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L’assassin n’est pas celui que l’on croit !

Date de publication : 13/01/2016

Actuellement responsable de l'équipe Mission de son Consistoire et membre de l'équipe Mission de l’inspection ecclésiastique de Colmar, Olivier Richard-Molard est pasteur. Il est spécialisé dans les questions interreligieuses, la laïcité et la citoyenneté. Il a notamment été professeur du « fait religieux » à l’IUFM d’Alsace-Strasbourg pendant dix ans. Il a également été membre du Cabinet du Président de la Région Alsace, Philippe Richert, comme chargé des cultes, et ce durant trois ans. Voici sa réaction face à la dernière Une de Charlie Hebdo.
L’assassin n’est pas celui que l’on croit !

Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, DR

 

Une de Charlie Hebdo, DR

Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, DR (site du journal)

 

Charlie Hebdo démontre, par cette page de couverture de son dernier numéro, une parfaite connaissance de l’essence même d’une religion dans son aspect paradoxal.

 

Dans le Judaïsme, le Christianisme ou l’Islam, l’amour de Dieu et  du prochain en sont les pierres angulaires et Charlie le sait parfaitement alors qu’il semble faire provocation avec sa caricature de Dieu.

 

Oui, l’assassin court toujours…au nom de Dieu et toujours il courra. Ce fut le sinistre temps des Croisades où les chrétiens, au nom d’un tombeau à récupérer, celui du Christ,  ont tué, assassiné, décimé. Oui, aujourd’hui est le temps, tout aussi sinistre, de ces délinquants « djihadistes » d’un « Etat » criminel qui, eux aussi, se targuent d’agir au nom de Dieu. Mais, non, l’assassin n’est pas celui que l’on peut penser, imaginer. Ce Dieu de la couverture de Charlie nous ramène à ce dont nous sommes tous capables et l’histoire nous le rappelle. C’est la  face sombre et paradoxale de nos religions qui n’existent que par nous-mêmes, nous qui sommes capables du bon, du bien, du juste et du vrai comme du mal, du crime,  de la mort et du pire.

 

L’assassin c’est moi, c’est toi, c’est nous infidèles, pour beaucoup, à un Dieu d’amour que prônent pourtant  nos religions dans leurs fondements ou tout simplement infidèles à la vie  qui est  belle,  passionnante  si elle est partagée dans la joie, la justice, la fraternité, croyant ou non- croyant.

 

Charlie a raison, les assassins que nous pouvons être courent toujours, laissons Dieu à sa place. Notre pays, la France, a montré, après les atrocités des délinquants et fossoyeurs de l’Islam, que nous pouvons et devons espérer en une humanité meilleure, lutter pour cela. Ainsi continuons à courir dans ce sens et les assassins s’essouffleront.

 

Olivier Richard-Molard

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