Le samedi 28 mars s’est tenue l’assemblée générale du Défap. La chapelle du Défap a accueilli plus de 60 personnes, bénévoles, anciens volontaires, membres d’Églises et d’organismes partenaires, venues assister à la rétrospective de l’année 2025.

Au programme : un culte animé par Cyrille Payot, pasteur de l’EPUdF, un bilan des activités présenté par l’équipe du Défap, plusieurs interventions autour du thème « Comment vivre l’Évangile dans un contexte de souffrance et de violence ? », ainsi qu’un temps d’échange.

assemblée générale Vincent Neme Peyron 2026

Introduction générale

Chers amis, J’ai la responsabilité de présenter ce rapport 2025 du Secrétaire Général alors que je n’ai exercé cette responsabilité que pendant un trimestre. Beaucoup de projets, d’initiatives, de déplacements ont été portés et vécus par d’autres que moi. En 2025, lors de son rapport, le pasteur Basile Zouma évoquait le passage du témoin lors d’un relais, témoin qu’il s’agit de transmettre sans le laisser choir ou ralentir sa course. Durant cette année, il y a eu deux passages de relais : en juillet 2025, Basile Zouma a remis le bâton à l’équipe des Secrétaires exécutifs qui ont assuré collégialement la coordination de cette maison. Puis, à partir du 15 septembre, ceux-ci m’ont transmis à leur tour le relais et j’ai poursuivi la course, avec l’équipe et le Conseil, à commencer par son président. Je suis donc heureusement tributaire des membres de l’équipe et de mon prédécesseur, qui, en bon français, a assuré, pendant plusieurs mois, un « back office » régulier. »

Ce rapport sera donc largement un rapport d’étonnement. En débutant, j’ai dû accomplir des tâches que je ne maîtrisais pas, comme les évaluations annuelles du personnel. Immédiatement, j’ai pu compter sur l’accompagnement bienveillant de l’équipe du Defap et je tiens à les en remercier. Cette équipe m’a impressionné par son implication, sa cohésion, sa capacité à échanger et rechercher le consensus. En 2025, l’équipe a évolué, avec le départ de Fanastina, assistante de Caroline et l’arrivée de Nomena comme VSI réciprocité à temps partiel, de Chloé à la Communication et d’Anne-Sophie au service envoi et réciprocité. Pour cette dernière, ce n’était qu’un retour aux sources !Cette évolution se poursuit en 2026 avec le départ de Maelle, chargée de mission pour les projets et la recherche de fonds et la préparation de la succession, douloureusement inévitable, de Claire-Lise Lombard, après quelques semaines de bons et loyaux services (1452 exactement, soit 27 ans et 11 mois).

La diversité des partenaires du Défap

Ce rapport d’étonnement concerne également la diversité des partenaires, des lieux d’engagement et des modalités d’action : échanges de personnes ; dialogue et élaboration théologique ; participation à des projets écologiques ou éducatifs ; bibliothèque et archives au service des étudiants, chercheurs ou journalistes; envoi et accompagnement des pasteurs dans les DROM ou Djibouti ; « dialogue triangulaire » avec des Eglises du Sud et des communautés en France ; implication dans la formation des futurs ministres de l’EPUdF et de celle des ministres venant d’autres Eglises et envoyés à l’UEPAL, l’EPUB et l’EPUdF ; cultes autour de la mission, l’interculturalité ou l’Eglise universelle ; rencontre avec des responsables d’Eglises étrangères avec qui nous nouons des partenariats ou des recteurs d’Université etc. Cette incroyable diversité peut, bien sûr, faire courir au Defap le risque de la dispersion et rendre son action peu lisible. Elle est au contraire une richesse, dès lors qu’elle concourt à la mission de l’Eglise : vivre et annoncer l’Evangile.

3ème élément de ce rapport d’étonnement : la diversité des partenaires Bien sûr, les premiers partenaires du Defap sont l’EPUdF et l’UEPAL. Ils sont même bien davantage que cela et c’est l’occasion de redire que le Defap n’est pas une association d’origine protestante satellisée à distance des Eglises ; elle est au service de leur mission. C’est pourquoi ses orientations sont fixées par les Eglises. C’est pourquoi une large majorité de son financement vient d’elles. C’est pourquoi la grande majorité des membres du Conseil sont nommées par les Eglises et son Secrétaire Général ou son président proposés par elles. C’est pourquoi le Defap est présent au synode national et aux neuf synodes régionaux de l’EPUdF, et à la commission mission de l’UEPAL. Avec Ulrich, avec Sibylle, nous échangeons des informations, mutualisons nos ressources. En 2025, le Defap a également participé au grand kiff et à l’animation de nombreuses soirées, cultes en paroisse, rassemblements consistoriaux. Il est également impliqué dans la formation initiale et continue des pasteurs. En 2025, les équipes du DEFAP ont participé à une session de formation des étudiants en MES et Jean-Pierre Anzala a participé activement à la session CPLR au Sénégal avant le « match retour » prévu en juin, au Defap. Des pasteurs, des Conseils presbytéraux et Consistoires ont également demandé au Defap de les aider à vivre plus heureusement l’interculturalité dans leur vie ecclésiale. A ce sujet, nous suivons de près le travail de Rodolphe Gozegba en Région parisienne qui ouvre des pistes très prometteuses. Clairement, de plus en plus de demandes adressées par les Eglises locales au Defap concernent cette dimension du vécu interculturel ou plutôt le passage d’une multiculturalité plus ou moins subie à un vrai partage interculturel. Le Defap participe également à la réflexion théologique, dans nos Eglises, fécondée par des apports d’ici et d’ailleurs ; je pense notamment aux jeudis du Defap ou à la préparation du forum d’octobre sur l’interculturalité.

Avec la CEVAA, une coopération étroite existe depuis nos origines communes depuis 1971. Le désir d’une plus grande efficacité d’action, la nécessité de nous adapter pour faire face aux contraintes financières et, pour la CEVAA, immobilières, tout cela nous a conduits, nos Conseils à étudier les mutualisations possibles, de l’accueil des archives de la CEVAA au Defap à la mise à disposition régulière de locaux de cette maison à la SG et au président de la CEVAA. J’aimerais citer un exemple de collaboration réussie : la théologienne béninoise Fifamé Gandounou a été invitée par des Eglises Suisses romandes. Une collaboration étroite a permis de faire bénéficier son séjour à l’IPT, au service des RI de l’EPUdF, au Defap, à la CEVAA, à l’UEPAL. Avec la CEPF, la coopération est tout aussi naturelle et même si Jean-Luc Blanc et moi débutions, j’ai pu m’appuyer sur l’expérience de ce dernier, légèrement supérieure à la mienne. En lien régulier, nous visitons ou nous nous répartissons les visites d’Eglises et les accompagnements de pasteurs dont nos instances sont responsables : La Réunion, les Antilles, la Guyane, Djibouti etc. Avec la CEPF, le Défap donne aux Eglises locales les moyens d’une présence luthéro-réformée dans des lieux souvent isolés, en grande proximité théologique mais qui ne peuvent vivre en synodalité avec les autres paroisses de l’EPUdF.

La coopération s’ouvre, bien entendu, à de nombreuses Eglises et lieux de formation théologiques, de par le monde. Jean-Pierre, Caroline et Anne-Sophie en donneront quelques exemples. J’aimerais juste insister sur l’importance du dialogue triangulaire. Le Defap est interpelé par des responsables d’Eglises comme l’Eglise évangélique du Congo pour mieux accompagner et structurer leurs communautés en France. Réciproquement, des communautés en France nous demandent de les aider à restaurer des relations de confiance avec leur Eglise « mère ».

Enfin, et là encore, Caroline et Anne-Sophie en parleront, le Défap coopère étroitement avec les associations portées, appartenant le plus souvent à la galaxie évangélique et nous ouvre ainsi sur une autre sensibilité théologique, avec une compréhension différente de la mission.

Une structure en mutation

4ème axe de ce rapport d’étonnement : je dirais, pour forcer le trait, que le Defap est une structure en cours de refondation, émanant d’Eglises qui se réforment, avec des instances sœurs comme la CEVVA et le DM contraintes de se réorganiser, le tout au sein d’une société française et d’un monde qui ne brillent pas par leur stabilité. Je ne vais pas trop insister sur l’état de notre monde mais rappeler néanmoins que le Defap est évidemment en communion avec les populations qui souffrent. Par ses envoyés et partenaires, par les chercheurs qu’elle reçoit, par des structures sœurs comme l’ACO, elle est informée de drames bien connus et d’autres qui le moins, comme celui des « enfants serpents » dont Benoit Amina nous parlera tout à l’heure. La situation internationale a également un impact concret sur le travail du DEFAP : des visas de plus en plus difficiles à obtenir, des envoyés à exfiltrer en urgence, des déplacements rendus impossibles par la situation sécuritaire, je pense notamment à Haïti ou au Sud Kivu. La situation française préoccupe également le DEFAP. Bien sûr, il y a la perspective d’une arrivée au pouvoir de partis hostiles aux échanges internationaux. Il a aussi, dès à présent, une incertitude budgétaire qui pèse sur les financements des SC et VSI alors que des objectifs ambitieux avaient été énoncés à l’automne par notre président de la République. Il y a enfin, pour le Defap, l’attente d’orientations formulées par nos deux Eglises, l’UEPAL et l’EPUdF. A ce sujet, je tiens à remercier les deux directions d’Eglise d’associer pleinement le Defap à cette réflexion. L’incertitude atteint également nos partenaires privilégiés à commencer par la CEVAA qui subit simultanément une baisse de ses ressources financières et l’obligation de déménager ses locaux pendant une bonne année scolaire.

Ces incertitudes imbriquées sont bien sûr inconfortables car elles rendent toute projection plus difficile. Elles sont aussi une chance car elles nous rappellent que notre assurance n’est pas en nous mais en Christ. Par ailleurs, puisque toutes nos instances sont actuellement fragiles, aucune ne peut dire à l’autre « je sais ce qu’il te faut ; laisse-toi diriger par moi ».Nous sommes joyeusement condamnés à avancer ensemble et je me réjouis de la collaboration confiante nouée avec notamment la CEVAA et la CEPF.

La maison des missions

Dernier volet de ce rapport : cette maison, le « 102 », visage tangible de l’Eglise universelle, accueillant des personnes qui, dans un même bâtiment, dorment, mangent, prient, travaillent, se forment, échangent des nouvelles et des projets de France, de Madagascar, du Sud Kivu, de Bethléem…« Quelle belle Maison pour rencontrer des visages de l’Eglise universelle » écrivait sur le livre d’or l’un des rapporteurs nationaux de l’EPUdF.

« Le 102 » est ainsi, presque à son insu, une communauté de vie, aux limites heureusement floues mais dont le centre est bien identifié : le Christ et son appel à vivre et à témoigner, sans s’arrêter aux frontières, quelles qu’elles soient. Je vous remercie

Vincent Nême-Peyron