Attentats au Tchad : situation des envoyés

N’Djamena, capitale du pays, a été touché par plusieurs attentats-suicide le lundi 15 juin dans la matinée.

Au moins quatre explosions ont retenti, hier 15 juin, dans le secteur de la Direction de la Sécurité publique et du Commissariat central ainsi que vers l’école de police, des endroits stratégiques et proches du pouvoir.

Ces attentats-suicide auraient fait vingt-sept morts, dont les quatre kamikazes, et plus de cent blessés. Ils ne sont pas encore revendiqués, mais les autorités soupçonnent fortement le groupe terroriste nigérian Boko Haram. En effet, près de cinq mille soldats tchadiens sont actuellement engagés dans la force sous-régionale qui lutte contre ce mouvement au Nigeria, au Niger et au Cameroun, et N’Djaména devrait bientôt servir de base à son état-major.

 

Carte du Tchad (Source : Google Maps)

 

Le Défap a quatre envoyés dans la capitale tchadienne. Ils vont bien et sont en contact permanent avec l’ambassade de France pour les questions de sécurité et limitent, dans la mesure du possible, leurs déplacements en ville.

Les communications téléphoniques sont perturbées mais ils ont pu entrer en contact avec leurs proches, avec le Défap ainsi qu’avec leur association porteuse.

Les mesures de contrôle ont été intensifiées en ville et chacun reste vigilant.

Les prières de nos communautés et de nos Églises sœurs vont vers les Tchadiens et tous les résidents de ce pays.

 




Tunisie : la situation apaisée

Laura Casorio, chargée de l’envoi des personnes au Défap, a rendu visite aux envoyés en Tunisie.

Rencontre avec des membres de France Volontaires et un envoyé du Défap en Tunisie

Plusieurs envoyés travaillent à Tunis dans le cadre du programme d’envoyés du Défap – Volontaires de Solidarité Internationale (VSI) et services civiques – directement ou en collaboration avec d’autres organisations missionnaires partenaires.

Laura Casorio a ainsi pu rencontrer tous les envoyés du Défap en Tunisie à plusieurs occasions. Cela lui a permis « d’avoir une vision un peu plus élargie du contexte dans lequel ils vivent ainsi que de créer des liens et de mieux [les] connaître et réciproquement ».

 

Elle précise que « tous [les] envoyés se sentent en sécurité et intégrés dans la vie de la ville [de Tunis] ». Malgré les évènements au musée du Bardo en mars dernier, la vie a repris son cours.
Les envoyés respectent toujours certaines consignes de base (fréquentation de certains quartiers, horaires etc.) mais ne sentent pas un climat d’insécurité.

La plupart tente de s’intégrer à la vie locale avec notamment l’apprentissage de l’arabe et le tissage de liens avec des locaux.

Les partenaires du Défap en Tunisie

 

L’association France Volontaire, avec laquelle le Défap entretient une importante collaboration, a installé un siège en Tunisie il y a quelques années.

 

L’école Kallalline est présente à Tunis depuis 150 ans. Depuis 2000, elle travaille avec quatorze classes de vingt-six élèves (suivi du programme tunisien jusqu’au niveau 6ème, avec une insistance sur l’enseignement du français). Elle possède également un laboratoire d’apprentissage des langues étrangères destiné aux adultes. Actuellement, le Défap a deux envoyés en service civique (en mission d’appui au soutien scolaire, à la surveillance et aux ateliers artistiques) et trois VSI engagés dans l’enseignement et la pratique du français.

 

L’Eglise réformée de Tunis, multiculturelle et francophone, est également un partenaire du Défap.

 

 

L’atmosphère est plutôt positive dans le groupe des envoyés du Défap et au sein de l’ERT. La situation du pays est pour le moment plutôt apaisée, malgré quelques tensions aux frontières avec l’Algérie et la Lybie.

 

En septembre 2015, quatre nouveaux envoyés du Défap se rendent en Tunisie : deux services civiques et deux VSI.

 




Analyse de la situation en Centrafrique : première partie

Dans le cadre d’une série de trois vidéos, le Défap vous présente un résumé et une analyse de la situation en République centrafricaine.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, est un spécialiste de la Centrafrique où il a passé plusieurs années.

Il présente ici quelques points de repères de l’histoire de ce pays depuis la colonisation française. Première partie.

 

Si vous n’êtes pas familier avec l’histoire de la Centrafrique, voici une chronologie.

 

Liste des présidents centrafricains cités

  • Barthélémy Boganda
  • David Dacko
  • Jean-Bedel Bokassa
  • Ange-Félix Patassé
  • François Bozizé
  • Michel Djotodia

 

Carte de la Centrafrique (Source : Google Maps)

Les étoiles correspondent aux quatre villes suivantes (de l’ouest à l’est) : Bangui, Damara, Mabaye, Birao




ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

« L’Après Bac Service » (ABS) est un programme dédié aux étudiants de Nouvelle-Calédonie dans lequel le Défap est très investi. Présentation à l’occasion de la prochaine rencontre qui aura lieu fin juin à Sète.

Carte de Nouvelle-Calédonie (Source : Google Maps)

Soixante étudiants de Nouvelle-Calédonie viennent se former en France chaque année, tous niveaux confondus. Dans ce cadre, le Défap assure le suivi extra-scolaire de ces étudiants. Pour le suivi scolaire, c’est l’organisme A.C.E.S.T.E qui s’en occupe. C’est le ministère des Outre-mer qui finance ce programme.

 

Objectifs du programme

Ce programme est destiné aux jeunes Calédoniens qui viennent d’avoir leur bac et souhaitent suivre des formations qui n’existent pas en Nouvelle-Calédonie. Il vise à impliquer les jeunes Calédoniens dans la vie de leur pays en leur donnant une possibilité d’accès aux fonctions de cadre, la plupart des ABS retournant en Nouvelle-Calédonie après leur formation.

En effet, jusque dans les années 1990, il n’existait aucune formation supérieure en Nouvelle-Calédonie, et elles restent encore rares aujourd’hui. Tous les étudiants devant partir pour suivre des formations supérieures, leur accès était donc réservé à ceux qui possédaient des moyens importants, et donc excluait en grande partie les populations locales, les Kanaks. (Pour en savoir plus sur la Nouvelle-Calédonie).

 

Origine du programme au Défap

 

Ce programme a été créé par Lucette Poigoune pour les étudiants qui sortaient du bac et ne savaient pas bien se débrouiller en métropole. Le Défap possédant une expérience en Nouvelle-Calédonie et dans le domaine de l’expatriation et de l’échange de personnes, il était logique qu’il participe à son lancement.

Nouvelle promotion : le rôle du Défap

 

Dans ce cadre, le Défap est chargé d’aider les étudiants pour les questions pratiques : logement et envoi, vérification et traitement des dossiers. Sachant qu’avant le départ, les étudiants suivent en général une remise à niveau et des conférences expliquant la situation en métropole, et que le Défap fait en sorte d’avoir réglé un maximum de questions administratives.

 

Durant la dernière semaine d’août, les étudiants arrivent à Paris. Le Défap s’organise pour aller les chercher à l’aéroport, les aide à finaliser les dernières démarches administratives et les amène dans la Maison de la Nouvelle-Calédonie, qui s’occupe de tous les Calédoniens présents sur le territoire de la métropole. Les étudiants, environ vingt-cinq à trente par an, restent trois jours au Défap. Ils sont ensuite accueillis dans leur ville d’étude.

 

Ce n’est pas tout : le Défap assure aussi un suivi en organisant deux à trois rencontres par an et en contactant régulièrement les étudiants. C’est une façon de vérifier que tout se passe bien pour eux, qu’ils n’ont aucun problème, de leur offrir un soutien ne serait-ce que moral.

Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils quittent la Nouvelle-Calédonie et se trouvent face à un style de vie très différent. Le Défap les accompagne dans cette phase d’adaptation afin que rien ne les empêche de réussir leurs études. Il n’est pas évident pour tous de trouver des repères dans un monde si différent du leur. Les retrouvailles, lors des rencontres organisées par le Défap, leur permettent aussi de renouer avec la vie communautaire à laquelle ils sont habitués.

 

Prochaine rencontre

En ce moment, le Défap prépare la prochaine rencontre qui aura lieu du 20 au 22 juin à Sète. Un Calédonien vivant en France et une pasteure envoyée en Nouvelle-Calédonie vont venir à la rencontre de ces jeunes.

 




Réunion ERM : discussions autour du Forum Défap 2016

La réunion des équipes régionales mission avait à son programme plusieurs sujets, dont celui du Forum Défap 2016. Retour sur cette journée du 4 juin 2015.

Méditation

 

Réunion ERM

 

Elle a été assurée par le pasteur David Brown, nouveau responsable du réseau Mosaïc pour la région île de France. Il a ouvert ce temps à la guitare et a ensuite proposé une réflexion biblique autour de l’immigration, un sujet qu’il connaît bien car, missionnaire américain, il a longtemps vécu au Burkina Faso, au Maroc, et maintenant en France.

A partir de plusieurs passages bibliques, il a parlé de ce sujet : Luc 4, versets 18-19, sur « l’expression de notre mission sur terre », puis Esaïe 49, verset 6, qui décrit cette mission comme « voir, réagir et bénir ».

Il existe des « murs qui divisent nos vies » et qui « nous empêchent de réagir, de mettre notre foi en action », ajoute-t-il, et l’histoire de Jésus et de la Samaritaine (Jean 4), montre bien l’existence de ces murs entre certaines communautés.

En outre, la Lettre aux Ephésiens (2, versets 14 à 16) rappelle que Christ « a renversé le mur qui entretient la haine ». La croix crée « un nouveau peuple, une nouvelle réalité basée sur l’amour inconditionnel et infini de Dieu, sans différence entre les hommes, dit-il. La croix fait tomber les murs qui nous séparent, mais c’est à nous de la laisser faire. »

 

Forum Défap 2016

 

Les représentants des régions ont réfléchi à l’organisation de cet événement et à la manière de le rendre le plus interactif possible.

Le Forum, où les représentations régionales seront limitées, a pour objectif de rédiger des thèses nouvelles sur la mission, alimentées par une réflexion de chaque région. Une équipe de synthèse sera en charge de préparer un texte récapitulatif de ce qui se dira étape par étape durant le Forum.

Un blog a déjà été mis en place qui relaie des articles provenant des régions.

L’accent a été également mis sur l’importance de la jeunesse qui « fait aussi partie de la dynamique missionnaire », comme l’a rappelé Anne-Laure Danet.

L’idée est en effet d’avoir des « mini-forums » dans chaque région : partout des groupes seront formés et se rassembleront dans des lieux où il leur sera possible de visionner le Forum en direct et donner ainsi leur avis, notamment par le biais de Twitter. Les équipes régionales sont chargées d’organiser dans leur région ces différents lieux de « mini-forum » le samedi 9 janvier de 14h à 16h30.

La pasteure Anne-Laure Danet a insisté également sur le fait que le Forum est une façon de mobiliser les Eglises et leur dire qu’elles sont « toutes missionnaires », qu’elles possèdent « toutes cet engagement ».

 

Réunion ERM

 

Mosaïc

Le Projet Mosaïc, créé en 2006, a pour but de favoriser la rencontre et la collaboration entre chrétiens protestants de diverses cultures et origines.

 

Les équipes régionales sont chargées d’aider les Eglises à vivre des liens concrets avec les Eglises du projet Mosaïc. Chaque correspondant local a pour tâche de veiller à établir ces liens localement.

 




Madagascar : la crise politique entraîne l’économie

Alors que le sort du Président Hery Rajaonarimampianina est suspendu à la décision de Haute Cour constitutionnelle, l’incertitude plane sur l’île et les opérateurs économiques se montrent inquiets.

En rouge, Madagascar (Source : Google Maps)

 
A l’occasion du Salon international du tourisme de Madagascar, les opérateurs se sont mobilisés pour relancer ce secteur, qui viserait 400 000 touristes internationaux dans les deux prochaines années et la place de première destination touristique de l’océan Indien.

 

Mais ils se heurtent au doute né de la tentative de destitution du président de la République. A la veille de la haute saison, le président de l’Office national du tourisme, Eric Koller, s’accroche à l’espoir et prie pour que tout se passe bien.

 

Fredy Rajaonera, qui administre le Syndicat des industries de Madagascar ne cache pas non plus son inquiétude. Il suit avec beaucoup d’intérêt l’évolution de cette crise politique, craignant la fuite des investisseurs étrangers.

 

Le Défap est très engagé à Madagascar où se trouvent plusieurs envoyés.




« À Maurice, ‘God is One’ »

Iris et Frank Reuter sont partis trois mois à l’Île Maurice dans le cadre d’une activité missionnaire. Ils assurent des formations sur les activités d’animation et s’occupent de l’école du dimanche. Ce projet de travail avec l’Eglise est soutenu par le Défap. Iris Reuter nous livre ici son témoignage.

« « Plus de la moitié des Français ne se réclament d’aucune religion », titre le journal Le Monde dans son édition du 7 mai 2015. Quelle différence avec la société d’ici, à l’île Maurice.

En balade au bord de la mer, j’arrive à la plage joliment dénommée « Le Bouchon ». Au bord de l’eau, un petit autel hindou. À quelques pas de là, une minuscule chapelle dédiée à Marie. Je roule en voiture et, au bord d’un port, quelques panneaux peints aux couleurs du drapeau mauricien (rouge comme le flamboyant, bleu comme le ciel, jaune comme le soleil, vert comme la canne à sucre), portent des inscriptions : l’environnement propre = santé. Et juste en dessous : « God is One ». Dans les villages, des murs sont peints avec des phrases : « Un esprit positif est un esprit paisible », ou « Un esprit positif est un environnement sain ».

Les religions, hindouisme, christianisme et islam, coexistent d’une manière naturelle. Chacun a son Dieu, pratiquement tout le monde est croyant. Il semble aller de soi que transcendance et immanence sont un. Je ne sais pas si la société est plus tolérante ou plus juste pour autant, je ne la connais pas encore assez, mais le fait est que les religieux ont souvent lutté pour les droits des engagés (Gandhi et ses collaborateurs), l’éducation pour tous (Jean Le Brun, fondateur de l’Église presbytérienne), ou encore  l’abolition de l’esclavage. La religion n’est donc pas vécue comme un « opium du peuple », mais comme la recherche d’une vie meilleure pour tous.

Je me sens bien dans une telle perception de la religion. Temple hindou, église catholique ou mosquée, on se sent le bienvenu, même si on ne partage pas la religion. Je me sens à l’aise dans une telle société. C’est si différent de la France, où la suspicion pèse sur toute religion. Pour moi, la religion, ou plutôt la foi, est une dimension naturelle et qui donne du sens pour l’humain et je me reconnais dans l’esprit de tolérance et d’accueil vécu ici.

Eglise Saint Columba à Phoenix

 

Mais comme toujours, tout n’est pas rose pour autant. Ainsi, il paraît que lors des recensements, le gouvernement (issu de la majorité hindoue) cherche à occulter les milliers de conversions des hindous au christianisme, notamment vers les mouvements évangéliques et pentecôtistes. Certains disent que le dialogue interreligieux sert notamment à éviter « que tout n’explose ». Lors des mariages mixtes de femmes chrétiennes avec un homme hindou ou musulman, souvent ces dernières doivent quitter leur religion d’origine. Mais est-ce là une question de religion ou de relation entre les sexes ?

Certes, je pense qu’au fond, chaque religion (mais pas pour autant chaque croyant !) a la conviction de détenir la vérité. Mais si cela n’empêche pas de vivre en tolérance avec le voisin qui ne croit pas la même chose, cela me va. Si cela permet de pratiquer en toute simplicité, cela me va. Car au fond : God is One… même si les religions sont multiples. »

Iris Reuter




La Réunion : « promouvoir la vie protestante »

Pour le protestantisme, la Réunion est un enjeu important. Le pasteur Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, s’est rendu sur place. Compte-rendu.

Centre protestant de La Réunion à Saint-Denis

 

Contexte

La Réunion est une île à majorité catholique mais, selon le mot de Bertrand Vergniol, avec « un milieu religieux ébouriffé » ! C’est de « la responsabilité du Défap de participer à y instaurer une vie d’Eglises basée sur le système du protestantisme historique », rappelle-t-il. En effet, il est « important d’avoir une présence protestante à La Réunion laquelle, dans l’ensemble religieux, représente ce système où les communautés sont à la fois locales et appartiennent à un ensemble plus universel ».

C’est « vrai pour toutes les Eglises que le Défap soutient, ajoute-t-il. Le religieux est une donnée fondamentale de la vie sociale, le Défap doit donc promouvoir la vie protestante classique basée sur la confiance et la délégation ».

Mission

En compagnie de Norbert Lamy, interlocuteur de l’Eglise Protestante de la Réunion (EPR) pour son projet immobilier, le pasteur Vergniol a examiné le projet de construction d’un centre dans le sud de l’île.

Il existe déjà un centre protestant dans le nord de l’île, et l’Église souhaite en construire un dans le sud (cf. interview de Mme Perle Ravoninjatovo, présidente de l’EPR).

L’Église a donc tenu une Assemblée générale extraordinaire pour étudier la faisabilité de ce projet et envisager l’apport possible du Défap. Restent à étudier les finances et l’aspect juridique. Si tout se passe bien, le Centre Martin Luther King devrait pouvoir voir le jour. Par ailleurs, le Défap accompagne l’EPR de manière continue, notamment en y envoyant, avec la Cevaa, les deux pasteurs actuellement en poste.

Perle Ravoninjatovo, Norbert Lamy, Pasteur Véronique Weissbach

 

Rappel

L’EPR est une Eglise attachée au Défap et à la Ceeefe (Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur), et membre de la Cevaa. Le Défap accompagne cette Eglise sur le plan pastoral mais aussi dans ces projets : il participe ainsi à sa vie financière et spirituelle.




21 mars : une cérémonie à la mémoire d’Éric de Putter

Éric de Putter © Défap

Le 8 juillet 2012, Éric de Putter, musicologue et docteur en théologie, mourait poignardé à son domicile à Yaoundé. Il avait 31 ans. Envoyé au Cameroun par le Défap, en tant que Volontaire de Solidarité Internationale, il enseignait depuis deux ans l’hébreu, l’Ancien Testament et les religions comparées à l’UPAC (Université protestante d’Afrique centrale), au sein de la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses.

À ce jour, cet assassinat reste impuni. En dépit des demandes réitérées des proches d’Éric de Putter, des démarches incessantes du Défap et de la famille auprès des autorités judiciaires françaises et camerounaises, l’enquête n’a toujours pas abouti.

À l’occasion de la prochaine Assemblée Générale du Défap, le 21 mars, un arbre sera planté dans le jardin du 102 boulevard Arago, et une plaque dévoilée, à la mémoire d’Éric de Putter. Afin de marquer l’engagement de tous ceux qui l’ont connu, qui l’ont aimé, qui ont travaillé à ses côtés, de continuer à œuvrer pour que la vérité soit connue. Afin, aussi, que la volonté d’équité, l’exigence intellectuelle et morale continuent à se faire entendre, au près comme au loin.

Cette cérémonie réunira le Défap et l’association Semeurs de Liberté, créée pour honorer la mémoire et faire vivre les idéaux d’Éric de Putter, pour « refuser la résignation et affirmer qu’un autre monde est possible ». C’est d’un même refus de se résigner que témoignent aujourd’hui le Service protestant de Mission, et, au-delà, le protestantisme français tout entier. Un même refus du silence, une même volonté de justice pour Éric de Putter.




Éric de Putter assassiné pour avoir dénoncé la corruption ?

Cet article a été publiée dans l’hebdomadaire Réforme le 13 septembre 2012.

Éric de Putter © Défap

Le Défap-service protestant de mission organise une cérémonie le 15 septembre à 15 h, en hommage à Éric de Putter, assassiné le 8 juillet à Yaoundé, au Cameroun.

Éric de Putter, trente et un ans, était envoyé par le Défap depuis deux ans, il enseignait l’hébreu comme professeur de théologie et de sciences religieuses auprès de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC). Il a été poignardé, sans motif apparent, à son domicile. Cet événement tragique est survenu quelques jours avant son départ définitif du pays.

Le Défap-service protestant de mission organise une cérémonie le 15 septembre à 15 h, en hommage à Éric de Putter, assassiné le 8 juillet à Yaoundé, au Cameroun.

Éric de Putter, trente et un ans, était envoyé par le Défap depuis deux ans, il enseignait l’hébreu comme professeur de théologie et de sciences religieuses auprès de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC). Il a été poignardé, sans motif apparent, à son domicile. Cet événement tragique est survenu quelques jours avant son départ définitif du pays.

Deux personnes ont été arrêtées depuis, même si, pour l’instant, les faits qui justifient leur arrestation ne sont pas connus. Début août, le pasteur centrafricain Barko Nardo, qui avait suivi les cours d’Éric de Putter, a été arrêté. Il est soupçonné de complicité dans l’assassinat. Le 23 août, un second pasteur a été placé en détention provisoire. Jean Bosco Nguen n’est pas n’importe quel pasteur, c’est le doyen de l’Université protestante d’Afrique centrale où travaillait l’enseignant.

Selon Radio France Internationale, différents témoignages ont fait état de relations tendues entre Éric de Putter et les responsables de l’université. Il dénonçait notamment la gestion de celle-ci, ainsi que la corruption et le plagiat qu’il avait pu constater.

Selon d’autres sources citées par le site Internet Afrik.com, l’enseignant avait invalidé la thèse du pasteur centrafricain, ce que l’intéressé a confirmé tout en niant son implication dans le meurtre.

Au vu des mauvaises relations avec les responsables de l’université, l’enseignant avait prévu d’avancer son départ pour la France.

Selon Marc Pernot, pasteur de l’Oratoire, paroisse parisienne qui devait accueillir le couple à son retour, le théologien avait dénoncé sur son blog la situation dans le pays, quelques mois auparavant. « Nous pensions venir partager un projet ecclésial et communautaire. C’est bien plutôt la lutte individuelle, la querelle des clochers, la compétition entre les Églises, et sans rire, cela se traduit dans le vocabulaire académique enseigné aux futurs pasteurs : compétitivité, croissance, rendement… »

Il parlait également d’omerta : « “La bouche qui mange ne parle pas”. La corruption a cet effet pervers de favoriser l’omerta. La majorité a quelque chose à se reprocher, donc personne ne parle, de peur de voir ses propres méfaits dévoilés et la honte s’abattre. Mais la justice ne peut se fonder que sur la vérité. Et la société ne peut avancer que sur la justice. »

Réaction de l’Ambassadeur

« L’ambassade exprime toutes ses condoléances et sa compassion à la famille du théologien qui a été assassiné au Cameroun », a rappelé monsieur Mbella Mbella, Ambassadeur de la république du Cameroun en France. Il a ajouté qu’il « partage la peine et la douleur de la communauté protestante ». Il est convaincu que ce triste événement ne remettra pas en cause les relations entre les Églises de France et celles du Cameroun, quelle que soit l’issue de cette triste affaire. « Ces relations sont séculaires et remontent aux années 1800. Au XIXe siècle, des missionnaires ont bravé tous les périls pour asseoir la foi chrétienne. » L’Ambassadeur ne veut pas croire que ces relations séculaires seront remises en question.

« L’affaire est entre les mains de la justice camerounaise et il faut laisser l’instruction judiciaire suivre son cours. Le Cameroun vit en paix », a-t-il précisé. Il ne souhaite pas que cette affaire crée une psychose. C’est la première fois, à sa connaissance, qu’un tel drame se produit.

À propos des rumeurs de plagiat, concernant la thèse que Éric de Putter a refusée de valider, l’Ambassadeur Mbella Mbella soutient que le pays possède un arsenal juridique pour réprimer ce type de dérives. Interrogé sur les arrestations des deux pasteurs, il explique que le doyen arrêté a été mis à la disposition de la justice. Il est présumé innocent. L’Ambassadeur a toute confiance en la justice de son pays. L’entourage d’Éric de Putter voudrait le croire…

Par Antoine Nouis