Dans le cadre de sa politique de réduction de son empreinte écologique, le Défap finance chaque année un ou plusieurs projets de compensation carbone. Du 03 au 10 juin 2025, Maëlle Nkot, responsable projets et partenariats, s’est rendue au Togo pour visiter deux projets phares portés par le Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale (Secaar). Cette mission a permis de constater, sur place, l’impact concret de deux initiatives majeures : la production de foyers de cuisson améliorés dans le nord du pays, et le développement d’une ferme-école agroécologique à proximité de Lomé.

Un souffle nouveau dans les cuisines rurales
Dans la région de Kara, au nord du Togo, les villages de Kassè et Tchikawa sont aujourd’hui les témoins d’une transformation significative. Grâce à l’installation de foyers améliorés construits en terre, les conditions de vie des familles ont évolué. Ces équipements, adaptés aux réalités locales, permettent une meilleure conservation de la chaleur, une cuisson plus rapide des aliments, et une réduction drastique de la consommation de bois. L’impact sur la santé est également notable : la diminution des fumées dans les cuisines limite les problèmes respiratoires et oculaires, tandis que les brûlures chez les enfants, fréquentes avec les anciens foyers à trois pierres, sont devenues rares.
Les retours des bénéficiaires sont unanimes. Une productrice de savon, initialement réticente, témoigne aujourd’hui des bénéfices directs sur ses revenus, ayant divisé par trois sa consommation annuelle de bois. D’autres soulignent les effets positifs sur l’organisation familiale, l’implication croissante des hommes dans la cuisine et la revalorisation du savoir-faire local. Formés à la construction de ces foyers, plusieurs habitants de Kassè et de Tchikawa ont par ailleurs été sollicités pour transmettre leurs compétences dans d’autres villages, y compris dans le cadre de projets menés par l’Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base (ANADEB), preuve de l’efficacité et de la reconnaissance de la méthode promue par la Direction de Lutte contre la Pauvreté (DLP) de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) et le Secaar.
Une ferme-école pour l’avenir de l’agroécologie
La deuxième partie de la mission a conduit Maëlle à Apédokoè, à une cinquantaine de kilomètres de Lomé, où le Secaar a implanté une ferme-école de 5,5 hectares. Ce site a été conçu comme un espace d’expérimentation, de formation et de démonstration autour de l’agroécologie. Il illustre l’engagement du Secaar, depuis plus de quinze ans, en faveur d’une agriculture durable, respectueuse des écosystèmes et des communautés rurales.
Grâce au soutien du Défap dans le cadre de la compensation carbone, plusieurs infrastructures ont vu le jour : une salle de formation construite et équipée en matériaux locaux et durables et alimentée à l’énergie solaire ; un forage désormais connecté à un système solaire, garantissant l’autonomie en eau du site ; et un composteur moderne, permettant de d’augmenter la production de compost avec comme objectif final d’en en faire bénéficier les paysans des fermes voisines.
Parmi les initiatives pédagogiques phares, la micro-ferme expérimentale, mise en place en 2025, accueillera pendant trois ans un ménage paysan, logé sur place. L’objectif est d’évaluer la capacité de l’agroécologie à nourrir durablement une famille, à générer un revenu stable et à améliorer les conditions de vie. Le suivi régulier de cette expérimentation permettra de documenter les résultats et d’adapter les pratiques en conséquence.
Au-delà des infrastructures, la ferme vise également à renforcer l’autonomie des agriculteurs à travers une banque de semences paysannes, fondée sur un système de prêt et de réciprocité. Les paysans peuvent y emprunter des semences, les cultiver, puis restituer une part de leur récolte pour alimenter à leur tour la réserve commune.
Cette mission a permis de constater à quel point les projets soutenus par le Défap, à travers son partenariat avec le Secaar, s’inscrivent dans une logique de transformation durable. En combinant réduction des émissions, renforcement des capacités locales et justice sociale, ils offrent des réponses concrètes aux enjeux sociaux et climatiques actuels. Plus qu’une simple compensation, il s’agit d’un investissement dans des solutions locales et durables.








