Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.

« Mars a été un mois assez particulier. J’ai l’impression que tout s’est accéléré d’un coup. Les journées sont bien remplies, parfois un peu longues, mais intéressantes. Ces dernières semaines, ma mission a beaucoup évolué. Je suis moins dans l’animation pure et plus dans tout ce qui est capitalisation, analyse, mise en forme des données… C’est un travail plus “dans l’ombre”, mais qui permet vraiment de comprendre ce qu’on fait, pourquoi on le fait, et ce que ça produit concrètement.

En ce moment, c’est aussi une période assez chargée parce qu’on attend la venue d’un partenaire. Du coup, tout le monde est un peu en mouvement, on prépare, on ajuste, on vérifie. Il y a une certaine pression, mais aussi une bonne dynamique d’équipe.

À côté de ça, il y a eu des moments qui m’ont fait du bien.

En mars, j’ai eu la chance de voir un ami qui est lui aussi en mission au Cameroun et qui est passé. Franchement, ça m’a fait plaisir. Ça casse un peu le rythme, ça rappelle aussi qu’on n’est pas seuls dans ce type d’expérience.

Et surtout, il y a eu le 8 mars.

Dans la structure, les femmes ont organisé des sorties. Elles cotisent entre elles, elles choisissent un lieu, et elles se retrouvent pour passer un moment ensemble. Les hommes sont invités aussi, mais l’initiative vient vraiment d’elles. On danse, on discute, on rigole… et c’était vraiment une belle découverte pour moi.

Ça a d’ailleurs lancé des discussions en réunion, notamment sur le sens du 8 mars. Le directeur expliquait que pour lui, ce n’est pas une fête mais une journée de lutte, de mémoire, et qu’il trouvait ça dommage d’en faire quelque chose de festif.

Et en même temps, moi, en voyant ces moments-là, je me suis dit autre chose.

Je me suis dit que se retrouver, se détendre, danser, profiter… ce n’est pasrien. Dans des contextes où les femmes portent énormément entre travail, famille, responsabilités, le fait de s’autoriser ça, ce n’est pas anodin. Pour moi, c’est aussi une forme de liberté.

Je pense qu’au final, le plus important, c’est de laisser le choix.

Certaines vont vouloir militer, d’autres vont vouloir souffler. Et peut-être que les deux ont leur place.

Ce mois de mars a été assez riche émotionnellement. Entre le travail, les échanges, les débats, les moments plus légers… il s’est passé beaucoup dechoses.

Aujourd’hui, je commence aussi à penser à la suite. On m’a proposé de prolongerla mission, ce qui fait plaisir, forcément. Mais en même temps, je me prépare aussi à l’idée du retour en septembre.

Je crois que je suis un peu entre les deux : contente de ce que je vis ici, et en train de réfléchir à ce qui vient après.En tout cas, je reste vraiment reconnaissante pour cette expérience.

Malicka »

image_pdfimage_print