Méditation du jeudi 19 mars 2020. Nous prions pour tous nos envoyés, et pour les personnes malades du Coronavirus ainsi que leurs familles.

« En chemin, Jésus vit un homme qui était aveugle depuis sa naissance. Ses disciples lui demandèrent : « Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ? » 

Jésus répondit : « Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’oeuvre de Dieu puisse se manifester en lui. Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les oeuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Après avoir dit ces mots, Jésus cracha par terre et fit un peu de boue avec sa salive ; il frotta les yeux de l’aveugle avec cette boue et lui dit : « Va te laver la figure à la piscine de Siloé. » — Ce nom signifie « Envoyé ». — L’aveugle y alla, se lava la figure et, quand il revint, il voyait ! Ses voisins et ceux qui l’avaient vu mendier auparavant demandaient : « N’est-ce pas cet homme qui se tenait assis pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, ce n’est pas lui, mais il lui ressemble. » Et l’homme disait : « C’est bien moi. » Ils lui demandèrent : « Comment donc tes yeux ont-ils été guéris ? » Il répondit : « L’homme appelé Jésus a fait un peu de boue, il en a frotté mes yeux et m’a dit : « Va à Siloé te laver la figure. » J’y suis allé et, après m’être lavé, je voyais ! » Ils lui demandèrent : « Où est cet homme ? » — « Je ne sais pas », répondit-il. »

Évangile de Jean 9,1-12

Soigner son prochain © Pixabay

Ce récit commence par une énigme et une incohérence. D’abord comment Jésus et les disciples savent-ils que l’homme qu’ils rencontrent est né aveugle ? Peut-on le deviner à son visage, son attitude ? Et s’il est aveugle de naissance comment pourrait-il en être responsable ? Quel péché intra-utérin aurait-il bien pu commettre ?

Ceci montre une chose : on interprète automatiquement ce que l’on voit. Notre machine à penser ne s’arrête jamais, et même sans que nous nous en rendions compte, nous portons un jugement sur les gens, les choses, les situations. Et ce faisant, comme les disciples, nous nous laissons entraîner vers des déductions et des interrogations parfois douteuses.

En l’occurrence, les disciples n’envisagent pas qu’il n’y ait aucune cause à la cécité de l’homme qu’ils rencontrent ; d’emblée ils demandent qui est responsable ? Mais que cherchent-ils en posant cette question ? A trouver un coupable ? A être rassurés sur la justice de Dieu ? Ou bien à être détrompés et enseignés d’une autre façon par leur maître ? Posent-ils leur question de bonne foi, en restant ouvert à une réponse inattendue ?
De fait Jésus balaie la question des causes pour parler du projet de Dieu et mettre en œuvre, concrètement et immédiatement, la guérison de l’homme, en frottant ses yeux avec ce qu’il a sous la main : sa propre salive et un peu de poussière.

Il est difficile de renoncer à chercher des explications au mal car cela nous passionne. Jésus nous invite à une autre passion : nous tourner vers Dieu, le prier en faveur d’autrui, le laisser nous inspirer les gestes qui témoigneront de ses œuvres bonnes. Ainsi nous pourrons dissiper les miasmes du désespoir pour libérer la lumière de l’espérance.

Seigneur, mon Dieu,
Toi qui es la lumière des aveugles
et la force des faibles,
Toi qui es aussi la lumière des voyants
et la force des forts,
sois attentif à ma prière,
écoute les appels que je lance
du plus profond de ma misère.
Car si tu ne m’entends pas
et si tu te détournes de moi,
où puis je aller et à qui m’adresser ?
Ô mon Dieu,
achève d’illuminer mon esprit :
ta parole est ma joie,
plus agréable que toutes les richesses,
tous les honneurs et tous les plaisirs.
Ne me laisse pas, Seigneur,
sans la plénitude de tes dons
ne m’abandonne pas,
je suis comme une plante
qui a besoin que tu l’arroses
en la favorisant de tes grâces.
Seigneur,
aie pitié de moi, exauce mon souhait.
Fais, par ta miséricorde,
que je trouve grâce devant Toi,
pour me faire découvrir
les merveilles de ta parole.
Amen

Saint Augustin, Confessions XI