et non de mépris, de rejet et d’humiliation.

Nous n’ignorons rien des situations de vie précaires, des injustices économiques et des violences sociales : faire le malheur des uns ne fera pas le bonheur des autres. La liberté, l’égalité et la fraternité sont les seuls chemins à emprunter ensemble pour une société juste. La division et l’exclusion nous mèneraient dans de dangereuses impasses.

Devant la complexité des enjeux nationaux et internationaux, nous refusons les messages rapides, lisses et simplistes. Bien loin de répondre aux défis de notre temps, ils sont inopérants car mensongers.

Toujours nous confessons que Dieu aime le monde. Cet amour nous conduit à résister à tout ce qui défigure l’être humain. Nous résisterons donc aux sirènes de la violence et de l’inhumanité véhiculées par l’extrême droite et le Rassemblement national. Nous résisterons aujourd’hui et demain, pour la vie, pour la joie, par l’espérance. En Christ est notre assurance. Nous croyons que « c’est dans le calme et la confiance que sera votre force » (Esaïe 30,15).

Pasteure Emmanuelle SEYBOLDT
Présidente du Conseil national de l’Église protestante unie de France

 

 

Communiqué de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL)

Déclaration du 13 juin 2024

Donnons la priorité à nos valeurs

En France, les élections européennes ont davantage porté sur la politique nationale que sur l’orientation des politiques de l’Union. Les résultats du scrutin ont conduit le Président de la République à appeler à des élections législatives dans un délai extrêmement court. Notre pays vit une échéance électorale majeure dans une ambiance de précipitation.

Nous invitons nos concitoyennes et concitoyens à la lucidité et à la responsabilité. Toujours imparfaite, la démocratie est une chance. Ne manquons pas l’occasion de débattre et de réfléchir. Qu’avons-nous en commun de plus précieux ? Comment redonner un élan à la vie démocratique, favoriser le développement durable, assurer à toutes et à tous un niveau de vie décent, réguler la vie sociale, protéger les citoyens, garantir la paix, faire régner la justice et mettre en place plus de solidarité ?

Les propositions extrémistes sont un piège. L’avenir se décide maintenant. Les élus ont un rôle essentiel à jouer. Il s’agit de poursuivre des projets à long terme et non de choisir des solutions démagogiques. Les Françaises et les Français aspirent à un monde plus juste, plus sûr et qui retrouve la paix. Grâce au projet européen, nous sommes passés d’une logique de l’intérêt particulier à celle de l’intérêt commun. Le repli sur soi et la fermeture ne sont pas des solutions réalistes.

En tant que protestants, nous sommes attachés à la démocratie représentative, à la place des corps intermédiaires et au respect de tous les acteurs de la société. Nos futurs gouvernants doivent impérativement être en mesure de coopérer en confiance avec nos partenaires européens. À qui confierons-nous les clés de la maison commune pour garantir une paix civile permettant aux croyants et non croyants, partisans de telle ou telle idéologie, de vivre côte à côte ? Notre foi chrétienne nous commande d’aimer notre prochain et de tendre la main à toute personne en difficulté, quelles que soient ses convictions ou ses origines. Nous invitons les citoyennes et les citoyens à voter pour orienter notre pays non vers l’affrontement permanent, mais vers le dialogue et la fraternité, au service du bien commun.

« Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes :
c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil ! » Romains 13, 11

Le Conseil de l’Union




Unepref, Refondation et place des femmes au menu du Conseil du Défap

Le Conseil du Défap des 7 et 8 juin 2024 s’est penché sur les manières de faire avancer le processus de Refondation, en prenant en compte les situations respectives de ses diverses Églises membres. L’une d’elles, l’Unepref, a choisi de réduire ses relations internationales. Le Conseil a aussi passé en revue ses actions avec ses Églises partenaires, sous l’angle de la place reconnue aux femmes.

Vue du Conseil du Défap réuni dans la chapelle du 102 boulevard Arago © Défap

Au cours de son synode des 1er et 2 juin, l’Unepref (Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France) avait mis au vote la question de ses relations avec divers organismes et communautés d’Églises. Le dossier pré-synodal comportait ainsi une large part consacrée à un audit de ses relations à l’international, et de ses liens avec le Défap, la Cevaa (Communauté d’Églises en mission), la CEPF (Communauté des Églises protestantes francophones, anciennement Ceeefe), la CMER (Communion mondiale d’Églises réformées) et la CEPPLE (Conférence des Églises protestantes des pays latins d’Europe). Les délégués, appelés à se prononcer par un vote sur chacune de ces institutions, ont choisi de réduire significativement les relations internationales entretenues par l’Unepref, qui restera membre seulement de la CEPF et de la Cevaa. Le synode s’est toutefois profondément divisé, notamment lors du vote sur les relations avec le Défap : la décision a été prise sans majorité absolue et à une voix près (24 pour la sortie du Défap, 23 pour la poursuite des relations, 7 abstentions).

Dans une lettre envoyée à l’issue de ce synode pour expliquer ces décisions, Clémence Bury, présidente de la Commission permanente de l’Unepref, a évoqué plusieurs motifs : « le positionnement confessant de l’union », « la volonté des Églises locales d’être responsables de leur vocation missionnaire », mais aussi « l’Union et ses ressources ». Et de souligner : « Conscients que nous ne pouvons être « partout » et portés par le désir d’un engagement vrai et assumé, nous devons humblement reconnaître nos limites ». Concrètement, cette décision se traduit, non par une sortie immédiate du Défap, mais par le début d’un processus de retrait progressif, comme l’a indiqué Clémence Bury dans sa lettre : « nous attendons vos recommandations en ce qui concerne les étapes de notre désengagement. En attendant, les engagements pris et en cours seront maintenus jusqu’à leur terme ». Par ailleurs, si l’Unepref veut se désengager en tant qu’union d’Églises, un certain nombre de ses Églises membres continueront à apporter leur contribution financière et à participer au Défap.

Vue du synode 2024 de l’Unepref © Unepref

Cette situation nouvelle a été évoquée lors du dernier Conseil du Défap, le 7 juin, qui a fait un retour sur les récents synodes de l’EPUdF et de l’Unepref. Avec bien sûr un questionnement sur les suites de cette décision de l’Unepref, en particulier dans l’optique du processus de Refondation dans lequel est engagé le Service protestant de mission. Le Défap avait déjà pris acte des difficultés de ses trois Églises membres, l’EPUdF (Église protestante unie de France), l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) et l’Unepref à produire ensemble un document sur leurs attentes communes. Au cours de la séance du 7 juin, le Conseil a donc décidé d’élargir son équipe chargée de faire avancer les réflexions sur la Refondation, en y intégrant les représentants de l’EPUdF et de l’UEPAL siégeant au Bureau, à savoir : Ulrich Rüsen-Weinhold pour l’EPUdF, et Enno Strobel pour l’UEPAL, qui étaient déjà au cœur des travaux engagés sur le Défap au sein de leurs Églises respectives.

Ce Conseil des 7 et 8 juin s’est également penché sur ses actions avec ses Églises partenaires, sous l’angle de la place des femmes. Comme le souligne son programme de travail « Convictions et actions », le Défap entend travailler à une égale dignité des hommes et des femmes dans l’Église et la société. Il soutient la formation théologique des femmes, encourage des projets d’éducation à l’égalité femme-homme dans l’Église, et travaille avec ses partenaires pour favoriser les candidatures féminines et encourager leur leadership dans l’Église. Cette égale dignité est un objectif plus ou moins éloigné selon les partenaires. En France même, c’est toujours un chantier en cours. Si 40% des pasteurs y sont aujourd’hui des femmes, pendant longtemps, elles ont été tenues éloignées du ministère pastoral : ce n’est qu’au tout début des années 30 qu’une femme y a été reconnue pasteur de plein droit. Hors de France, certaines Églises partenaires du Défap reconnaissent le ministère pastoral féminin, d’autres doivent être accompagnées sur ce chemin, en soutenant les voix qui plaident de l’intérieur pour une égale prise en compte des hommes et des femmes.

Cette réunion du Conseil a enfin permis d’évoquer les récentes visites aux Églises et institutions partenaires au Cameroun, l’accompagnement de l’Église de Guadeloupe, ou encore la prochaine session de formation des envoyés du Défap, qui aura lieu sur les dix premiers jours de juillet. De telles sessions sont, à chaque fois, l’aboutissement de toute une année : à la fois pour les futurs envoyés, dont la procédure de recrutement s’étale sur plusieurs mois, et pour le personnel du Défap, largement mobilisé en amont et pendant cette période de préparation au départ.




Mission de l’Église et ministères: les décisions du synode national de l’EPUdF

Le Synode national de l’Église protestante unie de France, réuni à Toulon du 8 au 11 mai 2024, a décidé de renforcer son témoignage et sa mission en affirmant trois convictions majeures.

Culte final du synode national 2024 © EPUdF

Après trois ans de réflexions partagées et de débats dans l’Église protestante unie de France, le Synode national a manifesté sa volonté de renforcer son témoignage et sa mission avec l’ensemble des Églises locales/paroisses et permettre à chaque acteur de la vie de l’Église de bénéficier de formations adaptées.

Le Synode national de l’Église protestante unie de France, réuni à Toulon du 8 au 11 mai 2024, a réaffirmé trois convictions majeures pour définir la mission de l’Église et de ses ministères :

  • Vivre toute notre vie d’Église dans une perspective missionnaire
    En prenant soin des lieux de vie d’Église en accompagnant de manière adaptée leur vie et leur témoignage, en allégeant et assouplissant la gouvernance de l’Église.
  • Favoriser notre témoignage par des ministères adaptés
    Le Synode a décidé le principe d’un nouveau ministère personnel de l’Union, différent du ministère pastoral, adapté à la dynamique d’une Église de témoins.
  • Renouveler la formation dans la perspective du témoignage
    Le synode demande de :

    • Renforcer la formation au service de tous les lieux de vie d’Église par la création d’un poste de permanent dédié à la formation.
    • Renouveler la formation initiale et continue des pasteurs

Dès 2025, le Synode national sera appelé à définir les modalités pratiques. Ces décisions ouvriront alors une période d’expérimentations.




Isabelle Gerber, nouvelle présidente de l’EPCAAL

Avant l’EPRAL, où l’élection est prévue courant juin, l’EPCAAL change de présidence : la pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine le samedi 4 mai 2024. Cette élection d’une femme est une première pour cette Église depuis sa création en 1802. L’Église luthérienne et l’Église réformée d’Alsace et de Moselle, l’EPCAAL et l’EPRAL, forment toutes deux l’UEPAL, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap.

La pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’EPCAAL le 4 mai 2024 © UEPAL

Isabelle Gerber est pasteure depuis 1995 et inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller depuis 2012, ministère complété par un temps dédié à la jeunesse en Église. De 2001 à 2012, elle a été Secrétaire générale des Équipes Unionistes Luthériennes (EUL), et a notamment été à l’origine du rassemblement jeunesse de l’UEPAL « La Parole est dans le pré ». C’est cette femme de 55 ans, mariée et mère de deux enfants, qui a été élue le samedi 4 mai à huis clos à la présidence du Consistoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (l’EPCAAL).

Isabelle Gerber a été élue à la majorité absolue au 2ème tour où il n’y avait plus que deux candidates : Esther Lenz, inspectrice ecclésiastique de Wissembourg, et elle. Parmi ses orientations stratégiques de campagne figuraient entre autres la jeunesse et l’écologie. Elle avait insisté sur la nécessité de « simplifier le mode décisionnel, le partage des ressources au niveau sectoriel ou consistorial », et de « prendre soin des conditions d’exercice de nos ministres ». Elle avait aussi souligné l’urgent besoin aujourd’hui de « faire monde commun », dans une époque où « chacun reste dans sa sphère d’appartenance, culturelle, religieuse, sociale », alors que « partager une visée commune est pourtant la clé de l’engagement et l’intérêt porté à l’autre le prérequis du vivre ensemble ». Lors du débat organisé le vendredi 19 avril, au temple Neuf à Strasbourg, entre les trois candidats à la présidence de l’EPCAAL, elle avait aussi rappelé la place privilégiée de l’Église luthérienne entre les catholiques et les réformés. Elle avait également défendu l’accueil inconditionnel au cœur de l’évangile, aussi pour les croyants de communautés différentes, en parlant de l’accueil de personnes LGBTQI+.

« Une main tendue » aux trois candidats concurrents

Isabelle Gerber devant le Consistoire supérieur de l’Église luthérienne, le 4 mai à Strasbourg © UEPAL

C’est la première fois, depuis sa création en 1802, qu’une femme est choisie pour présider l’EPCAAL. Interrogée sur RCF, Isabelle Gerber a vu dans son élection un « beau et grand signal pour dire qu’il n’y a aucune raison d’exclure les femmes d’aucun poste et d’aucune responsabilités. Ce n’est qu’un début. D’autres feront de même. » Sitôt élue, elle a offert « une main tendue » aux trois candidats concurrents, n’excluant pas de travailler avec eux par la suite, et sentant le besoin d’œuvrer avec d’autres pour « ne pas tourner en rond ».

Elle prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre avec un culte d’envoi le 8 septembre. D’ici là, le résultat du vote doit obtenir l’aval du Premier Ministre en vue de la nomination de la nouvelle élue comme présidente du Directoire. Entretemps, Isabelle Gerber termine son ministère d’inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller, où Élisabeth Mutz lui succèdera le 7 juillet.

Une élection pour renouveler la présidence de l’UEPAL à l’automne

L’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), qui vient d’élire Isabelle Gerber, constitue avec l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (EPRAL) l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). L’UEPAL, dont la présidence ne peut être assurée que par les présidents de l’Église luthérienne ou de l’Église réformée, a encore a sa tête pour quelques mois Christian Albecker, l’ancien président de l’EPCAAL. Le renouvellement de la présidence de l’UEPAL aura lieu lors d’une élection organisée au niveau du Conseil plénier le 24 septembre, après l’élection du nouveau président ou de la nouvelle présidente de l’EPRAL en juin.

L’UEPAL est elle-même l’une des trois unions d’Églises membres du Défap, avec l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France (Unepref).

Isabelle Gerber et Christian Albecker © UEPAL



Réformer l’Église en vue de sa mission

Le Synode national de l’Église protestante unie de France accueillera du 8 au 11 mai 2024 à Toulon, 200 délégués et invités.

© EPUdF

Outre l’examen des différents rapports annuels, le Synode poursuivra son travail sur le thème « Mission de l’Église et ministères » avec l’équipe des rapporteurs nationaux.

Depuis 2021, le Conseil national a initié ce processus synodal courant sur plusieurs années :

  • Dans un premier temps, allant jusqu’au Synode national 2022, il s’est agi de discerner une vision globale et de grandes orientations associées.
  • Dans un second temps, il s’agit maintenant de réformer l’Église en vue de sa mission. À cette fin, toutes les paroisses ont participé à la réflexion et transmis leurs avis. Les retours de leurs travaux ont fourni un point de départ aux échanges des neuf synodes régionaux qui se sont tenus à l’automne 2023. Chacun de ces synodes a alors élaboré et voté un document exprimant son avis sur le sujet. Ces avis rassemblés sont à la base du texte proposé aux débats du synode national.

Cette session sera donc particulièrement importante, car elle décidera des grandes orientations de la vie de l’Église pour les prochaines années, des ministères et de la formation. La pasteure Sibylle Klumpp, présidente du Conseil régional PACCA, sera la modératrice de cette session et conduira les travaux de cette assemblée composée de deux cents délégués et invités réunie au Palais du commerce et de la mer à Toulon.

La pasteure Marie Odile Wilson assurera l’aumônerie avec une équipe de musicien et le culte final qui aura lieu le samedi 11 mai 2024 à 10 h 30 au temple protestant, 22 rue Picot à Toulon où seront accueillis neufs nouveaux pasteurs reconnus au service de l’Église protestante unie de France.

Décryptage des temps forts de ce synode, lors de l’émission « Escale protestante » proposée sur RCF par les Églises protestantes du Var : présentation par la pasteure Silvia Ill et par Corinne Bianquis, membre du conseil presbytéral de l’Église unie de France à Toulon.
 




Prier avec les Églises en Israël – Palestine

En cette veille de Pâques, l’Église protestante unie de France prie avec les Églises chrétiennes en Israël et Palestine.

Elle entend et relaie leurs cris de désespoir, leur dénonciation des massacres commis. Elle porte leurs appels à l’arrêt des combats, à l’envoi d’aide humanitaire immédiate dans la bande de Gaza, à la libération des otages, à l’accès au soin des personnes blessées et à la protection des populations civiles.

L’Église protestante unie de France prie pour les Églises en Israël et Palestine. Elles sont ouvrières de paix, voix inlassables de protestation pour la justice et la reconnaissance de la dignité de toutes les personnes qui vivent dans cette région du monde.

Qu’elles soient toujours ferments de fraternité, de pardon et de réconciliation. Qu’à la suite du Christ la force de leur engagement soit dans l’action non-violente.

Leur foi témoigne de la présence de Dieu au cœur des épreuves les plus dures.

En cette veille de Pâques, avec ces Églises, l’Église protestante unie de France croit que dans le désastre, la vie peut naître à nouveau.

Elle croit que la paix s’établira sur la justice, la reconnaissance mutuelle, et qu’un avenir sûr naîtra et stoppera la spirale infernale de la violence et de la destruction. Cette promesse de vie est le message du Christ, mort et ressuscité pour l’humanité et le monde.

Que Dieu éclaire les dirigeants des peuples afin que leur seule motivation soit la paix et la protection de toutes les personnes… pour la vie.




Rendez-vous au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 18 mars, les étudiants en Master 2 « Église et Société » de l’IPT seront au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, ainsi que la Secrétaire générale de la Cevaa, Claudia Schulz. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître les rôles du Défap et de la Cevaa à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre 2021 dans la chapelle du 102 boulevard Arago

L’interculturel, en ces temps de mondialisation, nul n’y échappe ; et pas plus les paroisses protestantes que le citoyen ou le consommateur lambda. La porosité des frontières aujourd’hui ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant souvent une porosité des frontières entre cultures au sein d’une même paroisse. Conséquence : le protestantisme français aujourd’hui présente une diversité culturelle inédite, ce qui est vécu avec plus ou moins de bonheur… et plus ou moins de difficultés, parfois pratiques, mais aussi théologiques.

Et dans chaque Église, chaque paroisse, les pasteurs se retrouvent au confluent de ces enjeux, qui les mettent au défi d’adapter, voire de réinventer leur rôle. Ils doivent se faire passeurs : être capables de comprendre les contextes dont sont issus leurs paroissiens et les mettre en dialogue, nouer des liens avec d’autres Églises… C’est l’un des rôles du Défap que de les y aider. Comme le soulignait son Secrétaire général, Basile Zouma, en 2021, année où le Défap célébrait son cinquantenaire, « l’Église universelle n’est pas d’abord située géographiquement, elle est plus large. Nous aidons les communautés à en prendre conscience, à dépasser les frontières, à se décentrer dans un réel partage, à ne pas se refermer sur leurs propres difficultés ». Il s’agit donc toujours pour les pasteurs de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particuliers de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais aussi de savoir décrypter et faire communiquer entre elles des manières diverses d’envisager l’Église et la société, de croire et d’exprimer sa foi.

Un corps pastoral dont la sociologie se modifie

Tâche d’autant plus ardue que le corps pastoral, lui aussi, évolue fortement. Ce que souligne le professeur Élian Cuvillier, de l’Institut Protestant de Théologie (IPT) selon qui « le jeune qui fait de la théologie juste après le bac, européen, protestant venant des paroisses, devient une denrée rare ». Ainsi, depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Celui de l’Église protestante unie de France (EPUdF) compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’EPUdF, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Élian Cuvillier sera justement l’accompagnateur du groupe d’étudiants de l’IPT qui doivent se rendre ce 18 mars au Défap. Tous sont en deuxième année de Master, et plus précisément en Cycle M2 « Église et société », ce qui les prépare à exercer un ministère au sein de l’EPUdF. Un Cycle M2 dont Élian Cuvillier est le directeur, depuis juillet 2017, sur les deux facultés de Paris et Montpellier. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiant·es, en tant que futur·es pasteur·es, « seront nécessairement amené·es à travailler ».

Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiant·es de l’IPT sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, alors responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier. Pour cette année 2024, le programme a été établi par le service Échange théologique du Défap et associe, pour la première fois, la Cevaa. C’est en effet au sein de cette Communauté d’Églises en mission, née en même temps que lui, en 1971, de la Société des Missions Évangéliques de Paris, que se déploient une grande partie des activités du Défap ; elle regroupe la majorité des Églises avec lesquelles il est en lien dans et hors de France ; et la Cevaa, comme le Défap, travaillent à favoriser les échanges et faire vivre les liens entre Églises. Les étudiants du Cycle M2 pourront tout d’abord rencontrer l’équipe du Défap, lors d’une présentation de ses divers services et d’un repas en commun ; et ils pourront s’entretenir avec la Secrétaire générale de la Cevaa, Claudia Schulz, qui leur fera une présentation durant l’après-midi des enjeux et des activités de la Communauté d’Églises en mission.
 

Devenir pasteur·e ou théologien·ne
Le cycle M de l’Institut Protestant de Théologie prend la forme d’un cursus de deux ans (M1, M2 Église et société / M2 « Corpus biblique/corpus systématique/corpus historique/corpus pratique/œcuménisme »). Le Cycle M mention « Corpus et œcuménisme » a pour objectif de préparer des théologien·ne·s dans les spécialités nommées pour être capable de réfléchir les faits religieux en dialogue avec les sciences humaines et sociales dans une société laïque (débouchés professionnels : journalisme, travail dans des ONGs, médiation en situation interreligieuse). Le Cycle M mention « Église et société » prépare à un ministère dans l’EPUdF. La première année est commune aux deux mentions et propose des séminaires dans les quatre disciplines histoire / biblique / systématique / théologie pratique et se clôt par un premier mémoire. La deuxième année vise à compléter la formation en approfondissant les connaissances et les expériences. Elle est distincte en fonction de la mention ; l’entrée dans la mention « Église et société » est conditionnée à l’accord de la Commission des ministères (CDM) de l’EPUdF.



Vœux de Noël 2023

Les organismes internationaux et européens protestants transmettent leurs vœux de Noël et leur message de fraternité.

 

 

Six pays d’Europe vous souhaitent un joyeux Noël

Les membres de la Conférence des Églises protestantes des pays latins s’associent pour créer une vidéo spéciale Noël.

À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent un grand joie (Matthieu 2.10)

Extrait :

« Nous préparons nos cœurs à accueillir Emmanuel comme si c’était la première fois, plein d’enthousiasme et d’espoir. Nous préparons notre chapelle avec de la musique, des fleurs et des photos pour nous recevoir et célébrer comme si c’était la première fois. »

Découvrez la suite dans la vidéo ci-dessus.

 

 

Un appel à l’aventure évangélique

Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. (Jean 1,5)

Message de Noël de l’évêque Henrik Stubkjær, Président de la Fédération luthérienne mondiale.

L’Évangile de Noël est un appel à ouvrir les yeux pour apercevoir Dieu en des lieux inattendus, ici parmi nous, et pour apercevoir l’espérance. C’est un appel à l’action : avec la déclaration d’amour de Dieu, nous pouvons aller dans le monde faire œuvre d’espérance et d’action. La joie et la paix de Noël s’épanouissent dans le partage.
Un jour, dans un foyer diaconal accueillant des hommes marginalisés sur le plan social, j’ai vu deux hommes offrir un bouquet de fleurs et un poème au directeur pour son anniversaire. Voici le poème qu’ils avaient écrit :

C’est impossible, dit la Fierté.
C’est risqué, dit la Raison.
C’est sans issue, dit l’Expérience.
Essayons, murmure le Cœur.

Pour en savoir plus : cliquez ici

 

 

Quelle est cette lumière ?

Le Conseil œcuménique des Églises a partagé son message de Noël au monde entier, un monde où des défis croissants menacent d’amoindrir notre espérance.

Découvrez-le ici.

 

 

Puissions-nous faire la paix !

« Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’autorité repose sur ses épaules, et il est nommé Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix », Ésaïe 9. 6.

Découvrez le message de Noël de la Conférence des Églises européennes (CEC).

 

 

Bethléem à l’esprit

Et toi, Bethléhem Ephrata,
qui es petite parmi les villes de Juda,
de toi sortira pour moi
celui qui dominera sur Israël[a] et dont l’origine remonte loin dans le passé, à l’éternité.
Michée 5:1

Découvrez le message de Noël de la Communion mondiale des Églises réformées.




Les protestants dénoncent l’antisémitisme

Selon le ministre de l’Intérieur, qui s’exprimait le 14 novembre sur Europe 1, 1518 actes et propos antisémites ont été signalés en France depuis le 7 octobre, donnant lieu à près de 600 interpellations – des chiffres trois fois supérieurs à ceux constatés sur toute l’année 2022. Face à cette recrudescence, de nombreuses marches civiques ont été organisées dimanche 12 novembre à travers toute la France et ont réuni quelque 182 000 participants. Les protestants y étaient représentés, comme à Paris où Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, a défilé en tête du cortège. Le lendemain, les représentants des principaux cultes ont été reçus par le président de la République, qui leur a demandé de participer à « un effort pédagogique », en particulier auprès des jeunes. Les Églises membres du Défap ont diffusé des communiqués dénonçant fermement la multiplication des actes antisémites. Les responsables religieux du CECEF (Conseil d’Églises chrétiennes en France), réunis lundi 13 novembre, ont tenu pour leur part à exprimer leur soutien aux communautés juives et musulmanes de France.

Le président de la Fédération protestante de France, Christian Krieger, participant à la marche contre l’antisémitisme avec de nombreux responsables politiques, le dimanche 12 novembre à Paris © FPF

Déclaration de l’UEPAL contre l’antisémitisme en France
10 novembre 2023

Si les mots manquent pour dire ce que nous ressentons sur les événements en Israël, Gaza et Palestine, il serait pour autant une erreur de se taire sur ce qui se passe en France : la montée de l’antisémitisme et de l’islamophobie.

Rappelons la déclaration fraternelle du protestantisme au Judaïsme dans le document intitulé « Cette mémoire qui engage » de décembre 2017 :
La Fédération Protestante de France condamne l’antisémitisme sous toutes ses formes… « comme une attitude absolument inconciliable avec.[…] la foi chrétienne »… Cette déclaration affirmait également la coresponsabilité des chrétiens, par omission ou par silence, dans la tragédie de la Shoah.
Retrouvez la déclaration de la FPF en ligne

De son côté, l’UEPAL a adopté, en juin 2017 à l’occasion des 500 ans de la Réforme, une déclaration intitulée « Luther, les Juifs et nous aujourd’hui » dont voici la conclusion :
« Au-delà de l’antijudaïsme religieux, l’antisémitisme gangrène jusqu’à nos jours nos sociétés et nos mentalités. Nous voulons en prendre davantage conscience et le combattre plus fortement que par le passé dans nos communautés et dans l’espace public. »
Retrouvez la déclaration de l’UEPAL en ligne

Ces textes rejoignent hélas notre actualité, alors que les actes antisémites en France augmentent de façon inquiétante.

Notre responsabilité consiste à permettre aux Juifs de vivre libres et en sécurité dans notre pays. Ils ne devraient pas craindre de vivre publiquement leur religion et leur culture. Or cette peur est de retour. Les événements en Israël-Palestine ne peuvent en aucun cas constituer un prétexte pour relativiser les attaques dont juifs ou musulmans pourraient faire l’objet dans notre pays.

La République protège tous les citoyens et reconnaît à chacune et chacun de vivre librement et en sécurité sa religion et sa culture.

La Conférence des responsables de culte en France regroupe des représentants des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe et protestante), du judaïsme, de l’islam, du bouddhisme. Elle appelle : « nos concitoyens, croyants ou non, à préserver et cultiver les relations fraternelles qui lient les uns aux autres dans le respect et l’attention mutuelle ; à rejeter fermement tout antisémitisme, tout racisme, tout mépris ou discours de haine et de mort ; à rechercher inlassablement la vérité et la justice en vue de la paix. »

Nous invitons toutes nos communautés à prier et agir sans relâche pour qu’adviennent justice et paix.

Le Conseil de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine

 

Déclaration de l’Église protestante unie de France :
L’antisémitisme, c’est « non » !

Un « non » qui engage
Dans d’autres langues, il existe des formules courtes et chocs pour dire que des idées, des actes, des positionnements sont inadmissibles. « No way », « no passaran »…

Quelle formule inventer en français pour dire avec autant de force que certaines choses ne sont pas et ne seront jamais acceptables ? Peut-être tout simplement exprimer fermement un « non » !

L’antisémitisme, c’est non ! Le rejet, l’exclusion, l’agression, le meurtre au motif du judaïsme, c’est « non » !

La recrudescence actuelle des actes antisémites est insupportable. C’est « non » !

Et ce « non » est dans le tout du « non » au racisme, au rejet de celles et ceux qui sont différents.

Ce « non » est un « non » positif, un « non » qui protège la vie, un « non » qui tient debout. Il est soutenu et précédé par le « oui » de Dieu sur toute vie !

Ce « non » engage et appelle à la défense des personnes victimes. Il nomme l’insoutenable, il le rend visible, il donne corps à une résistance.

Collectivement, au-delà des convictions partisanes, ce « non » se dit et se vit. Ce week-end particulièrement, ce « non » pourra se dire dans une marche citoyenne à Paris ou ailleurs. À chacune et chacun d’inventer ensemble comment dire ce « non » et accueillir le « oui » de Dieu.

Prière

Quand le monde s’embrase et nous échappe,
Quand sa complexité nous laisse dans l’incompréhension,
Quand toute parole semble vaine ou malvenue,
Apprends-nous Seigneur à faire silence.

Quand des êtres humains sont exclus ou agressés, menacés ou assassinés,
Quand nos frères et sœurs sont victimes d’actes de haine parce qu’ils sont juifs,
Quand des populations entières sont stigmatisées et vivent dans la peur à cause de leur religion ou de leur origine,
Apprends-nous Seigneur à dire fermement « non ».

Quand les cris de celles et ceux qui souffrent se heurtent à notre impuissance,
Quand nous ne savons plus discerner où se trouve la justice,
Quand nous nous réfugions dans l’indifférence,
Apprends-nous Seigneur à nous mettre à ton écoute, à entendre le « oui » que tu poses sur toute vie, à veiller sur les étincelles d’espérance qui germent dans la nuit du monde.

Amen

En Ile-de-France, l’organisation de la marche civique coïncidant avec celle du synode régional de l’EPUdF, les participants de ce dernier ont voté un vœu soulignant que « le synode, retenu par ses travaux et n’ayant pu se joindre à la marche contre l’antisémitisme, assure toutes les communautés juives de région parisienne de son amitié et de son soutien. »

 

Déclaration du CECEF (Conseil d’Églises chrétiennes en France)

Les responsables religieux unis pour la fraternité : Rencontres interconfessionnelles en France
Paris, le 14 novembre 2023

Lundi 13 novembre, les représentants religieux chrétiens de France se sont unis pour exprimer leur soutien aux communautés juives et musulmanes de France.

Ensemble, le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président de la Conférence des évêques de France et du Métropolite Dimitrios Ploumis, président de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France, ont rencontré le Grand Rabbin Haïm Korsia pour lui réaffirmer leur soutien sans faille face à la situation préoccupante que connait aujourd’hui notre pays, en particulier la très forte augmentation des actes antisémites en France depuis un mois, tout en mettant l’accent sur l’avenir.

Dans le même esprit, ils ont rendu visite et échangé avec Me Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, afin de lui manifester leur solidarité envers les musulmans de France, alors que les discours antimusulmans réducteurs et les amalgames se multiplient dans notre pays.

L’objectif principal de ces rencontres était de comprendre les réalités vécues par ces communautés, mais surtout, de réfléchir ensemble à la mise en place d’initiatives concrètes destinées à renforcer l’harmonie interreligieuse parmi les jeunes générations.

Ces initiatives ont pour ambition de maintenir élevé le niveau du dialogue interreligieux en ces temps troubles, de favoriser la compréhension interculturelle et de soutenir des actions concrètes pour une société plus fraternelle. Ces cinq représentants de cultes se sont engagés à orienter leurs actions de sorte que la diversité culturelle et religieuse devienne une réelle source de fraternité, de solidarité et de paix sociale pour tous, notamment pour les générations à venir.

Pasteur Christian Krieger
Président de la Fédération protestante de France

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Président de la Conférence des évêques de France

Mgr Dimitrios Ploumis
Président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France




Tour des Synodes régionaux de l’EPUdF

Cet automne, chaque région de l’Église Protestante Unie de France, l’une des trois unions d’Églises constitutives du Défap, organise son synode, et poursuit sa réflexion sur le thème : « La mission de l’Église et les ministères ». Un thème qui est au cœur même des activités du Défap, dont les représentants sont, comme chaque année, présents pour participer à chacun de ces synodes.

© EPUdF

En cette année 2023, les synodes régionaux de l’EPUdF, à partir des rapports régionaux, vont débattre autour de quatre grandes thématiques sur le thème lancé depuis 2021 : « La mission de l’Église et les ministères » :

  • Témoigner par des paroles et des actes
  • Témoigner en intégrant la diversité de l’Église universelle
  • Témoigner en s’appuyant sur une variété de ministères
  • Témoigner grâce à la formation continue de tous (spirituelle, théologique, humaine)

Les questions sur la mission, tous les organismes missionnaires comme le Défap y sont aujourd’hui confrontés, dans un temps qui connaît des évolutions de plus en plus rapides et de grande ampleur. Et ce qui est vrai des organismes missionnaires l’est tout autant des Églises elles-mêmes.

Comme chaque année, le Défap est présent à ces divers synodes régionaux, dont voici le calendrier :

 

Région Date et lieu du synode
Centre-Alpes-Rhône 10-12 novembre à Vogue
Cévennes-Languedoc-Roussillon 17-20 novembre à Sète
Est-Montbéliard 18-20 novembre à Besançon
Nord-Normandie 17-20 novembre à Criel -sur-Mer
Ouest 17-19 novembre à Angers
Provence-Alpes-Corse- Côte d’Azur 17-20 novembre à Sainte Tulle
Région parisienne et l’Inspection luthérienne de Paris 10-12 novembre chez les diaconesses à Paris
Sud-Ouest 17-20 novembre à Bordeaux

Une réflexion au long cours

Au Défap, la réflexion est engagée depuis mars 2018, lorsque son président, Joël Dautheville, avait lancé un appel en faveur d’une dynamique refondatrice dans son message à l’ouverture de l’Assemblée générale. Une réflexion qui ne peut bien sûr être indépendante de celle des Églises constituant le Service Protestant de Mission. Mais en la matière, chacune avance en fonction de son propre contexte, de sa propre histoire et au rythme de ses propres instances. En octobre 2019, le colloque organisé au 102 boulevard Arago «Vers une nouvelle économie de la mission : parole aux Églises» avait permis de réunir les présidents des trois Églises constitutives du Défap : l’EPUdF, l’UEPAL et l’Unepref. Il s’était traduit par des échanges très riches au cours desquels s’étaient exprimées les diverses conceptions de la mission, et une diversité d’attentes vis-à-vis du Défap.

Actuellement, le processus de réflexion de l’EPUdF (Église Protestante Unie de France), de l’UEPAL (Union des Église protestantes d’Alsace et de Lorraine) et de l’Unepref (Union des Église protestantes réformées évangéliques de France) sur leurs attentes communes vis-à-vis du Défap est toujours en cours. Un premier texte issu des travaux au sein de l’EPUdF a été soumis au dernier Conseil du Défap et a fait l’objet de discussions lors de travaux de groupes.




Israël – Palestine, la parole des Églises

L’Action Chrétienne en Orient (ACO) fait partie des organismes œuvrant dans le milieu des Églises avec lesquels le Défap entretient des liens étroits. Certains des volontaires du Défap, en Égypte par exemple, sont co-envoyés avec l’ACO. Un autre lieu d’engagement commun au Défap et à l’ACO est le Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI), mis en place en 2002 par le Conseil œcuménique des Églises pour aider les efforts de paix entre Israéliens et Palestiniens. Depuis le 7 octobre, l’ACO s’efforce de diffuser des informations et des déclarations d’Églises appelant à l’apaisement. Elle vient de rédiger un communiqué détaillé faisant le point sur ces divers appels et fournissant de nombreux liens, que nous reproduisons ici.

© iStock

Depuis le début des événements qui ensanglantent Israël et la bande de Gaza, puis la Cisjordanie et le sud du Liban, l’ACO a choisi de relayer, sur sa page Facebook, des informations, des analyses et des points de vue qui aident à la compréhension des enjeux du conflit.

Pour nous, chercher à comprendre la violence structurelle et complexe de la situation israélo-palestinienne n’a jamais pour objectif de justifier les crimes et les actes de guerre. C’est au contraire une manière de ne pas se laisser emporter par les émotions qui nous touchent et ne pas sombrer dans le ressentiment envers les uns ou envers les autres. Nous savons que de part et d’autre beaucoup aspirent à la paix via une solution politique qui soit juste et satisfaisante pour tous. Nous savons aussi que les extrémistes des deux camps ont sciemment choisi, depuis trente ans (et les accords d’Oslo en 1993), d’étouffer toute solution pacifique pour mettre en œuvre une logique jusqu’au-boutiste. Nous voyons l’échec de leurs idéologies, nous déplorons le fanatisme, nous dénonçons l’illusion que la violence pourrait apporter la sécurité ou la justice.

L’ACO fait également le choix de relayer le positionnement des Églises palestiniennes, notamment des Églises protestantes et des mouvements œcuméniques qui n’ont cessé d’interpeller, depuis des années, les Églises et les institutions occidentales et internationales, sur l’impasse et les dangers d’une situation devenant chaque jour plus intenable.

Depuis le 7 octobre, ces Églises dénoncent premièrement et très clairement le recours à la violence. Elles déplorent la perte de tant de vies humaines, en premier lieu les civils innocents, israéliens et palestiniens. Elles se positionnent clairement contre toute forme de vengeance alimentant le cycle des représailles et nourrissant la haine mutuelle.

Elles prient pour toutes les victimes et appellent à la paix.

Elles rappellent également avec force qu’il n’est pas possible de comprendre la situation générale sans prendre en compte le contexte de l’occupation et de la colonisation de la Cisjordanie, de même que le blocus de Gaza, situations qui perdurent et empirent depuis des décennies.

Elles demandent le respect du droit international et appellent de tout leur cœur une solution politique faisant droit à la coexistence de l’ensemble des Israéliens et des Palestiniens.

Elles rendent compte de leur vécu et de leurs analyses qu’il est nécessaire d’accueillir et d’entendre si nous souhaitons véritablement comprendre nos frères et sœurs chrétiens palestiniens.

Enfin ces Églises dénoncent les théologies de certaines Églises évangéliques et protestantes qui, aux Etats-Unis et en Europe, justifient aveuglément et sans aucune retenue la politique de l’Etat d’Israël à l’égard du peuple palestinien et sa manière de conduire la guerre, souvent en invoquant des interprétations eschatologiques (« de la fin des temps ») de passages bibliques.

Ces prises de position doivent nous interpeller même si elles peuvent nous heurter ou nous embarrasser : elles doivent nous obliger à la réflexion et à la compréhension de la situation.

Nous ne voyons pas d’avenir dans les crimes terroristes du Hamas ni dans la réponse militaire d’Israël à l’égard des civils de Gaza et de Cisjordanie. Nous croyons que les victimes israéliennes et palestiniennes sont in fine victimes de tous ceux qui ont tant de fois fait échouer la paix par le passé. Nous croyons qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il est essentiel d’encourager toutes celles et ceux, Israéliens et Palestiniens, qui s’engagent pour la paix et la justice à travers tant d’associations et d’initiatives sur le terrain. A quand des responsables politiques prêts à construire une coexistence pacifique et juste ?

Nous nous reconnaissons dans toutes les initiatives de rencontres en Église qui proposent des temps de prière, de silence et de méditation autour de la recherche de la paix. Sur ce lien vous trouverez une proposition de sujets de prière par Mme Rula Khoury Mansour,  avocate et théologienne protestante palestinienne, citoyenne israélienne, vivant à Nazareth.

Le bureau du comité directeur de l’Action Chrétienne en Orient

DÉCLARATIONS D’ÉGLISES