Les responsables religieux chrétiens de France appellent au cessez-le-feu

Se disant « solidaires de toutes les victimes de la guerre entre Israël et le Hamas », les responsables religieux membres du CECEF, le Conseil d’Églises chrétiennes en France, appellent au cessez-le-feu et à la libération des otages.

A Paris, le 05/03/2024

Nous, responsables religieux chrétiens de France, sommes solidaires de toutes les victimes de la guerre entre Israël et le Hamas et appelons au cessez le feu. Porteurs des valeurs de l’Évangile, nous souffrons de la désespérante situation que connaissent plus de deux millions de personnes vivant dans la bande de Gaza. Nous tenons à affirmer que la restriction d’accès à des ressources essentielles telles que les soins médicaux, la nourriture et l’eau est fondamentalement inhumaine.

Nous nous sentons solidaires de toutes les victimes de cette guerre, particulièrement des populations civiles mais aussi des soldats ou des combattants qui portent et porteront les conséquences des actions qu’ils doivent mener. Nous avons exprimé notre solidarité au lendemain de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. Nous la redisons, comme c’est notre devoir, après la tuerie de plus d’une centaine de gazaouis affamés qui a eu lieu le jeudi 29 février 2024, et oblige à voir ce qu’il y a d’inhumain dans la situation présente.

Les objectifs militaires et les intérêts politiques poursuivis par cette guerre ne peuvent négliger la priorité que revêt la sauvegarde de toute vie humaine. Nous réprouvons les actes de violence qui exacerbent la souffrance humaine et empêchent l’émergence d’une paix durable. Nous exhortons les parties prenantes de cette guerre à faire de la protection de la vie humaine et de la dignité des civils leur plus haute priorité.

Dans cet esprit, nous demandons instamment à tous les responsables politiques et religieux d’intensifier leur action pour mettre fin à cette violence et de prendre les mesures essentielles dans le cadre d’un processus visant à instaurer une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.

Nous demandons notamment :

  • Un cessez-le-feu immédiat, pour assurer l’acheminement d’une aide humanitaire indispensable, en premier lieu les soins médicaux, la nourriture et l’eau.
  • La libération immédiate de tous les otages conformément au droit international humanitaire et aux droits humains.
  • Des efforts internationaux pour ouvrir par le dialogue une nouvelle voie politique vers une paix durable, relancer le débat sur une solution viable à deux États, et entamer le travail sur la guérison des mémoires de tous les habitants de la région.

En ce temps de carême, nous invitons les chrétiens de toutes les confessions à continuer de porter instamment la situation du Proche-Orient dans leur prière, à ne pas s’habituer à cette situation de guerre et de violence, à être facilitateurs de dialogue et de rencontre là où les sensibilités des uns et des autres s’opposent, à prier et travailler sans relâche pour que tous puisent dans leur religion des raisons de servir la paix et dépasser les peurs et les colères.

Pasteur Christian Krieger,
Président de la Fédération protestante de France

Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort,
Président de la Conférence des évêques de France

Monseigneur Dimitrios,
Président de l’Assemblée des évêques orthodoxe de France




Maroc : revivre après le séisme

Après le tremblement de terre qui a frappé, le 9 septembre 2023, la province d’Al Haouz au Maroc, il a fallu apporter une aide immédiate aux victimes… et commencer à reconstruire. Dans ce pays où l’islam est religion d’État, des organisations protestantes ont participé au mouvement de solidarité. C’est le cas de l’Église évangélique au Maroc, l’une des seules Églises officiellement reconnues et avec laquelle le Défap est en lien, qui a pu bénéficier de 20 000 euros recueillis via la plateforme Solidarité protestante. Autre organisme chrétien, mais spécialisé dans l’aide d’urgence, Adra a reçu pour sa part 15 000 euros.

Le Maroc a été frappé par un très violent séisme dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 © DR

C’était le 9 septembre dernier. Le Maroc venait de subir, en pleine nuit, son plus puissant séisme jamais enregistré (avec une magnitude de 6,7 à 6,9) et les habitants de la région montagneuse du Haut-Atlas voyaient un nouveau jour se lever sur les ruines. Près de 3000 morts, plus de 6000 blessés, et des dégâts immenses : au-delà des destructions fortement médiatisées de la ville touristique de Marrakech, les zones les plus impactées par le tremblement de terre étaient les régions rurales, où de nombreux villages se retrouvaient à la fois ravagés et coupés du monde. Très vite, un vaste mouvement de soutien s’organisait pour venir en aide aux rescapés et déplacés.

Dans ce pays où l’islam est religion d’État, le Défap est en lien avec une des seules Églises officiellement reconnues par les autorités : l’EEAM (Église évangélique au Maroc). De taille réduite (une douzaine de paroisses réparties dans tout le pays) mais en croissance, elle a développé une importante action diaconale, notamment en direction des migrants à travers son Comité d’Entraide Internationale (CEI). Dans les heures suivant le séisme, sa présidente, la pasteure Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien à toutes les victimes, ajoutant : « Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu ». Message entendu : des actions spontanées de solidarité ont commencé à s’organiser au niveau des paroisses. Prières pour les familles touchées, appels aux dons en argent, vivres, matériel, vêtements : les membres de l’EEAM, déjà habitués à venir en aide aux migrants, ont très vite manifesté de manière concrète leur solidarité envers leurs voisins.

« Le plus important pour notre Église est d’être un bon partenaire pour notre prochain, notre voisin »

Carte des zones touchées par le séisme au Maroc © Google Maps

Au niveau institutionnel aussi, l’EEAM a voulu montrer son soutien, avec un don symbolique : 50 000 dirhams (4 600 euros) versés au fonds mis en place par le gouvernement marocain aussitôt après le séisme. Mais au-delà du symbolique, l’EEAM avait aussi besoin de ressources pour pouvoir soutenir les victimes et œuvrer à son échelle à la reconstruction. C’est là que le Défap a pu intervenir, avec Solidarité protestante.

Si les projets portés par le Défap se déploient avant tout sur un temps long, l’urgence de certaines situations appelle aussi à une manifestation de solidarité immédiate. C’est précisément pour y faire face qu’a été créée la plateforme Solidarité protestante, que le Défap a contribué à mettre en place et dont il fait partie. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. L’appel aux dons lancé par Solidarité protestante dans les heures suivant le séisme a permis de verser 35 000 euros à l’EEAM, via le Défap, ainsi qu’à l’organisation humanitaire Adra (Agence de développement et de secours adventiste).

Passés les premiers jours d’après-séisme et l’aide spontanée offerte par les paroisses de l’EEAM, les fonds recueillis par l’Église (20 000 euros) ont en partie servi à venir en aide à des réfugiés, notamment d’Afrique subsaharienne, déjà en situation de forte précarité et qui s’étaient retrouvés privés de tout moyen de subsistance avec le tremblement de terre. Il a aussi fallu aider à reloger des étudiants bénéficiant de bourses du Comité d’entraide internationale. Et au-delà de l’aide matérielle et médicale aux migrants aux aussi touchés par le séisme, l’EEAM vise à développer des micro-projets pour leur permettre de retrouver une autonomie financière. À une échéance plus lointaine, l’EEAM veut œuvrer à la reconstruction du pays en partenariat avec des associations locales. Comme le souligne la pasteure Karen Smith, « le plus important pour notre Église est d’être un bon partenaire pour notre prochain, notre voisin. » L’organisation Adra, plus spécialisée dans les interventions d’urgence, a pour sa part utilisé les 15 000 euros reçus de Solidarité protestante pour distribuer des vivres, du matériel d’hygiène et des couvertures à 500 foyers parmi les plus touchés, ce qui représentait environ 2500 bénéficiaires. Adra a aussi aidé à financer des distributions de repas chauds organisées par des associations caritatives locales.




Appel à la générosité en faveur de toutes les victimes de la guerre au Proche-Orient

Solidarité Protestante lance un appel aux dons pour venir en aide aux œuvres et institutions qui agissent en faveur de toutes les populations civiles plongées dans la détresse par la situation de guerre au Proche-Orient.

Carte de la région du Proche-Orient © Google Maps

Depuis sa création, Solidarité Protestante vient en aide sans discrimination aux populations civiles victimes de conflits armés ou de guerres et intervient pour soutenir sur le terrain des associations au cœur de l’urgence humanitaire.

Par cette action, elle entend affirmer une commune humanité envers toutes celles et tous ceux qui sont directement blessés dans leur chair, ont perdu leur famille, ou sont contraints de fuir. Elle veut attester en actes de l’engagement chrétien pour la paix, la dignité et la sécurité de notre prochain, quel qu’il soit, où qu’il soit, en considérant sa seule souffrance, conformément à l’Évangile.

Aujourd’hui, israéliennes et palestiniennes, palestiniennes et israéliennes, les victimes de la guerre au Proche-Orient, en Israël, en Palestine, dans la bande de Gaza, nous appellent à un même sursaut d’humanité.

À cet effet, Solidarité Protestante ouvre un espace de collecte auprès du public, des associations et Églises qui souhaitent venir en appui des œuvres et institutions qui agissent sur le terrain pour soutenir toutes celles et tous ceux qui sont plongés dans la détresse depuis le 7 octobre et ont besoin d’aide.

À travers ce don, vous pouvez exprimer une fraternité concrète auprès de nos frères et sœurs confrontés à des situations dramatiques.
 

Pour faire un don

Par chèque : À adresser à l’ordre Solidarité Protestante et à envoyer à : Fondation du Protestantisme – 47 rue de Clichy 75009 Paris
Par carte bleue ou virement : rendez-vous sur le lien : https://donner.fondationduprotestantisme.org/Proche-Orient

Solidarité Protestante : être solidaire dans les situations d’urgence
Solidarité Protestante est une plateforme au sein de la Fondation du Protestantisme sollicitée pour mobiliser, sensibiliser et récolter des fonds afin de manifester l’action solidaire du monde protestant dans des situations d’urgence ou de crises internationales. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. Le Défap fait partie de ces institutions. Pour chaque situation, les opérateurs sont choisis par l’ensemble du comité en fonction de l’analyse faite et des demandes parvenues au comité.



Maroc : appel à la générosité après le séisme

Le 9 septembre 2023, un séisme d’une grande intensité a frappé la province d’Al Haouz au Maroc. Plus de 2000 morts et des milliers de blessés sont à déplorer. La plateforme Solidarité Protestante fait appel à la générosité du protestantisme français, et a lancé un appel aux dons. La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien.

Le Maroc a été frappé par un très violent séisme dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 © DR
 

Le bilan reste encore provisoire, mais il s’alourdit d’heure en heure : plus de 2000 personnes ont trouvé la mort dans un séisme qui a frappé le Maroc dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre. L’épicentre a été localisé dans la province d’Al-Haouz, au sud-ouest de Marrakech, dans la région montagneuse du Haut-Atlas. C’est dans cette ville et ses environs, ainsi que dans les cinq provinces les proches, qu’a été signalé le plus grand nombre de victimes.

Sur place, les besoins sont nombreux afin de venir au secours des rescapés et des déplacés.

Dans ce contexte, la plateforme Solidarité Protestante, en lien avec le réseau des institutions protestantes agissant dans le domaine humanitaire, a ouvert un espace de collecte dédié « Solidarité Protestante-Maroc« .

À travers votre don vous pouvez exprimer une fraternité concrète auprès de nos frères et sœurs dans cette région du monde et affirmer la présence de l’Église, la portée de son message et de son action.

Pour faire un don

Par chèque : À adresser à l’ordre Solidarité Protestante- Maroc et à envoyer à : Fondation du Protestantisme – 47 rue de Clichy 75009 Paris
Par carte bleue ou virement : rendez-vous sur le lien : https://donner.fondationduprotestantisme.org/Solidarite-Maroc

Solidarité Protestante : être solidaire dans les situations d’urgence
Solidarité Protestante est une plateforme au sein de la Fondation du Protestantisme sollicitée pour mobiliser, sensibiliser et récolter des fonds afin de manifester l’action solidaire du monde protestant dans des situations d’urgence ou de crises internationales. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. Le Défap fait partie de ces institutions. Pour chaque situation, les opérateurs sont choisis par l’ensemble du comité en fonction de l’analyse faite et des demandes parvenues au comité.

 

Un message de soutien de l’Église évangélique au Maroc

Carte de la région directement impactée par le séisme © Google Maps (d’après les données de l’Institut d’études géologiques des États-Unis)
 

La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien, diffusé via la page Facebook de l’EEAM, Église partenaire du Défap au Maroc :

« Bien aimés en Christ,

Devant la tragédie que vient de subir ce cher pays, l’Eglise Evangélique au Maroc exprime sa solidarité avec tous nos voisins, nos prochains, qui ont été touchés par ce tremblement de terre catastrophique.

Nos cœurs sont dans l’angoisse avec ceux et celles qui ont perdu des proches ; nous partageons la douleur de ceux et celles qui doivent reconstruire une nouvelle vie après la destruction totale de leurs situations antérieures, destruction qui s’est passée tellement subitement, en quelques instants.

Nous rendons grâce à Dieu qui a épargné et pris soin des uns et autres tant dans nos communautés ecclésiales que dans tout le Maroc. Mais nous sommes conscients de notre responsabilité de vivre notre reconnaissance en nous mettant au service de ceux et celles qui souffrent. Nous avons déjà écrit aux autorités pour les assurer de notre disponibilité de participer dans les efforts de reconstruction et d’aides d’urgences.

Ce que nous pouvons faire déjà, c’est prier. Nous demandons à toutes nos paroisses de prier ce dimanche pendant le culte pour le Maroc :

    • Pour ceux et celles au pays qui pleurent maintenant, que le Seigneur les console ;
    • Pour les autorités du pays qui sont devant le défi d’organiser et d’exécuter la reconstruction, qu’ils aient la sagesse et l’énergie de se mettre à la tâche dans une manière efficace et juste ;
    • Pour les personnes de bonne volonté qui souhaitent contribuer à ces efforts, que les canaux de participation leur soient disponibles, et que tous ceux et celles qui gèrent les donations le fassent avec intégrité dans la transparence ;
    • Pour nos paroissiens/paroissiennes qui ont déjà vécu des tremblements de terre et qui sont traumatisés de nouveau, qu’ils soient rassurés de la fidélité du Seigneur.
    • Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu.
    • Pour tous ceux et celle qui vivent au Maroc, qu’ils aient la patience et la persévérance devant ce défi et qu’ils restent solidaires les uns avec les autre dans une manière qui renforce l’esprit communautaire, que nous tirons de cette catastrophe de l’espoir pour l’avenir par la grâce de Dieu. »

 




Un séminaire pour découvrir l’islam en immersion au Maroc

Une dizaine de jours à Rabat, mais aussi dans les environs de Fès pour visiter des sites historiques ; une première approche de l’islam et de sa diversité, de son histoire, des courants de pensée et des cultures qu’il a inspirés : voilà ce que propose, début juillet, l’Institut Al Mowafaqa – organisme unique, engagé dans une démarche originale pour promouvoir le dialogue interreligieux, et qui bénéficie du soutien du Défap.

Étudiants à l’Institut Al Mowafaqa © Al Mowafaqa

L’institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa propose un séminaire du 3 au 14 juillet pour découvrir l’islam, en immersion à Rabat. Cette formation s’adresse à tous ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de l’islam dans le contexte d’une société arabo‑musulmane, qui voudraient acquérir des outils de base pour mieux appréhender le fait religieux ou tout simplement se former à la rencontre de l’autre et au dialogue inter-religieux.

L’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa (mot qui signifie « l’accord »), centre de formation religieuse installé à Rabat, est un organisme qui se consacre entièrement à la problématique du dialogue interculturel et interreligieux. On ne se contente pas d’y étudier le dialogue interculturel et interreligieux : on l’expérimente au quotidien. Une manière unique de découvrir l’autre, à travers à la fois une expérience de vie et des enseignements à la qualité reconnue. L’Institut a été créé en 2012 à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc. Les formations y sont assurées sous forme de sessions intensives avec des professeurs visiteurs venus d’Europe et d’Afrique auxquels s’ajoutent, pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains. C’est à la fois un lieu d’enseignement, de réflexion et de brassage interculturel, avec des étudiants dont beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne, mais qui peuvent venir aussi d’Europe : il est soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers.

Le séminaire proposé début juillet par l’Institut Al Mowafaqa offrira une introduction à l’islam en tant que religion du point de vue universitaire. Il vise une connaissance de l’islam dans ses aspects théoriques et pratiques, au sein d’une histoire et de civilisations. Il comprend 42 heures de cours et des visites de terrain ainsi qu’un voyage d’études de deux jours à Fès – Volubilis – Moulay Idriss.
 




Approfondir le dialogue interreligieux au Maroc

Les inscriptions sont ouvertes pour participer à la session 2023 du Certificat Al Mowafaqa pour le dialogue des cultures et des religions. Elle aura lieu à l’Institut œcuménique de théologie au Maroc, à Rabat – organisme unique, engagé dans une démarche originale pour promouvoir le dialogue interreligieux : un projet soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers. Cette année encore, il est possible de bénéficier d’une bourse du Défap pour participer à cette formation. Date du démarrage : 16 janvier 2023.

Étudiants à l’Institut Al Mowafaqa © Al Mowafaqa

La montée des tensions sur fond de radicalisations religieuses illustre chaque jour la nécessité d’entretenir le dialogue interreligieux. Le phénomène traverse les frontières et aucune région du monde ne peut prétendre être épargnée. Mais comment dialoguer sans connaître l’autre, ce qui fonde sa foi – comment même un dialogue est-il possible si la parole de l’autre semble attaquer les bases de ma propre foi ?

Les questions fondamentales sont les mêmes de l’Afrique à l’Europe, même si les enjeux géopolitiques diffèrent. Le Maroc y est particulièrement exposé : c’est un pays-charnière entre l’Europe et l’Afrique, une étape sur la route des migrants qui cherchent à passer en Espagne, une monarchie où l’islam est religion d’État mais dont le souverain veut promouvoir une pratique modérée, s’efforçant de résister aux influences déstabilisatrices de l’islamisme radical… Il est particulièrement significatif qu’au Maroc, où le prosélytisme est interdit pour les non-musulmans, des lieux permettant la rencontre des religions aient vu le jour avec l’appui ou par la volonté de l’État, comme l’université d’Ifrane, créée en 1995 par Hassan II pour former les futures élites marocaines.

Et c’est justement au Maroc qu’un organisme unique, l’institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa (mot qui signifie « l’accord »), centre de formation religieuse installé à Rabat, se consacre entièrement à cette problématique du dialogue interculturel et interreligieux. L’Institut a été créé en 2012 à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc. Les formations y sont assurées sous forme de sessions intensives avec des professeurs visiteurs venus d’Europe et d’Afrique auxquels s’ajoutent, pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains. C’est à la fois un lieu d’enseignement, de réflexion et de brassage interculturel, avec des étudiants dont beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne, mais qui peuvent venir aussi d’Europe : il est soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers.

La session 2023 du Certificat Al Mowafaqa pour le dialogue des cultures et des religions débutera le 16 janvier 2023, et les inscriptions sont ouvertes : il vous est possible d’y participer en bénéficiant d’une bourse du Défap. Renseignements et contact ici.

Présentation du certificat Al Mowafaqa

  • Le certificat Al Mowafaqa est dispensé au sein de l’Institut œcuménique de théologie au Maroc, à Rabat. C’est aussi :
  • Un diplôme délivré par l’Institut de Science et de Théologie des Religions (ISTR) de l’Institut Catholique de Paris.
  • Une formation pluridisciplinaire en « immersion » au Maroc (durant 4 mois), assurée par des universitaires marocains et des professeurs visiteurs d’Europe et d’Afrique.
  • Organisé en partenariat avec la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg, le certificat représente 30 crédits ECTS reconnus par l’université

Objectifs et public visé

La formation, proposée dans un cadre œcuménique, associe un enseignement de niveau universitaire avec une expérience de vie dans un pays musulman. Elle comprend, en plus des cours, un programme de rencontres et de visites sur le terrain, ainsi qu’un circuit thématique de 8/10 jours à l’intérieur du pays. Peuvent être concernés :

  • étudiants, professionnels ou religieux (toutes confessions chrétiennes) venant d’Europe ou d’Afrique
  • désirant approfondir leur connaissance de l’islam dans le contexte d’une société arabo-musulmane ouverte sur le continent africain,
  • au contact de la diversité des cultures et des religions
  • souhaitant acquérir des outils de base pour mieux appréhender le fait religieux dans sa complexité et développer leurs aptitudes à la rencontre de l’autre et au dialogue.

Déroulé des cours, admission

  • Déroulé des cours : 300 h de cours (y compris travaux dirigés, conférences, rencontres) sur 20 semaines.
    • Cours d’arabe hebdomadaires, sessions intensives.
    • Visites de terrain et voyage d’étude.
  • Admission : Sur examen du dossier de candidature, comprenant CV avec formation universitaire et acquis professionnels, et lettre de motivation.

 




L’Institut Al Mowafaqa recrute

L’institut œcuménique de Théologie Al Mowafaqa (Rabat) recrute un

Chef de projet événementiel et animation scientifique

 

Vue de l’Institut Al Mowafaqa © Institut Al Mowafaqa

 

Situé à Rabat, l’Institut œcuménique de Théologie Al Mowafaqa (« l’accord ») est un lieu de formation, de réflexion et de promotion du dialogue interculturel et interreligieux. Créé en 2012, à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc, il forme des étudiants d’une vingtaine de pays différents, principalement du continent africain. Les cours de théologie et sciences religieuses sont assurés par un réseau de 80 professeurs-visiteurs venus d’Afrique et d’Europe, auxquels s’ajoutent pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains. L’Institut bénéficie d’une convention de coopération internationale avec la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg et avec la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses / Theologicum de l’Institut catholique de Paris. L’Institut accueille annuellement une centaine d’étudiants et dispose aussi d’une bibliothèque spécialisée.

 

 

Cahier des charges :

Sous l’autorité du directeur et en collaboration avec l’équipe pédagogique, le chef de projet :

* conçoit et/ou supervise les séjours thématiques et d’immersion culturelle / religieuse pour des groupes

* organise le cycle annuel des conférences, les séminaires d’islamologie, les colloques et journées d’étude.

* assure le suivi et le développement des partenariats locaux et internationaux

* participe à la communication et la recherche de financement pour les programmes

* accompagne la mise en place et le développement d’une revue scientifique et des publications

Profil :

* homme ou femme, 25-45 ans.

* master ou doctorat (islamologie, dialogue interreligieux, sciences sociales, études africaines, etc.)

* sens pratique et expérience – 3 ans minimum – dans l’organisation de conférences, colloques, séminaires (y compris logistique, relation avec intervenants, budget, etc.).

* bon relationnel et facilités de communication vers des publics variés (universitaires, autorités, public cultivé) ; aptitudes à l’animation et l’accompagnement de groupes.

* capacité à produire un travail précis et de qualité dans des délais courts et une supervision limitée.

* compétences informatiques (suite Word, Excel, Powerpoint)

* excellente maîtrise de la langue française et bonne aptitude à communiquer en anglais – écrit et oral.

(la connaissance de l’arabe sera appréciée).

* expérience interculturelle souhaitée (si possible en lien avec l’Afrique)

* bonne connaissance des Eglises protestantes et catholique et intérêt pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux.

 

Durée : 3 ans (renouvelable).

Résidence : Rabat

Prise de fonction : octobre 2018

 

Les candidatures (CV et lettre de motivation) sont à adresser au plus tard le 3 septembre 2018.

Pour tous renseignements et candidature : recrutement@almowafaqa.com




Migrants et réfugiés au Maroc

L’engagement de l’EEAM en faveur des migrants à Oujda (Maroc) © Jean-Luc Blanc pour Défap

Esther avait 11 ans en arrivant au Maroc. Elle avait mis deux ans pour parvenir de Brazzaville, au Congo, jusqu’à Casablanca. Elle avait voyagé en compagnie d’une famille qui venait du Kivu, c’est-à-dire de la République démocratique du Congo, à qui sa mère, malade, l’avait confiée. Celle-ci fuyait la misère et les violences de cette région du monde particulièrement exposée. Arrivée en Algérie, puis au Maroc après des aventures incroyables, Esther était de plus en plus maltraitée par ceux qui auraient dû la protéger. Alors, elle s’était enfuie et – après avoir erré quelques jours dans les rues de Casablanca – une dame l’avait prise en pitié et amenée chez le pasteur.

C’était il y a une dizaine d’années. À l’époque, elle était une exception. Peu d’enfants arrivaient «de l’autre côté» seuls, sans leurs parents. Depuis, les choses ont changé et ces «mineurs non accompagnés» affluent, venant de différents pays d’Afrique au point que l’Église Évangélique Au Maroc (EEAM) a jugé utile d’ouvrir un centre d’accueil qui leur soit dédié. Avec un financement d’Églises allemandes, ce centre a récemment ouvert à Oujda, près de la frontière algérienne, l’un des passages les plus fréquentés par les migrants. Une quinzaine d’enfants y sont hébergés, d’autres y viennent durant la journée pour chercher nourriture et réconfort. Ces enfants n’ont aucun statut, aucun papier, aucune attache au Maroc et souvent peu dans leur pays d’origine.

«Étrangers et voyageurs sur la terre»

Bien entendu, ils ne sont qu’un aspect du problème. Ils ne représentent qu’une petite partie de ce peuple de déracinés, à nouveau en forte croissance au Maroc. La vente de migrants pour l’esclavage en Libye ayant été fortement médiatisée en Afrique, la route qui passait par l’Est séduit de moins en moins, et les voyageurs reprennent le chemin de l’Ouest passant par le Maroc, réputé moins dangereux. Selon les responsables de l’Église du Maroc, l’effet est déjà sensible : le nombre d’arrivées a considérablement augmenté ces derniers temps. Histoire de vases communicants…

L’Église du Maroc répond aussi bien qu’elle le peut à cette situation qui s’impose à elle depuis une vingtaine d’années. Les ONG, comme Médecins Sans Frontières par exemple, spécialistes des situations de crise, ont quitté le terrain, estimant qu’il ne s’agit plus d’une urgence mais d’une situation structurelle alimentée par des politiques volontaires. L’Église, elle, est toujours là pour accueillir, accompagner, assister, soigner. Elle s’adapte aux évolutions de la situation de manière à être toujours à l’endroit où les migrants sont regroupés. Aujourd’hui, par exemple, la politique marocaine est de mettre des dizaines de personnes en attente de passer le détroit de Gibraltar dans des bus et de les renvoyer plus au sud vers Casablanca, Agadir et même Dakhla, à la frontière avec la Mauritanie. Pour l’EEAM, il faut donc être là où les bus arrivent et déversent leurs flots de misère, pour accueillir et assister par les programmes d’aide d’urgence, c’est-à-dire des soins, des médicaments, de la nourriture, des couvertures, des vêtements…

L’EEAM ne peut pas assumer seule l’accompagnement de ces dizaines de milliers de malheureux. C‘est pour cette raison que divers organismes allemands, américains et l’UEPAL en partenariat avec le Défap lui apportent leur soutien. L’UEPAL soutient financièrement un programme de scolarisation des enfants de migrants, un programme d’aide d’urgence et un autre d’aide au retour pour ceux qui, désespérés, abandonnent leur projet de migration en cours de route. De cette manière, les Églises de France sont un peu aux côtés de celles et ceux à qui l’Europe ferme les portes de son territoire. C’est aussi une manière de se souvenir, que le peuple de Dieu est appelé à être un peuple de nomades dans la Bible, un peuple «d’étrangers et de voyageurs», traversant des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Jean-Luc Blanc




Maroc : à la découverte de l’Institut Al Mowafaqa

Rencontre entre les étudiants de l’IPT et ceux de l’Institut Al Mowafaqa © Défap

Le projet a été organisé par Corinne Lanoir, vice-doyenne de l’Institut Protestant de Théologie et qui assure à l’IPT Paris les cours d’Ancien Testament et la coordination des cours d’hébreu : un voyage d’étude au Maroc, en lien avec l’Institut Al Mowafaqa. Une occasion unique de s’initier au dialogue interreligieux dans le contexte d’une société où l’islam est majoritaire… et de découvrir un lieu de formation et de rencontres interculturelles tout aussi unique, avec lequel le Défap entretient des liens depuis plusieurs années. Départ le 18 mars en deux groupes, depuis Paris et Montpellier (les deux sites de l’Institut Protestant de Théologie) ; rassemblement à l’aéroport de Casablanca des 43 participants (dont 4 professeurs, 4 boursiers et boursières du Défap, et Tünde Lamboley, responsable Animation Jeunesse au Défap et chargée de l’aumônerie de l’IPT)… Puis, départ pour Rabat… et pour une semaine de découverte de l’histoire, de la culture et des enjeux du dialogue des religions au Maroc.

Des enjeux chargés au Maroc, pays-charnière entre l’Europe et l’Afrique, étape sur la route des migrants qui cherchent à passer en Espagne, monarchie où l’islam est religion d’État mais dont le souverain veut promouvoir une pratique modérée, s’efforçant de résister aux influences déstabilisatrices de l’islamisme radical…

Des apports utiles pour les futurs pasteurs

Pour aller plus loin :

Comment dialoguer sans connaître l’autre, ce qui fonde sa foi – comment même un dialogue est-il possible si la parole de l’autre semble attaquer les bases de ma propre foi ? Les questions fondamentales sont les mêmes de l’Afrique à l’Europe, même si les enjeux géopolitiques diffèrent. Il est particulièrement significatif qu’au Maroc, où le prosélytisme est interdit pour les non-musulmans, des lieux permettant la rencontre des religions aient vu le jour avec l’appui ou par la volonté de l’État, comme l’université d’Ifrane, créée en 1995 par Hassan II pour former les futures élites marocaines.

L’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, pour sa part, a été créé en 2012 à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc. Les formations y sont assurées sous forme de sessions intensives avec des professeurs visiteurs venus d’Europe et d’Afrique auxquels s’ajoutent, pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains. C’est à la fois un lieu d’enseignement, de réflexion et de brassage interculturel, avec des étudiants dont beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne, mais qui peuvent venir aussi d’Europe : il est soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers.

Rendez-vous en juillet à l’Institut Al Mowafaqa

Tünde Lamboley avec deux des boursiers du Défap participant au voyage © Défap

Au-delà des visites culturelles au mausolée de Mohammed V, sur le site archéologique de Volubilis, à Fès ou à Meknès, l’Institut Al Mowafaqa représentait une étape centrale du voyage, avec diverses occasions de rencontres entre les étudiants venus de France et ceux de Rabat, et des conférences comme celle de Rachid Saadi sur «Les grands débats dans l’Islam contemporain», ou celle d’Yelins Mahtat sur le thème «Comprendre l’islam marocain». Parallèlement, Corinne Lanoir venait elle aussi donner des cours et des conférences. «À travers ce voyage et ces conférences, souligne Tünde Lamboley, le but était de nous immerger dans la culture marocaine, avec l’apport de théologiens et d’universitaires pour nous guider dans l’islam contemporain et nous éclairer sur l’histoire de l’islam à différentes époques, ainsi que sur les différentes approches qui ont pu coexister à l’intérieur de l’islam au cours des siècles.» Avec, notamment pour de futurs pasteurs, des changements de perspective notables : «ceux qui se destinent à un ministère pastoral ont mesuré l’importance d’avoir des connaissances approfondies de l’islam et de la culture arabe : des apports qui leur seront indispensables dans toute entreprise de dialogue interreligieux.»

Comme le note encore Tünde Lamboley, «plusieurs des participants du voyage envisagent de revenir cet été, pour assister au séminaire d’été d’islamologie au Maroc.» Il aura lieu du 16 au 27 juillet 2018. Une formation pluridisciplinaire, ouverte à toutes les personnes intéressées par le dialogue interreligieux. Au menu : sept jours de formation et deux jours d’excursion à Fès et Volubilis. Le programme complet sera bientôt disponible : l’an dernier, l’Institut proposait une introduction à la langue arabe, des ateliers de lecture autour du «Coran entre croyances, contenu et histoire», des conférences sur le prophète Mohammed, le développement de la pensée islamique, le droit islamique, les dogmes et rites, le soufisme, l’islam contemporain ou encore la pédagogie interculturelle et interreligieuse. Renseignements et inscriptions : institut@almowafaqa.com.

 

Retrouvez ci-dessous quelques images du voyage au Maroc des étudiants de l’IPT :




Al Mowafaqa : une aventure à la croisée des cultures et des religions

L’Institut Al Mowafaqa entre dans sa cinquième année d’existence, et même sixième en comptant «l’année zéro» (2012-2013), consacrée à sa mise en place. Projet soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers, il a formé à ce jour 300 étudiants à une «culture du dialogue» interreligieux. Cette formation unique, répondant à une problématique contemporaine cruciale, reste pourtant trop peu connue en France. Bernard Coyault, son directeur, nous envoie des nouvelles de l’Institut.

 

Vue de l’Institut Al Mowafaqa © Institut Al Mowafaqa

La montée des tensions sur fond de radicalisations religieuses illustre chaque jour la nécessité d’entretenir le dialogue interreligieux. Le phénomène traverse les frontières et aucune région du monde ne peut prétendre être épargnée. Mais comment dialoguer sans connaître l’autre, ce qui fonde sa foi – comment même un dialogue est-il possible si la parole de l’autre semble attaquer les bases de ma propre foi ? Les questions fondamentales sont les mêmes de l’Afrique à l’Europe, même si les enjeux géopolitiques diffèrent. Un organisme unique, l’institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa (mot qui signifie «l’accord»), centre de formation religieuse installé à Rabat, au Maroc, se consacre entièrement à cette problématique du dialogue interculturel et interreligieux. Il est soutenu par le Défap, à la fois par un financement direct et par l’envoi de boursiers.

Bernard Coyault, directeur de l’Institut, a été sollicité dès 2011 pour réfléchir avec un petit groupe rassemblant protestants et catholiques à la mise en place de ce lieu de formation des cadres laïques. Il témoignait en février dernier : «L’intuition originelle du projet était de créer un lieu où l’on peut rencontrer l’autre avec une certaine exigence intellectuelle, en s’appuyant notamment sur l’expérience des cours «à deux voix» (catholique/protestant, Européen/Africain, chrétien/musulman, etc.) où le meilleur de chaque tradition est présenté et mis en dialogue.» L’appui académique est venu de Strasbourg et de l’Institut Catholique de Paris. Le conseil scientifique a été composé à parité avec une douzaine de professeurs africains et européens, catholiques et protestants, hommes et femmes. Aujourd’hui, l’institut propose une formation par alternance composée de sessions intensives de cours. Destinée initialement aux assistants de paroisses et aux pasteurs stagiaires, elle alterne cours et présence dans les communautés.

Une formation unique, trop peu connue en France

Pour aller plus loin :
Le site de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa
Al Mowafaqa : une formation pour s’initier au dialogue interreligieux au Maroc
Présentation en vidéo de l’institut Al Mowafaqa (avril 2014)

Mais cette formation unique, qui permet d’être outillé face à ce qui représente l’un des grands enjeux du monde contemporain, reste trop peu connue au sein de la communauté protestante de France, où les demandes de bourses sont peu nombreuses. Si les promotions d’étudiants reflètent la diversité de leurs origines, les Français y sont peu représentés.

Aujourd’hui, Bernard Coyault nous envoie des nouvelles de l’Institut. «Le rapport d’activités est l’occasion de mesurer le chemin parcouru. J’en extrais quelques chiffres : environ 300 étudiants réguliers formés depuis la création, auxquels s’ajoutent les participants de programmes ponctuels (session d’islamologie, formation des pasteurs des «Églises de Maison » issues de la migration), les groupes extérieurs, le public des conférences, etc.  81 professeurs visiteurs, dont plusieurs universitaires marocains, ont servi ces diverses audiences. Pour l’année académique écoulée, ils étaient 36 enseignants dont 8 femmes, d’Europe (15), du Maroc (5) et d’autres pays d’Afrique (14), du Liban (2) – et quant à leur appartenance confessionnelle, protestants (15), catholiques (14), musulmans (5) et juifs (2).

Notre 3e promotion, accueillie en juillet, reflète la même diversité. Les 18 nouveaux étudiants représentent pas moins de 14 pays (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo Brazza, RD Congo, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée Bissau, Niger, Sénégal, Soudan du Sud, Tchad). Ils se répartissent en trois groupes distincts : 1° les candidats boursiers des Églises au Maroc, alternant études et service des paroisses locales (4 catholiques et 3 protestants) ; 2° les candidats indépendants résidant au Maroc (5) ; 3° les candidats boursiers venus d’autres pays envoyés par leur Église (6). S’ajoutent encore quelques auditeurs libres.»

Des promotions marquées par la diversité

Étudiants de l’Institut Al Mowafaqa © Institut Al Mowafaqa

«L’effectif croissant, y compris d’étudiants venus spécialement d’autre pays, la diversification des origines ecclésiales (catholiques, protestants traditionnels ou pentecôtistes/ charismatiques), sont autant d’éléments qui confirment le rayonnement croissant d’Al Mowafaqa et la pertinence de son modèle de formation théologique «en dialogue», en particulier pour les pays où le christianisme est minoritaire et l’islam majoritaire. Une autre étape à venir, sans que l’on sache à quel horizon sera la possibilité d’accueillir des étudiants marocains – en religion ou en sciences sociales – souhaitant découvrir ou approfondir leur connaissance du christianisme et du judaïsme et de leurs héritages intellectuels, théologiques, spirituels.

Le Maroc de par les évolutions internes de sa société, du fait aussi de l’ouverture croissante sur le continent africain et l’accueil de nouvelles populations, est exposé de façon inédite à la pluralité religieuse. D’autres pays du continent expérimentent quant à eux des tensions où les identités ethnico-religieuses sont dangereusement manipulées. Nos étudiants, et ceux qui les rejoindront en janvier prochain pour le Certificat, sont formés dans une «culture du dialogue», articulant l’approfondissement de sa propre tradition religieuse (y compris la manière d’en rendre compte à autrui) avec une connaissance des autres traditions et l’opportunité de les mettre en débat. Un point commun aux artisans du dialogue, c’est qu’ils sont souvent mal compris dans leur « camp» respectif, soupçonnés de confusion sinon de trahison. Nos étudiants retournent, ou retourneront un jour dans leur pays d’origine. Ils seront croyons-nous plus aptes à se poster sur les brèches pour promouvoir tant à l’échelle individuelle que collective, ce grand passage, indispensable pour assurer le bien commun « d’une culture du rejet à une culture de la rencontre et de l’accueil, d’une culture du soupçon à une culture de la confiance » (Cardinal Tauran, message aux évêques de l’ASSERAC, Yaoundé, 8/7/2017).»




L’Institut Al Mowafaqa, lieu de rencontre unique entre cultures et religions

MAROC
Actualités du Défap et fiche pays

Institut Al Mowafaqa, DR

 

– Qu’est-ce qui fait, selon vous, de l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa un lieu de rencontre si particulier entre cultures et religions ?

Nicodème Alagbada : Plusieurs raisons à cela :

1- Le contexte
Cet institut est né dans un contexte musulman. Le Maroc est un pays reconnu comme un pays musulman, qui curieusement favorise la cohabitation de trois cultures : arabe, africaine et francophone.
2- La population
L’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa est implanté à Rabat dans une ville historique dont la population mixte est majoritairement dominée par la communauté marocaine.
3- L’œcuménisme
L’Institut Al Mowafaqa est l’initiative commune de l’Eglise catholique et de l’Eglise Protestante au Maroc. L’enseignement est couvert par des professeurs catholiques, protestants, évangéliques et musulmans venant de l’Europe et de l’Afrique. Les étudiants viennent majoritairement d’Afrique et sont issus des Eglises catholique, protestantes et évangéliques, qui apprennent les langues bibliques et coraniques telles que l’hébreu, le grec et l’arabe. Le personnel est essentiellement marocain.

– Comment avez-vous été amené à y intervenir ?

Je suis invité par le directeur de l’Institut, le Pasteur Bernard Coyault, que j’ai rencontré pour la première fois au Cameroun en 2004 et qui, par le biais du Défap, a facilité mon séjour de recherches à l’Institut Protestant de Théologie de Paris (2005-2006) pour ma thèse de doctorat en Ancien Testament. J’ai d’abord envoyé mon CV, qui a été étudié par le comité scientifique de l’Institut, lequel a autorisé mon intervention pour le cours de 28h sur les prophètes de l’Ancien Testament. Il m’a été également demandé d’animer une conférence sur les prophètes bibliques et l’innovation et un cours sur les livres prophétiques avec les pasteurs et responsables des Eglises dites de maisons.

– Parlez-nous de votre conférence de rentrée, qui a eu lieu le 19 septembre.

Pour aller plus loin :
Le site de l’Institut Al Mowafaqa
L’institut de théologie Al Mowafaqa au Maroc : un modèle en faveur du dialogue interreligieux

Le cœur du monde bat au Maroc !

La conférence du 19 septembre était axée sur le thème « Courage et Innovation chez les Prophètes de la Bible ». Ce thème a pour objectif de montrer comment les prophètes bibliques ont eu à impacter la société et les comportements de leur peuple et des dirigeants de leur époque. Le courage et l’innovation chez les prophètes bibliques consistent à inviter le peuple et ses dirigeants à un changement tant sur le plan moral, spirituel, religieux, politique qu’économique fondé sur l’écoute et la mise en pratique de la volonté de Dieu. Le prophète souvent exposé à la complaisance, la peur, la corruption et la mort, a besoin d’être courageux pour être authentique, honnête et persévérant. En effet le prophète est un homme qui perçoit avec acuité le projet de Dieu. Loin d’être un doux rêveur ignorant des réalités, il a un sens aigu du moment présent. Il « colle » à son temps. La prédication d’Amos et celle de Michée se centrent autour de ces deux pôles d’actualité : l’injustice sociale et le culte formaliste. N’est-ce pas de ces genres de prophètes qu’ont besoin aujourd’hui la plupart des pays africains pris dans l’étau de la corruption et de l’arbitraire érigés en système de gouvernance ?

– Parlez-nous de la formation que vous allez animer prochainement à l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa.

Nicodème Alagbada, DR

Par rapport au cours sur les prophètes de l’Ancien Testament donné en Licence 3, trois chapitres ont été abordés :

1- LES PROPHETES DE L’ANCIEN TESTAMENT : QUI SONT-ILS ET QUE FONT-ILS ?

2- LES LIVRES PROPHETIQUES DANS L’ANCIEN TESTAMENT

3- LES PROPHETES DE L’ANCIEN TESTAMENT COMME INNOVATEURS ET TRANSFORMATEURS DE SOCIETE: CAS DU PROPHETE MICHEE

Le prophétisme israélite se situe dans le contexte du Proche-Orient ancien marqué par les pratiques divinatoires et magiques. C’est dans ce contexte que se dégage « l’importance du phénomène prophétique pour l’étude de la Bible dont il constitue une part très importante » (1).

Notre intention ici n’est pas simplement de retourner dans le passé historique du peuple d’Israël concernant la personnalité des principaux de ces prophètes selon leurs époques et les circonstances au milieu desquelles ils ont vécu, mais aussi d’en dégager l’impact du mouvement prophétique sur la vie sociale, religieuse, politique et économique de ce peuple. La question de savoir « comment l’homme peut-il parvenir à connaître la volonté et les plans divins ? » est d’une importance théologique dont l’actualité n’est plus à démontrer aujourd’hui. Parmi les approches de réponses, il est indubitable que le prophétisme a joué un rôle capital dans la relation de l’ancien Israël à Dieu et dans l’Eglise Primitive.

(1) J-D, Macchi, cours d’introduction à l’Ancien Testament, Université de Genève, SD.




Des jeunes pasteurs du Sud ont besoin de vous

« Leurs dossiers ont été sélectionnés par leur Église d’envoi. Ces candidats prometteurs sont appelés à devenir des pasteurs en responsabilité. Certains de ces profils, notamment des chrétiens peuls, sont très intéressants, mais les Églises qui les soutiennent dans leur démarche n’ont pas les moyens suffisants pour financer leur formation » témoigne Bernard Coyault, directeur d’Al Mowafaqa.

Aidons-les à poursuivre leur formation en apportant une contribution financière ou en relayant cette demande auprès d’institutions, d’Églises, de groupes d’amis…Aider ces jeunes candidats pasteurs, c’est aider le témoignage de leur Église. Dans les pays mentionnés (hormis le Bénin) il n’y a aucune faculté de théologie protestante ou évangélique de niveau universitaire, et la formation pastorale est souvent sommaire. Les tendances fondamentalistes y sont dominantes et exacerbées encore par les conflits interreligieux locaux : ceux-ci engendrent méfiance, préjugés, peurs, violence, compétition religieuse, etc.

Certains d’entre eux n’ont besoin d’un soutien que pour une année (8000 €) et seront pris en charge ensuite. D’autres, un soutien sur 3 ans (6800 €/an). Vous pouvez consulter ici le tableau des budgets des bourses d’étude et le profil des candidats retenus.

 

Bernard Coyault et la promotion 2017 du certificat Al Mowafaqa – DR

 

Une formation comme celle que dispense l’institut Al Mowafaqa permet à ceux qui en bénéficient d’introduire à leur retour d’autres approches dans leur Église d’origine, et ces personnes deviennent à leur tour des têtes de réseaux en matière de formation.

« Je connais des pasteurs sur le terrain qui assurent des séminaires de formation de plusieurs jours regroupant jusqu’à 300 ou même 500 évangélistes eux-mêmes responsables d’églises locales en zone rurale. L’impact est démultiplié… » poursuit Bernard Coyault. « Et investir dans la formation d’un de ces leaders, c’est influer sur la formation du peuple de l’Eglise, et indirectement, participer à des évolutions sociétales où les religions cessent d’être la cause des tensions et problèmes mais participent plutôt au progrès de la société et du vivre ensemble. Ce sont des enjeux vitaux. Ces régions d’où viennent ces étudiants qui nous sollicitent sont traversées par des extrémismes violents (dont les chrétiens sont souvent les victimes, mais parfois aussi – par leurs discours radicaux – des facteurs aggravants).

Votre soutien permettrait à deux, trois, peut être même tous ces candidats d’entamer leurs études à Al Mowafaqa dans un mois ! L’effet sera immédiat !

Un grand merci pour l’attention que vous porterez à cet appel.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire concernant ces candidatures (CV détaillé, lettres de recommandation, etc.).

Pour faire un don (en précisant « Bourses étudiants Afrique de l’Ouest » :
– Si vous résidez en France, vous pouvez adresser votre don à l’association des Amis d’Al Mowafaqa (don déductible des impôts – reçu fiscal) par chèque à l’ordre de « Amis d’Al Mowafaqa » à envoyer chez Morgane Bernet : 42 rue Villeneuve, 92110 Clichy, France ou par virement bancaire (le RIB de l’Association des Amis France est en téléchargement ici)
– Si vous êtes dans un autre pays, virement international sur notre compte bancaire au Maroc (téléchargez notre RIB  ici)