Communier

Méditer

Mains unies d’étudiants en théologie de l’Institut protestant de théologie à Montpellier, 2012

« Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, au partage du pain et aux prières. »
Ac 2, 42

Prenez un temps personnel pour méditer sur cette photo et ce passage.
Puis, en quelques mots, exprimez ce que vous inspire cette photo en lien avec le verbe communier. Quelle résonance ce verset trouve-t-il en vous ?

Entendre les langues de la Terre

Qui reconnaît ces différentes langues ? Où les parle-t-on ?

Il s’agit de langues maternelles ou usuelles de membres de l’équipe du Défap et de personnes en relation avec le Défap. Vous pouvez vous adresser à la bibliothèque pour plus d’information : bibliotheque@defap.fr.

En anglais, communier se dit « to be in communion with », être en communion avec, ou « to be as one with » (être comme une seule personne avec), il y a dans ce cas l’idée de fusion. Dans les langues latines, on retrouve la racine qui désigne la mise en commun, le sens de la communauté et du partage : l’espagnol comunión, l’italien comunione, le portugais comunhão ou le suédois kommunion, très semblable à l’allemand Kommunion. La racine latine est le nom communis (commun) ou le verbe con-munio (fortifier avec, ou être forts ensemble).

D’autres concepts sont assez proches. Ainsi, l’ubuntu (et ses déclinaisons dans différentes langues) désigne une posture éthique dans plusieurs sociétés africaines, où l’être humain est considéré comme essentiellement relationnel : en tant qu’êtres humains, nous dépendons d’autrui et l’intelligence de ces relations est indispensable à la fois à un groupe humain et aux personnes qui le composent. « Ubuntu » signifie alors humanité, c’est-à-dire les qualités humaines de respect et d’attention envers autrui.

Plusieurs de nos envoyés dans différents pays d’Afrique de l’Ouest reviennent avec en souvenir l’expression « On est ensemble ». Cette phrase est utilisée lors des au-revoir pour dire la communion même loin des yeux.

Synonymes et antonymes

Voici quelques exemples de verbes qui résonnent avec le verbe communier, dans le même sens ou à l’opposé. En voyez-vous d’autres ? Que vous inspirent ces exemples ?

Questionner

Et pour vous, que signifie communier ?

  • Ressentez-vous la force de la communion ailleurs que dans l’Église ? Quelle conclusion en tirez-vous ?
  • Qu’est-ce qui fait, à votre avis, la spécificité de la communion chrétienne ?
  • Que faudrait-il pour renforcer la communion entre chrétiens ? Cela relève-t-il des institutions, d’une meilleure connaissance de l’autre, d’une attitude d’ouverture volontaire ?

La communion, dans notre monde, signifie l’expérience d’être unis : ça peut être dans un grand événement collectif comme une finale de foot. La communion au sens religieux (sauf le sacrement catholique peut-être) est plus rarement comprise, voire parfois récupérée lorsque des symboles religieux sont mis au service d’une cause politique. On peut communier face à quelque chose ou à des valeurs qui prennent la place de Dieu.

La communion dans l’Église n’est d’ailleurs pas simple à comprendre : quand on lit le Nouveau Testament, on se rend compte à quel point les premiers disciples ne comprenaient pas le sens de la communion avec Jésus, et les pratiques de nos Églises consistent souvent à mettre des limites à qui peut participer à la vie de l’Église.

Mais être appelés ensemble par Dieu et devant Dieu, c’est être donnés les uns aux autres avant d’être dispersés, et le sacrement de la Sainte Cène, qu’on appelle souvent « communion », est le signe visible de cette communion que nous n’avons pas choisie, mais qui nous est donnée en tant que corps du Christ. Lorsqu’on suit un culte dans une autre langue que la sienne, il arrive qu’on se sente malgré tout relié à un corps spirituel : on se sent étranger et pourtant partie de ce groupe, car faire corps renvoie à une expérience très profonde de la foi. Communier au sens chrétien est d’ailleurs particulier, car c’est partager quelque chose qui relève d’une absence : le Christ n’est plus là, et pourtant il est là dans notre communauté, et c’est ça qui nous unit.

Et dans la Bible ?

« En effet, comme le corps est un, tout en ayant une multitude de parties, et comme toutes les parties du corps, en dépit de leur multitude, ne sont qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Car c’est dans un seul Esprit que nous tous – soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres – nous avons reçu le baptême pour appartenir à un seul corps ; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. »
1 Co 12,12-13

  • Vous sentez-vous en communion, comme un seul corps, avec tous les chrétiens ?
  • Quels sont pour vous des freins à cette communion ?
  • Est-ce le baptême qui fait la communion ?

Chaque croyant est aimé de Dieu de façon totalement unique et reçoit des dons uniques. Et pourtant, nous sommes tous une partie, et une partie seulement, du grand corps qu’est l’Église, avec une place réservée par Dieu pour y vivre notre foi, pour y vivre du souffle de l’Esprit. Ça ne rend pas forcément les relations humaines plus faciles – humains nous sommes et nous restons – mais nous avons tous reçu le même appel, le même baptême, le même souffle, ce qui donne à notre vie commune une force hors du commun.

Nous pouvons vivre de cette promesse, comme le corps du Christ. Savez-vous que dans le corps un organe semble inutile ? C’est la rate. Certains jours, on se sent comme une rate, un organe inutile. Il fut un temps, on croyait qu’en leur enlevant la rate les gens couraient plus vite. D’où l’expression « courir comme un dératé ». Certains jours, on a l’impression que si on n’était pas là, tous les autres courraient plus vite. Mais ça n’est pas vrai. Ce qui est vrai, c’est que sans vous tout est différent. Sans vous, l’Église a un autre visage. Sans vous, l’Église vit toujours, mais sans que la promesse de vie dont elle témoigne se multiplie pour chacun.

Nous avons la liberté de vivre comme le corps du Christ. Pas pour y gagner notre salut… ça, c’est fait ! Mais plus humblement, plus heureusement, parce que nous avons l’assurance que nous y sommes à notre place, sans avoir à la gagner, et que notre présence est source de vie, pour nous-mêmes et pour les autres. C’est ça, le corps du Christ. C’est le Royaume de Dieu sur terre. Il ne se manifeste jamais comme on l’attendait… mais il est là.

 

Quelqu’un a dit :« Un homme en pleine communion de sentiments avec un autre est pour lui un ami plus précieux à posséder que tous les parents du monde. »
Euripide, Oreste

 

Version téléchargeable :

 

« Communier – Réflexion » : le texte complet en pdf