Voyage intérieur : Poème

Volontaire en réciprocité au centre Théodore Monod, Tabitha nous partage un poème dans sa lettre de nouvelles de juin. Découvrez-le dans ces lignes !

 

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Dans un jardin d’âges différents, un voyageur égaré,
Parmi les arbres robustes et les fleurs, un cœur serré.
Un sentiment étrange, une note qui détonne,
Dans une mélodie où les sourires brillent, mais résonnent faux.

Les conversations tissent des liens, invisibles et forts,
Mais à l’écart, cherchant un chemin, brisant les remparts.
La confiance s’effrite, chaque visage, un mystère dévoilé,
Dans ce labyrinthe d’adultes, je suis un voyageur perdu.

Mais une lumière brille, un havre d’innocence trouvée,
Les enfants, compagnons sincères, aux yeux purs et révélés.
Sous leur regard, un sens retrouvé, une vérité jaillit,
Dans ce monde parfois dur, leur innocence, mon seul appui.
L’écho d’un pays lointain, dans le cœur, une douce complainte,
La nostalgie, un voile incertain, que les rires d’enfants éteignent.
BAFA, un chemin d’effroi, mais aussi de découvertes sans fin,
Où l’accent sème le doute, mais l’amitié prend son chemin.

Des week-ends à la montagne, des musées visités avec passion,
Des expériences extraordinaires, malgré toute hésitation.
Dans les yeux, chercher la lumière, des âmes qui comprennent,
Alors, s’éloigne la chimère, et le cœur, enfin, se détend et s’étreint

Tabitha

 

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Madagascar au fil des jours : ancrage local, rituels partagés et souvenirs précieux

Depuis six mois, Léonie vit une expérience de volontariat à Madagascar, partagée entre une cantine scolaire et un orphelinat. Si la routine s’est installée, les rencontres et les événements vécus, des ateliers de Pâques aux reboisements en pleine nature, ont laissé une empreinte forte. Elle nous livre ici un témoignage vivant, drôle et émouvant, à l’approche de son départ.

 

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Manao ahoana !

Cela paraît plus difficile d’écrire une lettre de nouvelles après six mois déjà passés ici à Mada, la découverte ayant laissé place à la routine. Mais en y repensant, depuis fin décembre, tellement de choses se sont passées !

À la cantine comme à l’orphelinat, le volontariat suit son cours. À la cantine, on continue de couper des légumes le matin et de prendre des élèves en soutien l’après-midi, avant de terminer la journée à Topaza pour donner des devoirs aux enfants et les corriger. Plutôt que de m’étaler sur ce que je fais depuis le début du volontariat à la cantine scolaire et à l’orphelinat, je vais vous raconter une anecdote pour chacun de ces deux points d’ancrage.

À Madagascar, quand arrive la saison des pluies commence la période des « reboisements », organisés par différentes associations. C’est assez drôle de voir l’importance que cela revêt pour de nombreuses personnes d’aller planter des arbres tandis que de nombreuses autres personnes font brûler la forêt, notamment pour récupérer du charbon. L’orphelinat a pris part à ce traditionnel reboisement, et j’ai donc eu la chance d’y prendre moi aussi part, à 2 reprises. La 1ère fois sur un immense terrain appartenant à la FJKM, à Andanona, où 10 000 arbres auraient été plantés (étant arrivée très tard dans la matinée, je n’en ai planté que 3, c’est pas énorme haha). La 2ème fois, c’était nettement différent, à part les adultes et les enfants et ados de Topaza, il devait y avoir à peine une vingtaine d’autres adultes, et nous avons planté des arbres fruitiers… dont les fruits seront justement récoltés pour l’orphelinat une fois les arbres suffisamment âgés pour en donner ! C’était super de prendre de l’air avec beaucoup plus de jeunes de Topaza que pour le 1er reboisement que nous avions fait, et qui plus est sur le terrain où est initialement né Topaza, bien loin de la capitale.
À la cantine scolaire, les semaines avant les vacances de Pâques ont été rythmées par la préparation des décorations de Pâques pour la salle, et autant vous dire qu’on a beaucoup rigolé. L’idée, c’était de faire peindre à chaque enfant un œuf de Pâques qu’on accrocherait ensuite dans la cantine à une grande corde pour qu’il y ait partout dans la cantine des œufs de Pâques qui flottent au-dessus des têtes des enfants. Sauf qu’ils sont une centaine à manger à la cantine, et qu’il fallait donc vider une centaine d’œufs pour en faire des omelettes, et ce sans les casser. Entre cette matinée de rires à souffler les œufs et l’atelier peinture des œufs par les enfants, cela reste sans doute mon meilleur souvenir de cette année passée à la cantine. Puisqu’il faisait très chaud et très beau, une fois que les grands avaient fini de peindre leurs œufs qui étaient déjà accrochés à la ficelle pour les pendre ensuite dans la cantine, ils se baladaient dehors avec leurs œufs comme si c’était un petit animal qu’ils promenaient, c’était vraiment trop drôle et surtout très mignon.

En dehors du volontariat, j’ai pris l’habitude d’aller voir des films à l’IFM, ce qui rend ma vie culturelle nettement plus développée à Tana qu’en France, je me suis essayée au padel et j’ai vécu la nuit la plus incroyable de ma vie. En effet, nous sommes allées avec notre ami Angelo, qui est entre autres reporter, à Mahamasina pour vivre le nouvel an Malagasy : « Taombaovao ». On était les seules vazaha présentes parmi des centaines de Malagasy, c’était hyper beau et émouvant de pouvoir assister à un tel événement, hyper nationaliste… auquel on n’aurait jamais pu assister sans Angelo.

Je finis de rédiger cette lettre en mai, et le déchirement de quitter en particulier les enfants et les jeunes de Topaza dans pas si longtemps que ça prend de plus en plus de place dans ma tête. En attendant j’essaie quand même de profiter le plus possible de chacun d’entre eux.

Léonie

 

 

 

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6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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Neuf mois en Tunisie : immersion culturelle et engagement pour une agriculture durable

Depuis neuf mois, Laurent vit une expérience de volontariat en Tunisie au sein de l’association ATAE. Entre engagement associatif, découverte de la culture locale et exploration des paysages tunisiens, il partage ici un aperçu sincère et vivant de son quotidien. Un témoignage qui donne envie de voir la Tunisie autrement.

Un paysage en Tunisie © Laurent

 

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Déjà 9 mois que j’ai rejoint la Tunisie en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI) dans une association tunisienne (association tunisienne d’agriculture environnementale, ATAE) qui œuvre pour réhabiliter les sols tunisiens en prônant une agriculture durable et en préservant les écosystèmes naturels.
Lors de mon dernier article, je vous ai parlé de l’association, son accueil particulièrement chaleureux, ses missions et les membres dévoués qui la composent. C’est vrai que nous sommes envoyés pour répondre à un besoin, mais être un VSI ne s’arrête pas uniquement à cela. En effet, l’expérience professionnelle est embellie par l’expérience humaine et culturelle. C’est aussi pour cette raison que nous faisons le choix d’être volontaire, et je n’ai vraiment pas été déçu car ce pays est extraordinaire du point de vue culturel.

Mon quotidien se partage entre mes journées au travail et mon temps libre que j’occupe à découvrir ce pays et les activités qui ne manquent pas !
Tunis est une ville très active sur le plan culturel et il se déroule de nombreux festivals (cinéma, théâtre, musique, …). Ces activités me permettent de mieux appréhender la culture tunisienne.

Étant un amoureux de la nature, je profite souvent de mes week-ends pour découvrir les alentours de Tunis et le meilleur moyen est la randonnée. La Tunisie n’est pas très connue pour ses paysages montagneux, mais plus pour son désert, et c’est vraiment dommage car ils sont vraiment très beaux. La faune et la flore sont très riches, surtout en dehors de la période estivale. Ce paysage est magnifié par des vestiges historiques très bien conservés. Lorsque l’on pense à la Tunisie, la première idée qui nous vient est le site de Carthage, mais il en existe d’autres qui méritent le détour. Pour finir, lorsque l’on parle de culture, il ne faut pas oublier le domaine culinaire. Il est vraiment très varié et très goûteux. Je ne parle pas uniquement du fameux couscous tunisien, mais de la salade méchouia, les bricks, et la liste pourrait être très longue, mais je ne peux pas la finir sans parler des excellentes pâtisseries tunisiennes.

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir la région nord de ce pays qui est, hélas, trop souvent oubliée.

Laurent

 

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Un passage de témoin en préparation au Défap : le rapport du Secrétaire général

À l’approche de la fin de son mandat en tant que Secrétaire général, Basile Zouma prend la parole pour exprimer sa gratitude et revenir sur les engagements du Défap. Une réflexion sur la mission, la solidarité et la transmission, alors qu’il accompagne cette transition avec Vincent Nême-Peyron.

AG 2025 - Discours du Secrétaire général
Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, pendant son discours

« Au moment même où je prends la parole pour mon dernier rapport en tant que Secrétaire général du Défap, je profite de l’occasion pour rendre grâce à Dieu en Christ d’avoir non seulement ouvert la possibilité de ce ministère très spécialisé mais aussi pour son soutien tout au long de celui-ci.

Je souhaite aussi dire ici un certain nombre de reconnaissances.

D’abord au Conseil et à son Bureau (incarnation des Églises membres), pour le risque pris et le pari fait qui ont permis qu’en janvier 2019, je sois nommé à ce poste. Merci au Conseil pour sa confiance qui n’a pas vacillé tout au long de ces années – du moins si elle l’a été, il n’a rien laissé paraître. Merci pour cette confiance renouvelée lors de son vote au Conseil de juin dernier, clôturant le processus d’évaluation de mon ministère assortie d’une demande de prolongation. Avec le président Joël Dautheville, cela a été un riche compagnonnage aussi bien fraternel qu’institutionnel et au besoin, une oreille pastorale dans les moments délicats et il y en a eu.

Ensuite à l’équipe du Défap, elle est non seulement une force opérationnelle sur le terrain mais aussi une famille qui peut connaître comme dans toute famille, des temps difficiles mais ici au Défap, vites dépassés et oubliés par la joie d’être et de travailler ensemble. Mon défi en arrivant, était certes de tout faire pour assurer ma charge (et mon parcours à la Sorbonne a aidé) mais surtout de rester pasteur et je crois que vous y avez énormément contribué du fait aussi de vos propres engagements ecclésiaux (une équipe œcuménique et interreligieuse).

Enfin à chacune, chacun de vous que j’ai croisé dans le cadre de ce ministère et dont les conseils, les questions, les interpellations ou même les critiques ont nourri mon engagement et aidé à l’ajuster au mieux. Merci à vous partenaires et associés : Cevaa, DM, ACO, CEPF, CIMADE, CEAF, pour cette collaboration… »

 

Introduction générale

« Venons-en à notre rapport d’activité et c’est avec Albert Einstein que j’annonce la couleur. Ce dernier disait : « Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C’est une activité où l’on voit tout de suite le résultat. » Le vide créé et l’espace ouvert peut bien être frappant, saisissant.

Depuis que je suis SG du Défap, une question qui ne m’a jamais quitté est celle de savoir quel produit pourrait légitimer son action ? Quel retour concret pourrait justifier sa pertinence ? Relation et solidarité qui sont au cœur de son engagement sont-elles des activités mesurables et/ou rentables ? La dimension universelle de l’Église qu’il s’efforce de rendre présent, est-elle évaluable ?

Ce rapport d’activité 2024 que vous avez reçu et finement lu, raconte et compte pour tenter de répondre à ces questions en disant l’action dans les lignes et le sens de celle-ci entre les lignes.

Un lieu d’incarnation

Il raconte un Défap comme un des lieux d’incarnation de l’Église universelle à travers une solidarité internationale d’initiative ecclésiale. Il apporte sa coloration chrétienne protestante au foisonnement de l’entraide mondialisée. Il y participe en vivant des relations qui dépassent les frontières du temps et de l’espace. Plus qu’un contrat d’humanité, cette solidarité est une fraternité qui repose sur une reconnaissance et le fruit de la grâce divine. Elle permet de répondre à l’invitation du Christ à incarner notre amour de Dieu dans l’attention particulière accordée au prochain, à savoir le proche et le lointain : « aimer son prochain [qui est] comme soi-même, c’est aimer Dieu. » (Matthieu 22, 37-39).

Une fraternité sans cesse revisitée

Il raconte aussi une relation fraternelle sans cesse revisitée à travers un récit construit sur la charpente des trois axes stratégiques du programme de travail Convictions & actions 2021-2025 qui arrive bientôt à échéance. Vous y trouverez l’essentiel des nouvelles des pays dans lesquels le Défap est engagé. Il montre comment il continue et revisite sans cesse une fraternité qui dure depuis plus d’un demi-siècle et révèle dans ses lignes comment les actions sont menées de sorte à permettre la rencontre, à faciliter la relation et invite à la réflexion sur la place et la responsabilité sociales et ecclésiales des Églises membres et des partenaires.

Une action et l’éthique de celle-ci

L’action 2024 du Défap, en lien avec son programme de travail a mis un accent particulier sur la rencontre des partenaires sur le terrain pour faire un point sur la relation, la questionner et au besoin redéfinir de nouveaux contours. À ce propos, avec Maëlle NKOT, la chargée de projet et du suivi des partenariats, une grille a été mise en place pour interroger les partenaires sur le regard qu’ils ont sur l’état de la relation afin d’aider, au bout de l’analyse, de la faire évoluer si nécessaire.

À la demande de certaines paroisses aussi bien dans l’EPUdF que dans l’UEPAL, la présence du Défap s’est exprimée sous forme de ce que je qualifierai de « palabre missionnaire » qui est une façon de discuter et de débattre à l’ombre de ce qui nous dépasse (Dieu pour nous et l’image symbolique du Baobab dans certaines cultures africaines), des questions qui nous concernent, ou nous préoccupent ; le défi interculturel dans les communautés, la question du témoignage et sens à donner aujourd’hui au mot « mission », le partage d’expérience et le type de relation à développer avec les Églises sœurs au loin.

La « palabre missionnaire » s’est prolongée dans nos locaux avec les Églises membres, ce qui a permis la rédaction d’un texte -support comme contribution concertée pour nourrir le travail de réflexion de l’UEPAL et de l’EPUdF en vue d’une réponse au processus de refondation ouvert en 2018.

Il faut aussi noter une importante activité du Défap auprès des communautés satellites des Églises partenaires d’Afrique : EPC Europe, EEC France… ; communautés qui connaissent de nombreux conflits dont certains d’entre vous ont eu connaissance du fait qu’elles se réunissent souvent dans vos locaux.

Tout en étant reconnaissant de l’effort des Églises membres et conscient des contraintes financières, le Défap s’est aussi engagé dans une diversification des ressources pour continuer à incarner et de nourrir cette Église universelle que nous confessons dans le symbole des apôtres.  Il a activement travaillé entre autres à travers la compensation carbone, le soutien à la formation des filles et femmes pour que les questions d’environnement et d’égalité de genre ne demeurent pas qu’un souci mais que cela s’incarne dans la coréalisation de projets coconstruits.

 

Une équipe et un lieu pour assurer l’action

  • Une équipe

Une reconnaissance aux permanents du Défap dont une partie est mobilisée aujourd’hui pour l’accueil et l’intendance de cette AG. Pour mettre en œuvre un programme, il faut bien l’engagement d’une équipe de femmes et d’hommes (qui n’ont pas toujours compté leurs heures) et un lieu.

Cette équipe a vu des départs et des arrivées. Et je saisi l’occasion pour remercier Anne-Sophie MACOR qui, après un peu plus d’une année au Défap, a rejoint sa famille dans le sud. Caroline Mpessa Lobe a pris sa suite comme responsable du Volontariat et nous nous en réjouissons. Nous remercions Franck Lefebvre et regrettons son départ après environ 13 ans au Défap pour des raisons médicales.  Cela a considérablement perturbée la préparation de cette AG surtout celle du RA dont Franck était un des acteurs majeurs. Merci à Raphaela Tatchoua pour toutes les heures supplémentaires qu’elle a dû faire pour que nous puissions y arriver.

  • Un lieu

La « Maison Défap » au 102 Bd Arago constitue un espace essentiel pour notre dispositif et est identifiée comme telle par la plupart de nos partenaires.  Que ce soit par l’accueil quotidien de responsables d’Églises de tous horizons, la location de salles à des communautés, visages ici d’Églises de là-bas, l’ouverture de la bibliothèque, l’accueil de groupes comme les Masters cycle M « Église et société de l’EPUdF », l’accueil des étudiants de l’IPT, la formation des envoyés ou d’événements comme l’Assemblée Générale de la CEPF, les rencontres avec des partenaires, tout cela participe d’un tissage de liens entre Églises d’ici et d’ailleurs et permet à notre réseau de s’élargir.

Une riche collaboration

Cette présence au monde ne se fait pas seule, mais à travers une riche collaboration dans un réseau associatif extrêmement diversifié et les instances gouvernementales qui lui renouvellent sa confiance dans les agréments accordés. La table ronde de cet après-midi et le profil des partenaires montrent bien ce réseau dans lequel le Défap est inscrit. La collaboration particulière avec la Cevaa est à noter et je tiens ici à remercier la Secrétaire générale pour le maintien d’une dynamique positive entre nos deux institutions. Avec DM, nous travaillons dans une mutualisation de nos actions en vue d’une présence plus efficace auprès de nos partenaires… »

 

Perspectives 2025

« L’année dernière, j’avais terminé mon propos en ouvrant des perspectives mais vous comprenez que cette année, je me garderai de cela pour en laisser le soin à Vincent. Mais je l’entends déjà penser très fortement en disant, « il ne va tout même pas me faire bosser dès aujourd’hui ? » ; bien sûr que non cher ami.

Sans toutefois ouvrir de perspectives, je me permets tout de même d’injecter quelques idées dans les processus synodaux et d’assemblée d’union qui vont s’ouvrir sur le sujet Défap. Il me semble utile de rappeler que notre bibliothèque et nos archives regorgent de ressources abondantes dans lesquelles le mot refondation apparaît plus d’une fois. Des réflexions ont été menées et des traces existent. Il est fondamental de ne pas faire l’économie de son exploitation. Il faut se rappeler la parole de l’Ecclésiaste qui dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1, 9b). « Nulle avancée ne surgit du néant : toutes portent l’empreinte discrète de ceux qui ont rêvé avant nous. » – Sabrina Mouray

Nous avons d’ailleurs mis ici à votre disposition à un prix défiant toute concurrence, le premier tome de l’œuvre magistrale du professeur Zorn qui donne des clefs utiles à toutes celles et ceux qui veulent se plonger un peu dans l’histoire de cette maison. Un tome 2 est en préparation pour le mois de septembre qui couvre la période 1914-1971.

L’histoire du Défap est riche et la matière abondante pour aider non seulement à penser l’avenir mais surtout à le construire sans préjuger de ce qui adviendra. J’ai bon espoir et mon ambition ces dernières années était de travailler de sorte à baliser le sentier de cet avenir en donnant les premiers coups de pinceaux pour faire apparaître son visage.

Il y a un sport que j’apprécie énormément et il s’agit de la course de relai ; c’est une compétition dans laquelle l’effort est solitaire mais la victoire collective. Pour que les conditions soient optimales pour le trophée, il faut qu’au moment même où le coureur passe le témoin, qu’il ait encore suffisamment de réserve et même une envie folle de continuer.  »

 

Conclusion

« Cher Vincent, j’ai couru ma part de distance, j’ai encore suffisamment de réserve et toujours la même envie qu’au début ; je n’arrive pas au bout du souffle mais au bout de ma part de course. Les conditions sont donc optimales pour te passer le flambeau et t’assurer de la constance de ma prière et de la sincérité de mon soutien pour ton ministère au Défap. Je le fais avec sérénité car j’ai le sentiment que le chantier de la refondation s’est un peu éclairci de ses gravats et que les Églises membres ont ouvert l’espace de la palabre à l’ombre de celui par qui tout arrive… celui qui permet de passer de la dispute à la discussion et de la discussion à l’incarnation de ce que nous confessons : l’Église universelle.

Je vous remercie de votre écoute. »

Basile Zouma,

Paris, le 29 mars 2025




Rééquilibrer nos liens : de la compétition à la confiance, le mot du Président

Quand la compétition prime sur la confiance, les relations humaines s’effritent. Lors de l’Assemblée Générale 2025 du Défap, son président a appelé à rééquilibrer nos modèles sociaux et ecclésiaux en misant sur la coopération et l’entraide. Un message fort qui résonne avec la vocation missionnaire du Défap, engagé dans des partenariats interculturels et solidaires.

Discours du Président du Défap - AG 2025
Joël Dautheville, Président du Défap, pendant son discours

« Quand la compétition remplace la confiance

C’est avec cette phrase que Thomas Kauffmann, anthropologue et directeur général de Médecins Sans Frontière au Luxembourg, intitule son article dans l’Œil de Réforme du 29 janvier dernier en pointant du doigt la compétition effrénée vécue dans les pays occidentaux : la course à la domination, au profit et au pouvoir prime sur tout : l’actualité aux États-Unis nous montre que cette compétition est un dogme revendiqué désormais sans retenue. La compétition remplace la confiance et a des effets délétères sur les relations entre humains, relations qui s’inscrivent désormais dans la seule dimension verticale. Il pose alors la question : Si l’esprit du capitalisme s’est nourri de l’éthique protestante, avant de basculer dans l’extrême, peut-être nous incombe-t-il de le rééquilibrer ? Comment ? Il invite à pro-mouvoir des modèles socio-économiques basés plutôt sur la coopération que la compétition, le partage plutôt que l’accumulation. Et il termine cet article en incitant à redécouvrir la richesse des relations humaines, de l’entraide, de l’acte gratuit, et de l’échange sans but lucratif. Tout est là, il suffit de le valoriser à nouveau.

Des recommandations qui résonnent au Défap

Ce qui semble important sur le plan économique pour rééquilibrer l’esprit du capitalisme issu de l’éthique protestante, l’est tout autant pour le Défap et ses Églises membres, au nom de la vision du Christ d’une Église universelle. Rééquilibrer une vision de la mission en développant des relations horizontales. C’est pourquoi, depuis ses origines, le Défap met en pratique l’importance des relations à travers les échanges de personnes telles que les théologiens et théologiennes, pasteur.es, volontaires. Aujourd’hui il développe l’esprit de réciprocité dans les échanges comme nous le verrons cet après-midi. Il met en pratique l’entraide, la solidarité avec les projets présentés par les partenaires et travaillés avec eux, sans oublier la dimension écologique de plus en présente au Défap et chez les partenaires comme l’indique le document Convictions et Actions du Défap pour les années 2021-2025 largement diffusé et présent sur le site defap.fr. J’en profite pour appeler le Défap et les Églises membres à envisager la période quadriennale suivante 2026-2030. Le document actuellement en vigueur aide à la priorisation des actions autour de 3 axes : Développer les liens avec les partenaires, s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine, et vivre l’interculturalité. Le rapport d’activités évoque les nombreuses actions organisées par le Défap dans un esprit partenarial où chacun des partenaires apporte à l’autre ses richesses : richesses théologiques, richesses culturelle, richesses humaines. Comme le précise l’article 2 de ses Statuts : l’objet du Défap est de stimuler et coordonner les efforts des Églises membres en vue d’éveiller et d’entretenir en elles le sens de leurs responsabilités et de leur action commune dans les domaines missionnaire et humanitaire. Il s’agit de mettre en œuvre cet objet entre autres par la solidarité financière, l’accueil et l’envoi de personnes, formation à la rencontre interculturelle, etc. La refondation du Défap engagée par les Églises chacune selon sa temporalité et sa méthode de consultation devra confirmer, préciser ou infléchir cet objet.

Le Défap, un témoin privilégié de violences internationales et de l’espérance

Depuis sa création, le Défap, association instituée par les Églises, relaie la parole des témoins que sont les partenaires, notamment les partenaires qui sont sur le continent africain, et particulièrement sub-saharien. C’était le cas au moment où le Défap a été créé. C’est encore le cas aujourd’hui. Des liens récents avec l’Eglise du Christ au Congo, notamment avec les Églises et leurs facultés de théologie protestante dans les régions des Grands Lacs, permettent au Défap de relayer les souffrances endurées par des chrétiens dans cette région du monde. Les chrétiens et chrétiennes sont témoins et victimes de la prédation féroce avec son cortège de violences organisée par des grands groupes, par des pays sur les matières premières à destination, entre autres, de la haute technologie. Je remercie le pasteur et docteur en théologie Fiston Mumbere Ngesera qui a présidé le culte d’ouverture de pouvoir faire ainsi le lien entre les Églises membres du Défap et son Église. N’oublions pas qu’en RDC vit la plus grande communauté protestante francophone au monde.

Le Défap est témoin de la demande de liens et de partenariat exprimées par les facultés de théologie de cette région et d’ailleurs. Celles-ci savent que le Défap a des moyens limités. Pourtant elles sont en demande de liens qui sont pour elles des soutiens à leur mission d’annoncer l’Évangile en paroles et en actes.

Certains pensent que ces liens avec les partenaires n’ont aucun impact sur les Églises de France. Une remobilisation des Églises et des partenaires autour du Défap pourrait changer la donne. La triangulation des relations est une opportunité pour l’Évangile et la vie des Églises. En favorisant les liens entre les partenaires de là-bas d’une part et d’autre part avec les personnes venant de là-bas et vivant en France, en approfondissant et élargissant la dimension interculturelle, le Défap est l’outil des Églises de France qui sème de l’espérance ici et là-bas. Il est également l’outil qui permet aux Églises de freiner le risque de voir se dégoupiller un système politique gros de violence en France. Lors de la dernière rencontre des Jeudis du Défap du 20 mars dernier sur Identité, hostilité et hospitalité, Olivier Abel si-gnalait son inquiétude de voir la France, du fait de son histoire, créer de l’hostilité notamment lorsque le contexte est tendu. Elle est nostalgique de son unité nationale perdue avec les guerres de religion. De ce fait elle peut être encline à fabriquer de l’hostilité, voire de nouvelles Saint-Barthélemy comme il l’exprimait déjà dans son message à l’Assemblée du Désert en 2022.

Favoriser les échanges entre jeunes, pasteur.es, théologiens et théologiennes d’ici et de là-bas, c’est témoigner de l’évangile de Jésus-Christ qui permet de comprendre que nous recevons notre identité chrétienne de Dieu, qu’elle est un don pour l’autre et non le facteur d’un repli sur soi ou sur une communauté fermée. Favoriser de tels partenariats, c’est une manière pour les Églises même si elles sont en difficulté, même si le contexte international est tendu, d’être en mission, et de favoriser ainsi en commun l’annonce de l’évangile libérateur de Jésus-Christ. »

Joël DAUTHEVILLE,

Paris, le 29 mars 2025

 




Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure !

De Madagascar à Paris, Nomena s’engage dans une mission de Volontariat de Solidarité Internationale avec le Défap. Entre communication, découverte culturelle et adaptation au monde du travail, il partage ses premiers pas dans cette aventure unique, faite d’apprentissage et d’ouverture.

Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure ! Nomena

 

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Bonjour, je suis Nomena, j’ai 23 ans, je viens de Madagascar, et j’ai fait des études en Sciences Sociales Appliquées au Développement que j’ai terminées récemment.

Volontariat. Ceci est ma première expérience en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Envoyé par le Défap, ma mission consiste à aider la partie communication de la paroisse luthérienne de la Rédemption ainsi que celle du Défap pour une durée de 12 mois. L’objectif de ma mission est d’assister à la communication des deux structures, de gérer les contenus à publier : des podcasts, des annonces d’événements, des flyers, des illustrations.

Pendant ma mission, je ne suis pas que dans une, mais deux structures. Chacun a son style et sa stratégie de communication, mais les techniques sont presque similaires en ce qui concerne l’utilisation de logiciels de conception, d’illustration et de montage vidéo. De plus, cette mission m’a permis d’élargir les outils de conception illustrative qui sont à ma disposition. Ça peut paraître simple, mais c’est bien plus complexe que ça en a l’air. Le rôle de la communication ne se limite pas à créer des contenus de qualité et de quantité sur une page. La question de couverture médiatique est sujet à plusieurs critères tels que les tendances, les centres d’intérêt des internautes, les stratégies et domaines que la structure vise ainsi que les objectifs à court, moyen et long terme. Il y a tout un processus de réflexion et de prises de décision qu’il faut faire avant de pouvoir se lancer dans la création et la publication de contenus.

Les structures de mission sont toutes sympathiques, que ce soit du côté de La Rédemption ou celui du Défap. Leur accueil est très sympa. J’ai pu m’intégrer sans grande difficulté dans les deux structures. La seule difficulté est peut-être pour moi de faire la transition entre la fin des études et l’entrée dans le monde du travail. J’ai pu apprendre deux logiciels de création que sont Canva et Affinity Publisher (je m’actualise en tant qu’un habitué des suites Office et Adobe).

Il faut aussi savoir que pour pleinement profiter de mon volontariat, il est intéressant de bien pouvoir profiter de ces années ici en France. Comme il s’agit d’une mission de réciprocité et de solidarité internationale, il est intéressant de voir l’aspect multiculturel que je peux constater auprès de La Rédemption ainsi que du Défap. Je découvre la culture même de mes structures de mission, et en parallèle, la culture française. Aussi, je partage ma culture avec les autres (art culinaire, traditions, langues, etc).

Ma phase d’adaptation s’est déroulée de manière simple. Je n’ai pas vraiment éprouvé un très grand choc culturel, que ce soit sur les achats, les transports, les horaires, mis à part le fait qu’ici en France, tout est numérisé, même les paiements. C’était la seule difficulté que j’ai pu ressentir puisque je suis habitué à toujours payer en espèce. Les moyens de transports sont nombreux et ont chacun leurs points forts et points faibles (trajets, temps d’attente,…).

Mes premiers réflexes en arrivant à Paris étaient de me fixer des repères. Ces repères me servent à mieux m’orienter lorsque je veux faire des balades dans la ville. Une fois les repères fixés, mes déplacements à Paris sont moins frustrants. En théorie, je n’ai pas vraiment eu de souci pour me déplacer, mais le premier mois était compliqué en raison de l’achat cumulatif de tickets de transport que je prenais au fur et à mesure. Mais après des semaines d’attente et quelques petits sacrifices, j’ai fini par avoir un « pass Navigo » et je pouvais alors me déplacer librement et sans encombre (enfin, sauf pendant les contrôles).

Ce que je peux retenir de ce début de mission en tant que volontaire, c’est de pouvoir saisir toutes les possibilités qui peuvent nous arriver, ainsi que de développer une meilleure version de soi. La réciprocité et le statut de Volontariat de Solidarité Internationale, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir au monde et à une nouvelle culture, de marcher dans l’inconnu et d’élargir ses horizons. C’est pourquoi ce volontariat, pour moi, est le début d’une nouvelle aventure.

Et pourquoi pas vous aussi, vouloir tenter cette aventure ?

Nomena

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Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

Après une première en mission en Equateur qui lui a donné l’envie d’en réaliser une autre à Madagascar, Alexis est de retour et nous partage son expérience en tant qu’éducateur dans un orphelinat.

Retour d'Alexis de Madagascar

Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

 

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« Des mots qui libèrent des maux… » : les vœux du Secrétaire général

En ce début d’année 2025, Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, nous rappelle la puissance des mots pour transformer les maux du monde. Portés par la foi et l’espérance, ces vœux invitent chacun à agir dès aujourd’hui pour un avenir meilleur. À travers le volontariat, les projets de solidarité et l’engagement collectif, le Défap continue de semer les graines de l’Évangile pour faire grandir la Bonne Nouvelle. Un appel à vivre pleinement et à bâtir ensemble des lendemains d’espérance.

Basile Zouma_Segcrétaire général du Défap
©Défap

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« Dans ce temps habituel des vœux de nouvel an, nous cherchons comment les souhaiter de façon originale ou personnalisée et de manière positive pour exprimer l’idée d’un avenir d’espérance, toujours meilleur que le présent. Ces mots, notre histoire nous les donne fort heureusement. Ils nous permettent de dire et d’habiter les temps de ces lendemains qui viennent. En fonction des choix faits, ces lendemains peuvent être annoncés de manière heureuse ou désespérante. La tendance générale à imaginer l’avenir comme une simple amplification du présent peut décourager d’entrer dans un avenir effrayant de malheurs démultipliés (guerre, misères, catastrophes naturelles…). La foi au Dieu de Jésus-Christ qui nous anime et l’espérance qui nous mobilise nous donnent de croire autrement, d’envisager des lendemains meilleurs, pleins d’espérance. Cette foi nous invite à prendre une part active pour qu’adviennent ces lendemains renversant les drames d’aujourd’hui pour qu’en germe la vie. Elle donne à nos simples mots la force de conjurer nos maux du présent. Comme le dit Antoine de Saint-Exupéry : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible« . Au Défap, nous travaillons à rendre cet avenir possible dans l’incarnation de l’Évangile à travers le volontariat, l’échange de personnes, les projets de développement, d’éducation… avec Georges Bernanos, nous pouvons dire : « On ne subit pas l’avenir, on le fait » en favorisant les relations humaines et la solidarité inter-ecclésiale transfrontalière. Nous continuerons en cette année encore de semer partout où nous sommes, la petite graine d’Évangile pour que grandisse la Bonne Nouvelle pour surmonter les maux du monde. Nous vous souhaitons au nom du Service protestant de mission – Défap, une riche et heureuse année 2025 où chacun est invité à ne pas attendre demain pour vivre, mais à vivre en attendant demain. »

Pasteur Basile Zouma, Secrétaire général




Éléonore au Caire : du chaos à la sérénité

Passer d’une vie paisible à une mégalopole débordante comme Le Caire peut sembler un pari insensé. Mais pour Éléonore, volontaire au foyer Fowler, ce défi se transforme de plus en plus en une aventure humaine et culturelle extraordinaire. Un témoignage entre désorientation et émerveillement.

Eléonore, pendant la formation des envoyés 2024 © Défap

 

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Il faut être fou pour vouloir vivre au Caire, sincèrement. Si j’avais vraiment su à quoi m’attendre, je n’aurais probablement jamais choisi de vivre ici, parmi tout ce bruit, cette circulation qui ne cesse jamais, cette pollution ambiante, cette poussière…

Voici les pensées qui tournaient en boucle dans ma tête lors de mon installation et des semaines qui ont suivi. Jusqu’à ce que je prenne conscience début octobre, soit un mois après mon arrivée, que c’est une chance inouïe pour moi d’être ici pour un an, dans un environnement si différent de tout ce que j’ai toujours connu.

Moi qui n’ai jamais vécu dans une capitale et qui affectionne tant la nature et le calme des espaces verts. Qui eût cru que je puisse m’acclimater à une mégalopole trois fois plus peuplée que Paris ? J’aurais été la dernière à croire que ce soit possible. Et pourtant, voilà où j’en suis aujourd’hui : non seulement habituée désormais à ce nouveau train de vie, mais surtout heureuse d’être de la partie, heureuse d’être ici, heureuse d’être une petite fourmi parmi toutes les fourmis qui font de cette ville un lieu si vivant et si vibrant.

Vivant et vibrant, c’est également ainsi qu’on pourrait qualifier le foyer Fowler dans lequel je suis volontaire. Accueillant plus de 60 jeunes filles le temps de leur année scolaire, ce foyer est débordant de vie, d’amour et d’humanité. Mes débuts à Fowler sont à l’image de mes premiers jours au Caire : très désorientée et déboussolée au départ. J’ai petit à petit réussi à trouver mes marques au foyer, et je m’y sens si bien intégrée maintenant que j’en oublie que je ne suis là que depuis quelques semaines. En charge d’aider en français, en mathématiques et en sciences les filles de 1ère, 2ème et 3ème primaires (équivalent du CP, CE1 et CE2) scolarisées en école francophone. J’essaye autant que possible de donner aussi des cours de soutien en anglais aux élèves de primaire scolarisées en école gouvernementale égyptienne. Mes après-midis au foyer s’avèrent donc bien remplis !

Et bien que je sois celle chargée d’enseigner, il est une chose qui ne cesse de m’émerveiller, c’est à quel point j’apprends moi-même lorsque je suis au foyer. En effet, je ne repars jamais de Fowler sans avoir appris ou compris quelque chose de nouveau. Avec mes jeunes élèves, j’apprends la patience, bien-sûr, mais j’apprends aussi à mieux parler arabe, à connaître davantage la culture égyptienne, les traditions coptes, et de manière plus générale les coutumes et les façons de vivre dans ce pays. Et plus j’en apprends, plus je réalise tout ce qu’il me reste encore à
apprendre et à comprendre !

Moi qui au début n’étais pas sûre d’être capable de tenir un an au Caire, j’ai maintenant du mal à m’imaginer ailleurs qu’ici. Je me sens désormais complètement à ma place dans cette nouvelle vie. J’espère que les mois à venir seront tout aussi extraordinaires que les premiers et que j’aurai dans la prochaine lettre de belles histoires à vous partager, Incha’Allah ! Portez-vous bien d’ici là.

Eléonore

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Believe en VSI : « l’été a été bien chargé dans tous les domaines »

Depuis quelques mois, Believe est en VSI à Marseille où elle a pour mission de soutenir l’éducation à la citoyenneté responsable et à la solidarité en quartier prioritaire. Dans cette lettre de nouvelles, elle revient sur les activités effectuées dans ce cadre pendant l’été dernier.

Believe pendant les Jeux Olympiques © Défap

 

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Je ne sais même pas par où commencer car l’été a été bien chargé dans tous les domaines. Avec l’équipe, nous avons organisé la journée des bénévoles de l’association, une première édition pour moi, car nous voulions les remercier pour leur travail et leur engagement durant l’année scolaire. Ce n’était pas facile, de la préparation à l’exécution, mais c’était agréable d’avoir accompli mes obligations à la fin. Je suis prête à m’y relancer sans hésitation, car c’était formidable de partager tous ces moments ensemble. Ensuite, il y a eu le départ de nos pasteurs à l’église, où je suis aussi engagée par plaisir dans la chorale et le groupe musical. La fête de la musique était donc de mise avec le culte d’envoi. J’ai également été ravie de participer à la 2ème édition de la collecte pour la banque alimentaire cette année, même si les informations sont arrivées à la dernière minute. Ensemble, nous avons fait de notre mieux, car c’est en partie grâce à cela que nous recevons les produits pour constituer les colis alimentaires que nous distribuons.

 

 

Les activités de l’été ont été préparées à l’avance et étaient variées selon l’âge des enfants et les besoins exprimés lors des bilans, tout en restant proches de la formule de l’année passée. Nous avons mis en place un atelier intitulé « Tous champions », en lien avec les Jeux Olympiques, où les mères et les enfants se sont réunis pour un événement familial. Les parents ont dégusté du thé, du café et des snacks tout en discutant, tandis que les enfants jouaient à des jeux et faisaient de l’artisanat. Nous avons terminé notre dernière rencontre par un délicieux déjeuner international. Un groupe de bénévoles et de familles se rendait à la plage chaque semaine pour faire des vagues et s’amuser, avec un pique-nique sur place. De nombreuses familles ont participé à des activités lors d’un festival dans le 1er arrondissement, comprenant des séances de cuisine, un atelier de dessin, un atelier d’art, de la danse, des jeux et bien plus encore. Les familles ont été accueillies dans une église locale pour jouer à des jeux de société. Les plus petits jouaient dans la garderie, tandis que les plus grands apprenaient divers jeux de société. Un délicieux goûter était servi à tous dans l’après-midi. Marhaban a participé à des sorties dans deux immenses parcs, tels que le Parc Spirou et le Parc Magic Land. Nous avons également visité le musée du Parc Borély, le musée du Parc Longchamp et fait une promenade en bateau au Vieux-Port. Nous avons également co-construit un grand banquet d’aide alimentaire avec nos partenaires et, bien sûr, nos bénévoles venant de différents pays, qui ont assuré la préparation des recettes en cuisine.

 

J’ai réussi à m’éclipser pendant quelques semaines pour visiter plusieurs villes, notamment Lyon, Lille, Aix-en-Provence et La Ciotat, et essayer de me reposer un peu avant de reprendre. Cette rentrée a été mouvementée car nous avons participé à la braderie du centre-ville de Marseille. C’était magnifique de pouvoir parler de notre travail avec les clients qui passaient, tout en écoulant nos stocks, et bien sûr de montrer les résultats de notre atelier textile au public. Enfin, nous avons co-organisé avec d’autres associations la fête du quartier où résident la plupart de nos bénéficiaires. Plus les jours passent, plus je suis fière des objectifs que je réussis à atteindre au fil de ma mission.

Merci pour votre soutien continu.

Avec tout mon dévouement,

Believe

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Rencontres missionnaires en Suisse

Les Secrétariats de la Cevaa, de DM et du Défap se réunissent en Suisse, à Bex, pendant trois jours, du 15 au 17 mai 2024. Des rencontres de ce type ont lieu tous les ans, et permettent à ces trois organismes missionnaires, qui partagent une histoire commune et nombre de leurs priorités, de coordonner leurs actions, d’évoquer leurs lieux d’engagement commun, de partager leurs réflexions sur les échanges de personnes… Cette année, la rencontre de Bex permet aussi de saluer l’action de Nicolas Monnier, directeur de DM depuis janvier 2015 et qui a choisi de quitter l’organisme suisse pour de nouveaux engagements.

Les représentants des trois Secrétariats Cevaa-DM-Défap, lors de la rencontre de mai 2024 à Bex © Défap

En 2023, la rencontre avait eu lieu à Versailles, à l’invitation du Défap. L’année précédente, à Sète, à l’invitation de la Cevaa. En cette année 2024, les représentants du Défap, de la Cevaa et de DM se retrouvent en Suisse, plus précisément à Bex, dans le canton de Vaud, à l’invitation de DM. Ces rencontres annuelles, dites « des trois Secrétariats », sont un des lieux de dialogue qui permettent à ces trois organismes missionnaires d’échanger sur leurs priorités communes et de coordonner leurs actions.

Entre la Cevaa, DM et le Défap, les liens sont nombreux. Sur le plan historique, tout d’abord : ces trois organismes sont nés à la même période, les années 1960-70, dans un milieu d’Églises protestantes qui s’efforçaient d’inventer de nouvelles collaborations ecclésiales dans un contexte marqué par la fin de la colonisation. DM, organisme missionnaire des Églises de Suisse romande, est né le premier, en 1963 ; la Cevaa et le Défap sont tous deux héritiers de la SMEP, la Société des missions évangéliques de Paris, qui choisit en 1971 de se scinder en une communauté d’Églises et en un organisme lié aux Églises de France pour pouvoir continuer à entretenir des relations sur un pied d’égalité entre Églises nées des travaux de la Mission de Paris. Enfin, les relations institutionnelles étaient présentes dès le début : à l’origine de la Mission de Paris, on trouve divers organismes européens, dont la Mission de Bâle ; et DM est lui-même en partie issu de la Mission de Paris.

De nombreux lieux d’engagement commun

L’arrivée en Suisse : les membres du Secrétariat du Défap avec Claudia Schulz, Secrétaire générale de la Cevaa © Défap

Entre ces trois organismes institués pendant la même période et entretenant des relations avec les mêmes pays, on retrouve encore aujourd’hui des domaines d’activité très proches, et des échanges réguliers. Parmi leurs points communs, l’envoi de personnes. Défap, Cevaa et DM ont donc régulièrement des envoyés présents dans leur réseau d’Églises ; certains de ces envoyés peuvent d’ailleurs parfois être volontaires pour l’un, puis pour l’autre organisme (c’est ce qui s’est déjà produit notamment pour des envoyés ayant la double nationalité française et suisse). Des partenariats peuvent aussi s’établir lors de la formation (des envoyés Cevaa ont pu participer à la formation au départ du Défap).

Parmi les autres points qui les rapprochent, on trouve aussi des lieux d’engagement commun, comme la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone), l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa, au Maroc, la revue Perspectives Missionnaires… Ou encore le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, qui cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Le Secaar bénéficie du soutien de DM notamment à travers des envoyés ; il est régulièrement sollicité par la Cevaa ; le Défap fait partie de ses membres fondateurs et s’est appuyé sur son expertise pour mettre en place son projet de compensation carbone.

Au revoir Nicolas Monnier !

Tous ces sujets sont au menu des échanges qui se déroulent à Bex, avec en outre des thématiques communes sur lesquelles les trois organismes ont eu à travailler au cours des dernières années : une séance de travail est ainsi prévue sur l’expérience de la réciprocité. Une autre est consacrée à l’Action commune de la Cevaa : lancée en octobre 2023 lors de l’Assemblée générale de Jacqueville (Côte d’Ivoire), elle a pour thème « Habiter autrement la création ». Cevaa, DM et le Défap partagent enfin des préoccupations communes : nécessaire adaptation aux changements des sociétés qui, partout en Europe, bousculent depuis plusieurs décennies à la fois Églises et organismes missionnaires ; et interrogations sur les finances – sujet sensible pour les trois organismes.

Cette rencontre est aussi l’occasion de saluer plus de huit années d’engagement de Nicolas Monnier à la tête de DM, dont il quitte la direction cette année. Mais son histoire commune avec le département missionnaire des Églises de Suisse romande avait en réalité commencé bien plus tôt, puisqu’avant d’en devenir le directeur en janvier 2015, il avait déjà été envoyé par DM au Mozambique en 2002 – une mission accomplie en famille, et qui représentait pour lui un retour aux sources, puisque c’est au Mozambique qu’il était né, de parents eux-mêmes missionnaires.