Dans le cadre du cycle « Les jeudis du Défap », une conférence en ligne se tiendra le jeudi 9 avril, de 18h30 à 20h, autour de la thématique « Le rôle de l’Église dans la politique » avec Flore Urbaine BADILA LOUPE. Cette rencontre offrira d’abord un temps de présentation de la chercheuse et de ses travaux, suivi d’un espace de dialogue ouvert avec les participants. Un moment privilégié d’échange, de réflexion et de partage, invitant chacun à approfondir sa compréhension de la position de l’Église dans ses rapports avec l’État et celui lié à l’évangélisation et à l’engagement social.

Le parcours de Flore Badila Loupe
Flore Urbaine Badila Loupe est pasteure de l’Église Évangélique du Congo (EEC) et docteure en théologie (PhD), spécialisée en éthique. Titulaire d’une licence en philosophie, d’une licence et d’un master en théologie, elle est la première femme à avoir été nommée doyenne de la Faculté de théologie de l’Université Protestante de Brazzaville, après en avoir été vice-doyenne de 2020 à 2024. Elle y est également responsable du département d’éthique.
Engagée dans la vie ecclésiale et académique, elle est vice-présidente de la Conférence des ecclésiastiques de l’EEC, membre du Conseil synodal, vice-présidente de l’Union des femmes évangéliques du Congo et secrétaire générale du Cercle des théologiennes. Auteure de Le rôle de l’Église dans la politique : quel prisme pour le devenir de la cité ? (Éditions CLE, 2024), elle contribue activement à la réflexion sur les liens entre foi, éthique et société.
Pourquoi parler du rôle de l’Église dans la politique ?
« Il est établi que la problématique de la politique continue toujours à défrayer la chronique dans l’univers des théologiens engagés. Sur ce, nous ne dérogeons pas à la règle. C’est pour cela, nous soulevons, dans une approche éthique, avec virulence et dextérité, la sempiternelle question du rapport entre l’Église et la politique. En effet, la question a suscité de nombreuses équivocités, des controverses au sein de certaines sensibilités intellectuelles ou au sein des penseurs. De par sa mission prophétique qui est celle de dénoncer les injustices sociales, de promouvoir la dignité de la personne humaine, de sauvegarder la création ; l’Église en général et les Églises Protestantes en particulier ont une conception péjorative de la politique.
Par conséquent, le rôle que devrait jouer l’Église dans ses rapports avec l’État est celui lié à l’évangélisation et à l’engagement social. Il est de bon aloi que ce rôle déterminant de l’Église dans la politique est presque occulté. Il doit être pris au sérieux pour un meilleur avenir de la société. Car tous ceux qui dirigent l’Église et la cité sont des élus de Dieu pour l’accomplissement de son œuvre et devraient parler le même langage.
Dans une démarche assez corsée, l’auteure Flore Urbaine BADILA LOUPE présente le rôle combien éminent qu’ont joué les prophètes de l’Ancien Testament dans l’orientation des rois à l’instar d’Ésaïe, d’Élie, de Nathan, de Jérémie, etc. Il ressort que ces prophètes ont été au service des rois et de la nation d’Israël. Certains ont connu la persécution du fait qu’ils ont annoncé aux rois leurs égarements et leurs chutes ; d’autres ont vécu une liberté parce que les rois les ont écoutés. Le souhait de l’auteur est d’avoir des prophètes, c’est-à-dire des ecclésiastiques qui soient au chevet des rois des temps présents, c’est-à-dire des présidents des républiques pour leur dire que leur gouvernance n’honore pas leurs peuples. Si les prophètes peuvent le faire, le monde entier en général et l’Afrique en particulier sortiraient de la servitude, de la tyrannie et aspireraient au mieux-être de ses populations. »


