À la suite de la formation des volontaires du Défap qui s’est tenue début juillet, Bernard, prochainement Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) à Djibouti, nous adresse cette première lettre. À travers ces quelques lignes, il partage ses impressions à l’aube de son départ en mission et nous fait part de ses attentes, de ses motivations et de l’engagement qui l’anime avant de rejoindre le terrain.

Au creux de ma foi, telle une flamme vive dans la nuit du monde, brûle un appel : celui d’un désert vibrant de lumière et de silence, où l’espérance se lève avec le soleil. C’est à Djibouti, terre de contrastes et de promesses, que je m’apprête à répondre à cet appel, porté par le Défap.
Ma mission consistera à diriger le centre de formation de l’EPED, dont l’action s’adresse principalement aux personnes en situation de handicap. Il s’agira d’un poste de responsabilité, en lien étroit avec les partenaires internationaux, les institutions locales et la mission protestante. Par cette présence et nos projets, nous chercherons à rendre visible la compassion de l’Église, non pas en paroles, mais en actes, aux côtés des plus vulnérables.
Mes convictions sont les voiles tendues au vent de cette traversée. Ma famille est l’ancre solide, dont le soutien silencieux me rappelle que servir les plus fragiles est un acte de foi. Le Défap et la structure d’accueil seront mes repères, mes étoiles dans la nuit des incertitudes, m’aidant à franchir les seuils de l’inconnu avec confiance.
Oui, des craintes subsistent : l’intégration dans un nouvel environnement, l’adaptation de mes proches, les défis quotidiens. Mais ces appréhensions sont aussi le terreau d’une vigilance aimante, d’une préparation habitée. Elles nourrissent en moi une soif de rencontre, de dialogue, d’échange sincère.
J’imagine déjà ces lieux de formation : un formateur courbé sur son ouvrage, un jeune en situation de handicap découvrant sa propre force, un artisan réconciliant la technique et la beauté. Sous l’ombre mouvante d’un acacia, des liens se tissent, des savoirs se partagent, des visages s’éclairent.
J’espère apprendre autant que je transmettrai. Je désire aussi approfondir ma compréhension des enjeux sociaux et environnementaux : les conflits liés à la gestion de l’eau – cette ressource rare et précieuse – les pratiques agricoles résilientes forgées par l’expérience des communautés locales. Car chaque graine de solidarité, semée avec respect, peut irriguer les terres les plus arides de fraternité.
Cette mission est pour moi un chemin de foi et d’engagement, une marche humble vers l’autre, dans l’esprit d’une justice partagée et d’une humanité réconciliée.
Je vous remercie de la confiance que vous m’accordez. C’est avec détermination, espérance et gratitude que je m’apprête à prendre part à cette aventure.
Avec mes salutations respectueuses et fraternelles,
Bernard Kangni FOLLY


