Bangui : «Se redresser, malgré tout»

  Défap : Vous accompagnez l’Église protestante Christ-roi de Centrafrique depuis trois ans, et vous avez effectué de nombreux séjours à Bangui. Quelle est aujourd’hui la situation dans la capitale, et dans le reste de la République centrafricaine ?

Bernard Croissant et son épouse, Catherine Croissant, lors de leur dernier séjour à Bangui © Défap-Cevaa

  Bernard Croissant : Quand nous sommes arrivés, mon épouse Catherine et moi-même, au début de notre dernier séjour, la situation était assez tendue. La population de Bangui exprimait une exaspération croissante vis-à-vis de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique). Il y avait eu des incidents du côté de PK5, le seul quartier de Bangui où vivent encore des musulmans : une grenade avait été jetée sur un rassemblement de réconciliation entre chrétiens et musulmans. Cet acte de violence a entraîné un nouveau cycle de vengeances de part et d’autre, et en particulier le meurtre d’un jeune chrétien de 16 ans. Comme il semble avoir été égorgé à peu de distance des positions des soldats de la Minusca, la colère monte au sein de la population de Bangui, qui ne se sent pas protégée. À l’intérieur du pays, les tensions sont encore plus vives. C’est le chaos : il y a des massacres dans certaines localités, des déplacements massifs de populations qui vont chercher une protection qui dans les églises, qui dans les mosquées. En ce qui concerne les autorités, certains préfets sont empêchés d’accéder à leur préfecture par les bandes armées.
Pendant notre séjour, nous avons assisté à divers incidents qui montrent le degré d’impopularité de la Minusca. Certains avaient été provoqués par des accidents mortels de la route, qui impliquaient des véhicules militaires : ils avaient été aussitôt suivis par des émeutes ou des tentatives d’émeutes lancées par des lycéens et des étudiants. Lors de l’un de ces incidents, notre voiture s’est retrouvée bloquée au milieu de la route, sans pouvoir avancer ni reculer : nous avons pu entendre des tirs et des explosions lorsque la Minusca et la gendarmerie ont dispersé les manifestants.

Quel bilan peut-on tirer après trois ans d’accompagnement pastoral de l’EPCRC ?

Pour aller plus loin :
Le point sur la République centrafricaine et sur les actions du Défap
Poursuivre l’accompagnement de l’Église à Bangui
Un pasteur français pour Bangui
Bangui : les images de la visite commune Défap-Cevaa

Le bilan qui a été tiré lors de notre dernier séjour a conclu que l’accompagnement pastoral tel qu’il a été fait ces trois dernières années devait prendre fin. Cette durée était celle qui avait été prévue dès l’origine dans le projet ; et par ailleurs, aujourd’hui, les effets bénéfiques de cet accompagnement sont manifestes au sein de l’Église. Il faut désormais prévoir la suite. Les résultats sont aussi très probants en ce qui concerne la cellule d’écoute, à la fois sur l’aspect de soutien psychologique, et sur l’accompagnement social : certaines des femmes aidées par cette cellule ont ainsi pu bénéficier d’un micro-crédit pour mettre en place des activités génératrices de revenus. D’autres ont pu reprendre des études, ou se lancer dans un apprentissage, avec un soutien financier du mouvement des femmes de l’Église.
En outre, les responsables de la cellule d’écoute sont allées se former à l’accompagnement psychologique au Rwanda, dans le cadre d’un échange entre Églises de la Cevaa. Ce séjour a permis de leur faire mieux prendre conscience du rôle que peuvent jouer les Églises pour créer des commissions sur le modèle «Vérité et réconciliation», comme cela a été pratiqué en Afrique du Sud après l’apartheid ou au Rwanda après le génocide de 1994. Une demande de rendez-vous a été faite au chef de l’Etat centrafricain pour développer ce type de processus.

  Où en sont les chantiers soutenus par le Défap et la Cevaa ?

Les travaux de sécurisation du Centre protestant de la Jeunesse © Défap-Cevaa

Le plus gros chantier concerne la réhabilitation du Centre Protestant pour la Jeunesse [un vaste complexe de bâtiments situé en plein Bangui, et qui a été pillé pendant les violences de 2013-2014]. La première tranche financée par la Cevaa et le Défap, qui concernait la mise en sécurité du site pour éviter de nouveaux pillages, est  en cours de finalisation. En ce qui concerne la remise en état proprement dite, les besoins de fonds sont considérables : le Premier ministre centrafricain, que nous avons rencontré, va chercher des partenaires pour aider à financer ce projet. Nous continuerons bien sûr à y être associés, mais nous ne serons plus les principaux bailleurs de fonds.
L’autre chantier, lancé à Morija, dans la banlieue de Bangui, donne des résultats encourageants en ce qui concerne l’école. Trois classes et un bureau sont sortis de terre ; 200 élèves y sont scolarisés. Toutes les salles sont équipées de mobilier scolaire et les effectifs ne dépassent pas les cinquante élèves par classe, ce qui est exceptionnel dans un pays où l’on trouve fréquemment des classes de 70 à 100 élèves, qui travaillent souvent assis par terre, sans pupitres et sans bancs. En revanche, une autre activité que nous avions commencé à accompagner, dans le domaine du maraîchage et de la pisciculture, a dû être abandonnée. La situation n’est vraiment pas propice aujourd’hui à ce genre de projet.

  Quelles suites prévoir ?

En ce qui concerne Morija, il me semble essentiel de se concentrer sur l’école : je vais essayer de solliciter des parrainages pour aider à rétribuer l’équipe enseignante. Il faudrait aussi trouver des moyens humains sur place pour encadrer les membres de cette communauté. En ce qui me concerne plus directement, j’ai reçu des appels pour faire de la formation universitaire auprès des facultés de théologie. Les thèmes pourraient concerner la Réforme, l’identité réformée et protestante, l’histoire, l’ecclésiologie protestante, l’éthique… Il y a eu des demandes précises de la part de la Fateb (la Faculté de théologie évangélique de Bangui) pour que soit organisée une semaine de colloques et de conférences. Tout ceci a été déclenché par le 500e anniversaire de la Réforme, qui a suscité un regain d’intérêt pour l’histoire du protestantisme. De telles formations sur l’identité protestante pourraient aider à apporter une plus grande cohésion au sein de ce protestantisme centrafricain qui est aujourd’hui divisé, morcelé en multiples dénominations. Avec un jour, pourquoi pas, l’idée de créer une plate-forme commune, peut-être une fédération protestante centrafricaine, qui rendrait le protestantisme plus audible et crédible dans ce pays.

  Comment les membres de l’Église protestante Christ-roi de Centrafrique ont-ils vécu ces trois ans d’accompagnement, et comment envisagent-ils l’avenir ?

Les élèves de l’école de Morija © Défap-Cevaa

Les membres de l’Église ont été très sensibles au fait qu’un pasteur vienne auprès d’eux lors de missions régulières, malgré la situation difficile. Ils ont été particulièrement touchés que nous ayons effectué la dernière visite en couple : la présence de mon épouse a été saluée. Outre l’accompagnement proprement dit, ce qui a été le plus apprécié, c’était que quelqu’un vienne au nom du protestantisme français pour marquer la sollicitude, la communion des Églises de France. J’ai reçu le même témoignage de la part des membres de la communauté des Béatitudes (qui est une communauté catholique). Nous logions dans leur monastère ; la veille de notre départ, elles nous ont donné une carte qui nous disait : « Merci de votre présence, merci d’avoir été là ».
Les relations sont d’ailleurs bonnes entre les diverses Églises, au vu de la situation : par exemple, le groupe des jeunes de l’EPCRC a réalisé au mois d’août une semaine de rencontres culturelles. Il y a eu de nombreux participants, venus de diverses Églises : des catholiques, des adventistes, des baptistes, et même des musulmans. Tous ont participé aux mêmes ateliers, aux mêmes cultes ensemble : c’était un beau signe d’espoir et de relations apaisées entre communautés. On constate d’ailleurs que parmi les jeunes, beaucoup sont très actifs sur le plan spirituel, dans les études de la Bible, qu’ils ont une importante quête de sens. Des ateliers ont été mis en place pour les 4-5 ans sur les thématiques du pardon, du renoncement à la vengeance… C’est là un travail de fond, certes modeste sur le plan numérique, mais d’une grande qualité.
Tout ceci est révélateur de l’état d’esprit qui prévaut au sein de l’EPCRC : malgré la situation, il faut se redresser. Ce qui peut se faire d’abord par des actions modestes, en petits groupes, avant de s’élargir. Je garde en tête ce qui s’est passé en 2013, lorsque les femmes se sont mobilisées et ont manifesté jusqu’au palais présidentiel, entourées par les Casques bleus, pour réclamer la paix et la réconciliation… Même au plus profond de la crise, il y a toujours cette volonté de se relever, de changer les choses. Une volonté inébranlable dans laquelle je vois, pour ma part, une manifestation de la foi des membres de cette Église.




Poursuivre l’accompagnement de l’Église à Bangui

L’Église protestante Christ-Roi de Centrafrique (EPCRC), avec laquelle le Défap est en lien, veut préparer l’avenir dans un pays toujours miné par les violences : elle accompagne les victimes et les aide à construire un nouveau projet de vie, s’occupe d’une école, s’efforce de réhabiliter un grand complexe destiné à la jeunesse situé en plein Bangui… La visite commune Défap-Cevaa organisée début décembre visait à faire le point sur le soutien à cette Église, et notamment sur l’accompagnement pastoral, réalisé par des pasteurs issus des Églises de France.

Les responsables de la cellule d’écoute psychologique © Défap-Cevaa

En République centrafricaine, la guerre civile aurait dû s’achever en 2014. Plus précisément le 23 juillet, date de la signature d’un accord de cessation des hostilités à Brazzaville. Depuis lors, tous les éléments d’une normalisation se sont mis en place : une nouvelle Constitution, approuvée fin décembre 2015 par référendum, et un nouveau président démocratiquement élu, l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra. Mais ces changements n’étaient que superficiels. Le nouveau gouvernement n’a pas renoncé aux pratiques de mauvaise gouvernance de ceux qui l’avaient précédé. Son influence n’a pu s’étendre véritablement au-delà de la capitale. Dans le reste du pays, le pouvoir est aux mains des milices armées. Le souvenir de la marche des Séléka sur Bangui est encore vivace : c’était en 2013, et les partisans de Michel Djotodia avaient pris la ville sans résistance, forçant à la fuite le président François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir les armes à la main. Mais les exactions des membres de la Séléka («Coalition» en sango) venue du nord du pays où se trouvent la majorité des musulmans (le reste du pays étant très majoritairement chrétien), composée en partie de mercenaires tchadiens, libyens et soudanais, avaient provoqué la création de milices d’autodéfense bientôt baptisées les anti-balaka. Et des violences envers les musulmans soupçonnés de sympathies pro-Séléka…

Depuis, le spectre de l’affrontement inter-communautaire et inter-confessionnel n’a jamais vraiment disparu. Dans les portions du pays qu’elles contrôlent, les milices jouent sur la peur et sur la «protection» qu’elles prétendent offrir pour asseoir leur légitimité. L’année 2017 a ainsi vu la résurgence de la crise centrafricaine sous une forme tout aussi grave qu’en 2013-2014, lorsque la France et les États-Unis s’alarmaient d’une situation «pré-génocidaire» : si la Séléka a été officiellement dissoute, elle a donné naissance à de multiples factions qui se sont engagées dans des luttes territoriales, pendant que de nouveaux groupes anti-balaka se formaient jusque dans l’Est du pays, épargné jusqu’alors.

D’inlassables appels à la paix

Plus que jamais, les Églises de Centrafrique ont besoin d’un accompagnement. Si un affrontement interconfessionnel généralisé a été évité durant les années 2013-2014, c’est en grande partie grâce à des responsables religieux qui ont refusé de voir la religion instrumentalisée. Grâce à des figures comme celles de Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur de l’Église évangélique Elim Bangui-M’Poko, et Omar Kobine Layama, président de la conférence islamique, dont les infatigables plaidoyers pour la paix, au mépris même de leur propre sécurité, avaient conduit à les surnommer les «trois Saints de Bangui».

La nécessité de cet accompagnement était au centre de la visite commune Défap-Cevaa qui a eu lieu début décembre à Bangui. Le Défap est en lien avec l’Église protestante Christ-Roi de Centrafrique (EPCRC), membre de la Cevaa et présente dans la capitale. Le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, qui participait à ce voyage, décrit «une ville déstructurée, sans charpente, où la violence est à fleur de peau, malgré la présence forte de la Minusca». Les troupes de cette Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique sont d’ailleurs elles-mêmes vues avec méfiance, souvent accusées de passivité face aux violences.

«Transcendons les clivages pour reconstruire notre pays»

Rencontre avec avec l’archevêque Nzapalainga © Défap-Cevaa

«À Bangui, endroit le plus sécurisé de la Centrafrique, poursuit Bertrand Vergniol, on se rend compte que les gens parlent encore avec terreur de ce qu’ils ont vécu il y a deux-trois ans. Si aujourd’hui, on ne voit plus des foules de déplacés autour de l’aéroport (on les appelle aujourd’hui les retournés), tout le monde craint que ça recommence». Les Églises poursuivent un travail inlassable pour appeler à l’apaisement et refuser la logique de l’affrontement, quelles que soient les confessions : la visite commune Défap-Cevaa à Bangui a d’ailleurs été marquée par une rencontre avec l’archevêque Nzapalainga. Depuis 2013, la teneur de ses sermons n’a pas changé. «Nous sommes tous Centrafricains comme une famille : transcendons les clivages pour reconstruire notre pays», lançait-il encore le 9 décembre dernier lors de la messe de clôture du pèlerinage sur le site du sanctuaire marial de Ngoukomba, un village situé à 24 km de Bangui sur la route de Damara. Et d’ajouter en sango sous les applaudissements de la foule : «Nous ne voulons plus écouter parler de musulmans, de protestants, de catholiques… Nous sommes tous Centrafricains».

Engagée elle aussi pour le dialogue, et dans l’aide aux victimes de violences, l’EPCRC a mis en place, avec le soutien de la Cevaa et du Défap, une cellule d’accompagnement psychologique. Elle est fréquentée surtout par des musulmanes : dès l’origine, l’Église a voulu que cette aide soit ouverte à toutes les victimes, indépendamment de leur confession. L’Église bénéficie aussi d’un accompagnement pastoral, dans le cadre d’un poste ouvert par la Cevaa ; et ce sont les Églises de France qui ont fourni les pasteurs, notamment Bernard Croissant, qui a été le plus présent à Bangui au fil d’une série de missions de plusieurs semaines à chaque fois. L’EPCRC s’efforce aussi de réhabiliter un grand complexe situé en plein Bangui qui a été très dégradé lors des années 2013-2014, le Centre Protestant de la Jeunesse, et a construit une école à Morija, dans la banlieue de la capitale.

Les élèves de l’école de Morija © Défap-Cevaa

La visite de ce début décembre avait notamment pour but d’évaluer la mission d’accompagnement pastoral, qui devra se poursuivre, même si ses modalités pourront évoluer ; d’ores et déjà, Bertrand Vergniol tient à exprimer à Bernard Croissant «la reconnaissance du protestantisme français et du Défap» pour le travail réalisé à Bangui. En ce qui concerne la cellule d’écoute, «après avoir reçu l’aide d’un psychologue, elle peut désormais fonctionner de manière autonome, souligne le secrétaire général du Défap. C’est un lieu important où des personnes qui ont été maltraitées peuvent retrouver une dignité et former de nouveaux projets de vie». En ce qui concerne le Centre Protestant pour la Jeunesse, les travaux de sécurisation progressent : une fois la clôture achevée, les bâtiments ne seront plus exposés aux pillages. Mais il faudra une aide du gouvernement centrafricain pour réhabiliter le complexe proprement dit, très endommagé : c’était l’objet d’une rencontre qui a eu lieu, au cours de ce séjour, entre la délégation Défap-Cevaa et le Premier ministre. Il faudra aussi pouvoir récupérer l’usage effectif des locaux, qui ont été en partie occupés après la période des troubles… En ce qui concerne Morija, l’école proprement dite est achevée, elle accueille déjà 200 élèves, et il reste à réaliser un forage et un dispensaire. Les paroissiens de l’EPCRC, et tout particulièrement le mouvement des femmes de l’Église, sont très impliqués dans le soutien de ce projet. Aujourd’hui, l’école forme des élèves, en dépit des troubles ; demain, ce sont ces mêmes élèves qui pourront participer à la reconstruction de leur pays.




Togo : trois semaines de rencontres pour des jeunes de l’UEPAL

Au cours de l’été 2017, un camp organisé par des pasteurs de l’UEPAL et de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo à Kougnohou, dans la région des Plateaux, a réuni un groupe de jeunes d’Alsace-Lorraine et du Togo autour des questions de développement durable et des droits de l’enfant. Retour sur l’aventure avec les témoignages detrois participantes alsaciennes.

 

Vue des activités organisées avec les enfants de Kougnohou © UEPAL

La préparation du voyage proprement dit aura pris deux ans. Mais c’est en fait un projet esquissé il y a sept ans qui a trouvé sa concrétisation, au mois d’août 2017, lorsqu’un petit groupe de jeunes de l’UEPAL s’est envolé pour le Togo en compagnie de deux pasteurs, Gilles Agbenokoudji (paroisse de Butten) et Hanitra Ratsimanampoka (paroisse de Metz). Destination : le village de Kougnohou (ou Kougnouhou, l’orthographe varie) dans la région des Plateaux, pour deux semaines, avant une semaine à Tsévié, à une heure de la capitale Lomé. Ce voyage organisé avec le soutien financier du Défap visait notamment, comme le souligne Amandine, l’une des participantes, qui a rédigé récemment un compte-rendu sur son séjour, à «travailler aux côtés des enfants togolais sur les notions de développement durable et de droits de l’enfant». Mais surtout à partager pendant trois semaines la vie de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo, partenaire du Défap dans ce pays. C’était aussi une occasion pour les jeunes d’Alsace-Lorraine de vivre de près une expérience interreligieuse, car dans le village de Kougnohou cohabitent pacifiquement chrétiens, animistes et musulmans.

Ce projet trouve son origine en 2010 à Graffenstaden, où se trouve alors Hanitra Ratsimanampoka. C’est dans cette paroisse que lui est donnée l’occasion de voir le travail réalisé par Clarisse et Alain Meyer, très impliqués dans des liens avec le Bénin. Elle y prend part notamment à la préparation du voyage d’un groupe de jeunes de 18 à 25 ans, organisé avec l’Église protestante méthodiste du Bénin. On lui propose de participer au séjour sur place. Mais Hanitra doit quitter la paroisse de Graffenstaden pour Metz, où elle est nommée comme vicaire. Elle n’ira donc pas au Bénin ; pourtant, l’idée d’un tel projet ne l’abandonne pas. Elle le développera par la suite, toujours à l’incitation de Clarisse Meyer, en compagnie de Gilles Agbenokoudji. Lui-même originaire du Togo, et de surcroît très impliqué auprès des jeunes, il lui est plus facile d’organiser un séjour dans ce pays et de mesurer les enjeux et les points d’intérêt d’un voyage pour un groupe d’adolescents venus de paroisses de l’Est de la France.

«Je savais déjà que ce voyage me marquerait»

Le projet s’élabore en collaboration avec le pasteur de Kougnohou. Il intégrera un groupe de jeunes animateurs d’Alsace-Lorraine et du Togo, ainsi qu’une cinquantaine d’élèves de l’école primaire de Kougnohou. Les futurs participants sont activement associés à la construction du projet et travaillent avec les trois pasteurs à la mise en place du programme. Au menu : formation à l’animation de groupe de jeunes durant la première semaine ; organisation d’activités sportives et culturelles ; sensibilisation à l’interdépendance écologique et, plus largement, découverte mutuelle des réalités culturelles et sociales vécues par les jeunes en Alsace-Lorraine et dans la région des Plateaux au Togo.

«Après avoir imaginé pendant deux ans ce que serait notre épopée africaine», raconte Manoa, l’une des participantes, «notre groupe s’est finalement envolé pour trois semaines au Togo le 29 juillet 2017. J’étais accompagnée de visages familiers, de proches, et malgré ça, j’appréhendais : j’avais peur des conditions de vie que nous allions trouver là-bas. Je savais déjà que ce voyage me marquerait.» L’aventure commence dès l’arrivée, «célébrée par une grande fête animée par la fanfare, les danses et les sourires», comme le décrit Amandine. «Rythmées par les habitudes des Togolais, nos journées furent aussi enrichissantes les unes que les autres : nous avons appris à cuisiner avec des produits locaux (igname, cacahuète, piment), cherché l’eau à la rivière, découvert quelques notions d’Akébou et d’Ewe, les langues parlées au village.» Parmi les moments l’ayant particulièrement marquée, Amandine cite encore «la confirmation d’une trentaine de jeunes par le pasteur local accompagné d’Hanitra et de Gilles. Les confirmands attendaient avec impatience cette cérémonie qu’ils considèrent comme un passage très important de leur vie et qu’ils avaient pris coeur à préparer. Enfin, nous avons participé à notre dernier culte à Kougnohou en nous levant pour danser et chanter « Jehohah », une chanson que nous avons apprise sur place et qui a accompagné nombre de nos moments avec les enfants ; chanson que j’espère avoir l’occasion de communiquer aux paroissiens de la rue Mazelle lors d’un culte.»

Retour à l’essentiel

Togo : la région de Kougnohou © UEPAL

Le groupe ne s’est pas cantonné à la région des Plateaux et les jeunes d’Alsace-Lorraine ont eu un large aperçu de la vie au Togo : Manoa cite ainsi «la fête nationale des récoltes avec la visite du Premier Ministre à Tsévié», les visites de «sites comme les cascades d’Akloa et de Siou», ou encore «le monastère des sœurs de Dzogbégan». Margot, autre participante du voyage, ajoute : «Nous avons aussi eu la chance d’aller à Kpalimé, ville connue pour son centre artisanal où nous avons pu voir le talent des artisans travaillant le bois.»

Mais le plus marquant reste ce qui a été vécu et partagé au cours des deux semaines passées à Kougnohou. «Les personnes rencontrées et les liens que nous avons créés avec celles-ci nous ont, d’après moi, véhiculé des valeurs dont nous manquons énormément en France», témoigne Amandine. «Les Togolais ont une source d’optimisme quasi inépuisable qu’ils puisent essentiellement dans leur foi en Dieu», ajoute Margot. Manoa renchérit : «Tous semblent être de bons vivants, et pourtant, nombre de ceux que nous avons rencontré ont une vie difficile. Certains ont perdu des proches, d’autres sont encore mineurs et vivent seuls car papa et maman ont dû partir au Ghana ou au Burkina Faso pour trouver de l’argent. La venue de « yovo » (les Blancs, les Occidentaux) est donc globalement la bienvenue, car elle est le signe que, quelque part, on s’enquiert de leur état. Sous ce rapport, on aurait donc pu penser qu’ils attendaient quelque chose de nous (du matériel, des vêtements, de l’argent…) et nous avons pourtant reçu plus que nous n’avons donné ! Les jeunes du village et les membres de la paroisse protestante de Kougnohou nous ont offert leur temps, ont prêté l’oreille à nos propos, sont venus tous les jours nous prêter main-forte pour les tâches du quotidien comme pour les événements exceptionnels (visite de sites, recherche de matériel pour des projections à l’église ..) et nous ont surtout invités à partager leur vie et leur vision des choses, plus sereine, plus confiante en Dieu.»

Retrouvez ci-dessous quelques images de ce voyage :




Voyage dans la maison… et dans le temps

Treize catéchumènes lyonnais âgés de 12 à 14 ans sont venus fin novembre découvrir le Défap, dans le cadre du programme «Voir et revoir Paris». Accueillis et guidés par la responsable Jeunesse Tünde Lamboley, et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque, ils ont pu explorer la Maison des missions et prendre conscience des évolutions qui ont marqué la Mission… et ses envoyés, entre le XIXème et le XXIème siècle.

 

Le groupe de jeunes catéchumènes lyonnais en visite à la bibliothèque du Défap © Défap

 

Dans le cadre du programme «Voir et revoir Paris» (cf. encadré ci-dessous), le Défap a accueilli fin novembre un premier groupe de jeunes visiteurs, treize catéchumènes lyonnais âgés de 12 à 14 ans, accompagnés par les pasteurs Bernard Millet et Franck Nespoulet. Ils ne sont restés qu’une seule journée, à leur grand regret car tous sont repartis enchantés, en ayant encore des milliers de choses à voir. Pour une prochaine fois, espérons-le.

Le thème qu’ils avaient choisi était : «Naissance et mission de l’Église». Accueillis par Tünde Lamboley, responsable Jeunesse, et Claire-Lise Lombard, notre bibliothécaire, ils ont parcouru de haut en bas la Maison des missions, passionnés par tous ces objets que l’équipe côtoie tous les jours et qui sont si étonnants pour ceux qui ne les ont jamais vus : la croix kanak dans la chapelle, les gargouilles, les grands portraits … Comparant les anciens missionnaires et les nouveaux, les adolescents ont pris conscience de la différence des époques : entre le vade-mecum remis aujourd’hui à Coralie et Yohann, deux de leurs concitoyens actuellement en poste à Madagascar, et la liste de ce qu’il fallait emporter au Gabon en 1924, quel changement ! Plus besoin d’hésiter entre deux chapeaux, l’un moche et l’autre inutile… Besoin d’un peigne ? Pas en crin, conseillait le Dr Albert Schweitzer. Et coupez-vous les cheveux, mais pas trop !

D’autres groupes attendus en avril et mai 2018

Une préparation différente, mais également une connaissance du terrain bien plus parcellaire, comme en témoignent les archives montrées par Claire-Lise, et en particulier cette carte dessinée par un missionnaire ayant remonté le fleuve Zambèze qui a beaucoup intéressé ces jeunes qui vivent à l’heure d’internet et de «Google Maps».

Ils ont achevé leur court séjour par une visite à l’Institut du Monde arabe, où une magnifique exposition intitulée «Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire» donne à voir de rarissimes Bibles illustrées, de toute beauté, ainsi que divers objets et vestiges venus de Mésopotamie et du Proche-Orient.

Le Défap accueillera d’autres groupes en avril et mai 2018, mais si le cœur vous en dit, il y a encore de la place au premier trimestre. La Maison des missions est votre maison, bienvenue !

Valérie Thorin

Rencontrez la maison, découvrez la mission

Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




Un voyage pour «toucher du doigt les réalités de la vie au Congo»

Une douzaine de membres de l’Église protestante unie du Consistoire d’Héricourt se sont rendus début octobre auCongo-Brazzaville, pour y découvrir notamment les actions que mène l’Église Évangélique du Congo. Ils étaient accompagnés par le pasteur Joël Dautheville, président du Défap. Retour sur ce voyage avec Georges Massengo, qui a été pasteur à Brazzaville avant d’exercer son ministère au sein de l’Église protestante unie de France, et qui a organisé ce projet.

 

Les participants du voyage devant un centre médico-social © Défap

De retour de Brazzaville et Pointe-Noire depuis quelques semaines, le pasteur Massengo a encore en tête une liste de bagages qui tient du catalogue à la Prévert : trois valises d’habits pour bébé et autres matériels pour enfants, deux valises de lunettes, trois fauteuils roulants et… plus aucune place de disponible pour les livres du Défap… Qu’importe, l’essentiel n’était pas dans les bagages. Mais bien dans les rencontres… Le voyage a duré une dizaine de jours, du 29 septembre au 9 octobre 2017, et pour la plupart des participants, il a marqué leur premier contact avec le Congo-Brazzaville et avec l’Église Évangélique du Congo (EEC). Ils étaient douze, membres de l’Église protestante unie du Consistoire d’Héricourt, Georges Massengo leur servant de guide. Lui-même originaire de ce pays, il avait exercé son ministère pastoral dans l’une des principales paroisses de l’EEC, celle de Mayangui, avant sa venue en France où il est aujourd’hui pasteur de l’EPUdF.

Pour lui, l’objectif de ce voyage accompagné et soutenu financièrement par le Défap devait être avant tout de montrer la réalité du pays, non seulement sur le plan social (même si la République du Congo est un pays producteur de pétrole, près de 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et l’accès à l’eau potable et à l’électricité y reste difficile) mais aussi sur le plan de la vie d’Église. Autre participant du voyage à renouer avec le Congo-Brazzaville : Joël Dautheville, président du Défap, qui a lui-même été pasteur de la paroisse du Plateau il y a une quarantaine d’années, et qui avait décidé de précéder le groupe de quelques jours afin de faire le point sur les projets en cours.

La genèse du projet

Pour aller plus loin :
Mission au Congo : des chantiers nombreux et audacieux
Le Défap au Congo : projets en cours

L’Église Évangélique du Congo (EEC) est la première et la plus importante Église protestante au Congo-Brazzaville. Elle est aussi le principal partenaire du Défap dans ce pays. Elle trouve ses origines, au début du XXème siècle, dans les travaux de la Mission Évangélique Suédoise (MES), avec le concours d’autres Églises Missionnaires scandinaves. Son existence en tant qu’Église indépendante remonte au 15 juillet 1961, lorsque les différentes Églises Missionnaires ont décidé de l’autonomie des stations et postes missionnaires, donnant naissance à une Église unie. Mais l’avènement d’une république populaire en 1969, sous la présidence de Marien Ngouabi, avec comme corollaire l’instauration du socialisme scientifique, s’est traduit pour l’Église par la nationalisation de ses écoles et centres de santé. Aujourd’hui, dans un contexte social difficile, elle développe ses activités diaconales pour faire face aux besoins de la population notamment en matière d’éducation et de santé. Les projets soutenus par le Défap sont nombreux : soutien à la faculté de théologie de Brazzaville, programme d’éducation à la paix, formation d’animateurs jeunesse, scolarisation d’enfants sourds, formation à l’informatique, construction d’école, programme de lutte contre le sida, envoi de volontaires au sein du département Santé de l’EEC…

C’est lors d’un culte du pasteur Massengo destiné à présenter ces relations entre les protestants de France et l’EEC qu’est née, début 2016, l’idée d’organiser un voyage avec des membres du Consistoire d’Héricourt. «Il y avait là un couple de retour du Congo-Brazzaville», se souvient Georges Massengo. «Ils avaient séjourné dans le pays avec leurs enfants et ont témoigné de ce qu’ils y avaient vécu, de ce qu’ils avaient vu.» La situation sociale et les difficultés du quotidien, le problèmes de scolarisation des enfants, mais aussi toutes les actions lancées par l’EEC et la manière dont la foi y est vécue : autant de découvertes qui ont poussé les paroissiens à vouloir mieux connaître le pays et l’Église. Une fois le projet monté avec le Défap, trois sessions d’informations sur le Congo-Brazzaville ont été organisées à Lure et Héricourt, auxquelles a participé Joël Dautheville. Et les objectifs du voyage se sont développés.

«Comment pouvons-nous aider ?»

Distribution de médicaments © Défap

«Les participants m’ont demandé : comment pouvons-nous aider ?» raconte Georges Massengo. «Et je leur ai parlé d’un projet de construction de maternité auquel j’avais participé lorsque j’étais pasteur à Mayangui. J’y étais retourné depuis lors et j’avais découvert un centre qui était devenu une structure de référence au sein de l’Église, avec un service pour les consultations prénatales, un bloc opératoire pour les césariennes, mais aussi un service de médecine générale, un autre d’ophtalmologie, un suivi des personnes atteintes par le Sida… Le personnel médical, le médecin-chef m’avaient parlé de tous leurs besoins. Je me suis dit que ce voyage était une excellente occasion d’y répondre.»

Autour du projet de voyage s’organisent alors des collectes : vêtements et matériel médical (pour mesurer la glycémie et la tension, notamment), fauteuils roulants et équipement ambulatoire… Georges Massengo prend aussi contact avec une association locale, le Kiwanis Montbéliard-Sochaux, qui récolte toute l’année d’anciennes lunettes pour les remettre à des associations : «au Congo-Brazzaville, trop de gens qui ont des problèmes visuels ne peuvent pas trouver les lunettes dont ils auraient besoin». Les bagages grossissent ainsi jusqu’au moment du départ.

Rencontres et visites

Rencontre avec le président de l’EEC © Défap

Au Congo-Brazzaville, la petite délégation, accueillie par la paroisse de Mayangui, rencontre le président de l’EEC : le pasteur Edouard Moukala, successeur de Patrice Nsouami. Les visites s’enchaînent à Brazzaville : «Nous avons vu le responsable du département Santé de l’Église, qui a accueilli une envoyée du Défap. Nous avons livré là-bas nos fauteuils roulants et notre matériel ambulatoire. Nous avons visité l’orphelinat du temple du Centenaire, où Joël Dautheville avait été pasteur. Nous avons remis des sacs d’habits à la responsable du département Femmes et Familles de l’EEC, Éléonore Kissagui, ancienne boursière du Défap. Nous avons pu visiter une structure destinée à accompagner les filles-mères (qui vivent seules et sans moyens de subsistance pour élever leurs enfants) et à leur fournir une formation à la couture.»

À cela s’ajoutent des rencontres avec le doyen et les étudiants de la faculté de théologie de Brazzaville, une visite à un projet de «caisse féminine» monté par des femmes chrétiennes afin de faire du micro-crédit… Autant de manières pour les voyageurs de vérifier l’efficacité des liens tissés à travers les échanges ou le financement de bourses par le Défap – les anciens boursiers constituant, au fil des années, un réseau sur lequel le Défap peut s’appuyer dans ses relations entre Églises. Autant de manières, surtout, de «toucher du doigt les réalités de la vie au Congo».




Heaven’s Door : Foi, Entraide & Rock’n’Roll

Neuvième édition du festival Heaven’s Door

 

Après le succès des précédentes éditions, le festival Heaven’s Door, neuvième du nom, va se dérouler pour cette année 2017 dans le cadre plus large du rassemblement national Protestants en fête “Vivre la fraternité”  qui aura lieu à Strasbourg du 27 au 29 octobre.

Ce grand rassemblement est une occasion unique de vivre des rencontres, de partager sur le thème de la Fraternité, de construire ses convictions, d’être encouragé dans sa foi et ses engagements. Environ 2000 jeunes de 12 à 25 ans sont attendus pour cet événement, qui est ouvert à tous.

Au programme du festival, 4 temps forts répartis sur 3 jours  :

Soirée Sola Fiesta

Quand ? Le vendredi 27 octobre de 19h à 23h au Wacken

 

Une soirée pour faire la fête et bien commencer le week-end. Au menu pour les participants : fraterniser,  partager un repas, danser, chanter et prier ensemble. Avec la présence d’un invité surprise !

Animation Game of Three

Quand ? Le samedi 28 octobre de 10h à 18h au Gymnase Jean Sturm

Pour aller plus loin :
Heaven’s Door : le site officiel
Heaven’s Door : la page Facebook et les dernières nouvelles
Protestants en Fête 2017 : le programme général sur le site « Protestants 2017 »
La liste détaillée des animations, visites, tables rondes, conférence… à feuilleter en ligne
Protestants en fête : la page Facebook de l’événement

 

Comment cultiver la fraternité ? Un grand jeu a été préparé pour y parvenir : les participants devront relever des défis, faire preuve de créativité, participer à des ateliers et, surtout, faire connaissance avec des personnes passionnantes.

Une scène ouverte sera également disponible au Gymnase Jean Sturm durant toute cette journée du samedi.

Seul ou avec des amis, il sera possible de proposer un sketch, un moment de musique, une chorégraphie, un poème… ou tout autre sujet pourvu que ce soit sur le thème de la fraternité !

Concert

Quand ? Le samedi 28 octobre de 20h à 22h30 au Zénith Strasbourg-Europe

 

Pour sa seule date en France, le groupe IMPACT de Montréal donnera un concert exceptionnel avec notamment des chants issus de leurs deux derniers albums Sola Gratia et Scriptura. Ce groupe de pop rock chrétien a été créé par Sébastien Corn, à partir de l’association « Impact Jeunesse » qui anime les réunions de jeunes, chaque vendredi et chaque dimanche, à l’Église Nouvelle Vie, située à Longueil, dans la banlieue sud de Montréal. Composé d’une dizaines de chanteurs et de musiciens, le goupe IMPACT anime bien sûr en priorité les cultes de l’Église Nouvelle Vie, mais propose aussi dans tout le Québec, et dorénavant dans la francophonie, son répertoire de louange et d’adoration chantée sur des rythmes très enlevés.

 

 

La soirée se poursuivra avec Matt Marvane (France) qui présentera deux extraits de son nouvel album Résistance. Déjà connu comme le leader de JTM Band, basé à Dijon, Matt Marvane est un jeune chanteur qui a la particularité d’être pasteur, papa, mais aussi le premier artiste chrétien à signer avec le Label MyMajorCompany reconnu notamment pour avoir produit les artistes tels que Gregoire, Irma ou encore Joyce Jonathan. Il est porteur d’une parole symbolique qui montre l’ouverture des chrétiens sur le monde, bien loin de certaines idées reçues. Les textes de ses chansons témoignent qu’il faut ouvrir son cœur, porter l’espérance grâce à des moments d’unité et de bonheur, des petits rien.

 

 

La soirée se conclura avec un DJ qui a déjà fait danser Heaven’s Door, mais aussi les jeunes du Grand Kiff à Saint-Malo. Il est anglais, et son nom de scène est Galactus Jack. De son vrai nom Ben Jack, né en 1982 à Bristol, il est à la fois DJ et producteur. Il s’est fait connaître au début des années 2000 comme membre du trio Aorta, groupe qui ambitionnait déjà de renouveler le genre de la musique chrétienne de louange. Depuis son premier single Headspace en tant qu’artiste solo et DJ, en 2008, il a sorti notamment l’album Reality Bytes (avril 2009), Neon (juillet 2012), Universal (novembre 2016) et a produit le projet The Rose Sessions : Volume One.

 

Culte XXL

Quand ? Le dimanche 29 octobre à 10h au Zénith Strasbourg-Europe

Vivre un culte avec quelques milliers de personnes, c’est rare ! Les places seront limitées… Mais ceux qui auront un PASS JEUNES – HEAVEN’S DOOR auront leur place  réservée au pied de la scène du Zénith.




Nouvelle-Calédonie : trouver les ferments d’union

NOUVELLE-CALÉDONIE ET ÎLES LOYAUTÉ
Fiche et présentation du programme ABS

Septembre 2017 : les intervenants de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

Après la conférence organisée le 18 septembre dernier au siège de la Fédération protestante de France, la Nouvelle-Calédonie sera évoquée lors du prochain Conseil du Défap, qui se tient les 14 et 15 octobre au 102 boulevard Arago, à Paris. Alors que l’approche du référendum d’autodétermination prévu à l’automne 2018 cristallise les tensions après 30 ans de paix civile, le protestantisme français, lié à l’histoire de l’archipel, a un rôle à jouer pour aider au dialogue. Un dialogue qui apparaît de plus en plus comme une urgente nécessité, alors que les positions politiques, en métropole comme dans l’archipel, tendent plutôt à la crispation. Illustration avec la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie : à peine constituée, elle se trouve au coeur d’une tourmente politique avec la démission de Jean-Luc Mélenchon. 

Cette mission, qui existait sous la précédente législature, a tenu sa réunion constitutive le 3 octobre dernier à l’Assemblée nationale. Elle a arrêté à cette occasion la liste de ses membres et nommé à sa tête Manuel Valls. L’ex-Premier ministre a souligné en réunion que l’objectif de cette mission d’information serait « d’informer de la situation locale », de « favoriser le dialogue » et de « préparer le premier référendum de 2018 ». Quelques jours auparavant, dans un entretien au site d’information en ligne Outremers 360, en partenariat avec la télévision Caledonia, Manuel Valls indiquait déjà sa volonté de « beaucoup s’impliquer » dans la préparation du référendum de 2018, soulignant « qu’à l’occasion de la venue de tous les acteurs » à Paris pour le dernier « comité des signataires » avant le référendum (les 2 et 3 novembre), il aurait « l’occasion de (s)’entretenir avec chacun des protagonistes ». Or c’est précisément pour protester contre la nomination de Manuel Valls que Jean-Luc Mélenchon a démissionné de manière fracassante. En Nouvelle-Calédonie même, la composition de cette mission d’information est contestée, le Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste soulignant notamment la présence de deux députés du groupe loyaliste « Calédonie Ensemble ».

Un avenir à construire ensemble

Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie : aider au dialogue (conférence du Défap)
Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches
ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

Hasard de calendrier, indépendantistes et non indépendantistes se sont exprimés le mercredi 4 octobre à la tribune de l’ONU devant la commission de décolonisation. Une commission qui se tient tous les ans et qui examinait cette année le cas de la Nouvelle-Calédonie. Les interventions, préfiguration des débats qui devraient monter dans l’archipel au cours des prochains mois, ont mis en présence les différents camps, avec toutes leurs nuances, montrant que le contexte ne se résume pas à l’opposition entre des Kanaks majoritairement indépendantistes et des Caldoches opposés à l’éloignement de l’État français.

La Nouvelle-Calédonie entre dans un moment crucial de son histoire, et quel que soit le résultat du référendum d’autodétermination, les 260 000 Calédoniens, dont 110 000 Kanak, devront réussir après le vote à construire ensemble l’avenir de l’archipel. Mais aux forces de division s’opposent de puissants ferments d’union, des valeurs enracinées aussi bien dans la religion que dans la coutume et qui pourraient permettre de trouver un socle suffisant pour faire dialoguer les positions apparemment les plus irréconciliables. Les Églises (et le protestantisme français en particulier, si lié à l’histoire de l’archipel, depuis Maurice Leenhardt jusqu’à Jacques Stewart) ont un rôle crucial à jouer pour permettre au débat de se déployer avant le référendum, au-delà des querelles de personnes ou de partis, et permettre de retrouver ce qui fonde aujourd’hui l’identité néo-calédonienne. Elles sont attendues sur ce terrain. 

Les rendez-vous de 2017 – 2018 :
  • Août 2017: participation des Secrétaires généraux du Défap et de la Cevaa au Synode général de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) à Lifou, îles Loyauté ; visite du lycée protestant Do Neva et du chantier de réhabilitation après les inondations catastrophiques de novembre 2016.
  • 18 septembre 2017 : soirée publique de conférence au siège de la Fédération protestante de France à Paris sur le thème « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins ».
  • Septembre 2017 – juillet 2018 : animations dans les paroisses protestantes de métropole, autour des défis que vit la Nouvelle-Calédonie à la veille du référendum et de la place du protestantisme calédonien.
  • Janvier 2018 : visite en France d’une délégation de Nouvelle-Calédonie et de l’EPKNC pour participer à des conférences dans toute la France et rencontrer les nouvelles autorités politiques françaises.
  • Mai 2018 : visite en Nouvelle-Calédonie, avant le référendum de novembre 2018, d’une délégation française sous l’égide de la Fédération protestante de France.

 

 




Nouvelle-Calédonie : aider au dialogue

En Nouvelle-Calédonie, l’approche du référendum d’autodétermination prévu à l’automne 2018 cristallise les tensions après 30 ans de paix civile. Le protestantisme français, lié à l’histoire de l’archipel, a un rôle à jouer pour aider au dialogue. C’est la conviction qui a poussé à l’organisation de la conférence qui s’est tenue le 18 septembre dernier au siège de la Fédération protestante de France.


Septembre 2017 : les intervenants de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

« En Nouvelle-Calédonie, l’évangélisation a précédé la colonisation », rappelle Vincent Bouvier devant la salle comble, où se tient une conférence sur l’avenir de l’archipel. Nous sommes au soir du 18 septembre, à la Maison du Protestantisme, à Paris ; et d’une phrase, celui qui fut Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie d’août 2014 à juin 2016, résume la profondeur des liens qui unissent les protestants de France à cette terre. La Mission de Londres y était présente avant le passage sous domination française ; forcée au départ, elle a passé le relais à la Mission de Paris, qui a aidé à vivre l’Eglise locale, mais aussi défendu l’identité Kanak au travers notamment des travaux de Maurice Leenhardt. Aujourd’hui encore, ces liens se concrétisent à travers le Défap par des échanges d’envoyés, de pasteurs, de groupes de jeunes. Lorsque le lycée Do Neva a été frappé par des inondations en novembre 2016, le Défap a lancé un appel aux Eglises de France. Comment ces liens pourraient-ils être utilement employés pour aider la Nouvelle-Calédonie alors qu’approche un référendum d’autodétermination vu avec inquiétude par une grande partie de la population ?

Silencieuses et attentives au sein du public, on trouve plusieurs personnalités fortement liées à l’histoire néo-calédonienne – tel Alain Christnacht, qui précéda de 20 ans Vincent Bouvier au poste de Haut-Commissaire. On trouve aussi des chercheurs, pasteurs, étudiants du programme ABS… Sur l’estrade leur faisant face, Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, distribue la parole entre Vincent Bouvier, Jonathan Tholo, étudiant à l’école navale et figure de proue du programme ABS, et le pasteur Ben Houmbouy, de l’EPKNC (Eglise Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie). Tous témoignent, à leur manière, de l’enjeu représenté par le référendum qui s’annonce à l’automne 2018, et qui devrait marquer la sortie des « Accords de Matignon ». La Nouvelle-Calédonie doit-elle devenir indépendante ? Faudrait-il préférer les solutions de « l’Etat associé » ou de « l’Etat fédéré » défendues par Jean-Jacques Urvoas ? La formulation même de la question qui sera posée suscite déjà les crispations, alimentant les craintes de violences entre pro et anti-indépendantistes à l’approche du vote. Il faudrait un patient travail d’explication pour déminer le débat, ce que les politiques locaux ne font pas.

« La question : indépendance ou non, est vue comme trop radicale »

Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches
ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

En introduction à la conférence, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, a voulu mettre des mots sur cet enjeu. Trois mots : confiance ; paix (« la paix qui n’est en rien une évidence ») ; et promesse (« nous voulons croire que la République française et la Nouvelle-Calédonie sauront tenir leur promesse »). Il y a ajouté une référence à la « sagesse des Eglises », qui « ont une responsabilité ». Puis, chacun des trois intervenants a été invité à décrire « sa » Nouvelle-Calédonie à travers plusieurs thèmes : quels ont été les faits marquants de ces 30 dernières années ? Comment sortir des « Accords de Matignon » ? Quelle est la place du religieux, et celle de la coutume? Que serait la Nouvelle-Calédonie de mes rêves dans 50 ans ?

Pour Jonathan Tholo, né après les accords de Matignon, arrivé en métropole il y a 7 ans pour ses études, la Nouvelle-Calédonie reste évidemment « le plus beau pays du monde », comme il le postule avec une pointe d’auto-dérision. Il décrit un pays multiculturel, « un « melting-pot » ethnique, religieux, construit sur un passif lourd », où les jeunes des diverses communauté vivent plus facilement ensemble que leurs aînés (« Je n’ai pas connu ces années où le Caldoche était un ennemi »), ce qui n’occulte ni le problème de la hausse de la délinquance, ni celui du suicide des jeunes.

Intervention du public lors de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

Le pasteur Ben Houmbouy, s’il admet que « nous sommes une population multiraciale », nuance : « On se tolère, mais c’est un destin sans relation. Il n’y a pas loin de la tolérance à l’indifférence. On parle de destin commun, mais ça reste plutôt un slogan ». Vincent Bouvier rappelle enfin que les « Accords de Matignon », après la violence des « événements » qui avait culminé en 1988 lors de la sanglante prise d’otages d’Ouvéa, ont permis 30 ans de paix civile. Et il insiste sur le contexte qui pèse sur le référendum à venir. Contexte géographique : un archipel à 18.000 km de la France, proche de grands voisins comme l’Australie qui guettent de près ce qu’il adviendra de l’influence française dans le Pacifique. Contexte économique : le nickel est un enjeu stratégique et politique majeur (la Nouvelle-Calédonie concentre 25 % des ressources mondiales connues). Contexte social : les inégalités restent fortes. Si les accords de Matignon et Nouméa ont offert à la Nouvelle-Calédonie une grande autonomie, ont permis l’émergence d’une citoyenneté néo-calédonienne, de nombreux conflits sociaux continuent à se régler dans les locaux du Haut Commissariat, même en l’absence de compétence officielle de l’Etat…

« La religion a un rôle majeur à jouer »

Les intervenants de la conférence, réunis autour du secrétaire général du Défap © F. Lefebvre, Défap

Dans ce contexte, souligne l’ancien Haut-Commissaire, « un référendum posé de façon binaire risque de déboucher sur une situation de tension ». Jonathan Tholo renchérit : «  la question : indépendance ou non, est vue comme trop radicale par les jeunes, qui veulent voter, s’impliquer, mais redoutent les conséquences ». Pour le pasteur Ben Houmbouy, « chacun a peur. Les indépendantistes, qui attendent depuis longtemps ce vote, ont peur d’échouer dans leur quête ; les non-indépendantistes, habitués à commander, ont peur de devoir obéir. Et chaque camp reste imparfaitement uni, relié par des motifs d’intérêt bien plus que par la recherche de l’intérêt commun ».

Mais à ces forces de division s’opposent de puissants ferments d’union. Des valeurs enracinées aussi bien dans la religion que dans la coutume et qui pourraient permettre, comme l’espère Vincent Bouvier, de trouver un socle suffisant pour faire dialoguer les positions apparemment les plus irréconciliables. « Ce sont des hommes d’Eglise, rappelle l’ancien Haut-Commissaire, qui ont permis, souvent en désaccord avec les autorités de l’époque, de poser un regard différent sur l’identité Kanak. La religion a un rôle majeur à jouer dans la gestion des tensions et le maintien du dialogue. » Dans cette terre où religion et relations coutumières s’imbriquent, les deux se renforcent pour faire vivre une communauté, ce qu’illustre Jonathan Tholo : « Dans la tribu dont je suis issu, le temple a sa place ; le pasteur est intégré au groupe, on lui donne un lopin de terre, on s’occupe de ses enfants… » Comme le résume Bertrand Vergniol, « les Calédoniens ont besoin d’un rien ; ce rien, ce pourrait être l’Evangile. C’est au nom de cet Evangile que Maurice Leenhardt était parti à Nouméa. »




Equipes Régionales Mission : quelles missions pour demain?

LA MEDITATION DU JEUDI
A retrouver chaque semaine sur le site du Défap

21 septembre 2017 : début de la réunion des ERM © Défap

« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. » Les voilà donc tous cheminant, guettant une présence… et Jésus leur apparaît. « Allez », leur dit-il, « faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » C’est par une méditation sur cette scène de l’envoi en mission des disciples, rapportée dans le chapitre 28 de l’Evangile de Matthieu, que le pasteur Joël Dautheville, président du Défap, a tenu à ouvrir la réunion des Equipes Régionales Mission, le jeudi 21 septembre. Un texte qui était autrefois lu fréquemment lors des cultes d’envoi de missionnaires, et peut-être un peu délaissé depuis, ayant été trop associé à une forme historiquement datée de la mission. Pourtant ces quelques versets renferment, selon le président du Défap, « une pépite évangélique ». Car parmi les onze appelés par Jésus sur la montagne, « certains eurent des doutes ». Ils n’en ont pas moins été envoyés en mission comme les autres.

Comment faire mieux ressortir la dimension missionnaire ?

Pour aller plus loin :
Extrait de la règle des diaconesses de Reuilly
Présentation d’Oïkocrédit par Gaël Marteau
Rencontrez la maison, découvrez la mission

« Jésus connaît ses disciples », a souligné Joël Dautheville, « il ne les a pas recrutés sur des critères de performance en termes de foi. Il ne faut donc pas imaginer des missionnaires pétris de certitudes… » Aujourd’hui encore, c’est tels que nous sommes, avec nos interrogations, que nous sommes envoyés. Avec une assurance toutefois : celle de ne pas oeuvrer en vain, si notre travail « se mue en rencontre de Dieu ». Ce qui ressortait en filigrane de la lecture faite par le pasteur Florence Taubmann, responsable du service « Animation-Formation » du Défap, qui a cité lors du culte un extrait de la règle des diaconesses de Reuilly, au chapitre « travail ».

Quelles formes la mission doit-elle prendre aujourd’hui ? A quoi sommes-nous appelés ? Les interrogations ne sont pas absentes du travail des Equipes Régionales Mission. Tout au long de l’année, les ERM, composées de pasteurs et de laïcs, soutiennent la dynamique missionnaire des régions et des Églises locales ; les rencontres organisées à Paris sont l’occasion d’échanger des nouvelles, de coordonner les activités et, plus largement, de faire avancer les réflexions sur la Mission. Ce 21 septembre, le programme d’une grande partie de la journée était consacré à des échanges sur le rôle même du correspondant local en paroisse.

Le besoin de susciter des vocations

Florence Taubmann © Défap

La réflexion prenait pour base le « carnet de route » rédigé et distribué aux ERM par le Défap en 2011, un document unanimement jugé précieux comme outil de travail et très complet… mais ayant besoin d’être adapté à un contexte qui évolue, tant dans sa forme que pour le fond. Après un début de matinée consacré à une présentation d’Oïkocrédit par Gaël Marteau, les échanges se sont engagés vers 11 heures sur une lecture approfondie de ce « Cahier du correspondant local Défap », avec une première question cruciale : ce nom de « correspondant » est-il encore adapté ? Comment trouver un terme faisant davantage apparaître sa dimension missionnaire ?

Ce travail engagé dans la matinée devait se poursuivre l’après-midi, après la projection d’un film présentant les activités du Défap – Service protestant de mission, en s’attachant à trois aspects : l’aspect communautaire (comment le Défap est-il vu dans les Eglises locales ?), la jeunesse, et le programme Mosaic. Mais les réflexions ont vite pris la forme d’échanges très libres sur la problématique des relations avec les catholiques ou d’autres Eglises protestantes, sur la formation des pasteurs à la mission, voire sur l’influence que peut avoir la « laïcité à la française » sur le témoignage. Avec quelques constats partagés : la mission devrait être une préoccupation centrale de l’Eglise locale. Et une dynamique à poursuivre : faire bouger le curseur entre institutionnel et vocationnel, pour favoriser ce dernier.




Rencontrez la maison, découvrez la mission

Au Défap, l’hospitalité n’est pas un vain mot. Que ce soit pour voir ou revoir Paris, le Défap vous accueille désormais dans cette maison historique commune qu’est le service protestant de mission : jeunes avec leurs pasteurs, animateurs, catéchumènes, paroissiens…. Des week-ends et mini-séjours « découverte » sont dès à présent proposés.

Le bâtiment du Défap, vu depuis le jardin

Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.

 

Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.

 

 

Découvrir concrètement la mission

L’étage des chambres, où peuvent dormir les visiteurs

 

Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.

 

Ce périple permettra d’ouvrir les yeux et les oreilles sur les cultures d’ailleurs comme celles du Gabon, du Lesotho, de la Polynésie ou encore de Madagascar. C’est aussi l’occasion de découvrir concrètement ce qu’était la mission. Car dans la mission, il y a surtout cette idée que la communication peut dépasser toutes les frontières. Et la mission, c’est le cœur de la vocation de cette maison.

 

Renseignements au 01 42 34 55 55 ou par mail à animation@defap.fr.

Spécial jeunes : 5 mini-séjours de 2 ou 3 nuits au choix pour 15 euros par personne, petit déjeuner compris.

 

Vues de la chapelle et du Salon rouge




Jeunesse dans l’Eglise : l’avenir se conjugue au présent

Le pasteur Jean-Luc Blanc, en charge du service Relations et solidarité internationale (RSI) au Défap, s’est rendu au Rwanda du 12 au 20 août dans le cadre d’un séminaire Responsable de la jeunesse des Eglises de la Communauté organisé par la Cevaa, communauté d’Eglises en mission. De retour à Paris, nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur son séjour.

Une partie du groupe sur la plage du lac Kivu


Ce séminaire était une « mission Cevaa ». Pour quelles raisons avez-vous été invité à participer à cette rencontre ?
Je me suis rendu au séminaire Jeunesse à la demande du secrétariat de la Cevaa afin d’animer deux modules : un sur l’action commune « Famille, Evangile et culture » et l’autre, sur le dialogue interreligieux. Le séminaire regroupait 66 participants venant de 24 pays (Afrique, Amérique Latine et Pacifique, Océan Indien et Europe) et 35 Eglises. Bien organisé, ce séminaire a permis de travailler les thèmes de réflexion que la Cevaa essaie de promouvoir avec les Eglises. Cette rencontre a également permis de renforcer les pistes de travail de la stratégie Jeunesse de la Cevaa.

Une délégation française a participé au séminaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur leur présence à Kigali durant cette semaine ?
Les six jeunes qui sont venus d’Europe représentaient l’EPUDF, l’UEPAL et l’UNEPREF. Ils se sont très bien intégrés au reste du groupe. Je crois que la délégation a pris conscience de l’importance d’une réflexion en communauté car finalement les questions portées par la jeunesse dans le monde sont similaires. Il n‘y a pas de grand décalage entre les questionnements portés par les Européens et les Africains : quelle place y a-t-il pour les jeunes dans l’Eglise ? Quelle conception du couple et de la famille veut-on façonner ? Comment être un leader responsable, au service des autres ? Les réponses varient mais le sujet est universel.

Participants du groupe

Quelles sont les relations entre le Défap et l’Église presbytérienne au Rwanda (EPRW) ?
Jusqu’à présent, les seules relations que nous avions étaient en lien avec la faculté de Butaré où nous avions envoyé des professeurs. Depuis 5 ans, ce partenariat a cessé suite à la décision du Rwanda de remplacer l’enseignement en langue française par l’anglais. Les dirigeants de l’Eglise souhaitent reprendre notre collaboration en insistant sur le fait que les gens parlent toujours français et surtout que les rapports entre Eglises ne doivent pas être dictés par les choix politiques des pays. Les Eglises ne rentrent pas dans ce jeu, elles souhaitent avant tout témoigner d’autre chose. Nous allons désormais voir comment traduire cette demande dans les faits. Pour le président de l’Église presbytérienne au Rwanda, le révérend Dr Pascal Bataringaya, un projet commun entre l’Eglise de France et l’EPRW serait nécessaire.

 

Un mot pour conclure ?
C’est une bonne idée d’avoir organisé ce séminaire au Rwanda. Outre la qualité de l’accueil et de l’organisation, cela a permis à tous les participants de découvrir un autre visage de l’Afrique. Malgré les problèmes liés au respect des droits de l’homme, ce pays nous a donné l’impression que tout marche plutôt bien et cela a surpris nos amis africains d’autres pays. Un déplacement est toujours bienvenu !




Bienvenue Tünde Lamboley !

D’origine hongroise, elle a fait ses études à Debrecen puis en France. Pasteur au sein de l’EPUdF depuis 2001, elle a vécu plusieurs années en Nouvelle-Calédonie avant d’être en poste dans le Chablais.

Membre de l’équipe régionale mission, elle a toujours été très engagée dans les projets interculturels et intergénérationnels.

Nous sommes tous ravis de l’accueillir.

 


Source : Peggy Kraag