Méditation du jeudi 13 mai 2021. Nous terminons notre année de lecture des Actes des apôtres. Cette semaine, nous prions avec nos envoyés au Brésil.

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« Une fois hors de danger, nous avons appris que l’île s’appelait Malte.  Ses habitants nous ont témoigné une bienveillance peu courante ; ils nous ont tous accueillis près d’un grand feu qu’ils avaient allumé, car la pluie tombait et il faisait très froid. Paul avait ramassé un tas de broussailles et il était en train de les mettre sur le feu quand, sous l’effet de la chaleur, une vipère en est sortie et s’est accrochée à sa main. Lorsque les habitants de l’île ont vu l’animal suspendu à sa main, ils se sont dit les uns aux autres : « Cet homme est certainement un meurtrier, puisque la justice n’a pas voulu le laisser vivre bien qu’il ait été sauvé de la mer. » Mais Paul a secoué l’animal dans le feu et n’a ressenti aucun mal. Ces gens s’attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement. Après avoir longtemps attendu, voyant qu’il ne lui arrivait aucun mal, ils ont changé d’avis et ont déclaré que c’était un dieu.

Il y avait dans les environs des terres qui appartenaient à un dénommé Publius, principale personnalité de l’île. Il nous a accueillis et nous a logés de manière très amicale pendant trois jours. Le père de Publius était alors retenu au lit par la fièvre et la dysenterie. Paul s’est rendu vers lui, a prié, posé les mains sur lui et l’a guéri. Là-dessus, les autres malades de l’île sont venus, et ils ont été guéris. Ils nous ont rendu de grands honneurs et, à notre départ, nous ont fourni ce dont nous avions besoin. » Actes 28 : 1-10

 

Les naufragés sont sauvés et arrivent à Malte. Les habitants de cette île sont appelés « Barbares » ; ce mot désigne à l’époque tout étranger de langue et de culture différentes des grecs. Les habitants de Malte accueillent et réconfortent les naufragés, dont Paul. L’hospitalité attentive des hôtes est soulignée pour nous dire que face à des situations éprouvantes, ce qui compte n’est pas l’origine culturelle ou la langue parlée, mais la solidarité envers ceux qui sont dans le besoin, qui ont froid, et dont les besoins vitaux essentiels doivent être assurés. N’est-ce pas une des belles surprises que la vie nous réserve parfois, comme une leçon d’humilité, quand habités par le désir de donner et de partager, nous nous apercevons finalement que c’est nous qui recevons des autres à profusion !

Mais, voici que Paul, sauvé des eaux, est mordu par une vipère. Danger en mer, danger sur terre, Paul en sort indemne. Les hôtes, superstitieux, observent ce qui se passe et jugent Paul : attaqué par le reptile il entre dans la catégorie des meurtriers, ayant survécu à la morsure, il devient un dieu. Paul, porteur d’évangile, n’est ni l’un ni l’autre. Encouragé par l’attitude des habitants de Malte, il va rester avec eux durant trois mois, sans qu’aucun de ses témoignages nous soit transmis. A-t-il pu évangéliser ou pas pendant son séjour à Malte ? S’il y a témoignage, cela passe par les gestes, et d’abord la guérison du père de Publius, notable qui lui a ouvert sa maison. Bel exemple de l’évangile qui emprunte des chemins multiples, en nous invitant à nous ouvrir avec sensibilité à ceux qui croisent notre route. Elle passe par chacun d’entre nous, en empruntant nos dons, nos charismes particuliers pour trouver le chemin vers les autres et devenir joie, guérison, sens, libération… Restons à l’écoute de la Parole qui nous habite pour que nos gestes, nos paroles et toute notre vie soient témoignage vivant de Celui qui nous a aussi relevé et missionné un jour !

 

Questions pour nous :

  • Quelles sont les marques de la présence et la bienveillance de Dieu dans ma vie ?
  • Quels sont mes charismes, mes dons que je peux mettre au service de l’annonce de l’évangile ?
  • Un exemple d’une rencontre inattendue qui est devenue occasion de témoigner de la bienveillance de l’évangile pour tous ?
  • Qu’ai-je reçu des autres que je peux considérer comme une bénédiction dans ma vie ?

 

Prions :

Ô Dieu, tourne nos regards vers les êtres sans paroles, vers les innocents sans voix !
Inscris au profond de nous le respect pour tous les êtres humains et garde vivant en nous
le sentiment de leur dignité !
Au coeur des peuples déchirés, fais grandir la lueur d’un horizon nouveau !
Aux gens de la nuit, offre une fenêtre sur le jour, comme une trouée d’amour!
Mets dans nos cœurs et nos bouches la parole qui relève et sauve, les mots risqués
qui ouvrent à un commencement nouveau!

Suzy Schell (Traces Vives)
(ancienne pasteure dans l’Église de Genève)