Formation des volontaires 2026 : un espace de rencontre

Du 9 au 18 septembre 2026, 17 volontaires se sont retrouvés à la Maison des missions du Défap, au 102 boulevard Arago à Paris, pour participer à la formation au départ. Parmi eux, 10 volontaires s’apprêtent à partir à l’international, tandis que 7 volontaires s’engagent dans le cadre d’un volontariat en réciprocité. Cette formation constitue une étape importante avant le départ. Elle a pour objectif de donner à chacun les clés nécessaires pour appréhender au mieux son arrivée dans un nouveau pays et sa rencontre avec une nouvelle culture. Pendant dix jours, les volontaires ont été invités à questionner leurs représentations, à dépasser les idées reçues et à se préparer à vivre une expérience fondée sur l’écoute, la curiosité et la rencontre.

Un espace de réflexion

La formation propose une diversité de thématiques permettant aux volontaires de mieux comprendre les réalités auxquelles ils pourront être confrontés au cours de leur mission.

Les enjeux géopolitiques, le dialogue interculturel et le dialogue interreligieux ont notamment permis d’ouvrir des espaces de réflexion et d’échange sur les contextes dans lesquels les volontaires vont évoluer. Ces temps ont également été l’occasion de prendre du recul sur ses propres repères culturels et de réfléchir à la manière dont ceux-ci peuvent influencer notre regard sur l’autre.

Pour moi ce n’est pas un total saut dans l’inconnu parce que j’ai déjà vécu un an à Antananarivo pour une première mission en service civique italien il y a déjà deux ans. Mais cette fois l’aventure va être différente et encore plus immersive […] Être engagée dans ce service civique français représente un vrai défi personnel pour moi, parce que c’est une super occasion de sortir de ma zone de confort en pratiquant une langue qui n’est pas ma langue maternelle. – Sirine, volontaire en service civique à Madagascar

La formation s’est également inscrite dans les lieux et l’histoire du Défap. Les volontaires ont ainsi pu découvrir la bibliothèque du Défap et ses ressources, avant de poursuivre leur réflexion autour d’une visite du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Autant d’occasions de mettre en perspective les questions de cultures, de sociétés et de relations entre les peuples.

Un espace de rencontre interculturelle

Au-delà des contenus proposés, la formation au départ est aussi un véritable espace de rencontre.

Ces dix jours ont réuni 17 personnes aux parcours, aux expériences et aux horizons différents, mais qui partagent une même envie : s’engager dans une aventure humaine et solidaire.

La présence conjointe de volontaires internationaux et de volontaires en réciprocité a particulièrement nourri les échanges. Pour les uns comme pour les autres, la rencontre permet de croiser les regards, de partager ses attentes et ses questionnements, mais aussi de mieux comprendre ce que signifie vivre une expérience de volontariat dans un contexte interculturel.

J’ai eu l’occasion de rencontrer des volontaires français qui vont partir en mission dans d’autres pays, comme Madagascar, et aussi, des volontaires en réciprocité venant de différents pays d’Afrique viennent en France. J’ai beaucoup apprécié ces rencontres, car nous avons pu partager nos expériences, nos cultures et nos attentes pour nos missions.– Mialy, volontaire de solidarité internationale en réciprocité en France

Les temps informels, les discussions et les activités collectives ont ainsi pris une place importante dans la formation. Ils ont permis au groupe de se constituer progressivement et de créer des liens avant même le départ ou le début des missions.

Se former avant de partir, c’est aussi apprendre à ne pas tout savoir à l’avance. C’est accepter de découvrir, d’écouter et parfois de remettre en question ses propres certitudes. À travers cette formation, les volontaires ont pu acquérir des repères pour aborder leur mission avec davantage de confiance, tout en gardant une posture d’ouverture face à ce qu’ils vont découvrir. Du 9 au 18 septembre, la Maison des missions a donc été bien plus qu’un lieu de formation : elle a été un espace de réflexion, de partage et de rencontre, où 17 volontaires ont commencé à écrire ensemble les premières pages de leur aventure solidaire.




Comment fonctionne le volontariat de réciprocité ?

Le volontariat de réciprocité repose sur un principe simple : les échanges entre partenaires internationaux vont dans les deux sens.

Le Défap accompagne des volontaires français qui partent s’engager auprès de structures partenaires à l’étranger. Mais cette dynamique ne s’arrête pas là : le Défap accueille également en France des volontaires issus de ses pays partenaires.

Cette réciprocité permet de construire des relations plus équilibrées entre les partenaires et de placer la solidarité internationale, l’échange et le dialogue interculturel au cœur des missions de volontariat. Il ne s’agit donc pas simplement d’accueillir une personne venue d’un autre pays. Le volontariat de réciprocité permet à chacun de partager ses compétences, ses expériences et sa culture, tout en contribuant à un projet commun.

Qui peut bénéficier du volontariat de réciprocité ?

Le Défap travaille avec de nombreux partenaires à travers le monde, notamment des Églises, des associations et des ONG engagées dans des projets de développement et de solidarité.

Dans ce cadre, des volontaires issus de ces pays partenaires peuvent être accueillis en France pour rejoindre une structure dont le projet est soutenu ou accompagné par le Défap.

Comme pour les missions de volontariat à l’étranger, le volontariat de réciprocité peut prendre deux formes :

  • le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) ;
  • le Service Civique, dans le cadre de missions adaptées à ce dispositif.

Comment se déroule une mission de réciprocité ?

Le parcours commence par l’identification des besoins des structures partenaires et la diffusion d’offres de mission. Les candidatures sont proposées par les partenaires du Défap, puis étudiées afin de trouver la meilleure adéquation entre le profil du volontaire et les besoins de la structure d’accueil.

Une fois le volontaire sélectionné, plusieurs étapes permettent de préparer son arrivée en France :

  • Les démarches administratives, notamment les procédures liées à l’obtention du visa ;
  • La préparation au départ et à l’arrivée, avec des temps de formation destinés à préparer le volontaire à son nouvel environnement ;
  • L’accueil et l’installation au sein de la structure partenaire ;
  • L’accompagnement tout au long de la mission, assuré par le Défap et ses partenaires.

Le Défap travaille notamment en lien avec France Volontaires et les différentes structures partenaires afin de faciliter ces démarches et de garantir les meilleures conditions possibles d’accueil et d’accompagnement.

Une occasion de découvrir la France autrement

Une mission de volontariat ne se résume pas aux activités réalisées au sein de la structure d’accueil. Elle permet également au volontaire de découvrir un nouveau pays, son quotidien et ses réalités.

Pour certains, il s’agit d’une première découverte de la France. Pour d’autres, cette expérience permet de porter un regard nouveau sur un pays déjà connu et d’en découvrir d’autres facettes.

Au fil de la mission, le volontaire peut ainsi découvrir le patrimoine, les traditions, la diversité culturelle et les réalités sociales françaises. Cette immersion constitue une véritable expérience d’ouverture et d’apprentissage, qui vient enrichir la mission professionnelle ou associative.

Le volontariat, un véritable échange culturel

La réciprocité est au cœur de cette expérience. Comme le souligne France Volontaires, « la réciprocité dans le volontariat est un principe d’action qui infuse les échanges, les partenariats, les projets, pour un rééquilibrage des relations entre pays et acteurs ».

Le volontaire n’est donc pas uniquement là pour transmettre ses compétences : il apprend aussi de son environnement et des personnes qu’il rencontre.

La mission devient un espace de rencontres et de partage autour de nombreuses dimensions de la vie quotidienne : langues, pratiques professionnelles, traditions, gastronomie, rapport au travail ou encore manières de vivre ensemble.

Ces échanges permettent au volontaire et à la structure d’accueil de mieux comprendre leurs réalités respectives et de faire de la diversité culturelle une véritable richesse.

« J’ai également eu l’opportunité de découvrir la Côte d’Azur avec deux amies. Ce fut un moment marquant car j’ai enfin pu voir la mer, ce qui change totalement de l’ambiance alsacienne. J’ai aussi remarqué une vraie différence culturelle et de rythme de vie par rapport à l’Alsace ; le climat plus doux et la proximité de la Méditerranée donnent une tout autre énergie. »

Quels sont les impacts du volontariat de réciprocité ?

Le volontariat de réciprocité produit des effets à plusieurs niveaux. Il bénéficie au volontaire, à la structure qui l’accueille, mais aussi aux relations entre les partenaires internationaux.

Renforcer la capacité d’agir

La présence du volontaire peut contribuer au développement et au renforcement des activités de la structure d’accueil. Ses compétences, ses initiatives et son expérience viennent compléter celles des équipes en place et peuvent apporter de nouvelles perspectives, sur le plan organisationnel, relationnel ou humain.

Favoriser l’ouverture et les échanges

Le volontaire devient également un acteur de la solidarité internationale. Les liens qu’il crée avec ses collègues, les partenaires et son environnement participent à une meilleure connaissance de son pays d’origine et favorisent le dialogue entre les cultures.

Son expérience peut ainsi contribuer à renforcer les liens entre les sociétés et à faire vivre concrètement les relations de partenariat.

S’enrichir mutuellement

Enfin, le volontariat de réciprocité est avant tout une expérience humaine. La rencontre entre des personnes aux parcours et aux cultures différents favorise le partage, la remise en question et l’apprentissage mutuel.

En travaillant ensemble autour d’un objectif commun, le volontaire et la structure d’accueil peuvent faire émerger de nouvelles idées et de nouvelles manières d’agir.

Une expérience qui prolonge le partenariat

La fin de la mission ne signifie pas la fin des échanges.

À leur retour, les volontaires repartent avec de nouvelles compétences, des expériences marquantes et des liens tissés au fil de leur mission. De leur côté, les structures d’accueil bénéficient d’un regard nouveau, de nouvelles compétences et d’une coopération renforcée avec leurs partenaires internationaux. Le volontariat de réciprocité est ainsi bien plus qu’un échange de personnes. Il constitue un véritable levier de solidarité internationale, de dialogue interculturel et de construction de partenariats durables.

Parce qu’il permet à chacun de donner, de recevoir, d’apprendre et de transmettre, il incarne pleinement la volonté du Défap de construire des relations fondées sur la réciprocité et l’égalité entre partenaires.

Une mission de volontariat, c’est une expérience professionnelle et humaine, mais aussi une ouverture sur le monde. Une aventure faite de rencontres, de découvertes et d’échanges, qui peut transformer durablement le regard que l’on porte sur les autres et sur soi-même.




6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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Believe à Marhaban : «Je me sens à ma place»

Nouvelle lettre de nouvelles de Believe : venue du Togo, elle effectue une nouvelle mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, à Marseille. Une association qu’elle connaît bien à présent, pour y avoir déjà été en mission en tant que service civique. Cette année, Believe bénéficie du statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale).

Believe, en mission à Marseille au sein de l’association Marhaban : atelier de cuisine © Believe pour Défap

 

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VOLONTAIRE
  • Believe, Togolaise, 26 ans
  • Soutenir l’éducation à la citoyenneté responsable et à la solidarité en quartier prioritaire
MISSION
  • Association diaconale Marhaban
  • Mon service s’adresse aux adultes, jeunes et parfois aux enfants

Quelle joie de me retrouver de nouveau en famille à Marseille où je me plais comme si c’était chez moi ! C’est avec ces mots de douceur que je vous annonce cette deuxième vague de mon volontariat à Marhaban. Avec de nouvelles priorités et défis, je peux vous dire que c’était une belle décision que je ne regrette pas car je me sens à ma place ici et je suis utile dans tout ce que je fais. Comme d’habitude, l’accueil chaleureux était au rendez-vous sans faute et encore meilleur cette fois-ci puisque je retrouve des visages déjà connus. Tout de suite, je suis imbibée de la chaleur de cette ville dont je suis tombée amoureuse.

En tant que coordinatrice du projet d’aide alimentaire nommé Vivres Solidaires, destiné aux personnes dans le besoin, j’ai l’honneur d’aider à préparer les colis pour distribution et d’animer des ateliers de cuisine. Nous avons remarqué que beaucoup de nos bénévoles et bénéficiaires ne connaissent pas forcément les légumes que nous distribuons en plus des produits secs. Ces ateliers deviennent donc des moments de partage et de découverte des plats de chacun, permettant à tous de se surpasser et d’essayer de nouveaux aliments. Nos matinées de petit déjeuner autour de l’épicerie sont superbes ; nous y apprenons beaucoup et des discussions ouvertes et intéressantes ont lieu autour de ce projet autogéré par les femmes bénéficiaires elles-mêmes, avec notre accompagnement.

Believe, en mission à Marseille au sein de l’association Marhaban : soutien scolaire © Believe pour Défap

Cette année, ma mission s’est élargie aux familles, et plus précisément aux enfants. Je fais maintenant du soutien scolaire, j’anime des jeux de société et j’organise des sorties occasionnelles. Ces nouvelles responsabilités me permettent de mieux connaître notre public et d’assimiler énormément d’informations. Cet amour chrétien que nous possédons témoigne de sa grandeur dans toutes nos activités et c’est pourquoi je suis si passionnée par mon travail.

Nous développons également notre vestiaire à travers des tris réguliers pour que le public puisse bénéficier des vêtements de saison et des articles de première nécessité en urgence. La médiation parmi les bénévoles de différentes nationalités, principalement d’Afrique, dans toutes ces activités n’est pas une tâche facile, mais elle me plaît beaucoup. Pouvoir être en charge de cela est un défi enrichissant. Maintenant, mon objectif futur est de rendre visible à l’extérieur notre association, qui fait tant de choses formidables mais qui reste souvent méconnue en dehors de notre cercle interne.

Je suis impatiente de poursuivre cette mission et de partager avec vous les progrès réalisés. Merci pour votre soutien continu.

Avec tout mon dévouement,

Believe

Believe, en mission à Marseille au sein de l’association Marhaban : en accompagnement des familles aux sorties © Believe pour Défap

 




EAPPI : «Nous sommes une goutte d’eau parmi ceux qui œuvrent à la paix»

Vous avez pu lire la semaine dernière une lettre de nouvelles de Marilyn. Venue de France, elle est à pied d’œuvre depuis début septembre 2022 en Cisjordanie, au sein du groupe 85 des équipes d’accompagnateurs œcuméniques du programme EAPPI. Les missions de ces équipes sont multiples : témoigner, soutenir les actes de résistance non violente aux côtés des Palestiniens chrétiens et musulmans locaux et des militants pacifistes israéliens, offrir une protection par leur présence non violente… Avant son départ, Marilyn a expliqué au Défap ce qui l’a poussée à s’engager dans ce programme. Rencontre.

En mission de paix avec EAPPI © EAPPI

Quelles sont les motivations personnelles qui vous ont poussée à participer au programme EAPPI en Israël-Palestine ?

Elles sont multiples. Il s’agit de motivations tant humaines que spirituelles, qui s’expliquent par mon parcours personnel. J’ai été en contact avec ce lieu, cette terre, depuis 2003. La première fois que j’y suis allée, je voulais voir sur place, après ce que j’avais entendu de ce conflit, de ce problème entre deux peuples. Cette situation m’interpellait déjà au lycée : nous étions un groupe d’élèves très amis, dont une qui était arabe, et moi, moitié française, moitié espagnole. C’était après 1967, après la guerre des Six Jours. Déjà, il existait des mouvements de jeunesse, très œcuméniques, qui proposaient d’aller construire sur place des écoles, de s’occuper de centres sociaux, d’hôpitaux. Déjà, nous avions ce projet de partir sur place ; ça ne s’est pas concrétisé alors. Mais j’ai été rattrapée plus tard par ce besoin, ou ce désir, ancré en moi.

À la source de ce désir, qu’y a-t-il exactement ? Je dirais qu’il s’agit d’un besoin de justice, d’un besoin de paix, de spiritualité ; c’est peut-être aussi une manière de revisiter mes propres racines, mes propres origines… La source de ma motivation est probablement là, à la croisée de l’humain et du spirituel. Et je trouve à travers le programme EAPPI un moyen de participer, même de manière très modeste, à la reconstruction de la paix ; d’être un témoin, de rendre compte de ce qui se passe sur place ; d’aider des populations souffrantes…

L’une des missions des accompagnateurs œcuméniques : assurer une présence et témoigner au niveau des checkpoints tenus par l’armée israélienne. Ici, celui de Kalendia © EAPPI

Comment s’est passée la prise de contact avec EAPPI ?

Je suis protestante, et même si je m’intéresse globalement aux questions de géopolitique, je m’intéresse aussi plus particulièrement aux populations qui habitent cette partie du monde d’un point de vue spirituel, de par mon engagement et ma foi. Voilà pourquoi le EAPPI correspond à mes aspirations. Outre le fait qu’il s’agit d’un programme œcuménique.

La première fois que j’ai entendu parler de ce programme, c’était par hasard : des amis protestants m’avaient parlé d’une soirée publique, au cours de laquelle des invités devaient témoigner des actions d’EAPPI. Je ne pouvais pas y aller ; j’ai envoyé une amie protestante, elle-même intéressée, à ma place. Elle m’a rapporté des documents de cette soirée ; et à leur lecture, je me suis dit qu’il fallait que je parte. J’étais déjà allée bien des fois sur place avec divers organismes, mais il me manquait cette dimension spirituelle que je recherchais, qui faisait écho à ma foi.

Comment vous êtes-vous engagée dans le programme ?

J’ai pris très vite contact avec Bertrand Vergniol, alors secrétaire général du Défap. J’ai ressenti comme un appel. Je l’ai rencontré assez rapidement, en ayant bien étudié le fascicule d’EAPPI. Je serais partie plus tôt si mon employeur m’avait autorisée à le faire ; j’avais demandé deux fois de suite l’autorisation de partir à l’Inspection académique dont je dépendais – j’étais alors directrice d’école. Puis, il y a eu la pandémie… À présent, je ne suis plus dans l’Éducation nationale, il n’y a plus de restrictions de circulation, et je peux enfin partir.

Le contact avec le Défap et Bertrand a été facilité, car je connaissais déjà deux personnes qui étaient parties dans le cadre du programme EAPPI : Martine Millet, pasteure, et Christiane Gillmann, toutes deux membres de Chrétiens de la Méditerranée. Il y a donc eu tout un faisceau de rencontres qui a permis ma candidature.

Une image prise dans un camp de bédouins démoli par l’armée israélienne © EAPPI

Que vous attendez-vous à trouver sur place, après votre formation ?

J’ai suivi une formation d’une semaine avant mon départ dans le cadre du programme EAPPI. La situation politique nous a été bien décrite – même si je la connais déjà bien, dans la mesure où, depuis 2003, je vais tous les ans sur place, voire deux fois par an. Je pense être préparée à cette situation difficile que vivent les Palestiniens et les Israéliens. Je pense être préparée à une situation réelle de dangerosité, mais tout en apprenant à rester dans mon rôle d’observatrice, sans être partie prenante d’un côté ou de l’autre. Même si le rôle d’accompagnateur œcuménique est un rôle qui engage : mais c’est un engagement qui se place plus sur le plan humanitaire que politique. Et il est important d’avoir toujours une attitude d’écoute… Je crois que tous les participants de la formation ont pris conscience de la complexité de leur rôle. Tout en sachant qu’il faut être humble : nous sommes une goutte d’eau parmi ceux qui œuvrent à la paix.