Stage franco-sénégalais : Regards croisés sur le témoignage chrétien en contextes minoritaires

Du 17 au 26 février 2025, un stage de formation unique en son genre s’est tenu au Sénégal, réunissant vingt pasteurs venus de France, de Belgique et du Sénégal. Organisée par la CPLR et le Défap, avec le soutien de la CEVAA, cette rencontre visait à explorer les défis du témoignage chrétien dans des contextes minoritaires ou sécularisés.

Découverte culturelle à Bandia - Sénégal - Défap
Photo de groupe en découverte culturelle à Bandia © Défap

Un dialogue interculturel entre pasteurs d’Europe et d’Afrique

Ce séminaire, intitulé « Contextes minoritaires ou sécularisés : regards croisés sur le témoignage entre France et Sénégal », a permis aux participants d’interroger la manière dont le message chrétien peut être vécu et partagé selon les réalités locales. Comment rendre compte de la foi chrétienne dans des sociétés où les protestants sont largement minoritaires ? Quelles stratégies adopter pour témoigner de l’Évangile dans des contextes pluriels, marqués par la diversité religieuse et culturelle ?

Le choix du Sénégal pour cette formation n’était pas anodin. Dans un pays où l’islam est majoritaire à 95 %, les Églises protestantes évoluent dans un cadre où le dialogue interreligieux est essentiel. Ce contexte contrastait fortement avec la réalité française ou belge, où la sécularisation marque profondément les pratiques et l’identité chrétiennes.

Dialogue interreligieux Islam Christianisme à la Grande Mosquée de Dakar - Sénégal - Défap
Dialogue interreligieux Islam Christianisme à la Grande Mosquée de Dakar © Défap

Un programme riche entre enseignements et immersion

La formation s’est déroulée autour de plusieurs axes :

  • Apports théoriques : Les participants ont bénéficié d’interventions sur la missiologie, la théologie interculturelle et l’islamologie. Plusieurs intervenants de qualité ont répondu à l’appel : Gilles Vidal, chercheur en missiologie, Jean-Patrick Nkolo Fanga, professeur de théologie pratique, ainsi que des Sénégalais, Diégane Sene, professeur en sociologie, Seydi Diamil Niane, professeur et islamologue à l’Institut Fondamental de l’Afrique Noire (IFAN), Latyr Diouf, président de l’Église Luthérienne du Sénégal, André Ouattara, modérateur de l’Église Protestante Réformée du Sénégal.
  • Travail en mini-groupes : Des échanges approfondis ont eu lieu sur des thèmes comme la bénédiction pastorale ou la contextualisation théologique, permettant de confronter les expériences et d’explorer les liens entre théologie et culture.
  • Immersion dans la vie locale : Au-delà des sessions académiques, les pasteurs ont célébré des cultes dans les Églises protestantes locales et participé à des rencontres interreligieuses, notamment à la Grande Mosquée de Dakar.
  • Découverte culturelle : Des visites à l’île de Gorée, lieu de mémoire de la traite négrière, et à la réserve de Bandia ont permis aux participants de mieux comprendre l’histoire et la richesse culturelle du Sénégal.

Culte en plein air - Sénégal - Défap
Culte en plein air © Défap

Un échange appelé à se poursuivre

Ce stage a été marqué par une grande fraternité et un profond respect mutuel. Fondé sur la réciprocité, il aura un deuxième volet, les pasteurs français et belges accueilleront leurs homologues sénégalais pour un séjour de formation en France en juin 2026, où leurs homologues sénégalais seront à leur tour accueillis.

Un groupe WhatsApp a été créé pour maintenir le lien et poursuivre les discussions. Cette dynamique témoigne de l’importance de ces rencontres dans la réflexion sur le témoignage chrétien aujourd’hui.

Une formation, un pont entre les cultures, un témoignage vivant.

 




La FPF sur les législatives : «Rien ne se construit sur la détestation d’autrui»

« Sous l’influence des voix extrémistes, notre société subit une recomposition qui inquiète au plus haut point les défenseurs des valeurs de la République », s’inquiète la Fédération protestante de France dans un communiqué. « Paix, dignité et fraternité, qui constituent l’intérêt commun et individuel que notre foi nous pousse à rechercher, ne peuvent s’ériger sur la haine ou la détestation ».

© Benejam – stock.adobe.com

À Paris, le 19 juin 2024

La dissolution de l’Assemblée nationale plonge notre pays dans une situation d’une gravité inédite. Lors des élections européennes, les Français ont exprimé leur souffrance, leur mal-être et leur colère, détournant le scrutin de son objectif initial. Depuis, sous l’influence des voix extrémistes notre société subit une recomposition qui inquiète au plus haut point les défenseurs des valeurs de la République.

Alors que les législatives devraient permettre un débat démocratique constructif, des délais trop courts et des promesses démagogiques irréalistes menacent de semer un profond désordre. Les trois principales formations politiques poussent les électeurs à voter par rejet plutôt que par adhésion, risquant au second tour de piéger les français dans un choix cornélien entre le racisme de l’extrême droite et l’antisémitisme de la gauche extrême. L’heure est grave. L’instabilité durable guette. La haine et la détestation ne peuvent être la base d’une société juste et fraternelle.

Ce désir d’une société plus juste et plus respectueuse est largement partagé. Paix, dignité et fraternité, qui constituent l’intérêt commun et individuel que notre foi nous pousse à rechercher, ne peuvent s’ériger sur la haine ou la détestation ; ni celle d’une personne, ni celle des institutions démocratiques, ni celle de groupes stigmatisés, qu’ils soient juifs, musulmans ou étrangers. Une société équitable et solidaire exige un esprit de concorde et le devoir de fraternité de chaque citoyen.

Dans la continuité de ses appels précédents, la Fédération protestante de France exhorte chaque citoyen à exercer son droit de vote avec conscience et responsabilité pour renforcer le tissu social et promouvoir la dignité humaine inaliénable.

Elle alerte sur l’impasse dangereuse que représentent pour notre pays, notre démocratie et notre société, les discours et visions des partis extrêmes, qui heurtent profondément les femmes et les hommes de foi inspirés par l’Évangile.

Face à la menace des extrêmes, elle invite chacun à discerner, en son âme et conscience, des femmes et des hommes capables de s’extraire des logiques idéologiques et partisanes, et de s’unir pour servir l’intérêt supérieur de la nation ; des femmes et des hommes capables de coopérer en confiance avec nos partenaires européens.

En cette heure de gravité, elle appelle les communautés chrétiennes à porter dans leur prière le bien commun que représente la République ainsi que l’esprit de fraternité et concorde de ses citoyens.

Plus que jamais, « Prenons soin les uns des autres » (Hébreux 10,24)

Pasteur Christian Krieger,
Président de la Fédération protestante de France




L’EPUdF et l’UEPAL contre le piège des extrêmes

Face à la montée de l’extrême droite qui s’est manifestée lors des élections européennes, et dans la perspective des législatives à venir, l’Église protestante unie de France et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, toutes deux membres du Défap, appellent à la responsabilité.

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Communiqué de l’Église protestante unie de France (EPUdF)

Paris, le 13 juin 2024

Face à l’extrême droite, une Église accablée, déterminée et engagée

Les résultats français des élections au Parlement européen nous accablent. Depuis dimanche soir, nous sommes sous le choc d’un parti politique d’extrême droite, porté en première place par notre pays.

L’Église protestante unie de France ne peut pas se taire. Vivre sa foi dans le monde engage notre responsabilité à travailler ensemble et individuellement pour le bien commun. Se tenir à l’écoute de l’Évangile a nécessairement des conséquences politiques qui s’opposent au programme du Rassemblement national.

Avec toutes celles et ceux qui, dans l’Église et hors de l’Église, dans les associations, les entreprises et toute la société, œuvrent pour la solidarité et la paix, pour le partage et le dialogue, pour l’hospitalité et l’écoute, nous appelons chacune et chacun à exercer son droit de vote en participant aux prochaines élections législatives. Se rendre aux urnes est une prise de parole nécessaire au bien commun.

Pendant des décennies, nos synodes successifs[1] ont affirmé que l’Évangile nous appelle à dépasser nos peurs, à résister au piège de la violence et à la tentation du rejet. Dans la fidélité à l’Évangile du Christ crucifié et ressuscité, nous redisons que chaque personne humaine est reconnue digne. Nous refusons de laisser l’Évangile servir d’argument pour exclure les uns et réduire au silence les autres.

Alors que les discours violents et méprisants occupent une large place de l’espace médiatique et empoisonnent les esprits, nous vous encourageons à entrer en discussion avec parents, voisins, collègues, amis. Nous vous encourageons à vous joindre à toutes les forces de dialogue, de justice et de paix pour débattre et construire ensemble une alternative aux idéologies d’extrême droite.

C’est de reconnaissance que l’être humain a besoin, d’estime et d’attention, et non de mépris, de rejet et d’humiliation.

Nous n’ignorons rien des situations de vie précaires, des injustices économiques et des violences sociales : faire le malheur des uns ne fera pas le bonheur des autres. La liberté, l’égalité et la fraternité sont les seuls chemins à emprunter ensemble pour une société juste. La division et l’exclusion nous mèneraient dans de dangereuses impasses.

Devant la complexité des enjeux nationaux et internationaux, nous refusons les messages rapides, lisses et simplistes. Bien loin de répondre aux défis de notre temps, ils sont inopérants car mensongers.

Toujours nous confessons que Dieu aime le monde. Cet amour nous conduit à résister à tout ce qui défigure l’être humain. Nous résisterons donc aux sirènes de la violence et de l’inhumanité véhiculées par l’extrême droite et le Rassemblement national. Nous résisterons aujourd’hui et demain, pour la vie, pour la joie, par l’espérance. En Christ est notre assurance. Nous croyons que « c’est dans le calme et la confiance que sera votre force » (Esaïe 30,15).

Pasteure Emmanuelle SEYBOLDT
Présidente du Conseil national de l’Église protestante unie de France

 

 

Communiqué de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL)

Déclaration du 13 juin 2024

Donnons la priorité à nos valeurs

En France, les élections européennes ont davantage porté sur la politique nationale que sur l’orientation des politiques de l’Union. Les résultats du scrutin ont conduit le Président de la République à appeler à des élections législatives dans un délai extrêmement court. Notre pays vit une échéance électorale majeure dans une ambiance de précipitation.

Nous invitons nos concitoyennes et concitoyens à la lucidité et à la responsabilité. Toujours imparfaite, la démocratie est une chance. Ne manquons pas l’occasion de débattre et de réfléchir. Qu’avons-nous en commun de plus précieux ? Comment redonner un élan à la vie démocratique, favoriser le développement durable, assurer à toutes et à tous un niveau de vie décent, réguler la vie sociale, protéger les citoyens, garantir la paix, faire régner la justice et mettre en place plus de solidarité ?

Les propositions extrémistes sont un piège. L’avenir se décide maintenant. Les élus ont un rôle essentiel à jouer. Il s’agit de poursuivre des projets à long terme et non de choisir des solutions démagogiques. Les Françaises et les Français aspirent à un monde plus juste, plus sûr et qui retrouve la paix. Grâce au projet européen, nous sommes passés d’une logique de l’intérêt particulier à celle de l’intérêt commun. Le repli sur soi et la fermeture ne sont pas des solutions réalistes.

En tant que protestants, nous sommes attachés à la démocratie représentative, à la place des corps intermédiaires et au respect de tous les acteurs de la société. Nos futurs gouvernants doivent impérativement être en mesure de coopérer en confiance avec nos partenaires européens. À qui confierons-nous les clés de la maison commune pour garantir une paix civile permettant aux croyants et non croyants, partisans de telle ou telle idéologie, de vivre côte à côte ? Notre foi chrétienne nous commande d’aimer notre prochain et de tendre la main à toute personne en difficulté, quelles que soient ses convictions ou ses origines. Nous invitons les citoyennes et les citoyens à voter pour orienter notre pays non vers l’affrontement permanent, mais vers le dialogue et la fraternité, au service du bien commun.

« Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes :
c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil ! » Romains 13, 11

Le Conseil de l’Union




Unepref, Refondation et place des femmes au menu du Conseil du Défap

Le Conseil du Défap des 7 et 8 juin 2024 s’est penché sur les manières de faire avancer le processus de Refondation, en prenant en compte les situations respectives de ses diverses Églises membres. L’une d’elles, l’Unepref, a choisi de réduire ses relations internationales. Le Conseil a aussi passé en revue ses actions avec ses Églises partenaires, sous l’angle de la place reconnue aux femmes.

Vue du Conseil du Défap réuni dans la chapelle du 102 boulevard Arago © Défap

Au cours de son synode des 1er et 2 juin, l’Unepref (Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France) avait mis au vote la question de ses relations avec divers organismes et communautés d’Églises. Le dossier pré-synodal comportait ainsi une large part consacrée à un audit de ses relations à l’international, et de ses liens avec le Défap, la Cevaa (Communauté d’Églises en mission), la CEPF (Communauté des Églises protestantes francophones, anciennement Ceeefe), la CMER (Communion mondiale d’Églises réformées) et la CEPPLE (Conférence des Églises protestantes des pays latins d’Europe). Les délégués, appelés à se prononcer par un vote sur chacune de ces institutions, ont choisi de réduire significativement les relations internationales entretenues par l’Unepref, qui restera membre seulement de la CEPF et de la Cevaa. Le synode s’est toutefois profondément divisé, notamment lors du vote sur les relations avec le Défap : la décision a été prise sans majorité absolue et à une voix près (24 pour la sortie du Défap, 23 pour la poursuite des relations, 7 abstentions).

Dans une lettre envoyée à l’issue de ce synode pour expliquer ces décisions, Clémence Bury, présidente de la Commission permanente de l’Unepref, a évoqué plusieurs motifs : « le positionnement confessant de l’union », « la volonté des Églises locales d’être responsables de leur vocation missionnaire », mais aussi « l’Union et ses ressources ». Et de souligner : « Conscients que nous ne pouvons être « partout » et portés par le désir d’un engagement vrai et assumé, nous devons humblement reconnaître nos limites ». Concrètement, cette décision se traduit, non par une sortie immédiate du Défap, mais par le début d’un processus de retrait progressif, comme l’a indiqué Clémence Bury dans sa lettre : « nous attendons vos recommandations en ce qui concerne les étapes de notre désengagement. En attendant, les engagements pris et en cours seront maintenus jusqu’à leur terme ». Par ailleurs, si l’Unepref veut se désengager en tant qu’union d’Églises, un certain nombre de ses Églises membres continueront à apporter leur contribution financière et à participer au Défap.

Vue du synode 2024 de l’Unepref © Unepref

Cette situation nouvelle a été évoquée lors du dernier Conseil du Défap, le 7 juin, qui a fait un retour sur les récents synodes de l’EPUdF et de l’Unepref. Avec bien sûr un questionnement sur les suites de cette décision de l’Unepref, en particulier dans l’optique du processus de Refondation dans lequel est engagé le Service protestant de mission. Le Défap avait déjà pris acte des difficultés de ses trois Églises membres, l’EPUdF (Église protestante unie de France), l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) et l’Unepref à produire ensemble un document sur leurs attentes communes. Au cours de la séance du 7 juin, le Conseil a donc décidé d’élargir son équipe chargée de faire avancer les réflexions sur la Refondation, en y intégrant les représentants de l’EPUdF et de l’UEPAL siégeant au Bureau, à savoir : Ulrich Rüsen-Weinhold pour l’EPUdF, et Enno Strobel pour l’UEPAL, qui étaient déjà au cœur des travaux engagés sur le Défap au sein de leurs Églises respectives.

Ce Conseil des 7 et 8 juin s’est également penché sur ses actions avec ses Églises partenaires, sous l’angle de la place des femmes. Comme le souligne son programme de travail « Convictions et actions », le Défap entend travailler à une égale dignité des hommes et des femmes dans l’Église et la société. Il soutient la formation théologique des femmes, encourage des projets d’éducation à l’égalité femme-homme dans l’Église, et travaille avec ses partenaires pour favoriser les candidatures féminines et encourager leur leadership dans l’Église. Cette égale dignité est un objectif plus ou moins éloigné selon les partenaires. En France même, c’est toujours un chantier en cours. Si 40% des pasteurs y sont aujourd’hui des femmes, pendant longtemps, elles ont été tenues éloignées du ministère pastoral : ce n’est qu’au tout début des années 30 qu’une femme y a été reconnue pasteur de plein droit. Hors de France, certaines Églises partenaires du Défap reconnaissent le ministère pastoral féminin, d’autres doivent être accompagnées sur ce chemin, en soutenant les voix qui plaident de l’intérieur pour une égale prise en compte des hommes et des femmes.

Cette réunion du Conseil a enfin permis d’évoquer les récentes visites aux Églises et institutions partenaires au Cameroun, l’accompagnement de l’Église de Guadeloupe, ou encore la prochaine session de formation des envoyés du Défap, qui aura lieu sur les dix premiers jours de juillet. De telles sessions sont, à chaque fois, l’aboutissement de toute une année : à la fois pour les futurs envoyés, dont la procédure de recrutement s’étale sur plusieurs mois, et pour le personnel du Défap, largement mobilisé en amont et pendant cette période de préparation au départ.




Rencontres missionnaires en Suisse

Les Secrétariats de la Cevaa, de DM et du Défap se réunissent en Suisse, à Bex, pendant trois jours, du 15 au 17 mai 2024. Des rencontres de ce type ont lieu tous les ans, et permettent à ces trois organismes missionnaires, qui partagent une histoire commune et nombre de leurs priorités, de coordonner leurs actions, d’évoquer leurs lieux d’engagement commun, de partager leurs réflexions sur les échanges de personnes… Cette année, la rencontre de Bex permet aussi de saluer l’action de Nicolas Monnier, directeur de DM depuis janvier 2015 et qui a choisi de quitter l’organisme suisse pour de nouveaux engagements.

Les représentants des trois Secrétariats Cevaa-DM-Défap, lors de la rencontre de mai 2024 à Bex © Défap

En 2023, la rencontre avait eu lieu à Versailles, à l’invitation du Défap. L’année précédente, à Sète, à l’invitation de la Cevaa. En cette année 2024, les représentants du Défap, de la Cevaa et de DM se retrouvent en Suisse, plus précisément à Bex, dans le canton de Vaud, à l’invitation de DM. Ces rencontres annuelles, dites « des trois Secrétariats », sont un des lieux de dialogue qui permettent à ces trois organismes missionnaires d’échanger sur leurs priorités communes et de coordonner leurs actions.

Entre la Cevaa, DM et le Défap, les liens sont nombreux. Sur le plan historique, tout d’abord : ces trois organismes sont nés à la même période, les années 1960-70, dans un milieu d’Églises protestantes qui s’efforçaient d’inventer de nouvelles collaborations ecclésiales dans un contexte marqué par la fin de la colonisation. DM, organisme missionnaire des Églises de Suisse romande, est né le premier, en 1963 ; la Cevaa et le Défap sont tous deux héritiers de la SMEP, la Société des missions évangéliques de Paris, qui choisit en 1971 de se scinder en une communauté d’Églises et en un organisme lié aux Églises de France pour pouvoir continuer à entretenir des relations sur un pied d’égalité entre Églises nées des travaux de la Mission de Paris. Enfin, les relations institutionnelles étaient présentes dès le début : à l’origine de la Mission de Paris, on trouve divers organismes européens, dont la Mission de Bâle ; et DM est lui-même en partie issu de la Mission de Paris.

De nombreux lieux d’engagement commun

L’arrivée en Suisse : les membres du Secrétariat du Défap avec Claudia Schulz, Secrétaire générale de la Cevaa © Défap

Entre ces trois organismes institués pendant la même période et entretenant des relations avec les mêmes pays, on retrouve encore aujourd’hui des domaines d’activité très proches, et des échanges réguliers. Parmi leurs points communs, l’envoi de personnes. Défap, Cevaa et DM ont donc régulièrement des envoyés présents dans leur réseau d’Églises ; certains de ces envoyés peuvent d’ailleurs parfois être volontaires pour l’un, puis pour l’autre organisme (c’est ce qui s’est déjà produit notamment pour des envoyés ayant la double nationalité française et suisse). Des partenariats peuvent aussi s’établir lors de la formation (des envoyés Cevaa ont pu participer à la formation au départ du Défap).

Parmi les autres points qui les rapprochent, on trouve aussi des lieux d’engagement commun, comme la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone), l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa, au Maroc, la revue Perspectives Missionnaires… Ou encore le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, qui cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Le Secaar bénéficie du soutien de DM notamment à travers des envoyés ; il est régulièrement sollicité par la Cevaa ; le Défap fait partie de ses membres fondateurs et s’est appuyé sur son expertise pour mettre en place son projet de compensation carbone.

Au revoir Nicolas Monnier !

Tous ces sujets sont au menu des échanges qui se déroulent à Bex, avec en outre des thématiques communes sur lesquelles les trois organismes ont eu à travailler au cours des dernières années : une séance de travail est ainsi prévue sur l’expérience de la réciprocité. Une autre est consacrée à l’Action commune de la Cevaa : lancée en octobre 2023 lors de l’Assemblée générale de Jacqueville (Côte d’Ivoire), elle a pour thème « Habiter autrement la création ». Cevaa, DM et le Défap partagent enfin des préoccupations communes : nécessaire adaptation aux changements des sociétés qui, partout en Europe, bousculent depuis plusieurs décennies à la fois Églises et organismes missionnaires ; et interrogations sur les finances – sujet sensible pour les trois organismes.

Cette rencontre est aussi l’occasion de saluer plus de huit années d’engagement de Nicolas Monnier à la tête de DM, dont il quitte la direction cette année. Mais son histoire commune avec le département missionnaire des Églises de Suisse romande avait en réalité commencé bien plus tôt, puisqu’avant d’en devenir le directeur en janvier 2015, il avait déjà été envoyé par DM au Mozambique en 2002 – une mission accomplie en famille, et qui représentait pour lui un retour aux sources, puisque c’est au Mozambique qu’il était né, de parents eux-mêmes missionnaires.




Mission de l’Église et ministères: les décisions du synode national de l’EPUdF

Le Synode national de l’Église protestante unie de France, réuni à Toulon du 8 au 11 mai 2024, a décidé de renforcer son témoignage et sa mission en affirmant trois convictions majeures.

Culte final du synode national 2024 © EPUdF

Après trois ans de réflexions partagées et de débats dans l’Église protestante unie de France, le Synode national a manifesté sa volonté de renforcer son témoignage et sa mission avec l’ensemble des Églises locales/paroisses et permettre à chaque acteur de la vie de l’Église de bénéficier de formations adaptées.

Le Synode national de l’Église protestante unie de France, réuni à Toulon du 8 au 11 mai 2024, a réaffirmé trois convictions majeures pour définir la mission de l’Église et de ses ministères :

  • Vivre toute notre vie d’Église dans une perspective missionnaire
    En prenant soin des lieux de vie d’Église en accompagnant de manière adaptée leur vie et leur témoignage, en allégeant et assouplissant la gouvernance de l’Église.
  • Favoriser notre témoignage par des ministères adaptés
    Le Synode a décidé le principe d’un nouveau ministère personnel de l’Union, différent du ministère pastoral, adapté à la dynamique d’une Église de témoins.
  • Renouveler la formation dans la perspective du témoignage
    Le synode demande de :

    • Renforcer la formation au service de tous les lieux de vie d’Église par la création d’un poste de permanent dédié à la formation.
    • Renouveler la formation initiale et continue des pasteurs

Dès 2025, le Synode national sera appelé à définir les modalités pratiques. Ces décisions ouvriront alors une période d’expérimentations.




Isabelle Gerber, nouvelle présidente de l’EPCAAL

Avant l’EPRAL, où l’élection est prévue courant juin, l’EPCAAL change de présidence : la pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine le samedi 4 mai 2024. Cette élection d’une femme est une première pour cette Église depuis sa création en 1802. L’Église luthérienne et l’Église réformée d’Alsace et de Moselle, l’EPCAAL et l’EPRAL, forment toutes deux l’UEPAL, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap.

La pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’EPCAAL le 4 mai 2024 © UEPAL

Isabelle Gerber est pasteure depuis 1995 et inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller depuis 2012, ministère complété par un temps dédié à la jeunesse en Église. De 2001 à 2012, elle a été Secrétaire générale des Équipes Unionistes Luthériennes (EUL), et a notamment été à l’origine du rassemblement jeunesse de l’UEPAL « La Parole est dans le pré ». C’est cette femme de 55 ans, mariée et mère de deux enfants, qui a été élue le samedi 4 mai à huis clos à la présidence du Consistoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (l’EPCAAL).

Isabelle Gerber a été élue à la majorité absolue au 2ème tour où il n’y avait plus que deux candidates : Esther Lenz, inspectrice ecclésiastique de Wissembourg, et elle. Parmi ses orientations stratégiques de campagne figuraient entre autres la jeunesse et l’écologie. Elle avait insisté sur la nécessité de « simplifier le mode décisionnel, le partage des ressources au niveau sectoriel ou consistorial », et de « prendre soin des conditions d’exercice de nos ministres ». Elle avait aussi souligné l’urgent besoin aujourd’hui de « faire monde commun », dans une époque où « chacun reste dans sa sphère d’appartenance, culturelle, religieuse, sociale », alors que « partager une visée commune est pourtant la clé de l’engagement et l’intérêt porté à l’autre le prérequis du vivre ensemble ». Lors du débat organisé le vendredi 19 avril, au temple Neuf à Strasbourg, entre les trois candidats à la présidence de l’EPCAAL, elle avait aussi rappelé la place privilégiée de l’Église luthérienne entre les catholiques et les réformés. Elle avait également défendu l’accueil inconditionnel au cœur de l’évangile, aussi pour les croyants de communautés différentes, en parlant de l’accueil de personnes LGBTQI+.

« Une main tendue » aux trois candidats concurrents

Isabelle Gerber devant le Consistoire supérieur de l’Église luthérienne, le 4 mai à Strasbourg © UEPAL

C’est la première fois, depuis sa création en 1802, qu’une femme est choisie pour présider l’EPCAAL. Interrogée sur RCF, Isabelle Gerber a vu dans son élection un « beau et grand signal pour dire qu’il n’y a aucune raison d’exclure les femmes d’aucun poste et d’aucune responsabilités. Ce n’est qu’un début. D’autres feront de même. » Sitôt élue, elle a offert « une main tendue » aux trois candidats concurrents, n’excluant pas de travailler avec eux par la suite, et sentant le besoin d’œuvrer avec d’autres pour « ne pas tourner en rond ».

Elle prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre avec un culte d’envoi le 8 septembre. D’ici là, le résultat du vote doit obtenir l’aval du Premier Ministre en vue de la nomination de la nouvelle élue comme présidente du Directoire. Entretemps, Isabelle Gerber termine son ministère d’inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller, où Élisabeth Mutz lui succèdera le 7 juillet.

Une élection pour renouveler la présidence de l’UEPAL à l’automne

L’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), qui vient d’élire Isabelle Gerber, constitue avec l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (EPRAL) l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). L’UEPAL, dont la présidence ne peut être assurée que par les présidents de l’Église luthérienne ou de l’Église réformée, a encore a sa tête pour quelques mois Christian Albecker, l’ancien président de l’EPCAAL. Le renouvellement de la présidence de l’UEPAL aura lieu lors d’une élection organisée au niveau du Conseil plénier le 24 septembre, après l’élection du nouveau président ou de la nouvelle présidente de l’EPRAL en juin.

L’UEPAL est elle-même l’une des trois unions d’Églises membres du Défap, avec l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France (Unepref).

Isabelle Gerber et Christian Albecker © UEPAL



Réformer l’Église en vue de sa mission

Le Synode national de l’Église protestante unie de France accueillera du 8 au 11 mai 2024 à Toulon, 200 délégués et invités.

© EPUdF

Outre l’examen des différents rapports annuels, le Synode poursuivra son travail sur le thème « Mission de l’Église et ministères » avec l’équipe des rapporteurs nationaux.

Depuis 2021, le Conseil national a initié ce processus synodal courant sur plusieurs années :

  • Dans un premier temps, allant jusqu’au Synode national 2022, il s’est agi de discerner une vision globale et de grandes orientations associées.
  • Dans un second temps, il s’agit maintenant de réformer l’Église en vue de sa mission. À cette fin, toutes les paroisses ont participé à la réflexion et transmis leurs avis. Les retours de leurs travaux ont fourni un point de départ aux échanges des neuf synodes régionaux qui se sont tenus à l’automne 2023. Chacun de ces synodes a alors élaboré et voté un document exprimant son avis sur le sujet. Ces avis rassemblés sont à la base du texte proposé aux débats du synode national.

Cette session sera donc particulièrement importante, car elle décidera des grandes orientations de la vie de l’Église pour les prochaines années, des ministères et de la formation. La pasteure Sibylle Klumpp, présidente du Conseil régional PACCA, sera la modératrice de cette session et conduira les travaux de cette assemblée composée de deux cents délégués et invités réunie au Palais du commerce et de la mer à Toulon.

La pasteure Marie Odile Wilson assurera l’aumônerie avec une équipe de musicien et le culte final qui aura lieu le samedi 11 mai 2024 à 10 h 30 au temple protestant, 22 rue Picot à Toulon où seront accueillis neufs nouveaux pasteurs reconnus au service de l’Église protestante unie de France.

Décryptage des temps forts de ce synode, lors de l’émission « Escale protestante » proposée sur RCF par les Églises protestantes du Var : présentation par la pasteure Silvia Ill et par Corinne Bianquis, membre du conseil presbytéral de l’Église unie de France à Toulon.
 




Prier avec les Églises en Israël – Palestine

En cette veille de Pâques, l’Église protestante unie de France prie avec les Églises chrétiennes en Israël et Palestine.

Elle entend et relaie leurs cris de désespoir, leur dénonciation des massacres commis. Elle porte leurs appels à l’arrêt des combats, à l’envoi d’aide humanitaire immédiate dans la bande de Gaza, à la libération des otages, à l’accès au soin des personnes blessées et à la protection des populations civiles.

L’Église protestante unie de France prie pour les Églises en Israël et Palestine. Elles sont ouvrières de paix, voix inlassables de protestation pour la justice et la reconnaissance de la dignité de toutes les personnes qui vivent dans cette région du monde.

Qu’elles soient toujours ferments de fraternité, de pardon et de réconciliation. Qu’à la suite du Christ la force de leur engagement soit dans l’action non-violente.

Leur foi témoigne de la présence de Dieu au cœur des épreuves les plus dures.

En cette veille de Pâques, avec ces Églises, l’Église protestante unie de France croit que dans le désastre, la vie peut naître à nouveau.

Elle croit que la paix s’établira sur la justice, la reconnaissance mutuelle, et qu’un avenir sûr naîtra et stoppera la spirale infernale de la violence et de la destruction. Cette promesse de vie est le message du Christ, mort et ressuscité pour l’humanité et le monde.

Que Dieu éclaire les dirigeants des peuples afin que leur seule motivation soit la paix et la protection de toutes les personnes… pour la vie.




Rendez-vous au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 18 mars, les étudiants en Master 2 « Église et Société » de l’IPT seront au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, ainsi que la Secrétaire générale de la Cevaa, Claudia Schulz. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître les rôles du Défap et de la Cevaa à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre 2021 dans la chapelle du 102 boulevard Arago

L’interculturel, en ces temps de mondialisation, nul n’y échappe ; et pas plus les paroisses protestantes que le citoyen ou le consommateur lambda. La porosité des frontières aujourd’hui ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant souvent une porosité des frontières entre cultures au sein d’une même paroisse. Conséquence : le protestantisme français aujourd’hui présente une diversité culturelle inédite, ce qui est vécu avec plus ou moins de bonheur… et plus ou moins de difficultés, parfois pratiques, mais aussi théologiques.

Et dans chaque Église, chaque paroisse, les pasteurs se retrouvent au confluent de ces enjeux, qui les mettent au défi d’adapter, voire de réinventer leur rôle. Ils doivent se faire passeurs : être capables de comprendre les contextes dont sont issus leurs paroissiens et les mettre en dialogue, nouer des liens avec d’autres Églises… C’est l’un des rôles du Défap que de les y aider. Comme le soulignait son Secrétaire général, Basile Zouma, en 2021, année où le Défap célébrait son cinquantenaire, « l’Église universelle n’est pas d’abord située géographiquement, elle est plus large. Nous aidons les communautés à en prendre conscience, à dépasser les frontières, à se décentrer dans un réel partage, à ne pas se refermer sur leurs propres difficultés ». Il s’agit donc toujours pour les pasteurs de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particuliers de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais aussi de savoir décrypter et faire communiquer entre elles des manières diverses d’envisager l’Église et la société, de croire et d’exprimer sa foi.

Un corps pastoral dont la sociologie se modifie

Tâche d’autant plus ardue que le corps pastoral, lui aussi, évolue fortement. Ce que souligne le professeur Élian Cuvillier, de l’Institut Protestant de Théologie (IPT) selon qui « le jeune qui fait de la théologie juste après le bac, européen, protestant venant des paroisses, devient une denrée rare ». Ainsi, depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Celui de l’Église protestante unie de France (EPUdF) compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’EPUdF, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Élian Cuvillier sera justement l’accompagnateur du groupe d’étudiants de l’IPT qui doivent se rendre ce 18 mars au Défap. Tous sont en deuxième année de Master, et plus précisément en Cycle M2 « Église et société », ce qui les prépare à exercer un ministère au sein de l’EPUdF. Un Cycle M2 dont Élian Cuvillier est le directeur, depuis juillet 2017, sur les deux facultés de Paris et Montpellier. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiant·es, en tant que futur·es pasteur·es, « seront nécessairement amené·es à travailler ».

Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiant·es de l’IPT sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, alors responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier. Pour cette année 2024, le programme a été établi par le service Échange théologique du Défap et associe, pour la première fois, la Cevaa. C’est en effet au sein de cette Communauté d’Églises en mission, née en même temps que lui, en 1971, de la Société des Missions Évangéliques de Paris, que se déploient une grande partie des activités du Défap ; elle regroupe la majorité des Églises avec lesquelles il est en lien dans et hors de France ; et la Cevaa, comme le Défap, travaillent à favoriser les échanges et faire vivre les liens entre Églises. Les étudiants du Cycle M2 pourront tout d’abord rencontrer l’équipe du Défap, lors d’une présentation de ses divers services et d’un repas en commun ; et ils pourront s’entretenir avec la Secrétaire générale de la Cevaa, Claudia Schulz, qui leur fera une présentation durant l’après-midi des enjeux et des activités de la Communauté d’Églises en mission.
 

Devenir pasteur·e ou théologien·ne
Le cycle M de l’Institut Protestant de Théologie prend la forme d’un cursus de deux ans (M1, M2 Église et société / M2 « Corpus biblique/corpus systématique/corpus historique/corpus pratique/œcuménisme »). Le Cycle M mention « Corpus et œcuménisme » a pour objectif de préparer des théologien·ne·s dans les spécialités nommées pour être capable de réfléchir les faits religieux en dialogue avec les sciences humaines et sociales dans une société laïque (débouchés professionnels : journalisme, travail dans des ONGs, médiation en situation interreligieuse). Le Cycle M mention « Église et société » prépare à un ministère dans l’EPUdF. La première année est commune aux deux mentions et propose des séminaires dans les quatre disciplines histoire / biblique / systématique / théologie pratique et se clôt par un premier mémoire. La deuxième année vise à compléter la formation en approfondissant les connaissances et les expériences. Elle est distincte en fonction de la mention ; l’entrée dans la mention « Église et société » est conditionnée à l’accord de la Commission des ministères (CDM) de l’EPUdF.



Vœux de Noël 2023

Les organismes internationaux et européens protestants transmettent leurs vœux de Noël et leur message de fraternité.

 

 

Six pays d’Europe vous souhaitent un joyeux Noël

Les membres de la Conférence des Églises protestantes des pays latins s’associent pour créer une vidéo spéciale Noël.

À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent un grand joie (Matthieu 2.10)

Extrait :

« Nous préparons nos cœurs à accueillir Emmanuel comme si c’était la première fois, plein d’enthousiasme et d’espoir. Nous préparons notre chapelle avec de la musique, des fleurs et des photos pour nous recevoir et célébrer comme si c’était la première fois. »

Découvrez la suite dans la vidéo ci-dessus.

 

 

Un appel à l’aventure évangélique

Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. (Jean 1,5)

Message de Noël de l’évêque Henrik Stubkjær, Président de la Fédération luthérienne mondiale.

L’Évangile de Noël est un appel à ouvrir les yeux pour apercevoir Dieu en des lieux inattendus, ici parmi nous, et pour apercevoir l’espérance. C’est un appel à l’action : avec la déclaration d’amour de Dieu, nous pouvons aller dans le monde faire œuvre d’espérance et d’action. La joie et la paix de Noël s’épanouissent dans le partage.
Un jour, dans un foyer diaconal accueillant des hommes marginalisés sur le plan social, j’ai vu deux hommes offrir un bouquet de fleurs et un poème au directeur pour son anniversaire. Voici le poème qu’ils avaient écrit :

C’est impossible, dit la Fierté.
C’est risqué, dit la Raison.
C’est sans issue, dit l’Expérience.
Essayons, murmure le Cœur.

Pour en savoir plus : cliquez ici

 

 

Quelle est cette lumière ?

Le Conseil œcuménique des Églises a partagé son message de Noël au monde entier, un monde où des défis croissants menacent d’amoindrir notre espérance.

Découvrez-le ici.

 

 

Puissions-nous faire la paix !

« Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’autorité repose sur ses épaules, et il est nommé Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix », Ésaïe 9. 6.

Découvrez le message de Noël de la Conférence des Églises européennes (CEC).

 

 

Bethléem à l’esprit

Et toi, Bethléhem Ephrata,
qui es petite parmi les villes de Juda,
de toi sortira pour moi
celui qui dominera sur Israël[a] et dont l’origine remonte loin dans le passé, à l’éternité.
Michée 5:1

Découvrez le message de Noël de la Communion mondiale des Églises réformées.




La Réunion : un jubilé, et des projets

L’Église Protestante de la Réunion fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées que le Défap accompagne notamment par l’envoi de pasteurs. Le 26 novembre dernier, elle a clôturé lors d’un culte spécial une année de célébrations marquant les 30 ans de son centre paroissial « La Source », en présence de Michel Specht, trésorier du Défap.

Un concert du groupe et ensemble vocal Ananias, qui a participé aux célébrations du jubilé du centre paroissial « La Source » © EPR

Pour l’Église Protestante de la Réunion (EPR), le dimanche 26 novembre 2023 marquait la clôture de l’année jubilaire des 30 ans de son centre paroissial « La Source » à Saint-Denis. L’événement a été marqué par un culte, et par le dévoilement d’une nouvelle plaque devant le bâtiment. Michel Specht, trésorier du Défap, était présent ; il avait également pour mission de représenter la Ceeefe, la Communauté des Églises protestantes francophones, et a porté un message au nom de la Cevaa. « Merci à tous pour la présence, les chants, les prières, les dons… et toutes sortes d’implications dans tous les événements organisés marquant ainsi l’attachement que nous portons à notre Église », a écrit Hanitra Collongues, présidente de l’EPR, à la suite de cette cérémonie. « Cette fin de jubilé est aussi un nouveau lancement pour nous tourner résolument vers l’avenir, vers de nouvelles missions, pour rayonner autour de nous et partager ce que nous avons reçu en Jésus-Christ. Que toujours nous restions des serviteurs fidèles à sa parole. » Pour s’orienter vers de nouveaux projets, l’Église Protestante de la Réunion a désormais un deuxième lieu pour organiser ses activités et marquer sa visibilité dans l’île : le centre communautaire Martin-Luther-King, construit avec le soutien du Défap et de la Cevaa, et qui a été inauguré deux ans auparavant, presque jour pour jour, à Saint-Pierre. L’EPR œuvre ainsi aujourd’hui sur deux pôles, un dans le nord de l’île, et un dans le sud.

L’Église protestante de La Réunion est membre de la Cevaa-Communauté d’Églises en mission et de la Ceeefe-Communauté d’Églises protestantes francophones ; elle est aussi membre de la Fédération Protestante de France et associée à l’Église Protestante Unie de France. Elle rassemble environ 500 personnes. Cette communauté protestante réunionnaise fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées présentes aussi aux Antilles ou en Guyane, que le Défap accompagne notamment en contribuant à financer des postes pastoraux, mais aussi à travers le soutien à des projets.

« Vivre l’unité dans la diversité »

Membres de l’EPR devant la nouvelle plaque dévoilée au niveau du centre paroissial « La Source » © Michel Specht pour Défap

Ses bâtiments, qu’il s’agisse de « La Source » ou du centre « Martin-Luther-King », ont été longtemps pour l’Église Protestante de la Réunion un enjeu majeur de visibilité. Avant l’acquisition de ses premiers locaux en 1992 à Saint-Denis, l’EPR était ainsi sans bâtiment propre. D’où l’importance de l’anniversaire fêté en ce mois de novembre. Pour autant, s’il fallait trouver une date de naissance officielle pour cette Église, il faudrait remonter bien en amont. Jusqu’aux années 1970, avec tout d’abord la création de l’Association Cultuelle de l’Église Réformée du Département de La Réunion (Acerdr), déclarée officiellement en 1976, et avec le premier envoi d’un pasteur par le Défap, Bernard Massias, arrivé dans l’île en 1978 et qui devait y rester six ans. Depuis les années 2000, un second poste paroissial a aussi été créé dans la commune de Saint-Pierre. Actuellement, l’EPR est toujours accompagnée par le Défap, avec la présence sur place, depuis fin 2022, du pasteur Michael Schlick.

Pourtant, bien avant cette officialisation, une petite communauté protestante et luthéro-réformée s’était implantée dans l’île, contre vents et marées, et longtemps contrainte à une semi-clandestinité par trois siècles d’hégémonie catholique. Lors de son arrivée dans ce que l’on nommait alors l’île Bourbon, en 1689, soit quatre ans après la révocation de l’édit de Nantes, le gouverneur Vauboulon avait reçu, en matière de religion, un mandat on ne peut plus clair du roi Louis XIV : « Et comme il n’y a que des catholiques dans ladite Isle, il ne souffrira point qu’il en demeure d’autres. » Fait curieux, ce monopole catholique devait perdurer même lorsque l’île passa sous contrôle anglais, de 1810 à 1815. Et il ne fut pas ébranlé lorsque, en 1862, des protestants locaux en appelèrent à Napoléon III pour obtenir un lieu de culte et un logement destiné à un pasteur : la demande resta vaine. Le petit nombre de réformés dans l’île, tous déjà protestants avant leur arrivée, devait pourtant croître avec la départementalisation de 1946, qui vit la venue dans l’île de fonctionnaires de la métropole. Roger Muller, aumônier militaire de l’Église Réformée de France en poste à Madagascar, célébra le premier culte public en 1955.

Le centre paroissial « La Source », à Saint-Denis, dans le Nord de l’île © EPR

Mais pendant que la petite communauté réformée restait dépendante des visites d’aumôniers militaires venus de Madagascar, d’autres Églises protestantes s’implantaient dans l’île, non sans mal : la communauté adventiste, dès les années 40 ; les Assemblées de Dieu dans les années 60, puis les Églises baptistes et évangéliques au début des années 70… Au moment de son officialisation, l’Église Réformée du Département de La Réunion vit ainsi le jour au sein d’un paysage religieux devenu beaucoup plus divers. Diversité qui n’a fait que se renforcer depuis, même si le catholicisme reste largement prédominant : aujourd’hui, l’île est à 85% catholique, 7% hindouiste, 2% musulmane. Les protestants représentent moins de 1% de la population. Église pluriculturelle, comptant parmi ses fidèles une forte communauté malgache, des métropolitains, quelques Allemands ainsi que d’autres expatriés d’Europe du nord, quelques Africains et quelques Réunionnais, l’EPR s’efforce de vivre « l’unité dans la diversité » et de travailler à sa visibilité dans la société réunionnaise à travers ses actions sociales, menées notamment par l’Association Martin Luther King ; elle veut entretenir des relations privilégiées avec les autres Églises sœurs protestantes de l’île et de la zone « océan indien » ; elle participe à des rencontres interreligieuses, à travers le groupe de dialogue interreligieux créé en 2000 à l’initiative de plusieurs responsables des principales religions représentées dans l’île.

Le lancement des festivités du jubilé du centre paroissial « La Source », en novembre 2022 © EPR