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« L’eau, c’est la vie »

Date de publication : 01/02/2016

Timothée Ansen est parti pendant un peu plus de 3 ans au Maroc pour travailler au sein d’un partenaire du Défap, l’ALCESDAM.
« L’eau, c’est la vie »

Bassin relié à un puits équipé en photovoltaïque, DR

 

L’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Erosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, est un facilitateur entre les bailleurs de fonds et les associations locales. L’association, de droit marocain, ne bénéficie pas des projets en direct mais fait office d’intermédiaire : elle est le garant, pour les bailleurs de fond du bon déroulement du projet.

Depuis trente ans maintenant, elle intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Ses objectifs sont de natures multiples : améliorer l’accès à l’eau pour l’agriculture dans le respect de l’environnement, lutter contre le déclin des palmeraies, créer une activité génératrice de revenu via l’élevage, promouvoir les produits du terroir et intégrer la femme rurale dans le tissu social.

 

Exemple de réalisation d'une bergerie collective, DR

Exemple de réalisation d'une bergerie collective, DR

 

L’Eglise Evangélique du Maroc, partenaire du Défap, est membre fondateur de cet organisme. A sa naissance, le projet était unique : relancer la culture des palmiers en zone désertique. Il rejoint aussi le thème de « sauvegarde de la Création » du Conseil Œcuménique pour la décennie et s’inscrit dans une actualité chaude concernant le climat et l’écologie. Un thème que porte le Défap dans sa Mission.

 

Le programme de l’association est au cœur des actions du Défap : venir en aide aux populations locales pour un meilleur développement de la communauté.

 

Un rôle taillé sur mesure

 

Envoyé du Défap, Timothée a eu pour mission la gestion administrative et financière des projets. Rédiger des rapports narratifs et financiers, contribuer, avec le chef de projet, à la bonne réalisation des programmes, faire le lien avec les partenaires, c’était là le rôle qui lui était dévolu.

 

Quatre programmes, désormais finalisés et financés par les bailleurs de fond, l’ont occupé à plein temps :

 

  • Dans le cadre du Plan « Maroc Vert, Pilier II », un programme tripartite de sauvegarde et développement des palmeraies, qui a duré cinq ans ;
  • Un programme de « Réhabilitation des palmeraies de Tata, Akka et Foum Zguid dans la province de Tata » en incluant des activités génératrices de revenus pour les femmes rurales ;
  • Un programme d’Actions Concertées des Oasis au Maghreb ;
  • Un programme de mise en place d’un modèle de nouvelle palmeraie moderne à Touzounine.

 

 Exemple de réalisation d'un foyer pour les femmes rurales, DR

Exemple de réalisation d'un foyer pour les femmes rurales, DR

 

Cette expérience, à la fois passionnante et très enrichissante, était initialement prévue sur une année. Seulement, voilà, quand on met un pied dans cette histoire bouleversante, tant sur le plan professionnel qu’humain, on ne revient pas si facilement. La preuve, Timothée y est finalement resté trois ans et trois mois. Sa mission l’a mené dans différents endroits du Maroc, qu’il s’agisse d’assister à des réunions de conseil d'administration, comité de pilotage ou de rencontrer des partenaires. Il était basé à Tata, ville d'environ 18 000 habitants. Une ambiance de grand village y régnait et c’est aussi ce dépaysement qui lui a plu. Son entourage étant pour la plupart francophones, son intégration s’en est trouvé facilitée : on l’a pris à plusieurs occasions pour un Marocain ! Marocain d’adoption, il l’est désormais : avec un tel accueil, comment ne pas se sentir chez soi là-bas ?

 

L’équipe : des liens forts

 

Trois personnes composaient son équipe opérationnelle. Un fonctionnaire du ministère de l’agriculture marocain, technicien agricole présent à temps partiel, et un bénévole, ingénieur agronome et ancien coordinateur au sein de l’association, qui venait de la capitale apporter son aide ; ainsi que la comptable qui vérifiait les comptes.

 

Le point central qui prévaut dans l’action de l’association, c’est l'amélioration du revenu des habitants. Les habitants de la Province faisant pour la plupart une agriculture de subsistance, le défi historique est celui de l'accès à l’eau d'irrigation. « Pour pouvoir produire, il faut de l’eau. Sans elle, il n ‘y a pas de vie : on perçoit vraiment cette réalité là-bas », témoigne Timothée.

 

Bassin relié à un puits équipé en photovoltaïque, DR

Bassin relié à un puits équipé en photovoltaïque, DR

 

La région se trouve dans un désert de cailloux, parsemé de palmeraies. C’est donc une priorité d’avoir accès à l'eau et disposer de puits collectifs est un des moyens. Sans eux, sans l’irrigation qu’ils assurent, il est impossible d’y maintenir l’agriculture.

 

Timothée n’en était pas à ses premières aventures avec le Défap : ses parents y ont été VSI. Il y a également travaillé pendant neuf mois pour assurer le suivi de projets en Haïti. Ayant grandi dans différents pays d’Afrique sub-saharienne, cette ouverture de poste a soulevé tout de suite chez lui beaucoup d’enthousiasme car intéressé par les problématiques que rencontre cette région.

 

Une approche astucieuse

 

L’association a un rôle de facilitateur : les besoins viennent d'associations locales, l'équipe opérationnelle visite le terrain et rencontre les responsables de l'association. Si la proposition rentre dans les objectifs de l'association, elle est soumise au conseil d'administration qui, après l’avoir validée, donne le feu vert pour utiliser ou chercher le financement adéquat. Une fois un financement obtenu, l'ALCESDAM est garant auprès du bailleur de fonds du suivi technique et financier, conforme aux prévisions, et cela avec la participation systématique de chaque association bénéficiaire. Timothée a été agréablement surpris par cette manière de fonctionner qu’il voit peu dans d’autres ONG.

 

Canal d'irrigation avant travaux Canal d'irrigation après travaux

Canal d'irrigation avant et après travaux, DR

 

Un autre point fort, c’est la diversité du conseil d’administration de l’ALCESDAM. Il se compose de onze personnes provenant d’origines diverses (Français, Suisses, Malgaches, Marocains…) et de confessions différentes (protestants, catholiques, musulmans, athés…).

 

Cette œuvre sociale, où vivent efficacement différentes croyances, est une preuve que nous pouvons nous entendre et réaliser ensemble des actions pour le bien commun.

 

La question du dialogue interreligieux est une priorité pour le Défap. En soutenant les actions de l’ALCESDAM, elle a œuvré un peu plus encore à la résonance de ce dialogue.

 

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