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Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.

Objectifs :

  • Faire réfléchir sur la complexité du verbe partager ainsi que ses différents aspects, car si ce mot suscite pour beaucoup un élan de générosité et la joie de donner, pour d’autres cela peut résonner avec renoncement et séparation voire division.
  • Et si partager était beaucoup plus que partager des biens ?

 

Questions

Qu’évoque en vous cette image en lien avec le verbe partager ?
Que pourraient partager avec nous les personnes sur cette image ?
Comment peut-on mieux connaître quelqu’un pour mieux se comprendre ?

 

Se rencontrer et partager…

Jésus et la femme samaritaine

Le Seigneur apprit que les pharisiens avaient entendu dire qu’il faisait et baptisait plus de disciples que Jean. – A vrai dire Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c’étaient ses disciples qui le faisaient. – Alors il quitta la Judée et retourna en Galilée. Comme il devait traverser la Samarie, il arriva dans une ville de Samarie appelée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ midi.

Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » En effet, ses disciples étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. La femme samaritaine lui dit : «Comment ? Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ?» (Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains.) Jésus lui répondit : «Si tu savais quel est le cadeau de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, tu lui aurais toi-même demandé à boire et il t’aurait donné de l’eau vive.» «Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser et le puits est profond. D’où aurais-tu donc cette eau vive ? Es-tu, toi, plus grand que notre ancêtre Jacob qui nous a donné ce puits et qui a bu de son eau, lui-même, ses fils et ses troupeaux ?» 

Jésus lui répondit : «Toute personne qui boit de cette eau-ci aura encore soif. En revanche, celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» La femme lui dit : «Seigneur, donne-moi cette eau afin que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir puiser ici.» «Va appeler ton mari, lui dit Jésus, et reviens ici.» La femme répondit : «Je n’ai pas de mari.» Jésus lui dit : «Tu as bien fait de dire : ‘Je n’ai pas de mari’, car tu as eu cinq maris et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité.» «Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos ancêtres ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous, que l’endroit où il faut adorer est à Jérusalem.» «Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent en esprit et en vérité.» La femme lui dit : «Je sais que le Messie doit venir, celui que l’on appelle Christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.» Jésus lui dit : «Je le suis, moi qui te parle.»

Là-dessus arrivèrent ses disciples, et ils étaient étonnés de ce qu’il parlait avec une femme. Toutefois, aucun ne dit : «Que lui demandes-tu?» ou : «Pourquoi parles-tu avec elle?» Alors la femme laissa sa cruche, s’en alla dans la ville et dit aux habitants: «Venez voir un homme qui m’a dit [tout] ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie?» Ils sortirent de la ville et vinrent vers lui.

Pendant ce temps, les disciples le pressaient en disant : «Maître, mange.» Mais il leur dit : «J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.» Les disciples se disaient donc les uns aux autres : «Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger?» Jésus leur dit : «Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson? Eh bien, je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs : ils sont déjà blancs pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. En effet, en cela cette parole est vraie : ‘L’un sème et l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés récolter une moisson qui ne vous a pas demandé de travail; d’autres ont travaillé et vous êtes entrés dans leur travail. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause des paroles de la femme qui rendait ce témoignage : «Il m’a dit tout ce que j’ai fait.» Ainsi donc, quand ils vinrent le trouver, les Samaritains le prièrent de rester avec eux. Il resta là deux jours. Un bien plus grand nombre crurent à cause des paroles de Jésus, et ils disaient à la femme : «Ce n’est plus seulement à cause de ce que tu as dit que nous croyons, car nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est vraiment [le Messie,] le Sauveur du monde.»

Questions

Qu’est-ce qui est partagé lors de la rencontre de Jésus et la femme samaritaine ?
Quelle est cette eau vive que Jésus peut partager avec la femme ?
Quel effet a ce partage sur elle et quelles sont les conséquences pour les personnes de son village ?
A la lumière de ce récit, que reçoit véritablement cette femme de Jésus ?
Comment qualifier cette rencontre du point de vue de Jésus, et du point de vue de la femme ?

 

Ouvertures pour aujourd’hui

Est-ce que je peux tout partager avec Jésus ? Comment ?
Que veut dire l’accueil de Jésus sans conditions ?
Comment parler aux autres de Jésus et de sa présence auprès de chacun d’entre nous ?

Et si on jouait !

Objectif :

Comprendre que partager sa culture mais aussi qui on est, d’où on vient, quelles sont nos préoccupations, nos joies et nos peines, permet une meilleure connaissance de chacun et aide à lutter contre les préjugés, les stéréotypes, l’exclusion.

Jeu des citrons

Matériel :

Pour la Partie 1 de l’exercice, il est nécessaire d’avoir un citron pour chaque groupe de 4 ou 5 participants. Pour la partie 2, il est nécessaire d’avoir un autre type de fruit (banane, kiwi, etc.) pour chaque petit groupe.
Il est utile de disposer d’une salle assez grande pour pouvoir diviser les participants en petits groupes afin de discuter sans déranger les autres.

Étapes :

Partie 1

  • Temps 1 :
    Mettez tous les citrons sur une table afin que tout le monde puisse les voir. Demandez aux participants de décrire les caractéristiques d’un citron (rond, jaune, acide…). Inscrivez les réponses au tableau.
  • Temps 2 :
    Divisez les participants en petits groupes et donnez à chaque groupe un citron.
    Demandez aux participants d’apprendre à connaître leur citron dans le détail en l’étudiant attentivement et en prenant note de toutes ses caractéristiques spécifiques.
    Veillez à ce qu’ils n’abîment pas leur citron.
    Ils peuvent lui donner un nom, lui inventer une histoire et commencer à le considérer comme une personne.
  • Temps 3 :
    Après un court instant, demandez à quelqu’un de chaque groupe de parler de son citron aux autres.
  • Temps 4 :
    Ramassez tous les citrons et mélangez-les. Demandez à une personne de chaque groupe de venir récupérer son citron.
  • Débat :
    Pourquoi était-ce si facile pour vous de reconnaître votre citron ?
    Avez-vous déjà changé d’opinion sur une personne après avoir appris à la connaître ?
    Connaissez-vous quelqu’un qui aurait changé d’opinion sur vous, après avoir appris à vous connaître?

Partie 2

  • Temps 1 :
    Distribuez un fruit différent à chaque groupe.
  • Temps 2 :
    Dites aux participants qu’un nouveau fruit va emménager dans le pays des Citrons qui est mono-culturel. Chaque groupe aura 5 minutes pour décider d’accepter ou refuser ce nouveau venu. Ils devront alors inventer une histoire/un jeu de rôle sur le processus de décision qui sera présenté à l’ensemble des participants.
  • Temps 3 :
    Chaque groupe aura 2 minutes pour présenter les motivations de sa décision (de refus ou d’acceptation du fruit « étranger »).
  • Débat :
    – Quelle a été votre décision concernant le fruit « étranger » ?
    – Avez-vous déjà été un kiwi dans un monde de citron ? Comment avez-vous vécu cette expérience ?
    – Qui sont les « étrangers » dans votre école, chez vous ? Avez-vous changé d’avis après avoir discuté avec une personne différente (car étrangère, ou ayant une difficulté particulière à l’école, etc…)
    – De quelles manières peut-on faire comprendre à quelqu’un qu’il n’est pas le bienvenu ?
    – Comment pouvons-nous aider des personnes à se sentir à l’aise dans notre communauté ?
    – Quand on rencontre quelqu’un d’une autre culture peut-on tout partager de ses valeurs, de ses traditions, de ses manières de faire ?
    – Quelles sont les limites au partage ?
    – Comment faire en sorte que la partage permette une égalité et non une oppression ?
    – Une banane seule au milieu des citrons – que peut-elle partager ?
    – Comment lui permettre de pouvoir partager ?
    – Est-ce que partager c’est perdre quelque chose de soi ?

Durée : 30 à 45 minutes d’animation pour chaque partie
Public : Tout type de public

Version téléchargeable :

 

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Revivez le culte des 50 ans du Défap

Le culte des 50 ans du Défap s’est déroulé le dimanche 19 septembre 2021 au Temple de l’Étoile, à Paris, à l’endroit même où s’était tenu, un demi-siècle plus tôt, le culte d’inauguration de ce qui était alors le Département évangélique français d’action apostolique. Retrouvez ici l’intégralité de l’enregistrement de la cérémonie.

Le président du Service protestant de mission, Joël Dautheville, a notamment prié pour plusieurs familles ayant perdu un proche durant leur temps sur leur terrain de mission – © Unepref

Tout au long de l’année 2021, le Défap fête ses cinquante ans ; cinquante ans de relations entretenues entre Églises par-delà les frontières, cinquante ans d’échanges, de projets et de vies changées par leur contact mutuel… Cette célébration a culminé lors de Journées Portes Ouvertes, organisées du 10 au 19 septembre, qui ont été conclues par un culte au temple de l’Étoile, avenue de la Grande Armée, dans le XVIIème arrondissement de Paris. C’est dans ce temple même, né des efforts du pasteur Eugène Bersier, fondateur au XIXème siècle d’une nouvelle communauté dans un lieu alors excentré de la capitale, qu’avait été célébré, en 1971, le culte d’inauguration du Défap.

La prédication a été apportée par le pasteur Basile Zouma, Secrétaire général du Défap. Étaient également présents la pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF), le pasteur Jean-Raymond Stauffacher, président de la commission permanente de l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (UNEPREF) ainsi que le pasteur Célestin Kiki, secrétaire général de la Communauté d’Églises en mission (Cevaa), issue de la SMEP en même temps que le Défap.

Dans une séquence particulièrement émouvante, le pasteur Joël Dautheville, président du Défap, a prié pour plusieurs familles ayant perdu un proche pendant qu’il était envoyé en mission.

Retrouvez ci-dessous l’enregistrement intégral de ce culte (il s’agit du fichier du « live » diffusé pendant que se tenait le culte : la cérémonie proprement dite débute peu après la 10ème minute du direct) :

Et retrouvez également ci-dessous diverses images du culte des 50 ans du Défap :

 

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Retour sur la conférence sociologique avec Évelyne Engel

Pourquoi se former à l’interculturel ? Quel en est l’intérêt, quels en sont les défis ? Mercredi 15 septembre 2021, dans le cadre des Journées Portes Ouvertes du Défap, la sociologue Évelyne Engel a analysé les enjeux de l’interculturalité, en partant notamment de son expérience de formation des envoyés du Défap, lors d’une conférence organisée à la fois en présentiel au 102 boulevard Arago, et en distanciel sur Zoom. Retrouvez-la ici en intégralité.

La conférence avec Évelyne Engel, organisée simultanément en présentiel dans la chapelle du Défap, et en visioconférence – © Défap

En 1953, un jeune Suisse un peu rêveur de 24 ans, fils de bibliothécaire, passionné de lecture et fasciné par les atlas de géographie, partait à bord d’une modeste Fiat Topolino en compagnie d’un ami pour un voyage qui devait le mener de Belgrade à Kaboul, à travers la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran et le Pakistan. Il s’appelait Nicolas Bouvier, et son journal de bord, rédigé au fil des rencontres, devait devenir un livre, L’Usage du monde. Un ouvrage pétri de remarques, de notes à la finesse remarquable sur les us et coutumes des lieux traversés, à la fois incisif dans ses analyses et pétri d’émerveillement pour toute la diversité de l’humanité ; publié d’abord à compte d’auteur, il devait devenir au fil du temps une référence de la littérature de voyage. Plus tard, Nicolas Bouvier devait pousser jusqu’au Japon, où son séjour d’un an servit de matière à sa Chronique japonaise, publiée en 1970. À travers tous ces voyages et ces pays traversés, une même attitude le guidait : une curiosité permanente sur les manières de vivre et les manières d’habiter le même monde de ces êtres infiniment curieux, attachants mais aussi divisés, méfiants et retors que sont les humains.

C’est une citation de cette Chronique japonaise qu’Évelyne Engel a choisie pour introduire la conférence qu’elle donnait au 102 boulevard Arago, le 15 septembre 2021, dans le cadre des Journées Portes Ouvertes du Défap : «Si l’on ne peut plus guère progresser aujourd’hui dans l’art de se détruire, il y a encore du chemin à faire dans l’art de se comprendre.» Et c’est bien là ce qui explique les besoins de formation en interculturalité. Des besoins que la sociologue a commencé par analyser pour détailler tous les enjeux d’une telle formation :

  • mieux se comprendre ;
  • éviter les malentendus ;
  • travailler ensemble ;
  • réfléchir à la marche du monde.

Évelyne Engel est aujourd’hui consultante sur les questions d’aménagement et d’interculturalité, après avoir été responsable d’un centre d’hébergement pour réfugiés politiques. Depuis 2014, elle forme les envoyés du Défap avant leur départ en mission. C’est principalement à travers le prisme de cette intervention régulière auprès des futurs volontaires qu’elle a abordé cette question de la formation à l’interculturel.

L’intégralité de la conférence avec Évelyne Engel

Le visible et l’invisible

Mais pour parler d’interculturel, il faut d’abord définir la notion de culture : or celle-ci a de multiples définitions selon qu’on l’aborde sous l’angle philosophique, sociologique, etc. Au final, les cultures se constituent en autant de manières distinctes d’être, de penser, d’agir, de communiquer que d’êtres humains. Et chaque individu est un produit socio-historique , «un Homme vivant parmi d’autres Hommes». Dans chaque culture, il y a ainsi une partie bien visible : c’est une langue, une histoire, des formules de politesse, etc. Mais il y a aussi en-deçà tout l’inconscient, l’invisible, le caché ; les conditionnements, le rapport au temps, à l’espace ; les valeurs, les croyances, et tout ce qui constitue la vision du monde.

Comment envisager des manières de communiquer entre des manières d’être au monde aussi différentes et aussi spécifiques ? Les rapports entre différentes cultures, lorsqu’elles se rencontrent, peuvent s’envisager de plusieurs manières. Il y a l’approche multiculturelle, marquée par le pluralisme, la juxtaposition ; une approche en forme de «mosaïque culturelle», de «creuset» où cohabitent différents groupes culturels ; ce qui ne fait pas toujours bon ménage avec la cohabitation et l’intégration sociale. Il y a aussi l’approche interculturelle, plus proche de la dimension que le Défap essaye de développer :

  • elle définit les rapports et interactions entre des groupes humains de cultures distinctes ;
  • elle est marquée par une réciprocité des échanges, un dialogue ;
  • elle suppose un respect mutuel ;
  • elle implique un renoncement à l’ethnocentrisme.

Se rencontrer par-delà les différences culturelles : un effort quotidien

Ces différentes approches se traduisent par des postures différentes :

  • l’universalisme culturel : la reconnaissance commune de principes indiscutables, l’univers vu comme un tout englobant tous les êtres humains, au-delà des particularismes biologiques et culturels, une unité façonnée par la raison humaine qui régit les relations entre les êtres dans un consentement universel (proche de l’humanisme) ;
  • le relativisme culturel : l’idée que toutes les cultures se valent, sont légitimes ; pas de jugement ni de hiérarchisation (avec un risque : celui du refus de valeurs universelles partagées) ;
  • le culturalisme : le fait culturel serait responsable de tout, impliquant entre les êtres des différences irréductibles.

Lorsqu’il s’agit de former de futurs envoyés avant leur départ en mission, il est donc important de trouver un équilibre ; et pour cela, de respecter quelques points fondamentaux : l’appartenance à une même communauté qui transcende toutes les autres, la communauté humaine ; tenir à distance les a priori et se garder de toute hiérarchie entre les cultures… Pour autant, ne pas renoncer à soi, identifier des passerelles, trouver des dénominateurs communs, penser la complémentarité. Pour les envoyés du Défap qui partent, pour quelques mois ou des années, dans un pays, une culture et un milieu d’Église très différent, tout ceci impliquera un effort quotidien… La rencontre est à ce prix.

(1) Une intervention qui aurait dû se faire à deux voix, en compagnie de la socio-ethnographe Pamela Millet ; mais cette dernière ayant été empêchée au dernier moment, le format de cette conférence a dû être revu.




Mission, Défap !

Faire connaître le Défap d’une manière non conventionnelle et ludique, à travers un escape-game : c’est le défi auquel se sont attelés Éline O. et une petite équipe d’anciens envoyés du Défap à l’occasion des célébrations du Cinquantenaire.

Le point de départ est suffisamment réaliste pour donner, rétrospectivement, des sueurs froides à tous les anciens envoyés du Défap : une histoire de passeport oublié quelques heures avant de prendre l’avion… Dans ce jeu, vous accompagnez Timothée, qui vient d’achever sa formation de 10 jours, et va entamer une course contre la montre à travers le 102 boulevard Arago. Au menu : indices, codes, énigmes à résoudre en équipe et en un temps limité – tous les éléments classiques de l’escape-game. Pensé à l’origine dans et pour le décor de la maison des missions, le scénario a également été décliné sous la forme d’un jeu de société, de façon à faire connaître plus largement le Défap.

Visiteurs lors des Journées Portes Ouvertes s’initiant à l’escape-game du Défap

Aux manettes du projet : Éline O., ancienne envoyée en Égypte, et chargée de mission pour le Cinquantenaire du Défap. Elle développe là l’expérience acquise avec la Ligue pour la lecture de la Bible, qui avait déjà mis sur pied en deux mois un escape-game biblique en 2018, à l’occasion du festival de musique Heaven’s Door, avant de s’attaquer à un scénario plongeant les joueurs en l’an 33, peu après la mort de Jésus : ainsi était né «la Dernière Nuit». Particularité : le jeu se déroulait dans les caves du temple du Saint-Esprit, à Paris. C’était précisément Éline O., membre de cette paroisse du VIIIème arrondissement en même temps que responsable du projet, qui avait proposé un tel décor. Dans le cas du Défap, outre le choix du lieu, qui s’imposait de lui-même, elle a fait appel à d’autres anciens envoyés pour concevoir un jeu donnant une image aussi fidèle que possible du Service protestant de mission ; et l’équipe des permanents a été mise à contribution pour le tester.

«Participer à un projet différent, relever un challenge graphique»

«Ce qui m’a motivée à rejoindre ce projet, c’est l’envie de faire connaître le Défap d’une manière non conventionnelle et ludique», explique Éloïse, membre du petit groupe qui a développé le jeu. Elle connaît Éline depuis l’Égypte, où elle était également envoyée  ; elle est aujourd’hui pasteure, particulièrement intéressée par l’animation auprès des jeunes, et sa connaissance du terrain a été précieuse pour aider à concevoir un jeu pertinent pour les Églises locales.

Les membres de l’équipe du Défap ont été mis à contribution pour préparer l’escape-game

Caroline et Olivier, qui ont pris en charge l’aspect graphique, ont été envoyés au Togo. Ils se sont investis avec enthousiasme : «Ma motivation tient, d’une part à ma reconnaissance envers le Défap, d’autre part à mon envie de faire du graphisme dans un cadre ni professionnel, ni personnel», témoigne Olivier. Caroline évoque pour sa part «la joie de participer à un projet différent de mon travail et l’envie de relever un challenge graphique». Nicolas, ancien envoyé au Bénin, a participé pour sa part à la construction de l’intrigue.

Au sein de cette équipe, Éline se dit «vraiment heureuse que Nicolas, Éloïse, Caroline et Olivier aient accepté le défi. Leurs compétences et leurs points de vue sont très complémentaires. Je trouve ce projet motivant parce qu’il est original, parce que je pense qu’il plaira aux jeunes mais aussi aux moins jeunes et parce qu’il permettra de faire connaître le Défap et la mission d’aujourd’hui.»

Du jeu à la réalité, la frontière est mince : au-delà de la volonté de communiquer autour d’un anniversaire, il s’agit surtout de permettre aux joueurs de toucher du doigt ce qui se partage et se transmet dans ce lieu-carrefour, à la fois chargé d’histoire et profondément vivant, qu’est le 102 boulevard Arago, en tirant profit de l’aspect naturellement immersif et collaboratif de l’escape-game.




Venez célébrer les 50 ans du Défap avec nous !

Samedi, le 18 septembre, a lieu le rendez-vous festif du Défap organisé dans le cadre de ses Journées Portes Ouvertes : une journée de retrouvailles pour anciens envoyés, de rencontres avec des envoyés pour tous les visiteurs… Avec, au menu pour toutes et pour tous, musique et jam session, chorale, présentation du travail littéraire de Cécile Millot et Manior… Le tout suivi d’un banquet du monde auquel vous êtes conviés ! N’oubliez pas de vous inscrire ; et pour le programme de la journée, tout est ici :

L’occasion pour les anciens envoyés de se retrouver mais aussi pour toute personne intéressée de fêter ce cinquantenaire. Si vous voulez participer au repas du soir, n’oubliez pas de le signaler ! Voici le lien pour s’inscrire

Au programme :

• 10h : Accueil – Retrouvailles et rencontres
• 12h-13h45 : Déjeuner
• 14h-15h : Présentation des publications d’anciens envoyés : Manior pour sa BD « Les deux pieds en Afrique » (vente en avant première et dédicace de la BD sur place) et Cécile Millot pour son projet de roman récit de voyage.
• 15h-16h15 : Jam session. Ceux qui jouent de la musique peuvent apporter leur instrument pour participer !
• 16h30-17h30 : Chorale Jeunesse d’Action Protestante Évangélique de l’EPC Europe
• 17h30-18h30 : Temps libre et jam session
• 18h30 : Apéritif
• 20h : Banquet du monde (découvrez des plats de différents pays) et gâteau d’anniversaire !

Et bien entendu, tout au long de la journée, vous pourrez aussi prendre part aux animations en continu :
• Visiter l’exposition réalisée par la bibliothèque à l’occasion des 50 ans du Défap
• Vous initier à l’escape game
• Découvrir notre coin Témoignages
• Visiter la mini-maison du Défap, un bon moyen de découvrir le Service Protestant de Mission pour les plus petits… et les moins jeunes !
• Visiter notre stand philatélie




Retour sur la conférence théologique avec Gilles Vidal et Pierre Diarra

Le christianisme, partout où il a été apporté, a créé de nouvelles manières de vivre, de nouvelles conceptions du monde, tout en étant mis au défi d’apporter des réponses aux enjeux locaux ; d’où la question du dialogue avec les traditions locales, qui se retrouve chez les protestants comme chez les catholiques à travers les concepts de «contextualisation» ou «d’inculturation». Jusqu’où le christianisme peut-il se glisser dans une culture, jusqu’où une culture peut-elle devenir chrétienne ? À l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre, le Défap a invité Gilles Vidal et Pierre Diarra pour un dialogue fécond lors d’une conférence : Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Retrouvez-la ici en intégralité.

Gilles Vidal (à gauche) et Pierre Diarra (à droite) lors de la conférence théologique dans la chapelle du Défap

De l’Afrique au Pacifique, il y a quelques milliers de kilomètres et des cultures fort différentes… avec, pourtant, des convergences lorsqu’on y étudie la diffusion et l’appropriation de l’Évangile. Quel a été au juste le rôle des missionnaires et comment leur image a-t-elle évolué, quelles relations se sont établies entre l’annonce de la religion nouvelle et les cultures existantes, comment ce nouveau message et les comportements ou relations dans les sociétés touchées se sont-ils mutuellement transformés, et avec quelles conséquences théologiques, mais aussi sociales d’hier à aujourd’hui ? C’est une double approche et une double perspective que Gilles Vidal le protestant et Pierre Diarra le catholique ont offert lundi soir aux participants de la première des deux conférences du Défap organisée à l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre 2021. L’un, né à Strasbourg, est parti à la découverte du Pacifique, où il a été envoyé du Défap et a notamment enseigné au Centre de Formation Pastorale et Théologique de Béthanie, à Lifou, en Nouvelle-Calédonie. L’autre, né chez les Bwa du Mali, a fait une grande partie de ses études à Paris, dont un doctorat à la Sorbonne. Tous deux théologiens, tous deux faisant dialoguer foi et culture, ils ont proposé pendant deux heures dans la chapelle du Défap leurs «Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Une théologie qui se vit et une théologie qui se pense (contextualisation et inculturation)».

L’intégralité de la conférence de Gilles Vidal et Pierre Diarra

Si les missionnaires ont dû trouver dès l’origine des moyens concrets d’annoncer l’Évangile dans des contextes très différents, l’accent mis sur la relation entre l’Évangile et la culture, vue comme une question cruciale pour la mission chrétienne, est un phénomène plus récent. On parle soit de «contextualisation», soit «d’inculturation», ou de «dialogue entre les conceptions du monde». Les néologismes «contextualisation» et «inculturation» sont apparus presque simultanément dans les milieux de la théologie protestante et de la théologie catholique au cours des années 70 : le premier en 1972 lors d’une Assemblée Générale du Fonds pour l’Enseignement Théologique (Theological Educational Fund), le second étant en germe dès 1974 lors du synode des évêques d’Afrique et de Madagascar sur l’évangélisation, avant d’apparaître véritablement au synode de 1977 sur la catéchèse. Avec une différence d’approche entre les deux traditions, christologique côté protestant et ecclésiologique côté catholique ; avec une part d’irréductibilité de l’Évangile à la société et de la société à l’Évangile, côté protestant, comme l’a souligné Gilles Vidal, et côté catholique, comme l’a noté Pierre Diarra, une volonté non seulement d’annoncer l’Évangile mais aussi d’accompagner tous les changements dans la société impliqués par la réception de la foi chrétienne. Ce qu’a résumé Gilles Vidal en évoquant la «tension entre deux pôles», l’Évangile et la société, qui marque la contextualisation, quand l’inculturation est plus marquée par une «absorption»…

Des théologies engagées

Mais dans un cas comme dans l’autre, ces concepts ont été élaborés sous l’impulsion de théologiens du tiers-monde qui voulaient «décoloniser» le discours et la pratique théologique qu’ils avaient hérités des missionnaires. Et ce regard désormais plus critique posé sur le phénomène missionnaire, apporté par le monde occidental et ayant formaté la foi chrétienne outre-mer, a eu, et a encore, des traductions théologiques profondes. Avec comme conséquences de nouvelles manières de s’engager dans la société. Dans les Églises protestantes du Pacifique, les critiques ont pu prendre les formes suivantes : le christianisme missionnaire a importé la culture occidentale, non l’Évangile ; les missionnaires ont réfléchi à partir de leurs propres problématiques occidentales ; ils ont importé leurs propres divisions ; ils ont rejeté certaines coutumes bonnes. D’où, en réponse, la redécouverte des fondements de la culture locale et l’élaboration d’une théologie contextuelle tournant autour du «fenua», la terre : Dieu a créé le «fenua», il était déjà là avant les missionnaires ; Dieu parle à travers le «fenua» comme à travers la Bible ; le Christ est la sagesse du «fenua» – la noix de coco et l’igname en sont les signes, avec une transformation de la Cène. Une herméneutique spécifiquement ilienne va émerger dans le Pacifique (on ne lit pas la Bible de la même manière selon que l’on est au cœur d’un continent, ou que l’on vit sur une île) et va faire bouger les lignes, redistribuer les perspectives entre ce qui est essentiel ou ce qui est plus aux marges du texte biblique. Parallèlement, c’est un discours très anticolonial qui se développe, avec à la fois un engagement en faveur de l’environnement (et contre les essais nucléaires français) et un engagement social (thématique du pauvre : dans le Pacifique, le pauvre, c’est d’abord celui qui a perdu son identité, ses racines, du fait de la colonisation ; il faut lui redonner une identité et une dignité).

En Afrique, le message porté par les missionnaires catholiques s’est traduit dans un premier temps par une émancipation des traditions locales ; mais face au poids du contexte social, culturel et familial, les missionnaires ont dû reconnaître dans un second temps que si les nouveaux convertis restaient isolés, ils ne pourraient tenir longtemps ; d’où l’apparition de villages chrétiens, voire de quartiers chrétiens dans les villes. Mais à partir de la période des indépendances, ces communautés et ces Églises ont dû faire face à l’accusation d’être inféodés aux Occidentaux. Là aussi, les questionnements théologiques ont été profonds, touchant même à la question du salut : ce salut est-il recevable du point de vue africain ? La logique d’isoler un individu de son contexte, de sa communauté pour lui apporter un salut personnel est-elle recevable – peut-on être sauvés ensemble ou doit-on l’être séparément, au risque d’y perdre ses proches ? Quid des ancêtres, très présents dans les cultures africaines ? Quant aux femmes : qu’ont-elles à dire, à recevoir dans cette théologie, par rapport à leur culture et à leurs traditions ? C’est dès lors, là aussi, une théologie engagée qui se développe ; et qui, en outre, ne craint pas d’affirmer le besoin de changer certaines traditions.




50 années du Défap s’exposent au 102 boulevard Arago

À l’occasion des célébrations de son Cinquantenaire, le Défap a organisé une exposition retraçant son histoire depuis les premières réflexions entamées au sein de la SMEP, jusqu’à aujourd’hui. Un travail de mise en perspective et en images que vous êtes invités à découvrir à travers une version web… et à admirer «en taille réelle» au 102 boulevard Arago. Cette exposition a aussi vocation à circuler : il suffira d’en faire la demande à la bibliothèque ; et, notamment pour les paroisses qui voudraient la réimprimer pour l’exposer elles-mêmes, les fichiers en haute résolution peuvent être envoyés sur demande.

Jean-François Faba, l’un des co-artisans de cette rétrospective, présentant l’exposition le soir de l’inauguration des Journées Portes Ouvertes © Défap

Le titre du premier des douze panneaux constituant cette exposition en donne déjà le ton : «À la recherche de voies nouvelles». Car depuis sa création, fin octobre 1971, le Défap est en devenir ; plus qu’une institution, c’est surtout une vision, celle de la possibilité d’entretenir des liens fraternels entre Églises tout autour du monde, en dépassant à la fois le poids de l’histoire coloniale et les chocs d’un monde qui se transforme à vive allure, bousculant de plus en plus tous les équilibres. Une vision avec ses fulgurances et ses ambiguïtés, ses avancées et ses timidités, que met aussi en lumière le travail réalisé par la bibliothèque du Défap, ses permanents et ses bénévoles : pourquoi deux institutions créées en 1971, Défap et Cevaa, plutôt qu’une ? Pourquoi avoir voulu dès l’origine remplacer le mot de «mission» ? Comment vivre concrètement l’interpellation mutuelle et fraternelle entre Églises-sœurs ?

Cette exposition sur l’histoire du Défap a été dévoilée le vendredi 10 septembre 2021, au cours de la soirée d’inauguration des Journées Portes Ouvertes du Défap. À cette occasion, Claire-Lise Lombard, la responsable de la bibliothèque du Défap, et Jean-François Faba, l’un des membres de l’équipe qui rendu possible cette rétrospective, se sont succédé à la tribune pour donner une première grille de lecture leur travail. Comme le souligne Claire-Lise Lombard, présenter ainsi le Service protestant de mission, c’est travailler pratiquement sur de l’histoire immédiate ; avec tout ce que cela implique de difficultés pour prendre du recul, sélectionner, contextualiser, illustrer.

Une invitation à poursuivre la réflexion

Des années 60, période de bouillonnement dans le monde des Églises issues de la Société des Missions Évangéliques de Paris, qui verra l’autonomie de ces communautés autrefois «filles» et la concrétisation progressive de la volonté de conserver des liens, jusqu’à l’ouverture au-delà des années 2020, cette exposition met l’évolution du Défap en parallèle avec les soubresauts de l’histoire contemporaine. Elle croise une approche temporelle, matérialisée par la frise chronologique qui court au bas de chaque panneau, et une approche thématique, à travers laquelle apparaissent les efforts du Défap pour faire vivre la vision d’origine tout en répondant aux grands enjeux politiques, économiques et sociaux de chaque période. Elle ne cache ni les interrogations ni les points de tension, mais invite à la poursuite de la réflexion… et à l’optimisme : 50 ans après sa création, le Défap permet toujours de tisser ensemble les histoires d’Églises de plusieurs continents à travers des projets, des envois de volontaires, de pasteurs, de professeurs de théologie, à travers l’accueil de boursiers, ainsi qu’à travers tous les visiteurs, de France et d’ailleurs, qui viennent se rencontrer et échanger dans ce lieu-carrefour qu’est la Maison des Missions…

Présentation de l’exposition «Le monde change, la mission aussi : Défap, 50 années au service des Églises» par Claire-Lise Lombard et Jean-François Faba

Cette exposition est visible tout au long des Journées Portes Ouvertes du Défap au 102 boulevard Arago, à Paris. Elle a aussi vocation à circuler dans toutes les paroisses des Églises membres qui en feraient la demande. Vous pouvez d’ores et déjà en retrouver une déclinaison web, avec la possibilité de télécharger le fichier de chaque panneau en basse résolution ; et pour tous ceux qui voudraient reprendre cette exposition en l’imprimant de leur côté en grandeur nature, il suffit d’en faire la demande auprès de la bibliothèque.




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Méditer

« Il y a diverses sortes de dons spirituels, mais c’est le même Esprit qui les accorde. Il y a diverses façons de servir, mais c’est le même Seigneur que l’on sert (…). C’est le seul et même Esprit qui produit tout cela ; il accorde à chacun un don différent, comme il le veut. »
1 Corinthiens 12,4-5 ; 11

Prenez un temps personnel pour méditer sur cette photo et ce verset.

Puis, en quelques mots, exprimez ce que vous inspire cette photo en lien avec le verbe partager. Quelle résonance ce verset trouve-t-il en vous ?

Dans les langues du monde ?

En latin « partes agere » signifie faire des parts, et viendrait du sanskrit « purta » qui porte l’idée de récompense, de dû, puis du grec « peprotai », issu lui-même de « porein » qui signifie fournir.
En italien « dividere » : couper, diviser, s’accompagne d’un préfixe au sens figuré « condividere » : partager des idées des sentiments, et l’on trouve, comme synonyme de répartir « suddividere » : partager un héritage, une fortune.
En espagnol « compartir » contient à la fois la présence de l’autre (com = avec) et l’idée de séparation vis-à-vis de ce qu’on lui octroie par le partage, même si le partir français ne se traduit pas par le même verbe en espagnol.

En anglais, « to share » signifie « partager » et, comme en français, les sens sont multiples, de partager une information à diviser des possessions (dans ce dernier cas on pourra préciser « to share out ») ; on peut aussi partager la vie de quelqu’un, ou partager le goût du cinéma. « Share » est aussi un nom qui signifie « partage » au sens de faire sa part ou de recevoir sa part. Ce nom est intéressant parce qu’il désigne aussi les parts qu’on peut posséder dans une entreprise, ce qu’en français on appellerait les actions : un actionnaire est un « shareholder », celui qui possède des parts. Dans le monde d’aujourd’hui, où on peut posséder un portefeuille d’actions sans jamais rencontrer les gens qui font vivre les entreprises ainsi possédées, avoir une part signifie simplement posséder un morceau – et non plus prendre part à une vie commune.

Partager, une exigence fondamentale ?

Voici quelques exemples de verbes qui résonnent avec le verbe partager, dans le même sens ou à l’opposé. En voyez-vous d’autres ? Que vous inspirent ces exemples ?

Et dans la Bible ?

Le Dieu de la Bible a créé le monde en séparant les jours, les éléments, les espèces, et en distinguant l’humain, créé homme et femme à son image et à sa ressemblance. Mais si au commencement était l’abondance de nourriture, tout de suite surgissent le besoin et la dureté du travail de la terre, et plus tard l’existence de riches et de pauvres. C’est là que s’enracine la nécessité du partage, les forts devenant responsables de prendre soin des plus faibles, et donc de partager avec eux. Et ceci relève de la loi autant que de la morale ; ce n’est que justice.

A travers toute la Bible, Dieu porte un œil attentif et aimant sur « le pauvre », pour le sauver de sa misère, en même temps qu’il veut sauver le « riche » de l’enfermement de sa richesse par le partage. En ce sens, l’inverse du partage entre tous est l’esclavage des uns et des autres. La liberté que Dieu nous propose réside dans l’acceptation de sa propre part – en renonçant au fantasme de tout posséder -, pour se dessaisir ensuite d’une part de ce que l’on a ou de ce que l’on est en faveur de l’autre. C’est exactement ce que fait Jésus : du Père il reçoit sa part, c’est-à-dire son identité de Fils, mais « il ne s’est pas prévalu d’un rang d’égalité avec Dieu » (Philippiens 2,6). Puis il donne sa vie en partage à tous les humains, ce qui génère une multiplication à l’infini, comme on peut le voir au début du Livre des Actes des apôtres.

Jésus a été appelé d’urgence par un chef de synagogue car sa petite fille est mourante et il va croiser le chemin d’une femme souffrante.

« Tous s’appliquaient fidèlement à écouter l’enseignement que donnaient les apôtres, à vivre dans la communion fraternelle, à prendre part aux repas communs et à participer aux prières. Chacun ressentait de la crainte, car Dieu accomplissait beaucoup de prodiges et de miracles par l’intermédiaire des apôtres. Tous les croyants étaient unis et partageaient entre eux tout ce qu’ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent ainsi obtenu entre tous, en tenant compte des besoins de chacun. Chaque jour, régulièrement, ils se réunissaient dans le temple, ils prenaient leurs repas ensemble dans leurs maisons et mangeaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et ils étaient estimés par tout le monde. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à leur groupe ceux qu’il amenait au salut. » Actes 2,42-47

Questions

Comment comprenez-vous le « partage » de la Parole de Dieu ? Qu’est-ce que cela met en jeu en vous-mêmes et entre vous ?

Avez-vous conscience d’avoir reçu « votre part » de la part de Dieu, de vos parents, de la vie ?

Pouvez-vous évoquer le processus de transformation qui conduit les croyants de la première Église à un partage total de leurs biens ? Est-ce possible aujourd’hui ? Souhaitable ? Adaptable?

Que vous inspire l’accent mis sur les repas en commun ? Sont-ils fréquents dans votre Église? Quel impact ont-ils sur l’esprit et la vie de la communauté ?

Comment vivre le partage et la communion fraternelle au-delà des frontières, dans l’Église universelle ?

Vous pouvez poursuivre ou conclure la réflexion avec 2 Corinthiens 8, 1-15 :

« Car il ne s’agit pas de vous exposer à la détresse pour le soulagement des autres, mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente, votre abondance suppléera à ce qui leur manque, pour que leur abondance aussi supplée à ce qui vous manque ; de sorte qu’il y aura égalité, ainsi qu’il est écrit : Celui qui avait beaucoup n’avait rien de trop, et celui qui avait peu ne manquait de rien. » 

Quelqu’un a dit : «Je ne me plains pas d’un sort que je partage avec les fleurs, avec les insectes, avec les astres. Dans un univers où tout passe comme un songe, on s’en voudrait de durer toujours.»
Marguerite Yourcenar, « Nouvelles orientales »

 

Version téléchargeable :

 

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Quels témoignages et pourquoi ?

Durant toute cette année de Cinquantenaire, nous vous partagerons des témoignages divers et variés. Pour «Dis-moi la mission» nous avons choisi de plonger avec vous dans nos archives. Ces écrits d’acteurs de la mission, d’hier à aujourd’hui, contribueront, nous l’espérons, à nourrir et éclairer votre réflexion autour de chacun des «verbes de la mission».

La mission a évolué, elle n’est plus unilatérale heureusement ! Pourtant, la plupart des témoignages que vous découvrirez ici seront ceux d’envoyés partis de France pour l’étranger : ceux-ci écrivaient, plus ou moins régulièrement, des lettres de nouvelles, dont beaucoup ont été conservées.

Nous aurions aimé vous proposer des écrits de «partout vers partout» à l’image des échanges vécus avec le Défap. Mais les témoignages des stagiaires, étudiants, professeurs, pasteurs, hommes et femmes accueillis en France, envoyés eux-aussi dans le cadre de leur Église, ou encore de paroisses ou groupes de jeunes ayant vécu des échanges sont nettement plus rares.

Durant dix mois, vous pourrez découvrir la diversité de ces expériences et des réflexions qu’elles ont suscitées.

Restez connectés sur notre site internet et nos réseaux sociaux pour découvrir d’autres formes de témoignages !

Témoignage d’il y a environ 50 ans :

Témoignage de Théo Mary, issu du journal des missions de 1977, n° 10-12, p. 157.

Théo Mary était responsable du centre protestant pour la jeunesse à Bangui, République centrafricaine.

Témoignages d’aujourd’hui :

Témoignage de Magali Jezequel, issu du journal des envoyés de 2019

Magali était enseignante de français à Dakar, Sénégal..

Témoignage de Salomé Fels, issu du journal des envoyés de Noël 2016

Salomé était ergothérapeute en service civique pour appuyer un programme de santé communautaire de l’EEC à Brazzaville, Congo..

Version téléchargeable :

 

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Écouter : Célébration

Écouter

Célébration :

Nous vous proposons un culte avec une liturgie centrée sur le thème de l’écoute, et des pistes de prédication à partir de deux textes :

  • Exode 3,7-15 Dieu entend les cris de son peuple
  • Marc 7,31-37 Jésus guérit un homme sourd-muet

 

Accueil – Salutation

Au commencement de la prière se trouve le silence.
Si nous voulons prier, il nous faut d’abord apprendre à écouter car, dans le silence du cœur, Dieu parle. Et pour être en mesure de vivre ce silence et d’entendre Dieu, il nous faut un cœur limpide car il est seul capable de voir Dieu, d’entendre Dieu, d’écouter Dieu.
Alors seulement, de la plénitude de nos cœurs, nous pouvons parler à Dieu. Et Il écoute.
(Mère Térésa)

Frères et sœurs, faisons silence, accueillons ce silence que Dieu nous offre afin qu’y ruisselle sa
Parole d’amour et de grâce. Amen.

Cantique : 14-03 Magnifique est le Seigneur 1,4

 

Invocation

Seigneur tu t’es approché de nous. Tu nous as invités à t’écouter et à te parler. Nous te remercions pour ce temps que tu nous offres.
Rassemblés en Ton Nom, autour du Christ Jésus ton fils et notre frère,
Nous accueillons le souffle de ta présence afin d’apprendre, encore et encore, Qu’en Toi et avec Lui nous pouvons trouver communion les uns avec les autres Et redécouvrir le sens et l’orientation que tu veux donner à nos vies. Amen.

 

Prière de louange

Louons le seigneur avec les paroles du Psaume 138.

Seigneur, je te dis merci de tout mon cœur, je te chante devant les dieux.
Je me mets à genoux devant ton temple saint, je te dis merci pour ton amour et ta fidélité. Oui, tu as tenu tes promesses au-delà de ce que nous attendions de toi.
Quand je t’ai appelé, tu m’as répondu, tu m’as rempli de courage et de force.
Seigneur, tous les rois de la terre te diront merci, car ils entendront les paroles de ta bouche.
Ils chanteront tes actions en disant : « La gloire du SEIGNEUR est grande !
Le Seigneur est là-haut, mais il voit les gens simples, et les orgueilleux, il les reconnaît de loin. » Si je suis très malheureux, tu me rends la vie malgré mes ennemis en colère.
Tu étends ta main et tu me sauves par ta puissance.
Le Seigneur finira ce qu’il a commencé pour moi.
Seigneur, ton amour est pour toujours, n’abandonne pas ceux que tes mains ont formés !

Cantique : 12-07, 1,2,3 : Tournez les yeux vers le Seigneur

 

Prière de repentance

Tournons-nous vers le Seigneur :

Seigneur, tu t’es révélé à nous comme Dieu de Parole et d’écoute ; tu nous as enseigné un chemin de vie et tu as écouté nos chants, nos prières et nos plaintes. Tu nous as invités à pratiquer les uns vis-à-vis des autres l’amour qui rend heureux, et l’écoute fraternelle qui fait grandir la confiance. Mais Seigneur, nous avons beaucoup de mal à faire silence. Nous ne parvenons pas à consacrer l’attention nécessaire à l’écoute.

Vis-à-vis de toi sans cesse nous nous comportons comme si nous savions à l’avance ce que tu veux nous dire. Vis-à-vis du prochain sans cesse nous court-circuitons les paroles qui risquent de nous déranger ou de nous effrayer. Vis-à-vis du monde nous nous contentons de rumeurs qui ne nous atteignent que superficiellement.

Seigneur il n’y a pas d’amour sans écoute, pas d’intelligence sans attention et discernement. Comme au Roi Salomon donne-nous la sagesse et un cœur qui écoute ! Rends-nous attentifs et bienveillants vis-à-vis des autres. Aide-nous tous à nous encourager mutuellement, à partager nos récits, nos mémoires, nos témoignages de foi et parfois de doute.

Donne-nous l’inspiration et la bienveillance nécessaires pour nous comprendre et nous en- tendre les uns avec les autres, quelles que soient nos différences culturelles, sociales et poli- tiques. Car avec Jésus tu nous appelles à devenir ensemble artisans de paix. AMEN !

Cantique : 43-06 1 : Mon Dieu mon Père écoute-moi.

 

Annonce du pardon

Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’incline humblement, prie, et cherche ma face, s’il se détourne de ses mauvaises voies, -je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.

Mes yeux seront ouverts désormais, et mes oreilles seront attentives à la prière faite en ce lieu. Maintenant, je choisis et je sanctifie cette maison pour que mon nom y réside à jamais, et j’aurai toujours là mes yeux et mon cœur. 2 Chroniques 7, 14-16

Cantique : 43-06, 2

 

Invitation au chemin de Dieu

Pardonnés et libérés nous pouvons recevoir cet appel de Dieu à l’écoute, qui est au cœur de la prière juive de chaque jour :
« Écoute, Israël, le SEIGNEUR notre Dieu est le seul SEIGNEUR.
Tu dois aimer le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta force. Les commandements que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les enseigneras à tes enfants. Tu en parleras quand tu seras assis chez toi, quand tu marcheras sur la route, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Pour ne pas les oublier, tu les attacheras sur ton bras et sur ton front. Tu les écriras sur les montants de la porte de ta maison et sur les portes de tes villes. »

Cantique : 43-06, 3 et 4

 

Prière d’illumination

Seigneur, ouvre mon esprit à l’intelligence de ta Parole
Et que mon cœur demeure brûlant tandis que tu me parles. Comme la pluie féconde la terre et fait germer la semence, Que ta Parole, Seigneur, accomplisse, au cœur de ma vie, Sa mission : ta volonté.
Qu’elle féconde ma vie et lui permette de porter des fruits.
Oui que ta Parole soit la vérité de mon existence, la lampe de mes pas. Amen.

 

Lectures bibliques

Exode 3, 7-15

Et l’Éternel dit : «J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu les cris qu’il pousse devant ses oppresseurs, car je connais ses souffrances. Or je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et pour le faire monter de ce pays vers un pays bon et spacieux, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où habitent les Cananéens, et les Héthiens, et les Amoréens, et les Phéréziens, et les Héviens, et les Jébusiens. Et maintenant, voici, les cris des fils d’Israël sont venus jusqu’à moi, et j’ai vu aussi l’oppression dont les Égyptiens les oppriment. Et maintenant, va, et je t’enverrai vers le Pharaon, et tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël.»
Alors Moïse dit à Dieu : «Qui suis-je, moi, pour que j’aille vers le Pharaon et pour que je fasse sortir d’Égypte les fils d’Israël ?»
Et Dieu dit : «[C’est] parce que je serai avec toi ! Et voici pour toi le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir d’Égypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne.» Puis Moïse dit à Dieu : «Voici, quand j’irai vers les fils d’Israël et que je leur dirai : «Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous», et qu’ils me diront : «Quel est son nom ?», que leur dirai-je ?» Et Dieu dit à Moïse : «JE SUIS CELUI QUE JE SUIS.» Et il dit : «Tu diras ainsi aux fils d’Israël : «JE SUIS m’a envoyé vers vous.» »
Et Dieu dit encore à Moïse : «Tu diras ainsi aux fils d’Israël : «L’Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom éternellement, et c’est là mon mémorial de génération en génération.»

Marc 7,31-37

Jésus quitta le territoire de Tyr. Passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée, à travers le territoire de la Décapole. On lui amena un sourd-muet, et on le pria de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : «Effata !», c’est-à- dire : «Ouvre-toi !»
Ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : «Tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets.»

Cantique : 46-05 1,2,3 Mon Sauveur je voudrais être une fleur de tes parvis

 

Prédication

Pistes pour la prédication Exode 3,7-15 et Marc 7,31-37

Les deux textes que nous avons choisis pour aujourd’hui tournent autour du thème de l’écoute Dieu écoute et entend. Dieu appelle les humains à écouter et entendre. Souvent il se désespère car, « bien qu’ayant des oreilles ils n’entendent pas, des yeux et ils ne voient pas ! ». Et Jésus, dans ce récit d’évangile accomplit une guérison très symbolique, puisqu’il guérit un homme sourd et muet. Cette thématique de l’écoute est fondamentale pour la condition humaine, et à notre époque de communication démultipliée, elle peut nous inspirer des réflexions et des attentions nouvelles pour soigner nos relations les uns avec les autres.

Dieu écoute, Dieu entend

Dieu, Père de Jésus-Christ, qui a créé le monde, est un Dieu aimant qui accueille, qui enseigne, qui nous envoie les uns vers les autres. Mais c’est peut-être, plus que tout, un Dieu qui écoute ou dont on espère l’écoute, comme en témoigne tout le livre des psaumes.

En ce début du livre de l’Exode, alors que Moïse est devenu adulte, qu’il a découvert son identité hébraïque et le malheur de son peuple, il est écrit qu’à son tour Dieu voit et entend la souffrance de ce peuple. Et il décide de descendre pour le sauver. De ces paroles nous apprenons que Dieu n’est pas une idole muette et impassible, mais qu’au contraire c’est un Dieu sensible, pris aux entrailles par la souffrance du monde. C’est un Dieu qui écoute et qui entend, qui s’émeut et qui répond, qui s’approche et qui agit.

Il entend et comprend aussi l’angoisse de Moïse, son sentiment de faiblesse, et donc il le rassure, s’engage à l’accompagner, le soutenir. L’écoute est au cœur de tout cela. Et comment se présente-t-il ? « Je suis qui je serai « Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ».

Depuis le commencement Dieu écoute le monde car c’est sa création. Il écoute chacun d’entre nous car nous sommes ses créatures, ses enfants. Et ceci d’âge en âge jusqu’à l’accomplisse- ment des temps. C’est un Dieu Vivant, qui ne cesse de nous surprendre, par son écoute même.

Jésus aussi écoute

Pendant tout son ministère, Jésus ne cesse de se déplacer. Il rencontre des gens, il s’invite chez, eux, il leur donne un enseignement, il les guérit, les remet debout. En tout cela l’écoute est centrale. Jésus écoute Dieu qui l’écoute aussi, Jésus demande que ses disciples écoutent son enseignement. Et lui-même écoute les personnes qu’il rencontre.
Cette écoute de Jésus, elle ne se fait pas seulement par les oreilles, mais aussi par les yeux, et tous les autres sens. Jésus est sensible à tous ceux qu’il rencontre comme il est sensible à Dieu son Père. C’est une sensibilité émotive et active. Cela signifie que sa perception d’autrui le remue profondément, le fait bouger, alors il répond, il agit pour le bien.

Ainsi dans notre récit, il écoute la prière des amis de l’homme sourd et muet. On peut supposer qu’il entend aussi, plus mystérieusement, sa prière à lui, même s’il ne peut pas parler. Car pour Jésus un être humain ne peut en aucun cas être considéré comme un simple objet d’apitoiement et d’expérimentation.

Dès qu’il a l’homme sourd et muet en face de lui Jésus lui parle. Non avec des mots dans un premier temps mais avec des gestes : il lui met le doigt dans les oreilles et de la salive sur la langue. Puis, alors que l’homme n’a pas encore la capacité d’entendre, il lui dit « Ephata ! » «Ouvre-toi. » Alors l’homme peut entendre et parler.

Notre besoin d’écoute est immense

Si ces récits bibliques nous touchent tant, c’est que dès l’enfance, nous ressentons un besoin profond d’être écouté, entendu, compris. Quelqu’un écrivait : « C’est à l’aune de l’écoute bienveillante des adultes qui les entourent que les enfants développent leur confiance dans la parole. Et la réponse qui les nourrit véritablement n’est pas celle qui comble tous leurs désirs, mais celle qui leur assure une présence fiable à leurs côtés. »

Mais que se passe-t-il quand les adultes sont défaillants dans ce rôle ? Pour certains, c’est Dieu lui-même qui l’a assuré. Le Dieu qui écoute, console, rassure, encourage. Le Dieu que l’on prie dans le secret de son cœur ou de sa chambre, ou bien au milieu de l’assemblée.

Cependant il faut dire deux choses :

  • Dieu ne peut rien sans nous et il nous a confié ce ministère d’écoute. A la suite de Jésus, c’est un service fondamental du chrétien et de l’Église au service du prochain et du monde. On ne doit surtout pas prétexter que l’évangile est la Bonne Nouvelle à annoncer pour minimiser l’écoute et maximiser la proclamation. L’une et l’autre sont essentielles et elles se nourrissent mutuellement.
  • Même adultes nous sommes toujours des enfants en quête d’écoute. Nous avons besoin d’être écoutés, mais également d’écouter, car l’enseignement du Christ n’est pas une matière morte à digérer une fois pour toute. C’est un enseignement vivant. Souvent nous croyons avoir suffisamment accumulé de connaissances et d’expériences pour ne pas avoir besoin d’en entendre davantage. Si nous nous prenons tellement au sérieux, nous nous privons de la simplicité de l’amour de Dieu et du Christ, qui ne demandent qu’à nous écouter et nous parler.

Pour une écoute universelle cœur à cœur

Parmi les envoyés du Défap, nombreux sont ceux qui témoignent de la force des rencontres qu’ils ont vécues sur leurs lieux de mission. Ils ont expérimenté ce qu’écouter veut dire lors- qu’on est loin de chez soi, dans un nouveau contexte. Écouter, regarder, s’imprégner du monde différent qui vous entoure, avec ses bruits, ses odeurs, sa langue, ses rituels, ses codes…

Et qu’ont-ils entendu ? Finalement, beaucoup témoignent que ces expériences de déplacement leur ont permis de découvrir et d’écouter leur voix profonde. Certains ont découvert Dieu alors qu’ils étaient indifférents avant de partir. D’autres ont découvert leur vocation professionnelle. Mais surtout, à la rencontre et à l’écoute des autres, ce n’est pas tant la ou les différences qui importaient le plus, mais c’est la ressemblance entre les humains. L’esprit d’écoute nous ouvre aux deux niveaux : celui des différences entre les êtres, les cultures, les contextes, mais aussi celui de la ressemblance profonde entre les êtres humains. Tous nous naissons, nous vivons, nous aimons, nous souffrons, nous espérons, nous connaissons la soif et la joie spirituelles, même si tout cela, nous l’exprimons de manière différente, dans des langues multiples, et même des sensibilités diverses.

Ceci, qui est vrai dans les relations entre personnes de cultures et de pays différents, l’est aussi, d’une autre manière, dans chacune de nos communautés et chacun de nos groupes. Car là où nous croyons nous ressembler nous sommes plus différents que nous le pensons, et il faut faire attention à ce qu’une ressemblance de surface nous prive d’aller chercher notre ressemblance profonde d’enfants de Dieu.

Dieu nous donne son esprit d’écoute pour nous inviter à nous parler les uns aux autres, comme «des amis parlent à leurs amis.»

Pour approfondir cette réflexion sur l’écoute voici les extraits d’un texte du Père André Gromolard, qui est prêtre et écrivain.

Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un…
C’est lui dire, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps : tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là…

Écouter, c’est commencer par se taire…
Écouter, c’est accueillir l’autre avec reconnaissance tel qu’il se définit lui-même, sans se substituer à lui pour dire ce qu’il doit être. C’est être ouvert à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les expériences, à toutes les solutions, sans interpréter, sans juger, laissant à l’autre le temps et l’espace de trouver la voie qui est la sienne.

Écouter, c’est vraiment laisser tomber tout ce qui nous occupe pour donner tout son temps à l’autre.
C’est comme une promenade avec un ami : marcher à son pas, proche mais sans gêner, se laisser conduire par lui, s’arrêter avec lui, repartir avec lui, pour rien, pour lui.

Écouter, ce n’est pas vouloir que quelqu’un soit comme ceci ou comme cela, c’est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques. Être attentif à quelqu’un qui souffre, ce n’est pas donner une solution ou une explication à sa souffrance, c’est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son propre chemin pour s’en libérer.

Écouter, c’est donner à l’autre ce que l’on ne nous a peut-être jamais donné : de l’attention, du temps, une présence affectueuse.

Confession de foi

Nous croyons en Dieu, source de toute vie et créateur de l’univers.
Nous croyons en Dieu, Seigneur des patriarches et des matriarches, de Moïse, des rois et des prophètes, Dieu qui s’est fait connaître aux nations en Jésus de Nazareth, venu et reconnu comme Christ – Messie !
Nous croyons en Dieu, qui à travers les siècles se souvient de sa création et la soutient mystérieusement.
Nous croyons en Dieu, se révélant depuis le commencement et jusqu’à la fin des temps comme Dieu de parole et d’écoute, de justice et de compassion.
Nous croyons en Dieu, Seigneur fidèle qui a écouté Abraham et lui a répondu, et parlé avec Moïse comme un ami parle à son ami.
D’âge en âge il maintient son alliance avec ses créatures et toute sa création.
Nous croyons en Dieu, Père attentif, et en Jésus-Christ, frère réceptif, qui cherchent à nous inspirer des attitudes justes et bienveillantes les uns vis-à-vis des autres, afin qu’ensemble nous soyons de véritables artisans de paix et d’avenir dans ce monde et pour ce monde. Amen !

Cantique : 52-19 1,2,3,8 Il est une foi ancienne

 

Offrande

Seigneur nous t’ouvrons notre cœur, nous mettons à ta disposition notre vie, nous te présentons nos offrandes d’argent, afin de mettre tout cela au service de ta mission dans le monde. Amen.

Prière d’intercession

Seigneur, de la même manière sur la montagne de la Transfiguration, tu as dit aux disciples :
«Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le» ! Nous désirons t’écouter nous dire de l’écouter. C’est le plus grand et le premier commandement. Que nous l’ayons constamment à l’esprit !
L’écouter avant toute prière, toute parole, toute résolution.
Prendre le temps de cette écoute. Écouter deux fois plus que parler !
L’écouter nous dire que tu es Amour et Miséricorde, que nous devons t’aimer de tout notre cœur.
L’écouter nous appeler à faire sa volonté bonne et parfaite, qu’il a réalisée jusqu’au bout. L’écouter dans l’Ancien et le Nouveau Testament, lui qui nous a fait entrer dans l’Alliance. L’écouter dans les sept Paroles qu’il a criées sur la croix, où il vit toutes les Béatitudes, toute
Parole de Dieu.
L’écouter dans sa manière d’être en relation, plein d’attention envers chacun, afin que nous aussi nous vivions son commandement nouveau.
L’écouter nous dire : « La paix soit avec vous », lui le Ressuscité qui nous redit ces paroles quand nous sommes réunis en son nom.
L’écouter dans le partage du pain et du vin, quand il nous introduit dans la maison du Père.
L’écouter ensemble dans la diversité de nos personnalités, de nos cultures, de nos Églises, afin que nous soyons unis en lui.
L’écouter dans notre cœur, où vit l’Esprit saint.
L’écouter comme Marie, avec le cœur, dans une profonde méditation.
L’écouter avec et dans l’Église aujourd’hui, partout et à travers les siècles, où tu déposes des charismes et réalises des miracles de lumière.

Notre Père

 

Exhortation

Au commencement de la prière se trouve le silence. Au commencement de tout amour une parole, une écoute, une attention, une bénédiction échangée, une consolation et une espérance offerte au monde.

 

Bénédiction

Frères et sœurs le Seigneur vous bénit et vous garde ; il vous entend et il vous parle, il tourne vers vous son visage de grâce et vous donne sa paix et sa lumière. Amen !

Cantique : 31-32 1,2,3 Ils ont marché au pas des siècles

 

Version téléchargeable :

 

« Écouter – Célébration » : le texte complet en pdf

 

 




Écouter : Animation

Écouter

Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.

Objectifs :

  • Découvrir ce qu’écouter peut signifier dans le contexte biblique, dans la relation à Dieu, aux autres, à soi-même.
  • Prendre conscience que si écouter fait référence à notre organe auditif, écouter fait appel à bien plus que nos seules oreilles.
  • Il y a une différence considérable entre écouter et entendre, percevoir un son ou le laisser résonner en nous, dans notre corps, dans notre esprit et notre intelligence.

 

Questions

Que représente cette image ? Comment la comprendre, quel est son message ?
Quel lien entre l’image et le verbe « écouter » ?
Qui écoutons-nous pour définir notre propre conduite dans les différentes situations qui se présentent à nous ?

 

Écouter et discerner…

Jésus pendant 40 jours au désert. L’histoire de la tentation de Jésus nous montre que Jésus, tout au long de son parcours et dès le début, a dû faire face à des situations complexes, semblables à ce que nous pouvons vivre aujourd’hui. L’écoute implique toujours la réflexion, le dilemme, la prise de décisions, et l’action ou… le refus de l’action.

Puis Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.» Jésus répondit: «Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.»
Le diable le transporta alors dans la ville sainte, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ! En effet, il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.» Jésus lui dit :
« Il est aussi écrit : Tu ne provoqueras pas le Seigneur, ton Dieu.»
Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire 9 et lui dit : « Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes pour m’adorer.» Jésus lui dit alors : « Retire-toi, Satan ! En effet, il est écrit : C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras.»
Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus et le servirent.

Matthieu 4 : 1-11

Questions

Qu’entend Jésus dans les propositions du tentateur ? Comment parvient-il à les refuser ?
D’où puise-t-il ses ressources, qui écoute-t-il ? Comment comprendre aujourd’hui cette histoire ?
En quoi peut-elle être pour nous une source d’enseignement ? Que dit-elle de nous ?

 

Ouvertures pour aujourd’hui

Y a-t-il aujourd’hui des discours, autour de nous, sur les réseaux sociaux, qui nous incitent à des comportements négatifs ? (par ex : stigmatiser quelqu’un, dire du mal d’un(e) copine, copain, prononcer des paroles qui peuvent conduire jusqu’au harcèlement d’une personne ? ) Est-il facile ou difficile de les rejeter ? Pourquoi ?
Comment lutter pour ne pas se soumettre à ces discours ? Est-ce que c’est facile, difficile ? Qu’est-ce qui peut nous aider à prendre de bonnes décisions et adopter les bonnes attitudes ?

Et si on jouait !
Se saluer, s’écouter, se comprendre…

Jeux « Salutations du monde »
Ce jeu est issu de : https://discri.be/wp-content/uploads/02-SalutationsDuMonde.pdf

Public et contexte :
Tout public (mais maîtrisant suffisamment la langue pour pouvoir réagir ensuite à propos de l’animation). Entre 8 et 20 participants.

Durée de l’animation :
30 minutes pour un groupe de 10 personnes.

Matériel nécessaire :
Petites bandelettes de papier comportant chacune une instruction pour les salutations (voir en annexe)

Objectif :
Écouter l’autre et essayer de comprendre (vivre de l’intérieur) ce qui peut nous choquer dans les comportements liés à des codes culturels différents. Le but n’est pas de proposer une étude ethnographique des manières de saluer, mais d’expérimenter la rencontre avec des personnes qui ont des cadres de référence différents.

Déroulement :
Les participants doivent pouvoir se déplacer dans le local. Il s’agit «d’expérimenter» en toute sécurité un petit choc culturel. Il s’agit également d’amener les participants à explorer la façon dont les gens négocient les différences culturelles et de voir comment ils se sentent quand on leur demande de changer leurs habitudes comportementales. L’animateur distribue au hasard, à chacun des participants, une bandelette de salutation (elle reste confidentielle ; si le groupe est important, plusieurs personnes peuvent recevoir les mêmes consignes). Tous les participants se rencontrent et se saluent comme indiqué sur leur fiche, sans donner d’explication. L’activité prend fin lorsque tout le monde a eu l’occasion de saluer chacun. On reforme le groupe et on ouvre la discussion à partir de quelques questions telles que : Qu’est-ce que cela vous fait d’utiliser une gestuelle peu habituelle ? Comment vous êtes-vous senti lorsque quelqu’un a utilisé envers vous une gestuelle peu familière ? Quels sont les obstacles rencontrés ? Donner des exemples d’autres normes sociales qui demandent un temps d’adaptation.

Durée :
20 à 30 minutes

Remarques, variantes, adaptations et prolongements :
Cet exercice permet d’expérimenter l’écoute, la compréhension et l’interprétation des paroles et des gestes de l’autre, venant d’une autre culture. Avec des groupes pour lesquels on sait que cela risque de provoquer des difficultés, certains suggèrent de ne pas sélectionner de salutations trop extrêmes. D’autres pensent qu’il faut trouver des moyens de réguler les malaises éventuels, car retirer des salutations reviendrait à «aseptiser» l’exercice et à lui faire perdre tout son sens. Il est important de sélectionner ces salutations en fonction de la composition du groupe.
En plus, dans ce cas, il y a un cadre, celui de l’exercice. Il est important pour chaque thème abordé dans le groupe de proposer aux personnes de cultures différentes d’échanger sur les manières de faire. Cela est valorisant et permet d’éviter les chocs. On pourrait travailler tout ce qui touche aux usages et aux coutumes, par exemple, ce que l’on fait quand on est invité chez quelqu’un, comment on s’habille…

Références bibliographiques :
Antidefamation league, A classroom of difference, unité 1, pp 42

Annexe :

  • Inde : Le «namaste». Placez vos mains jointes en position de prière sur la poitrine et incli- nez-vous légèrement.
  • États-Unis : Agitez fermement votre poignée de main et regardez votre vis-à-vis droit dans les yeux ou faire un hug.
  • Moyen-Orient : Le «salaam». Faites un mouvement de balayage de votre main droite, en tou- chant d’abord votre cœur, ensuite votre front, et finalement en dirigeant la main vers le haut. Accompagnez cette gestuelle par la formule «salaam alaykum»,qui signifie «la paix soit avec vous».
  • Malaisie : Tendez vos mains et ramenez les bouts de vos doigts contre ceux de l’autre per- sonne. Ensuite ramenez vos mains vers votre cœur, ce qui signifie «je vous accueille du fond du cœur». Les hommes ne peuvent faire ce geste qu’envers d’autres hommes et les femmes envers d’autres femmes.
  • Les Maoris de Nouvelle Zélande : Contenez votre vis-à-vis en posant votre main soit sur sa tête soit sur ses épaules.
  • Polynésie : Embrassez et frottez le dos des personnes que vous voulez saluer. (C’est un geste réservé aux hommes).
  • Chez les Eskimos : Accueillez votre partenaire en frottant votre nez contre le sien.
  • Quelques communautés d’Afrique de l’Est : Crachez sur les pieds de la personne que vous saluez.
  • Tibet : Tirez la langue.
  • Japon : Inclinez-vous depuis la taille, dans un angle de 15%. Il s’agit d’un salut informel, qui convient à tous les rangs et en toute occasion.
  • Russie : Secouez les mains fortement. Continuez par une «étreinte d’ours» ainsi que par deux ou trois baisers en alternant les joues.
  • Amérique latine : Prenez la personne dans vos bras (ça s’appelle un «abrazo») et donnez-lui quelques tapes chaleureuses dans le dos.
  • Kenya : Claquez-vous respectivement les paumes des mains et agrippez les doigts (fermés en poing) de l’autre personne.
  • Thaïlande : Le «Wai». Comme le «namaste» indien, placez vos mains jointes en position de prière sur votre poitrine et inclinez-vous légèrement. Plus vos mains sont placées haut sur votre poitrine, plus vous montrez de respect à l’autre, mais ne placez pas vos mains au-dessus de votre tête car ce serait interprété comme une insulte.
  • Europe du Sud : Secouez les mains chaleureusement et attardez-vous plus longtemps que dans la poignée de main du Nord. Poursuivez en touchant l’avant-bras, le coude ou le revers d’habit de la personne.
  • Turquie : Dans la poignée de mains, serrez les deux mains ou prenez la personne dans vos bras pendant que vous lui embrassez les deux joues. (Cette gestuelle a généralement cours entre vieux amis, mais dans le cadre de cette activité, faites-le avec chacun).
  • Israël : En disant «shalom», secouez les mains ou embrassez la personne, selon que vous la connaissez bien ou non.
  • Belgique : Trois baisers, en passant d’une joue à l’autre.
  • Afrique Centrale : On se dit bonjour tête contre tête en se touchant la tempe de droite à gauche.
  • Côte d’Ivoire : on se serre la main en finissant par un claquement de doigts
  • Et le langage non verbal ? Savez-vous comment on se salue dans la langue des signes ?

Pour finir cette animation vous pouvez lire ce texte qui donne à réfléchir :

Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un…
C’est lui dire, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps : tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là…

Écouter, c’est commencer par se taire…
Écouter, c’est accueillir l’autre avec reconnaissance tel qu’il se définit lui-même, sans se substituer à lui pour dire ce qu’il doit être. C’est être ouvert à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les expériences, à toutes les solutions, sans interpréter, sans juger, laissant à l’autre le temps et l’espace de trouver la voie qui est la sienne.

Écouter, c’est vraiment laisser tomber tout ce qui nous occupe pour donner tout son temps à l’autre. C’est comme une promenade avec un ami: marcher à son pas, proche mais sans gêner, se laisser conduire par lui, s’arrêter avec lui, repartir avec lui, pour rien, pour lui.

Écouter, ce n’est pas vouloir que quelqu’un soit comme ceci ou comme cela, c’est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques. Être attentif à quelqu’un qui souffre, ce n’est pas de donner une solution ou une explication à sa souffrance, c’est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son propre chemin pour s’en libérer.

Écouter, c’est donner à l’autre ce que l’on ne nous a peut-être jamais donné : de l’attention, du temps, une présence affectueuse.

André Gromolard

Version téléchargeable :

 

« Écouter – Animation » : le document complet en pdf

 

 




Écouter : Témoignage

Écouter

Quels témoignages et pourquoi ?

Durant toute cette année de Cinquantenaire, nous vous partagerons des témoignages divers et variés. Pour «Dis-moi la mission» nous avons choisi de plonger avec vous dans nos archives. Ces écrits d’acteurs de la mission, d’hier à aujourd’hui, contribueront, nous l’espérons, à nourrir et éclairer votre réflexion autour de chacun des «verbes de la mission».

La mission a évolué, elle n’est plus unilatérale heureusement ! Pourtant, la plupart des témoignages que vous découvrirez ici seront ceux d’envoyés partis de France pour l’étranger : ceux-ci écrivaient, plus ou moins régulièrement, des lettres de nouvelles, dont beaucoup ont été conservées.

Nous aurions aimé vous proposer des écrits de «partout vers partout» à l’image des échanges vécus avec le Défap. Mais les témoignages des stagiaires, étudiants, professeurs, pasteurs, hommes et femmes accueillis en France, envoyés eux-aussi dans le cadre de leur Église, ou encore de paroisses ou groupes de jeunes ayant vécu des échanges sont nettement plus rares.

Durant dix mois, vous pourrez découvrir la diversité de ces expériences et des réflexions qu’elles ont suscitées.

Restez connectés sur notre site internet et nos réseaux sociaux pour découvrir d’autres formes de témoignages !

Témoignage d’il y a environ 50 ans :

Témoignage de Thomas, issu du journal mission de mars 1991, n° 11, p. 24-25.

Thomas était enseignant au Lycée agricole de Do Néva en Nouvelle-Calédonie.

Témoignages d’aujourd’hui :

Témoignage d’Élie, issu du journal des envoyés de 2019

Élie était assistant d’éducation et de français en service civique au centre d’Akanisoa d’Antsirabe à Madagascar..

Témoignage de Paul, issu du journal des envoyés de 2018

Paul était animateur-répétiteur en service civique au centre Mamré à Antananarivo, à Madagascar..

Version téléchargeable :

 

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