Formation des volontaires 2026 : un espace de rencontre

Du 9 au 18 septembre 2026, 17 volontaires se sont retrouvés à la Maison des missions du Défap, au 102 boulevard Arago à Paris, pour participer à la formation au départ. Parmi eux, 10 volontaires s’apprêtent à partir à l’international, tandis que 7 volontaires s’engagent dans le cadre d’un volontariat en réciprocité. Cette formation constitue une étape importante avant le départ. Elle a pour objectif de donner à chacun les clés nécessaires pour appréhender au mieux son arrivée dans un nouveau pays et sa rencontre avec une nouvelle culture. Pendant dix jours, les volontaires ont été invités à questionner leurs représentations, à dépasser les idées reçues et à se préparer à vivre une expérience fondée sur l’écoute, la curiosité et la rencontre.

Un espace de réflexion

La formation propose une diversité de thématiques permettant aux volontaires de mieux comprendre les réalités auxquelles ils pourront être confrontés au cours de leur mission.

Les enjeux géopolitiques, le dialogue interculturel et le dialogue interreligieux ont notamment permis d’ouvrir des espaces de réflexion et d’échange sur les contextes dans lesquels les volontaires vont évoluer. Ces temps ont également été l’occasion de prendre du recul sur ses propres repères culturels et de réfléchir à la manière dont ceux-ci peuvent influencer notre regard sur l’autre.

Pour moi ce n’est pas un total saut dans l’inconnu parce que j’ai déjà vécu un an à Antananarivo pour une première mission en service civique italien il y a déjà deux ans. Mais cette fois l’aventure va être différente et encore plus immersive […] Être engagée dans ce service civique français représente un vrai défi personnel pour moi, parce que c’est une super occasion de sortir de ma zone de confort en pratiquant une langue qui n’est pas ma langue maternelle. – Sirine, volontaire en service civique à Madagascar

La formation s’est également inscrite dans les lieux et l’histoire du Défap. Les volontaires ont ainsi pu découvrir la bibliothèque du Défap et ses ressources, avant de poursuivre leur réflexion autour d’une visite du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Autant d’occasions de mettre en perspective les questions de cultures, de sociétés et de relations entre les peuples.

Un espace de rencontre interculturelle

Au-delà des contenus proposés, la formation au départ est aussi un véritable espace de rencontre.

Ces dix jours ont réuni 17 personnes aux parcours, aux expériences et aux horizons différents, mais qui partagent une même envie : s’engager dans une aventure humaine et solidaire.

La présence conjointe de volontaires internationaux et de volontaires en réciprocité a particulièrement nourri les échanges. Pour les uns comme pour les autres, la rencontre permet de croiser les regards, de partager ses attentes et ses questionnements, mais aussi de mieux comprendre ce que signifie vivre une expérience de volontariat dans un contexte interculturel.

J’ai eu l’occasion de rencontrer des volontaires français qui vont partir en mission dans d’autres pays, comme Madagascar, et aussi, des volontaires en réciprocité venant de différents pays d’Afrique viennent en France. J’ai beaucoup apprécié ces rencontres, car nous avons pu partager nos expériences, nos cultures et nos attentes pour nos missions.– Mialy, volontaire de solidarité internationale en réciprocité en France

Les temps informels, les discussions et les activités collectives ont ainsi pris une place importante dans la formation. Ils ont permis au groupe de se constituer progressivement et de créer des liens avant même le départ ou le début des missions.

Se former avant de partir, c’est aussi apprendre à ne pas tout savoir à l’avance. C’est accepter de découvrir, d’écouter et parfois de remettre en question ses propres certitudes. À travers cette formation, les volontaires ont pu acquérir des repères pour aborder leur mission avec davantage de confiance, tout en gardant une posture d’ouverture face à ce qu’ils vont découvrir. Du 9 au 18 septembre, la Maison des missions a donc été bien plus qu’un lieu de formation : elle a été un espace de réflexion, de partage et de rencontre, où 17 volontaires ont commencé à écrire ensemble les premières pages de leur aventure solidaire.




Lettre de nouvelles : partages, rencontres, formations et découvertes

Galed est volontaire de solidarité internationale à Marseille. Dans le cadre de sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, il contribue à promouvoir l’éducation à la citoyenneté responsable et à la solidarité auprès des habitants d’un quartier prioritaire.

Ce début d’année a été une période particulièrement épanouissante pour moi. J’ai rapidement pris fonction et j’ai pu m’investir pleinement dans mes missions après le départ de Believe. Entre l’appui à la gestion du projet Vivres Solidaires, la logistique et la communication, j’ai eu l’opportunité de mettre mes compétences au service d’une cause qui me tient à cœur, dans un environnement à la fois stimulant et bienveillant.

Parmi les moments marquants, l’atelier cuisine avec les femmes bénéficiaires du programme reste une très belle expérience. Ensemble, nous avons préparé plusieurs spécialités comme la Ghribia, la Karantika ou encore un spinach stew, accompagnés de riz, de boulgour et de tagliatelles de carottes. Un moment riche en partage, en transmission de savoir-faire et en convivialité.

J’ai également eu le plaisir de retrouver les volontaires avec qui j’ai débuté cette mission lors de la formation « Valeurs de la République et laïcité » à Oullins, près de Lyon. Un temps fort d’échanges et de retrouvailles, qui m’a aussi permis de redécouvrir la ville.

Côté découvertes, un week-end à la montagne à Chaillol m’a offert une première expérience de la neige et du ski, une parenthèse rafraîchissante loin de Marseille.

Je me suis aussi impliqué dans l’exposition photo organisée à l’occasion des 200 ans de présence protestante à Marseille, autour du thème « Témoigner ». Entre installation des œuvres et gestion de la communication digitale, ce projet a été très enrichissant. Une fierté particulière : apparaître sur l’une des photos exposées, symbole de notre engagement à Marhaban.

Enfin, ce trimestre s’est clôturé avec la Fête de l’Alimentation 2026, co-organisée avec plusieurs associations. Théâtre, expo, musique et moments conviviaux ont rythmé cet événement, dans une ambiance chaleureuse et engagée. Un trimestre intense et formateur, marqué par l’engagement, les rencontres et de belles découvertes.

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Lettre de nouvelles : Temps forts entre rencontres et aventures

Asanat est Volontaire de Solidarité Internationale en France depuis 2025. Sa mission est d’accueillir et d’accompagner de jeunes et de familles en situation de précarité à Strasbourg.

Bonjour à tous,

Voilà déjà cinq mois que je vis cette aventure au sein de l’association l’Étage Club de Jeunes. Après la pause des fêtes de Noël, j’ai repris le chemin de ma mission avec un enthousiasme renouvelé pour cette année 2026.

Mon quotidien au cœur du social

Retrouver les bénéficiaires a été un vrai bonheur. Malgré la rudesse de l’hiver, c’est le sentiment d’être utile et la joie des rencontres qui me donnent, chaque matin, le courage d’avancer. Je découvre chaque jour la richesse des actions de l’association ; c’est un apprentissage permanent qui me fait grandir.Un des moments que j’apprécie particulièrement, ce sont les cours de français. C’est un espace de rencontre incroyable avec des personnes du monde entier. Parfois, j’ai le bonheur de pouvoir parler ma langue maternelle avec certains d’entre eux. Voir leur sourire quand ils trouvent quelqu’un qui les comprend vraiment n’a pas de prix ! Cela me permet aussi de les aider plus efficacement dans leur apprentissage. À la Loupiote, le contact avec les familles et les enfants complète cette expérience en m’apportant de nouvelles compétences humaines.

Moments forts et échanges

Ces derniers mois ont aussi été marqués par des moments de partage plus personnels :

Un échange riche : J’ai eu la chance de participer à un culte à Beblenheim, organisé avec le pasteur de l’ACO. J’y étais accompagnée d’une autre volontaire venant d’Égypte. Ce fut un moment d’échange passionnant où nous avons pu mettre en parallèle nos missions respectives ici en France et les progrès des projets en cours en Égypte.

Évasion et amitié : J’ai également eu l’opportunité de découvrir la Côte d’Azur avec deux amies. Ce fut un moment marquant car j’ai enfin pu voir la mer, ce qui change totalement de l’ambiance alsacienne. J’ai aussi remarqué une vraie différence culturelle et de rythme de vie par rapport à l’Alsace ; le climat plus doux et la proximité de la Méditerranée donnent une tout autre énergie. Enfin, j’ai fêté mon anniversaire entourée de mes amis, qui sont devenus pour moi une véritable deuxième famille ici.

Merci à vous tous qui m’accompagnez de près ou de loin dans cet engagement. Votre soutien et vos prières me portent au quotidien. Je vous dis à très bientôt pour la suite de mes aventures.

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Lettre de Nouvelles : Un temps pour assimiler et harmoniser

Laurent est volontaire de solidarité internationale en Tunisie depuis 2024, auprès de l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale, où il intervient comme chargé de projets agricoles. Avant son départ, il était jeune retraité, bénévole à la Croix-Rouge, avec un parcours marqué par de nombreux voyages et expériences professionnelles à travers plusieurs pays. Aujourd’hui, alors qu’il arrive au terme de sa mission, il revient sur cette expérience et partage le bilan humain et professionnel de son engagement.

Le temps passe toujours très voire trop vite lorsque vous êtes volontaires de solidarité internationale dans une mission à l’étranger. Le temps d’assimiler le mode de vie, comprendre les attentes de ce pays et celui de votre association d’accueil, d’initier des actions qui ont un sens et je me rends compte que cela fait déjà plus d’un an et demi que je suis arrivé ici en Tunisie.

En parallèle de la consolidation administrative de l’association et la coordination des projets actuels, j’ai orienté mon travail vers la recherche de nouveaux projets pour que l’association puisse continuer ses actions indispensables au développement de l’agroécologie en Tunisie. Une des particularités dans ce pays est que les associations existent uniquement grâce à des bailleurs de fonds étrangers. La recherche et la réponse à un appel à projet d’un bailleur de fonds nécessitent un travail important de toute l’équipe de l’association pour proposer un projet cohérent (durée, coût, moyens nécessaires, impact,…) et qui répond à nos valeurs et nos objectifs. Le délai entre notre proposition et son acceptation varie entre quelques mois à plus d’un an. Il faut donc accepter que le travail actuellement fait portera ces fruits après la fin de sa mission. Néanmoins, il arrive parfois que les bénéfices de ce travail d’équipe arrivent plus rapidement. C’est le cas par exemple de notre projet « Banque Verte » qui consiste à fournir du fourrage vert au bétail pendant la saison sèche et réhabiliter les sols en utilisant la plantation d’arbustes. Ce projet a été financé par le Défap sur 3 ans. Il fait partie d’une des activités prévues dans un projet plus vaste mené dans 3 gouvernorats sur 3 ans pour soutenir une Filières Agro-Soutenables pour la sécurité alimentaire (projet FASSA financé par la coopération italienne). En effet, le fourrage n’est pas suffisant pour alimenter le bétail et donc la Tunisie connait une diminution drastique de son cheptel avec un impact sur sa sécurité alimentaire. De plus, la dégradation de son sol rend les terres de plus en plus impropres à la culture. Pour répondre à ces deux défis, l’association propose des solutions de cultures agroécologiques dont le méteil (mélange de céréales et de légumineuses) et bien sur LA BANQUE VERTE.

Pour conclure, quand je suis arrivé ici je n’avais pas de connaissances particulières en agronomie et maintenant je commence à comprendre quelques notions indispensables pour l’agroécologie et croire qu’il existe des solutions pour que l’homme vive mieux en harmonie avec son environnement.

C’est aussi cela le volontariat de solidarité internationale, donner mais aussi recevoir.

Laurent

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Neuf mois en Tunisie : immersion culturelle et engagement pour une agriculture durable

Depuis neuf mois, Laurent vit une expérience de volontariat en Tunisie au sein de l’association ATAE. Entre engagement associatif, découverte de la culture locale et exploration des paysages tunisiens, il partage ici un aperçu sincère et vivant de son quotidien. Un témoignage qui donne envie de voir la Tunisie autrement.

Un paysage en Tunisie © Laurent

 

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Déjà 9 mois que j’ai rejoint la Tunisie en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI) dans une association tunisienne (association tunisienne d’agriculture environnementale, ATAE) qui œuvre pour réhabiliter les sols tunisiens en prônant une agriculture durable et en préservant les écosystèmes naturels.
Lors de mon dernier article, je vous ai parlé de l’association, son accueil particulièrement chaleureux, ses missions et les membres dévoués qui la composent. C’est vrai que nous sommes envoyés pour répondre à un besoin, mais être un VSI ne s’arrête pas uniquement à cela. En effet, l’expérience professionnelle est embellie par l’expérience humaine et culturelle. C’est aussi pour cette raison que nous faisons le choix d’être volontaire, et je n’ai vraiment pas été déçu car ce pays est extraordinaire du point de vue culturel.

Mon quotidien se partage entre mes journées au travail et mon temps libre que j’occupe à découvrir ce pays et les activités qui ne manquent pas !
Tunis est une ville très active sur le plan culturel et il se déroule de nombreux festivals (cinéma, théâtre, musique, …). Ces activités me permettent de mieux appréhender la culture tunisienne.

Étant un amoureux de la nature, je profite souvent de mes week-ends pour découvrir les alentours de Tunis et le meilleur moyen est la randonnée. La Tunisie n’est pas très connue pour ses paysages montagneux, mais plus pour son désert, et c’est vraiment dommage car ils sont vraiment très beaux. La faune et la flore sont très riches, surtout en dehors de la période estivale. Ce paysage est magnifié par des vestiges historiques très bien conservés. Lorsque l’on pense à la Tunisie, la première idée qui nous vient est le site de Carthage, mais il en existe d’autres qui méritent le détour. Pour finir, lorsque l’on parle de culture, il ne faut pas oublier le domaine culinaire. Il est vraiment très varié et très goûteux. Je ne parle pas uniquement du fameux couscous tunisien, mais de la salade méchouia, les bricks, et la liste pourrait être très longue, mais je ne peux pas la finir sans parler des excellentes pâtisseries tunisiennes.

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir la région nord de ce pays qui est, hélas, trop souvent oubliée.

Laurent

 

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Salomé : «Je voulais me rendre utile»

Salomé faisait partie des plus jeunes participant.e.s de la formation au départ dispensée en juillet dernier par le Défap. Diplôme de droit – études européennes en poche, armée de « mon livre, ma bonne humeur et mon énergie », elle part pour Madagascar, où elle va participer à l’accompagnement extra-scolaire d’enfants socialement défavorisés.

© Salomé pour Défap

 
Hello 🙂

Je suis Salomé et je viens tout juste de fêter mes 21 ans au moment où j’écris.

Je pars pour Madagascar en tant que VSCI avec en poche mon diplôme de droit – études européennes, mon livre, ma bonne humeur et mon énergie.

Je n’ai connu le Défap que très récemment mais ma volonté de partir et de m’engager dans ce monde qu’est la solidarité internationale a toujours été présente dans un coin de ma tête.

Après mon retour d’Erasmus, cette envie de repartir a été encore plus présente mais je ne voulais pas que cela soit dans un cadre scolaire. Je voulais faire quelque chose de concret, de différent, qui me permettrait d’être en contact avec d’autres, comme des enfants, mais je voulais aussi me rendre utile en mettant à profit mes compétences.

Apporter des sourires et de la joie aux enfants

Ce sont donc ces idées de partage, de soutien, d’accompagnement mais aussi de découverte qui m’ont poussée à m’investir dans une mission de solidarité internationale.

Oui, j’aime découvrir un nouveau pays, un nouveau mode de vie, une nouvelle culture mais j’apprécie aussi de partager mes connaissances et d’apporter des sourires et de la joie aux enfants. C’est surtout par l’animation que j’ai pu le réaliser et cela m’a alors paru logique de m’engager dans une mission axée vers les enfants et vers l’éducation.

Ma mission à Madagascar et plus précisément à Tana est donc évidemment en accord avec tout cela !

Cette mission en englobe en réalité deux : à la cantine scolaire de Mamré et à l’Orphelinat de Topaza.

Je me sens déjà beaucoup plus préparée

L’idée sera d’apporter aux enfants sur place un appui à la pratique du français, un accompagnement aux devoirs mais aussi un temps d’animation via des ateliers et activités ludiques. J’espère pouvoir mettre en place quelque chose autour du sport ou de la musique comme j’aime beaucoup ça.

J’aimerais surtout leur apporter de la bonne humeur, du positif et aussi de la rigolade… sans oublier l’école.

Avec cette formation au Défap, je me sens déjà beaucoup plus préparée et consciente de ce que représente une telle mission. J’ai beaucoup appris grâce à la variété des modules, aux nombreux intervenants et à toutes les réponses à mes questions parfois très nombreuses. Cette formation a été très riche en découvertes et en discussions avec les membres du Défap, mais aussi avec les autres volontaires. C’est tous ces partages, cette qualité de formation, ces rencontres et ces rires qui, malgré la fatigue parfois, ont rendu la formation vivante et très enrichissante.

J’en ressors remplie de bons souvenirs, de bons repas et de nouvelles connaissances.

Il ne me reste donc plus qu’à m’envoler jusqu’à Madagascar en gardant dans un coin de ma tête tout ce que j’ai appris durant ces 10 jours intenses !

À bientôt ! 😉

Salomé




Marina : un rêve d’Égypte

Fascinée par la culture orientale, Marina avait déjà eu l’occasion de s’intéresser à l’Égypte à travers un cours d’anthropologie du monde arabo-musulman. Pays vers lequel elle a finalement décidé de partir, pour une mission d’aide à l’apprentissage de la langue française dans un collège international égyptien, et de soutien scolaire dans un foyer de jeunes filles.

 J’avais longtemps émis le souhait de partir vivre quelque temps dans un pays du Moyen-Orient. C’était sans penser que l’occasion allait se présenter aussi rapidement, alors que je revenais d’une expérience bouleversante du Chili et que je terminais mes années d’études en master de philosophie. Longtemps, j’ai dansé sous les rythmes répétés des musiques orientales, longtemps j’ai contemplé les tableaux des peintres dits orientalistes. Orientalisme certes, exotisme donc, mais fascination qui a vite fait d’être éconduite vers une motivation plus sérieuse, celle où mythes et fantasmes demandaient à être déconstruits, pour appréhender la culture dans ses réalités les plus clivantes, aussi abruptes soient-elles.

Mon choix s’est tourné vers l’Égypte – pays dont le visage avait déjà croisé mon chemin au travers de rencontres, au travers d’un cours d’anthropologie du monde arabo-musulman passionnant ! C’est sans étonnement que j’avais déjà tenu ces mots, que mes proches m’ont rappelés, d’un « rêve » lointain de vivre en Égypte, pas si lointain que ça finalement… C’est d’abord en cherchant sur le site du service civique que j’ai trouvé ce volontariat proposé avec le Défap. Organisation de confession religieuse, protestante, le Défap me permettait de partir sous un statut laïque, faut-il le préciser, reconnu par l’État, avec un engagement à l’international à vocation solidaire, et dans une destination rarement proposée.

Je ressors plus confiante et plus informée

La mission qui m’attend est en lien avec mon ancien parcours d’animatrice Bafa et d’intervenante dans le soutien scolaire. Je serai en charge de l’apprentissage de la langue française dans un collège international égyptien ainsi que du soutien scolaire et de l’aide aux devoirs dans un foyer accueillant des jeunes filles en situation précaire. Un poste à double casquette donc, dont le rôle principal est la valorisation de l’éducation et de la jeunesse.

Fraîchement sortie des dix jours de la formation obligatoire organisée par le Défap, je ressors plus confiante et plus informée aussi, quant à l’expérience qui m’y attend à la rentrée prochaine, même si les doutes et les incertitudes persistent encore. Des enjeux tels que la spécificité liée à l’interculturel, la sécurité, le cadre législatif et administré par l’État qui nous accompagne en souscrivant au statut de volontaire, mais aussi le respect des lois en vigueur à appliquer et du rôle représentatif qu’il nous est tenu de remplir sous ce titre. Ces dix jours ont aussi été l’occasion de découvrir le profil des autres envoyé.es, aux parcours atypiques, et de se sentir connectée à un réseau de personnes qui toutes sont concernées par cette même trajectoire à un moment de leur vie : celle de l’expatrié.e, qui est parti.e vivre ailleurs, principalement pour la rencontre de l’autre. Un réseau que l’on n’a pas souvent l’occasion de croiser sur son chemin, mais qui rassure pour les futur.es déraciné.es que nous sommes.

Marina




«Nous nous sommes jetés à l’eau»

Un témoignage de couple cette semaine : deux volontaires qui ont participé ensemble à la « session départ » du Défap en juillet, et se préparent à partir en septembre vers la Corne de l’Afrique, dans le cadre d’un projet d’alphabétisation et pour participer à des actions humanitaires.

© D. et U. pour Défap

 
En direction de la Corne de l’Afrique !

L’appel de la main tendue vers son prochain était dans nos cœurs quelque temps déjà et cet arrêt inattendu avec l’irruption de la Covid 19 dans nos vies à tous, fut le point de départ d’une nouvelle réflexion sur l’orientation de notre vie…

Les vagues de confinement successives étant passées, nous nous sommes jetés à l’eau : nous avons rejoint le bateau « Logos Hope » avec ses 350 membres d’équipage de 60 nationalités différentes au service des nations pendant 2 années.

Nous voilà un an après notre retour, prêts à nous investir à nouveau, à plein temps, dans la Corne de l’Afrique avec un projet d’alphabétisation et de participation à des actions humanitaires.

Nous étions une quinzaine d’inconnus qui sont devenus des amis

Pour se préparer au mieux, nous avons suivi la « Formation au départ » du Défap.

Il s’agit de deux semaines de formation intense balayant divers sujets tels que les enjeux géopolitiques, la sécurité, l’interculturalité, l’anthropologie…

Nous étions au début une quinzaine d’inconnus qui après ces 15 jours de formation sont devenus des amis. Nous avons pu nous enrichir des partages et expériences de chacun aussi bien que de ceux des intervenants de qualité.

Nous partons sur le terrain en septembre prochain, forts des conseils reçus lors de cette formation et de la Paix qui nous anime.

D. et U.




Laurent : « Un projet qui fait sens pour moi »

Déjà bénévole en France pour la Croix-Rouge, Laurent a décidé de s’engager à l’international. Direction : la Tunisie, où il va être chargé de coordonner plusieurs projets.

Laurent en juillet 2024 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Laurent pour Défap

Jeune retraité et bénévole à la Croix-Rouge depuis trois ans, j’ai souhaité poursuivre mon engagement dans un projet qui fait sens pour moi. Après quelques recherches, j’ai trouvé que le cadre d’un contrat VSI répondait à mes attentes. En effet, je ne souhaitais pas travailler pour une ONG mais donner mon temps comme volontaire. Après avoir envoyé mon CV et ma lettre de motivation au Défap en décembre, celui-ci me contacte à ma grande joie pour me proposer une mission en Tunisie. N’étant pas arrêté sur une destination particulière et pour un travail particulier, j’ai accepté avec plaisir leur proposition.

Après avoir fait des entretiens, la commission a donné un avis favorable à ma candidature. Je suis très heureux de débuter cette nouvelle aventure en Tunisie.

Apporter ma pierre à l’édifice

Mais pour faire quoi ? Très bonne question car même si j’étais ouvert sur le travail à réaliser, je voulais que celui-ci ait un sens pour moi, que je puisse apporter ma pierre à l’édifice. Après des échanges avec l’association à Tunis responsable du projet et le Défap, le contour de la mission se précise. Je vais être en charge de coordonner les projets en cours et dans le futur et faire le lien entre les équipes sur le terrain et le bureau de l’association à Tunis. Le fait que cela soit un nouveau poste afin de répondre à un besoin est une motivation supplémentaire.

Pour l’instant, l’équipe est constituée d’une douzaine de personnes réparties sur différents projets et sur le territoire tunisien. Le bureau est situé à Tunis. Dans le cadre de ma mission je pense que je vais pouvoir voir sur place la mise en application des projets. L’aspect relationnel va être très important pour le bon déroulement de la mission, et cela me plaît bien.

Mais avant de partir, il est nécessaire de se former (obligation réglementaire) même si j’ai eu l’occasion de voyager et travailler dans de nombreux pays. Je le reconnais, au départ j’avais un doute sur l’utilité de cette formation avant le départ, mais quelle erreur ! Les sujets abordés ont été particulièrement intéressants. Les échanges avec le groupe étaient nombreux et enrichissants. Quelle joie d’apprendre à se connaître, d’échanger nos expériences respectives, de manger ensemble (merci à notre extraordinaire cuisinière), cela a été un moment important à vivre avant le départ, comme quoi il ne faut pas s’arrêter à ses premiers ressentis, première leçon et j’en aurai évidement de nombreuses à découvrir en mission.

Laurent




Johanna : «C’est important pour moi que mon activité soit alignée sur mes valeurs»

Johanna faisait partie de la quinzaine de candidates et candidats qui ont participé à la session de formation au départ du Défap en juillet dernier. Sa destination : le Sénégal, où elle a passé son enfance.

Johanna en juillet 2024 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Johanna pour Défap

Je suis Johanna, j’ai 25 ans et je viens d’obtenir mon diplôme d’architecte.

Ma motivation principale est de m’engager pour le développement de mon pays d’enfance, le Sénégal. Je souhaite m’engager aux côtés de mes parents dans l’association qu’ils ont fondée en mettant mes compétences et ma créativité au service des communautés locales. C’est important pour moi que mon activité soit alignée sur mes valeurs, en particulier concernant la lutte contre la précarité et la dégradation de l’environnement. Je souhaite œuvrer au sein d’une structure fortement engagée dans ces domaines, durant ce VSI et dans le futur. Cette année de volontariat pourrait, je l’espère, constituer une transition entre la vie étudiante en Europe et la profession d’architecte au Sénégal.

Le centre agroécologique de Beer Shéba étend ses activités dans plusieurs domaines: production agricole, santé, éducation et hébergement.

Ma mission consistera à la conception de divers bâtiments destinés à ces activités.

Mettre mes compétences et ma créativité au service des communautés locales

Je serai également responsable du design graphique (affiches, produits, livrets) et de maintenir les plateformes de communication du projet.

En parallèle, je serai amenée à participer à l’embellissement du site par des plantations et installations, et à soutenir les événements ponctuels tels que les marchés et journées portes ouvertes organisées par l’association.

En tant qu’enfant d’expatriés retournant dans mon pays de cœur, j’ai apprécié la formation de départ pour la qualité de son contenu. De nombreux intervenants ont mis des mots sur des phénomènes et pratiques que je connais sans savoir les nommer de manière aussi précise. Les outils d’analyse et conseils de posture donnés me semblent très pertinents, et m’aident à éclaircir les pensées que j’associe à mon départ proche.

Je n’oublie évidemment pas de mentionner la richesse des échanges au sein du groupe des envoyés, et la bienveillance ambiante instaurée par l’équipe du Défap !

Johanna




Tijmen : «Cette période en Tunisie m’a permis de grandir»

Pendant que les prochains envoyés du Défap sont en pleine formation au départ au 102 boulevard Arago, des nouvelles d’un volontaire présent sur le terrain depuis un an : Tijmen, qui travaille en Tunisie à un projet de ferme expérimentale. Le but : promouvoir de bonnes pratiques agricoles pour lutter contre l’érosion des sols et l’avancée du désert, et pour s’adapter à un contexte rendu de plus en plus difficile par le réchauffement climatique.

À droite : Tijmen, vu de dos, avec Ben (à gauche), responsable local du projet de ferme expérimentale © DR

 

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Chère famille du Défap,

Salutations de Tunisie, le début de l’année semble si loin !

Je voudrais tout d’abord vous donner des nouvelles de la Tunisie en tant que pays. D’une manière générale, nous constatons que cette année a été meilleure en termes de précipitations. Les pluies tombées cette année sont les meilleures des 5 dernières années selon les personnes actives dans le domaine de l’agriculture. C’est très encourageant ! Cela ne résout pas les problèmes plus profonds de la sécheresse cumulée au fil des ans, mais c’est la bonne direction !

Nous venons également de terminer la période du Ramadan. Cette période est toujours différente et donne lieu à des conversations intéressantes. Les chrétiens jeûnent-ils parfois ? Pourquoi jeûnent-ils ? Ce sont des questions dont j’aime discuter. Certaines personnes sont plus curieuses que d’autres, mais il est bien de pouvoir discuter de nos croyances tout au long du ramadan.

Développements du côté des projets :

La construction de l’unité du projet avicole © DR

  • En janvier 2024, nous avons commencé nos campagnes de collecte de fonds pour l’élevage de chèvres que nous souhaitons mettre en place. Pour rappel, nous souhaitons acquérir 10 hectares et un minimum de 30 chèvres. Nous avons eu des engagements encourageants d’organisations/individus qui veulent devenir des partenaires financiers du projet ! Cela nous donne la volonté de continuer. Le défi principal est d’avoir un bon suivi et une bonne direction pour l’avenir.
  • L’écoconstruction du projet avicole a bien avancé ! Nous sommes maintenant dans une phase où nous pouvons déjà placer des poulets dans l’unité que nous avons construite. Nous réfléchissons actuellement au moment le plus propice pour commencer la production de volailles.
  • Avec mon organisation locale, j’ai également participé au développement d’un « parcours apicole ». L’objectif de ce projet est de planter des arbres et des plantes pollinisateurs dans une certaine zone afin de stimuler les activités des abeilles dans cette région particulière. J’ai principalement participé à la plantation d’arbres et de plantes pollinisateurs dans la zone désignée, ainsi qu’à l’aménagement du site.
  • Enfin, certains de nos partenaires en Tunisie ont acquis une de nos solutions pour la désinfection des dattes. Normalement, les dattes sont désinfectées contre les insectes soit par l’utilisation de produits chimiques, soit par congélation (avec une usage d’énergie et des coûts énergétiques élevés). La nouvelle solution n’utilise que des gaz inertes (tels que le CO2 ou le nitrogène). C’est très encourageant et j’espère que davantage de producteurs de dattes commenceront à appliquer des méthodes plus propres comme celle-ci !

Quelques nouvelles au niveau personnel :

Nous venons de passer le week-end de retraite du groupe de jeunes (adolescents) de notre Église. C’était formidable de passer du temps avec eux et d’investir dans leur vie. Pendant le week-end, j’ai pu partager mon témoignage, et ma prière est que Dieu touche leur cœur en ayant entendu mon histoire et ce que Dieu est capable de faire !

Tijmen lors de la session de formation des envoyés du Défap © Défap

Par ailleurs, je peux également dire que cette période de temps en Tunisie m’a permis de grandir personnellement d’une manière que je n’attendais pas. Le fait que beaucoup de choses dans le projet ne soient pas certaines et que nous ne sachions pas ce qui va se passer m’a amené à dépendre davantage de ce que Dieu fait plutôt que de mes propres capacités. C’est plus facile à dire qu’à faire ! En outre, une grande partie de mon travail dépend de ma propre proactivité. Cela a été un processus de croissance pour devenir plus indépendant et autosuffisant dans ma façon de travailler. Dieu utilise cette saison de ma vie pour façonner cette partie de mon caractère, de mon expérience et de mes capacités. C’est un parcours de croissance qui est parfois confrontant et difficile, mais c’est une croissance qui en vaut la peine, et je remercie donc le Seigneur de m’avoir placé ici.

Quelques sujets de prière :

Tunisie : Merci de prier pour que Dieu donne plus de pluie à la nation. Le pays a vraiment besoin de continuer à développer ses activités agricoles et l’eau restera toujours la clé. Priez en particulier pour le sud du pays, où la production de dattes a lieu. Les nappes phréatiques s’assèchent dans certaines régions, le besoin est donc grand !

L’Église :

  • Priez pour l’Église locale. L’unité reste la prière la plus importante !
  • Priez aussi pour les jeunes leaders qui se forment actuellement. Il est encourageant de voir des jeunes hommes et femmes s’engager pour l’Église locale. Priez pour qu’ils soient une génération nouvelle et fraîche qui apportera l’unité à l’Église.
  • Priez aussi pour l’Église francophone, pour que la communauté entre frères et sœurs continue à se développer.
    Tijmen : Veuillez prier pour le processus de croissance que j’ai expliqué. Que je puisse le vivre et le parcourir avec Dieu.

Le projet : Merci de prier pour que Dieu clarifie les projets que je mène, en particulier celui de la chèvrerie. Nous avons besoin de clarté dans les mois à venir afin de savoir dans quelle direction nous allons aller. Priez pour que je Lui fasse confiance et que je sache qu’Il conduit toutes choses selon sa volonté.




Luc, volontaire en Tunisie : «Je t’encourage à partir !»

Luc a déjà une longue expérience du milieu de l’humanitaire. Il a débuté au Rwanda en 1994, il a travaillé pour l’Unicef, a été fonctionnaire des Nations-Unies… Ce qui ne l’a pas empêché de repartir comme VSI avec le Défap, pour une mission en Tunisie, à l’école Kallaline. Pourquoi un tel choix ? Il s’en explique dans ce podcast… et encourage toutes celles et tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui voudraient s’investir au loin, à postuler auprès du Défap.

Luc, volontaire en Tunisie : « Je t’encourage à partir ! »


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