Madagascar au fil des jours : ancrage local, rituels partagés et souvenirs précieux

Depuis six mois, Léonie vit une expérience de volontariat à Madagascar, partagée entre une cantine scolaire et un orphelinat. Si la routine s’est installée, les rencontres et les événements vécus, des ateliers de Pâques aux reboisements en pleine nature, ont laissé une empreinte forte. Elle nous livre ici un témoignage vivant, drôle et émouvant, à l’approche de son départ.

 

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Manao ahoana !

Cela paraît plus difficile d’écrire une lettre de nouvelles après six mois déjà passés ici à Mada, la découverte ayant laissé place à la routine. Mais en y repensant, depuis fin décembre, tellement de choses se sont passées !

À la cantine comme à l’orphelinat, le volontariat suit son cours. À la cantine, on continue de couper des légumes le matin et de prendre des élèves en soutien l’après-midi, avant de terminer la journée à Topaza pour donner des devoirs aux enfants et les corriger. Plutôt que de m’étaler sur ce que je fais depuis le début du volontariat à la cantine scolaire et à l’orphelinat, je vais vous raconter une anecdote pour chacun de ces deux points d’ancrage.

À Madagascar, quand arrive la saison des pluies commence la période des « reboisements », organisés par différentes associations. C’est assez drôle de voir l’importance que cela revêt pour de nombreuses personnes d’aller planter des arbres tandis que de nombreuses autres personnes font brûler la forêt, notamment pour récupérer du charbon. L’orphelinat a pris part à ce traditionnel reboisement, et j’ai donc eu la chance d’y prendre moi aussi part, à 2 reprises. La 1ère fois sur un immense terrain appartenant à la FJKM, à Andanona, où 10 000 arbres auraient été plantés (étant arrivée très tard dans la matinée, je n’en ai planté que 3, c’est pas énorme haha). La 2ème fois, c’était nettement différent, à part les adultes et les enfants et ados de Topaza, il devait y avoir à peine une vingtaine d’autres adultes, et nous avons planté des arbres fruitiers… dont les fruits seront justement récoltés pour l’orphelinat une fois les arbres suffisamment âgés pour en donner ! C’était super de prendre de l’air avec beaucoup plus de jeunes de Topaza que pour le 1er reboisement que nous avions fait, et qui plus est sur le terrain où est initialement né Topaza, bien loin de la capitale.
À la cantine scolaire, les semaines avant les vacances de Pâques ont été rythmées par la préparation des décorations de Pâques pour la salle, et autant vous dire qu’on a beaucoup rigolé. L’idée, c’était de faire peindre à chaque enfant un œuf de Pâques qu’on accrocherait ensuite dans la cantine à une grande corde pour qu’il y ait partout dans la cantine des œufs de Pâques qui flottent au-dessus des têtes des enfants. Sauf qu’ils sont une centaine à manger à la cantine, et qu’il fallait donc vider une centaine d’œufs pour en faire des omelettes, et ce sans les casser. Entre cette matinée de rires à souffler les œufs et l’atelier peinture des œufs par les enfants, cela reste sans doute mon meilleur souvenir de cette année passée à la cantine. Puisqu’il faisait très chaud et très beau, une fois que les grands avaient fini de peindre leurs œufs qui étaient déjà accrochés à la ficelle pour les pendre ensuite dans la cantine, ils se baladaient dehors avec leurs œufs comme si c’était un petit animal qu’ils promenaient, c’était vraiment trop drôle et surtout très mignon.

En dehors du volontariat, j’ai pris l’habitude d’aller voir des films à l’IFM, ce qui rend ma vie culturelle nettement plus développée à Tana qu’en France, je me suis essayée au padel et j’ai vécu la nuit la plus incroyable de ma vie. En effet, nous sommes allées avec notre ami Angelo, qui est entre autres reporter, à Mahamasina pour vivre le nouvel an Malagasy : « Taombaovao ». On était les seules vazaha présentes parmi des centaines de Malagasy, c’était hyper beau et émouvant de pouvoir assister à un tel événement, hyper nationaliste… auquel on n’aurait jamais pu assister sans Angelo.

Je finis de rédiger cette lettre en mai, et le déchirement de quitter en particulier les enfants et les jeunes de Topaza dans pas si longtemps que ça prend de plus en plus de place dans ma tête. En attendant j’essaie quand même de profiter le plus possible de chacun d’entre eux.

Léonie

 

 

 

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6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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VSI : Chargé(e) de mission changement climatique au Cameroun

Cameroun

Mission de volontariat de solidarité internationale (VSI) à Bafoussam au Cameroun, de 12 mois, renouvelable

Chargé de mission changement climatique (H/F)

Contexte

Le Cercle International pour la Promotion de la Création au Cameroun, ONG d’obédience chrétienne, d’écologie et de développement holistique, est un acteur engagé dans la promotion du développement durable à travers la préservation de l’environnement et la promotion des droits humains. Sur le plan international, le CIPCRE est né dans les années 90 à Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest du Cameroun. Toute l’Afrique était alors en pleine effervescence démocratique, mais profondément marquée par une crise sociale, morale, économique, culturelle, spirituelle et environnementale. C’est pourquoi dès ses débuts, le CIPCRE ambitionne d’amener les populations, hommes et femmes, à prendre en charge leur propre développement en relation avec la problématique écologique prise dans un sens large, la volonté étant de contribuer à la construction en Afrique d’une société fondée sur des valeurs évangéliques, c’est-à-dire une société démocratique, juste, équitable, humaine, saine et verte.

Au Cameroun, les interventions du CIPCRE sont structurées autour de 3 programmes : Agriculture Durable, Entrepreneuriat et Hygiène Communautaire (PADEHCOM), Paix et Cohésion Sociale (PACOS) et Droits Humains et Participation Citoyenne (PDHUPAC).

 

Missions :

Rattaché(e) hiérarchiquement au coordinateur du Programme Agriculture Durable, Eco-entrepreneuriat et Hygiène Communautaire (PADEHECOM) du CIPCRE-Cameroun, à qui il/elle rend compte de ses activités, le/la volontaire sera amené(e) à entretenir des relations de travail avec tous les membres de l’équipe.

Le/la volontaire aura pour principales missions la planification, la mise en œuvre et le suivi des actions du CIPCRE-Cameroun en matière de lutte contre le changement climatique, en renforçant les capacités locales et en accompagnant les dynamiques communautaires de résilience environnementale.

A ce titre, le/la volontaire sera chargé(e) de :

  • Définir les critères et les modalités relatives à l’identification des activités touchées par le changement climatique ;
  • Participer à la mobilisation des connaissances et des stratégies mises en œuvre par les personnes touchées ;
  • Concevoir les outils permettant la collecte et le traitement des données sur les connaissances, les savoirs et les pratiques endogènes en matière de mitigation et d’adaptation au changement climatique ;
  • Participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des stratégies d’adaptation au changement climatique dans les zones d’intervention ;
  • Accompagner les initiatives locales de lutte contre la déforestation, la restauration des écosystèmes, l’agroécologie, la gestion des ressources en eau, etc
  • Soutenir la mise en place de systèmes communautaires d’alerte, de gestion des risques climatiques et d’éducation environnementale ;
  • Conduire le processus de reformatage des stratégies de mitigation et d’adaptation au changement climatique existantes ;
  • Coordonner la production d’une vidéo sur les stratégies de mitigation et d’adaptation au changement climatique à prôner (élaboration des TDR, mobilisation des participants à la vidéo, suivi du montage) ;
  • Assurer la participation du CIPCRE à des événements au niveau national pour la promotion de la résilience climatique ;
  • Assurer la formation des prescripteurs de consommation des produits biologiques et faire le suivi des femmes leaders formées ;
  • Faciliter la structuration en réseau des ruraux formés pour la promotion d’activités plus résilientes ;
  • Collecter les données et coordonner l’élaboration de nouvelles fiches techniques ;
  • Produire des rapports circonstanciés des activités réalisées

 

Profil recherché

  • Bonnes connaissances des outils informatiques (Word, Excel, Powerpoint…)
  • Maîtrise du français, bonne connaissance de l’anglais serait un atout
  • Intéressé(e) par le travail de terrain et le contact avec les communautés rurales
  • Aisance relationnelle
  • Aptitude à travailler en équipe/réseau et capacité à travailler de manière indépendante lorsque cela est nécessaire
  • Formation universitaire ou expérience dans le domaine de l’environnement, géographie, agronomie ou gestion de projets environnementaux
  • Idéalement avoir de l’expérience en développement rural et vulgarisation agricole, ou en accompagnement des organisations de producteurs en agroécologie ou en agriculture biologique
  • Avoir de bonnes capacités en collecte et retranscription des données ;
  • Avoir de bonnes capacités rédactionnelles et de présentation des résultats ;
  • Capacité d’adaptation, autonomie, flexibilité et ouverture d’esprit

Conditions

  • Statut de volontaire de solidarité internationale (VSI) encadré par l’État (loi du 23 février 2005)
  • Durée la mission : 1 an renouvelable
  • Lieu : Bafoussam, Cameroun
  • Prise en charge :
      • Couverture sociale complète
      • Visa et billets d’avion
      • Indemnité mensuelle
      • Logement individuel ou chez l’habitant
  • Formation au départ et suivi personnalisé

Pour en savoir plus sur les conditions de départ en mission de Volontariat de Solidarité Internationale avec le Défap, rendez-vous dans la rubrique « Partir avec le Défap ».

En candidatant, merci de préciser la mission concernée.

 

Je postule !


Dans le réseau protestant, le Défap est le seul organisme agréé par le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères pour les missions de VSI.




Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

Après une première en mission en Equateur qui lui a donné l’envie d’en réaliser une autre à Madagascar, Alexis est de retour et nous partage son expérience en tant qu’éducateur dans un orphelinat.

Retour d'Alexis de Madagascar

Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

 

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Éléonore au Caire : du chaos à la sérénité

Passer d’une vie paisible à une mégalopole débordante comme Le Caire peut sembler un pari insensé. Mais pour Éléonore, volontaire au foyer Fowler, ce défi se transforme de plus en plus en une aventure humaine et culturelle extraordinaire. Un témoignage entre désorientation et émerveillement.

Eléonore, pendant la formation des envoyés 2024 © Défap

 

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Il faut être fou pour vouloir vivre au Caire, sincèrement. Si j’avais vraiment su à quoi m’attendre, je n’aurais probablement jamais choisi de vivre ici, parmi tout ce bruit, cette circulation qui ne cesse jamais, cette pollution ambiante, cette poussière…

Voici les pensées qui tournaient en boucle dans ma tête lors de mon installation et des semaines qui ont suivi. Jusqu’à ce que je prenne conscience début octobre, soit un mois après mon arrivée, que c’est une chance inouïe pour moi d’être ici pour un an, dans un environnement si différent de tout ce que j’ai toujours connu.

Moi qui n’ai jamais vécu dans une capitale et qui affectionne tant la nature et le calme des espaces verts. Qui eût cru que je puisse m’acclimater à une mégalopole trois fois plus peuplée que Paris ? J’aurais été la dernière à croire que ce soit possible. Et pourtant, voilà où j’en suis aujourd’hui : non seulement habituée désormais à ce nouveau train de vie, mais surtout heureuse d’être de la partie, heureuse d’être ici, heureuse d’être une petite fourmi parmi toutes les fourmis qui font de cette ville un lieu si vivant et si vibrant.

Vivant et vibrant, c’est également ainsi qu’on pourrait qualifier le foyer Fowler dans lequel je suis volontaire. Accueillant plus de 60 jeunes filles le temps de leur année scolaire, ce foyer est débordant de vie, d’amour et d’humanité. Mes débuts à Fowler sont à l’image de mes premiers jours au Caire : très désorientée et déboussolée au départ. J’ai petit à petit réussi à trouver mes marques au foyer, et je m’y sens si bien intégrée maintenant que j’en oublie que je ne suis là que depuis quelques semaines. En charge d’aider en français, en mathématiques et en sciences les filles de 1ère, 2ème et 3ème primaires (équivalent du CP, CE1 et CE2) scolarisées en école francophone. J’essaye autant que possible de donner aussi des cours de soutien en anglais aux élèves de primaire scolarisées en école gouvernementale égyptienne. Mes après-midis au foyer s’avèrent donc bien remplis !

Et bien que je sois celle chargée d’enseigner, il est une chose qui ne cesse de m’émerveiller, c’est à quel point j’apprends moi-même lorsque je suis au foyer. En effet, je ne repars jamais de Fowler sans avoir appris ou compris quelque chose de nouveau. Avec mes jeunes élèves, j’apprends la patience, bien-sûr, mais j’apprends aussi à mieux parler arabe, à connaître davantage la culture égyptienne, les traditions coptes, et de manière plus générale les coutumes et les façons de vivre dans ce pays. Et plus j’en apprends, plus je réalise tout ce qu’il me reste encore à
apprendre et à comprendre !

Moi qui au début n’étais pas sûre d’être capable de tenir un an au Caire, j’ai maintenant du mal à m’imaginer ailleurs qu’ici. Je me sens désormais complètement à ma place dans cette nouvelle vie. J’espère que les mois à venir seront tout aussi extraordinaires que les premiers et que j’aurai dans la prochaine lettre de belles histoires à vous partager, Incha’Allah ! Portez-vous bien d’ici là.

Eléonore

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Ursula à la découverte de l’Île Maurice… et d’un café solidaire

Ursula, après avoir participé à la « session départ » du Défap en juillet, va partir pour participer à la mise en place d’un café solidaire dans un quartier pauvre de l’île Maurice.

© Salomé pour Défap

 
Bonjour,

Je pars en VSI avec beaucoup de joie pour découvrir l’Église presbytérienne sur l’Île Maurice. Je me réjouis d’avance de participer à la vie de la communauté et de pouvoir servir dans ce cadre. J’espère passer des moments bénis avec chacun(e), apprendre leur langue (ou au moins quelques mots), découvrir les différentes cultures du pays et profiter du paysage.

J’ai le privilège de partir avec ma fille Anna (20 ans) qui va perfectionner son anglais.

Reste à mettre en pratique !

Ma mission sera de participer à un projet de cette Église presbytérienne qui est la mise en place d’un café solidaire dans un quartier pauvre de l’île. Nous allons accueillir des femmes avec des enfants, faire des gâteaux ensemble, et orienter les activités selon les besoins et le discernement de l’équipe.

J’espère que ce café pourra rayonner de l’amour de Dieu, de façon explicite ou implicite.

La formation que je viens de suivre au Défap a été très intéressante. Je me sens bien informée, équipée, comme un couteau suisse, avec des ressources qui me seront d’une grande aide pour comprendre mon environnement et ses fonctionnements.

Reste à mettre en pratique ! Je m’en remets à vos prières !

Ursula




Salomé : «Je voulais me rendre utile»

Salomé faisait partie des plus jeunes participant.e.s de la formation au départ dispensée en juillet dernier par le Défap. Diplôme de droit – études européennes en poche, armée de « mon livre, ma bonne humeur et mon énergie », elle part pour Madagascar, où elle va participer à l’accompagnement extra-scolaire d’enfants socialement défavorisés.

© Salomé pour Défap

 
Hello 🙂

Je suis Salomé et je viens tout juste de fêter mes 21 ans au moment où j’écris.

Je pars pour Madagascar en tant que VSCI avec en poche mon diplôme de droit – études européennes, mon livre, ma bonne humeur et mon énergie.

Je n’ai connu le Défap que très récemment mais ma volonté de partir et de m’engager dans ce monde qu’est la solidarité internationale a toujours été présente dans un coin de ma tête.

Après mon retour d’Erasmus, cette envie de repartir a été encore plus présente mais je ne voulais pas que cela soit dans un cadre scolaire. Je voulais faire quelque chose de concret, de différent, qui me permettrait d’être en contact avec d’autres, comme des enfants, mais je voulais aussi me rendre utile en mettant à profit mes compétences.

Apporter des sourires et de la joie aux enfants

Ce sont donc ces idées de partage, de soutien, d’accompagnement mais aussi de découverte qui m’ont poussée à m’investir dans une mission de solidarité internationale.

Oui, j’aime découvrir un nouveau pays, un nouveau mode de vie, une nouvelle culture mais j’apprécie aussi de partager mes connaissances et d’apporter des sourires et de la joie aux enfants. C’est surtout par l’animation que j’ai pu le réaliser et cela m’a alors paru logique de m’engager dans une mission axée vers les enfants et vers l’éducation.

Ma mission à Madagascar et plus précisément à Tana est donc évidemment en accord avec tout cela !

Cette mission en englobe en réalité deux : à la cantine scolaire de Mamré et à l’Orphelinat de Topaza.

Je me sens déjà beaucoup plus préparée

L’idée sera d’apporter aux enfants sur place un appui à la pratique du français, un accompagnement aux devoirs mais aussi un temps d’animation via des ateliers et activités ludiques. J’espère pouvoir mettre en place quelque chose autour du sport ou de la musique comme j’aime beaucoup ça.

J’aimerais surtout leur apporter de la bonne humeur, du positif et aussi de la rigolade… sans oublier l’école.

Avec cette formation au Défap, je me sens déjà beaucoup plus préparée et consciente de ce que représente une telle mission. J’ai beaucoup appris grâce à la variété des modules, aux nombreux intervenants et à toutes les réponses à mes questions parfois très nombreuses. Cette formation a été très riche en découvertes et en discussions avec les membres du Défap, mais aussi avec les autres volontaires. C’est tous ces partages, cette qualité de formation, ces rencontres et ces rires qui, malgré la fatigue parfois, ont rendu la formation vivante et très enrichissante.

J’en ressors remplie de bons souvenirs, de bons repas et de nouvelles connaissances.

Il ne me reste donc plus qu’à m’envoler jusqu’à Madagascar en gardant dans un coin de ma tête tout ce que j’ai appris durant ces 10 jours intenses !

À bientôt ! 😉

Salomé




Johanna : «C’est important pour moi que mon activité soit alignée sur mes valeurs»

Johanna faisait partie de la quinzaine de candidates et candidats qui ont participé à la session de formation au départ du Défap en juillet dernier. Sa destination : le Sénégal, où elle a passé son enfance.

Johanna en juillet 2024 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Johanna pour Défap

Je suis Johanna, j’ai 25 ans et je viens d’obtenir mon diplôme d’architecte.

Ma motivation principale est de m’engager pour le développement de mon pays d’enfance, le Sénégal. Je souhaite m’engager aux côtés de mes parents dans l’association qu’ils ont fondée en mettant mes compétences et ma créativité au service des communautés locales. C’est important pour moi que mon activité soit alignée sur mes valeurs, en particulier concernant la lutte contre la précarité et la dégradation de l’environnement. Je souhaite œuvrer au sein d’une structure fortement engagée dans ces domaines, durant ce VSI et dans le futur. Cette année de volontariat pourrait, je l’espère, constituer une transition entre la vie étudiante en Europe et la profession d’architecte au Sénégal.

Le centre agroécologique de Beer Shéba étend ses activités dans plusieurs domaines: production agricole, santé, éducation et hébergement.

Ma mission consistera à la conception de divers bâtiments destinés à ces activités.

Mettre mes compétences et ma créativité au service des communautés locales

Je serai également responsable du design graphique (affiches, produits, livrets) et de maintenir les plateformes de communication du projet.

En parallèle, je serai amenée à participer à l’embellissement du site par des plantations et installations, et à soutenir les événements ponctuels tels que les marchés et journées portes ouvertes organisées par l’association.

En tant qu’enfant d’expatriés retournant dans mon pays de cœur, j’ai apprécié la formation de départ pour la qualité de son contenu. De nombreux intervenants ont mis des mots sur des phénomènes et pratiques que je connais sans savoir les nommer de manière aussi précise. Les outils d’analyse et conseils de posture donnés me semblent très pertinents, et m’aident à éclaircir les pensées que j’associe à mon départ proche.

Je n’oublie évidemment pas de mentionner la richesse des échanges au sein du groupe des envoyés, et la bienveillance ambiante instaurée par l’équipe du Défap !

Johanna




Tijmen : «Cette période en Tunisie m’a permis de grandir»

Pendant que les prochains envoyés du Défap sont en pleine formation au départ au 102 boulevard Arago, des nouvelles d’un volontaire présent sur le terrain depuis un an : Tijmen, qui travaille en Tunisie à un projet de ferme expérimentale. Le but : promouvoir de bonnes pratiques agricoles pour lutter contre l’érosion des sols et l’avancée du désert, et pour s’adapter à un contexte rendu de plus en plus difficile par le réchauffement climatique.

À droite : Tijmen, vu de dos, avec Ben (à gauche), responsable local du projet de ferme expérimentale © DR

 

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Chère famille du Défap,

Salutations de Tunisie, le début de l’année semble si loin !

Je voudrais tout d’abord vous donner des nouvelles de la Tunisie en tant que pays. D’une manière générale, nous constatons que cette année a été meilleure en termes de précipitations. Les pluies tombées cette année sont les meilleures des 5 dernières années selon les personnes actives dans le domaine de l’agriculture. C’est très encourageant ! Cela ne résout pas les problèmes plus profonds de la sécheresse cumulée au fil des ans, mais c’est la bonne direction !

Nous venons également de terminer la période du Ramadan. Cette période est toujours différente et donne lieu à des conversations intéressantes. Les chrétiens jeûnent-ils parfois ? Pourquoi jeûnent-ils ? Ce sont des questions dont j’aime discuter. Certaines personnes sont plus curieuses que d’autres, mais il est bien de pouvoir discuter de nos croyances tout au long du ramadan.

Développements du côté des projets :

La construction de l’unité du projet avicole © DR

  • En janvier 2024, nous avons commencé nos campagnes de collecte de fonds pour l’élevage de chèvres que nous souhaitons mettre en place. Pour rappel, nous souhaitons acquérir 10 hectares et un minimum de 30 chèvres. Nous avons eu des engagements encourageants d’organisations/individus qui veulent devenir des partenaires financiers du projet ! Cela nous donne la volonté de continuer. Le défi principal est d’avoir un bon suivi et une bonne direction pour l’avenir.
  • L’écoconstruction du projet avicole a bien avancé ! Nous sommes maintenant dans une phase où nous pouvons déjà placer des poulets dans l’unité que nous avons construite. Nous réfléchissons actuellement au moment le plus propice pour commencer la production de volailles.
  • Avec mon organisation locale, j’ai également participé au développement d’un « parcours apicole ». L’objectif de ce projet est de planter des arbres et des plantes pollinisateurs dans une certaine zone afin de stimuler les activités des abeilles dans cette région particulière. J’ai principalement participé à la plantation d’arbres et de plantes pollinisateurs dans la zone désignée, ainsi qu’à l’aménagement du site.
  • Enfin, certains de nos partenaires en Tunisie ont acquis une de nos solutions pour la désinfection des dattes. Normalement, les dattes sont désinfectées contre les insectes soit par l’utilisation de produits chimiques, soit par congélation (avec une usage d’énergie et des coûts énergétiques élevés). La nouvelle solution n’utilise que des gaz inertes (tels que le CO2 ou le nitrogène). C’est très encourageant et j’espère que davantage de producteurs de dattes commenceront à appliquer des méthodes plus propres comme celle-ci !

Quelques nouvelles au niveau personnel :

Nous venons de passer le week-end de retraite du groupe de jeunes (adolescents) de notre Église. C’était formidable de passer du temps avec eux et d’investir dans leur vie. Pendant le week-end, j’ai pu partager mon témoignage, et ma prière est que Dieu touche leur cœur en ayant entendu mon histoire et ce que Dieu est capable de faire !

Tijmen lors de la session de formation des envoyés du Défap © Défap

Par ailleurs, je peux également dire que cette période de temps en Tunisie m’a permis de grandir personnellement d’une manière que je n’attendais pas. Le fait que beaucoup de choses dans le projet ne soient pas certaines et que nous ne sachions pas ce qui va se passer m’a amené à dépendre davantage de ce que Dieu fait plutôt que de mes propres capacités. C’est plus facile à dire qu’à faire ! En outre, une grande partie de mon travail dépend de ma propre proactivité. Cela a été un processus de croissance pour devenir plus indépendant et autosuffisant dans ma façon de travailler. Dieu utilise cette saison de ma vie pour façonner cette partie de mon caractère, de mon expérience et de mes capacités. C’est un parcours de croissance qui est parfois confrontant et difficile, mais c’est une croissance qui en vaut la peine, et je remercie donc le Seigneur de m’avoir placé ici.

Quelques sujets de prière :

Tunisie : Merci de prier pour que Dieu donne plus de pluie à la nation. Le pays a vraiment besoin de continuer à développer ses activités agricoles et l’eau restera toujours la clé. Priez en particulier pour le sud du pays, où la production de dattes a lieu. Les nappes phréatiques s’assèchent dans certaines régions, le besoin est donc grand !

L’Église :

  • Priez pour l’Église locale. L’unité reste la prière la plus importante !
  • Priez aussi pour les jeunes leaders qui se forment actuellement. Il est encourageant de voir des jeunes hommes et femmes s’engager pour l’Église locale. Priez pour qu’ils soient une génération nouvelle et fraîche qui apportera l’unité à l’Église.
  • Priez aussi pour l’Église francophone, pour que la communauté entre frères et sœurs continue à se développer.
    Tijmen : Veuillez prier pour le processus de croissance que j’ai expliqué. Que je puisse le vivre et le parcourir avec Dieu.

Le projet : Merci de prier pour que Dieu clarifie les projets que je mène, en particulier celui de la chèvrerie. Nous avons besoin de clarté dans les mois à venir afin de savoir dans quelle direction nous allons aller. Priez pour que je Lui fasse confiance et que je sache qu’Il conduit toutes choses selon sa volonté.




Anatole au Caire : « J’ai retrouvé une ville à laquelle je me suis beaucoup attaché »

Anatole est volontaire au sein d’un foyer de jeunes filles défavorisées, dont il accompagne la scolarité. Un milieu très attachant, même si la mission est exigeante… et qu’il y fait l’expérience de toutes les failles du système d’enseignement égyptien. Il évoque aussi sa redécouverte du Caire, ville où il a déjà effectué une mission et où il a laissé des amis.

Anatole en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

 

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Pour replacer dans le contexte, je suis parti l’année dernière avec l’association L’Œuvre d’Orient au Caire pendant un an, afin d’effectuer un volontariat de solidarité internationale (VSI). J’ai commencé par être professeur de français au sein du collège De La Salle, mais la mission ne me plaisait pas et j’ai donc changé de mission dans un foyer de jeunes filles. L’expérience m’a beaucoup plu et j’ai décidé de continuer une année de plus, mais cette fois ci avec le Défap et l’ACO !

Cela fait donc maintenant un an et demi que je vis au Caire, et je suis arrivé pour cette nouvelle année le 30 août 2023.

J’ai retrouvé une ville à laquelle je me suis beaucoup attaché et lieu d’innombrables souvenirs d’une année 2023 déjà exceptionnelle. Après un été de retrouvailles avec mes amis et ma famille, le retour au Caire n’a pas été facile. Heureusement, j’ai retrouvé des volontaires de ma première année toujours présents sur place à mon arrivée, qui ont beaucoup facilité mon retour. J’étais plutôt inquiet au début mais dès mon premier jour au foyer, je me suis rappelé pourquoi j’avais décidé de rester un an de plus et pourquoi cette année allait être encore une fois extraordinaire.

Le système scolaire égyptien, tel que le découvre un volontaire venu de France

La totalité de ma mission se déroule au sein d’un foyer de jeunes filles de 4 à 18 ans, en situation familiale ou sociale difficile.

Le foyer accueille environ 80 filles, réparties équitablement dans des tranches d’âge différentes. À leur arrivée au foyer, les filles sont placées à l’école française de Saint-Vincent-de-Paul, toujours tenue par des sœurs de cette même communauté. En fonction de leur niveau et au fil des années, certaines restent jusqu’au bac dans cette école, mais d’autres poursuivent leur apprentissage en école gouvernementale.

En effet, en Égypte deux systèmes différents coexistent : le système gouvernemental et les écoles en langues étrangères, en français pour nos filles (il y a également les écoles internationales mais extrêmement chères).

Les écoles gouvernementales sont d’un niveau plutôt faible, les horaires de cours sont minimes et les devoirs ou examens quasiment donnés à l’avance. Les écoles françaises ont un meilleur niveau et permettent aux filles de sortir avec la possibilité de continuer des études dans des universités publiques égyptiennes, comme en faculté de littérature, d’économie ou encore de sciences politiques. Les plus douées parviennent même à effectuer des « doubles licences » avec des universités françaises, et même pour certaines à venir travailler en France, ou bien faire un échange en volontariat dans des communautés religieuses.

Le fonctionnement de ces écoles est assez particulier en Égypte. Les cours sont dispensés du lundi au jeudi, ainsi que le samedi, généralement de 8h à 14h, puis chacun rentre chez soi.

Cependant, il existe un accord tacite entre l’État et les professeurs, qui ne touchent pas plus de 3000 livres par mois (équivalent de moins de 100 €). En raison de leur faible salaire, les professeurs décident de ne donner qu’une partie des cours pendant les horaires de classe. Si l’élève souhaite avoir le reste des cours et pouvoir valider ses examens, il devra payer cher pour assister aux cours privés de l’après-midi, dispensés par ces mêmes professeurs dans leurs salles de classe respectives. En tant que Français, cette organisation nous paraît complètement anormale et frauduleuse, mais c’est bien ainsi que fonctionne le système éducatif en Égypte.

C’est pourquoi depuis maintenant des dizaines d’années, des volontaires français se succèdent au foyer, pour permettre aux filles d’avoir les connaissances et les explications nécessaires pour valider les examens tout au long de l’année.

Cette année, je suis accompagné par Brigitte, avec qui je partage mon quotidien au foyer, mais aussi en-dehors.

« Depuis l’année dernière, j’ai vu beaucoup de progrès… »

Brigitte s’occupe des classes de la petite section jusqu’au CM1 en français, écriture et lecture, et en maths ; et je m’occupe des filles de la sixième jusqu’à la terminale en français, maths, sciences et anglais. Chaque classe compte deux à six élèves, j’accompagne donc chaque semaine une vingtaine de filles. Il n’y a pas d’emploi du temps fixe, lorsque j’arrive l’après-midi, je demande aux filles lesquelles ont un examen ou bien des devoirs, et c’est moi qui choisis (en fonction de la matière, du niveau des filles, etc.). J’essaie d’avoir une répartition horaire assez équitable sur une semaine, mais je préfère une répartition juste, à savoir d’aider plus longtemps les filles qui sont le plus en difficulté.

Carte de l’Égypte © ministère des Affaires étrangeres

Depuis l’année dernière, j’ai vu beaucoup de progrès chez certaines filles, pas seulement sur le niveau niveau scolaire, mais aussi en maturité et en autonomie. Ce sont deux notions sur lesquelles j’essaie d’axer au maximum mon enseignement. Dans beaucoup de classes, certaines filles ont changé leur attitude et motivation au travail. C’est une satisfaction immense pour moi, cela veut dire que j’arrive à leur enseigner des notions, qu’elles s’y intéressent, ou au moins qu’elles comprennent que leur travail a un but.

Je suis satisfait des notes obtenues par mes élèves pour ce premier semestre mais des progrès restent à faire, cela prend du temps (et une énergie folle !).

Une des grandes difficultés auxquelles je fais face, est le flou laissé, de manière volontaire par les professeurs concernant les évaluations et leur contenu pour les élèves qui n’assistent pas aux cours privés. De plus, il arrive parfois que les filles reçoivent une quantité colossale de devoirs à 19h30 pour le lendemain, ou bien des informations cruciales pour l’examen qu’elles auront le lendemain.

« La tâche est plus difficile mais je m’y plais énormément »

Par rapport à l’année dernière, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus de travail et plus d’élèves. En effet, nous étions environ cinq volontaires à être chaque jour au foyer, ce qui permettait à chacun d’avoir des classes précises, dans des matières spécifiques et d’avoir alors un meilleur suivi des filles et plus de temps pour enseigner et expliquer des notions parfois beaucoup trop compliquées pour leur âge (comme l’introduction à la physique nucléaire en classe de seconde, et le tout en français !)

Cette année, nous sommes seulement deux. La tâche est donc plus difficile mais je m’y plais énormément. J’ai même trouvé certains bons côtés : je peux donner des cours à des niveaux beaucoup plus variés, ce qui rend le travail d’enseignement plus intéressant et cela me permet également de connaître beaucoup plus de filles et de me sentir plus intégré au foyer.

Une nouvelle volontaire arrive au mois de janvier ce qui devrait nous laisser un peu respirer avec Brigitte !




Marie-Eugénie au Cameroun : en matière de santé, la mobilisation doit continuer

Partie en mission à l’hôpital Djoungolo, à Yaoundé, Marie-Eugénie évoque les projets de santé communautaire dans lesquels elle est impliquée : dépistage des cancers de la femme, sensibilisation et dépistage du VIH/SIDA notamment auprès des jeunes… Des problèmes majeurs de santé publique au Cameroun – et ce d’autant plus que la prévention reste insuffisamment développée. Alors, pas question de baisser les bras…

Marie-Eugénie lors de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

 

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Déjà quatre mois au Cameroun ! Moi qui avais cette appréhension de partir pour un an, finalement le temps passe vite quand tout se passe bien. Et c’est donc une nouvelle année qui débute : j’en profite pour vous souhaiter mes meilleurs vœux.

Passé le temps d’observation, place à l’action. Ainsi au sein de ma mission d’appui à la santé communautaire j’ai pu développer des projets qui me tenaient à cœur, tels que le dépistage des cancers de la femme qui tendent à se multiplier dans les pays en voie de développement. Et la sensibilisation et le dépistage du VIH/SIDA notamment auprès des jeunes, qui reste un problème majeur de santé publique en Afrique : même si de nombreuses politique sont mises en place à ce sujet, la mobilisation doit continuer.

Une des campagnes de dépistage organisées à l’hôpital Djoungolo et à laquelle a participé Marie-Eugénie © Marie-Eugénie pour Défap

La prévention reste le parent pauvre de la médecine or celle-ci doit faire partie intégrante d’une prise en charge intégrale de la santé. C’est très important de développer la médecine préventive, c’est-à-dire l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et/ ou la gravité des maladies, des accidents et des handicaps.

Je suis donc véritablement épanouie dans ce rôle et particulièrement dans le cadre de cette mission car je pense que c’est d’autant plus utile pour ces populations fragilisées. Et cela me permet de m’adapter au contexte local, me permettant de développer des nouvelles compétences.

À côté de la mission l’expérience de vie est tout aussi enrichissante : pouvoir découvrir les différences culturelles du « continent » comme l’on surnomme ce pays réputé pour sa grande diversité, qu’elle soit ethnique, culturelle, géographique… On est amené à faire des découvertes dans notre routine quotidienne mais aussi lors de nos quelques escapades à travers les différentes régions et sites d’intérêt du pays. Dernière visite en date : un séjour dans la région du sud-ouest et notamment à Douala, la capitale économique.

Pour conclure, je dirai que l’aventure se poursuit aussi bien qu’elle a commencé avec toujours plus d’échanges et de découvertes.

Un autre aspect de la mission : la découverte du pays… © Marie-Eugénie pour Défap




Mona : « J’ai beaucoup appris chez les Diaconesses »

Mona, venue d’Égypte pour une mission de service civique chez les Diaconesses de Strasbourg, a terminé son séjour. Dans cette dernière lettre de nouvelles, elle fait le bilan : des relations très fortes avec les pensionnaires de la rue Sainte-Elisabeth, un regard qui a changé sur sa vie, sa relation au temps, à la mémoire…

Mona, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

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Neuf mois se sont écoulés et me voilà en Égypte, chez moi. Maintenant, je dois écrire la dernière lettre de ma mission. Il n’est pas toujours facile d’écrire tout ce qu’on a vécu ou ressenti. Mais, l’une des leçons que j’ai apprises auprès des personnes âgées est qu’en vieillissant, on peut tout oublier. Il faut donc tout écrire et garder à jamais ce texte pour m’aider à ne pas oublier mon séjour à Strasbourg, 3 rue Sainte-Elisabeth.

Grâce à cette session retour au Défap et à la rencontre avec d’autres volontaires qui ont partagé leur expérience, j’ai pu avoir un aperçu général de tout ce que j’ai vécu au cours de mon service civique, ce qui m’a facilité la rédaction de ce texte.

Au début, la mission était un peu difficile pour moi. Être dans un pays étranger, complètement différent du mien, loin de mes proches et avec des personnes qui m’étaient inconnues. Je ne savais pas quoi faire. Je me sentais inutile, ce que je ne pouvais pas supporter. Les journées étaient très longues et les nuits courtes.

Mais au bout de quelques jours, j’ai remarqué que ces personnes essayaient de me connaître, de prendre soin de moi, de savoir ce que j’aime et ce que je n’aime pas, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas sans me critiquer ni me juger.

Maintenant, face à cet amour et à cet accueil chaleureux, je dois aussi faire un effort, je dois faire de mon mieux. Il faut donc comprendre leur vie et en faire partie. Il faut connaître les goûts et les couleurs de chacun et chacune pour pouvoir passer du temps avec eux au quotidien, avoir des moments d’échange et de partage.

J’ai commencé à écrire chaque jour dans un cahier, qu’une sœur m’avait donné, tout ce que je découvrais sur chaque personne : qui aime sortir, lire, jouer, discuter, tricoter, … etc. Je me suis préparée alors un programme en fonction des besoins ou des disponibilités de chacun.

Le temps passait comme un torrent

Après avoir connu tout le monde et m’être rapprochée d’eux, tout a changé. Les journées devenaient très courtes. Je n’arrive pas à réaliser tout ce qui était prévu dans mon programme. Une journée ne suffisait pas pour passer du temps avec tout le monde, alors j’attendais le lendemain avec impatience pour terminer ce que je voulais faire. Le temps passait comme un torrent qui coule toujours et ne s’arrête jamais. Cette maison est devenue ma maison, cette pièce est devenue ma chambre et ces personnes font désormais partie de mes proches.

Le fait d’accompagner des personnes âgées m’a permis de devenir les yeux des malvoyants, les oreilles des malentendants, la mémoire des oublieux, les mains, les pieds, etc. Cela m’a permis d’avoir de nouveaux yeux et de nouvelles oreilles pour voir et entendre les choses différemment, de nouveaux pieds pour visiter de nouveaux endroits,…

J’ai beaucoup appris chez les Diaconesses. J’ai appris à utiliser mes mains. J’ai appris à tricoter de jolis bonnets pour les bébés, à utiliser la machine à coudre, à préparer de nouvelles recettes de gâteaux alsaciens. Grâce aux sœurs, j’ai appris que la plus haute distinction est de servir. Les actes sont plus parlants que les mots. Ce qui se fait de grand, se fait dans le silence. Il faut donner les mains pour aider et le cœur pour aimer. Il faut savoir écouter les autres pour comprendre et pas seulement répondre.

J’ai découvert différents aspects de ma personnalité en accompagnant ces personnes âgées physiquement plutôt que spirituellement. J’ai découvert que je suis une personne patiente. Je peux écouter les autres et comprendre leur tristesse ou leur joie. Je ne m’ennuie pas de faire plusieurs fois la même chose avec les mêmes personnes si ça les aide ou leur plaît.

Après la mort de quelqu’un, il ne faut pas mettre des points mais plutôt des virgules

L’une des périodes les plus difficiles que j’ai vécues au cours de ces neuf mois a été la mort de certaines personnes à la maison. Mais grâce à la vie de communauté, cette vie de prière et de partage, on peut tout surmonter, tout traverser. Comme on me l’a dit, la mort fait partie de la vie. Après la mort de quelqu’un, il ne faut pas mettre des points mais plutôt des virgules car ce n’est pas la fin mais plutôt la continuation de la vie avec le Seigneur.

Le service civique :

Le service civique m’a aidé à rencontrer de nouvelles personnes, à acquérir de nouvelles compétences sur le terrain et à avoir une perspective différente sur la vie. Faire un service civique m’a aussi permis de gagner en maturité, en autonomie et de mieux me connaître. Cela m’a permis de prendre du temps pour moi, de comprendre un peu mieux ce qui m’attire et de définir vers quoi j’aimerais me diriger.

Vacances/ Voyage/ Loisirs :

  • La Suisse : le district de la Gruyère, la Maison Cailler, la Grande Roue, le Lac Léman, des « escape games », des salles d’arcade, SENSAS Genève.
  • Eguisheim.
  • Mulhouse : l’Hôtel de Ville, le Musée Historique de Mulhouse, l’église de Saint-Étienne, La grande mosquée de El-Nour.
  • Le Grand Ballon.
  • Le Vallon de Murbach.
  • Strasbourg : La cathédrale, L’église de Saint Thomas – Saint Paul – Saint Nicolas, Concert Vivaldi (Les 4 saisons & Gloria, Promenade par Batorama, Le petit train)
  • Le Hohrodberg : C’est un centre communautaire de retraite spirituelle et de prière dans les Vosges. C’est un endroit hors du monde où vous pouvez faire une sieste du bruit de la vie et passer vos vacances ou même toute votre vie. Vous trouverez là bas, des sœurs Diaconesses qui font l’accueil, la cuisine, le ménage …etc. Des sœurs qui prient, qui chantent et qui parlent couramment le silence. Des sœurs très accueillantes, qui savent comment dire bonjour et comment dire au revoir.

Ce qui était un peu étrange pour moi en France :

  • Passer des heures et des heures à table
  • Le fromage est très important aux Français. Il peut être l’apéro, l’entrée, le plat principal et parfois le dessert.
  • Les magasins qui ferment trop tôt.
  • Le tutoiement et le vouvoiement.
  • Le fait que le nombre de bises change d’une personne à l’autre.
  • Le calme ou le silence dans les rues et le fait qu’il n’y ait pas de klaxons.