Méditation du jeudi 20 mai 2021 : tendons l’oreille à ce soupir dont parle l’apôtre Paul !

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« Or nous savons que, jusqu’à maintenant, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’accouchement.

Et ce n’est pas elle seule qui soupire, mais nous aussi, qui avons pourtant dans l’Esprit un avant-goût de cet avenir, nous soupirons en nous-mêmes en attendant l’adoption, la libération de notre corps.

En effet, c’est en espérance que nous avons été sauvés. Or l’espérance qu’on voit n’est plus de l’espérance : ce que l’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

De même l’Esprit aussi nous vient en aide dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières, mais l’Esprit lui-même intercède [pour nous] par des soupirs que les mots ne peuvent exprimer.

Et Dieu qui examine les coeurs sait quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est en accord avec lui qu’il intercède en faveur des saints. » Romains 8,22-27

 

En ce temps de Pentecôte, que le livre des Actes évoque comme une flamboyance de l’Esprit, tendons l’oreille à ce soupir dont parle l’apôtre Paul. Sous la joie de l’annonce et de la découverte du Salut universel, le soupir n’est pas de tristesse, mais du tréfonds de l’espérance. Soupir de la création, soupir de Dieu lui-même, soupir qui nous vient de loin dans le corps et dans le temps. Car la présence de Dieu nous fait entrevoir sans cesse l’accomplissement du royaume, le bonheur éternel, la paix en plénitude, l’amour infini. Et la force de l’Esprit, élevant notre prière, nous porte vers tous les possibles. Alors le soupir – notre soupir- involontaire, vient simplement nous rappeler que nous sommes dans le temps de l’histoire et non dans celui de l’éternité. Et la création tout entière, et l’univers en tant qu’il est habité d’âme, soupirent aussi après ce qu’ils sont déjà et ne sont pas encore.

Mais le souffle de l’Esprit, les flammes ou la colombe, comme tous les anges du Seigneur qui ont parlé à ceux qui nous ont précédés, nous assurent que nous n’avons rien à regretter, rien à pleurer d’un âge d’or rêvé ou d’une origine pure ! L’amour est toujours en avant de nous, et le Christ vient à notre rencontre depuis l’horizon. Alors, nous pouvons marcher ensemble vers la paix de Dieu.

 

Prions :

Fais, Seigneur, se joindre toutes les mains,
pour rendre plus humain le sol où tu insufflas la vie
à un homme que tu modelas.

Que nous prenions ta main noire, Seigneur,
pour que la terre porte les fruits de l’espoir.

Que nous prenions ta main jaune, Seigneur,
pour que le monde reste jeune
et que chacun gagne dignement son pain.

Que nous prenions ta main blanche, Seigneur,
pour que les bourgeons qui portent joie et justice
éclosent sur toutes les branches.

Que nous prenions ta main rouge, Seigneur,
à la croisée des chemins,
pour que les Hommes de l’Afrique,
de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique,
de tous les temps, de tous les cieux,
cultivent ensemble, sur tous les continents
des chemins de développement,
des champs de prière et de dévouement.

Nabil Mouannés, Liban
dans : Expressions de foi de l’Église universelle