Carême protestant : Dieu, l’incandescence de la vie

Chaque dimanche sur France Culture, du 26 février au 2 avril 2023, de 16h à 16h30, découvrez comment Dieu révèle nos potentialités et porte notre vie à son incandescence. Ces conférences diffusées dans le cadre de l’émission « Carême Protestant » seront assurées par le pasteur James Woody, de l’Église Protestante Unie de France de Montpellier.

Illustration pour Carême Protestant © EPUdF

Carême et protestantisme semblent ne pas vraiment aller ensemble, si on l’envisage de manière stricte et sous la forme d’un jeûne, et associer les deux termes comme le fait Carême protestant dans une série de conférences diffusées chaque année sur France Culture ne peut qu’impliquer une pratique bien différente.

Le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l’esprit le cheminement du Christ jusqu’à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne. La Réforme n’a en rien contesté l’importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n’impose pas la pratique de la pénitence. Actuellement, les Églises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l’organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d’action humanitaire par exemple). En nuançant, on peut dire que certains luthériens, en Alsace-Moselle, à Paris, commencent le Carême avec le mercredi des Cendres, comme les catholiques, que les réformés ont institué des conférences de Carême, et que les Églises protestantes sont plus autonomes que les paroisses catholiques.

Les conférences de carême inaugurées par le pasteur Boegner en 1928 à la radio qui s’appellent depuis 1981 « Carême Protestant » montrent la démarche des protestant pour s’approprier cette période. C’est un temps de réflexion assidue pour mieux accueillir en soi le paradoxe que représente le Salut apporté par celui qui meurt sur une croix et qui manifeste la justification par Dieu de tous ceux qui croient, s’en remettent à Dieu pour donner du sens à leur vie. Ces émissions sont donc en soi un indice, une manifestation du fait que depuis des années, les protestants retrouvent l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien…

L’histoire de Carême protestant

1928
Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l’Annonciation. Il sera suivi par bien d’autres pasteurs. Pendant l’occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera. Les retransmissions n’avaient pas le retentissement qu’elles ont actuellement ; les postes de radio n’étaient pas aussi nombreux.
1981
Le titre de « Carême protestant » apparaît pour la première fois – une trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposée comme une marque. Peu à peu, le cercle des auditeurs de toutes confessions s’agrandit et comprend 25% de catholiques intéressés par la pensée protestante. Les conférences sont éditées en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un bon succès. « Carême protestant » fait partie des émissions satellites de France Culture qui couvrent l’Europe et le bassin méditerranéen, jusqu’en Égypte.
Depuis 1997
« Carême protestant » a son propre site internet, et les prédications sont proposées en intégralité aussitôt après Pâques.

 
Cette année, les conférences diffusées dans le cadre de « Carême Protestant » seront assurées par le pasteur James Woody, de l’Église Protestante Unie de France de Montpellier. Chaque dimanche sur France Culture, du 26 février au 2 avril 2023, de 16h à 16h30, vous pourrez, à travers ces émissions, vous engager dans un parcours pour découvrir comment Dieu porte notre vie à son incandescence. Il n’est pas toujours facile de repérer l’action de Dieu dans notre vie. Comment prend-il part à notre histoire ? À partir de six textes bibliques, le pasteur James Woody nous fait découvrir comment Dieu révèle nos potentialités et celles du monde dans lequel nous vivons : il nous appelle à prendre des responsabilités, il crée les conditions d’un monde vivable, il oriente la parole vers la vérité, il restaure notre personnalité, il forge une fraternité universelle, il libère la vie de la mort.

Retrouvez ci-dessous le programme de ces six émissions :
 




Solidarité chrétienne et appels à l’aide après les séismes en Turquie et Syrie

L’Action Chrétienne en Orient (ACO), proche partenaire du Défap, relaie les demandes d’aide des Églises de Syrie et appelle aux dons après le double séisme qui a frappé, lundi 6 février, le Sud-Est de la Turquie et une large partie du Nord de la Syrie. D’autres organismes chrétiens de solidarité internationale sont également mobilisés sur le terrain. Le nombre de victimes augmente d’heure en heure, alors que le travail des sauveteurs est considérablement gêné par les répliques qui se poursuivent et par la baisse des températures.

Image des dégâts du séisme à Alep © Presbyterian Church of Aleppo

 

« Urgence Syrie » : faites un don

 
La première secousse a eu lieu dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 février 2023, à 4h17 du matin : d’une magnitude de 7,8, elle a frappé le Sud-Est de la Turquie et une large partie du Nord de la Syrie – une région très exposée aux tremblements de terre. Des dizaines de répliques ont suivi, avant un nouveau séisme de magnitude 7,5 qui s’est produit neuf heures plus tard sur une faille voisine. Ce double séisme est le plus important en Turquie depuis le tremblement de terre du 17 août 1999, qui avait causé la mort de 17.000 personnes. Le tremblement de terre a aussi été ressenti au Liban et à Chypre. Selon l’institut géologique danois, la secousse a été enregistrée jusqu’au Groenland.

En dépit de la mobilisation internationale pour acheminer des secours, le bilan est terrible et s’alourdit d’heure en heure : il était de 4.300 morts et 19.000 blessés pour la Turquie et la Syrie au matin du 7 février. Un très grand nombre de victimes restent piégées sous les décombres des bâtiments effondrés. La pluie et la neige, les répliques qui se poursuivent (elles pourraient durer plusieurs jours) et la baisse des températures compliquent énormément le travail des sauveteurs. La Turquie est le pays totalisant le plus grand nombre de victimes. Mais en Syrie, ce double séisme vient s’ajouter à une situation de guerre qui gêne les opérations de secours. Les derniers bilans disponibles dans ce pays étaient les suivants mardi matin : dans la partie de la Syrie contrôlée par les forces gouvernementales, 1.431 blessés et 711 morts dans les province d’Alep, Lattaquié, Hama, Tartous ; et dans les zones sous contrôle des rebelles, au moins 733 morts et plus de 2.100 blessés, selon les Casques blancs (volontaires de la protection civile).

Syrie : tout manque après 12 ans de guerre

C’est précisément en Syrie que l’Action Chrétienne en Orient (ACO), proche partenaire du Défap, est en lien avec des communautés protestantes : le Synode Arabe (NESSL) et l’Union des Églises évangéliques arméniennes au Proche-Orient (UAECNE). Elle a lancé un appel aux dons, relayant la demande d’aide de ses deux Églises partenaires. « Les communautés et les écoles protestantes du Nord de la Syrie ont ouvert leurs locaux pour accueillir et aider des centaines de personnes en recherche de lieux sûrs et chauffés », indique le pasteur Mathieu Busch, directeur de l’ACO. « Les Églises demandent notre soutien dans les jours et les semaines à venir pour fournir de l’aide aux personnes dans le besoin : alimentation, eau potable, fuel pour produire de l’électricité et du chauffage, aide au logement. » Pour connaître les modalités de dons, en ligne ou par chèque, rendez-vous sur le site de l’ACO.

Hébergement d’urgence de familles privées de toit après le séisme © Aleppo College

« Cette nouvelle épreuve, rappelle le pasteur Mathieu Busch, survient dans un contexte économique et social désastreux lié à douze années de guerre (pénuries d’énergie, de carburant, d’eau courante, de moyens de chauffage) et en pleine saison hivernale (pluies et froid). Et tout en appelant aux dons, il souligne que « l’Action Chrétienne en Orient est en mesure de faire parvenir votre soutien rapidement à nos Églises sœurs ».

D’autres organismes chrétiens de solidarité internationale, membres notamment du collectif Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire) dont fait partie le Défap, sont également mobilisés sur place. C’est le cas de Medair, spécialisé dans les actions d’urgence, qui intervient en Syrie, dans la région d’Alep. C’est le cas du SEL, via un partenaire local chrétien lié à l’Alliance Évangélique Libanaise. Le réseau international ADRA prépare également une aide d’urgence en Syrie, notamment de l’hébergement d’urgence.

Mathieu Bush : « Les nouvelles sont très difficiles »

« Les nouvelles de nos amis d’Alep sont très difficiles. Les répliques sismiques n’ont pas arrêté depuis la nuit dernière. Il pleut et fait très froid (et il y a peu de chauffage en raison des pénuries de fuel et d’électricité). La plupart des gens préfèrent ne pas dormir chez eux par peur d’un nouveau séisme d’ampleur et de l’effondrement possible de nouveaux immeubles. Beaucoup sont dans leurs voitures, d’autres dans des lieux publics, ou au rez-de-chaussée des habitations. Ainsi le pasteur Bchara et son épouse Houri sont réunis dans le bureau de l’Église du Christ avec une douzaine d’autres personnes qu’ils ont accueillies. Ils vont passer la nuit ensemble pour se soutenir et s’entraider, et vont peu dormir. »
« Nous les portons dans nos pensées et prières ainsi que toutes les populations et victimes de cette grande région touchée par le séisme en Turquie et en Syrie. À Alep même il y a parmi les victimes un prêtre catholique décédé sous les décombres de son logement. »
« Au Liban aussi beaucoup de personnes ont fortement ressenti le séisme et ses répliques et certains préfèrent dormir à l’extérieur, dans des stades ou autre… »

 




Bénin : décès de Nicodème Alagbada, ancien président de l’EPMB

Nicodème Alagbada, qui avait présidé l’Église protestante méthodiste du Bénin (EPMB) de 2010 à 2017, s’est éteint dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 février 2023. Il avait également dirigé l’organe transitoire mis en place par le président de la République Patrice Talon pour gérer la crise qu’avait traversée l’Église. Le chef de l’État béninois est allé présenter ses condoléances aux proches du disparu.

Nicodème Alagbada – archives © Défap

La disparition de Nicodème Ibiladé Alagbada, ancien président de l’Église protestante méthodiste du Bénin, a été annoncée ce lundi 6 février 2023. Il est décédé à Yaoundé, au Cameroun, où il dirigeait les éditions CLÉ depuis son départ de la tête de l’EPMB. Il avait été hospitalisé après s’être plaint de maux de tête et de fatigue, avant de succomber à l’hôpital militaire de Yaoundé en cours de nuit.

Quelques heures après l’annonce de ce décès, le président de la République béninoise, Patrice Talon, s’est rendu chez le défunt en compagnie d’un autre ancien président de l’EPMB, Simon Kossi Dossou ; tous deux ont présenté leurs condoléances aux proches du disparu et à l’Église.

Patrice Talon et Nicodème Alagbada avaient tous deux joué un rôle important dans la réunification de l’EPMB, victime d’une grave crise qui avait abouti à 19 ans de division de fait, de 1998 à 2017. Nicodème Alagbada avait été président de l’aile EPMB Synode, qui s’opposait à l’EPMB Conférence durant la phase aiguë de cette crise ; il avait ensuite présidé l’OTG (Organe transitoire de gestion) mis en place sous la médiation du président Patrice Talon, qui avait permis de ramener la paix au sein de l’Église. Cette réconciliation avait été célébrée lors d’un synode général au cours de l’été 2017, qui avait vu l’élection de l’actuel président de l’EPMB : le pasteur Kponjesu Amos Hounsa.

Nicodème Alagbada était né le 10 mai 1959 à Takon (Sakété). Il était entré au ministère pastoral en 1988. Il avait également été maître de Conférences de la Faculté de Théologie et Sciences religieuses de l’Université protestante d’Afrique de l’ouest (UPAO) de Porto-Novo et président du conseil d’administration de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) de Yaoundé.

Le Bénin est un pays où le Défap suit depuis longtemps des projets en lien avec l’EPMB, une Église qui revendique 90 000 membres répartis dans 420 paroisses, desservies par 72 pasteurs, et qui a lancé dès le début de 2022 les festivités des 180 ans de son implantation dans ce pays.




Courrier de mission : Être témoin de paix en Israël et Palestine

Pour ce mois de janvier 2023, Marion Rouillard a reçu Marilyn, une volontaire du programme EAPPI, dans l’émission « Courrier de mission – le Défap ». Après trois mois de présence au Proche-Orient, elle témoigne de sa mission : « accompagner les populations les plus fragiles, les plus exposées à la colonisation, à l’occupation militaire et aux violations des droits de l’homme ». Les volontaires du programme EAPPI, mis en place en 2022 par le Conseil œcuménique des Églises, viennent d’une vingtaine de pays ; en France, leur suivi administratif est assuré par le Défap. Décrire à leur retour ce qu’ils ont vécu, à travers des lettres ou des cycles de conférences, fait partie de leur engagement.

Vue du camp de bédouins de Khan Al Ahmar © EAPPI

L’arbitraire et les humiliations auxquels sont soumis les Palestiniens qui doivent quotidiennement franchir des « checkpoints » tenus par l’armée israélienne afin d’aller travailler ; le récit d’une audience devant un tribunal militaire… Marilyn a passé trois mois en Palestine dans le cadre du programme EAPPI et, en ce mois de janvier 2023, elle témoigne au micro de Marion Rouillard. Ce programme vise à accompagner les Palestiniens et les Israéliens dans leurs actions non violentes et leurs efforts concertés en vue de mettre fin à l’occupation. Les participants suivent et rapportent les violations des droits de la personne et du droit international humanitaire, soutiennent les actes de résistance non violente aux côtés des Palestiniens chrétiens et musulmans locaux et des militants pacifistes israéliens, offrent une protection par leur présence non violente, mènent une action de promotion au niveau politique et, de manière générale, manifestent leur solidarité aux Églises et à tous ceux qui luttent contre l’occupation. EAPPI cherche aussi à fournir des informations fiables et à jour sur la situation d’occupation.

L’envoi d’observateurs œcuméniques dans le cadre d’EAPPI a repris en 2022 après deux ans d’arrêt notamment pour cause de pandémie de Covid-19. Ce programme du COE (Conseil œcuménique des Églises), dont le nom complet est Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel, est soutenu par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. En France, le suivi administratif des volontaires qui y prennent part est assuré par le Défap.

 

EAPPI : le témoignage de Marilyn au micro de Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 25 janvier 2023 sur Fréquence Protestante

 

Comme le décrit Marilyn, les participants de ce programme, qui viennent d’une vingtaine de pays et sont présents trois mois sur place, « accompagnent les populations les plus fragiles exposées à la colonisation, à l’occupation militaire et aux violations des droits de l’homme ». Les « checkpoints » sont un des lieux emblématiques où sont déployés les observateurs d’EAPPI. Des milliers de Palestiniens, habitant en Cisjordanie et rejoignant leur lieu de travail en territoire israélien, doivent y patienter des heures chaque jour, dans des conditions pénibles ; et leur passage peut être à tout moment refusé sans raison valable. La présence de témoins étrangers ne change guère les relations entre Palestiniens et soldats israéliens : « Nous sommes tolérés », admet Marilyn. « Je ne crois pas que notre présence soit tellement dissuasive » face aux violations de droits. Toutefois, « elle aide les Palestiniens. Ils savent qu’ils peuvent avoir auprès de nous une écoute bienveillante ». Surtout, les observateurs œcuméniques témoignent dans leurs rapports de ce qu’ils peuvent voir au quotidien.

« Nous avons deux missions, souligne Marilyn : observer les événements vécus et envoyer des rapports quotidiens aux grandes ONG de défense des droits de l’homme, à l’Onu, à l’équipe locale à Jérusalem qui est sur place et nous accompagne. » Les passerelles avec les ONG locales sont importantes : « nous sommes tenus de rencontrer régulièrement des associations palestiniennes et israéliennes de défense des droits de l’homme », souligne Marilyn. Pas question en revanche d’intervenir directement, d’entrer en dialogue avec les soldats israéliens pour comprendre les raisons qui les poussent à refouler telle personne au checkpoint… Et c’est l’un des aspects les plus difficiles de ce type de mission. Marilyn évoque le cas d’une jeune femme dont le passage a été refoulé à Bethléem au « checkpoint 300 » : « elle avait toutes les autorisations, une pièce d’identité, des documents médicaux qui précisaient les raisons de sa visite… Elle a été refoulée alors qu’elle devait aller voir son enfant hospitalisé en cancérologie. Elle nous a dit qu’elle réessaierait plus tard, au bout de quelques heures, quand les soldats qui l’avaient refoulée ne seraient plus là… »

L’une des missions des accompagnateurs œcuméniques : assurer une présence et témoigner au niveau des checkpoints tenus par l’armée israélienne. Ici, celui de Kalendia © EAPPI

Au cours de cette même mission, Marilyn, en compagnie d’autres observateurs œcuméniques, a eu aussi « le privilège d’assister à une audience du tribunal militaire israélien » qui juge les Palestiniens soupçonnés de violences. Une présence très encadrée : « pas le droit de prendre de photos, les passeports devaient être laissés à l’entrée ; on avait le droit de prendre des notes ». Pas moins de « douze jeunes Palestiniens » devaient y être jugés ; ils avaient « entre 16 et 22 ans ». Au cours de cette audience, « les avocats avaient trois minutes pour défendre chaque jeune. Parfois, ils n’avaient même pas eu accès au dossier de leur client ».

Ce dont témoigne aussi Marilyn, habituée de la région, où elle vient régulièrement depuis 2003, c’est du durcissement des relations entre Israéliens et Palestiniens : « Les choses se sont vraiment dégradées. La colonisation a fait beaucoup de dégâts, l’occupation militaire aussi ». Au point de se demander à quoi pourrait ressembler la paix aujourd’hui… « Mais si on n’a pas cet espoir, autant rester au lit ! » Après cette expérience, Marilyn envisage d’ailleurs de repartir dans le cadre de ce programme : « C’est mon vœu le plus cher. C’est un programme magnifique qui mérite d’être mieux connu. J’encourage toutes les personnes éprises de justice et de paix d’aller à la rencontre », non seulement des Palestiniens, mais aussi « des associations israéliennes, au sein desquelles il y a des gens magnifiques qui œuvrent aussi ». Et de souligner, en conclusion, que « l’office de Jérusalem attend des Français. »

Depuis le lancement du programme EAPPI, les Églises membres du COE ont recruté plus de 2000 accompagnateurs et accompagnatrices bénévoles, pour des missions de trois mois dans les six lieux d’engagement en Cisjordanie. Le programme assure ainsi la présence continue de 25 à 30 accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques, soutenus par l’équipe de Jérusalem. Un Groupe de référence local représentant les communautés et Églises qui ont demandé à bénéficier du programme contribue à l’orientation de ce dernier, avec l’équipe du COE à Genève et les coordinatrices et coordinateurs nationaux dans les pays d’envoi. Dans le cadre de ce programme, EAPPI-France s’est fixé comme objectif d’envoyer au moins un ou deux volontaires par an.




De retour du Cameroun : le témoignage de Valérie Nicolet, Doyenne de l’IPT

Valérie Nicolet, Doyenne de la Faculté de Paris de l’Institut protestant de Théologie (IPT), a effectué courant janvier 2023 une mission courte au Cameroun avec le Défap. Professeure de Nouveau Testament, elle avait été invitée pour dispenser des cours à Yaoundé, à l’UPAC, ainsi qu’à la faculté de théologie de Foulassi. Elle raconte.

Valérie Nicolet lors d’un cours dispensé à l’UPAC © Défap

Enseigner au Cameroun était une expérience nouvelle pour vous : qu’en retirez-vous ?

Valérie Nicolet : Je suis arrivée un lundi soir à Yaoundé, en pleine nuit, et j’ai découvert le bruit, un mouvement permanent dans les rues, un ballet de motos… et dès le lendemain matin, je donnais mon premier cours à l’UPAC (l’Université protestante d’Afrique centrale). J’ai tout d’abord eu l’impression qu’il était assez fou de me retrouver ainsi dans une université qui n’avait a priori pas grand-chose de commun avec celles que je connaissais… Et pourtant, je me suis vite aperçue que, dès lors qu’on travaille ensemble sur les mêmes sujets, une compréhension mutuelle s’établit assez rapidement. Malgré des parcours très différents, on se retrouve autour de questionnements théologiques très proches. Les étudiants de l’UPAC peuvent avoir des problématiques très similaires à ceux de l’IPT. On peut trouver, à Yaoundé comme à Paris, des parcours marqués par des traditions chrétiennes dans lesquelles le rapport au texte biblique est assez immédiat : si je suis dans un tel contexte, je peux avoir facilement le sentiment que le texte biblique me parle directement, de manière personnelle. Le passage par les études théologiques fait prendre conscience d’une nécessaire distance historique et critique : on doit faire alors un pas de côté par rapport au texte biblique. Dès lors, la question qui se pose est : comment se rapproprier le texte biblique après avoir fait ce pas de côté ? Comment faire en sorte qu’il me parle encore, en dépit de cette distance ?

Valérie Nicolet sur le campus de l’UPAC, aux côtés du doyen Charles Elom NNanga © Défap

Votre expérience la plus déroutante au cours de ce séjour ?

Ce n’était pas à Yaoundé, où j’ai donné des cours pendant trois jours, mais à trois heures plus au sud : à Foulassi. J’ai passé deux jours dans cette ville, à donner des cours sur les liens entre exégèse et herméneutique à l’institut de théologie de l’Église presbytérienne camerounaise (EPC). Je me suis retrouvée dans un lieu où seuls des hommes étudient la théologie. J’avais face à moi un auditoire de 50 à 70 hommes, tous habillés en noir, selon le code vestimentaire des pasteurs ; j’étais la seule femme et c’était moi qui devais enseigner… Le lendemain, autre expérience : je devais donner un cours aux épouses des étudiants, dans le cadre de la section féminine du séminaire de Foulassi. Le thème en était la place de la femme dans le Nouveau Testament. Et leurs époux étaient aussi présents. Un contexte particulier, et un défi intéressant pour moi : connaissant les décisions prises par leur Église, et sachant la position des pasteurs et des étudiants en théologie sur la place de la femme, comment leur faire entendre certaines choses allant à l’encontre de leurs convictions personnelles ? Nous étions là dans une situation de communication interculturelle où chacun partait de positions très éloignées. Et la question était : où peut-on se rencontrer ? J’avais l’avantage d’arriver dans cet Institut de Théologie en tant qu’enseignante, c’est-à-dire en position d’autorité. Comme je laisse beaucoup d’espace pour des discussions dans le cadre de mes cours – ce à quoi ces étudiants n’étaient pas habitués – j’ai assez vite eu des questions. Ce sont les étudiants qui les ont posées – pas leurs épouses – mais avec un respect visible pour mon statut de professeur. Je me suis rendu compte qu’ils étaient prêts à entendre beaucoup de choses. Jusqu’à me demander ce qu’il était possible de faire dans le cadre de leur Église, où le rôle de la femme est peu reconnu… Je leur ai dit alors que si l’on peut, historiquement, reconstruire à quoi correspondait la place des femmes dans l’Église du Ier siècle, il leur revenait, à eux, de voir ce qui est possible au sein de leur Église aujourd’hui (1).

Un sujet particulier de reconnaissance ?

Je l’ai beaucoup répété au cours de mon séjour : je suis particulièrement reconnaissante pour l’accueil que j’ai reçu. J’avais l’impression que je n’en méritais pas tant. Tous mes interlocuteurs étaient prêts à changer leurs habitudes, leurs priorités pour que mon séjour se passe au mieux. Et il est vrai que, lorsqu’on arrive à Yaoundé, venant de France, on ne peut littéralement pas faire un pas tout seul : on n’est absolument pas autonome. C’est là une expérience qui incite à l’humilité. Et au-delà de la gratitude pour l’accueil que l’on m’a fait, ça me questionne sur nos propres manières d’accueillir.

Valérie Nicolet avec les étudiants en théologie de Foulassi © Défap

(1) Valérie Nicolet revendique une approche féministe dans son travail de théologienne. Voir cette conférence sur « Féminismes et Bible » organisée par les paroisses parisiennes de Montparnasse-Plaisance et de Saint-Jean.




Pasteurs venus d’ailleurs : témoignages

Les deux sessions d’accueil de pasteurs venant d’autres pays et d’autres contextes culturels, qui ont été organisées au Défap en octobre 2022 et janvier 2023, étaient une première : comment les principaux intéressés ont-ils vécu cette expérience ? Qu’en ont-ils retiré ? Quelques réponses à travers ces témoignages filmés de participants…

Participants de la « session d’accueil » organisée par le Défap, le 23 janvier 2023 © Défap

Meilleure approche des relations interculturelles, meilleure connaissance du contexte français tant social que législatif, échanges stimulants avec d’autres pasteurs découvrant eux aussi les Églises de France : tels sont quelques-uns des apports des « sessions d’accueil » du Défap les plus fréquemment soulignés par les participants. Ces deux sessions concernaient une quinzaine de pasteurs étrangers entrant dans le corps pastoral en Europe (en France et en Belgique). Elles ont eu lieu les 10-12 octobre 2022 et 23-25 janvier 2023. C’est à la demande de trois Églises protestantes – l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB) – qu’elles avaient été organisées par le Défap.

La première de ces sessions combinait des modules généraux présentant les diverses Églises dans lesquelles les nouveaux arrivants seront amenés à devenir pasteurs, ou destinés à leur donner des repères sociétaux, culturels et sur les styles de vie ou sur des questions clés comme celle de la laïcité, avec des témoignages de pasteurs étrangers déjà présents depuis plusieurs années en France. Un autre module s’attachait à questionner les stéréotypes sur les pays d’origine ou d’accueil des nouveaux arrivants. Avec, pour cette session, quatre objectifs affichés : donner des repères légaux et sociétaux ; améliorer la connaissance des Églises ; donner des informations déontologiques et financières ; mais aussi mettre en réseau les ministres nouvellement arrivés, leur proposer des personnes ressources. Quant à la deuxième session, elle tournait essentiellement autour des questions interculturelles : il s’agissait, trois mois après, de favoriser la prise de recul par le partage, de donner des éléments d’interculturalité, et de renforcer les acquis de la première session.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages sur ces sessions d’accueil :

Rosner Lormil est vicaire de l’UEPAL entrant dans la carrière, en formation auprès du pasteur Christian Montfort (Gerstheim). Pour lui, cette double session d’accueil permettait aux participants de « confronter nos réalités particulières (…) pour les mettre au service de nos communautés » et être ainsi des « témoins efficaces de l’Évangile ».
 

 
Sony Ndagho Tshita est pasteur suffragant, à la paroisse UEPAL de Schwindratzheim. Cet accueil lui a permis de « découvrir beaucoup de choses sur la culture chrétienne française ». Et de se rendre compte des apports possibles des uns et des autres « dans le vécu de leur foi ».
 

 
André-Zabulon Dajrra est pasteur associé à la paroisse EPUdF de Montélimar-Le Teil. Pour lui, ces sessions organisées au Défap ont été utiles pour « nous découvrir nous-mêmes, et apprécier davantage la culture qui nous accueille ».
 

 
Maximilien Luzeka Disonama est pasteur à la paroisse UEPAL de Hagondange/Maizières-lès-Metz. Pour lui, exercer son ministère en France et participer à ces sessions d’accueil lui a permis « de prendre un peu de recul pour que cette parole qui nous unit, l’Évangile, soit audible à la fois dans la culture de l’autre, et dans la mienne. »
 

 
Etienne Bonou est pasteur associé de l’EPUdF, à l’Église du Plateau lorrain. Cette formation lui a permis « de découvrir certaines réalités qui ne sont pas celles de mon pays ».
 

 
Peter Hanson, pasteur à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon, œuvre pour ces deux Églises à un projet missionnaire commun d’ouverture sur la société : le projet Passe-Way, du français « passerelle » et de l’anglais pathway (« passage »). Il dit avoir reçu « beaucoup d’informations utiles pour comprendre les relations interculturelles et gérer les conflits » ; mais ce qui lui a été le plus bénéfique, ce sont « les relations d’amitié nouées avec les autres pasteurs ».
 

 
Sarah Hanson, venue du Minnesota, œuvre à la fois à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon. Elle dit avoir mieux compris « les structures des Églises francophones en Europe et les réalités vécues par les pasteurs ».
 




Pasteurs venus d’ailleurs : « On ne cesse jamais de grandir »

La deuxième session destinée à accueillir les pasteurs venus d’autres pays et d’autres contextes culturels, organisée au Défap à la demande de trois Églises protestantes de France et de Belgique, s’est déroulée du 23 au 25 janvier à Paris. Objectif : faire le point et partager les expériences, trois mois après la première session ; et permettre aux uns et aux autres, non pas de repartir avec des réponses toutes faites à tous les problèmes, mais de se doter d’une « boîte à outils ».

Les participants prennent place pour la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs », le 23 janvier 2023 au Défap © Défap

Ils sont venus de Pologne, du Congo, d’Haïti, de Finlande, des États-Unis, du Bénin, du Cameroun… Ils sont désormais pasteurs ou suffragants dans des paroisses françaises ou belges, au sein de l’Église protestante unie de France (EPUdF), de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB)… Tous ayant, en dépit de leurs origines multiples et de la diversité de leur parcours, un défi commun : celui d’exercer un ministère pastoral dans un contexte culturel nouveau pour eux, et dans une société dont ils ne maîtrisent pas forcément tous les codes. Après la première session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » organisée en octobre au Défap, la deuxième session s’est déroulée du lundi 23 au mercredi 25 janvier. Les participants étaient les mêmes, mais trois mois après, les objectifs différaient quelque peu. Il ne s’agissait plus seulement de donner des repères sur la société, sur la législation, sur l’Église d’accueil et sur les modes de vie. Il s’agissait de revenir sur ces trois mois vécus en paroisse et de « débriefer » ; d’évoquer les rencontres, surprises et découvertes des uns et des autres, et de donner des éléments plus poussés d’interculturalité.

Surprises et découvertes qui n’ont pas manqué, comme on pouvait le deviner dès l’ouverture de cette deuxième session, le lundi à la mi-journée : « On ne cesse jamais de grandir, on ne cesse jamais d’apprendre », notait ainsi l’un des participants en se présentant au groupe. Pour un autre, « on est toujours en chemin ». Un troisième, venu d’Afrique de l’Ouest et actuellement dans une paroisse du centre de la France, évoquait son premier « baptême de neige ». Pour Laura Casorio, l’une des animatrices de cette session d’accueil de pasteurs, « faire le point » sur tout le vécu et les expériences des uns et des autres depuis octobre était bien « le fil rouge de cette session ». Le but étant, au-delà, à l’issue de ces trois nouvelles journées, de « les outiller » pour leur permettre, non d’accumuler des réponses standardisées et toutes faites à chaque situation, mais de trouver leurs propres solutions. Elle-même originaire d’Italie, ayant vécu de nombreuses années en France avant de travailler en Suisse, où elle est désormais, à sa grande surprise, assimilée à une Française, ne manquait pas de souligner : « On a tous des parcours riches ; on a tous des attentes, des expériences, des anecdotes, des échecs, des fiertés. On va partager des clés de lecture, pour que chacun puisse rentrer chez soi avec sa boîte à outils ».
 

Vue de la première journée la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » © Défap

Parmi les principaux sujets pouvant générer malentendus ou frictions, les premiers à ressortir, lors de travaux de groupes, ont été ceux de la place du religieux dans la société, et de l’équilibre entre vie personnelle et rôle pastoral. Des thématiques qui peuvent entraîner des incompréhensions, non seulement pour des pasteurs venus d’autres continents comme l’Afrique, mais aussi entre ministres et paroisses de pays pourtant géographiquement beaucoup plus proches : « On s’est aperçu qu’on ne faisait pas toujours assez attention à des différences culturelles entre pays voisins (comme entre la France et la Suisse), alors qu’elles peuvent parfois porter sur des questions assez fondamentales », notait ainsi en marge de la session Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères, « commission d’embauche » des futurs ministres de l’EPUdF.

Retrouvez ci-dessous l’émission de radio diffusée sur Fréquence protestante et présentant la première de ces sessions d’accueil :

Une première session pour accueillir les pasteurs d’origine étrangère, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 octobre 2022 sur Fréquence Protestante

 
La Commission des ministères a d’ailleurs pris depuis plusieurs années toute la mesure des changements induits par les évolutions de la société sur le profil des pasteurs. Au point de se poser, non seulement la question de l’accueil de pasteurs issus d’autres Églises et d’autres contextes culturels, mais aussi celle des manières de témoigner dans une société de plus en plus multiculturelle : « Les pasteurs issus de notre Église vont être eux-mêmes confrontés à des personnes qui viennent d’ailleurs. Témoigner de l’Évangile dans la société française en 2040 ? Ce sera forcément dans une société très multiculturelle et très multireligieuse », soulignait ainsi Vincent Nême-Peyron un an avant l’organisation de ces sessions d’accueil dans Échanges, mensuel de l’Église protestante unie de France de la région Provence-Côte d’Azur-Corse. Prise de conscience similaire au sein de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), autre Église membre du Défap ; et également, plus au nord, au sein de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). C’est de cette préoccupation commune qu’est née la demande, exprimée au Défap par ces trois Églises, d’une série de sessions permettant d’accueillir des ministres ou suffragants venant de l’étranger.




Nuit de la lecture du Défap : croiser les regards

Pour la première fois en ce mois de janvier 2023, le Défap a pris part aux « Nuits de la lecture », événement organisé par le Centre national du livre. Sur le thème de la « Peur de l’autre », les temps de lecture par les participants ont été entrecoupés d’animations, d’échanges autour de mots, de phrases, ou d’émotions retirés des textes choisis pour cette soirée. Quant aux extraits qui avaient été sélectionnés pour l’occasion dans le fonds de la bibliothèque du Défap, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui a vocation à servir de support d’échanges et d’animations dans d’autres circonstances : il a ainsi été présenté lors de la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs ».

« Nuits de la lecture » : l’affiche à l’entrée du Défap, au 102 boulevard Arago © Défap

Une soirée en petit comité, mais avec des échanges d’autant plus riches : la première « Nuit de la lecture » du Défap a eu lieu le vendredi 20 janvier 2023. Sur le thème général de « La Peur », qui avait été choisi pour cette année, après une édition 2022 consacrée à « L’Amour », le Défap avait sélectionné une série de textes autour de la « Peur de l’autre ». Avec parmi les auteurs des noms comme Daniel Pennac, Mohamed Mbougar Sarr, Cécile Millot, Pierre Diarra, Rachel Khan, Ysiaka Anam ; provenant de genres aussi divers que le roman, l’essai, la poésie ; explorant des domaines aussi éloignés que la théologie, la philosophie ou le militantisme ; avec également des articles (de la presse généraliste ou de revues universitaires)… Et pour les lire et leur donner vie, des voix tout aussi variées, celles de lecteurs ou lectrices souvent entre deux pays voire entre deux continents : entre Europe et Afrique, entre France et Madagascar…

Les « Nuits de la lecture » ont été créées en 2017 par le ministère de la Culture pour promouvoir le livre et la lecture. Elles ont d’emblée trouvé leur place et réunissent chaque année plusieurs milliers d’événements organisés partout en France. Pour sa première participation, le Défap a voulu mettre en avant le fonds de sa bibliothèque – et notamment son fonds contemporain, moins connu que celui qui tourne autour de l’histoire des missions protestantes.

Nuit de la lecture du Défap : des échanges riches, stimulés par un choix de textes éclectique autour de la « Peur de l’autre » © Défap

C’est de là que provenaient la plupart des extraits sélectionnés pour être lus à haute voix le 20 janvier. Avec des rencontres parfois étonnantes entre les textes et les voix qui les portaient… « J’y ai vu là une forme de méditation entre le laïc et le religieux », commente ainsi Basile Zouma, secrétaire général du Défap, qui était présent à la soirée : « On y a même lu un psaume – après tout, ce sont des textes qui font partie du patrimoine littéraire de l’humanité ». Originaire du Burkina-Faso, ayant vécu au Maroc, puis ayant longtemps été pasteur en Normandie, il s’est retrouvé à lire un texte sur la sorcellerie. Des participants se sont faits, pour la soirée, les porte-voix de textes écrits par des auteurs issus de contextes culturels très éloignés des leurs. Une femme banche prêtait ainsi sa voix à deux textes écrits par des femmes noires… À l’opposé, Cécile Millot, ancienne envoyée du Défap à Madagascar, et qui a publié un livre sur son expérience malgache, lisait son propre témoignage.

Des temps d’animation sont aussi venus ponctuer ces lectures : des échanges entre les participants autour de mots, de phrases, ou d’émotions évoquées dans les textes lus en cours de soirée. Ces échanges libres ont été retranscrits sur un paperboard pour constituer une œuvre commune. Quant aux extraits puisés dans le fonds de la bibliothèque du Défap, et qui avaient été choisis pour cette soirée, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui pourra être réutilisé en d’autres occasions : ce recueil a ainsi été utilisé et distribué, lundi 23 janvier, lors de la deuxième session d’accueil des pasteurs venus d’ailleurs. Et il est consultable à la bibliothèque. Pour en avoir un aperçu sur Calameo, cliquez sur l’image ci-dessous :




Premier round au Défap pour l’expo « Deviens un héros »

Des groupes de jeunes enthousiastes et des perspectives d’animation en paroisse : la première journée de l’exposition interactive « Deviens un héros », organisée samedi 21 janvier par le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, a largement convaincu. Destinée à des participants de 12 à 18 ans, elle vise à permettre à chacun de développer des « super-pouvoirs » pour déconstruire les préjugés et lutter contre les discriminations. Prochains rendez-vous : les 11 et 12 février. Il reste encore des places pour vous inscrire !

« Deviens un héros » : une exposition interactive qui déménage !

Non, ce n’est pas la nouvelle danse à la mode qui va bientôt envahir les « dancefloors ». Pas davantage une séance de gymnastique mêlant Tai-chi-chuan et close-combat. Pas plus un parcours du combattant en zone urbaine. Ni une épreuve du dernier jeu télévisé pour gagner des millions… Ce que vous voyez sur cette photo, ce sont les participants d’un des modules de l’expo interactive « Deviens un héros » qui a été présentée pour la première fois en région parisienne samedi, au siège du Défap. De quoi réaliser que cette exposition n’avait rien de statique et qu’elle stimulait au contraire l’engagement physique… Et si l’on n’y gagnait pas des millions, on pouvait en tout cas y développer des super-pouvoirs fort utiles face aux maux actuels de notre société…

À mi-chemin entre l’exposition et l’animation, entre le spectacle et le jeu, « Deviens un héros » est un concept qui a été développé à l’origine par les EUL, les Équipes Luthériennes Unionistes, en Alsace. Destinée depuis sa création à permettre la rencontre, le partage et les réflexions pour les jeunes, en lien avec l’Évangile, cette association a décidé depuis plusieurs années, à travers « Deviens un héros », de s’engager contre les tentations de repli au sein de notre société et contre les risques de stigmatisation des minorités. Grâce à la collaboration entre le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, cette exposition interactive a pu être présentée pour la première fois à Paris le samedi 21 janvier.

Qu’est-ce qui définit l’identité d’un individu ? © Défap

« Les jeunes ont bien joué le jeu, et ont beaucoup apprécié », témoigne Éline, du service Animation du Défap, qui animait l’exposition interactive. Pour cette première journée, deux groupes de jeunes, avec des moyennes d’âge assez différentes, ont eu l’occasion de développer leurs « super-pouvoirs » pour lutter contre les discriminations. Chacun a pu explorer un module distinct : l’un centré sur le groupe et les effets de groupe, l’autre sur les préjugés et les stéréotypes. Avec à chaque fois l’idée, non d’apporter des réponses toutes faites, mais de pousser les participants à la réflexion. Les participants du matin ont déjà fait savoir qu’ils espéraient pouvoir emprunter le matériel de l’exposition pour des animations dans leur propre paroisse… Ce qui est précisément le but recherché : l’idée est en effet de rendre cette exposition itinérante, et qu’après sa présentation au Défap, elle puisse tourner dans d’autres villes de France, afin de sensibiliser un maximum de jeunes, de manière ludique.

En Alsace, animée par les Équipes Luthériennes Unionistes depuis 2017, cette exposition a déjà été présentée à près de 5000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends de catéchèse…). Vous pouvez encore la découvrir au Défap les 11 et 12 février, avant qu’elle n’essaime : il reste de la place pour vous inscrire ! Le formulaire est ici :
 

Inscrivez-vous !

 

Méfiez-vous des étiquettes ! © Défap




Deviens un héros : s’engager contre les discriminations

Pour s’engager contre les discriminations ou lutter contre les tentations de repli qui menacent nos société, pas besoin de venir de Krypton ou de Gotham : ce dont on a besoin, c’est de héros du quotidien ! C’est le thème de l’exposition interactive « Deviens un héros », destinée aux 12-18 ans, développée par les Équipes Unionistes Luthériennes. À travers elle, les participants pourront apprendre à développer divers pouvoirs pour une société plus fraternelle… Vous pourrez la découvrir à Paris début 2023 grâce au Défap et au Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : à découvrir début 2023 au Défap !

« Deviens un héros« , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer à partir de début 2023. Pour la découvrir au Défap, rendez-vous au 102 boulevard Arago, à Paris, aux dates suivantes :


À travers ce parcours ludique, les jeunes se forment à la lutte contre les discriminations et le racisme. Ils développent plusieurs pouvoirs pour devenir les héros qui changeront le monde ! Car pour cela, il n’est pas nécessaire d’attendre des super-héros venus de Krypton ou de Gotham : il est possible de devenir des héros du quotidien, en s’engageant pour une société plus fraternelle et plus ouverte.

Pour s’inscrire individuellement ou inscrire un groupe, le formulaire est ici :
 

Inscrivez-vous !

 

Comment se déroule la visite ?

Tout au long du parcours, au travers des différents modules, des débats sont suscités sur chaque thématique, amenant chacun à partager ses expériences vécues et à s’interroger sur les questions de la discrimination, du racisme, de la xénophobie…

L’exposition se décline en trois modules complémentaires mais indépendants les uns des autres (les groupes, les préjugés, les discriminations). Au Défap, nous vous proposerons de découvrir deux de ces modules. À chaque créneau horaire, ces deux modules seront animés pour deux groupes de 15 personnes. Si vous réservez un seul créneau, vous découvrirez donc aléatoirement un seul module. Vous pouvez aussi réserver deux créneaux (le même jour ou deux jours différents) pour avoir la possibilité de vivre les deux modules. Si vous souhaitez après votre visite aborder également le troisième module, nous pourrons envisager ensemble comment faire.

L’animation autour d’un module dure environ deux heures et nous pouvons accueillir au maximum 30 personnes (en deux groupes de 15) sur un même créneau horaire.

Depuis 2017, l’exposition a été présentée à près de 2000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends aux EUL…).




Pasteurs venus d’ailleurs : en route pour la deuxième session au Défap

La première session destinée à accueillir les pasteurs venus d’autres pays et d’autres contextes culturels avait eu lieu du 10 au 12 octobre au Défap. La deuxième session, destinée à partager les premières expériences de ces nouveaux ministres ou suffragants, et à favoriser une prise de recul, est prévue du 23 au 25 janvier. Une manière d’aider les nouveaux arrivants à « prendre leurs marques » au sein des Églises ; ces sessions d’accueil ont été organisées par le Défap à la demande de l’EPUdF, de l’UEPAL et de l’EPUB.

Culte de reconnaissance du ministère pastoral-ordination d’Aymar Nkangou, le 13 septembre 2020 à Montbéliard © Défap

Ils seront une quinzaine, le lundi 23 janvier, à se retrouver au Défap à partir de midi : une quinzaine de pasteurs venus d’autres pays et d’autres Églises, et actuellement en France où ils ont déjà eu l’occasion de découvrir des contextes sociaux ou culturels parfois très nouveaux pour eux. Jusqu’au 25, ils pourront ainsi « débriefer » sur ces premiers mois passés en France. Objectifs affichés de cette deuxième session d’accueil : favoriser une prise de recul par le partage ; donner des éléments d’interculturalité ; et renforcer les acquis de la première rencontre, celle qui avait eu lieu en octobre dernier.

La première session visait surtout à donner des repères légaux et sociétaux ; améliorer la connaissance des Églises ; donner des informations déontologiques et financières ; mais aussi mettre en réseau les ministres nouvellement arrivés, leur proposer des personnes ressources. Elle combinait des modules généraux présentant les diverses Églises dans lesquelles les nouveaux arrivants sont amenés à devenir pasteurs, ou destinés à leur donner des repères sociétaux, culturels et sur les styles de vie ou sur des questions clés comme celle de la laïcité, avec des témoignages de pasteurs étrangers déjà présents depuis plusieurs années en France. Un autre module s’attachait à questionner les stéréotypes sur les pays d’origine ou d’accueil des nouveaux arrivants. Pour cette session de janvier, les questions interculturelles rempliront une bonne partie des trois jours.

Retrouvez ci-dessous l’émission de radio diffusée sur Fréquence protestante et présentant la première de ces sessions d’accueil :
 

Une première session pour accueillir les pasteurs d’origine étrangère, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 octobre 2022 sur Fréquence Protestante

 

C’est à la demande de trois Églises protestantes – l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB) – que ces sessions d’accueil ont été organisées par le Défap. Elles sont le reflet d’une évolution qui touche aujourd’hui toutes les sociétés européennes, et auxquelles les Églises elles-mêmes participent. Car cette dimension multiculturelle née de la mondialisation, les Églises la vivent déjà au quotidien, à travers leurs paroissiens et à travers leurs pasteurs. Et les paroisses situées dans les lieux les plus densément urbanisés sont loin d’être seules concernées : aujourd’hui, même les villes moyennes ou les paroisses en zones rurales ont aussi des paroissiens aux multiples origines, comme en témoignait récemment Joël Dahan, pasteur de l’EPUdF dans le Bergeracois. La question des relations interculturelles au sein des Églises est un aspect sur lequel le Défap travaille depuis des années – en relation avec diverses Églises et des programmes de formation comme celui de la CPLR (le programme de la formation permanente des pasteurs de la Communion Protestante Luthéro-Réformée). Quant aux pasteurs, si l’on prend l’exemple de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF), l’une des trois Églises fondatrices du Défap, les ministres d’origine étrangère y représentent une proportion croissante : ils étaient ainsi 22,6% selon les chiffres de 2015, les pasteurs originaires d’Afrique étant le deuxième contingent le plus important. Et parmi ces pasteurs venus d’Afrique, bon nombre étaient passés par le Défap.

Un aperçu de la première session de formation interculturelle organisée par le Défap pour des pasteurs arrivant de l’étranger © Défap

Voilà pourquoi la Commission des ministères, « commission d’embauche » des futurs ministres de l’EPUdF, a pris depuis plusieurs années toute la mesure des changements induits par les évolutions de la société sur le profil des pasteurs. Cas similaires au sein de l’UEPAL, autre Église membre du Défap, et, plus au nord, au sein de l’EPUB. C’est de cette préoccupation commune qu’est née la demande, exprimée au Défap par ces trois Églises, d’une série de sessions permettant d’accueillir des ministres ou suffragants venant de l’étranger. Avec l’idée d’en faire des temps d’échange et de rencontre, mais aussi de donner à ces futurs pasteurs des clés de lecture, des repères et des ressources.




Volontariat de réciprocité : de partout vers partout…

Le Défap se lance dans le volontariat de réciprocité : les premières missions de service civique organisées en France dans ce cadre concerneront, au premier trimestre 2023, des jeunes venus d’Égypte, du Togo et du Bénin, qui seront accueillis à Rouen, Marseille et Strasbourg. Concrètement, le principe de réciprocité permet, à tous les pays accueillant des volontaires français, d’envoyer des jeunes pour une mission en France. Une manière de rééquilibrer les échanges entre le Nord et le Sud…

Visite d’un groupe de jeunes au Défap © Défap

Entretenir les liens entre Églises protestantes au près et au loin, c’est le rôle du Défap depuis plus d’une cinquantaine d’années. Et ces liens peuvent prendre aujourd’hui de multiples formes : des projets, du soutien à des instituts de formation théologique ou à des bibliothèques… et surtout, des échanges de personnes. Voyages de groupes, jeunes ou adultes ; échanges de professeurs ; accueil ou envoi de pasteurs, soutien aux recherches de boursiers, envoi de volontaires…

Dans le cas des volontaires, toutefois, les missions du Défap concernaient jusqu’à présent plutôt des ressortissants français partant à l’étranger. Or le volontariat de réciprocité offre un cadre juridique, encore trop peu utilisé, qui permet d’accueillir en France des volontaires de pays partenaires. Concrètement, le principe de réciprocité permet, à tous les pays accueillant des volontaires français, d’envoyer des jeunes pour une mission en France. Dans le cas du Défap, cela implique la possibilité non seulement d’envoyer à l’étranger, mais aussi d’accueillir en France des jeunes pour des missions utiles aux Églises. La possibilité juridique d’une telle forme de volontariat existe depuis 2010 ; mais elle commence à peine à être utilisée. Cette volonté de rééquilibrage est portée depuis des années par France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap : elle a déjà publié deux guides sur le sujet et plaide régulièrement pour une meilleure connaissance de ce dispositif.

Des missions à Rouen, Marseille et Strasbourg

Quatre volontaires venus de trois pays (Égypte, Togo et Bénin) seront ainsi accueillis au cours du premier trimestre 2023 à l’occasion de missions à Rouen, Marseille et Strasbourg. La première se déroulera au sein de l’Entraide de l’Église protestante unie de Rouen. Le projet de l’Entraide est de venir en aide aux personnes en situation de précarité par la préparation et la distribution de colis alimentaires, l’aide financière et l’organisation de la vente annuelle de solidarité. Dans le cadre de cette mission, le volontaire sera amené à accueillir et orienter les bénéficiaires, animer les temps de partage autour de boissons chaudes et fraîches par des groupes de parole, des jeux de société ; participer à l’animation d’ateliers informatiques pour faciliter l’accès numérique aux bénéficiaires ; participer ponctuellement à des activités socio-culturelles d’accompagnement de personnes âgées ou migrantes comme des sorties culturelles, ateliers créatifs ou repas.

À Marseille, une autre de ces missions de service civique s’effectuera au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban (ADPM). Engagée dans le centre-ville de Marseille depuis plus de 30 ans, elle a pour but de développer les liens sociaux, dans le contexte de l’immigration, par l’accueil inconditionnel, la solidarité et le partage. Les activités auxquelles sera associé le volontaire sont intégrées à des objectifs locaux de développement en lien avec la métropole, la mairie de Marseille et le département : aide alimentaire, alphabétisation, orientation sociale, avec pour finalité le développement des compétences linguistiques et sociales et l’amélioration du vivre ensemble. Dans le cadre de cette mission, le volontaire sera amené à accueillir et orienter les bénéficiaires de l’association en fonction de leurs besoins ; à participer à l’animation de groupes de parole, à des ateliers de cohésion sociale (couture, sport…), à des cours de français ou d’anglais et à l’aide aux devoirs, ainsi qu’à l’organisation de fêtes et repas conviviaux pour créer du lien dans le quartier.

À Strasbourg, ce sont deux jeunes filles venues du Caire qui seront accueillies par les Diaconesses. Avec, là encore, des missions très diversifiées : animation, avec l’équipe, d’ateliers de type travaux manuels, lecture, jeux de société pour les personnes âgées ; lecture pour les personnes âgées mal-voyantes ; visites de convivialité auprès de résidents et résidentes âgées isolées dans leur chambre ; accompagnement de sorties de la vie courante (courses, rendez-vous médicaux) ; aide à l’accès aux outils informatiques pour maintenir le lien et la communication avec les proches… Toutes ces activités s’inscriront dans la vie quotidienne de la Maison, qui accueille également des jeunes de passage.