6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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« Le Caire, une ville fascinante, ambivalente… »

Premières impressions du Caire par Julien, envoyé par le Défap et l’ACO en Égypte pour une mission de service civique qui a commencé en septembre. Avec une double casquette : il doit à la fois apporter un soutien à l’enseignement du français au sein d’un établissement protestant, le New Ramses College, et aider les jeunes résidentes d’un foyer d’accueil de jeunes filles dans leurs devoirs.

Photo de repas avec les volontaires en Égypte : au premier plan à gauche Julien, et à droite Brigitte Colard, également envoyée de l’ACO. Au deuxième plan derrière Julien, Matthieu Busch, pasteur de l’Union des Églises Protestantes d’Alsace Lorraine et directeur de l’ACO. À l’arrière-plan au bout de la table, trois envoyés de l’Œuvre d’Orient © ACO/Défap

Cher Défap, chère ACO,

Je suis arrivé au Caire le 5 septembre, j’écris cette lettre de nouvelles le 5 décembre. Mon service civique au Caire a commencé depuis trois mois et je me suis bien habitué à ma nouvelle vie, à ma nouvelle ville. Le Caire est une ville fascinante, ambivalente sur bien des points, le dépaysement qui ne s’est pas encore tout à fait échappé, m’a pendant longtemps caché l’aspect extrêmement populaire de ces rues. Les bâtiments sont d’une architecture et d’une couleur inhabituelles mais ils sont aussi dégradés et bien souvent vétustes. Les rues sont vivantes et habitées mais elles sont aussi cabossées et parsemées de déchets. Le pays possède une histoire plurimillénaire, avec son lot de pharaons, d’intellectuels précurseurs, de spiritualités multiples mais est désormais en proie à un régime dictatorial subtil dont la domination ne s’exprime pas dans la vie de tous les jours mais que l’on aperçoit furtivement dès lors qu’on cherche des médias indépendants ou que l’on s’intéresse aux perspectives de carrière d’un jeune Égyptien sans réseau.

Au milieu de ces dissonances, je travaille depuis un peu plus de deux mois, d’une part au New Ramses College (NRC), et d’autre part je me mets au service d’un foyer de jeunes filles situé non loin de chez moi, à hauteur de trois ou quatre après-midis par semaine.

Au NRC, je suis un Français plus qu’un professeur de français, j’aime mes collègues qui m’enseignent la vie en Égypte et avec qui tantôt je mange du kochari, tantôt je bois du café turc ou du thé. J’aime aussi les élèves car même s’ils ne sont pas faciles, je n’ai pas connu de plus grande satisfaction qu’un cours réussi, de la même manière qu’il n’y a rien de plus déprimant qu’un cours raté. Je crois qu’ils m’apprécient aussi et je sens que même les classes les plus difficiles commencent à aimer mes cours. Enseigner est un vrai apprentissage pour moi, chaque classe, chaque individu en fait, a ses spécificités et les méthodes d’enseignement doivent être flexibles. Le jeu est ma méthode d’enseignement privilégiée, ma flexibilité est d’adapter les jeux aux tranches d’âge et de faire attention aux retours de mes élèves, qu’il s’agisse de retours directs ou indirects.

Au foyer, je suis un Égyptien qui se fait passer pour un Français, la faute à mes origines algériennes probablement. La Sœur responsable du foyer est une personne exceptionnelle comme j’en ai rencontrées peu dans ma vie. Les filles sont merveilleuses, imaginez 80 gamines de 4 à 18 ans vivant en communauté, elles sont comme des sœurs les unes pour les autres, elles s’aiment, se disputent, se font la tête, se rabibochent constamment. Je donne des leçons en français et en sciences à l’équivalent ici des CM1, CM2 et 6ème, pour un total de 11 élèves. Ici, on ne joue pas, on travaille, et on travaille beaucoup même ! Entre l’école et le soutien scolaire assurés par les volontaires, dont moi-même, les filles travaillent de 8h du matin à 8h du soir six jours sur sept. Alors même si on travaille on s’amuse aussi, on se fait des blagues, on se taquine en arabe ou en français parce que les filles sont bien meilleures en français que n’importe lequel de mes élèves au New Ramses Collège, même les plus vieux. Avec les filles, le plus attristant ce n’est pas quand elles ne vous écoutent pas ou qu’elles ne sont pas concentrées, le plus attristant c’est quand elles donnent l’impression qu’elles ne vous aiment pas. Cela donne une idée à quelle point la relation professeur/élève au foyer est différente de celle au NRC.

Sinon, je prends aussi des cours d’arabe depuis mon arrivée et je progresse bien, je dois dire que j’en suis assez fier. Je joue au foot une fois par semaine avec des amis et une petite équipe de tarot s’est également mise en place. Je fais même du théâtre d’improvisation, d’ailleurs avec la troupe nous nous sommes produits sur scène la semaine dernière. J’ai fait aussi quelques soirées depuis mon arrivée, j’ai même été au concert de Wegz une méga-star locale, mais je ne suis pas encore sorti danser et c’est bien la seule chose qui me manque !

Voilà pour les nouvelles, j’aime beaucoup ma vie au Caire. Marseille me manque un peu malgré tout, mais le week-end dernier j’étais à Alexandrie et voir la mer a rempli mon cœur de souvenirs, désormais me revoilà au Caire entre le sable fin et la poussière.

Julien




Partir, revenir… et transmettre

Éline O. et Mahieu Ramanitra, qui ont animé à deux voix un module sur «La gestion des conflits en milieu interculturel» lors de la session de formation des envoyés du Défap début juillet 2019, sont eux-mêmes d’anciens envoyés. Ils témoignent de ce qui les a poussés à devenir à leur tour formateurs.
Éline O. et Mahieu Ramanitra lors de la session 2019 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Éline O. est partie en Égypte en 2014 avec le Défap et l’ACO (Action Chrétienne en Orient). Mahieu Ramanitra, pour sa part, a été envoyé à Madagascar au cours de l’année 2017-2018. Tous deux étaient chargés de missions d’enseignement. Des expériences dont ils reconnaissent l’un comme l’autre aujourd’hui qu’elles ont fortement modifié leur vision du monde, et durablement infléchi leur parcours de vie. À son retour d’Égypte, Éline O. s’est ainsi orientée vers une formation en médiation socioreligieuse, et elle a rejoint la Commission Échanges de Personnes (CEP), chargée au Défap du processus de recrutement des futurs envoyés. Des préoccupations que l’on retrouve chez Mahieu Ramanitra, qui, parti à la recherche de ses racines familiales à Madagascar, a été amené à s’interroger sur la violence dans les relations interculturelles, et s’est intéressé à la CNV (Communication Non-Violente)… Après être intervenus tous deux lors de l’Assemblée Générale du Défap, ils ont animé à deux voix un module sur «La gestion des conflits en milieu interculturel» au cours de la session 2019 de formation des envoyés.

 

Après votre expérience à l’étranger en tant qu’envoyés du Défap, qu’est-ce qui vous a motivés à y revenir comme formateurs ?

Mahieu Ramanitra : Il y a là pour nous une dimension de restitution, qui va au-delà du rapport de mission, au-delà de tout ce que nous avons pu laisser comme notes ou observations au profit des volontaires qui devaient nous succéder. Cette période de formation, nous sommes très conscients de l’importance qu’elle a pour les futurs envoyés. Et nous voulions pouvoir apporter notre pierre à l’édifice… Je me souviens que j’avais été particulièrement frappé par ce module sur la gestion des conflits… C’est sans doute dès ce moment-là qu’une première graine a été semée chez moi, qui a influé sur mes centres d’intérêt. Ensuite, au cours de ma mission, j’ai rencontré d’autres envoyés du Défap qui ont orienté mes réflexions. Ce n’est pas un hasard si c’est un autre volontaire qui m’a fait découvrir la Communication Non-Violente…

Éline O. : Ce qui m’avait plutôt marquée, c’était le module sur l’interculturalité : on y abordait des questions concernant les valeurs, les besoins, les différences d’intérêt en fonction des cultures. Pour moi, dès ce moment-là, je savais qu’il y avait une porte qui s’était ouverte, et que j’aurais besoin de creuser davantage dans ce domaine. Mon expérience en Égypte n’a fait que m’en convaincre davantage. Et c’était logique d’en faire bénéficier les futurs envoyés…

Comment s’est passé ce retour au Défap ?

Éline O. : Depuis mon retour d’Égypte, je suis passée tous les ans au Défap lors des périodes de formation des envoyés. Il y avait chez moi l’envie de passer le flambeau, de voir comment évoluait la situation sur mon lieu de mission… Et puis, on retrouve au Défap une ambiance familiale dans laquelle je me sens bien. Aussi, quand j’ai reçu cette proposition de participer à un module de formation, la réponse était pour moi évidente : c’était oui, bien sûr !

Mahieu Ramanitra : Pour moi aussi, c’est quelque chose qui me semblait aller de soi : j’ai l’impression, en fait, de ne jamais vraiment m’être éloigné du Défap… Il y a eu la session retour des envoyés à laquelle j’ai participé en octobre 2018 ; ensuite, les contacts ont été réguliers au fil des mois… Ce projet de formation a commencé à mûrir très tôt. Pour moi, c’est une forme de don et de contre-don : si je peux revenir ici pour transmettre, c’est parce que j’ai moi-même beaucoup reçu.

Éline O. : Il y a eu pour nous deux un moment très significatif : lorsque nous avons été invités, Mahieu et moi, à témoigner lors de l’Assemblée Générale du Défap. Nous avons senti que notre expérience d’envoyés était vraiment entendue, valorisée, voire même interpellante. Et qu’au-delà de ce que nous avons vécu, nous portions un peu le témoignage de tous les envoyés…

Éline O. et Mahieu Ramanitra lors de la session 2019 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Comment avez-vous conçu ce module de formation ?

Éline O. : Nous l’avons pensé comme une combinaison d’outils à fournir, et d’interactions avec les envoyés. Du coup, nous avons alterné les séquences d’apports théoriques et les moments d’animation de groupe. Et nous avons chacun un apport spécifique, tout en étant capables d’intervenir sur la partie de l’autre : Mahieu a beaucoup travaillé sur la Communication Non-Violente, sur l’aspect prévention et gestion des conflits ; je m’attache davantage aux modes alternatifs de résolution des conflits, en faisant intervenir des tiers.

Mahieu Ramanitra : Nous intervenons, non pas seulement en tant qu’experts, mais surtout parce que nous avons vécu ce que les futurs envoyés seront amenés à vivre. Et même si nous ne citons pas d’exemples personnels, il est évident que notre expérience a fortement influencé notre réflexion. Nous n’avons pas la prétention d’apporter des connaissances que les autres vont devoir mettre en pratique simplement parce que notre savoir fait foi ; nous intervenons autant comme animateurs que comme formateurs.




Le Défap soutient l’Appel pour le volontariat de demain

À l’occasion de son dixième anniversaire, France Volontaires a lancé l’Appel pour le volontariat de demain. Un texte qui vient en réponse à des défis partagés qui appellent des réponses communes et pour lesquels le volontariat représente une solution concrète et inclusive. À travers cinq recommandations, les signataires de l’Appel (en tout, près de 200 acteurs du volontariat, dont le Défap) aspirent à insuffler un élan collectif pour que le volontariat de demain contribue activement à l’émergence d’une société de l’engagement solidaire et ouverte sur le monde. Ce texte inscrit le volontariat et son principe de réciprocité, comme une réponse puissante et transversale aux trois grands défis actuels que sont la préservation de l’environnement et du climat, les mobilités et l’inclusion sociale et professionnelle.
Vue d’une session retour des envoyés du Défap © Défap

«Nous, organisations de la société civile, associations, agences ou organismes investis dans les champs de l’engagement volontaire, de la solidarité internationale et du développement, proclamons un appel pour le volontariat de demain.

Un monde en mutation, des défis partagés

Le monde que nous avons en commun vit de profondes transformations sur les plans politique, économique, social et écologique entraînant une accentuation des formes d’inégalités (territoriales, d’accès aux ressources et aux services de base, liées au genre …).

Dans ce contexte trois défis majeurs nous interpellent :

  • Le défi de la préservation de l’environnement et du climat, porté par une prise de conscience et des attentes fortes des citoyens,
  • Le défi des mobilités, alimenté et amplifié par les effets conjugués des situations de conflits et de pauvreté croissante et des changements climatiques,
  • Le défi de l’inclusion sociale et professionnelle, dans un monde composé aujourd’hui de près de 2 milliards d’individus âgés de 10 à 24 ans et confronté à une précarisation des populations actives et de relégation de nos aînés.

Face à ces défis, la tentation du discours populiste prend le pas sur un projet de société fondé sur la cohésion ; la peur de l’autre peut se substituer à la solidarité et à la fraternité. Il est donc urgent de prendre conscience collectivement de nos interdépendances et de notre destin commun. Nos efforts de développement et nos initiatives de solidarité doivent impérativement reposer sur des actions concertées et des partenariats équilibrés.

Le volontariat, une réponse transversale et puissante

Dans ce monde en mutation, nous croyons fortement que l’engagement volontaire «est un moyen puissant et transversal de mise en œuvre des ODD» comme reconnu par le Secrétaire Général des Nations-Unies.

Le volontariat est un engagement libre et responsable au sein d’organisations qui contribuent à l’intérêt général, il favorise une mobilisation citoyenne d’envergure autour de grands enjeux de société, « ne laissant personne de côté ».

Par leur engagement humain et de proximité, les volontaires facilitent le dialogue entre organisations internationales, pouvoirs publics et communautés locales. Ils favorisent une meilleure compréhension des réalités vécues et une recherche de solutions partagées et coopérations et d’échanges entre les peuples, les cultures, les sociétés civiles et les générations. Les volontaires, de tous âges, jouent un rôle de catalyseurs d’évolution des pratiques et de transformation des sociétés.

Nous appelons les gouvernements, les décideurs publics, les élus nationaux comme locaux, les organisations nationales comme internationales de solidarité, de coopération, ou de développement ainsi que les acteurs de la société civile convaincus de l’utilité sociale de l’engagement volontaire et partageant ses valeurs à :

  • Favoriser une société de l’engagement qui intègre le volontariat comme un levier de mise en œuvre des politiques publiques de jeunesse, de transition écologique et de lutte contre les inégalités et les exclusions,
  • Œuvrer à la reconnaissance sociale et professionnelle du volontariat,
  • Favoriser le développement des opportunités d’engagement volontaire pour répondre à la demande croissante des citoyens, tout en veillant à l’accessibilité au plus grand nombre, à la qualité des missions et des partenariats, ou encore des processus d’accompagnement des volontaires tout au long de leurs parcours,
  • Développer des formes de mobilités croisées fondées sur des principes de partenariat, d’intérêts partagés et de réciprocité,
  • Renforcer les coopérations entre les États, ainsi que les partenariats entre l’État, les collectivités territoriales et les sociétés civiles en vue de concevoir des cadres et stratégies propices au développement du volontariat.

Nous appelons les États, les agences nationales, les organisations internationales et plus largement l’ensemble des parties prenantes à se donner les moyens pour garantir la qualité du volontariat et veiller aux potentielles dérives telles que la marchandisation du volontariat, le volontourisme ainsi que les risques de substitution à l’emploi.

Nous appelons à un élan collectif pour traduire ces recommandations en actions concrètes pour que le volontariat de demain contribue activement à l’émergence de sociétés de l’engagement solidaire et ouvertes sur le monde.»




Formation des envoyés : deux semaines pour changer de vie

Prévue en cette année 2019 du 1er au 12 juillet, la session de formation est l’aboutissement de toute une année : à la fois pour les futurs envoyés, dont la procédure de recrutement s’étale sur plusieurs mois, et pour le personnel du Défap, largement mobilisé en amont et pendant cette période de préparation au départ. C’est aussi un moment crucial d’échanges entre les futurs envoyés, qui ont là l’occasion de passer deux semaines ensemble, mais aussi d’interroger leurs motivations et de réfléchir à la manière dont ils se projettent dans leur future mission. Deux semaines qui annoncent un changement radical, sachant qu’on revient toujours changé de l’expérience du volontariat…
Ouverture de la session 2018 de la formation des envoyés du Défap : premiers échanges dans le jardin… © Défap

 

Cette année encore, un peu plus d’une vingtaine d’envoyés du Défap s’apprêtent à partir en mission dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore de l’enseignement de la langue française. Et tous vont se retrouver au 102 boulevard Arago, à Paris, pour une session courte, mais intense, de deux semaines, au cours de laquelle ils participeront à la période-clé que constitue la formation. Période-clé pour les futurs envoyés, car elle représente un moment privilégié pour apprendre à mieux connaître le Défap en y logeant tous ensemble pendant un peu plus d’une dizaine de jours ; mieux connaître l’équipe des permanents, et pouvoir mettre des noms et des visages sur des fonctions ; mieux se connaître entre eux et partager un temps privilégié avant le grand départ, à l’automne, qui les verra se disperser en Tunisie, en Égypte, à Madagascar, au Bénin, au Cameroun, au Sénégal… Ainsi, au-delà des thématiques abordées lors des présentations ou des ateliers, il y a dans cette période de formation brève, mais dense, un aspect d’échange et de rencontres indispensable. Mais ces deux semaines représentent également une période-clé dans la vie du Défap lui-même et pour toute l’équipe des permanents, largement mobilisée à la fois avant et pendant la formation.

Qu’ils soient pasteurs et aillent s’occuper d’une paroisse outre-mer, qu’ils partent sous le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) ou à l’occasion d’un service civique, pour quelques mois ou pour une mission plus longue, les futurs envoyés doivent tous passer par cette étape de la formation. Elle marque l’aboutissement d’une procédure de trois à six mois au cours de laquelle ils ont rencontré les membres de la CEP (Commission Échange de Personnes) pour faire le point sur leur projet, évaluer leurs compétences professionnelles, leurs aptitudes personnelles. Puis vient la formation, étape qui constitue une obligation légale, notamment au vu des enjeux de sécurité, mais qui représente surtout pour le Défap le moyen de leur fournir des outils pour pouvoir s’adapter aux enjeux d’un autre pays, d’une autre société, d’autres manières de vivre où le confort peut être des plus rudimentaires ; et les préparer à vivre une expérience qui les obligera à sortir de tous leurs cadres. Une tranche de vie irremplaçable, mais qui nécessite des bases bien établies.

La formation : ce qui s’y enseigne… et ce qu’on y découvre

S’il ne faut aujourd’hui que quelques heures de vol pour se retrouver à l’autre bout de la planète, partir pour quelques mois ou un an comme volontaire, en mission dans un pays lointain, n’en reste pas moins une aventure. On en sort nécessairement changé. Pas question de s’y embarquer à la légère. Et se préparer au départ, c’est déjà partir un peu : se projeter dans un autre contexte culturel, se confronter à d’autres manières de vivre… et interroger ses propres motivations. Pourquoi partir en volontariat à l’étranger ? Qu’espère-t-on trouver ? À quelles réalités se retrouvera-t-on mêlé ? Pour les futurs envoyés, le temps de la formation au 102 boulevard Arago, au sein du vénérable bâtiment de l’ancienne Société des Missions Évangéliques de Paris, est déjà l’occasion de remettre en cause quelques certitudes. Notamment celles qui concernent la place du religieux, dans des pays où la laïcité, telle qu’elle est comprise et vécue en France, n’existe pas.

Au menu de ces deux semaines de formation : des thèmes d’ordre pratique, comme les aspects administratifs de l’envoi ou les questions de santé ; d’autres davantage consacrés à l’interculturel et à la rencontre de l’autre, au contexte de la mission (contexte culturel, géopolitique ou ecclésial) et à l’engagement citoyen et solidaire. De manière générale, cette formation vise à répondre à quatre questions : qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui rentre ? Sachant qu’on revient toujours changé d’une expérience de volontariat, qu’elle dure quelques mois ou plusieurs années… Pour cela, outre les membres de l’équipe des permanents mis à contribution lors des sessions en plénière et des ateliers, la période de formation fait appel à des associations partenaires ; elle mobilise aussi d’anciens envoyés venant témoigner, ainsi que des intervenants extérieurs disposant d’une compétence particulière dans un domaine précis.

Et comme chaque année, cette session de formation des envoyés 2019 se clôturera par un culte d’envoi, célébré dans la chapelle du Défap, et ouvert à tous. Pour rencontrer les futurs envoyés avant leur départ, rendez-vous le vendredi 12 juillet à 14h00 au 102 boulevard Arago, Paris, 14ème.




Service civique : pour tout savoir, rendez-vous le 11 avril au Défap

Les rendez-vous «apéro-info» du Défap et de VISA-AD approchent. Vous êtes tenté(e)s par l’engagement à l’international, mais vous hésitez encore ? Voici quelques arguments pour vous convaincre, sur des images montées par Anna Strumpler dans le cadre de sa propre mission de Service Civique. Et pour tout savoir, rendez-vous le 11 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, et le 25 avril Quai Saint-Thomas, à Strasbourg !

© Maxpixel

Le Service Civique, destiné aux 16-25 ans, permet d’effectuer une mission d’intérêt général dans une association, une collectivité ou un établissement public de six à douze mois. En 2017, 125.000 jeunes ont réalisé une mission dans une des 10.000 structures d’accueil partenaires, publiques et associatives. Selon les résultats de la 3ème édition du baromètre Ifop et de l’enquête de satisfaction menée auprès de 20 000 anciens volontaires, dévoilés le 6 mars 2018 par l’Agence du Service Civique, 94% d’entre eux le recommanderait à un(e) ami(e).

Chaque année, le Défap envoie en mission une quinzaine de volontaires dans le cadre du Service Civique – un nombre qui va croissant. Ils ou elles peuvent être assistant(e) d’éducation pour l’apprentissage du français dans une école tunisienne ou au Bénin, travailler auprès d’un orphelinat au Caire ou à Madagascar… Des missions qui tournent essentiellement autour de l’enseignement ou de la santé, mais peuvent aussi concerner le développement durable ; des missions qui permettent, aussi, de découvrir des pays très divers et offrent l’opportunité de travailler dans un contexte interculturel – autant d’éléments susceptibles d’être valorisés dans la suite d’un cursus ou comme première expérience professionnelle.

Vous voudriez savoir si les missions proposées par le Défap correspondent à vos aspirations ? Un rendez-vous «apéro-info» est organisé le jeudi 11 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, par le Défap – Service protestant de mission et Visa Année Diaconale ; il sera suivi d’un autre le 25 avril à Strasbourg, Quai Saint-Thomas. Ces rencontres vous permettront d’échanger avec nos équipes qui répondront à vos questions, et d’en apprendre davantage sur les missions, le contexte dans lequel elles se déroulent, et le suivi réalisé.

Ainsi, les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat : ils sont suivis à la fois par l’organisme qui les envoie, et par un responsable sur le lieu de leur mission. Le statut de Volontaire du Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Le Défap s’assure qu’un logement est disponible et prévoit la préparation et la formation au départ préalable du volontaire. Si vous êtes de nationalité française ou ressortissant(e) de l’Espace Économique Européen, âgé(e) de 18 à 25 ans inclus, autonome, capable de vous adapter à un contexte interculturel, et prêt(e) à respecter les consignes de sécurité imposées par le contexte politique du pays dans lequel vous serez envoyé(e), il y a sans doute une mission de Service Civique pour vous !

Venez rencontrer nos équipes et d’anciens volontaires

Pour aller plus loin :

Le Défap et Visa Année Diaconale sont deux organismes protestants agréés, qui ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée (plus de 6 mois) à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique. Ils proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires, d’où ce rendez-vous commun d’information. Il prévoira :

  • Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international
  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontre avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échange plus personnalisé pour répondre aux questions

Alors, prêt(e) à partir avec le Défap ? Pour achever de vous convaincre, regardez donc ce film réalisé par Anna Strumpler dans le cadre de sa mission de Service Civique. Et rendez-vous le 28 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, pour plus d’informations… Pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55.




Service civique : partir pour les autres, et se trouver soi-même

Partir en Service civique, ce n’est pas seulement donner de son temps aux autres : cela peut être aussi préparer son propre avenir. Avec le Défap ou avec VISA-AD, c’est une occasion privilégiée de s’engager à l’international. Témoignages et retours d’expérience avec William, parti en Tunisie, et Nicolas, parti au Bénin. Pour en savoir plus, et rencontrer d’anciens volontaires du Défap ou de VISA-AD, rendez-vous le jeudi 11 avril au Défap, 102 boulevard Arago à Paris ; et le jeudi 25 avril au 1bis quai Saint-Thomas à Strasbourg.

© Maxpixel

William est parti en mission de Service civique avec le Défap en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage», témoigne-t-il. Il était assistant d’éducation à l’école Kallaline, et c’était sa première expérience à l’étranger. Nicolas, pour sa part, était au Bénin où il faisait du soutien scolaire : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui». Comme eux, nombre d’anciens envoyés du Défap partis en Service civique peuvent témoigner de ce que cette période de leur vie leur a apporté. Ils ont pu s’engager pour des missions d’éducation ou de santé à Madagascar, au Sénégal, au Cameroun, en Égypte, au Congo-Brazzaville…

Depuis sa création il y a neuf ans, le Service civique a conquis sa légitimité : il est vu aujourd’hui très favorablement par des DRH lors d’un processus d’embauche… Grâce à ce dispositif, partir, ce n’est pas seulement donner de son temps aux autres : cela peut être aussi préparer son propre avenir. Et avec le Défap, c’est une occasion privilégiée de s’engager à l’international.

Le Service Civique, de plus en plus reconnu par les DRH

Pour aller plus loin :

Le Service Civique, c’est la possibilité de vivre de nouvelles expériences et de vous ouvrir à d’autres horizons en effectuant une mission au service de la collectivité. C’est également une opportunité de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences. Accessible sans condition de diplôme, il est indemnisé et s’effectue en France ou à l’étranger. Connu par 93% des jeunes et plus généralement par plus de neuf Français sur dix, selon une étude Ifop, il suscite l’intérêt de près de 67% des jeunes. Plus d’un français sur deux cite spontanément le Service Civique comme le premier dispositif d’engagement proposant aux jeunes des missions citoyennes. Ce rôle d’acteur de référence en matière de jeunesse et d’engagement se retrouve aussi dans les concepts qui lui sont spontanément associés : «solidarité», «engagement», «utile», «aide», «civisme», «citoyenneté», «volontariat».

La spécificité des missions proposées par le Défap, c’est qu’elles s’effectuent à l’étranger, et plus particulièrement en-dehors du continent européen. Ce qui est plutôt exceptionnel dans le cadre d’un Service Civique. Ainsi, en 2014, sur 35.000 volontaires, 784 au total s’étaient engagés pour des missions à l’étranger, dont 491 hors Europe. La découverte d’un pays, le travail dans un contexte interculturel, représentent une expérience dont les Volontaires en Service Civique à l’International (VSCI) reconnaissent tous qu’ils en sortent transformés. Un vrai atout pour l’avenir, tant citoyen que professionnel, avec des bénéfices directs pour poursuivre des études, pour l’orientation professionnelle ; une expérience qui peut aussi déboucher par la suite sur d’autres formes d’engagement.

Le Service Civique est aujourd’hui de plus en plus reconnu par les DRH qui, à 87%, en ont une bonne voire très bonne image. Ils considèrent à 75% que c’est un atout dans le parcours d’un jeune et à 64% que cette expérience d’engagement citoyen pourrait les inciter à recruter. Huit ans après la création de ce dispositif, des volontaires de la «première génération» reconnaissent eux aussi le bénéfice qu’a pu avoir le Service Civique dans leur propre parcours. Illustration avec ce témoignage de Daniel Cremer, parti avec le Défap comme assistant d’éducation à l’école primaire protestante Kallaline, en Tunisie, pendant l’année scolaire 2012-2013. Son investissement personnel a été reconnu et apprécié non seulement au sein de l’école elle-même, mais aussi en-dehors, puisqu’il lui a permis de devenir lauréat de l’Institut du Service Civique (devenu depuis l’Institut de l’Engagement). Avec à la clé un soutien pour la suite de son parcours professionnel. Signe de cette prise en compte de plus en plus importante du Service Civique dans le parcours d’un volontaire, l’Institut de l’Engagement augmente d’ailleurs spectaculairement, d’année en année, le nombre de l’auréats qu’il accompagne…

Pour vous montrer ce que peut vous apporter une mission de Service Civique, voici les témoignages complets en vidéo de William et Nicolas, partis en mission au cours de l’année 2015-2016… Vous pourrez en rencontrer d’autres au siège du Défap lors de notre journée d’information prévue le 11 avril prochain (pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55).

William, de retour de mission en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage»

Nicolas, de retour du Bénin : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui»




Prêt(e)s pour l’aventure de l’engagement à l’international?

Vous avez entre 18 et 30 ans, et vous faites partie des deux-tiers de jeunes qui, aujourd’hui en France, sont intéressés par le Service Civique ? Vous seriez prêt(e)s à vous engager à l’automne 2019 au service des autres en France ou en Europe, dans des programmes d’éducation ou de santé à Madagascar, au Sénégal, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Bénin, en Tunisie, en Égypte ? Les journées d’information communes Défap/VISA-AD sont pour vous ! Rendez-vous le jeudi 11 avril au Défap, 102 boulevard Arago à Paris ; et le jeudi 25 avril au 1bis quai Saint-Thomas à Strasbourg.

© Maxpixel

L’engagement des jeunes à l’international avant tout

Quitter pendant un an : confort, amis, habitudes, repères, langue,… et partir en Europe, en Afrique ou ailleurs pour s’engager dans une mission qui a du sens ; voilà l’objectif commun que proposent les deux associations protestantes « le Défap » et « VISA l’Année Diaconale ». Ces deux organismes protestants agréés ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique.

Une exigence commune d’accompagnement

Le statut de volontaire en Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Le Défap et VISA-AD s’assurent, en plus :

  • que les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat à la fois par l’organisme qui les envoie et par un responsable sur le lieu de leur mission.
  • que les volontaires auront un logement mis à disposition et une formation de préparation en amont.

Élargir l’offre d’engagement

Pour aller plus loin :

Le Défap et VISA-AD proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires puisque chacune des organisations capitalisent leurs expériences sur des zones géographiques et des contenus différents permettant ainsi à chaque jeune voulant s’engager à partir de septembre 2019 de pouvoir trouver son projet personnel quel que soit son parcours.

Des rencontres de Paris à Strasbourg

Les deux associations proposent des moments d’informations gratuites communes, pour tous les jeunes entre 18 et 30 ans s’intéressant au volontariat à l’International.

Au programme :

Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international

  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontres avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échanges plus personnalisé pour répondre aux questions

 

Pour aller plus loin :
Le Service Protestant de Mission (Défap), accompagne, soutient, facilite et encourage l’activité missionnaire des paroisses de trois églises protestantes de France (Epudf, Uepal, Unepref).

Il s’agit entre autres des actions auprès des jeunes (camps internationaux, service civique) le volontariat en solidarité internationale, jumelage avec une église soeur, formation, animations, échange de personnes, fourniture de matériel pédagogique…
Défap
102 boulevard Arago – 75014 Paris
01.42.34.55.55
envoyes@defap.fr
Volontariat International au Service des Autres, l’Année Diaconale (VISA-AD), est une association protestante, reconnue «de Jeunesse et Education Populaire », engagée depuis 1959 dans le volontariat long terme.
VISA-AD organise le recrutement, l’orientation, l’accompagnement et la formation des jeunes volontaires. Basée à Strasbourg, VISA-AD gère une action qui rayonne dans toute l’Europe et même au-delà.
VISA-AD
25, Boulevard du président Wilson
67000 Strasbourg
03.88.35.46.76
international@visa-ad.org

 




Former à la rencontre

S’investir dans des actions à l’étranger, pour une année ou pour un mois, ne s’improvise pas. Jérémie Vercier, ancien envoyé du Défap à Madagascar, et chargé d’encadrer un groupe de jeunes qui doit partir trois semaines à l’été 2019 pour travailler au sein d’un orphelinat en Thaïlande, s’est ainsi souvenu de l’utilité de la formation reçue avant son départ. Il a de nouveau fait appel au Défap pour organiser une formation sur mesure. Au menu du week-end qui a eu lieu en novembre 2018 : pourquoi partir et comment, problématiques interculturelles, questions administratives et de sécurité…

Quelques-uns des pensionnaires de l’orphelinat © CCD Thaïland

 

Lorsqu’il était parti à Madagascar en 2014, Jérémie Vercier l’avait fait via le Défap. Il avait pu alors apprécier l’importance d’une formation préalable pour mieux s’adapter, une fois sur place, à un autre pays, une autre culture, d’autres modes de vie, et pour mieux comprendre le contexte de sa mission. Il avait 21 ans, un statut de service civique et une dizaine de mois pour se lancer dans l’aventure, avec dans ses bagages une formation d’électricien et diverses expériences dans l’animation de groupes d’enfants. Sur place, au Centre d’accueil des enfants orphelins et démunis Akanisoa, à Antsirabe, il était entré de plain-pied dans la vie d’une petite communauté comptant une vingtaine d’enfants et d’adolescents, et le personnel s’occupant de la structure. Une expérience forte. Et lorsque, de retour en France et investi dans l’encadrement de groupes de jeunes, il a été impliqué dans un projet d’échange avec un orphelinat de Thaïlande, il a pensé de nouveau à la formation qu’il avait reçue avant son départ pour Madagascar, et fait appel au Défap.

Période prévue pour le voyage : l’été 2019. Les participants sont un groupe d’une quinzaine de jeunes de l’Unepref, âgés de 18 à 29 ans ; ils seront accompagnés de six encadrants, dont Jérémie Vercier, aujourd’hui âgé de 25 ans. Le projet prévoit trois semaines de travail au sein d’un orphelinat (dont certains des enfants présentent divers handicaps) avec lequel deux des encadrants sont en lien depuis longtemps. Le voyage est ainsi organisé en partenariat avec CCD Thaïland (Christian Care Foundation for Children with Disabilities). Si Jérémie n’a aucun mal à convaincre le groupe de l’utilité d’une formation, à la fois sur les aspects pratiques et sur les questions interculturelles, la question qui se pose est la suivante : comment adapter, pour les besoins de ce voyage de trois semaines en Thaïlande, le contenu de la session de deux semaines que reçoivent avant leur départ tous les envoyés du Défap ? Et, question complémentaire : le groupe peut-il bénéficier d’un «parrainage» du Défap pour chercher des financements ?

Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ?

Pour aller plus loin :

Contact est pris avec Tünde Lamboley, responsable Jeunesse, et avec Laura Casorio, responsable du service Envoyés du Défap. «Au fil des échanges, raconte cette dernière, nous avons essayé d’identifier, à partir des divers modules que comporte la formation des envoyés à laquelle Jérémie avait participé, ce qui serait le plus important pour ces jeunes. Sur cette base, nous avons construit une formation ad hoc pour le groupe.» La formation se met en place sur un week-end en novembre 2018. Elle sera assurée par Laura Casorio. Au menu de cette session : présentation du Défap ; pourquoi partir et comment ; construire son projet (objectif, obstacle, forces, faiblesses) ; problématiques interculturelles ; questions administratives et de sécurité…

Sur place, la secrétaire exécutive du Défap trouve des jeunes qui ne se connaissent pas encore (les accompagnateurs ne les avaient vus jusqu’alors que par groupes de deux-trois au maximum), mais motivés et qui participent activement aux divers modules de la formation. «Cette session d’un week-end a d’abord été utile pour permettre de constituer le groupe», souligne-t-elle. «L’équipe des encadrants a géré les aspects techniques de la mission, le programme, la présentation de l’orphelinat… Le Défap, pour sa part, a apporté son savoir-faire en termes de formation à l’expatriation. Ce groupe sera le premier venu de France à travailler dans cet orphelinat, qui a plutôt, pour l’instant, des partenaires dans le monde anglophone (États-Unis, Angleterre). Les questions des participants tournaient donc beaucoup autour de la manière de prendre contact, de nouer des liens, dans un contexte interculturel, et avec comme difficulté supplémentaire la barrière de la langue : la communication ne pourra se faire que via un interprète. Dès lors, comment apprendre les codes nécessaires pour bien communiquer ? Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ? Qu’est-ce qui pourrait être mal vu ou blessant ? Comment construire une communication fluide, dans un laps de temps réduit ?»

Au-delà du séjour proprement dit, les enjeux sont multiples. Il s’agit tout d’abord d’essayer d’initier des échanges plus pérennes avec cet orphelinat. C’est en tout cas l’idée de l’initiatrice du projet, qui est elle-même une ancienne pensionnaire de ce centre et vit aujourd’hui en France. En ce qui concerne les participants eux-mêmes, beaucoup seraient prêts, à l’issue de cette expérience, pour d’autres formes d’engagements. Et pour Laura Casorio, «accompagner ce genre de projets par une formation rentre tout à fait dans la dynamique actuelle du Défap. Nous sommes d’ailleurs en train de construire des sessions similaires avec d’autres groupes.»