Togo : « l’hôpital de l’Espérance »

En mai, Timothée, Myriam, Jean, Heidi et Daniel Deglon, envoyés à Mango, au Togo, nous donnaient de leurs nouvelles.
L’hôpital de l’Espérance

 

« Déjà deux mois qu’il est ouvert ! Myriam y partage son mi-temps entre une journée par semaine à la consultation de jour et une garde par semaine (entre vingt-quatre et vingt-huit heures) à l’hôpital. Au-delà du travail médical lui-même, nous sommes reconnaissants de voir quel outil peut être cet hôpital.

 

Devant l’hôpital

 

Il l’est autant dans des situations encourageantes, comme celle de cette femme mordue par un serpent et qui se trouvait dans un état critique, dont la vie a été sauvée par un antipoison – ce malgré les délais. (…) mais également dans des situations plus difficiles, comme un de nos voisins en consultation qui annonce à Myriam que son foie est en grande partie détruit par le cancer et qu’il n’y a aucun traitement possible… C’est l’occasion d’annoncer l’Evangile (et d’en offrir un). »

 

A l’hôpital

Un début de ferme

 

« Nous avons pu installer une petite ferme sur le terrain de l’hôpital. Une partie de cette bâtisse a été financée par la vente d’un taureau que la mairie nous a donné pour nous remercier de cet hôpital ! Le reste l’a été par les aumôniers de l’hôpital et nous-mêmes.

 

La ferme est là pour contribuer financièrement aux soins des malades, et être un exemple autant que possible au niveau de la gestion d’une ferme, de la restauration des sols et de l’élevage.

 

La ferme

Récemment, un père venant de perdre son enfant à l’hôpital, a pu payer en nature une partie de sa facture, avec un mouton et une chèvre « à l’embouche » : c’est-à-dire que nous engraisserons et revendrons au bon moment. C’est une petite aide et une façon de partager quelque chose de commun avec les Mangolais, qui sont tous ou presque agriculteurs. »

L’Eglise « Bel Amour »

 

« Les premiers missionnaires arrivés à Mango avaient rapidement constitué un petit groupe de chrétiens, dont certains venaient du sud, mais quelques-uns de Mango : l’Eglise « Bel Amour ».

 

Au culte

 

Le groupe s’est aujourd’hui étoffé, avec l’arrivée d’une partie du personnel chrétien de l’hôpital venue du sud. Nous avons vraiment à coeur d’encourager cette Eglise à être tournée vers la ville et la région : que sa conduite soit « honorable » aux yeux des gens de l’extérieur, et que les gens du sud puissent s’adapter à la culture du nord et être eux-mêmes des missionnaires. »

 




Session de formation des envoyés : une diversité des profils

En ce moment a lieu au Défap la session de formation des envoyés : préparation des futurs envoyés avant leur départ en mission.
Une grande diversité

 

Cette session est sans doute parmi les plus diverses qu’ait connue le Défap : les envoyés viennent d’horizons très différents.

On remarque cependant toujours des problèmes de recrutement dans notre réseau d’Eglises : beaucoup d’envoyés viennent d’Eglises évangéliques et/ou indépendantes.
Par ailleurs, la plupart des envoyés de cette session découvre le Défap au travers de leur mission.

 

Mais cette diversité n’est pas forcément une mauvaise chose ! Elle fait du Defap un lieu de rencontre entre toutes ces tendances du protestantisme. Grâce à cette diversité, la formation se déroule dans une bonne ambiance, avec une forte cohésion entre les participants.

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

 

Débat autour des relations avec les Eglises d’accueil

 

Au niveau contenu et formation, les envoyés ont discuté de divers sujets : géopolitique, découverte du Défap, interculturalité, témoignages d’expérience, relations avec l’Eglise d’accueil etc.

 

Des débats ont eu lieu autour de la question du dialogue interreligieux et des relations avec les Eglises d’accueil. Une grande question est revenue : jusqu’où est-on prêt à aller dans le compromis avec les Eglises d’accueil pour composer avec des manières qui ne sont pas les nôtres ?

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

Tous les envoyés n’ont pas la même opinion, ce qui a enrichi le débat. Il est d’ailleurs étonnant de constater que certains envoyés sont hors de tout réseau religieux : ils se sont très bien intégrés et il semble qu’ils n’auront aucun problème à s’intégrer dans les Eglises d’accueil.

 

Au culte d’accueil, Jean-Luc Blanc leur a dit que leur mission est « plus d’apprendre des autres que de leur donner ».

 

A suivre : un écho du culte d’envoi et de l’évaluation de la formation.

 




Formation à l’islamologie : comprendre l’autre

Dans un souci de meilleur vivre-ensemble et de dialogue interreligieux, le Défap a ouvert un programme de bourses pour une formation à l’islamologie. Une première « promotion » est sortie fin juin 2015. Présentation et impressions.
Le programme

 

Ce programme a consisté à donner des bourses à cinq étudiants pour qu’ils étudient et obtiennent le certificat en islamologie de l’Institut al-mowafaqa de Rabat, au Maroc.
Cette première expérience a été un succès.

 

Les bourses pour l’Institut Œcuménique de Théologie ont été attribuées à un étudiant français en théologie, deux pasteurs centrafricains, une jeune pasteure camerounaise et une journaliste de l’Eglise sénégalaise.

 

Ce certificat de six mois d’initiation à l’islamologie est reconnu par l’université de Strasbourg. Il a pour but de former des gens dont ce n’est pas la spécialité mais qui travaillent ou sont en contact avec des musulmans, afin qu’ils comprennent mieux cette culture religieuse.

 

Cette première session a bien fonctionné, et les organisateurs espèrent que l’expérience sera renouvelée.

Le ressenti des étudiants

 

Les boursiers concernés étaient tous très contents d’avoir l’occasion de participer à ce programme. Ils l’ont trouvé très difficile : en six mois, ils ont dû apprendre l’arabe classique afin de lire des textes du Coran.
Les professeurs qu’ils ont eus, de grandes pointures en islamologie, ne réalisaient pas toujours que des chrétiens n’avaient pas de connaissances, ne seraient-ce que basiques, en culture islamique.

 

Les étudiants ont fait un rapport sur leur formation. Ils ont également dû faire, pour valider le certificat, une soutenance de fin de programme.

 

La pasteure camerounaise a soutenu sur le sujet « le dialogue interreligieux face au djihad ».

 

La pasteure camerounaise en train de présenter sa soutenance

Voici un extrait de son texte de soutenance :

« L’actualité est de plus en plus marquée par la manifestation des actes violents posés au compte du djihad. Le concept est donc connu par les sociétés entières, voire le monde entier, sans que l’on ait recours au sens fondamental de cette réalité. (…) Aujourd’hui, les medias ne s’embarrassent guère de nuances en traduisant le terme djihad par « guerre sainte ». (…)

 

La paix dans le monde commence par la paix dans nos quartiers, dans nos rues, en faisant que chacun devienne ambassadeur et responsable. Cela passe par une action concrète : rendre visite à son voisin, organiser un repas entre deux communautés religieuses pour ne citer que ceux-là. Pour bâtir un monde plus fraternel, il faut pouvoir conjuguer spiritualité et action, former aussi les jeunes musulmans et chrétiens à une vision juste du djihad. Car, un enracinement insuffisant en sa propre foi, une connaissance et une compréhension insuffisantes de la croyance et de la pratique des autres religions, peuvent mener à de fausses interprétations.

Pour affronter donc, les défis du dialogue avec l’Islam, il faut apprendre à affiner ses jugements, à déconstruire certaines certitudes, à relativiser certaines croyances et à redécouvrir le message intemporel et universel du Coran.  Déconstruire pour construire est un passage obligé, pour pouvoir discerner dans l’héritage des musulmans, la part du juste et du faux, la part d’utile à eux et à l’autre. 

Déconstruire pour construire, c’est aussi cesser de regarder le djihad, comme étant un problème lié à l’Islam, à l’arabe, au musulman. Nous pensons qu’il est impératif, de regarder le djihad tel que mené aujourd’hui, comme un fléau qui mine la société entière. »

 

Par ailleurs, un des pasteurs centrafricains a donné son ressenti sur la formation :

 

« J’ai beaucoup apprécié la manière avec laquelle nous avons été amenés dans les réflexions et échanges. Ceci a permis une réflexion active de tout le monde qui, malgré notre arrière-plan socio-culturel et religieux, notre vision du monde diverse, des approches différentes ont finalement rendu compte des enjeux des points inscrits aux débats. Je ne peux pas non plus oublier ces moments de partage libre, si enrichissants, où les expériences des uns viennent authentifier celles des autres. Oh ! C’est merveilleux cette formation ! »

Les avantages du programme

 

Cette formation a été bénéfique, notamment lorsque l’on sait que les pays où vivent les étudiants financés par le Défap possèdent une importante communauté musulmane : le Sénégal est majoritairement musulman, le Cameroun possède des problématiques liés à l’Islam au nord, la Centrafrique connaît des soucis de cohabitation entre les différentes cultures religieuses, et la France a un problème grandissant d’islamophobie.

 

Ces personnes vivant dans des zones où les relations avec les musulmans sont difficiles, il paraissait important de les « former » afin qu’ils aient une vision différente et plus juste de l’Islam, pour que la vie en communauté soit facilitée. Mais aussi, il est important qu’ils diffusent leurs connaissances autour d’eux.

 

Le Défap va suivre ce qu’ils vont faire, pour voir comment les choses peuvent avancer avec eux, et s’ils peuvent continuer leur réflexion en islamologie.

L’association espère également que plus de Français vont venir se former et utiliser leur connaissance en islamologie dans le réseau des paroisses.

 

L’idée de ce programme est de favoriser le dialogue interreligieux par une meilleure connaissance des autres cultures.

 

Pour en savoir plus sur l’Institut al-mowafaqa

 




Cameroun : témoignage d’un envoyé au Centre Technique de Garoua

Voici le deuxième témoignage de Nathan, envoyé en mission longue au Cameroun. De retour à Garoua, il atteste d’une réelle évolution et manifeste son engouement pour la vie sur place.
L’avancée du CTG (Centre Technique de Garoua)

« Il y a deux nouvelles salles de classe qui ont été construites au CTG », écrit Nathan.

Il explique les différents travaux qu’il entreprend : « Au CTG, je travaille principalement sur la conception de machines. Nous avons pu fabriquer un nouveau presse-brique, différentes machines pour un processus de fabrication de charbon à base de végétaux carbonisés, et, actuellement, j’ai lancé la fabrication d’une presse à huile manuelle.
A côté de ces nouveautés, nous avons déjà une gamme de produits que nous continuons de fabriquer en fonction des commandes (ex : lits et brancards pour l’hôpital).
»

 

Vie et travail au collège polyvalent

Avec grande joie, Nathan nous informe que « la classe de 5ème s’est ouverte au Collège Polyvalent » et que « le dernier jour d’école de 2014, le Collège a organisé une matinée animée par les élèves : sketches, danses, chants, avec pour finir les remises de bulletin et les tableaux d’honneur. »

« Sinon, côté boulot, j’ai installé un programmateur pour la sonnerie qui se déclenchait manuellement jusque-là. La récolte du matériel continue grâce aux donateurs. Le conteneur devrait voyager cet été. »

 

Carte du Cameroun (Source : Google Maps)

En rouge, Garoua

Fêtes et vie sur place

Comme partout au Cameroun, les coutumes ne font pas défaut.

« J’ai pu aussi assister à la fête traditionnelle des Sawa, qui est le peuple côtier du Cameroun. La fête « Ngondo » dure une semaine avec différentes manifestations : lutte traditionnelle, danse, élection de Miss Ngondo, course de pirogue et, à la fin, une soirée de gala. Cette année le thème était : l’espoir. »

 

Les fêtes de fin d’année, quant à elles, « sont très différentes de celles que l’on a en France », écrit-il. D’une part, parce-que « je n’ai pas pu les passer dans mon village comme d’habitude », mais surtout parce-que « nous avions des inquiétudes sur ce que Boko Haram (le groupe terroriste d’origine nigériane qui fait des incursions au Nord Cameroun, ndla) pouvait faire. Il n’y a pas eu d’incident dans la région Nord que je sache, mais nous suivons les informations comme vous à la télé, à la radio, aux blablas…  »

Fin janvier fut l’occasion pour Nathan de se présenter à l’UEBC (Union des Eglises Baptistes du  Cameroun) lors de leur conférence à Douala.

 




Laos : une belle expérience et un départ plein d’émotions

Après six mois sans nouvelles, Nathanaël, envoyé au Laos, nous dévoilait ses dernières impressions et les interventions mises en place dans cette ultime lettre.
L’amélioration du quotidien

« La fin de l’année a été consacrée  à reformer les villageois sur l’importance d’améliorer les techniques agricoles telles que vacciner ses animaux pour prévenir les maladies, comment élever un cochon quand il est dans un enclos, ou bien pourquoi utiliser des produits naturels pour améliorer le sol de son potager ou prévenir les invasions de pucerons sur ses légumes. Ce sont des notions qui demandent du temps pour être comprises et mises en pratique car abstraites, anticipatives et nouvelles.

 

Nous avons eu un beau cadeau de Noël pour un village de 120 familles avec la mise en service du système d’adduction d’eau individualisé. Ce projet entrepris six mois en amont est arrivé à son terme juste avant les vacances de Noël et a permis à toute une communauté d’améliorer son quotidien et de se développer rapidement. Ainsi chaque famille a mis en place un superbe potager à côté de la maison, peut maintenant se laver avec de l’eau propre sans parcourir des grandes distances pour accéder à l’eau de la  rivière souvent sale et peut utiliser les toilettes construites avec facilité. […]

 

Nous avons aussi poursuivi l’amélioration de l’accès à l’eau […] dans nos quatorze villages et proposé à chaque famille d’avoir des toilettes si elles le désiraient. Enfin, un travail important de suivi pour les leaders des villages a été fait, nombreux sont ceux qui ont commencé à montrer l’exemple en ayant des toilettes et en les utilisant, en mettant les animaux en enclos, en ayant un potager à côté de la maison, en ayant une poubelle pour y jeter les déchets et en creusant un trou pour les brûler. Même si cela reste fragile et demande un suivi constant, la différence avec les villages avoisinants est visible.

 

 

Toutes ces améliorations ont été  récompensées il y a quelques semaines par les autorités du département de la santé qui ont déclaré cinq de nos villages cibles, village modèle au niveau de la santé. […] Il reste encore beaucoup à faire mais ces changements et distinctions encouragent à persévérer et poursuivre le travail commencé il y a déjà une année et demie. »

 

Une évolution des habitudes

 

« Le début d’année a été froid pour nous jusqu’à la mi-février, avec des nuits à 12°C. Nous en avons profité pour former nos communautés à la nutrition, les soins à apporter aux mamans et jeunes enfants, à parler planning familial et égalité des sexes. Ce sont des éducations villageoises qui sont données […] sur la place publique du village et des activités en lien avec l’éducation qui sont mises en pratique, comme par exemple les moyens de contraception existants ou encore le partage des tâches au sein de la famille avec la propreté de la maison et de ses alentours, qui n’incombe pas seulement aux femmes et aux filles. »

 

La gestion des projets

 

« Ces dernières semaines ont été aussi bien chargées car nous sommes déjà à la moitié du projet qui se terminera en juillet 2016. Moitié du projet veut dire évaluation pour voir si les objectifs fixés sont atteints. Ainsi, nous avons dû refaire notre enquête socio- économique pour pouvoir la comparer à celle réalisée en début de projet et la soumettre à nos donateurs. Nous avons aussi été évalués par nos partenaires locaux, les autorités, pendant plusieurs jours. Reste à attendre les conclusions. Se rajoute à cela une nouvelle activité d’éducation dirigée par Lydia qui prend enfin forme sur le terrain après des mois de préparation : la formation de villageois volontaires dans deux villages cibles. En plus de ce travail quotidien, une autre activité m’occupe bien en ce moment c’est la phase de transmission avec Thomas qui sera à partir du 1er mai le nouveau chef de projet. »

 

Beaucoup d’émotion

 

Durant ces six années passées au Laos, Nathanaël a vécu une expérience inoubliable. Il en gardera de nombreux souvenirs dont son plus beau Noël « passé à la ferme, au calme, avec la venue de mes collègues pour le réveillon. J’ai eu un très beau cadeau. En allant faire du vélo dans les villages, je suis tombé sur un petit groupe de personnes qui avaient des livres, ce qui est très rare dans nos villages. Quand ils s’approchent de moi, je remarque qu’il s’agit de la Parole. Nous avons pu échanger pendant un long moment  sur ce que nous vivons, […] et pleins d’autres sujets. Ce fut très encourageant pour moi de voir ces frères persévérer dans leur foi, malgré l’isolement. »

 

Par la suite Nathanaël a décidé de rentrer. « Décision qui n’a pas été facile à prendre car j’aime beaucoup être avec ces communautés qui m’apportent beaucoup, mais avec le recul je suis reconnaissant de l’avoir prise car j’ai besoin de repos. […] Je suis reconnaissant au Maître de m’avoir envoyé ici, de m’avoir équipé pour le servir pendant ces six belles années passées au Laos, pour ce qui a été semé, ce qui a déjà germé et ce qu’il fera encore germer. »

 




Cameroun : les envoyés et le président

L’ambassade de France à Yaoundé organise une soirée pour la visite du président et invite les ressortissants français, dont deux envoyés du Défap.

Aujourd’hui, vendredi 3 juillet, le président François Hollande est en visite à Yaoundé, première visite d’un président français depuis Jacques Chirac en 1999.

 

A cette occasion, l’ambassade de France au Cameroun invite 500 ressortissants français pour la soirée afin de rencontrer le président.
Deux envoyés du Défap sur place, Marianne et Romain, vont se rendre à cet événement.

 

Marianne et Romain

 

Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur leur présence et mission au Cameroun, ces deux envoyés tiennent un tumblr.

 




Philippines : « une entreprise solidaire »

Salomé a été envoyée aux Philippines, pour travailler au sein de PeaceBuilders Community dans le but de développer le commerce équitable. Voici son témoignage.

« Aux Philippines, j’ai travaillé à PeaceBuilders Community, une mission qui essaie de bâtir la paix aux Philippines.

 

PeaceBuilders a commencé une entreprise solidaire, Coffee for Peace, qui travaille avec des cultivateurs de café selon les principes du commerce équitable. Dans les faits, PeaceBuilders et Coffee for Peace sont très liés et je travaille finalement un peu pour les deux. (…)

 

Au début de mars dernier, je suis retournée à Kalinga, avec une amie et collègue. Pour cette visite-là, nous portions la casquette Coffee for Peace, puisque nous étions surtout chargées d’accompagner le développement de la petite entreprise solidaire qui, à terme, va soutenir PeaceBuilders Kalinga.

 

Salomé à Kalinga (Source : Salomé Haldemann)

 

Coffee for Peace Kalinga produira et vendra  certes  du  café, mais  aussi  du  savon. Pourquoi du savon? À Kalinga, faire et utiliser des savons maison est un petit pas vers plus de justice  économique : le savon est fait à partir de produits locaux comme l’huile de noix de coco, et les recettes vont aux communautés qui ont extrait l’huile et fait le savon, au lieu de quitter  la région pour enrichir les multinationales !

 

Au bureau, Kuya  Dann avait décidé de nous former un  peu  plus à la théorie de notre action. Depuis janvier, nous  avions  des livres  à  lire  pour en discuter. Nous  avions  commencé  avec  la  théologie  de la paix dans l’Ancien et le Nouveau testament, et nous avons continué notre route avec le message politique de Jésus, pour aller ensuite vers les théories et la pratique de la construction  de la paix. Ces lectures, et surtout les discussions qui ont suivi, ont été l’occasion d’échanges très intéressants et qui m’ont fait bien réfléchir. (…) »

 




Attentats au Tchad : situation des envoyés

N’Djamena, capitale du pays, a été touché par plusieurs attentats-suicide le lundi 15 juin dans la matinée.

Au moins quatre explosions ont retenti, hier 15 juin, dans le secteur de la Direction de la Sécurité publique et du Commissariat central ainsi que vers l’école de police, des endroits stratégiques et proches du pouvoir.

Ces attentats-suicide auraient fait vingt-sept morts, dont les quatre kamikazes, et plus de cent blessés. Ils ne sont pas encore revendiqués, mais les autorités soupçonnent fortement le groupe terroriste nigérian Boko Haram. En effet, près de cinq mille soldats tchadiens sont actuellement engagés dans la force sous-régionale qui lutte contre ce mouvement au Nigeria, au Niger et au Cameroun, et N’Djaména devrait bientôt servir de base à son état-major.

 

Carte du Tchad (Source : Google Maps)

 

Le Défap a quatre envoyés dans la capitale tchadienne. Ils vont bien et sont en contact permanent avec l’ambassade de France pour les questions de sécurité et limitent, dans la mesure du possible, leurs déplacements en ville.

Les communications téléphoniques sont perturbées mais ils ont pu entrer en contact avec leurs proches, avec le Défap ainsi qu’avec leur association porteuse.

Les mesures de contrôle ont été intensifiées en ville et chacun reste vigilant.

Les prières de nos communautés et de nos Églises sœurs vont vers les Tchadiens et tous les résidents de ce pays.

 




Tunisie : la situation apaisée

Laura Casorio, chargée de l’envoi des personnes au Défap, a rendu visite aux envoyés en Tunisie.

Rencontre avec des membres de France Volontaires et un envoyé du Défap en Tunisie

Plusieurs envoyés travaillent à Tunis dans le cadre du programme d’envoyés du Défap – Volontaires de Solidarité Internationale (VSI) et services civiques – directement ou en collaboration avec d’autres organisations missionnaires partenaires.

Laura Casorio a ainsi pu rencontrer tous les envoyés du Défap en Tunisie à plusieurs occasions. Cela lui a permis « d’avoir une vision un peu plus élargie du contexte dans lequel ils vivent ainsi que de créer des liens et de mieux [les] connaître et réciproquement ».

 

Elle précise que « tous [les] envoyés se sentent en sécurité et intégrés dans la vie de la ville [de Tunis] ». Malgré les évènements au musée du Bardo en mars dernier, la vie a repris son cours.
Les envoyés respectent toujours certaines consignes de base (fréquentation de certains quartiers, horaires etc.) mais ne sentent pas un climat d’insécurité.

La plupart tente de s’intégrer à la vie locale avec notamment l’apprentissage de l’arabe et le tissage de liens avec des locaux.

Les partenaires du Défap en Tunisie

 

L’association France Volontaire, avec laquelle le Défap entretient une importante collaboration, a installé un siège en Tunisie il y a quelques années.

 

L’école Kallalline est présente à Tunis depuis 150 ans. Depuis 2000, elle travaille avec quatorze classes de vingt-six élèves (suivi du programme tunisien jusqu’au niveau 6ème, avec une insistance sur l’enseignement du français). Elle possède également un laboratoire d’apprentissage des langues étrangères destiné aux adultes. Actuellement, le Défap a deux envoyés en service civique (en mission d’appui au soutien scolaire, à la surveillance et aux ateliers artistiques) et trois VSI engagés dans l’enseignement et la pratique du français.

 

L’Eglise réformée de Tunis, multiculturelle et francophone, est également un partenaire du Défap.

 

 

L’atmosphère est plutôt positive dans le groupe des envoyés du Défap et au sein de l’ERT. La situation du pays est pour le moment plutôt apaisée, malgré quelques tensions aux frontières avec l’Algérie et la Lybie.

 

En septembre 2015, quatre nouveaux envoyés du Défap se rendent en Tunisie : deux services civiques et deux VSI.

 




ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

« L’Après Bac Service » (ABS) est un programme dédié aux étudiants de Nouvelle-Calédonie dans lequel le Défap est très investi. Présentation à l’occasion de la prochaine rencontre qui aura lieu fin juin à Sète.

Carte de Nouvelle-Calédonie (Source : Google Maps)

Soixante étudiants de Nouvelle-Calédonie viennent se former en France chaque année, tous niveaux confondus. Dans ce cadre, le Défap assure le suivi extra-scolaire de ces étudiants. Pour le suivi scolaire, c’est l’organisme A.C.E.S.T.E qui s’en occupe. C’est le ministère des Outre-mer qui finance ce programme.

 

Objectifs du programme

Ce programme est destiné aux jeunes Calédoniens qui viennent d’avoir leur bac et souhaitent suivre des formations qui n’existent pas en Nouvelle-Calédonie. Il vise à impliquer les jeunes Calédoniens dans la vie de leur pays en leur donnant une possibilité d’accès aux fonctions de cadre, la plupart des ABS retournant en Nouvelle-Calédonie après leur formation.

En effet, jusque dans les années 1990, il n’existait aucune formation supérieure en Nouvelle-Calédonie, et elles restent encore rares aujourd’hui. Tous les étudiants devant partir pour suivre des formations supérieures, leur accès était donc réservé à ceux qui possédaient des moyens importants, et donc excluait en grande partie les populations locales, les Kanaks. (Pour en savoir plus sur la Nouvelle-Calédonie).

 

Origine du programme au Défap

 

Ce programme a été créé par Lucette Poigoune pour les étudiants qui sortaient du bac et ne savaient pas bien se débrouiller en métropole. Le Défap possédant une expérience en Nouvelle-Calédonie et dans le domaine de l’expatriation et de l’échange de personnes, il était logique qu’il participe à son lancement.

Nouvelle promotion : le rôle du Défap

 

Dans ce cadre, le Défap est chargé d’aider les étudiants pour les questions pratiques : logement et envoi, vérification et traitement des dossiers. Sachant qu’avant le départ, les étudiants suivent en général une remise à niveau et des conférences expliquant la situation en métropole, et que le Défap fait en sorte d’avoir réglé un maximum de questions administratives.

 

Durant la dernière semaine d’août, les étudiants arrivent à Paris. Le Défap s’organise pour aller les chercher à l’aéroport, les aide à finaliser les dernières démarches administratives et les amène dans la Maison de la Nouvelle-Calédonie, qui s’occupe de tous les Calédoniens présents sur le territoire de la métropole. Les étudiants, environ vingt-cinq à trente par an, restent trois jours au Défap. Ils sont ensuite accueillis dans leur ville d’étude.

 

Ce n’est pas tout : le Défap assure aussi un suivi en organisant deux à trois rencontres par an et en contactant régulièrement les étudiants. C’est une façon de vérifier que tout se passe bien pour eux, qu’ils n’ont aucun problème, de leur offrir un soutien ne serait-ce que moral.

Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils quittent la Nouvelle-Calédonie et se trouvent face à un style de vie très différent. Le Défap les accompagne dans cette phase d’adaptation afin que rien ne les empêche de réussir leurs études. Il n’est pas évident pour tous de trouver des repères dans un monde si différent du leur. Les retrouvailles, lors des rencontres organisées par le Défap, leur permettent aussi de renouer avec la vie communautaire à laquelle ils sont habitués.

 

Prochaine rencontre

En ce moment, le Défap prépare la prochaine rencontre qui aura lieu du 20 au 22 juin à Sète. Un Calédonien vivant en France et une pasteure envoyée en Nouvelle-Calédonie vont venir à la rencontre de ces jeunes.

 




« À Maurice, ‘God is One’ »

Iris et Frank Reuter sont partis trois mois à l’Île Maurice dans le cadre d’une activité missionnaire. Ils assurent des formations sur les activités d’animation et s’occupent de l’école du dimanche. Ce projet de travail avec l’Eglise est soutenu par le Défap. Iris Reuter nous livre ici son témoignage.

« « Plus de la moitié des Français ne se réclament d’aucune religion », titre le journal Le Monde dans son édition du 7 mai 2015. Quelle différence avec la société d’ici, à l’île Maurice.

En balade au bord de la mer, j’arrive à la plage joliment dénommée « Le Bouchon ». Au bord de l’eau, un petit autel hindou. À quelques pas de là, une minuscule chapelle dédiée à Marie. Je roule en voiture et, au bord d’un port, quelques panneaux peints aux couleurs du drapeau mauricien (rouge comme le flamboyant, bleu comme le ciel, jaune comme le soleil, vert comme la canne à sucre), portent des inscriptions : l’environnement propre = santé. Et juste en dessous : « God is One ». Dans les villages, des murs sont peints avec des phrases : « Un esprit positif est un esprit paisible », ou « Un esprit positif est un environnement sain ».

Les religions, hindouisme, christianisme et islam, coexistent d’une manière naturelle. Chacun a son Dieu, pratiquement tout le monde est croyant. Il semble aller de soi que transcendance et immanence sont un. Je ne sais pas si la société est plus tolérante ou plus juste pour autant, je ne la connais pas encore assez, mais le fait est que les religieux ont souvent lutté pour les droits des engagés (Gandhi et ses collaborateurs), l’éducation pour tous (Jean Le Brun, fondateur de l’Église presbytérienne), ou encore  l’abolition de l’esclavage. La religion n’est donc pas vécue comme un « opium du peuple », mais comme la recherche d’une vie meilleure pour tous.

Je me sens bien dans une telle perception de la religion. Temple hindou, église catholique ou mosquée, on se sent le bienvenu, même si on ne partage pas la religion. Je me sens à l’aise dans une telle société. C’est si différent de la France, où la suspicion pèse sur toute religion. Pour moi, la religion, ou plutôt la foi, est une dimension naturelle et qui donne du sens pour l’humain et je me reconnais dans l’esprit de tolérance et d’accueil vécu ici.

Eglise Saint Columba à Phoenix

 

Mais comme toujours, tout n’est pas rose pour autant. Ainsi, il paraît que lors des recensements, le gouvernement (issu de la majorité hindoue) cherche à occulter les milliers de conversions des hindous au christianisme, notamment vers les mouvements évangéliques et pentecôtistes. Certains disent que le dialogue interreligieux sert notamment à éviter « que tout n’explose ». Lors des mariages mixtes de femmes chrétiennes avec un homme hindou ou musulman, souvent ces dernières doivent quitter leur religion d’origine. Mais est-ce là une question de religion ou de relation entre les sexes ?

Certes, je pense qu’au fond, chaque religion (mais pas pour autant chaque croyant !) a la conviction de détenir la vérité. Mais si cela n’empêche pas de vivre en tolérance avec le voisin qui ne croit pas la même chose, cela me va. Si cela permet de pratiquer en toute simplicité, cela me va. Car au fond : God is One… même si les religions sont multiples. »

Iris Reuter




Paroles d’envoyés : Anaïs Greusard, envoyée en Égypte